Une très bonne série romanesque. Les personnages sont ignobles et/ou torturés comme je les aime. J'adore quand les personnages sont victimes d'un destin cruel où ils sont impuissants ! L'histoire m'a captivé du début jusqu'à la fin. Il était impossible pour moi d'arrêter ma lecture ! Les dessins de Yslaire sont magnifiques à regarder et cette couleur... sublime !
Le seul défaut de la série c'est que l'auteur prend bien son temps. Ce n'est pas une mauvaise qualité, mais aucun album n'est sorti depuis 2003 et j'ai peur de devoir patienter encore un peu pour lire la suite.
Chaque nouvel opus de Frederik Peeters est un enchantement. Loin de se répéter, il explore sans cesse de nouveaux genres. Dans "pachyderme", ce sera une histoire à la Lynch, période "Mullholland drive" : une histoire sans queue ni tête en apparence mais qui prend forme une fois que le lecteur a ramassé toutes les pièces du puzzle. S'il y avait un reproche à faire à cet opus d'ailleurs ce serait, justement, de trop ressembler dans ses mécanismes à son modèle de cinéma.
Dans Pachyderme, on suit les errements d'une femme, et on comprend assez vite qu'il s'agit d'un rêve, ou d'une exploration de son inconscient. La narration de Peeters est comme d'habitude parfaite et c'est délice de se laisser porter dans cet étrange voyage.
Certains passages sont de véritables bijoux de narration et d'intelligence, comme cette scène où on fait connaissance avec le chirurgien... Pas de dialogues, quelques entrechats, une bouteille d'alcool, et on en sait déjà plus sur le personnage qu'avec un long descriptif.
L'interprétation ne me parait en revanche pas forcément évidente. Autant tout ce qui se rapporte à Carice me semble relativement limpide, autant je ne sais trop comment situer l'histoire avec le chirurgien. Il faudra que je relise, il y a clairement certains détails qui m'ont échappés.
Mais, même sans la "solution", cet album est un régal à lire.
Plus je lis les bouquins de Christian Durieux, plus je les aime. Et même si je n'ai pas trop apprécié La Maison d'Éther, cette fois-ci, c'est un peu mieux. Le récit, écrit par Hervé Bourhis et Christophe Conty, est humain, tout simplement humain. Nous suivons les derniers jours d'Oscar Lehmann, atteint d'un cancer en phase terminale, qui décide de faire voler en éclats sa vie terne et sans relief. Claquer son pognon, se payer la meilleure prostituée du coin, tuer celui qu'il exècre, telles sont par exemple les expériences qu'il tente.
Si j'étais dans sa situation, que ferais-je ? Probablement des choses un peu extrêmes, bien sûr. Et vous, que feriez-vous ? C'est à cette aune qu'on mesure l'universalité d'un bouquin : si cette question, vous pouvez vous la poser.
Le dessin de Durieux est expressif, colorisé de façon remarquable avec ces aplats de couleurs disséminés dans les tons sépia. L'encrage est assez épais, mais la relative épure des décors en fait ressortir la pureté.
Cette BD ne manque donc pas de qualités. Mais pourquoi seulement un 3/5 (un 3,5/5, en réalité)
Eh bien parce qu'elle ne m'a pas fait vibrer plus que ça. Je n'ai pas eu de prise de conscience à sa lecture, car la question qui en est au centre, je me la posais déjà (rassurez-vous, je ne suis pas en phase terminale d'une maladie...).
Mélodie au Crépuscule fait partie de mes bds préférées de Dillies, elle m'a fait penser à d'autres que j'ai beaucoup aimées, comme Horologiom dans l'attitude des personnages ou à du Sfar pour le style graphique qui dans certaines cases sont très proches. Comme je l'ai déjà dit pour Betty Blues j'aime la façon dont Dillies organise son dessin en le répartissant dans de simples planches de six cases, dont le rendu est toujours percutant et d'une grande justesse. Les couleurs sont variées, la couverture très attirante, le format parfaitement adapté pour mettre en valeur tout le travail graphique, un bel objet à posséder.
