Wow, quel dessin, j'adore ! Dès le début, on est plongé dans un Paris sous la pluie, un décor oppressant, magnifiquement rendu par le noir et blanc de Peeters. Il maîtrise à merveille l'art du clair-obscur, avec ses ambiances lourdes. Les décors sont vivants, qu'il s'agisse d'un Paris sous une pluie constante ou de paysages plus naturels, presque fantastiques. Il y a aussi une certaine économie dans les détails, mais chaque trait compte. L'ensemble est mis en relief par des cadrages recherchés sans en faire trop, qui servent très bien le récit. Là franchement, bravo Mr Peeters.
Le scénario de Lehman n'est pas en reste, il monte en puissance, avec cette lente progression vers le mystique. Au départ, on suit des histoires de famille, des non-dits qui pèsent sur trois générations de femmes. Puis, petit à petit, le fantastique s’invite, sans forcer, tout ça s’intègre naturellement dans l’histoire. J'ai beaucoup aimé cette frontière floue entre le réel et l’imaginaire, qui n’est jamais clairement tranchée.
Si je devais lui trouver un défaut, je dirais que la fin va un peu vite, mais une fin plus longue aurait elle apporté le même équilibre global ?
Un one shot qui fait fort, très fort, autant par son récit que par son ambiance visuelle.
Un très bon one-shot.
J'avais quand même un peu peur au début parce que ça commence quand même de manière cliché: le riche homme d'affaire sans scrupules veut absolument un territoire pour ses ressources et le propriétaire est un vieux dur qui ne veut pas vendre du tout.
Heureusement, le scénariste s'est comment rendre captivant un récit qui contient des éléments qu'on a déjà vu. Il faut dire qu'il a eu la bonne idée de développer le personnage de l'homme d'affaire qui se révèle un peu plus complexe que les méchants riches qu'on voit habituellement dans ce type de western. Le scénario est prenant et il y a de très bonnes surprises, tout n'est pas cousu de fil blanc comment on pourrait le penser en lisant les premières pages.
Le dessin est très bon au niveau de la mise en scène et c'est dynamique, mais les personnages sont souvent un peu moches. Mais bon si je ne me trompe pas le dessinateur est débutant et il y a des chances qu'il s'améliore au fils du temps.
Coup de coeur pour moi. J'ai tellement été touché par rosa. Une sacrée femme ! A cette époque où la femme reste bien inférieure à l'homme, elle a su faire entendre sa voix, elle a pu découvrir son pouvoir face à des hommes qui pensent que la virilité ne tient qu'à la brutalité et la force. Elle est devenue maîtresse de chacun d'eux, découvrant leur fragilité et leurs âmes d'enfants. Mais ce qui est le plus beau dans cette histoire, c'est qu'elle a pu se découvrir elle-même et goûter la Liberté la vraie, celle dont peu de femmes de cette époque pouvaient soupçonner l'existence...
Avec son ton léger, drôle et surtout très accessible, Marion Montaigne arrive à rendre compréhensibles des sujets scientifiques qui pourraient être assez lourds. Pesquet devient presque un personnage de BD, avec ses petits moments de galère et ses grands moments d’aventure spatiale.
Ce que j’ai particulièrement aimé, c’est que Montaigne ne fait pas juste l’apologie de l’astronaute-héros. Elle montre aussi les aspects plus terre-à-terre de la préparation pour une mission : les entraînements intenses, les sacrifices, les épreuves qu’il doit surmonter. Le tout raconté avec des dessins simples mais expressifs qui collent parfaitement à l’esprit de l’album.
Les anecdotes sur la vie quotidienne dans l’espace sont vraiment marrantes. Et derrière l’humour, il y a aussi un vrai respect pour le travail des astronautes et des scientifiques. C’est un hommage à la fois sincère et décalé, avec un humour qui marche bien ce qui n'est pas toujours le cas dans ce genre de BD.
Un bon mélange entre documentaire et BD humoristique. J’ai trouvé ça très fluide à lire, même si c’est assez dense en contenu.
Un carnet de voyage bien particulier dans lequel on suit Delisle en Chine, dans une ville en plein développement, mais qui reste loin des grandes métropoles comme Pékin ou Shanghai. Premiere oeuvre du genre qui deviendra familier chez lui, ce qui est intéressant ici comme dans Pyongyang c’est l’isolement de Delisle dans un environnement où la barrière de la langue et de la culture est omniprésente. Il observe tout avec une certaine distance, souvent ironique, sans jamais sombrer dans la caricature facile.
