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Couverture de la série Kaplan & Masson
Kaplan & Masson

Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu de la ligne claire... Du coup, j'ai été un peu dérouté au début, mais l'oeil s'y fait rapidement et à vrai dire je n'ai pas été déçu par ce premier album. On entre très vite dans l'histoire. Le scénario, même s'il est simple, tient parfaitement la route et on passe un agréable moment. Les amateurs de films d'espionnage des années 50-60 y trouveront certainement leur bonheur. Espérons que les albums suivants seront de la même valeur... voire mieux ! Qui sait ? Autre côté positif, le fait que chaque album raconte une histoire différente. Un peu marre des séries à rallonge !

07/10/2009 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Zorn & Dirna
Zorn & Dirna

Fantastique série ! Nous voilà dans un univers où la mort n'existe plus, où l'on doit user d'expédients, ou plutôt d'exécuteurs-récipiendaires d'âmes afin de faire "partir" les personnes trop âgées ou trop faibles. Au passage, cette morale est discutable, mais cela s'intègre bien à la philosophie de l'univers développé. Ce qui m'a plu avant tout, c'est la grande cohérence de l'ensemble. Je pensais être, avant de la lire, devant une intrigue enfantine dans un univers de fantasy. Alors certes, les héros sont des enfants de 6 ans, avec beaucoup de comportements de cet âge (malgré un passage où ils semblent en avoir 10 de plus), mais l'ensemble n'est pas forcément recommandable pour les plus jeunes. Il y a des corps coupés en morceaux, des meurtres moralement contestables -je vais y revenir-, un peu de fesse aussi dans le tome 5. Je parlais de "meurtres moralement contestables"... En fait il s'agit plutôt d'une sorte de sacrifice, d'un acte d'amour paternel (et je n'en dirai pas plus) véritablement déchirant. Il y a beaucoup d'émotion dans "Zorn et Dirna". Le thème principal me semble être celui de la famille, recomposée et tentant d'être heureuse malgré les aléas, les transformations, les errements et l'ambiance de chasse à l'homme. J'ai été vraiment touché par cette histoire, qui aurait peut-être pu se terminer à la fin du tome 3, même si une partie de l'intrigue n'était pas résolue. La suite est tout de même intéressante, avec des développements et des nouveaux personnages qui mériteraient qu'on s'y attarde un peu plus. Je pensais que la série était abandonnée ou terminée, mais j'espère que la suite clôturera efficacement l'ensemble. Avec tout ça, je n'ai même pas parlé du dessin... Le style de Bessadi et Trannoy (puis seulement Trannoy à partir du tome 3) est très agréable, très typé heroic fantasy/Soleil, mais il arrive à faire passer les émotions et à être également très dynamique dans les scènes d'action. Rare dans ce genre. Et puis que dire du travail des Color Twins et de Christian Lerolle aux couleurs, même si ce dernier utilise plus souvent les aplats que les premiers. "Zorn et Dirna " est un classique.

07/10/2009 (modifier)
Couverture de la série Bingo - Les Aventures d'un enfant africain
Bingo - Les Aventures d'un enfant africain

Un style graphique fidèle à l'amitié et à la ligne claire de Hergé. Une vraie vocation artistique pour ce pionnier de la bd africaine internationale que fut Mongo Sisé, décédé en 2008, à Kinshasa. La mise en couleur admirablement réussie dévoile un coup de pinceau de maître. Le récit bien ficelé avec des dialogues accrochants, signe sans ambigüité la maturité narrative de l'auteur... Et, cerise sur le gâteau : l'humour bon enfant qui défile à travers ces bulles africaines se laisse savourer, sans modération, en famille ... Une lecture autant prisée par des adultes que des enfants. La couverture attrayante de cette bd a toujours articulé vers le succès : ses ventes en librairie. A lire et à faire découvrir !

07/10/2009 (MAJ le 07/10/2009) (modifier)
Couverture de la série En chemin elle rencontre...
En chemin elle rencontre...

