Pour moi, « L’Invention du vide » est la meilleure bande dessinée ayant pour cadre la montagne que j’ai pu lire jusqu’à maintenant.
Il suffit de contempler la page 52 du livre pour être convaincu de la beauté des planches réalisées par Nicolas Debon et surtout être saisi artificiellement et malgré tout par le vertige ! Et ça, c’est très fort de la part de l’auteur d’avoir réussi à me faire ressenti cette sensation du vide comme si j’étais en train de regarder un paysage montagneux au bord d’un immense ravin ! Chapeau l’artiste !
Bon, bien entendu, cet album nous présente de magnifiques dessins sur la montagne mais surtout il nous propose de partager la vie de trois alpinistes étrangers issus du club alpin britannique en quête d’exploits dans le massif de Chamonix au début des années 1880.
Et c’est ainsi que le lecteur suivra les péripéties rocambolesques et à la limite de la folie de ces trois hommes. Ces alpinistes ? Ce sont Albert Frederick Mummery, Alexander Burgener et Benedikt Venetz qui vont entreprendre l’ascension de la célèbre et infernale « Aiguille du Grépon », une paroi de granite jusqu’ici réputée infranchissable.
Et c’est ainsi que le bédéphile découvrira les nombreuses techniques d’escalade, il y verra aussi comment la vie quotidienne s’articulait dans Chamonix à cette époque où énormément de touristes anglo-saxons y venaient en masse contempler avec gourmandise la magnifique mer de glaces ou encore emprunter le train pour rejoindre cette vallée. Indéniablement, les fans d’histoire seront comblés en suivant les aventures de ces trois déjantés de l’alpinisme !
Et c’est ainsi que lecteur sera convaincu de la nécessité d’une bonne amitié et solidarité entre les membres d’une équipe pour affronter les pires difficultés. Dans « L’Invention du vide », nous assisterons à la préparation de cette expédition mais aussi, nous découvrirons les habitudes et autres maniaqueries de ces hommes ; le tout dans la bonne humeur puisque l’album comporte des séquences assez marrantes qui s’intègrent très bien au milieu des scènes de haute tension.
Et que dire de la narration de cette bd ? En un mot : parfaite ! Je n’ai pas pu me décrocher de cette lecture avant la fin de la fin ! D’ailleurs, je n’ai eu aucun problème de compréhension dans l’enchaînement des séquences. Et puis, vraiment, je le répète : le coup de patte et la mise en couleurs sont particulièrement bien appropriés à ce scénario.
Et en bonus : nous avons droit en fin d’album à un mini dossier sur ces trois alpinistes.
Un gros coup de cœur !
Je viens de tout relire ! Après 125 avis, je me rends bien compte que le mien ne changera pas grand chose aux statistiques .....
J'avais oublié, de mes lectures d'enfance, combien cette série est tout bonnement extroardinaire !
Certes on pourra dire avec raison que Tintin est typique d'un milieu petit bourgeois, que la présence féminine manque totalement de présence, de diversité, et d'intérêt, que certains rebondissements sortent du chapeau d'un magicien ... et tout cela est bien vrai !
Mais pour tout le reste, quelle formidable épopée à travers tous continents, quelle merveilleuse photographie de la moitié du 20ème siècle et de ses idées reçues (entre 1930 et 1980), quel humanisme et aventures se dégagent au travers de son héros, et quel humour ravageur au travers du capitaine toujours hautement truculent.
Et quel graphisme d'une sobriété, d'une efficacité, et d'une beauté, inouïes !
Pour ma part, sans conteste un absolu de la BD, rien n'arrivant selon mes perceptions à la cheville de cette grande oeuvre !
A lire à relire, et à re-relire ....
(Je viens de relire les Astérix au complet ... c'est géant, ... mais vraiment pas du même tonneau ...)
Je découvre la jeune auteure Cha à travers cet ouvrage, qui constitue un peu un florilège de son talent, et j’ai trouvé qu’elle faisait montre d’une bonne créativité.
J’ai bien aimé la série de gags représentés par ses discussions avec son alter-ego dessinée.
Par ailleurs, le ton sarcastique et décalé de la série « Gwenaëlle baby-sitter, le monde de merde expliqué aux enfants » m’a bien plu également.
