Avec « Les mauvaises gens », Etienne Davodeau nous refait le coup du reportage en BD, qui lui avait si bien réussi dans Rural !. Le sujet traite cette fois de l’histoire du syndicalisme social-chrétien et du socialisme dans les Mauges. De plus, loin de s’intéresser à des gens qu’il ne connaissait pas au départ (comme dans Rural !), Davodeau se penche ici sur l’histoire de ses propres parents, et donc en partie sur sa propre enfance. L’album se retrouve donc entre deux genres, le reportage (un genre dans lequel l’auteur est un pionnier et auquel il est en train de donner ses lettres de noblesses) et l’autobiographie. Mais l’autobiographie étant ici mise au service d’un sujet historique, Davodeau évite facilement plusieurs écueils du genre. De plus, en étant centré sur la famille, l’album prend une dimension supplémentaire et devient presque un hommage critique mais plein de tendresse de l’auteur à ses parents. On est habitué à ce genre de thème au cinéma, mais il reste relativement inédit en BD. Une fois de plus, Davodeau défriche des terrains inexplorés, et le fait d’une manière très convaincante et très intéressante. Cerise sur le gâteau, Davodeau reste un auteur engagé, qui a des convictions politiques et qui ne peut rester muet face à l'injustice sociale. On est donc très loin des BD dont le but n'est que de divertir son audience, en passant sous silence les problèmes de la société. Bref, il faut absolument lire « les mauvaises gens », pas seulement pour en savoir plus sur le syndicalisme en milieu rural et catholique, mais aussi pour découvrir un nouveau ton et de nouveaux sujets en bande dessinée, un média qu’Etienne Davodeau contribue à faire grandir et à rapprocher de sa maturité. Un livre indispensable dans la bibliothèque de tout bédéphile !
Lire un livre de Marjane Satrapi est toujours un plaisir. Mais « Broderies » est spécial à plus d’un titre. D’abord, il ne s’agit pas d’une histoire classique avec une intrigue, un début et une fin, mais plutôt de différentes conversations à bâtons rompus de femmes Iraniennes. Ensuite, il y a le sujet. De quoi les femmes Iraniennes parlent-elles quand elles sont entre elles ? De leur vie, des hommes, d’amour, de sexe, de la beauté de leur nez, seins ou fesses, de relations de pouvoir avec leur époux, leur amant, leurs parents, etc. En soi, ce sujet est déjà rare en BD (même s’il est en train de se développer rapidement). Mais dans un contexte Iranien, c’est encore plus intéressant, car ça ouvre une fenêtre sur un monde que l’on connaît peu, et sur lequel on a beaucoup trop de préjugés. Et il est certain qu’en refermant le livre, le lecteur aura une toute autre vision de ce que veut dire être femme en Iran – loin des clichés de la femme impuissante, cloîtrée, humiliée, exploitée. Les femmes dessinées par Satrapi représentent différentes histoires, différentes personnalités, et brossent le tableau d’une certaine diversité de situations. Le titre, « Broderies », est parfaitement choisi et peut se comprendre à plusieurs niveaux, faisant à la fois référence à ce qu’on pourrait décrire comme une mutilation génitale féminine, et au fait que le livre brode sur les relations hommes-femmes, avec un fil conducteur bien solide et très efficace (la transition entre les différents épisodes du livre est impeccable). Enfin, broderies n’est pas une BD classique, avec des cases bien formatées. Ici, chaque page est en quelque sorte une case gigantesque, dans laquelle les protagonistes interagissent et discutent. Il y a une recherche graphique très intéressante afin d’animer et de donner vie à d’immobiles conversations de salon – ce qui marche très bien. Bref, un livre intelligent, drôle, intéressant, qui divertit autant qu’il fait réfléchir. A ne pas manquer !