Le scénario n'est pas en reste, onirique il joue parfaitement avec les mondes de la musique, du rêve et du voyage, éléments qui permettent de s'évader facilement et d'être immédiatement embarqués dans un autre univers. Ici point d'histoire d'amour rébarbative qui viendrait tout gâcher, il y en a une certes mais elle est très secondaire, disons même qu'elle permet juste de démarrer l'histoire. Celle-ci s'axe principalement sur la musique, celle des gitans et des voyages en roulottes dans un monde libre et plein de gaieté. C'est ensuite et par opposition, une réflexion sur notre société et le travail qui peut nous enchaîner à un métier fastidieux plutôt qu'à celui qui nous donnera du plaisir. J'aurais plus vu cette œuvre classé dans le genre conte, comme le précise l'auteur, car ce n'est pas une histoire traitée de façon réelle dans la pure lignée du roman graphique.
C'est merveilleusement conté et superbement mis en images, à lire et à relire.
Je ne peux pas dire ce qui m'a poussée à acheter cette bd classée en roman graphique, mon collectionnisme ? Les jolies planches peut-être… je sais pourtant qu'il ne faut pas se fier à ça ; dans tous les cas je l'ai et c'est parfait ; je suis on ne peut plus heureuse de l'avoir dans mes étagères et pouvoir la relire à volonté.
Les rameaux de Salicorne a la saveur d'un conte, une magnifique histoire qui alterne passé et présent, fantastique et réalité - oui j'ai bien dit fantastique n'en déplaise à ceux qui ne le verrons pas, - bonheur intense et drame impitoyable. Le tout est raconté avec un talent fabuleux, un style simple et poétique au service d'un récit qui sans en avoir l'air se révèle très riche. Son scénario est dense et l'intrigue prenante de bout en bout ; quant au mystère de la fée il est tout à fait étonnant et lorsque celui-ci est enfin révélé je suis restée ébahie, scotchée sur la planche, non seulement belle mais absolument inattendue. Un petit souffle de tristesse plane sur l'histoire constamment et ce jusqu'à la fin, où l'on doit malheureusement aussi refermer la bd.
Le dessin aux couleurs directes est beau et enchanteur, il a ça de magique qu'il nous embarque dans l'histoire immédiatement, dès la première case. Ne ratez surtout pas cette sublime lecture.
"Allez, hop ! Grande claque dans ta gueule", comme dirait l'autre ! Pardon pour ce langage peu soutenu, mais la narration libre et fracassante de Nikopek et Lou laisse des traces... Quel plaisir de lire et de regarder une telle BD ! Une fois encore, Ankama est un révélateur de talent ! Car "Rock A Billy Zombie Superstar" est bien la mise au grand jour de deux auteurs plus que prometteurs et en parfaite osmose.
Ecrit à 4 mains, sur une idée originale de Nikopek, le scénario de "Rock A Billy Zombie Superstar" a tous les ingrédients pour faire mouche. Humour tranchant, répliques décapantes, scènes cultes et gores à souhait. Mais ce premier tome n'est pas qu'une simple histoire de zombie sanguinolente puisque Nikopek et Lou insèrent dans leur récit quelques thèmes sociaux qui à l'heure actuelle pourrissent nos belles sociétés. Ainsi, le plus flagrant est celui de la différence. Pour résumer, un jour tu fais partie des vivants (et même si tu es un looser de première), tu existes, et le lendemain pour une raison quelconque, tu te retrouves de l'autre côté de la barrière et là, tu n'es plus rien. Mais, pour Billy Rockerson, être du mauvais côté ne va peut-être pas être si mauvais que ça...