Les chiffres sont effrayants. En France, en moyenne, 4000 femmes par mois sont victimes d’un viol, une femme meurt tous les 2 jours et demi sous les coups de son conjoint ou ex-conjoint, etc. C’est pour informer et lutter contre ce fléau répandu à travers le monde que s’est érigé ce collectif d’auteurs. Porté par Marie Moinard, initiatrice du projet, scénariste de plusieurs récits et éditrice, rédigé avec la caution morale et la participation de Amnesty International et de plusieurs associations, cet album regroupe pas moins de 34 auteurs majeurs de la bande dessinée parmi lesquels Emmanuel Lepage, Kris, Nicoby, Jeanne Puchol, Frédéric Jannin, André Geerts, Charles Masson, Philippe Caza, Daphné Collignon, Denis Lapière, Éric Corbeyran, Damien Vanders, etc..., qui se sont mobilisés pour lutter contre la violence faite aux femmes. Les thèmes abordés sont entre autres : l'excision, le mariage forcé, la traite des êtres humains en vue de prostitution, le crime d'honneur, la lapidation, le viol comme arme de guerre, le viol et les préjugés, le harcèlement sexuel au travail, la violence conjugale, ... Tous ces thèmes sont traités avec force et justesse, de façon prenante et pédagogique. Outre les chiffres égrenés tout au long du bouquin, les récits qui m'ont le plus marqué sont ceux de Amnesty International sur la lapidation de la jeune Aisha Ibrahim Duhulow, 13 ans, mise à mort le 27 octobre 2008 par un groupe de 50 hommes qui l'ont lapidée dans un stade de la ville de Kismaayo en Somalie (l'illustration de René Follet est incroyable), de Denis Lapière sur le viol comme arme de guerre, illustré par Daphné Collignon, et celui de Marie Moinard, Eric Corbeyran et Damien Vanders sur la violence conjugale (20 pages) ; tous trois particulièrement bouleversants... En France, environ 70 000 adolescentes de dix à dix-huit ans sont menacées d’être mariées de force, entre 55.000 et 65.000 fillettes ou femmes sont mutilées ou menacées de l’être. Chaque année dans le monde, 5 000 femmes sont tuées au nom de l’honneur, des centaines de milliers de femmes sont victimes de la traite en vue de la prostitution. Il y a en moyenne 4000 viols par mois en France… Ces chiffres donnent le vertige. Devant ces chiffres et les thèmes développés, les auteurs, par leur talent, arrivent à se faire oublier pour nous laisser seuls face à notre lecture et cette réalité qui nous fait forcément réfléchir… Le livre est rempli d’informations, de données chiffrées, de mots-clés, qui nous apprennent beaucoup de choses et nous permettent de mieux appréhender le phénomène et son ampleur dramatique. Nous ne pourrons plus dire en 2009 que nous ne savions pas… Contrairement à ce qu'écrit le précédent intervenant, cet ouvrage donne des solutions pour tenter de sortir de cet engrenage... notamment en encourageant les femmes à prendre la parole et à se défendre (des adresses d'associations sont données, etc...), les récits n'ont évidemment rien de "cas particuliers" puisqu'ils se basent sur des statistiques (rappelées dans le livre), et "tous les hommes" ne sont pas stigmatisés puisque plusieurs protagonistes positifs (voir dans le récit "Awa" par exemple) sont des hommes et que d'autre part nombre d'auteurs participant à ce collectif sont des hommes !... Tout ceci est donc totalement faux. Un ouvrage indispensable donc, qui aidera peut-être à libérer la parole pour qu’enfin un jour cessent ces violences...