Cet ouvrage est apparemment, au moins en partie, autobiographique, et il transparait, sous des dehors d’ours mal léché rebelle, une fragilité touchante, qui m’a fait ressentir de la compassion, et donc en conséquence, une certaine sympathie pour cette dessinatrice. Je pense notamment aux histoires se déroulant en service de psychiatrie, et surtout à celle de la gamine qui devient le bouc émissaire attitré de ses « camarades » de classe.
Graphiquement, j’ai apprécié le caractère dynamique du trait, qui ne manque pas de caractère, mais je n’ai pas aimé les visages aux yeux écarquillés, poissonneux, et sans nez, de ses personnages.
D’autre part, les phylactères contiennent tout de même un nombre non négligeable de fautes d’orthographe (4 fautes assez grossières sur l’ensemble de ce petit album, si je me souviens bien), ce qui est toujours regrettable.
Mon coup de cœur vient de l’histoire se déroulant dans l’espace, scindée en plusieurs épisodes. J’ai trouvé la chute, cette dernière case, juste énorme ! C’est génialissime d’imaginer un tel retournement de situation, un tel « ascenseur émotionnel » pour reprendre l’expression d’un sketch de Gad Elmaleh.
A l’issue de cette histoire, qui clos l’album, on finit par déplorer le fait de ne pas en voir plus…
Bref, une jeune dessinatrice (je me permets d’employer cette expression, car je la devance de quelques mois…) qui a du talent, c’est indéniable.
(141)
Franchement, une des meilleures BD que j'ai jamais lues...
Le dessin est magnifique, le scénario est d'une qualité exceptionnelle, l'écriture est excellente...
Les passages écrits en alexandrins sont un pur bonheur, même pour moi qui ne suis pas fan de poésie...
De plus, je n'adore pas non plus les séries dans lesquelles les personnages animaliers sont mêlés aux personnages humains mais dans celle-ci c'est tellement bien fait!!!
Et puis l'humour, combien de fois l'auteur a réussi à me faire rire, ce qui n'est pas fréquent quand on est face à une bande dessinée (d'aventures de surcroît !!!)
Enfin bref, je vous conseille vivement cette BD et je vous recommande de la lire lentement en prêtant attention aux détails qui sont dans les dessins (on trouve plein de clins d'oeil à d'autres oeuvre , de petites blagues au second plan, ...)
Ah, quelle chance vous avez, vous qui ne l'avez pas encore lue, profitez-en bien !!!
Joli retour d'Alex Alice au premier plan !
Je ne referai pas le couplet sur Le Troisième Testament, il faut passer à autre chose. Le prodigieux dessinateur s'attaque donc à un mythe wagnérien, parmi les plus sombres, les plus ambitieux, et réputé inadaptable.
Eh bien pour l'heure l'adaptation me semble réussie. Tout d'abord et bien sûr sur le plan graphique, puisque Alice est avant tout dessinateur. Il crée tout au long de ce premier tome une ambiance très réussie, presque palpable. Certaines scènes, comme l'apparition d'Odin au début, ont une beauté sauvage, brutale, qu'il me semble difficile à égaler, sinon dans la peinture flamande, peut-être. Ah, que c'est frustrant de ne pas avoir une culture picturale plus étendue pour trouver des points de comparaison...
Sur le plan de l'histoire, on est un peu déconcerté par le début, où plusieurs trames semblent se croiser, ou plutôt se côtoyer. Et puis au fil de l'intrigue on arrive à nouer ces différents fils pour renouer l'écheveau de l'histoire. Il y a des moments d'humour qui semblent incongrus à première vue dans un tel récit, mais qui finalement permettent une respiration au milieu des 70 pages.
C'est tout de même du joli boulot, sur le plan pictural et de la mise en scène. Par contre la fin n'est pas forcément celle qu'on attend, c'est un peu dommage, mais l'oeuvre reste magistrale.
J'ai eu une belle surprise avec cette série dont je n'attendais strictement rien. Il s'agit d'une intrigue de science-fiction de belle envergure sur une Terre complètement bouleversée par les élements et les années. Il y a là beaucoup de potentiel et même si le premier tome reste introductif, j'attends beaucoup de la suite dans l'espoir de rapidement relever ma note.
