Voilà que je termine Le pouvoir des innocents et ce fût une excellente surprise.
Premier atout et non des moindres : la noirceur pesante de certains passages. Bien dosée et bien exploitée au profit de la trame principale, elle vous laisse tout simplement pantois.
C'est dans la trame principale justement que j'ai personnellement décelé la deuxième qualité de la série. Surpris par des retournements de situation finement amenés, le développement du récit m'a conduit avec beaucoup d'intérêt jusqu'au mot fin. Même si certains passages sont plus facultatifs et lents, l'histoire demeure fluide et fichtrement bien foutue!
L'aspect graphique réaliste évolue au fil des tomes et le trait s'affine, se précise. La colorisation est bonne et sert l'ambiance générale du récit.
Bref, cette série en cinq tomes mérite indéniablement que l'on s'y attarde. Je pense que je vais prolonger mon plaisir avec les "spin-offs" déjà parus.
N.B: c'est moi ou le centre de Jessica est franchement inspiré du bouquin de Neill "Libres enfants de Summerhill"?
Gé-nial ! :)
Je me suis littéralement fendu la poire !
Les gags sont très drôles et le sentiment de vécu est très bien transposé.
J'ai, dès les premières pages, éprouvé beaucoup de sympathie pour notre héros, qui n'est autre que l'auteur lui-même. En effet, je partage quelques points communs avec lui, comme le fait de ne pas écouter ce qu'on me dit (parfois même les réponses aux questions que je pose moi-même ! :8 ), et, auparavant, je manquais aussi de confiance en moi...
Lisez les avis ci-dessous, on peut presque tous se retrouver un tant soit peu en lui!
Bref, notre personnage principal est attachant, car il est authentique. Il nous raconte des épisodes de sa vie au cours desquels sa timidité excessive et son introversion l'ont tourné en ridicule ou copieusement désservi. Il prend suffisamment de recul par rapport à ces situations pour les rendre très drôles.
Certaines cases m'ont vraiment fait m'esclaffer, et j'ai même failli me faire remarquer à la bibliothèque.
Fabcaro a un talent particulier pour mettre très facilement en image certains traits de caractère. Je pense notamment à la série de cases où il explique qu'il s'adapte à son interlocuteur en s'identifiant à lui, en reprenant son champ lexical. Dans ces cases, Fabcaro apparait en effet transfiguré, déguisé en son interlocuteur. J'ai trouvé ça excellent! :)
Graphiquement, je suis friand de ce type de noir et blanc clair, net, précis et efficace. C'est jeune, c'est frais, c'est parfaitement lisible et très agréable à lire.
J'incite les autres membres à découvrir ce petit ouvrage sans prétention, franchement, il mérite plus que 5 avis.
(150)
Très bonne entrée en la matière pour cette série qui ne comptera que deux opus !
Aouamri, dont le talent est resté longtemps sous-exploité, a enfin un scénario digne de son pinceau (après un passage remarqué dans "Avant la quête"). Côté originalité, il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent. Qu’à cela ne tienne, la force du récit tient dans l’histoire bien ficelée concoctée par Jean Dufaux. Le récit, riche en péripéties et bien rythmé, est très prenant.
J’attends avec impatience la fin du récit, en espérant qu’elle soit du même tonneau !
Nicolas Dumontheuil j’adore et je ne m’en lasse pas, ses scénarios barrés juste à point sans jamais dépasser la limite de l’excentricité acceptable ; son humour subtil et coquin sans jamais tomber dans le gras ou le lourdingue ; son dessin qui semble être passé entre les vagues pour en ressortir rond et gondolé ; ses couleurs… ses couleurs directes splendides dont j‘aurais aimé qu‘il gratifie toutes ses séries, mais c‘est peut-être beaucoup trop de travail, surtout pour un auteur qui offre des B.D. avec un nombre de planches jouissif pour un prix plus que modéré au regard d'autres séries ; et puis peu importe que ses couleurs soient informatisées car elles sont bien choisies et reposantes.