07/10/2009 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Journal de Jo Manix
Le Journal de Jo Manix

Flblb est un petit éditeur, qui a choisi, avec ce Journal de Jo Manix, de puiser dans le patrimoine de l'underground français. En effet Joëlle Guillevic fut une figure des fanzines BD des années 1990. Bien avant d'autres, et surtout longtemps avant les blogs BD, elle choisit, en marge de ses productions commerciales, de raconter sa vie quotidienne par le biais d'un journal dessiné. Nous avons donc là le Journal de Jo Manix, commencé en 1994 et tenu jusqu'à la mort de l'auteure d'un cancer en 2001. Ne vous fiez pas à son abord naïf, Joëlle propose de vivre de l'intérieur le quotidien d'un couple de jeunes auteurs qui a du mal à vivre de sa production, mais dont l'enthousiasme leur amène beaucoup de sympathie et d'aides. Le moindre petit contrat décroché est une fête, le moindre petit pépin a des allures de catastrophe. Pourtant Joëlle et Nyls prennent la vie du bon côté, profitent autant qu'ils peuvent de la douceur de vivre en Bretagne, et accroissent leur réseau d'amis et de relations. Joëlle y parle donc de ses soucis de création, des problèmes de logistique, des films qu'elle voit, de soucis intimes aussi parfois. L'ensemble est un tableau à la fois réaliste et parfois touchant de la vie de ces deux jeunes auteurs. Seul bémol, certaines pages sont envahies par les textes, au détriment du dessin, même si celui-ci est "rapide", et se présente plus sous forme de croquis.

06/10/2009 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Cannibale
Cannibale

Cette BD a été pour moi un choc : je ne savais pas qu’en 1931 avait eu lieu une exposition coloniale, et que de nombreux hommes, en particulier ceux venant de Nouvelle-Calédonie, avaient été exposés comme des animaux sauvages au grand public… Adapté d’un best-seller de Didier Daeninckx, ce one shot revient donc sur cet « évènement ». Emmanuel Reuzé, déjà auteur de « Ubu Roi (Reuzé) » explore une autre forme d’absurde, non pas issue de l’imaginaire d’un autre auteur, mais cette fois-ci très réelle, même si Daeninckx a un peu romancé le sujet pour y mettre plus d’action. Du coup le dessinateur utilise un style plus réaliste, plus en adéquation avec la réalité de l’histoire. Un style qui manque d’expressivité à mon goût, les personnages ayant un air impavide la plupart du temps, s’exprimant la bouche fermée. Mais la richesse de sa mise en scène et le sérieux qu’il met à illustrer le sujet finissent par emporter l’adhésion du lecteur. Nous avons en prime, en fin d’album, le témoignage de Daeninckx sur sa découverte de cette histoire et un chouïa d’éléments de culture kanak (ce terme étant invariable et à séparer de « canaque », considéré comme typique de l’époque coloniale). Petite anecdote : l’un des kanaks envoyés à l’époque à Paris s’appelait Karembeu… Il s’agissait de l’arrière-grand-père du footballeur champion du monde en 1998. Ce dernier en garda longtemps une énorme rancœur –de notoriété publique d’ailleurs- envers l’Etat français.

05/10/2009 (modifier)
Par AqME
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Régulateur
Le Régulateur

Le régulateur est une des rares séries sur lesquelles j'ai flashé grâce aux couvertures et aux magnifiques dessins. Pour faire court, je suis tout simplement rentré dans cet univers steam punk et cela grâce à un graphisme ahurissant de beauté et de dégradé. L'univers est rendu avec maestria et on ressent vraiment le croisement entre les différentes époques. Le héros ou anti-héros, Aristide Nyx est un personnage inquiétant avec une allure à la chapeau melon et bottes de cuir et un flegme typiquement anglais, mais en plus, il n'est pas lisse du tout, car il cache un secret relativement terrible et intéressant. Et je ne parle pas encore des personnages féminins, sexys mais assez en nuance, avec une blonde incendiaire au pouvoir plus qu'original et une rousse dichotomique dont on ne sait pas trop les intérêts. Le scénario est intéressant notamment avec des rebondissements assez bien placés et des scènes d'action rondement menées. Il faut dire aussi que l'univers créé se prête vraiment à une pléiade de scénarios originaux. Enfin, on se rapproche vraiment d'une ambiance à la bioshock, donc un univers travaillé, profond et vraiment angoissant. Néanmoins, le régulateur pêche par un tome 3 inutile, qui n'apporte rien au scénario (une hypothétique vente commerciale ? ) et des détails qui s'effiloche au fil des tomes ( manque de temps pour Moreno ? ). Il en reste tout de même une bonne grosse surprise pour moi, et je conseille fortement cette série!

