Une oeuvre du maître japonais dans la veine de Phénix, avec un petit arrière goût de La planète des singes (mais en plus travaillé). Un gros pavé de plus de 300 pages, retraçant l'avenir de l'humanité, une fois que les oiseaux ont pris le contrôle de la Terre. Et comme il fallait s'y attendre, l'espèce dominante reproduit toujours les mêmes travers. Peu d'optimisme dans ce manga, juste une histoire diablement racontant la volonté de vivre d'une espèce opprimée.
Ce soir, je suis rentrée plus tôt du boulot que mon pol de mari, et j'ai remarqué cette BD qui traînait sur sa table de chevet. Ah mais oui ! Je l'avais déjà remarquée sur les présentoirs de notre librairie préférée, ses couleurs avaient attiré mon attention.
Et quelle ne fut pas ma surprise !! Je m'attendais à... je ne m'attendais à rien en fait. Car il faut dire que je n'avais jamais entendu parler du contenu de cette BD.
Dès le début, on vit avec Olivier et on grandit avec lui. On aime ses grands-parents cathos, ses parents baba-cools et son ami Pierre qu'il place sur un piédestal. On ne s'attend pas à ça jusqu'à cette discussion étrange sur la plage qui nous plonge dans un profond malaise.
Je remercie Olivier Ka d'avoir écrit cette histoire bouleversante, son histoire. Non pas parce qu'elle traite d'un sujet grave comme la pédophilie. Mais plutôt parce qu'elle m'a appris comment on peut aimer et haïr une personne en même temps (Olivier est bien retourné avec plaisir à la joyeuse Rivière). Et également on comprend ces enfants qui gardent un tel secret en eux qui leur déchire les entrailles.
Merci également à Alfred pour ses dessins qui subliment le récit.
Non, "Breakfast After Noon" n’est pas juste une BD qui parle de quotidien insignifiant et de petits soucis futiles. L’histoire représente la situation délicate dans laquelle se sont retrouvés beaucoup d’ouvriers britanniques lors de l’effondrement du secteur industriel dans ce pays…
Du jour au lendemain, des milliers d’entre eux se sont retrouvés sans emploi, sans futur, avec de l’expérience et des aptitudes dans un domaine sans avenir… Rappelez-vous du film "The Full Monty"… Très drôle, mais aussi très dur par moment.
Que faire dans cette situation ? Se laisser aller, s’accrocher au passé… ou évoluer, s’adapter au nouveau secteur dans le vent : le secteur du service. "Breakfast After Noon" nous conte la vie d’un jeune couple qui se déchire… Elle, profitant de son licenciement pour rebondir et se former à l’informatique… Lui, glissant tout doucement dans la dépression.
C’est du vrai, c’est touchant, c’est fortement ancré dans la tradition anglaise (trop pour un lecteur français peut-être ?), et ça m’a beaucoup plu…
Lorsque l'on parle de la bandes dessinées d'avant guerre (d'ailleurs de bandes dessinées tout court), on a souvent tendance se focaliser sur Hergé et Tintin. Le CNBDI a eu la bonne idée d'éditer pour la première fois en BD le « rayon mystérieux » et cette histoire passionnante écrite par Alain Saint Ogan.
Etonnamment, le lecteur peu connaisseur pourra penser en feuilletant ces planches, et vu le format A5, à une BD moderne « indépendante » revisitant quelques clichés la science des années 30... Pourtant, Saint Ogan est un maître de la BD, qui devrait être connu de tout un chacun, et dont tout le monde a au moins lu un Zig et Puce.
Côté scénario, avec de nombreuses années d'avance par rapport au héros à la houppe, nous découvrons l'exploration spatiale et l'installation d'hommes sur la lune... Bien que la science ait considérablement évoluée depuis, cette histoire tient encore largement la route et nous donne une bonne idée de la vision des années 30 sur ce qui était censé environner la Terre.
Le récit est rythmé et digne des grands récits d'aventure. On retrouvera, bien des années plus tard, l'exploitation de thèmes abordés ici dans la collection Atomium de Magic Strip (les savants fous, les extra-terrestres, les robots, etc...). Il est très étonnant que cet album n'ait pas fait l'objet d'une édition dans les années 80...
Une très bonne redécouverte d'un auteur et d'une oeuvre qui n'auraient pas dû passer aux oubliettes.