Cette intro pourrait s’appliquer à toutes ses séries et résume bien le plaisir de lecture que procure son travail. « Big Foot » est tout pareil aux autres, amusant et captivant, posant son intrigue dont on ne sait pas où elle nous mènera et présentant ses personnages avec un bon travail psychologique, d’ailleurs je les ai tous apprécié, même les plus cons d‘entre eux. Les termes racistes perdent toute connotation péjorative, j’ai adoré la relique de l’indien qui parlant de Zeb, dit : « Le blanc qu’est noir », évidemment sorti du contexte ça paraît moins drôle. Dumontheuil a un sacré sens de la répartie.
L’histoire est captivante et m’a surprise car elle n’a pas pris la tournure que j’attendais, ce qui a rendu ma lecture encore plus divertissante. J‘ai aussi beaucoup aimé l‘épilogue qui met un terme au récit et qui raconte ce que deviennent les personnages par la suite, ça ôte toute frustration et clôt le récit de façon complète et non frustrante.
De plus l’auteur en profite pour jeter, mine de rien, un petit message écologique qui normalement est le genre de propos qui me gonfle passablement, mais c’est fait avec doigté et humour, et surtout sans lourdeur aucune.
Je n’ai trouvé qu’un seul petit défaut, le premier tome met un peu de temps à tout mettre en place et j’en ai ressenti quelques longueurs, mais je peux aussi dire que c’est un mal pour un bien, car à présent que je connais tout de ce petit monde ma relecture ne souffrira pas de ce petit désagrément, car passer du temps avec Zeb et Ned est purement jouissif.
Furioso est un bon album, divertissant et bien construit. Le récit s’articule autour de deux destinées, opposées dans les croisades.
J’ai trouvé dans l’histoire du jeune chasseur de rats un peu de « La vie de Brian » des Monty Python. De l’autre côté, j’ai senti plus de gravité dans le récit du musulman. Quoiqu’il en soit, c’est dans la critique de la religion, parfois moqueuse mais pertinente, que cet album m’a marqué. Mis en parallèle, les deux destins s’entremêlent tour à tour et permettent au récit de jouir d’une bonne dynamique. Seul bémol d’après moi, un petit sentiment de trop peu en fin de lecture, comme une envie d’en découvrir plus et de ne pas terminer si vite l’album. L’aspect graphique de l’album est des plus réussis. Le trait est certes simple mais remplit au final son rôle.
C’est donc un bel album, qui n’est pas indispensable mais je pense que je le relirai. Je conseille l’achat car ce one-shot vaut le détour à bien des égards. 3/5 donc mais un coup de cœur !
Une excellente trilogie, fondée sur le procédé désormais classique des regards croisés. Trois personnages différents vivent la même séquence d'événements, dans chacun des trois albums. Et on découvre, par le regard des autres, ce que chacun peut avoir à cacher, y compris à soi-même.
Le premier tome nous emmène à la suite de Telenko, chauffeur de taxi devenu cardiaque à force de subir la haine de son épouse paraplégique. Pourquoi cette haine ? Et pourquoi Telenko s'obstine-t-il à rester avec elle, alors qu'il la trompée assidûment ? On ne le découvrira pas dans ce premier tome. Mais une série d'événements, en faisant déborder le vase de sa rancœur et de sa frustration, vont briser la routine mortifère de Telenko...
Les personnages, tendus et musculeux, évoluent dans un décor aux teintes délavées, dans une ville à la misère poisseuse qui fait songer à Gotham City.
Peu d'espoir et d'optimisme pendant l'essentiel de cette série, mais pas de temps morts non plus. Le suspense est très habilement construit et on parvient à s'attacher à ces personnages abîmés par la vie, malgré leurs mensonges et leur acharnement à faire les mauvais choix.
Un léger bémol sur Martha, l'épouse de Telenko, que j'ai trouvé peut être un peu trop univoque. Idem pour le personnage de Dillon.
Mais l'impression générale est très bonne. Une série à lire et à recommander. Un des meilleurs polars BD que j'ai pu lire.
Et un coup de cœur! J'étais pourtant relativement méfiant quand on essaie de me vendre une histoire policière au plus proche du réel. Et après lecture, je dois dire que j'ai été scotché aux deux récits.
