Le pitch a de quoi intriguer : un homme se réveille, après une soirée en compagnie d'une jolie rousse, dans la cave de celle-ci, enfermé dans une cage. Visiblement elle lui en veut, mais pour quoi ?
S'ensuit un huis clos assez étouffant, où les relations entre les deux protagonistes passent par toutes les étapes : les insultes, les interrogations, l'incompréhension, les caresses, les avancées, les bourdes... Parallèlement l'enquête des collègues de Benoît, puisque c'est un flic, nous montre que la vérité est complexe, beaucoup plus complexe que la seule vengeance que l'on aurait pu croire en premier lieu.
C'est poisseux, c'est noir, c'est dérangeant, et c'est un récit à tiroirs qui n'en finit pas de hanter le lecteur après avoir refermé l'album.
L'adaptateur du roman original, Miceal O'Griafa-Beausang, est un amateur de polars noirs, et a trouvé là un sujet qui lui convient parfaitement, lui qui sait bien doser les montées d'adrénaline et les moments de doute, comme dans son méconnu diptyque Le Baiser de l'Orchidée. A ses côtés Xavier Delaporte fait du bon boulot, réaliste, même si je le trouve un peu léger sur les visages "éloignés" des protagonistes. Le coloriste Greg Lofé propose des ambiances contrastées très efficaces.
Je ne connais pas l'œuvre de Karine Giebel, mais après la lecture de cette adaptation, j'avoue que j'ai bien envie de la découvrir.
Franchement je trouve given est quand même une pépite du genre (sachant que le bl sont généralement assez cliché ou avec des scènes de … omniprésente). A première vu le manga paraît assez « cute », mais au fur à mesure découvre un côté assez réaliste abordé sans filtre (je parle par exemple du cas de passer de Mafuyu ou de du mec aux percings dont j’ai oublié le nom). En plus chaque couples nous amène dans une dimension bien à elle, naïve ou parfois très compliqué ou le Hiiragi mix. Les personnages ne sont pas vides et ne sont pas clichés comme cela peut paraître superficiellement . Franchement je conseille de continuer toute la lecture (au moins jusqu’au tome 3) avant de se faire un avis.
Cet album nous relate la vie et les luttes de six jeunes femmes.
Officiellement cinq, mais pour l’un des cas il s’agit de deux sœurs luttant pour la même cause (et, bon, techniquement Emma Gonzáles est aussi là pour représenter tout un groupe, mais on insiste bien sur ses discours et on comprend qu’elle est devenue la porte-parole du mouvement).
Elles luttent contre la pollution, contre l’obscurantisme, contre les tueries de masse et la guerre, et surtout pour l’avenir.
Je connaissais déjà les combats et discours de Malala Yousafzai et Greta Thunberg, mais j’ai tout de même appris quelques détails que j’ignorais. Pour Greta, j’ai même appris tout son passé, je ne connaissais malheureusement que ses luttes et ses interventions ayant fait suite à son célèbre discours à l’ONU.
Pour les autres, Yusra Mardini, Emma Gonzáles et les sœurs Wijsen, j’avoue que je n’en avais que trop peu entendu parler.
Fort heureusement, du coup, j’ai pu en apprendre sur elles et sur leurs luttes. Cela a été très instructif.
Les dessinateur-ice-s changent à chacun des cinq chapitres de l’album, j'ai trouvé chacun de leurs dessins beaux (petite préférence personnelle pour le style de Gijé que j’ai un peu découvert ici). Chacun illustre bien son récit.
Un album à faire lire à tout âge, mais plus que recommandé pour la jeunesse.
Ça pourra sans doute convaincre des gens de se battre ou même simplement se renseigner pour l’avenir.
"Plus jamais la vie ne séparera ce que la mort peut unir."
Percy Bysshe Shelley.
L'Adaptation du roman du même nom de Richard Malka (avocat, romancier et scénariste de BD) par Yannick Corboz.
Cette BD est une longue lettre, celle qu'Adrian van Gott écrit pour Anna, l'amour de sa vie. Une lettre d'adieu où il lui raconte sa vie et leur première rencontre, il y a plus de deux cents ans, elle s'appelait alors Clélia.
Un récit qui commence à Venise vers la fin du XVIIIe siècle pour se terminer au début des années 2000 à New-York.