Pourquoi j’ai tué Pierre est une BD à part. C’est clairement une BD que je n’aurais jamais lue sans tous les avis positifs ici même. Tout d’abord parce que ce dessin un peu naïf et simpliste n’est pas ma tasse de thé habituellement, même si finalement il m'a bien plu. Et parce que je ne suis pas sur qu’une autobiographie d’un auteur que je ne connais pas m’aurait attiré.
En refermant cette BD, j’éprouve un peu le même sentiment qu’à la lecture de Le complot de Will Eisner que j’avais qualifié de documentaire historique. Ici aussi on est pas dans le domaine de l’histoire imaginée et romancée, mais bien dans le réel puisque c’est une autobiographie.
Au moment ou l’auteur décrit le passage des attouchements qu’il a reçu de la part du curé, je n’avais pas le ventre noué tellement je savais que ce passage allait arriver. Un peu comme quand vous allez voir un film comique 6 mois après sa sortie et que vous connaissez déjà toutes les répliques.
J’ai beaucoup plus été touché par la fin de l’ouvrage, quand il retourne sur les lieux. Je ne m’attendais pas à ça, et là oui j’ai plus compris l’auteur, plus été mal à l’aise aussi. En me demandant ce qu’il allait pouvoir dire.
Difficile donc de dire que j’ai pris du plaisir en la lisant. Surtout vu le sujet principal. Difficile de mettre une note, difficile de choisir entre 3/5 et 4/5… J’ai parfois eu le sentiment que le support n’était pas vraiment approprié pour une telle confession. En tout cas je ne regrette nullement d’avoir pris le temps de découvrir cette BD.
Une très bonne série, qui marquait -je crois- l'entrée de Florence Magnin dans la bande dessinée.
Illustratrice réputée pour des jeux de rôles, d'inspiration celtique et légendaire, elle faisait donc une première incursion dans le 9ème Art, dans une genre proche de ses inspirations antérieures.
Rodolphe lui avait écrit une scénario qui puise largement dans les légendes, pour nous conter les aventures de ce brave Jan dans un monde apparemment figé dans une appréciation complètement inspirée par les croyances médévales.
Un récit très vite prenant. Malgré l'incongruité de certains éléments, cette intégration des légendes dans le réel est vraiment réjouissante, aidée il est vrai par le dessin magnifique de Magnin, dont les couleurs étaient toutefois un rien ternes, ou du moins pâles.
Une grande histoire pour un album grand format.
J'ai découvert, à sa lecture, une magnifique oeuvre baroque, rugueuse, violente, superbement bien mise en scène par le graphisme rude et surchargé de Palacios.
L'Espagne d'alors, en pleine féodalité, explose dans une riche palette de couleurs particulières qui privilégient des tons violents, contrastés.
L'histoire que Palacios me conte est une fantastique épopée guerrière qui fourmille de combats, d'attaques, d'amours, de trahisons, d'alliances vite rompues ; le tout dans une sorte de maelström graphique.
Une histoire vraie, dont l'auteur a ici suivi la trame historique générale.
Vraiment réaliste, puissant, et que je relis encore parfois avec le même plaisir.
Un très rès bel album. Costaud.
A noter : un second opus a été annoncé en 1980, mais jamais réalisé.
J'ai découvert cette fantastique histoire narrant les origines de Wolverine il y a 5 ans.
On est tout de suite plongé dans l'histoire, le scénario est très bien construit, le suspens se fait sentir à chaque page, on est tenu en haleine jusqu'au dénouement final : Apocalyptique, démentiel, surréaliste.
Cette histoire ferait un très bon film. Je recommande cet ouvrage à tous ceux qui veulent découvrir les origines de Wolverine, et ceux que les "comics" passionnent.
J'ai beaucoup aimé cette BD qui propose un récit la fois classique et moderne. Classique parce qu'on y retrouve le plaisir de raconter une histoire avec des personnages, de l'action et un contexte qui renvoie déjà à mille et un récits (en BD, en livres ou en films) et de procédés de BD qui ne se prennent pas la tête pour innover à tout prix.
Moderne parce que l'approche des auteurs (cette façon de laisser poindre un doute sur la véracité du récit) est efficace et renoue avec un genre sans le pasticher. De plus les dessins parviennent à préserver une partie du mystère sur les personnages et leur psychologie, sur les évènements aussi.