Les deux enquêtes judiciaires - l'une dans le domaine de la contrefaçon et l'autre dans la traite des êtres humains - sont vraiment bien rythmées et l'auteur, lui-même dans le métier, n'en fait pas de trop, ou presque. Les démarches vis-à-vis de l'ambassade des States me laissent particulièrement perplexe, quoique je ne sais pas comment font les RG français mais cela m'a semblé (très) gros... Soit, passons ce détail, le reste est vraiment agréable à suivre, avec de bons textes, un bon graphisme et un bon dynamisme fait de recherche et de rebondissements.
Je conseille donc vivement ces albums et espère vraiment pouvoir encore lire des histoires de ce flic et de ses enquêtes qui ne me sont pas tout à fait étrangères...
Oh yeah, baby!
Quelle petite perle cet album! Sur fond d'enquête, le lecteur accompagne avec beaucoup de plaisir et de curiosité un journaliste qui essaie de déterminer si le mec qu'il interviewe à Las Vegas est le King ou un imposteur. Les dialogues relèvent tout simplement du génie; ils sont savoureux, décalés mais pertinents. J'ai été happé dans le récit car le mystère demeure entier jusqu'en fin d'album.
Le trait simpliste est pourtant très réussi et dynamique. La colorisation, en bichromie, est géniale.
Je vous conseille vivement cet album, c'est une très belle surprise, comme souvent chez Treize Étrange.
«Avant Elvis, il n’y avait rien.» J.Lennon.
Malgré ses nombreuses invraisemblances scénaristiques, « La Peau de l’ours » est une bande dessinée qui m’a beaucoup plu.
Cette satisfaction, je la dois aux dialogues entre les deux principaux personnages (on s’attache à eux facilement), à l’atmosphère « mafiosi » qui règne dans l’album, ainsi qu’aux scènes cocasses dotées d’un humour noir. Mais de quoi parle ce one shot ?
Ça se passe en Italie (ce n’est pas officiellement indiqué dans la bd mais on le devine facilement), « La Peau de l’ours » met en scène une conversation tranquille entre un jeune homme prénommé Amadeo et une personne âgée qui lui raconte comment elle a vécu jusqu’à maintenant. Ce dialogue peut paraître sans intérêt pour nous lecteurs, sauf qu’on ne s’attend pas du tout à découvrir le passé insolite de ce vieillard !
Certes, il n’y a rien de révolutionnaire dans le scénario de Zidrou car son récit est linéaire et reprend les grands classiques du polar mais il le raconte d’une telle façon que je n’ai pas décrochée de ma lecture avant son dénouement ! J’ai noté beaucoup d ‘invraisemblances dans cet album mais bon, étant donné que le tout s’est avéré très agréable à lire, je ferme les yeux sur ces incohérences.
Quant au graphisme d’Oriol, je le trouve personnel, vivant (le coup de patte de l’auteur privilégie le trait anguleux) et assez plaisant à contempler surtout grâce à la mise en couleurs de toute beauté. Pour le reste, la mise en page est –à mon avis- sans reproche car je n’ai eu aucune incompréhension dans l’enchaînement des séquences. Les personnages sont facilement identifiables.
Le scénario de « La Peau de l’ours » est loin d’être original et comporte des scènes farfelues mais le tout se lit vraiment avec intérêt et le dessin d’Oriol m’est apparu très plaisant à contempler. Alors, comment vais-je noter cette bande dessinée ? 3 ou 4 ? Allez, hop, 3/5 avec un bon coup de cœur parce que j’y ai pris beaucoup de plaisir à la feuilleter.
Note finale : 3,5/5
Pour moi, « L’Invention du vide » est la meilleure bande dessinée ayant pour cadre la montagne que j’ai pu lire jusqu’à maintenant.
Il suffit de contempler la page 52 du livre pour être convaincu de la beauté des planches réalisées par Nicolas Debon et surtout être saisi artificiellement et malgré tout par le vertige ! Et ça, c’est très fort de la part de l’auteur d’avoir réussi à me faire ressenti cette sensation du vide comme si j’étais en train de regarder un paysage montagneux au bord d’un immense ravin ! Chapeau l’artiste !