Pour le moment, nous avons trois récits racontés en parallèle, dans des cadres bien différents mais dont on comprend vite qu'ils vont se recouper. L'univers imaginé là est empli de mystères qui ne sont expliqués qu'au compte-gouttes. Le lecteur n'est pas pris pour un idiot et trop mené par la main, mais en contrepartie il faut un peu s'accrocher pour s'y retrouver au départ.
Les mystères restent franchement nombreux en fin de premier tome. Il faut donc que la suite soit à la hauteur de l'enjeu promis. J'espère pouvoir avoir confiance car j'ai apprécié l'imagination du cadre imaginé là et les personnalités des protagonistes.
Avis à tous les bédéphiles en deuil de De Cape et de Crocs : la relève est peut-être déjà là !
Ce premier tome en tout cas met la barre très haut et promet beaucoup pour la suite. Un univers fait de bric et de broc, un bestiaire improbable mais cohérent, des dialogues savoureux, humour, aventure, absurde... le tout avec un usage très sûr de l'ellipse et sans jamais laisser le lecteur sur le bord de la route (au contraire par exemple de La Nef des fous, qui part dans tous les sens sans épine dorsale). En 46 malheureuses planches, tout un monde est posé, les personnages loufoques sonnent juste, des tonnes d'idées malignes sont semées un peu partout, et à la fin on a immédiatement envie de connaître la suite (frustration, frustration...). Bref, si on s'en tient uniquement au scénario, c'est de la haute couture. Les enjeux demeurent encore flous, mais des questions sont posées et on sent que les auteurs en ont sous la pédale. Une seule crainte (comme d'habitude dans ce genre de série): que la suite ne soit pas à la hauteur, que le scénario se disperse, ou que les albums se multiplient face au succès (qui serait mérité) et que l'histoire se dilue sans jamais finir.
Quant au dessin, eh bien... c'est un feu d'artifice. On pousse sans cesse des Aaah et des Ooooh, c'est un régal à chaque planche, à chaque case, et jusqu’au plus petit détail en arrière-plan, avec quelques références discrètes à d'autres œuvres ou à notre monde, mais sans que ce soit lourdingue ou systématique. Je ne connaissais pas Andreae, je crois que je vais me pencher d'urgence sur son travail.
Concernant la remarque d'une lectrice qui se plaignait de la plastique outrancière du personnage féminin principal : moi qui suis très irrité par ce genre de gratuités, j'y ai cette fois vu un angle parodique qui m'a mis en joie. Et pour une fois, le physique plantureux d'une jeune femme a une raison d'être dans le scénario. J'attends la suite, mais je pense que ce personnage est beaucoup plus consistant que ce qu'on pourrait imaginer de prime abord.
.
Une BD d'héroic fantasy, sans surprise chez ... Soleil. Oui mais voilà, au milieu des tombereaux de séries HF toutes plus faibles les unes que les autres chez cet éditeur, voici la petite perle qui sauve (presque) tout.
Alors certes, l'auteur ne réinvente pas le genre mais bon ... à part messieurs Sfar et Trondheim, j'ai pas souvenir d'un truc qui ait vraiment dynamité la fantasy depuis une décennie. On est ici dans un univers hyper codifié, fait de pouvoirs magiques et de luttes fratricides entre plusieurs frères mais ça fonctionne formidablement, sans aucun temps mort et avec une intrigue qui ne lasse pas alors qu'on aurait pu craindre un essoufflement après le formidable premier tome.
Le tout est servi par un dessin superbe d'un nouveau venu dans le monde de la BD qui, s'il tient parfois plus de l'illustration et manque un poil de mouvement, n'en reste pas pour le moins, la plupart du temps, époustouflant.
Au final, une référence que je conseille même aux non-aficionados du genre. Je serais à deux doigts de mettre 5 étoiles s'il y avait un tantinet plus de cul :)
Pol cite L'Effet papillon comme référence, je citerai pour ma part le méconnu mais si frais Pile et face, qui conte une histoire d'amour revêtant plusieurs possibilités si le héros fait telle ou telle chose à un moment précis de son existence. Il y a Cours Lola, cours aussi, mais je m'égare.