Côté graphique, c'est encore une bonne claque. Malgré quelques petits défauts de jeunesse, le style de Nikopek est ravageur et le moins que l'on puisse dire c'est que ses personnages ont vraiment la gueule de l'emploi. Le découpage dynamique et les cadrages dignes d'un film à la Tarantino, donnent un rythme effréné à l'histoire, à un tel point que l'on se surprend à être à la fin de l'album sans avoir vu le temps passer. Mais cet album ne serait pas ce qu'il est sans les flamboyantes couleurs de Lou. Y a pas à dire, ces 2 auteurs se sont bien trouvés.
Alors si vous avez le cœur bien accroché, laissez vous embarquer dans un road-trip Roméro-Tarantinesque survitaminé avec à ses commandes 2 futures rock stars de la BD.
Quelle belle surprise !!! Je ne m'attendais pas à passer un si bon moment.
A titre personnel, ce one shot est encore mieux que Les Petits Ruisseaux.
L'histoire peut dérouter malgré sa simplicité. Les personnages sont excellents, les situations parfois hilarantes, la narration toujours claire, etc...
Je ne trouve aucun défaut à cette BD, bien au contraire.
Certains feront des reproches sur le dessin minimaliste. Je trouve qu'il correspond à merveille au scénario et sa mise en couleur est vraiment réussie.
Dans ce style, c'est clairement le meilleur Rabaté.
Il arrive à faire rire là où d'autres nous feraient pleurer.
Cette BD fait dans le populaire sans tomber dans la caricature, mais en profite pour en rire.
J'ai adoré le passage du frère dans l'émission Interville.
A découvrir, Futuropolis se réveille en fanfare après une période de disette.
Bon je donnerais un avis plus poussé que les 2 précédents pour avoir suivi de très près le manga et l'anime, et donc être bien plus loin dans l'histoire que les tomes sortis en france.
C'est pour moi LA bonne surprise de l'année en manga, on ne l'attendait pas du tout.
Eyeshield 21 a de nombreuses qualités.
Là où je pensais au départ tomber sur un manga quelconque, avec un héros gentil qui se fait embêter par des méchants, j'ai découvert un manga bien plus original, mettant en scène des héros charismatiques (Hiruma, Kurita, les frères ah, et même les membres des équipes adverses) au travers de matchs de football américain plutôt bien retranscrits et dynamiques.
Certes ce n'est pas très réaliste, mais qui voudrait que cela le soit?
Toutefois l'engouement retombe au bout d'un certain nombre de tomes...le manga devient fortement répétitif et on se lasse des "exploits" d'eyeshield.
A lire si vous aimez les shonens sportifs...
Qui aurait cru que Zidrou, auteur plutôt connu pour ses séries humoristiques telles que L'Elève Ducobu ou Les Crannibales, serait capable de produire des récits d'une telle sensibilité ? J'ai véritablement été bluffé et, avant tout, charmé.
Cet album nous propose une dizaine d'histoires courtes, longues de deux à une quinzaine de pages.
Zidrou a su se faire accompagner d'excellents dessinateurs. A l'exception de Simon Hureau, aucun d'entre eux ne m'était connu mais je gage qu'on en entendra souvent parler à l'avenir. La plupart d'entre eux sont espagnols et leurs graphismes rivalisent de maîtrise et de beauté. Leurs styles sont presque tous semi-réalistes, vivants, dynamiques et soignés. Et pour les rares chez qui la technique n'est pas à son apogée, ils compensent par une jolie personnalité graphique. Il est rare de trouver une telle constance dans la qualité du dessin dans ce type d'oeuvre collective. C'est un très bel ouvrage.
Mais il vaut surtout par la qualité de ses récits.
Tous sont imprégnés d'une même joie de vivre. Ils abordent des sujets réalistes, souvent durs voire tristes, mais sans jamais se départir d'une vraie bonne humeur, d'un amour de la vie et d'une tendresse pour tous les personnages. Ils battent en brèche de nombreux préjugés, sur la vieillesse, la solitude, la mort, le désir, ou encore l'amour. Le tout est raconté avec simplicité et poésie, des moments de la vie de tous les jours, mettant en scène parfois de jeunes, parfois des vieux, des hommes, des femmes, et même des animaux.