Bon, bien entendu, cet album nous présente de magnifiques dessins sur la montagne mais surtout il nous propose de partager la vie de trois alpinistes étrangers issus du club alpin britannique en quête d’exploits dans le massif de Chamonix au début des années 1880.
Et c’est ainsi que le lecteur suivra les péripéties rocambolesques et à la limite de la folie de ces trois hommes. Ces alpinistes ? Ce sont Albert Frederick Mummery, Alexander Burgener et Benedikt Venetz qui vont entreprendre l’ascension de la célèbre et infernale « Aiguille du Grépon », une paroi de granite jusqu’ici réputée infranchissable.
Et c’est ainsi que le bédéphile découvrira les nombreuses techniques d’escalade, il y verra aussi comment la vie quotidienne s’articulait dans Chamonix à cette époque où énormément de touristes anglo-saxons y venaient en masse contempler avec gourmandise la magnifique mer de glaces ou encore emprunter le train pour rejoindre cette vallée. Indéniablement, les fans d’histoire seront comblés en suivant les aventures de ces trois déjantés de l’alpinisme !
Et c’est ainsi que lecteur sera convaincu de la nécessité d’une bonne amitié et solidarité entre les membres d’une équipe pour affronter les pires difficultés. Dans « L’Invention du vide », nous assisterons à la préparation de cette expédition mais aussi, nous découvrirons les habitudes et autres maniaqueries de ces hommes ; le tout dans la bonne humeur puisque l’album comporte des séquences assez marrantes qui s’intègrent très bien au milieu des scènes de haute tension.
Et que dire de la narration de cette bd ? En un mot : parfaite ! Je n’ai pas pu me décrocher de cette lecture avant la fin de la fin ! D’ailleurs, je n’ai eu aucun problème de compréhension dans l’enchaînement des séquences. Et puis, vraiment, je le répète : le coup de patte et la mise en couleurs sont particulièrement bien appropriés à ce scénario.
Et en bonus : nous avons droit en fin d’album à un mini dossier sur ces trois alpinistes.
Un gros coup de cœur !
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Le Pouvoir des innocents
Voilà que je termine Le pouvoir des innocents et ce fût une excellente surprise. Premier atout et non des moindres : la noirceur pesante de certains passages. Bien dosée et bien exploitée au profit de la trame principale, elle vous laisse tout simplement pantois. C'est dans la trame principale justement que j'ai personnellement décelé la deuxième qualité de la série. Surpris par des retournements de situation finement amenés, le développement du récit m'a conduit avec beaucoup d'intérêt jusqu'au mot fin. Même si certains passages sont plus facultatifs et lents, l'histoire demeure fluide et fichtrement bien foutue! L'aspect graphique réaliste évolue au fil des tomes et le trait s'affine, se précise. La colorisation est bonne et sert l'ambiance générale du récit. Bref, cette série en cinq tomes mérite indéniablement que l'on s'y attarde. Je pense que je vais prolonger mon plaisir avec les "spin-offs" déjà parus. N.B: c'est moi ou le centre de Jessica est franchement inspiré du bouquin de Neill "Libres enfants de Summerhill"?