Non, franchement, c'est une belle réussite !
Love and Rockets, la grande série des frères Hernandez... Après le Locas de Jaime, voici venir le Palomar de Gilbert.
Ce qui me frappe d'emblée est la ressemblance de style entre les deux frères. Graphiquement tout d'abord, c'est très proche, la même élégance. Je trouve que les dessins de Jaime sont un peu plus ronds, les traits semblent plus pleins et les encrages un peu plus intenses, mais la différence n'est pas choquante. J'aime ce style de dessin, et que ce soient ceux de Jaime sur Locas ou ceux de Gilbert ici je trouve cela aussi beau.
Pour l'histoire, ce premier tome de Palomar se divise en cinq chapitres principaux. Si les personnages sont nombreux, ils sont tous reliés par le lieu principal de l'action, Palomar. Ces chapitres mettent en scène des histoires se déroulant sur une vingtaine d'année, s’il y a pas mal de personnages importants, le rôle principal revient à Luba, qui même si elle est loin d'être présente à chaque page, laisse une marque importante dans ce récit.
Si pour le traitement de l'histoire le schéma constructif des frères Rodriguez diffère sensiblement, leur préférence commune converge tout de même vers les personnages féminins. Que ce soit dans Locas ou Palomar, les héroïnes sont des femmes passionnées, décrites de façon qui ne l'est pas moins.
Ce premier album de la série Palomar m'a beaucoup plu, même si je pense dans l'ensemble avoir légèrement préféré Locas pour les délires un peu extraordinaires que cette série contient. Mais Palomar reste une oeuvre de qualité, une oeuvre qui offre aussi ses moments forts. Palomar verse plus dans le drame social que Locas.
Si vous avez lu et apprécié Locas, lisez cet album, le plaisir de lecture sera le même. Si vous ne connaissez pas Locas, lisez cet album, ce sera l'occasion de découvrir un des épisodes de la fantastique comédie humaine des frères Hernandez.
JJJ
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Demain les Oiseaux
Une oeuvre du maître japonais dans la veine de Phénix, avec un petit arrière goût de La planète des singes (mais en plus travaillé). Un gros pavé de plus de 300 pages, retraçant l'avenir de l'humanité, une fois que les oiseaux ont pris le contrôle de la Terre. Et comme il fallait s'y attendre, l'espèce dominante reproduit toujours les mêmes travers. Peu d'optimisme dans ce manga, juste une histoire diablement racontant la volonté de vivre d'une espèce opprimée.
Pourquoi j'ai tué Pierre
Ce soir, je suis rentrée plus tôt du boulot que mon pol de mari, et j'ai remarqué cette BD qui traînait sur sa table de chevet. Ah mais oui ! Je l'avais déjà remarquée sur les présentoirs de notre librairie préférée, ses couleurs avaient attiré mon attention. Et quelle ne fut pas ma surprise !! Je m'attendais à... je ne m'attendais à rien en fait. Car il faut dire que je n'avais jamais entendu parler du contenu de cette BD. Dès le début, on vit avec Olivier et on grandit avec lui. On aime ses grands-parents cathos, ses parents baba-cools et son ami Pierre qu'il place sur un piédestal. On ne s'attend pas à ça jusqu'à cette discussion étrange sur la plage qui nous plonge dans un profond malaise. Je remercie Olivier Ka d'avoir écrit cette histoire bouleversante, son histoire. Non pas parce qu'elle traite d'un sujet grave comme la pédophilie. Mais plutôt parce qu'elle m'a appris comment on peut aimer et haïr une personne en même temps (Olivier est bien retourné avec plaisir à la joyeuse Rivière). Et également on comprend ces enfants qui gardent un tel secret en eux qui leur déchire les entrailles. Merci également à Alfred pour ses dessins qui subliment le récit.