Toutes ces histoires ne m'ont pas touché de la même manière mais nombreuses sont celles qui m'ont vraiment ému ou mis en joie.
La plupart de ces récits sont beaux comme des haikus, courts mais emplis d'émotion. On en ressort avec un sentiment de légèreté et de bonheur dans le coeur.
Je n'ai qu'un reproche à faire à cette série, c'est d'être très très dense. En effet un album aurait été délayé par d'autres en deux voire trois tomes. D'ou peut être cette impression de confusion que certains ressentent. Personnellement je n'ai pas eu de difficulté à suivre et j'adore quand les récits sont denses et complets.
Plusieurs aspects font la force de cette série. Tout d'abord le scenario, classique et dense comme je l'ai déjà précisé il est assez classique et efficace. Ensuite l'uchronie, ce postulat d'une guerre qui s'arrête entre la France et l'Angleterre et qui continue avec la Russie est très bien exploité. On se retrouve dans ce qui fait tout le sel de l'uchronie, un univers familier mais subtilement différent. Ce sentiment est renforcé par l'utilisation "opérationnelle" des prototypes aériens qui pullulaient dans les revues après guerre.
Le dessin est splendide, il illustre parfaitement le propos. Il est rond mais pas trop, précis mais pas trop, parfait ! J'adore la scène du porte-avions dans le trois, c'est pour moi un très bon équilibre que peu d'auteurs obtiennent. Les personnages sont sympathiques mais ne font pas l'histoire, l'histoire c'est l'uchronie.
Un dernier mot, ces ouvrages ont cette particularité qu'ils ne laissent pas indifférents. On le voit aux critiques, soit on adore, soit on déteste ! Moi j'adore.
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Sambre
Une très bonne série romanesque. Les personnages sont ignobles et/ou torturés comme je les aime. J'adore quand les personnages sont victimes d'un destin cruel où ils sont impuissants ! L'histoire m'a captivé du début jusqu'à la fin. Il était impossible pour moi d'arrêter ma lecture ! Les dessins de Yslaire sont magnifiques à regarder et cette couleur... sublime ! Le seul défaut de la série c'est que l'auteur prend bien son temps. Ce n'est pas une mauvaise qualité, mais aucun album n'est sorti depuis 2003 et j'ai peur de devoir patienter encore un peu pour lire la suite.
Pachyderme
Chaque nouvel opus de Frederik Peeters est un enchantement. Loin de se répéter, il explore sans cesse de nouveaux genres. Dans "pachyderme", ce sera une histoire à la Lynch, période "Mullholland drive" : une histoire sans queue ni tête en apparence mais qui prend forme une fois que le lecteur a ramassé toutes les pièces du puzzle. S'il y avait un reproche à faire à cet opus d'ailleurs ce serait, justement, de trop ressembler dans ses mécanismes à son modèle de cinéma. Dans Pachyderme, on suit les errements d'une femme, et on comprend assez vite qu'il s'agit d'un rêve, ou d'une exploration de son inconscient. La narration de Peeters est comme d'habitude parfaite et c'est délice de se laisser porter dans cet étrange voyage. Certains passages sont de véritables bijoux de narration et d'intelligence, comme cette scène où on fait connaissance avec le chirurgien... Pas de dialogues, quelques entrechats, une bouteille d'alcool, et on en sait déjà plus sur le personnage qu'avec un long descriptif. L'interprétation ne me parait en revanche pas forcément évidente. Autant tout ce qui se rapporte à Carice me semble relativement limpide, autant je ne sais trop comment situer l'histoire avec le chirurgien. Il faudra que je relise, il y a clairement certains détails qui m'ont échappés. Mais, même sans la "solution", cet album est un régal à lire.