Ce que j’aime dans Shenzhen, c’est que Delisle ne cherche pas à embellir son expérience. On ressent bien l’ennui qui l’accompagne, ses journées monotones dans un pays où il ne comprend presque rien et où les contacts humains restent limités. Ça donne un côté très authentique à son récit. Il ne fait pas semblant d’être fasciné ou ébloui par la culture locale, et c’est cette honnêteté qui rend le tout intéressant.
Graphiquement, Delisle est dans son style habituel, simple et direct. Il parvient à capter l’essentiel des ambiances, que ce soit dans les rues grises et anonymes de Shenzhen ou dans les interactions plus intimes qu’il réussit parfois à avoir avec les locaux.
L’humour est là, mais souvent discret, presque mélancolique. C’est un humour de décalage, un regard un peu désabusé sur son quotidien et sur ses propres limites face à l’immensité de la culture chinoise. Et même si l’album peut sembler lent ou répétitif par moments, c’est justement cette lenteur qui donne toute sa saveur à l’expérience.
Un regard sincère, parfois un peu perdu, mais toujours curieux, sur une Chine en pleine transformation. Ce n’est pas un récit d’aventures ou un voyage exaltant, mais c’est une exploration intérieure tout aussi captivante, un livre que j’ai apprécié pour sa simplicité et son ton détaché, presque contemplatif.
Jean-Claude Tergal, c’est un personnage qui me fait toujours sourire. Un vrai loser, mais un de ceux qu’on ne peut pas s’empêcher de trouver attachants. Ses mésaventures sont tellement improbables que ça en devient savoureux. Il peut même tirer une situation improbable d'un point de départ commun, comme par exemple avec l'étron flotteur, j'adore. C’est gênant, c’est absurde, mais qu’est-ce que c’est drôle !
Certains trouvent Jean-Claude pathétique, moi je le vois plutôt comme un gars qui fait de son mieux. Ses tentatives désespérées de séduire ou de simplement se sentir à la hauteur dans un monde qui ne lui fait aucun cadeau me le rendent touchant.
Ce que j’aime, c’est que sous l’humour, il y a une certaine tendresse. Même si Jean-Claude s’en prend plein la figure, on sent bien que ça ne le casse pas complètement. Il persiste, il continue, même quand tout semble aller de travers. On rit de ses galères, mais on est aussi un peu avec lui, parce qu’au fond, qui n’a pas déjà vécu un moment de solitude à la Jean-Claude Tergal ?
Les dessins servent bien cet humour, avec des expressions faciales qui accentuent le côté loser de Tergal. C’est visuellement simple mais efficace, et ça colle parfaitement à l’ambiance de ce type d’humour, à la fois décalé et gentiment cruel. Bref, Jean-Claude Tergal, c’est du bon, surtout si on aime les personnages qui sont loin d’avoir la vie facile, mais qui nous font quand même rire à chaque page.
Franchement, on a tous adoré à la maison, au point que je me demande parfois si ça ne fait pas de nous une famille un peu bizarre. Le concept est simple : des lapins qui se mettent en scène pour trouver des façons toujours plus absurdes de se suicider. Dit comme ça, ça paraît un peu tordu, mais c’est justement ce côté décalé qui a fait mouche.
Chaque page est une petite trouvaille, un gag visuel qui ne nécessite aucun mot. C’est à la fois inventif et complètement barré, avec ces situations improbables où les lapins cherchent la fin la plus étrange et souvent la plus drôle possible. Le contraste entre leur côté mignon et la noirceur du sujet donne un résultat plutôt léger et vraiment drôle. On feuillette l’album, on rigole, on passe à une autre page, et ça continue.
A priori et cela me rassure, on n’est pas les seuls à aimer ce genre d’humour un peu décalé. C’est simple, drôle, et même après plusieurs lectures, il y a toujours un gag qui nous fait marrer.
Je ne suis vraiment pas un fan de sports mécaniques, et tout ce qui tourne autour des motos et moteurs à essence, ce n’est pas mon truc habituellement. Mais Joe Bar Team a quand même réussi à m’accrocher. Ce qui m’a plu, c’est avant tout le dessin. Certains font référence au Maître Franquin et force est d'avouer qu'il y a un truc là.