Adrian était un enfant chétif et souvent malade, mais il va découvrir qu'il possède une particularité, il est une sorte de vampire, il lui suffit d'embrasser une personne pour la déposséder de son amour et en connaître les souvenirs. Cela a pour conséquence d'insuffler une force physique hors du commun au corps d'Adrian, mais aussi d'en vider la substance à la personne embrassée jusqu'à la tuer suivant la durée du baiser. Un don qui se transforme en malédiction avec la mort de Clélia. Il va apprivoiser ce pouvoir et en tirer de nombreux avantages.
Un récit qui m'a aspiré dès les premières pages par la qualité des textes, par l'ambiance gothique qui s'en dégage, par la complexité du personnage d'Adrian. Une existence de tourments dans sa quête d'amour et de connaissance, il est un prédateur qui doit se nourrir des autres pour sa propre survie.
Il va connaître plusieurs vies sur différents continents, vivre des histoires d'amour plus ou moins longues, connaître la débauche, la lassitude, la culpabilité et traverser plusieurs guerres, mais vivre longtemps c'est accumuler les tragédies.
Une narration dominée par la voix off d'Adrian, elle donne ce ton si mélancolique et poétique qui m'a beaucoup touché. Lisez la galerie pour vous faire votre opinion.
Une lecture qui m'a rappelé en mémoire "Entretien avec un vampire".
Graphiquement, c'est somptueux. Les couleurs ocres et pastel rehaussent le magnifique crayonné tout en volupté de Corboz. Les émotions sont perceptibles sur chaque case.
La superbe couverture est énigmatique et elle se prolonge sur le verso de l'album.
Gros coup de cœur.
"L'amour peut se décider, jamais le désir."
Cool, un album sur les vikings !
Simon Beauvarlet De Moismont et Nicolas Savoye revisitent une légende viking avec une touche de modernité efficace. Je ne connaissais aucun des deux auteurs, mais j'ai été séduit par le coup de crayon de Simon Beauvarlet et son noir et blanc tout en aplats. Son trait fin et minimaliste qui tend vers le réalisme nous propose des planches très épurées (voire éthérées quand il nous campe la nature et le temps qui passe) tout en restant d'un réalisme saisissant. On peut totalement s’imprégner du mode de vie de l'époque au fil des cases et des détails qu'il nous distille : ustensiles, armes, vêtements, logements, métiers, us & coutumes, tout y passe !
Et c'est dans cette période de transition chez les vikings -Et oui, le christianisme a commencé à propager sa "bonne parole" - que nous allons suivre la jeunesse de deux frères, fils de roi, et de l'amour naissant qui va conduire à des rivalités tragiques. C'est un peu Shakespeare à la sauce Viking, mais c'est plutôt bien vu et bien réalisé !
Une belle réalisation et un très bon premier album pour notre duo d'auteurs.
Ce one shot sur l'histoire de la création des premiers whiskys japonais au siècle dernier a été plutot une belle surprise.
Le pretexte de revenir sur cette belle épopée industrielle est surtout pour les auteurs de nous faire marcher dans les pas de Masataka Taketsuru. Il s'agit de l'héritier d'une prestigieuse lignée de fabricants de saké qui a eu très tôt ce rêve un peu fou de lancer la première marque de whisky nippone. Et bon sang que ça sera compliqué! Une longue et difficile aventure industrielle, mais avant tout humaine, dans laquelle on accompagne ce héros assez attachant qui s'avère doté d'un "nez" parfait, d'une ambition exceptionnelle et d'une volonté de fer. On souffre littéralement avec lui quand ses parents le renie, et on se prend à l'opposé à espérer que ses choix s'avèrent payants quand il prend des décisions importantes. La bande dessinée réussit bien à nous faire nous faire nous interesser au destin de cet homme et le dessin très classique mais agréable facilite la lecture de cette saga qui s'étale sur plus d'un siècle. Les couleurs sont peut être un peu trop vives et prononcées pour moi.
Dans l'ensemble c'est une belle lecture, surtout si comme moi vous appréciez le whisky et les belles aventures humaines. On pense aussi parfois aux Maitres de l'Orge de Van Hamme et Vallès, qui alliaient les descriptions détaillés des processus de fabrication, les romances des personnages principaux, les événemens historiques et les rivalités d'entreprise. Note: 3.5/5
Je vais utiliser cet avis pour déclarer mon amour pour les créations d’Emile Bravo.