Le Steak Haché de Damoclès (Steak it easy)
Gé-nial ! :) Je me suis littéralement fendu la poire ! Les gags sont très drôles et le sentiment de vécu est très bien transposé. J'ai, dès les premières pages, éprouvé beaucoup de sympathie pour notre héros, qui n'est autre que l'auteur lui-même. En effet, je partage quelques points communs avec lui, comme le fait de ne pas écouter ce qu'on me dit (parfois même les réponses aux questions que je pose moi-même ! :8 ), et, auparavant, je manquais aussi de confiance en moi... Lisez les avis ci-dessous, on peut presque tous se retrouver un tant soit peu en lui! Bref, notre personnage principal est attachant, car il est authentique. Il nous raconte des épisodes de sa vie au cours desquels sa timidité excessive et son introversion l'ont tourné en ridicule ou copieusement désservi. Il prend suffisamment de recul par rapport à ces situations pour les rendre très drôles. Certaines cases m'ont vraiment fait m'esclaffer, et j'ai même failli me faire remarquer à la bibliothèque. Fabcaro a un talent particulier pour mettre très facilement en image certains traits de caractère. Je pense notamment à la série de cases où il explique qu'il s'adapte à son interlocuteur en s'identifiant à lui, en reprenant son champ lexical. Dans ces cases, Fabcaro apparait en effet transfiguré, déguisé en son interlocuteur. J'ai trouvé ça excellent! :) Graphiquement, je suis friand de ce type de noir et blanc clair, net, précis et efficace. C'est jeune, c'est frais, c'est parfaitement lisible et très agréable à lire. J'incite les autres membres à découvrir ce petit ouvrage sans prétention, franchement, il mérite plus que 5 avis. (150)
Saga Valta
Très bonne entrée en la matière pour cette série qui ne comptera que deux opus ! Aouamri, dont le talent est resté longtemps sous-exploité, a enfin un scénario digne de son pinceau (après un passage remarqué dans "Avant la quête"). Côté originalité, il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent. Qu’à cela ne tienne, la force du récit tient dans l’histoire bien ficelée concoctée par Jean Dufaux. Le récit, riche en péripéties et bien rythmé, est très prenant. J’attends avec impatience la fin du récit, en espérant qu’elle soit du même tonneau !
Big Foot
Nicolas Dumontheuil j’adore et je ne m’en lasse pas, ses scénarios barrés juste à point sans jamais dépasser la limite de l’excentricité acceptable ; son humour subtil et coquin sans jamais tomber dans le gras ou le lourdingue ; son dessin qui semble être passé entre les vagues pour en ressortir rond et gondolé ; ses couleurs… ses couleurs directes splendides dont j‘aurais aimé qu‘il gratifie toutes ses séries, mais c‘est peut-être beaucoup trop de travail, surtout pour un auteur qui offre des B.D. avec un nombre de planches jouissif pour un prix plus que modéré au regard d'autres séries ; et puis peu importe que ses couleurs soient informatisées car elles sont bien choisies et reposantes. Cette intro pourrait s’appliquer à toutes ses séries et résume bien le plaisir de lecture que procure son travail. « Big Foot » est tout pareil aux autres, amusant et captivant, posant son intrigue dont on ne sait pas où elle nous mènera et présentant ses personnages avec un bon travail psychologique, d’ailleurs je les ai tous apprécié, même les plus cons d‘entre eux. Les termes racistes perdent toute connotation péjorative, j’ai adoré la relique de l’indien qui parlant de Zeb, dit : « Le blanc qu’est noir », évidemment sorti du contexte ça paraît moins drôle. Dumontheuil a un sacré sens de la répartie. L’histoire est captivante et m’a surprise car elle n’a pas pris la tournure que j’attendais, ce qui a rendu ma lecture encore plus divertissante. J‘ai aussi beaucoup aimé l‘épilogue qui met un terme au récit et qui raconte ce que deviennent les personnages par la suite, ça ôte toute frustration et clôt le récit de façon complète et non frustrante. De plus l’auteur en profite pour jeter, mine de rien, un petit message écologique qui normalement est le genre de propos qui me gonfle passablement, mais c’est fait avec doigté et humour, et surtout sans lourdeur aucune. Je n’ai trouvé qu’un seul petit défaut, le premier tome met un peu de temps à tout mettre en place et j’en ai ressenti quelques longueurs, mais je peux aussi dire que c’est un mal pour un bien, car à présent que je connais tout de ce petit monde ma relecture ne souffrira pas de ce petit désagrément, car passer du temps avec Zeb et Ned est purement jouissif.
Furioso
Furioso est un bon album, divertissant et bien construit. Le récit s’articule autour de deux destinées, opposées dans les croisades. J’ai trouvé dans l’histoire du jeune chasseur de rats un peu de « La vie de Brian » des Monty Python. De l’autre côté, j’ai senti plus de gravité dans le récit du musulman. Quoiqu’il en soit, c’est dans la critique de la religion, parfois moqueuse mais pertinente, que cet album m’a marqué. Mis en parallèle, les deux destins s’entremêlent tour à tour et permettent au récit de jouir d’une bonne dynamique. Seul bémol d’après moi, un petit sentiment de trop peu en fin de lecture, comme une envie d’en découvrir plus et de ne pas terminer si vite l’album. L’aspect graphique de l’album est des plus réussis. Le trait est certes simple mais remplit au final son rôle. C’est donc un bel album, qui n’est pas indispensable mais je pense que je le relirai. Je conseille l’achat car ce one-shot vaut le détour à bien des égards. 3/5 donc mais un coup de cœur !