Appelle-moi Ferdinand
Plus je lis les bouquins de Christian Durieux, plus je les aime. Et même si je n'ai pas trop apprécié La Maison d'Éther, cette fois-ci, c'est un peu mieux. Le récit, écrit par Hervé Bourhis et Christophe Conty, est humain, tout simplement humain. Nous suivons les derniers jours d'Oscar Lehmann, atteint d'un cancer en phase terminale, qui décide de faire voler en éclats sa vie terne et sans relief. Claquer son pognon, se payer la meilleure prostituée du coin, tuer celui qu'il exècre, telles sont par exemple les expériences qu'il tente. Si j'étais dans sa situation, que ferais-je ? Probablement des choses un peu extrêmes, bien sûr. Et vous, que feriez-vous ? C'est à cette aune qu'on mesure l'universalité d'un bouquin : si cette question, vous pouvez vous la poser. Le dessin de Durieux est expressif, colorisé de façon remarquable avec ces aplats de couleurs disséminés dans les tons sépia. L'encrage est assez épais, mais la relative épure des décors en fait ressortir la pureté. Cette BD ne manque donc pas de qualités. Mais pourquoi seulement un 3/5 (un 3,5/5, en réalité) Eh bien parce qu'elle ne m'a pas fait vibrer plus que ça. Je n'ai pas eu de prise de conscience à sa lecture, car la question qui en est au centre, je me la posais déjà (rassurez-vous, je ne suis pas en phase terminale d'une maladie...).
Mélodie au crépuscule
Mélodie au Crépuscule fait partie de mes bds préférées de Dillies, elle m'a fait penser à d'autres que j'ai beaucoup aimées, comme Horologiom dans l'attitude des personnages ou à du Sfar pour le style graphique qui dans certaines cases sont très proches. Comme je l'ai déjà dit pour Betty Blues j'aime la façon dont Dillies organise son dessin en le répartissant dans de simples planches de six cases, dont le rendu est toujours percutant et d'une grande justesse. Les couleurs sont variées, la couverture très attirante, le format parfaitement adapté pour mettre en valeur tout le travail graphique, un bel objet à posséder. Le scénario n'est pas en reste, onirique il joue parfaitement avec les mondes de la musique, du rêve et du voyage, éléments qui permettent de s'évader facilement et d'être immédiatement embarqués dans un autre univers. Ici point d'histoire d'amour rébarbative qui viendrait tout gâcher, il y en a une certes mais elle est très secondaire, disons même qu'elle permet juste de démarrer l'histoire. Celle-ci s'axe principalement sur la musique, celle des gitans et des voyages en roulottes dans un monde libre et plein de gaieté. C'est ensuite et par opposition, une réflexion sur notre société et le travail qui peut nous enchaîner à un métier fastidieux plutôt qu'à celui qui nous donnera du plaisir. J'aurais plus vu cette œuvre classé dans le genre conte, comme le précise l'auteur, car ce n'est pas une histoire traitée de façon réelle dans la pure lignée du roman graphique. C'est merveilleusement conté et superbement mis en images, à lire et à relire.
Les Rameaux de Salicorne
Je ne peux pas dire ce qui m'a poussée à acheter cette bd classée en roman graphique, mon collectionnisme ? Les jolies planches peut-être… je sais pourtant qu'il ne faut pas se fier à ça ; dans tous les cas je l'ai et c'est parfait ; je suis on ne peut plus heureuse de l'avoir dans mes étagères et pouvoir la relire à volonté. Les rameaux de Salicorne a la saveur d'un conte, une magnifique histoire qui alterne passé et présent, fantastique et réalité - oui j'ai bien dit fantastique n'en déplaise à ceux qui ne le verrons pas, - bonheur intense et drame impitoyable. Le tout est raconté avec un talent fabuleux, un style simple et poétique au service d'un récit qui sans en avoir l'air se révèle très riche. Son scénario est dense et l'intrigue prenante de bout en bout ; quant au mystère de la fée il est tout à fait étonnant et lorsque celui-ci est enfin révélé je suis restée ébahie, scotchée sur la planche, non seulement belle mais absolument inattendue. Un petit souffle de tristesse plane sur l'histoire constamment et ce jusqu'à la fin, où l'on doit malheureusement aussi refermer la bd. Le dessin aux couleurs directes est beau et enchanteur, il a ça de magique qu'il nous embarque dans l'histoire immédiatement, dès la première case. Ne ratez surtout pas cette sublime lecture.