Tout d'abord parce que je trouve son dessin magnifique, simple, propre et expressif, mais aussi parce que je trouve qu’il sait parfaitement manier les récits jeunesse, les rendre agréables et intéressants à tout âge, sans avoir recours aux doubles sens de lecture.
Bref, je trouve ses récits frais et inventifs.
Ici c’est même très inventif car monsieur Bravo nous propose de la réécriture de conte. Pas forcément une relecture afin d’étayer un propos. Non, non : du gros délire, tout simplement.
Les aventures des sept ours nains, c’est un gros gloubi-boulga de contes de fées, un mic-mac de références et de jeux de mots, bref, comme dit précédemment, un gros délire.
C’était jouissif à lire quand j’étais enfant, cela le reste tout autant aujourd’hui.
A faire découvrir aux enfants comme aux adultes.
Une très belle illustration de l’ineptie du capitalisme à hauteur d’enfant.
C’est simple, très court, mais cela sait amener sa morale avec justesse, par une simple remarque à la fin. Même si elle se voit venir quand on est adulte, l’ironie finale reste drôle.
Idéal pour ouvrir la discussion avec des enfants.
Le dessin d’Emile Bravo est, comme toujours, très beau.
C'est en écrivant mon avis que je viens de découvrir le prix gagné par l'autrice Yoon-sun Park à Angoulême. Cela me fait plaisir car j'ai aimé la lecture de ce conte coréen modernisé. Pourtant cela reste assez classique avec une JF,Bang élevée comme un garçon jusqu'à la mort de ses parents et qui préfère garder cette identité malgré les remontrances de sa fidèle servante, madame Ju. Evidemment Bang fera tout mieux que le hommes grâce à son éducation et son intelligence. La trame est donc très convenue mais l'autrice réussie à donner beaucoup de dynamisme à son récit. Les trouvailles pour faire durer la supercherie sont amusantes et le triangle Bang-Bing -Mme Ju bien équilibré dans un humour assez tonique . On trouve même une pointe de fantastique qui donne un peu de piment au récit. Le découpage se fait en petit chapitre se qui permet aux jeunes lecteurs de bien cloisonner leur lecture.
Le graphisme est très intéressant avec un trait fin et dynamique qui donne beaucoup de mouvements au visuel. Il y a une abondance de couleurs qui permettent aux enfants de bien s'approprier la série.
Concernant la conclusion je pense que l'on peut avoir plusieurs niveau de lecture avec ce coming out de Bang. Une lecture enfantine conduit probablement à accepter son identité profonde de fille vers un bonheur plus maternel alors qu'une lecture adulte me fait penser à une thématique plus moderne à travers une sorte de mariage Gay. La thématique est d'ailleurs en filigrane puisque mme Ju rouspète en disant que " … dans la nature, un bébé a une maman et un papa." On pourrait épiloguer longtemps sur cette vision mais comme le souligne Ro , l'abord du Genre n'est pas si visible pour les enfants. C'est le côté aventure qui domine.
A noter qu'il n'y a pas de pages marquées ce qui peut rendre la lecture un peu difficile si l'on cherche des références.
Cette série a aussi l'avantage d'ouvrir les enfants sur un univers coréen pas forcément dans leurs lectures habituelles.
Je pousse un peu ma note mais la lecture reste plaisante. 3.5
Aussi peu d'avis pour cette série pleine de poésie et de douceur, cela me fait un peu mal au cœur. Je suis un grand fan de Renaud Dillies et de la production des éditions de la Gouttière. Une fois encore cette série est une grande réussite en direction d'un jeune lectorat mais aussi de leurs parents. Perso je ne me lasse pas de lire et relire cet auteur.
Un épouvantail est fait pour terroriser comme beaucoup de choses qui nous entourent. Mais voilà la nécessité ou l'amour peuvent rapprocher ce qui semble inconciliable et créent un esprit de paix et de bonheur. C'est toute la poésie que transmet un texte à la fois simple et fluide sans aucune mièvrerie trop facile.
L'excellent graphisme de l'auteur participe à cette ambiance de douceur poétique tournée vers ce bonheur.
Une vraie belle lecture originale à partager dans un format idéal pour les enfants.