Les situations absurdes, les excès des personnages, tout est traité avec un ton léger et décalé qui rend la lecture vraiment sympa. L’autre point fort, c’est l’atmosphère qui règne dans cette série. C’est un univers de motards, mais on sent surtout la camaraderie et les petites rivalités entre les personnages, avec une touche de caricature bien dosée. Ça parle évidemment de mécanique, mais sans tomber dans des détails techniques trop lourds. À la place, ça reste accessible et surtout drôle, même pour quelqu’un qui ne connaît rien aux motos. Et c’est peut-être là que Joe Bar Team me parle le plus : l’humour et le côté un peu fou des personnages prennent le dessus sur le reste.
Même si l’univers des sports mécaniques me laisse de marbre, le dessin, l’humour et cette ambiance conviviale font que j’ai quand même passé un bon moment avec Joe Bar Team. Ce n’est pas une série que j’aurais imaginé apprécier, mais elle a ce petit truc qui la rend attachante.
Ce qui m’a vraiment plu dans Aldebaran, c’est la profondeur de l’histoire et la richesse de l’univers que Léo met en place. Dès le départ, on est plongé dans un monde fascinant, loin de la Terre, avec des créatures étranges, des paysages qui mêlent exotisme et danger, et une intrigue qui évolue avec un bon sens du mystère. Il y a un vrai travail de construction, et ça se ressent à chaque étape du récit. L’exploration de cette planète, ses secrets, les tensions politiques et les enjeux humains sont bien dosés, et on se laisse prendre par cette ambiance à la fois intrigante et un peu angoissante. J’aime la façon dont l’histoire prend son temps, on découvre au fur et à mesure, sans être précipité.
Par contre, là où j’ai vraiment eu du mal, c’est avec le dessin des personnages. Autant les décors sont soignés et immersifs, autant les visages me laissent souvent perplexe. Ils manquent de vie, leurs expressions sont parfois un peu figées, et j’ai eu du mal à ressentir les émotions que les personnages sont censés traverser. Il y a un côté un peu rigide dans leur manière d’être dessinés, surtout quand il s’agit des interactions entre eux. Les visages manquent de subtilité, et ça me sortait un peu de l’histoire à certains moments. C’est dommage, parce que pour une série qui repose autant sur les relations humaines, ça aurait mérité plus de nuances dans le trait.
Cela dit, l’histoire est tellement bien ficelée que ce défaut n’a pas gâché mon plaisir de lecture. Malgré ces réserves sur le dessin des personnages, le scénario reste solide et ca vaut vraiment le détour. On est curieux de voir où tout ça va nous mener, et c’est là que Léo réussit son pari.
Un monument de la BD, une spirale de réflexions sur la réalité et la fiction. Dans chaque album, Marc-Antoine Mathieu joue avec les codes de la bande dessinée, prenant un malin plaisir à déconstruire le médium, tout en piégeant son lecteur dans une série d’énigmes visuelles et narratives. Peut-on encore parler d’auteur de BD pour Marc Antoine Mathieu ? Il joue tellement avec le medium que je le qualifierais de plasticien.
Le personnage de Julius, fonctionnaire d’un ministère du rêve, est perpétuellement coincé dans des situations surréalistes et kafkaïennes. L’univers de la série est sombre, oppressant, avec une atmosphère qui rappelle les méandres d’un cauchemar éveillé.
Ce qui frappe, c’est la précision du trait en noir et blanc, tout en contrastes et en volumes. Magnifique.
Les jeux sur la mise en page, les effets de mise en abyme et les trompe-l’œil rendent la lecture unique. On se retrouve souvent à observer chaque case pour dénicher les indices cachés. La série regorge d’humour noir, mais aussi de moments philosophiques qui interrogent notre rapport au réel et à l’imaginaire.
Certains albums, comme L’Origine, sont particulièrement marquants par leurs idées vertigineuses : une histoire où Julius oublie de fermer un tiroir et en subit des conséquences disproportionnées, ou encore cet ascenseur qui traverse les murs de son appartement à des horaires stricts, accentuant le sentiment d’écrasement par des règles absurdes.