Breakfast after noon
Non, "Breakfast After Noon" n’est pas juste une BD qui parle de quotidien insignifiant et de petits soucis futiles. L’histoire représente la situation délicate dans laquelle se sont retrouvés beaucoup d’ouvriers britanniques lors de l’effondrement du secteur industriel dans ce pays… Du jour au lendemain, des milliers d’entre eux se sont retrouvés sans emploi, sans futur, avec de l’expérience et des aptitudes dans un domaine sans avenir… Rappelez-vous du film "The Full Monty"… Très drôle, mais aussi très dur par moment. Que faire dans cette situation ? Se laisser aller, s’accrocher au passé… ou évoluer, s’adapter au nouveau secteur dans le vent : le secteur du service. "Breakfast After Noon" nous conte la vie d’un jeune couple qui se déchire… Elle, profitant de son licenciement pour rebondir et se former à l’informatique… Lui, glissant tout doucement dans la dépression. C’est du vrai, c’est touchant, c’est fortement ancré dans la tradition anglaise (trop pour un lecteur français peut-être ?), et ça m’a beaucoup plu…
Le Rayon mystérieux
Lorsque l'on parle de la bandes dessinées d'avant guerre (d'ailleurs de bandes dessinées tout court), on a souvent tendance se focaliser sur Hergé et Tintin. Le CNBDI a eu la bonne idée d'éditer pour la première fois en BD le « rayon mystérieux » et cette histoire passionnante écrite par Alain Saint Ogan. Etonnamment, le lecteur peu connaisseur pourra penser en feuilletant ces planches, et vu le format A5, à une BD moderne « indépendante » revisitant quelques clichés la science des années 30... Pourtant, Saint Ogan est un maître de la BD, qui devrait être connu de tout un chacun, et dont tout le monde a au moins lu un Zig et Puce. Côté scénario, avec de nombreuses années d'avance par rapport au héros à la houppe, nous découvrons l'exploration spatiale et l'installation d'hommes sur la lune... Bien que la science ait considérablement évoluée depuis, cette histoire tient encore largement la route et nous donne une bonne idée de la vision des années 30 sur ce qui était censé environner la Terre. Le récit est rythmé et digne des grands récits d'aventure. On retrouvera, bien des années plus tard, l'exploitation de thèmes abordés ici dans la collection Atomium de Magic Strip (les savants fous, les extra-terrestres, les robots, etc...). Il est très étonnant que cet album n'ait pas fait l'objet d'une édition dans les années 80... Une très bonne redécouverte d'un auteur et d'une oeuvre qui n'auraient pas dû passer aux oubliettes.
Pourquoi j'ai tué Pierre
Pourquoi j’ai tué Pierre est une BD à part. C’est clairement une BD que je n’aurais jamais lue sans tous les avis positifs ici même. Tout d’abord parce que ce dessin un peu naïf et simpliste n’est pas ma tasse de thé habituellement, même si finalement il m'a bien plu. Et parce que je ne suis pas sur qu’une autobiographie d’un auteur que je ne connais pas m’aurait attiré. En refermant cette BD, j’éprouve un peu le même sentiment qu’à la lecture de Le complot de Will Eisner que j’avais qualifié de documentaire historique. Ici aussi on est pas dans le domaine de l’histoire imaginée et romancée, mais bien dans le réel puisque c’est une autobiographie. Au moment ou l’auteur décrit le passage des attouchements qu’il a reçu de la part du curé, je n’avais pas le ventre noué tellement je savais que ce passage allait arriver. Un peu comme quand vous allez voir un film comique 6 mois après sa sortie et que vous connaissez déjà toutes les répliques. J’ai beaucoup plus été touché par la fin de l’ouvrage, quand il retourne sur les lieux. Je ne m’attendais pas à ça, et là oui j’ai plus compris l’auteur, plus été mal à l’aise aussi. En me demandant ce qu’il allait pouvoir dire. Difficile donc de dire que j’ai pris du plaisir en la lisant. Surtout vu le sujet principal. Difficile de mettre une note, difficile de choisir entre 3/5 et 4/5… J’ai parfois eu le sentiment que le support n’était pas vraiment approprié pour une telle confession. En tout cas je ne regrette nullement d’avoir pris le temps de découvrir cette BD.
L'Autre Monde
Une très bonne série, qui marquait -je crois- l'entrée de Florence Magnin dans la bande dessinée. Illustratrice réputée pour des jeux de rôles, d'inspiration celtique et légendaire, elle faisait donc une première incursion dans le 9ème Art, dans une genre proche de ses inspirations antérieures. Rodolphe lui avait écrit une scénario qui puise largement dans les légendes, pour nous conter les aventures de ce brave Jan dans un monde apparemment figé dans une appréciation complètement inspirée par les croyances médévales. Un récit très vite prenant. Malgré l'incongruité de certains éléments, cette intégration des légendes dans le réel est vraiment réjouissante, aidée il est vrai par le dessin magnifique de Magnin, dont les couleurs étaient toutefois un rien ternes, ou du moins pâles.
