Les derniers avis (9627 avis)

Par Jetjet
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Contes de l'ère du Cobra
Les Contes de l'ère du Cobra

C’est réellement au hasard des étalages de mon libraire que je suis tombé nez à nez avec cette jolie couverture. Une fois les quelques pages feuilletées il m’était impossible de me détacher de cet ouvrage et de le reposer, le charme de ses couleurs pastel informatisées et de ses personnages tout en rondeur me rappelant un peu le style d’Arthur des Pins en plus travaillé ayant ensorcelé le rédacteur de cet avis peu objectif car il est inutile d’aller plus loin : ce conte de l’ère du Cobra est une réussite totale ! Par le biais d’un narrateur mystérieux et masqué se déroule en un clin d’œil plusieurs histoires enchevêtrées, celle d’un voleur aussi habile que le Prince de Perse, amoureux et aussi volage que naïf, d’une princesse promise à un rôle de courtisane dont elle ne veut pas et d’un nain banni injustement de son pays et en quète de rédemption. Pour parfaire le tout, ce conte ne serait pas parfait sans l’intervention d’un méchant charismatique et à l’allure imposante… Le Cobra, tyran incompris en quête d’amour et de reconnaissance et symbole du mal absolu manipulant plus ou moins directement tous ces protagonistes…. L’issue risque d’être fatale et inattendue… Car en dépit de ses apparences disneyennes rappelant le très joli Aladin par la beauté de ses décors et les caractéristiques physiques de ses personnages, ce conte oriental lorgne très rapidement vers un drame humain et résolument adulte dans sa résolution… Irvi a tout du héros parfait mais ses infidélités vont lui apporter le courroux de sa douce et sa colère le transformera en démon dévoreur de cœur tel un Vlad Tepes oriental… La belle Sian se marie par dépit à un sombre prince pédophile qui va l’ignorer royalement pendant qu’elle épanche sa peine avec des amants telle une mante religieuse. L’homme qui se fait appeler le Cobra a également un passé trouble qui le rendrait presque sympathique sous l’appelation d’autres sobriquets s’il ne répandait pas tristesse et malheur autour de lui… Finalement le nain comédien reste le personnage le plus sympathique et son apparition tardive dans le récit renverse toute la donne en redonnant une autre ouverture au récit. N’en déplaise aux esprits chagrins pouvant trouver l’histoire banale, je n’ai ressenti aucun ennui lors de sa lecture et ai été littéralement transporté dans un monde différent et réellement enchanteur malgré son coté très obscur. Il faut dire que la narration d’Enrique Fernandez est toute aussi naturelle qu’elle suscite la curiosité au fil des pages... Les scènes d’action succèdent à des tableaux de pure contemplation et procurent un certain plaisir coupable… Les personnages secondaires comme ce mystérieux européen muet ou ce vendeur de potions maléfiques sont riches de détail et le récit pourrait presque se tenir en un seul tome tant il est réussi en bien des points. On retrouve les épreuves des contes classiques comme l’escalade de la maison des princesses en plusieurs « essais », la légende et les origines du Cobra et même les méfaits du Démon Noir, le tout en quelques pages habilement découpées et modernes dans leur narration… Cerise sur le gâteau, l’histoire se conclut au second tome qui sera édité en septembre de cette année me laissant bien des espoirs de tenir une histoire culte qui fera peut être même date si tout comme moi vous faites l’erreur d’ouvrir ce premier volume aussi cruel que sensuel…. En tous cas un conte si peu manichéen se doit d'être salué et on est en droit de préférer le Cobra et le nain comme personnages préférés aux décevants amants éconduits ! Une excellente surprise et peut être le véritable premier coup de cœur bd de cette année pour ma part… Merci à Enrique Fernandez pour ce joli trésor de sensations qui devrait plaire aux plus exigeant(e)s !

30/04/2012 (modifier)
Par dut
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Ignorants
Les Ignorants

Attention, grosse qualité cette BD :) C'est une histoire qui arrive marier 2 mondes (la BD et le vin), de facon très adroite, tres belle et très sincère ! Très adroite, car le parcours initiatique des 2 protagonistes qui découvrent le métier de l'autre au fil de l'album, c'est vachement bien foutu. Davoveau découvre le métier de vigneron au fil des saisons, et son ami vigneron (je me souvient plus de son nom désolé) découvre la BD à travers les albums qu'on lui fait lire, mais aussi à travers des rencontres avec des auteurs (celle avec Gibrat est exquise), des festivals, et rendez-vous chez l'édtieurs, l'imprimeur etc. Et nous au milieu de tout ca, on découvre les 2 mondes, et on se laisse porter par l'histoire. Le coté sincère, c'est parce qu'on sent que c'est authentique ! Le pense que cette BD est le reflet parfait de l'année passé ensemble par ces 2 hommes, en tout cas, moi je marche ! Sinon coté dessins, je connaissais pas trop Davodeau, c'est un style assez chouette, ça me plait vraiment ! Si toutes les BD de Davodeau sont aussi sympa et authentique, je sens que je vais m'y pencher un peu plus, car c'est pour moi une vrai découverte ! Prochain achat : Rural! ;)