Un univers visuel original, audacieux, inventif. Une série exigeante, captivante, qui fait réfléchir sur les limites de la bande dessinée en tant qu’art et médium narratif
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L'Homme gribouillé
Wow, quel dessin, j'adore ! Dès le début, on est plongé dans un Paris sous la pluie, un décor oppressant, magnifiquement rendu par le noir et blanc de Peeters. Il maîtrise à merveille l'art du clair-obscur, avec ses ambiances lourdes. Les décors sont vivants, qu'il s'agisse d'un Paris sous une pluie constante ou de paysages plus naturels, presque fantastiques. Il y a aussi une certaine économie dans les détails, mais chaque trait compte. L'ensemble est mis en relief par des cadrages recherchés sans en faire trop, qui servent très bien le récit. Là franchement, bravo Mr Peeters. Le scénario de Lehman n'est pas en reste, il monte en puissance, avec cette lente progression vers le mystique. Au départ, on suit des histoires de famille, des non-dits qui pèsent sur trois générations de femmes. Puis, petit à petit, le fantastique s’invite, sans forcer, tout ça s’intègre naturellement dans l’histoire. J'ai beaucoup aimé cette frontière floue entre le réel et l’imaginaire, qui n’est jamais clairement tranchée. Si je devais lui trouver un défaut, je dirais que la fin va un peu vite, mais une fin plus longue aurait elle apporté le même équilibre global ? Un one shot qui fait fort, très fort, autant par son récit que par son ambiance visuelle.
Carcajou
Un très bon one-shot. J'avais quand même un peu peur au début parce que ça commence quand même de manière cliché: le riche homme d'affaire sans scrupules veut absolument un territoire pour ses ressources et le propriétaire est un vieux dur qui ne veut pas vendre du tout. Heureusement, le scénariste s'est comment rendre captivant un récit qui contient des éléments qu'on a déjà vu. Il faut dire qu'il a eu la bonne idée de développer le personnage de l'homme d'affaire qui se révèle un peu plus complexe que les méchants riches qu'on voit habituellement dans ce type de western. Le scénario est prenant et il y a de très bonnes surprises, tout n'est pas cousu de fil blanc comment on pourrait le penser en lisant les premières pages. Le dessin est très bon au niveau de la mise en scène et c'est dynamique, mais les personnages sont souvent un peu moches. Mais bon si je ne me trompe pas le dessinateur est débutant et il y a des chances qu'il s'améliore au fils du temps.
Rosa
Coup de coeur pour moi. J'ai tellement été touché par rosa. Une sacrée femme ! A cette époque où la femme reste bien inférieure à l'homme, elle a su faire entendre sa voix, elle a pu découvrir son pouvoir face à des hommes qui pensent que la virilité ne tient qu'à la brutalité et la force. Elle est devenue maîtresse de chacun d'eux, découvrant leur fragilité et leurs âmes d'enfants. Mais ce qui est le plus beau dans cette histoire, c'est qu'elle a pu se découvrir elle-même et goûter la Liberté la vraie, celle dont peu de femmes de cette époque pouvaient soupçonner l'existence...
Dans la combi de Thomas Pesquet
Avec son ton léger, drôle et surtout très accessible, Marion Montaigne arrive à rendre compréhensibles des sujets scientifiques qui pourraient être assez lourds. Pesquet devient presque un personnage de BD, avec ses petits moments de galère et ses grands moments d’aventure spatiale. Ce que j’ai particulièrement aimé, c’est que Montaigne ne fait pas juste l’apologie de l’astronaute-héros. Elle montre aussi les aspects plus terre-à-terre de la préparation pour une mission : les entraînements intenses, les sacrifices, les épreuves qu’il doit surmonter. Le tout raconté avec des dessins simples mais expressifs qui collent parfaitement à l’esprit de l’album. Les anecdotes sur la vie quotidienne dans l’espace sont vraiment marrantes. Et derrière l’humour, il y a aussi un vrai respect pour le travail des astronautes et des scientifiques. C’est un hommage à la fois sincère et décalé, avec un humour qui marche bien ce qui n'est pas toujours le cas dans ce genre de BD. Un bon mélange entre documentaire et BD humoristique. J’ai trouvé ça très fluide à lire, même si c’est assez dense en contenu.