Rock a Billy Zombie Superstar
"Allez, hop ! Grande claque dans ta gueule", comme dirait l'autre ! Pardon pour ce langage peu soutenu, mais la narration libre et fracassante de Nikopek et Lou laisse des traces... Quel plaisir de lire et de regarder une telle BD ! Une fois encore, Ankama est un révélateur de talent ! Car "Rock A Billy Zombie Superstar" est bien la mise au grand jour de deux auteurs plus que prometteurs et en parfaite osmose. Ecrit à 4 mains, sur une idée originale de Nikopek, le scénario de "Rock A Billy Zombie Superstar" a tous les ingrédients pour faire mouche. Humour tranchant, répliques décapantes, scènes cultes et gores à souhait. Mais ce premier tome n'est pas qu'une simple histoire de zombie sanguinolente puisque Nikopek et Lou insèrent dans leur récit quelques thèmes sociaux qui à l'heure actuelle pourrissent nos belles sociétés. Ainsi, le plus flagrant est celui de la différence. Pour résumer, un jour tu fais partie des vivants (et même si tu es un looser de première), tu existes, et le lendemain pour une raison quelconque, tu te retrouves de l'autre côté de la barrière et là, tu n'es plus rien. Mais, pour Billy Rockerson, être du mauvais côté ne va peut-être pas être si mauvais que ça... Côté graphique, c'est encore une bonne claque. Malgré quelques petits défauts de jeunesse, le style de Nikopek est ravageur et le moins que l'on puisse dire c'est que ses personnages ont vraiment la gueule de l'emploi. Le découpage dynamique et les cadrages dignes d'un film à la Tarantino, donnent un rythme effréné à l'histoire, à un tel point que l'on se surprend à être à la fin de l'album sans avoir vu le temps passer. Mais cet album ne serait pas ce qu'il est sans les flamboyantes couleurs de Lou. Y a pas à dire, ces 2 auteurs se sont bien trouvés. Alors si vous avez le cœur bien accroché, laissez vous embarquer dans un road-trip Roméro-Tarantinesque survitaminé avec à ses commandes 2 futures rock stars de la BD.
Le Petit Rien tout neuf avec un ventre jaune
Quelle belle surprise !!! Je ne m'attendais pas à passer un si bon moment. A titre personnel, ce one shot est encore mieux que Les Petits Ruisseaux. L'histoire peut dérouter malgré sa simplicité. Les personnages sont excellents, les situations parfois hilarantes, la narration toujours claire, etc... Je ne trouve aucun défaut à cette BD, bien au contraire. Certains feront des reproches sur le dessin minimaliste. Je trouve qu'il correspond à merveille au scénario et sa mise en couleur est vraiment réussie. Dans ce style, c'est clairement le meilleur Rabaté. Il arrive à faire rire là où d'autres nous feraient pleurer. Cette BD fait dans le populaire sans tomber dans la caricature, mais en profite pour en rire. J'ai adoré le passage du frère dans l'émission Interville. A découvrir, Futuropolis se réveille en fanfare après une période de disette.