05/10/2009 (modifier)
Par Kles
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Mutafukaz - Métamuta
Mutafukaz - Métamuta

Woaw! tout d'abord je me suis étonné de vos commentaires, puis j'ai regardé les "immanquables" de ce site, Astérix, Picsou et Spirou. ^^ C'est fini les années 60 les amis. ^^' Metamuta est une œuvre contemporaine et magnifique, je dirais même la BD de l'année pour moi ! Et il a son intérêt dans Mutafukaz car il se passe juste entre le tome 2 et le tome 3 dans la tête d'Angelino pendant qu'il est laissé pour mort et on en apprend enfin plus sur le passé d'Angelino, sur sa mère qui a dû l'abandonner, on rentre dans des souvenirs inconscients, dans des fantasmes, on a tout une BD rien que pour rentrer dans sa tête un instant... Et pour le style de Jérémie Labsolu, il sert complètement l'histoire, c'est bordélique, c'est brouillon, êtes vous déjà entré dans la tête d'un orphelin poursuivi par des aliens dans une ville tel que Dark Meat City ? ^^ Si vous ne me comprenez pas et que vous préférez les gros nez franco belge ^^', c'est que l'on ne vient pas du même monde. Et je pense que personne n'a raison, c'est juste une différence de point de vue, sachez juste que pendant que vous avez mal aux yeux en lisant Metamuta, moi je vomis dés que j'ouvre Astérix. ^^

05/10/2009 (modifier)
Couverture de la série Marzi
Marzi

Très bonne surprise que cette Marzi ! Tout d’abord, découvrir la réalité du quotidien d’une gamine du peuple dans la Pologne d’avant Glasnozt est très amusant. Nous connaissions l’existence des files devant les magasins, des tickets de rationnement pour l’essence, de la présence d’une pression morale et politique apte à briser toute volonté dissidente (du moins durant un certains temps), mais les voir au travers de yeux d’une gamine nous ouvre les nôtres bien mieux que n’importe quel discours. Ensuite, le ton employé est très agréable. Marzi ne se plaint pas de sa condition. Son existence est telle qu’elle est, avec ses bons côtés et ses mauvais. On est loin d’un discours larmoyant sur la pauvre condition des habitants de l’Est, car ces récits sont avant tout tendres et amusants. Enfin, le trait de Savoia est intelligemment naïf. Grâce à ce style, je « crois » à cette petite Marzi. Reste une narration très présente, qui risque de décourager certains lecteurs. Personnellement, je l’ai trouvé très agréable, et son aspect documentaire, couplé à la simplicité de son style ont suffit à gommer les effets néfastes de son omniprésence. Lecture chaudement conseillée (pour une série qui devrait être présente dans toutes les bibliothèques scolaires).

05/10/2009 (modifier)
Par Ems
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Dieu en personne
Dieu en personne

Quel plaisir de retrouver MAM !!! A ma grande surprise, il délaisse ses jeux sur le support pour se consacrer principalement aux mots. Le scénario est très dense, les textes sont très élaborés et comportent des tournures murement réfléchies. Il y a un aspect philosophique important mais pas seulement. MAM traite du sujet comme si il était vu depuis les principales corporations professionnelles. C'est impossible à résumer, cette BD se doit d'être lue pour s'en faire un avis. Graphiquement, c'est sobre mais efficace. J'aime ce genre de dessin où l'on retrouve comme dans certains Tardi juste du noir, du blanc et 2 teintes de gris. C'est classe et esthétique. Ce one shot est du lourd dans tous les sens du terme. J'ai segmenté ma lecture en deux fois. J'ai aussi apprécié la couverture qui comme pour La Guerre des OGM est de grande qualité et similaire aux productions Futuropolis. La pagination est importante et le prix raisonnable. Cette BD n'a pas de défaut et me réjouit totalement.

04/10/2009 (modifier)