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Les Morsures de l'ombre
Le pitch a de quoi intriguer : un homme se réveille, après une soirée en compagnie d'une jolie rousse, dans la cave de celle-ci, enfermé dans une cage. Visiblement elle lui en veut, mais pour quoi ? S'ensuit un huis clos assez étouffant, où les relations entre les deux protagonistes passent par toutes les étapes : les insultes, les interrogations, l'incompréhension, les caresses, les avancées, les bourdes... Parallèlement l'enquête des collègues de Benoît, puisque c'est un flic, nous montre que la vérité est complexe, beaucoup plus complexe que la seule vengeance que l'on aurait pu croire en premier lieu. C'est poisseux, c'est noir, c'est dérangeant, et c'est un récit à tiroirs qui n'en finit pas de hanter le lecteur après avoir refermé l'album. L'adaptateur du roman original, Miceal O'Griafa-Beausang, est un amateur de polars noirs, et a trouvé là un sujet qui lui convient parfaitement, lui qui sait bien doser les montées d'adrénaline et les moments de doute, comme dans son méconnu diptyque Le Baiser de l'Orchidée. A ses côtés Xavier Delaporte fait du bon boulot, réaliste, même si je le trouve un peu léger sur les visages "éloignés" des protagonistes. Le coloriste Greg Lofé propose des ambiances contrastées très efficaces. Je ne connais pas l'œuvre de Karine Giebel, mais après la lecture de cette adaptation, j'avoue que j'ai bien envie de la découvrir.
Given
Franchement je trouve given est quand même une pépite du genre (sachant que le bl sont généralement assez cliché ou avec des scènes de … omniprésente). A première vu le manga paraît assez « cute », mais au fur à mesure découvre un côté assez réaliste abordé sans filtre (je parle par exemple du cas de passer de Mafuyu ou de du mec aux percings dont j’ai oublié le nom). En plus chaque couples nous amène dans une dimension bien à elle, naïve ou parfois très compliqué ou le Hiiragi mix. Les personnages ne sont pas vides et ne sont pas clichés comme cela peut paraître superficiellement . Franchement je conseille de continuer toute la lecture (au moins jusqu’au tome 3) avant de se faire un avis.
Nées Rebelles - Jeunes filles au poing levé
Cet album nous relate la vie et les luttes de six jeunes femmes. Officiellement cinq, mais pour l’un des cas il s’agit de deux sœurs luttant pour la même cause (et, bon, techniquement Emma Gonzáles est aussi là pour représenter tout un groupe, mais on insiste bien sur ses discours et on comprend qu’elle est devenue la porte-parole du mouvement). Elles luttent contre la pollution, contre l’obscurantisme, contre les tueries de masse et la guerre, et surtout pour l’avenir. Je connaissais déjà les combats et discours de Malala Yousafzai et Greta Thunberg, mais j’ai tout de même appris quelques détails que j’ignorais. Pour Greta, j’ai même appris tout son passé, je ne connaissais malheureusement que ses luttes et ses interventions ayant fait suite à son célèbre discours à l’ONU. Pour les autres, Yusra Mardini, Emma Gonzáles et les sœurs Wijsen, j’avoue que je n’en avais que trop peu entendu parler. Fort heureusement, du coup, j’ai pu en apprendre sur elles et sur leurs luttes. Cela a été très instructif. Les dessinateur-ice-s changent à chacun des cinq chapitres de l’album, j'ai trouvé chacun de leurs dessins beaux (petite préférence personnelle pour le style de Gijé que j’ai un peu découvert ici). Chacun illustre bien son récit. Un album à faire lire à tout âge, mais plus que recommandé pour la jeunesse. Ça pourra sans doute convaincre des gens de se battre ou même simplement se renseigner pour l’avenir.