Shenzhen
Un carnet de voyage bien particulier dans lequel on suit Delisle en Chine, dans une ville en plein développement, mais qui reste loin des grandes métropoles comme Pékin ou Shanghai. Premiere oeuvre du genre qui deviendra familier chez lui, ce qui est intéressant ici comme dans Pyongyang c’est l’isolement de Delisle dans un environnement où la barrière de la langue et de la culture est omniprésente. Il observe tout avec une certaine distance, souvent ironique, sans jamais sombrer dans la caricature facile. Ce que j’aime dans Shenzhen, c’est que Delisle ne cherche pas à embellir son expérience. On ressent bien l’ennui qui l’accompagne, ses journées monotones dans un pays où il ne comprend presque rien et où les contacts humains restent limités. Ça donne un côté très authentique à son récit. Il ne fait pas semblant d’être fasciné ou ébloui par la culture locale, et c’est cette honnêteté qui rend le tout intéressant. Graphiquement, Delisle est dans son style habituel, simple et direct. Il parvient à capter l’essentiel des ambiances, que ce soit dans les rues grises et anonymes de Shenzhen ou dans les interactions plus intimes qu’il réussit parfois à avoir avec les locaux. L’humour est là, mais souvent discret, presque mélancolique. C’est un humour de décalage, un regard un peu désabusé sur son quotidien et sur ses propres limites face à l’immensité de la culture chinoise. Et même si l’album peut sembler lent ou répétitif par moments, c’est justement cette lenteur qui donne toute sa saveur à l’expérience. Un regard sincère, parfois un peu perdu, mais toujours curieux, sur une Chine en pleine transformation. Ce n’est pas un récit d’aventures ou un voyage exaltant, mais c’est une exploration intérieure tout aussi captivante, un livre que j’ai apprécié pour sa simplicité et son ton détaché, presque contemplatif.
Jean-Claude Tergal
Jean-Claude Tergal, c’est un personnage qui me fait toujours sourire. Un vrai loser, mais un de ceux qu’on ne peut pas s’empêcher de trouver attachants. Ses mésaventures sont tellement improbables que ça en devient savoureux. Il peut même tirer une situation improbable d'un point de départ commun, comme par exemple avec l'étron flotteur, j'adore. C’est gênant, c’est absurde, mais qu’est-ce que c’est drôle ! Certains trouvent Jean-Claude pathétique, moi je le vois plutôt comme un gars qui fait de son mieux. Ses tentatives désespérées de séduire ou de simplement se sentir à la hauteur dans un monde qui ne lui fait aucun cadeau me le rendent touchant. Ce que j’aime, c’est que sous l’humour, il y a une certaine tendresse. Même si Jean-Claude s’en prend plein la figure, on sent bien que ça ne le casse pas complètement. Il persiste, il continue, même quand tout semble aller de travers. On rit de ses galères, mais on est aussi un peu avec lui, parce qu’au fond, qui n’a pas déjà vécu un moment de solitude à la Jean-Claude Tergal ? Les dessins servent bien cet humour, avec des expressions faciales qui accentuent le côté loser de Tergal. C’est visuellement simple mais efficace, et ça colle parfaitement à l’ambiance de ce type d’humour, à la fois décalé et gentiment cruel. Bref, Jean-Claude Tergal, c’est du bon, surtout si on aime les personnages qui sont loin d’avoir la vie facile, mais qui nous font quand même rire à chaque page.
Le Coup du lapin
Franchement, on a tous adoré à la maison, au point que je me demande parfois si ça ne fait pas de nous une famille un peu bizarre. Le concept est simple : des lapins qui se mettent en scène pour trouver des façons toujours plus absurdes de se suicider. Dit comme ça, ça paraît un peu tordu, mais c’est justement ce côté décalé qui a fait mouche. Chaque page est une petite trouvaille, un gag visuel qui ne nécessite aucun mot. C’est à la fois inventif et complètement barré, avec ces situations improbables où les lapins cherchent la fin la plus étrange et souvent la plus drôle possible. Le contraste entre leur côté mignon et la noirceur du sujet donne un résultat plutôt léger et vraiment drôle. On feuillette l’album, on rigole, on passe à une autre page, et ça continue. A priori et cela me rassure, on n’est pas les seuls à aimer ce genre d’humour un peu décalé. C’est simple, drôle, et même après plusieurs lectures, il y a toujours un gag qui nous fait marrer.