27/04/2012 (modifier)
Par js
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Zombies (Soleil)
Zombies (Soleil)

Ça c'est de l'histoire de zombies bien tournée ! Certes, le scénario n'invente rien au genre et n'innove pas vraiment, mais le rendu final est 'franchement bien'. Juste pour citer : je ne vois pas trop de liens entre Walking Dead et cette série. En effet, elles reposent sur des procédés communs, mais les personnages, l'histoire et les zombies n'ont rien à voir ! Le scénario est rempli de surprises et de rebondissements, ce qui rend la lecture captivante. Le tout est agrémenté de quelques doses d'humour (très bien dosé, bien pensé et efficace) et d'hémoglobine ! Le "prologue" du récit est génial à mes yeux ! Côté dessin, rien à dire, le trait est précis, les visages expressifs, les décors bien retranscrits et les couleurs agréables. La double planche vers la fin du premier tome est impressionnante et augmente l'angoisse (si l'on peut dire) de la situation. Les petits 'hics' : les visages non dessinés sur les vues de loin et le visage trop manga du petit garçon. Une série de zombies excellente dont je conseille vivement l'achat et dont j'attends impatiemment la suite ! --------------------------------------------------------------- Jusque là la série allait bien, le scénario était prenant, quelques passages originaux ; l'ensemble respectant assez bien les codes des films de zombies. Le dessin colle bien et est maîtrisé avec des couleurs bien trouvées pour le cadre. MAIS : le tome 0 est nul ... A quoi sert-il ? Honnêtement, je ne lui trouve aucun intérêt et en regrette presque l'achat... L'histoire est molle, décevante et n'apporte rien de plus à la série... Le dessin reste correct mais il ne sauve pas le scénario.... Tome 0 : à éviter... !

04/07/2011 (MAJ le 24/04/2012) (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Blaise
Blaise

Blaise est un pré-ado pas très beau, inhibé et narcissique, affublé d’un double menton et d’une coupe de cheveux ridicule. Blaise n’aime pas qu’on se moque de lui mais est prêt à ricaner avec la meute d’un camarade plus pitoyable que lui. Blaise étouffe en silence dans l’appartement de ses parents bobos, ne pouvant compter sur ces derniers pour l’épauler dans ce difficile passage vers l’âge adulte. Le problème, c’est que les parents de Blaise ont bien d’autres chats à fouetter… penser à renouveler l'abonnement aux spectacles de danse (qu’ils détestent), à aller voir le dernier film culte probablement soporifique ou la dernière pièce à la mode, où les comédiens font caca sur scène. Normal, Télérama en a dit tellement de bien… Tout d’abord, j’aime bien le graphisme original, fait d’images fixes « samplées-photoshopées » évoquant les Têtes à claques, et s’inscrivant du coup pilepoil dans l’époque. On aime ou on n’aime pas, ce n’est pas du dessin, peut-être même pas de la bédé, certains trouveront les personnages figés, mais c’est un parti pris tout à fait adapté à ce format « strip en six cases ». Comme j’ai pu le voir dans une des critiques, c’est « acidulé », avec un côté rétro aux couleurs un peu passées, équilibrant du même coup la noirceur du propos. Car en effet, l’humour est féroce et vient titiller chacun d’entre nous, avec nos petites lâchetés « ni vues ni connues », nos mesquineries, notre conformisme, et toutes nos contradictions. Avec les Bidochons, on rit de bon cœur, car on a plus de mal à se sentir visés par leur côté « beaufs prolos des années 60 », mais là ces personnages nous ressemblent beaucoup plus ! Si on a un minimum d’autodérision, on pourra donc rire de ces « beaufs bobos », agaçants par leur snobisme et leur conviction d’être au-dessus de la mêlée alors qu’en fait ils n’ont pas des vies extraordinaires, regardent même les émissions de merde (mais en n’arrêtant pas de les critiquer, parce que hé ho, nous, on garde quand même un esprit très critique, hein ?). Cela correspond assez bien aux années post-11 septembre, et sans en avoir l’air, Planchon parvient en six cases à dire beaucoup de choses sur notre époque décadente, individualiste et blasée, toujours soumise aux diktats de l’hyperconsommation. C’est assez subversif et ça dézingue de tous les côtés, avec un redoutable humour pince-sans-rire. Tenez-vous le pour dit, il n’y aura pas de quartier ! C’est pour moi une très bonne surprise, cela faisait longtemps que je n’avais rien lu d’aussi drôle et décapant en matière de BD.