Rodolphe s'est attaché cette fois-ci à scruter les différents destins offerts à un personnage, placé dans les Etats-Unis des années 1960, s'il avait choisi telle ou telle voie à plusieurs moments de son existence. Joe se retrouve dans la peau de ses autres moi à chaque fois qu'il va passer dans une pièce symbolique, auréolée d'une atmosphère étrange. Ces petits riens qui changent tout, le scénariste arrive à les doser de façon très habile, je me suis surpris, au bout de 5 pages, à me dire "ah ouais la vache, ça y est, je suis dedans".
Le second tome continue sur cette dynamique ; Joe découvre deux nouvelles facettes de sa personnalité, ou plutôt des présents alternatifs, et c'est c'est vraiment bien amené. Il est à chaque fois dans une nouvelle merde. Je ne sais pas si l'intention de Rodolphe est celle-là, mais ça aide à réfléchir sur l'homme que l'on est, sur les épisodes clés de son existence et la façon dont ils peuvent influer sur celle-ci.
Le scénariste boucle bien son chapitre final (arrivé seulement six mois après le deuxième, chapeau !) en nous proposant les deux dernières alternatives de la vie de Joe. La conclusion du triptyque est ma foi assez bien vue, j'aurais peut-être préféré que ça se termine vraiment mal, mais ça doit être mon esprit pervers ; ça se termine de façon assez logique, c'est l'essentiel. d'où mon coup de coeur.
J'émets un peu plus de réserves sur le dessin. Certes, Chabane fait du bon boulot, ses décors, ses bagnoles et sa mise en scène sont efficaces, et les couleurs de Benjamin Bouet au diapason. Mais je trouve qu'il manque encore de maturité sur les visages et dans certaines postures des personnages. Rien de bien méchant, mais l'album rate le 4/5 à cause de cette réserve. Mais je chipote un peu, parce que c'est quand même bien fichu.
J’aurais aimé faire montre d’autant de verve qu’Ayrolles pour vous donner l’envie de lire cette magnifique série… mais je n’ai pas son talent…
Aussi vais-je me contenter de vous en décrire l’ouverture. Sur la page de présentation (vous savez, celle où l’on renseigne les noms de auteurs), un petit dessin, comme il est de coutume, nous présente une scène de théâtre, rideau baissé. Première page, le rideau se lève et très rapidement nous allons avoir droit aux trois coups. L’un est asséné sur scène tandis que les deux autres se donnent dans le public et résultent de petites scénettes d’arrière-plan. Au terme de ces trois coups (auxquels on ne fait pas spécialement attention à la première lecture) apparaissent enfin les deux personnages principaux…
Si ça, ce n’est pas de la construction scénaristique soignée, je n’y connais rien !
Longtemps, la série va être à l’image de cette ouverture, emplie d’humour, de richesse en profondeur, de finesse dans la construction et l’emploi de clins d’œil. Comment oublier l’entrée en scène d’Eusèbe ? Comment ne pas savourer le second rôle offert à Bombastus (mieux connu de nous sous son nom de Paracelse) ? Comment passer sous silence ces pages bonus, divines surprises qui closent ou ouvrent ces albums ?
Bon, le passage sur la lune s’avèrera un peu longuet. Certes on retrouve toujours les personnages avec plaisir mais l’action vient à manquer tandis que les clins d’œil ont alors parfois tendance à étouffer le souffle épique du récit.
Mais le final arrive à temps. Le dernier tome conclut magistralement la série. Les fils se recoupent, comme dans le plus fin des vaudevilles.
N’oublions pas non plus la belle part apportée par Masbou. Son dessin léché et sa colorisation très lumineuse sont partie prenante dans la réussite de la série. Les personnages sont tous très expressifs et sur-jouent… avec justesse (ahhh, les scènes de pirates maudits !)
Et puis, il y a ce parti-pris de mêler personnages animaliers et êtres humains, un choix qui m’a déconcerté dans un premier temps, au point de me dissuader d’acheter, dans un premier temps toujours, la série. Mais c’est tellement bien maîtrisé et exploité que les auteurs ont réussi à me convaincre de la pertinence d’un tel choix (et pourtant, je suis d’ordinaire allergique à ce procédé).
Voilà ! La série est célèbre et cet avis ne servira sans doute pas à grand-chose… mais il me permet toutefois de remercier messieurs les auteurs pour les nombreuses heures de plaisir que la lecture et les relectures de cette magnifique série m’ont valu.