Berceuse assassine
Une excellente trilogie, fondée sur le procédé désormais classique des regards croisés. Trois personnages différents vivent la même séquence d'événements, dans chacun des trois albums. Et on découvre, par le regard des autres, ce que chacun peut avoir à cacher, y compris à soi-même. Le premier tome nous emmène à la suite de Telenko, chauffeur de taxi devenu cardiaque à force de subir la haine de son épouse paraplégique. Pourquoi cette haine ? Et pourquoi Telenko s'obstine-t-il à rester avec elle, alors qu'il la trompée assidûment ? On ne le découvrira pas dans ce premier tome. Mais une série d'événements, en faisant déborder le vase de sa rancœur et de sa frustration, vont briser la routine mortifère de Telenko... Les personnages, tendus et musculeux, évoluent dans un décor aux teintes délavées, dans une ville à la misère poisseuse qui fait songer à Gotham City. Peu d'espoir et d'optimisme pendant l'essentiel de cette série, mais pas de temps morts non plus. Le suspense est très habilement construit et on parvient à s'attacher à ces personnages abîmés par la vie, malgré leurs mensonges et leur acharnement à faire les mauvais choix. Un léger bémol sur Martha, l'épouse de Telenko, que j'ai trouvé peut être un peu trop univoque. Idem pour le personnage de Dillon. Mais l'impression générale est très bonne. Une série à lire et à recommander. Un des meilleurs polars BD que j'ai pu lire.
RG
Et un coup de cœur! J'étais pourtant relativement méfiant quand on essaie de me vendre une histoire policière au plus proche du réel. Et après lecture, je dois dire que j'ai été scotché aux deux récits. Les deux enquêtes judiciaires - l'une dans le domaine de la contrefaçon et l'autre dans la traite des êtres humains - sont vraiment bien rythmées et l'auteur, lui-même dans le métier, n'en fait pas de trop, ou presque. Les démarches vis-à-vis de l'ambassade des States me laissent particulièrement perplexe, quoique je ne sais pas comment font les RG français mais cela m'a semblé (très) gros... Soit, passons ce détail, le reste est vraiment agréable à suivre, avec de bons textes, un bon graphisme et un bon dynamisme fait de recherche et de rebondissements. Je conseille donc vivement ces albums et espère vraiment pouvoir encore lire des histoires de ce flic et de ses enquêtes qui ne me sont pas tout à fait étrangères...
Le King
Oh yeah, baby! Quelle petite perle cet album! Sur fond d'enquête, le lecteur accompagne avec beaucoup de plaisir et de curiosité un journaliste qui essaie de déterminer si le mec qu'il interviewe à Las Vegas est le King ou un imposteur. Les dialogues relèvent tout simplement du génie; ils sont savoureux, décalés mais pertinents. J'ai été happé dans le récit car le mystère demeure entier jusqu'en fin d'album. Le trait simpliste est pourtant très réussi et dynamique. La colorisation, en bichromie, est géniale. Je vous conseille vivement cet album, c'est une très belle surprise, comme souvent chez Treize Étrange. «Avant Elvis, il n’y avait rien.» J.Lennon.