Eye Shield 21
Bon je donnerais un avis plus poussé que les 2 précédents pour avoir suivi de très près le manga et l'anime, et donc être bien plus loin dans l'histoire que les tomes sortis en france. C'est pour moi LA bonne surprise de l'année en manga, on ne l'attendait pas du tout. Eyeshield 21 a de nombreuses qualités. Là où je pensais au départ tomber sur un manga quelconque, avec un héros gentil qui se fait embêter par des méchants, j'ai découvert un manga bien plus original, mettant en scène des héros charismatiques (Hiruma, Kurita, les frères ah, et même les membres des équipes adverses) au travers de matchs de football américain plutôt bien retranscrits et dynamiques. Certes ce n'est pas très réaliste, mais qui voudrait que cela le soit? Toutefois l'engouement retombe au bout d'un certain nombre de tomes...le manga devient fortement répétitif et on se lasse des "exploits" d'eyeshield. A lire si vous aimez les shonens sportifs...
La Vieille Dame qui n'avait jamais joué au tennis et autres nouvelles qui font du bien
Qui aurait cru que Zidrou, auteur plutôt connu pour ses séries humoristiques telles que L'Elève Ducobu ou Les Crannibales, serait capable de produire des récits d'une telle sensibilité ? J'ai véritablement été bluffé et, avant tout, charmé. Cet album nous propose une dizaine d'histoires courtes, longues de deux à une quinzaine de pages. Zidrou a su se faire accompagner d'excellents dessinateurs. A l'exception de Simon Hureau, aucun d'entre eux ne m'était connu mais je gage qu'on en entendra souvent parler à l'avenir. La plupart d'entre eux sont espagnols et leurs graphismes rivalisent de maîtrise et de beauté. Leurs styles sont presque tous semi-réalistes, vivants, dynamiques et soignés. Et pour les rares chez qui la technique n'est pas à son apogée, ils compensent par une jolie personnalité graphique. Il est rare de trouver une telle constance dans la qualité du dessin dans ce type d'oeuvre collective. C'est un très bel ouvrage. Mais il vaut surtout par la qualité de ses récits. Tous sont imprégnés d'une même joie de vivre. Ils abordent des sujets réalistes, souvent durs voire tristes, mais sans jamais se départir d'une vraie bonne humeur, d'un amour de la vie et d'une tendresse pour tous les personnages. Ils battent en brèche de nombreux préjugés, sur la vieillesse, la solitude, la mort, le désir, ou encore l'amour. Le tout est raconté avec simplicité et poésie, des moments de la vie de tous les jours, mettant en scène parfois de jeunes, parfois des vieux, des hommes, des femmes, et même des animaux. Toutes ces histoires ne m'ont pas touché de la même manière mais nombreuses sont celles qui m'ont vraiment ému ou mis en joie. La plupart de ces récits sont beaux comme des haikus, courts mais emplis d'émotion. On en ressort avec un sentiment de légèreté et de bonheur dans le coeur.
Le Grand Jeu
Je n'ai qu'un reproche à faire à cette série, c'est d'être très très dense. En effet un album aurait été délayé par d'autres en deux voire trois tomes. D'ou peut être cette impression de confusion que certains ressentent. Personnellement je n'ai pas eu de difficulté à suivre et j'adore quand les récits sont denses et complets. Plusieurs aspects font la force de cette série. Tout d'abord le scenario, classique et dense comme je l'ai déjà précisé il est assez classique et efficace. Ensuite l'uchronie, ce postulat d'une guerre qui s'arrête entre la France et l'Angleterre et qui continue avec la Russie est très bien exploité. On se retrouve dans ce qui fait tout le sel de l'uchronie, un univers familier mais subtilement différent. Ce sentiment est renforcé par l'utilisation "opérationnelle" des prototypes aériens qui pullulaient dans les revues après guerre. Le dessin est splendide, il illustre parfaitement le propos. Il est rond mais pas trop, précis mais pas trop, parfait ! J'adore la scène du porte-avions dans le trois, c'est pour moi un très bon équilibre que peu d'auteurs obtiennent. Les personnages sont sympathiques mais ne font pas l'histoire, l'histoire c'est l'uchronie. Un dernier mot, ces ouvrages ont cette particularité qu'ils ne laissent pas indifférents. On le voit aux critiques, soit on adore, soit on déteste ! Moi j'adore.