Chapeau bas…
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
L'Invention du Vide
Pour moi, « L’Invention du vide » est la meilleure bande dessinée ayant pour cadre la montagne que j’ai pu lire jusqu’à maintenant. Il suffit de contempler la page 52 du livre pour être convaincu de la beauté des planches réalisées par Nicolas Debon et surtout être saisi artificiellement et malgré tout par le vertige ! Et ça, c’est très fort de la part de l’auteur d’avoir réussi à me faire ressenti cette sensation du vide comme si j’étais en train de regarder un paysage montagneux au bord d’un immense ravin ! Chapeau l’artiste ! Bon, bien entendu, cet album nous présente de magnifiques dessins sur la montagne mais surtout il nous propose de partager la vie de trois alpinistes étrangers issus du club alpin britannique en quête d’exploits dans le massif de Chamonix au début des années 1880. Et c’est ainsi que le lecteur suivra les péripéties rocambolesques et à la limite de la folie de ces trois hommes. Ces alpinistes ? Ce sont Albert Frederick Mummery, Alexander Burgener et Benedikt Venetz qui vont entreprendre l’ascension de la célèbre et infernale « Aiguille du Grépon », une paroi de granite jusqu’ici réputée infranchissable. Et c’est ainsi que le bédéphile découvrira les nombreuses techniques d’escalade, il y verra aussi comment la vie quotidienne s’articulait dans Chamonix à cette époque où énormément de touristes anglo-saxons y venaient en masse contempler avec gourmandise la magnifique mer de glaces ou encore emprunter le train pour rejoindre cette vallée. Indéniablement, les fans d’histoire seront comblés en suivant les aventures de ces trois déjantés de l’alpinisme ! Et c’est ainsi que lecteur sera convaincu de la nécessité d’une bonne amitié et solidarité entre les membres d’une équipe pour affronter les pires difficultés. Dans « L’Invention du vide », nous assisterons à la préparation de cette expédition mais aussi, nous découvrirons les habitudes et autres maniaqueries de ces hommes ; le tout dans la bonne humeur puisque l’album comporte des séquences assez marrantes qui s’intègrent très bien au milieu des scènes de haute tension. Et que dire de la narration de cette bd ? En un mot : parfaite ! Je n’ai pas pu me décrocher de cette lecture avant la fin de la fin ! D’ailleurs, je n’ai eu aucun problème de compréhension dans l’enchaînement des séquences. Et puis, vraiment, je le répète : le coup de patte et la mise en couleurs sont particulièrement bien appropriés à ce scénario. Et en bonus : nous avons droit en fin d’album à un mini dossier sur ces trois alpinistes. Un gros coup de cœur !
Les Aventures de Tintin
Je viens de tout relire ! Après 125 avis, je me rends bien compte que le mien ne changera pas grand chose aux statistiques ..... J'avais oublié, de mes lectures d'enfance, combien cette série est tout bonnement extroardinaire ! Certes on pourra dire avec raison que Tintin est typique d'un milieu petit bourgeois, que la présence féminine manque totalement de présence, de diversité, et d'intérêt, que certains rebondissements sortent du chapeau d'un magicien ... et tout cela est bien vrai ! Mais pour tout le reste, quelle formidable épopée à travers tous continents, quelle merveilleuse photographie de la moitié du 20ème siècle et de ses idées reçues (entre 1930 et 1980), quel humanisme et aventures se dégagent au travers de son héros, et quel humour ravageur au travers du capitaine toujours hautement truculent. Et quel graphisme d'une sobriété, d'une efficacité, et d'une beauté, inouïes ! Pour ma part, sans conteste un absolu de la BD, rien n'arrivant selon mes perceptions à la cheville de cette grande oeuvre ! A lire à relire, et à re-relire .... (Je viens de relire les Astérix au complet ... c'est géant, ... mais vraiment pas du même tonneau ...)
Oh ! Merde !