Le Voleur d'amour
"Plus jamais la vie ne séparera ce que la mort peut unir." Percy Bysshe Shelley. L'Adaptation du roman du même nom de Richard Malka (avocat, romancier et scénariste de BD) par Yannick Corboz. Cette BD est une longue lettre, celle qu'Adrian van Gott écrit pour Anna, l'amour de sa vie. Une lettre d'adieu où il lui raconte sa vie et leur première rencontre, il y a plus de deux cents ans, elle s'appelait alors Clélia. Un récit qui commence à Venise vers la fin du XVIIIe siècle pour se terminer au début des années 2000 à New-York. Adrian était un enfant chétif et souvent malade, mais il va découvrir qu'il possède une particularité, il est une sorte de vampire, il lui suffit d'embrasser une personne pour la déposséder de son amour et en connaître les souvenirs. Cela a pour conséquence d'insuffler une force physique hors du commun au corps d'Adrian, mais aussi d'en vider la substance à la personne embrassée jusqu'à la tuer suivant la durée du baiser. Un don qui se transforme en malédiction avec la mort de Clélia. Il va apprivoiser ce pouvoir et en tirer de nombreux avantages. Un récit qui m'a aspiré dès les premières pages par la qualité des textes, par l'ambiance gothique qui s'en dégage, par la complexité du personnage d'Adrian. Une existence de tourments dans sa quête d'amour et de connaissance, il est un prédateur qui doit se nourrir des autres pour sa propre survie. Il va connaître plusieurs vies sur différents continents, vivre des histoires d'amour plus ou moins longues, connaître la débauche, la lassitude, la culpabilité et traverser plusieurs guerres, mais vivre longtemps c'est accumuler les tragédies. Une narration dominée par la voix off d'Adrian, elle donne ce ton si mélancolique et poétique qui m'a beaucoup touché. Lisez la galerie pour vous faire votre opinion. Une lecture qui m'a rappelé en mémoire "Entretien avec un vampire". Graphiquement, c'est somptueux. Les couleurs ocres et pastel rehaussent le magnifique crayonné tout en volupté de Corboz. Les émotions sont perceptibles sur chaque case. La superbe couverture est énigmatique et elle se prolonge sur le verso de l'album. Gros coup de cœur. "L'amour peut se décider, jamais le désir."
Parjure
Cool, un album sur les vikings ! Simon Beauvarlet De Moismont et Nicolas Savoye revisitent une légende viking avec une touche de modernité efficace. Je ne connaissais aucun des deux auteurs, mais j'ai été séduit par le coup de crayon de Simon Beauvarlet et son noir et blanc tout en aplats. Son trait fin et minimaliste qui tend vers le réalisme nous propose des planches très épurées (voire éthérées quand il nous campe la nature et le temps qui passe) tout en restant d'un réalisme saisissant. On peut totalement s’imprégner du mode de vie de l'époque au fil des cases et des détails qu'il nous distille : ustensiles, armes, vêtements, logements, métiers, us & coutumes, tout y passe ! Et c'est dans cette période de transition chez les vikings -Et oui, le christianisme a commencé à propager sa "bonne parole" - que nous allons suivre la jeunesse de deux frères, fils de roi, et de l'amour naissant qui va conduire à des rivalités tragiques. C'est un peu Shakespeare à la sauce Viking, mais c'est plutôt bien vu et bien réalisé ! Une belle réalisation et un très bon premier album pour notre duo d'auteurs.
Whisky San
Ce one shot sur l'histoire de la création des premiers whiskys japonais au siècle dernier a été plutot une belle surprise. Le pretexte de revenir sur cette belle épopée industrielle est surtout pour les auteurs de nous faire marcher dans les pas de Masataka Taketsuru. Il s'agit de l'héritier d'une prestigieuse lignée de fabricants de saké qui a eu très tôt ce rêve un peu fou de lancer la première marque de whisky nippone. Et bon sang que ça sera compliqué! Une longue et difficile aventure industrielle, mais avant tout humaine, dans laquelle on accompagne ce héros assez attachant qui s'avère doté d'un "nez" parfait, d'une ambition exceptionnelle et d'une volonté de fer. On souffre littéralement avec lui quand ses parents le renie, et on se prend à l'opposé à espérer que ses choix s'avèrent payants quand il prend des décisions importantes. La bande dessinée réussit bien à nous faire nous faire nous interesser au destin de cet homme et le dessin très classique mais agréable facilite la lecture de cette saga qui s'étale sur plus d'un siècle. Les couleurs sont peut être un peu trop vives et prononcées pour moi. Dans l'ensemble c'est une belle lecture, surtout si comme moi vous appréciez le whisky et les belles aventures humaines. On pense aussi parfois aux Maitres de l'Orge de Van Hamme et Vallès, qui alliaient les descriptions détaillés des processus de fabrication, les romances des personnages principaux, les événemens historiques et les rivalités d'entreprise. Note: 3.5/5
Les Sept Ours Nains
Je vais utiliser cet avis pour déclarer mon amour pour les créations d’Emile Bravo. Tout d'abord parce que je trouve son dessin magnifique, simple, propre et expressif, mais aussi parce que je trouve qu’il sait parfaitement manier les récits jeunesse, les rendre agréables et intéressants à tout âge, sans avoir recours aux doubles sens de lecture. Bref, je trouve ses récits frais et inventifs. Ici c’est même très inventif car monsieur Bravo nous propose de la réécriture de conte. Pas forcément une relecture afin d’étayer un propos. Non, non : du gros délire, tout simplement. Les aventures des sept ours nains, c’est un gros gloubi-boulga de contes de fées, un mic-mac de références et de jeux de mots, bref, comme dit précédemment, un gros délire. C’était jouissif à lire quand j’étais enfant, cela le reste tout autant aujourd’hui. A faire découvrir aux enfants comme aux adultes.