La Peau de l'ours
Malgré ses nombreuses invraisemblances scénaristiques, « La Peau de l’ours » est une bande dessinée qui m’a beaucoup plu. Cette satisfaction, je la dois aux dialogues entre les deux principaux personnages (on s’attache à eux facilement), à l’atmosphère « mafiosi » qui règne dans l’album, ainsi qu’aux scènes cocasses dotées d’un humour noir. Mais de quoi parle ce one shot ? Ça se passe en Italie (ce n’est pas officiellement indiqué dans la bd mais on le devine facilement), « La Peau de l’ours » met en scène une conversation tranquille entre un jeune homme prénommé Amadeo et une personne âgée qui lui raconte comment elle a vécu jusqu’à maintenant. Ce dialogue peut paraître sans intérêt pour nous lecteurs, sauf qu’on ne s’attend pas du tout à découvrir le passé insolite de ce vieillard ! Certes, il n’y a rien de révolutionnaire dans le scénario de Zidrou car son récit est linéaire et reprend les grands classiques du polar mais il le raconte d’une telle façon que je n’ai pas décrochée de ma lecture avant son dénouement ! J’ai noté beaucoup d ‘invraisemblances dans cet album mais bon, étant donné que le tout s’est avéré très agréable à lire, je ferme les yeux sur ces incohérences. Quant au graphisme d’Oriol, je le trouve personnel, vivant (le coup de patte de l’auteur privilégie le trait anguleux) et assez plaisant à contempler surtout grâce à la mise en couleurs de toute beauté. Pour le reste, la mise en page est –à mon avis- sans reproche car je n’ai eu aucune incompréhension dans l’enchaînement des séquences. Les personnages sont facilement identifiables. Le scénario de « La Peau de l’ours » est loin d’être original et comporte des scènes farfelues mais le tout se lit vraiment avec intérêt et le dessin d’Oriol m’est apparu très plaisant à contempler. Alors, comment vais-je noter cette bande dessinée ? 3 ou 4 ? Allez, hop, 3/5 avec un bon coup de cœur parce que j’y ai pris beaucoup de plaisir à la feuilleter. Note finale : 3,5/5
L'Invention du Vide
Pour moi, « L’Invention du vide » est la meilleure bande dessinée ayant pour cadre la montagne que j’ai pu lire jusqu’à maintenant. Il suffit de contempler la page 52 du livre pour être convaincu de la beauté des planches réalisées par Nicolas Debon et surtout être saisi artificiellement et malgré tout par le vertige ! Et ça, c’est très fort de la part de l’auteur d’avoir réussi à me faire ressenti cette sensation du vide comme si j’étais en train de regarder un paysage montagneux au bord d’un immense ravin ! Chapeau l’artiste ! Bon, bien entendu, cet album nous présente de magnifiques dessins sur la montagne mais surtout il nous propose de partager la vie de trois alpinistes étrangers issus du club alpin britannique en quête d’exploits dans le massif de Chamonix au début des années 1880. Et c’est ainsi que le lecteur suivra les péripéties rocambolesques et à la limite de la folie de ces trois hommes. Ces alpinistes ? Ce sont Albert Frederick Mummery, Alexander Burgener et Benedikt Venetz qui vont entreprendre l’ascension de la célèbre et infernale « Aiguille du Grépon », une paroi de granite jusqu’ici réputée infranchissable. Et c’est ainsi que le bédéphile découvrira les nombreuses techniques d’escalade, il y verra aussi comment la vie quotidienne s’articulait dans Chamonix à cette époque où énormément de touristes anglo-saxons y venaient en masse contempler avec gourmandise la magnifique mer de glaces ou encore emprunter le train pour rejoindre cette vallée. Indéniablement, les fans d’histoire seront comblés en suivant les aventures de ces trois déjantés de l’alpinisme ! Et c’est ainsi que lecteur sera convaincu de la nécessité d’une bonne amitié et solidarité entre les membres d’une équipe pour affronter les pires difficultés. Dans « L’Invention du vide », nous assisterons à la préparation de cette expédition mais aussi, nous découvrirons les habitudes et autres maniaqueries de ces hommes ; le tout dans la bonne humeur puisque l’album comporte des séquences assez marrantes qui s’intègrent très bien au milieu des scènes de haute tension. Et que dire de la narration de cette bd ? En un mot : parfaite ! Je n’ai pas pu me décrocher de cette lecture avant la fin de la fin ! D’ailleurs, je n’ai eu aucun problème de compréhension dans l’enchaînement des séquences. Et puis, vraiment, je le répète : le coup de patte et la mise en couleurs sont particulièrement bien appropriés à ce scénario. Et en bonus : nous avons droit en fin d’album à un mini dossier sur ces trois alpinistes. Un gros coup de cœur !