22/04/2012 (modifier)
Par graveen
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Girls
Girls

Les dessins sont... convenables. En tous cas, le graphisme va très bien avec l'ambiance du comic. Après quelques pages, si on est toujours surpris des quelques machoires carrées (un peu comme dans Walking Dead, selon la forme d'Adlard), on n'a pas particulièrement l'occasion de ne pas reconnaitre les protagonistes. Alors vous me direz, on en est là niveau dessin ? Certes. Mais la force de cette série c'est l'histoire, son découpage, sa mise en page... Et là, je me suis régalé. J'ai emprunté cette série sans vraiment savoir à quoi m'attendre. J'imaginais une histoire gentillette, sur le thème de l'amour, vaguement érotique. Non, c'est plutôt du survival - en tout cas il en emprunte complètement les codes - mais qui développe sa propre trame scénaristique. Bref, le choc. Les 4 tomes y sont passés dans la foulée (ils font 150 pages chacun...). Oh, je ne sais pas quand j'y retournerai, mais là, j'ai été au cinéma, voir une quadrilogie, et j'en sors ravi.

21/04/2012 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Cent mille journées de prières
Cent mille journées de prières

La première partie n'était qu'une base, la seconde permet de remettre dans le bon ordre le puzzle. Loo Hui Phang a choisi de raconter le génocide perpétré par les Khmers rouges dans les années 1970 au Cambodge par le petit bout de la lorgnette, au travers de l'histoire d'un médecin qui mène une double vie avec une Française et qui tente de sauver sa famille dans cette tourmente de l'Histoire... Et face à cela, nous avons l'histoire de son fils, héritier des contes et légendes cambodgiens mais élevé dans la tradition européenne. Un enfant qui ne connaîtra jamais son père, sinon au travers d'histoires, sans toutefois être sûr de son rôle dans cette période troublée... La métaphore du canari, messager des morts, est très bien trouvée et bien développée, surtout dans le second tome. J'aime bien le dessin de Sterckeman, même si je trouve que parfois ses personnages manquent d'expressivité dans le premier tome ; ce défaut s'efface dans le second. Ma note reste à 3/5, mais je rajoute un coup de coeur pour la sensibilité de l'écriture dans le second tome, mieux maîtrisé à mon sens que le premier.

17/06/2011 (MAJ le 20/04/2012) (modifier)
Couverture de la série La Première Lettre
La Première Lettre

Dans l’univers de la bande dessinée destinée à la jeunesse, il est de ces œuvres qui vous donnent envie d’être père… pour le simple plaisir de pouvoir les acheter sans devoir craindre le regard moqueur de votre libraire. La première lettre fait partie de ces œuvres. Adapté d’un texte de Rudyard Kipling (dont j’ignorais l’existence (le texte, hein, pas Rudyard)), la première lettre est une œuvre fine et intelligente. L’auteur y traite autant des dangers de l’ignorance que du besoin de tolérance, et les niveaux de lecture sont multiples. A la première lecture, c’est le besoin d’avoir un langage commun qui ressort de la conclusion du récit. Ensuite, l’on se rend compte que ce langage commun ne pourra être atteint qu’en respectant les autres. Enfin, l’on se dira que soigner son langage est essentiel si l’on veut être bien compris. A chaque lecture, une finesse apparait dans le message transmis… et à chaque fois, l’on se dit que l’auteur a vu « juste ». Mais si je me suis penché sur cet album, c’est avant tout attiré par son aspect visuel. Tout d’abord, il y a un bleu lumineux, autant présent sur la couverture que dans l’album. Ensuite, il y a un trait expressif et joyeux, dynamique et immédiat. Et, en matière de colorisation, si c’est le bleu qui a attiré mon regard, l’ensemble des couleurs employées donne un ton frais, soigné, artisanal (dans le bon sens du terme) et spontané à chaque planche. Enfin, n'oublions pas la gaité qui émane de cette lecture. L’humour est omniprésent même s’il n’occulte jamais le fond le l’histoire. Beau à voir, fin, avec une morale à retenir et des niveaux de lecture multiples qui garantissent la conservation de l’intérêt de cet album au fil des ans, cette première lettre est un véritable coup de cœur pour moi. Des comme ça, j’en redemande.