Je découvre la jeune auteure Cha à travers cet ouvrage, qui constitue un peu un florilège de son talent, et j’ai trouvé qu’elle faisait montre d’une bonne créativité. J’ai bien aimé la série de gags représentés par ses discussions avec son alter-ego dessinée. Par ailleurs, le ton sarcastique et décalé de la série « Gwenaëlle baby-sitter, le monde de merde expliqué aux enfants » m’a bien plu également. Cet ouvrage est apparemment, au moins en partie, autobiographique, et il transparait, sous des dehors d’ours mal léché rebelle, une fragilité touchante, qui m’a fait ressentir de la compassion, et donc en conséquence, une certaine sympathie pour cette dessinatrice. Je pense notamment aux histoires se déroulant en service de psychiatrie, et surtout à celle de la gamine qui devient le bouc émissaire attitré de ses « camarades » de classe. Graphiquement, j’ai apprécié le caractère dynamique du trait, qui ne manque pas de caractère, mais je n’ai pas aimé les visages aux yeux écarquillés, poissonneux, et sans nez, de ses personnages. D’autre part, les phylactères contiennent tout de même un nombre non négligeable de fautes d’orthographe (4 fautes assez grossières sur l’ensemble de ce petit album, si je me souviens bien), ce qui est toujours regrettable. Mon coup de cœur vient de l’histoire se déroulant dans l’espace, scindée en plusieurs épisodes. J’ai trouvé la chute, cette dernière case, juste énorme ! C’est génialissime d’imaginer un tel retournement de situation, un tel « ascenseur émotionnel » pour reprendre l’expression d’un sketch de Gad Elmaleh. A l’issue de cette histoire, qui clos l’album, on finit par déplorer le fait de ne pas en voir plus… Bref, une jeune dessinatrice (je me permets d’employer cette expression, car je la devance de quelques mois…) qui a du talent, c’est indéniable. (141)
De Cape et de Crocs
Franchement, une des meilleures BD que j'ai jamais lues... Le dessin est magnifique, le scénario est d'une qualité exceptionnelle, l'écriture est excellente... Les passages écrits en alexandrins sont un pur bonheur, même pour moi qui ne suis pas fan de poésie... De plus, je n'adore pas non plus les séries dans lesquelles les personnages animaliers sont mêlés aux personnages humains mais dans celle-ci c'est tellement bien fait!!! Et puis l'humour, combien de fois l'auteur a réussi à me faire rire, ce qui n'est pas fréquent quand on est face à une bande dessinée (d'aventures de surcroît !!!) Enfin bref, je vous conseille vivement cette BD et je vous recommande de la lire lentement en prêtant attention aux détails qui sont dans les dessins (on trouve plein de clins d'oeil à d'autres oeuvre , de petites blagues au second plan, ...) Ah, quelle chance vous avez, vous qui ne l'avez pas encore lue, profitez-en bien !!!
Siegfried
Joli retour d'Alex Alice au premier plan ! Je ne referai pas le couplet sur Le Troisième Testament, il faut passer à autre chose. Le prodigieux dessinateur s'attaque donc à un mythe wagnérien, parmi les plus sombres, les plus ambitieux, et réputé inadaptable. Eh bien pour l'heure l'adaptation me semble réussie. Tout d'abord et bien sûr sur le plan graphique, puisque Alice est avant tout dessinateur. Il crée tout au long de ce premier tome une ambiance très réussie, presque palpable. Certaines scènes, comme l'apparition d'Odin au début, ont une beauté sauvage, brutale, qu'il me semble difficile à égaler, sinon dans la peinture flamande, peut-être. Ah, que c'est frustrant de ne pas avoir une culture picturale plus étendue pour trouver des points de comparaison... Sur le plan de l'histoire, on est un peu déconcerté par le début, où plusieurs trames semblent se croiser, ou plutôt se côtoyer. Et puis au fil de l'intrigue on arrive à nouer ces différents fils pour renouer l'écheveau de l'histoire. Il y a des moments d'humour qui semblent incongrus à première vue dans un tel récit, mais qui finalement permettent une respiration au milieu des 70 pages. C'est tout de même du joli boulot, sur le plan pictural et de la mise en scène. Par contre la fin n'est pas forcément celle qu'on attend, c'est un peu dommage, mais l'oeuvre reste magistrale.