Le Cid
Une grande histoire pour un album grand format. J'ai découvert, à sa lecture, une magnifique oeuvre baroque, rugueuse, violente, superbement bien mise en scène par le graphisme rude et surchargé de Palacios. L'Espagne d'alors, en pleine féodalité, explose dans une riche palette de couleurs particulières qui privilégient des tons violents, contrastés. L'histoire que Palacios me conte est une fantastique épopée guerrière qui fourmille de combats, d'attaques, d'amours, de trahisons, d'alliances vite rompues ; le tout dans une sorte de maelström graphique. Une histoire vraie, dont l'auteur a ici suivi la trame historique générale. Vraiment réaliste, puissant, et que je relis encore parfois avec le même plaisir. Un très rès bel album. Costaud. A noter : un second opus a été annoncé en 1980, mais jamais réalisé.
Wolverine - Arme X
J'ai découvert cette fantastique histoire narrant les origines de Wolverine il y a 5 ans. On est tout de suite plongé dans l'histoire, le scénario est très bien construit, le suspens se fait sentir à chaque page, on est tenu en haleine jusqu'au dénouement final : Apocalyptique, démentiel, surréaliste. Cette histoire ferait un très bon film. Je recommande cet ouvrage à tous ceux qui veulent découvrir les origines de Wolverine, et ceux que les "comics" passionnent.
Les Derniers corsaires
J'ai beaucoup aimé cette BD qui propose un récit la fois classique et moderne. Classique parce qu'on y retrouve le plaisir de raconter une histoire avec des personnages, de l'action et un contexte qui renvoie déjà à mille et un récits (en BD, en livres ou en films) et de procédés de BD qui ne se prennent pas la tête pour innover à tout prix. Moderne parce que l'approche des auteurs (cette façon de laisser poindre un doute sur la véracité du récit) est efficace et renoue avec un genre sans le pasticher. De plus les dessins parviennent à préserver une partie du mystère sur les personnages et leur psychologie, sur les évènements aussi. Non, franchement, c'est une belle réussite !
Palomar City
Love and Rockets, la grande série des frères Hernandez... Après le Locas de Jaime, voici venir le Palomar de Gilbert. Ce qui me frappe d'emblée est la ressemblance de style entre les deux frères. Graphiquement tout d'abord, c'est très proche, la même élégance. Je trouve que les dessins de Jaime sont un peu plus ronds, les traits semblent plus pleins et les encrages un peu plus intenses, mais la différence n'est pas choquante. J'aime ce style de dessin, et que ce soient ceux de Jaime sur Locas ou ceux de Gilbert ici je trouve cela aussi beau. Pour l'histoire, ce premier tome de Palomar se divise en cinq chapitres principaux. Si les personnages sont nombreux, ils sont tous reliés par le lieu principal de l'action, Palomar. Ces chapitres mettent en scène des histoires se déroulant sur une vingtaine d'année, s’il y a pas mal de personnages importants, le rôle principal revient à Luba, qui même si elle est loin d'être présente à chaque page, laisse une marque importante dans ce récit. Si pour le traitement de l'histoire le schéma constructif des frères Rodriguez diffère sensiblement, leur préférence commune converge tout de même vers les personnages féminins. Que ce soit dans Locas ou Palomar, les héroïnes sont des femmes passionnées, décrites de façon qui ne l'est pas moins. Ce premier album de la série Palomar m'a beaucoup plu, même si je pense dans l'ensemble avoir légèrement préféré Locas pour les délires un peu extraordinaires que cette série contient. Mais Palomar reste une oeuvre de qualité, une oeuvre qui offre aussi ses moments forts. Palomar verse plus dans le drame social que Locas. Si vous avez lu et apprécié Locas, lisez cet album, le plaisir de lecture sera le même. Si vous ne connaissez pas Locas, lisez cet album, ce sera l'occasion de découvrir un des épisodes de la fantastique comédie humaine des frères Hernandez. JJJ