16/04/2012 (modifier)
Couverture de la série Les Semi-aventures des Hommes-rats
Les Semi-aventures des Hommes-rats

C'est vrai que le dessin n'est pas des plus remarquables (en bien), loin de là...Pourtant, je mets 4 étoiles car cette série possède deux qualités essentielles à mes yeux: 1) Elle est très fluide à lire, le découpage et les cadrages sont maîtrisés, et elle se lit vite, tant on arrive a saisir l'action au premier coup d'oeil. 2) Elle est divertissante. Je suis entré de plain pied dans cet univers de gnomes chapardeurs, mais joyeux et avec un excellent fond, pourtant détestés des humains. L'ennui n'a pas pointé le bout de son nez une seule fois. J'ai été un peu étonné que les tomes 1 et 2 soient finalement totalement indépendants, et je ne vois pas trop où l'auteur voulait en venir. J'utilise l'imparfait, car je pense qu'il y a de très fortes chances que l'on puisse considérer cette série comme abandonnée... J'ai contacté l'éditeur à ce sujet, on verra bien. Du coup, difficile, en sachant cela, de se prononcer sur un conseil en matière d'achat! J'ai acheté ces deux albums une bouchée de pain, et je pense que vous ne prenez pas trop de risques en faisant de même. (111)

15/04/2012 (modifier)
Par Frolier
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Cité 14 - Saison 1
Cité 14 - Saison 1

J'ai lu la première saison, réunie en quatre tomes sous coffret depuis peu. Et franchement, ça faisait longtemps que je n'avais pas eu l'impression d'une telle nouveauté en BD. L'univers est d'une richesse incroyable, comme assemblé de bric et de broc, avec un peu de New-York des années 50, un peu de Chicago sous la prohibition, un peu d'Ellis Island durant la première moitié du XXème siècle, un peu de Cités Obscures, un peu de Disney, un peu de steampunk, un peu de supers héros, un peu d'extra-terrestres, un peu de Sa Majesté des Mouches version adultes, un peu de La Ferme des animaux, un peu de Watergate, un peu de Tarantino, un peu de critique sociale, un peu de Marx... Et normalement, alors que tout ça devrait s'effondrer sous son propre poids, ça tient la route avec une fluidité étonnante. Les personnages sont tous attachants, tous originaux, on n'en fait pas des caisses avec la psychologie et pourtant ils ont tous une vraie profondeur, un passé et des blessures qu'on découvre par petites touches et qui les rend plus épais que de simples marionnettes à scénario. Toutes les intrigues sont parfaitement tricotées entre elles, la plupart des séquences sont inattendues, au sens où elles ne se passent presque jamais "comme elles devraient", on est surpris toutes les 4 ou 5 pages, il y a une vraie violence qui arrive toujours sans crier gare, qui va toujours plus loin que prévu, il y a le parfum amer de la tragédie, et il y a en plus un vrai beau travail sur la langue et beaucoup d'humour... Bref, c'est un grand moment de plaisir qui est offert au lecteur, avec en plus l'impression rare de s'immerger dans un monde singulier et complètement barré mais qui pourtant reste curieusement familier et "possible". Ceci sans doute aussi grâce au dessin, très lisible, très dynamique, très bien mis en scène et qui fourmille de détails sans jamais être surchargé. Un dessin dans lequel on a plaisir à se perdre pour ne rien en rater, et qui donnerait presque envie de voir ce monde s'animer sous nos yeux... Ce qui est mis en place ici est du niveau d'un Alan Moore des grands jours, et j'attends avec impatience la clôture de la saison 2 pour acheter le coffret et me perdre à nouveau dans les méandres de cette Cité 14...

11/04/2012 (modifier)
Couverture de la série Z comme don Diego
Z comme don Diego

On est dans le crétinisme le plus absolu, avec pas mal de clins d'yeux à nos politiciens d'aujourd'hui. C'est bien trouvé et vraiment très bon, bien que parfois inégal comme le souligne le monsieur juste au dessus. Mais les quelques faiblesses n'occultent en rien le fait que je n'avais pas autant ri devant une BD depuis de très nombreuses années. Le fait que je sois un fan du justicier masqué y est peut-être pour quelque chose aussi... Une BD très chaudement conseillée. Pour les curieux, la page Facebook : http://www.facebook.com/z.comme.don.diego

10/04/2012 (modifier)