Agito Cosmos
J'ai eu une belle surprise avec cette série dont je n'attendais strictement rien. Il s'agit d'une intrigue de science-fiction de belle envergure sur une Terre complètement bouleversée par les élements et les années. Il y a là beaucoup de potentiel et même si le premier tome reste introductif, j'attends beaucoup de la suite dans l'espoir de rapidement relever ma note. Pour le moment, nous avons trois récits racontés en parallèle, dans des cadres bien différents mais dont on comprend vite qu'ils vont se recouper. L'univers imaginé là est empli de mystères qui ne sont expliqués qu'au compte-gouttes. Le lecteur n'est pas pris pour un idiot et trop mené par la main, mais en contrepartie il faut un peu s'accrocher pour s'y retrouver au départ. Les mystères restent franchement nombreux en fin de premier tome. Il faut donc que la suite soit à la hauteur de l'enjeu promis. J'espère pouvoir avoir confiance car j'ai apprécié l'imagination du cadre imaginé là et les personnalités des protagonistes.
Azimut
Avis à tous les bédéphiles en deuil de De Cape et de Crocs : la relève est peut-être déjà là ! Ce premier tome en tout cas met la barre très haut et promet beaucoup pour la suite. Un univers fait de bric et de broc, un bestiaire improbable mais cohérent, des dialogues savoureux, humour, aventure, absurde... le tout avec un usage très sûr de l'ellipse et sans jamais laisser le lecteur sur le bord de la route (au contraire par exemple de La Nef des fous, qui part dans tous les sens sans épine dorsale). En 46 malheureuses planches, tout un monde est posé, les personnages loufoques sonnent juste, des tonnes d'idées malignes sont semées un peu partout, et à la fin on a immédiatement envie de connaître la suite (frustration, frustration...). Bref, si on s'en tient uniquement au scénario, c'est de la haute couture. Les enjeux demeurent encore flous, mais des questions sont posées et on sent que les auteurs en ont sous la pédale. Une seule crainte (comme d'habitude dans ce genre de série): que la suite ne soit pas à la hauteur, que le scénario se disperse, ou que les albums se multiplient face au succès (qui serait mérité) et que l'histoire se dilue sans jamais finir. Quant au dessin, eh bien... c'est un feu d'artifice. On pousse sans cesse des Aaah et des Ooooh, c'est un régal à chaque planche, à chaque case, et jusqu’au plus petit détail en arrière-plan, avec quelques références discrètes à d'autres œuvres ou à notre monde, mais sans que ce soit lourdingue ou systématique. Je ne connaissais pas Andreae, je crois que je vais me pencher d'urgence sur son travail. Concernant la remarque d'une lectrice qui se plaignait de la plastique outrancière du personnage féminin principal : moi qui suis très irrité par ce genre de gratuités, j'y ai cette fois vu un angle parodique qui m'a mis en joie. Et pour une fois, le physique plantureux d'une jeune femme a une raison d'être dans le scénario. J'attends la suite, mais je pense que ce personnage est beaucoup plus consistant que ce qu'on pourrait imaginer de prime abord. .
Arawn
Une BD d'héroic fantasy, sans surprise chez ... Soleil. Oui mais voilà, au milieu des tombereaux de séries HF toutes plus faibles les unes que les autres chez cet éditeur, voici la petite perle qui sauve (presque) tout. Alors certes, l'auteur ne réinvente pas le genre mais bon ... à part messieurs Sfar et Trondheim, j'ai pas souvenir d'un truc qui ait vraiment dynamité la fantasy depuis une décennie. On est ici dans un univers hyper codifié, fait de pouvoirs magiques et de luttes fratricides entre plusieurs frères mais ça fonctionne formidablement, sans aucun temps mort et avec une intrigue qui ne lasse pas alors qu'on aurait pu craindre un essoufflement après le formidable premier tome. Le tout est servi par un dessin superbe d'un nouveau venu dans le monde de la BD qui, s'il tient parfois plus de l'illustration et manque un poil de mouvement, n'en reste pas pour le moins, la plupart du temps, époustouflant. Au final, une référence que je conseille même aux non-aficionados du genre. Je serais à deux doigts de mettre 5 étoiles s'il y avait un tantinet plus de cul :)
Si seulement