La Leçon de Pêche
Une très belle illustration de l’ineptie du capitalisme à hauteur d’enfant. C’est simple, très court, mais cela sait amener sa morale avec justesse, par une simple remarque à la fin. Même si elle se voit venir quand on est adulte, l’ironie finale reste drôle. Idéal pour ouvrir la discussion avec des enfants. Le dessin d’Emile Bravo est, comme toujours, très beau.
L'Incroyable Mademoiselle Bang
C'est en écrivant mon avis que je viens de découvrir le prix gagné par l'autrice Yoon-sun Park à Angoulême. Cela me fait plaisir car j'ai aimé la lecture de ce conte coréen modernisé. Pourtant cela reste assez classique avec une JF,Bang élevée comme un garçon jusqu'à la mort de ses parents et qui préfère garder cette identité malgré les remontrances de sa fidèle servante, madame Ju. Evidemment Bang fera tout mieux que le hommes grâce à son éducation et son intelligence. La trame est donc très convenue mais l'autrice réussie à donner beaucoup de dynamisme à son récit. Les trouvailles pour faire durer la supercherie sont amusantes et le triangle Bang-Bing -Mme Ju bien équilibré dans un humour assez tonique . On trouve même une pointe de fantastique qui donne un peu de piment au récit. Le découpage se fait en petit chapitre se qui permet aux jeunes lecteurs de bien cloisonner leur lecture. Le graphisme est très intéressant avec un trait fin et dynamique qui donne beaucoup de mouvements au visuel. Il y a une abondance de couleurs qui permettent aux enfants de bien s'approprier la série. Concernant la conclusion je pense que l'on peut avoir plusieurs niveau de lecture avec ce coming out de Bang. Une lecture enfantine conduit probablement à accepter son identité profonde de fille vers un bonheur plus maternel alors qu'une lecture adulte me fait penser à une thématique plus moderne à travers une sorte de mariage Gay. La thématique est d'ailleurs en filigrane puisque mme Ju rouspète en disant que " … dans la nature, un bébé a une maman et un papa." On pourrait épiloguer longtemps sur cette vision mais comme le souligne Ro , l'abord du Genre n'est pas si visible pour les enfants. C'est le côté aventure qui domine. A noter qu'il n'y a pas de pages marquées ce qui peut rendre la lecture un peu difficile si l'on cherche des références. Cette série a aussi l'avantage d'ouvrir les enfants sur un univers coréen pas forcément dans leurs lectures habituelles. Je pousse un peu ma note mais la lecture reste plaisante. 3.5
L'Emouvantail
Aussi peu d'avis pour cette série pleine de poésie et de douceur, cela me fait un peu mal au cœur. Je suis un grand fan de Renaud Dillies et de la production des éditions de la Gouttière. Une fois encore cette série est une grande réussite en direction d'un jeune lectorat mais aussi de leurs parents. Perso je ne me lasse pas de lire et relire cet auteur. Un épouvantail est fait pour terroriser comme beaucoup de choses qui nous entourent. Mais voilà la nécessité ou l'amour peuvent rapprocher ce qui semble inconciliable et créent un esprit de paix et de bonheur. C'est toute la poésie que transmet un texte à la fois simple et fluide sans aucune mièvrerie trop facile. L'excellent graphisme de l'auteur participe à cette ambiance de douceur poétique tournée vers ce bonheur. Une vraie belle lecture originale à partager dans un format idéal pour les enfants.