Joe Bar Team
Je ne suis vraiment pas un fan de sports mécaniques, et tout ce qui tourne autour des motos et moteurs à essence, ce n’est pas mon truc habituellement. Mais Joe Bar Team a quand même réussi à m’accrocher. Ce qui m’a plu, c’est avant tout le dessin. Certains font référence au Maître Franquin et force est d'avouer qu'il y a un truc là. Les situations absurdes, les excès des personnages, tout est traité avec un ton léger et décalé qui rend la lecture vraiment sympa. L’autre point fort, c’est l’atmosphère qui règne dans cette série. C’est un univers de motards, mais on sent surtout la camaraderie et les petites rivalités entre les personnages, avec une touche de caricature bien dosée. Ça parle évidemment de mécanique, mais sans tomber dans des détails techniques trop lourds. À la place, ça reste accessible et surtout drôle, même pour quelqu’un qui ne connaît rien aux motos. Et c’est peut-être là que Joe Bar Team me parle le plus : l’humour et le côté un peu fou des personnages prennent le dessus sur le reste. Même si l’univers des sports mécaniques me laisse de marbre, le dessin, l’humour et cette ambiance conviviale font que j’ai quand même passé un bon moment avec Joe Bar Team. Ce n’est pas une série que j’aurais imaginé apprécier, mais elle a ce petit truc qui la rend attachante.
Aldébaran
Ce qui m’a vraiment plu dans Aldebaran, c’est la profondeur de l’histoire et la richesse de l’univers que Léo met en place. Dès le départ, on est plongé dans un monde fascinant, loin de la Terre, avec des créatures étranges, des paysages qui mêlent exotisme et danger, et une intrigue qui évolue avec un bon sens du mystère. Il y a un vrai travail de construction, et ça se ressent à chaque étape du récit. L’exploration de cette planète, ses secrets, les tensions politiques et les enjeux humains sont bien dosés, et on se laisse prendre par cette ambiance à la fois intrigante et un peu angoissante. J’aime la façon dont l’histoire prend son temps, on découvre au fur et à mesure, sans être précipité. Par contre, là où j’ai vraiment eu du mal, c’est avec le dessin des personnages. Autant les décors sont soignés et immersifs, autant les visages me laissent souvent perplexe. Ils manquent de vie, leurs expressions sont parfois un peu figées, et j’ai eu du mal à ressentir les émotions que les personnages sont censés traverser. Il y a un côté un peu rigide dans leur manière d’être dessinés, surtout quand il s’agit des interactions entre eux. Les visages manquent de subtilité, et ça me sortait un peu de l’histoire à certains moments. C’est dommage, parce que pour une série qui repose autant sur les relations humaines, ça aurait mérité plus de nuances dans le trait. Cela dit, l’histoire est tellement bien ficelée que ce défaut n’a pas gâché mon plaisir de lecture. Malgré ces réserves sur le dessin des personnages, le scénario reste solide et ca vaut vraiment le détour. On est curieux de voir où tout ça va nous mener, et c’est là que Léo réussit son pari.
Julius Corentin Acquefacques
Un monument de la BD, une spirale de réflexions sur la réalité et la fiction. Dans chaque album, Marc-Antoine Mathieu joue avec les codes de la bande dessinée, prenant un malin plaisir à déconstruire le médium, tout en piégeant son lecteur dans une série d’énigmes visuelles et narratives. Peut-on encore parler d’auteur de BD pour Marc Antoine Mathieu ? Il joue tellement avec le medium que je le qualifierais de plasticien. Le personnage de Julius, fonctionnaire d’un ministère du rêve, est perpétuellement coincé dans des situations surréalistes et kafkaïennes. L’univers de la série est sombre, oppressant, avec une atmosphère qui rappelle les méandres d’un cauchemar éveillé. Ce qui frappe, c’est la précision du trait en noir et blanc, tout en contrastes et en volumes. Magnifique. Les jeux sur la mise en page, les effets de mise en abyme et les trompe-l’œil rendent la lecture unique. On se retrouve souvent à observer chaque case pour dénicher les indices cachés. La série regorge d’humour noir, mais aussi de moments philosophiques qui interrogent notre rapport au réel et à l’imaginaire. Certains albums, comme L’Origine, sont particulièrement marquants par leurs idées vertigineuses : une histoire où Julius oublie de fermer un tiroir et en subit des conséquences disproportionnées, ou encore cet ascenseur qui traverse les murs de son appartement à des horaires stricts, accentuant le sentiment d’écrasement par des règles absurdes. Un univers visuel original, audacieux, inventif. Une série exigeante, captivante, qui fait réfléchir sur les limites de la bande dessinée en tant qu’art et médium narratif