Pol cite L'Effet papillon comme référence, je citerai pour ma part le méconnu mais si frais Pile et face, qui conte une histoire d'amour revêtant plusieurs possibilités si le héros fait telle ou telle chose à un moment précis de son existence. Il y a Cours Lola, cours aussi, mais je m'égare. Rodolphe s'est attaché cette fois-ci à scruter les différents destins offerts à un personnage, placé dans les Etats-Unis des années 1960, s'il avait choisi telle ou telle voie à plusieurs moments de son existence. Joe se retrouve dans la peau de ses autres moi à chaque fois qu'il va passer dans une pièce symbolique, auréolée d'une atmosphère étrange. Ces petits riens qui changent tout, le scénariste arrive à les doser de façon très habile, je me suis surpris, au bout de 5 pages, à me dire "ah ouais la vache, ça y est, je suis dedans". Le second tome continue sur cette dynamique ; Joe découvre deux nouvelles facettes de sa personnalité, ou plutôt des présents alternatifs, et c'est c'est vraiment bien amené. Il est à chaque fois dans une nouvelle merde. Je ne sais pas si l'intention de Rodolphe est celle-là, mais ça aide à réfléchir sur l'homme que l'on est, sur les épisodes clés de son existence et la façon dont ils peuvent influer sur celle-ci. Le scénariste boucle bien son chapitre final (arrivé seulement six mois après le deuxième, chapeau !) en nous proposant les deux dernières alternatives de la vie de Joe. La conclusion du triptyque est ma foi assez bien vue, j'aurais peut-être préféré que ça se termine vraiment mal, mais ça doit être mon esprit pervers ; ça se termine de façon assez logique, c'est l'essentiel. d'où mon coup de coeur. J'émets un peu plus de réserves sur le dessin. Certes, Chabane fait du bon boulot, ses décors, ses bagnoles et sa mise en scène sont efficaces, et les couleurs de Benjamin Bouet au diapason. Mais je trouve qu'il manque encore de maturité sur les visages et dans certaines postures des personnages. Rien de bien méchant, mais l'album rate le 4/5 à cause de cette réserve. Mais je chipote un peu, parce que c'est quand même bien fichu.
De Cape et de Crocs
J’aurais aimé faire montre d’autant de verve qu’Ayrolles pour vous donner l’envie de lire cette magnifique série… mais je n’ai pas son talent… Aussi vais-je me contenter de vous en décrire l’ouverture. Sur la page de présentation (vous savez, celle où l’on renseigne les noms de auteurs), un petit dessin, comme il est de coutume, nous présente une scène de théâtre, rideau baissé. Première page, le rideau se lève et très rapidement nous allons avoir droit aux trois coups. L’un est asséné sur scène tandis que les deux autres se donnent dans le public et résultent de petites scénettes d’arrière-plan. Au terme de ces trois coups (auxquels on ne fait pas spécialement attention à la première lecture) apparaissent enfin les deux personnages principaux… Si ça, ce n’est pas de la construction scénaristique soignée, je n’y connais rien ! Longtemps, la série va être à l’image de cette ouverture, emplie d’humour, de richesse en profondeur, de finesse dans la construction et l’emploi de clins d’œil. Comment oublier l’entrée en scène d’Eusèbe ? Comment ne pas savourer le second rôle offert à Bombastus (mieux connu de nous sous son nom de Paracelse) ? Comment passer sous silence ces pages bonus, divines surprises qui closent ou ouvrent ces albums ? Bon, le passage sur la lune s’avèrera un peu longuet. Certes on retrouve toujours les personnages avec plaisir mais l’action vient à manquer tandis que les clins d’œil ont alors parfois tendance à étouffer le souffle épique du récit. Mais le final arrive à temps. Le dernier tome conclut magistralement la série. Les fils se recoupent, comme dans le plus fin des vaudevilles. N’oublions pas non plus la belle part apportée par Masbou. Son dessin léché et sa colorisation très lumineuse sont partie prenante dans la réussite de la série. Les personnages sont tous très expressifs et sur-jouent… avec justesse (ahhh, les scènes de pirates maudits !) Et puis, il y a ce parti-pris de mêler personnages animaliers et êtres humains, un choix qui m’a déconcerté dans un premier temps, au point de me dissuader d’acheter, dans un premier temps toujours, la série. Mais c’est tellement bien maîtrisé et exploité que les auteurs ont réussi à me convaincre de la pertinence d’un tel choix (et pourtant, je suis d’ordinaire allergique à ce procédé). Voilà ! La série est célèbre et cet avis ne servira sans doute pas à grand-chose… mais il me permet toutefois de remercier messieurs les auteurs pour les nombreuses heures de plaisir que la lecture et les relectures de cette magnifique série m’ont valu. Chapeau bas…