Anita Bomba est un OVNI de la bande dessinée. On connaissait les anti-héros depuis longtemps, mais les anti-héroïnes se faisaient attendre. Anita Bomba en est une, et une authentique ! Adèle Blanc-Sec fait vraiment pâle figure et peut retourner aux vestiaires, face à Anita qui a la rage au coeur et qui fait tout sauter sur son passage - avec le cynisme et le panache qui lui sied si bien. Et malgré tout, on sent quand même que cette révolte destructrice cache mal un manque d'amour et de tendresse criant. Tous les personnages de l'album sont du même cru, que ce soit le mentor, le policier ou même le robot. Tous sont empreints de douce folie et de violence désespérée, utilisées comme un moyen de trouver un semblant d'équilibre psychologique et émotionnel. C'est très fort. Vraiment une excellente série. Avec tout ca, je n'ai pas encore parlé des dessins. Cromwell a une griffe bien à lui, un style très personnel mais qui reste très lisible. A découvrir de toute urgence!
« Je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître », celui du service militaire (ou national). Si on veut comprendre quelque chose au tempérament de Manu Larcenet, il faut lire ce livre, témoignage poignant et horrible d’une période vécue comme un cauchemar (ce fût d’ailleurs le cas de beaucoup).
L’encrage choisi, vient renforcer cet aspect glauque et sordide du service militaire, vu par Larcenet.
Mais l’humour (noir) n’est pas en reste car en se caricaturant (lui et sa mère), Larcenet met en relief le fossé qui le sépare de sa mère, sur les fameuses « classes ».
" Presque" c’est une histoire autobiographique, c’est une histoire qui m’a remué les tripes et qui ne peut pas laisser indifférent.
C’est une bd indispensable ou presque…
Il n'y a pas grand chose à dire sur cette bd, c'est à lire, c'est du vécu, tout simplement. Les points forts, ce sont la sensibilité de la retranscription, l'authenticité de l'oeuvre, la poésie par moment, l'émotion suscitée par l'âme de l'auteur mise à nue, la finesse pour aborder un sujet si grave. Le dessin noir et blanc dessert parfaitement l'ensemble.
Pour moi, un monument de la bd. Bravo Peeters pour ce que vous êtes et pour ce que vous faites.
J'ai adoré ce bouquin. C'est tout simplement hilarant, ça fait longtemps que je n'avais pas ri comme ça à la lecture d'un album.
Je n'ai pas lu les 2 précédents opus de la collection Eprouvette, et à vrai dire ils ne m'attirent pas plus que ça. Si je ne m'abuse, la collection est sujette à regrouper des albums-réflexions sur la bande dessinée. Mahler le fait ici en une douzaine de chapitres alternant anecdotes autobiographiques - ses débuts dans une vidéothèque sont très drôles - et questionnements sur l'art. La bande dessinée est-elle un art ? Pas d'après madame Goldgruber le contrôleur fiscal de Mahler.
Je n'avais pas spécialement accroché à Lone Racer une précédente lecture de Mahler, mais ici il a su me faire rire même si ses jugements sont parfois blasés sur la considération du commun des mortels envers la bande dessinée ou encore son regard sur la publicité l'associant à une vraie merde. Cet album a dû lui servir de défouloir d'une certaine manière, et bien tant mieux.
C’est par hasard que j’ai lu Gil St André. C’est grâce à mon fils (8 ans), fou de BD. Un jour il me ramena de la bibliothèque les deux premiers volumes. Du moment de l’ouverture de la BD je n’ai pas pu la refermer jusqu’à la fin et je n’ai jamais ramené aussi rapidement des livres pour échange à la bibliothèque. Les dessins sont vraiment bien faits et le polar bien ficelé, digne de XIII, et en plus une partie de l’histoire se passe dans Lyon, désolé je suis Lyonnais. Donc étant passionné de polar et de ma ville je ne peux qu’encourager de si belle BD.
"M'enfin..."
La réplique à jamais associée à ce personnage, véritable patrimoine de l'humour. Que dire qui n'ait pas déjà été dit? Que Gaston est un savant poète incompris? L'innocence désarmante de cette catastrophe ambulante est culte, car à chaque relecture, je ris sans m'en lasser. Une ambiance de bonne humeur permanente, une explosion de créativité (pauvre Prunelle, souffre-douleur involontaire!) et un dessin incroyablement dynamique. Merci à Franquin pour ce cadeau!
Bon là, je ne vais pas du tout être objectif !
J'avais couru après les premières éditions incomplètes (comix USA, je crois) des tribulations de Hopey et Maggie ! Enfin tout est édité ! Ca permet de mieux comprendre certains point obscurs des éditions précédentes.
Certes, tout n'est pas de qualité égale mais il y a une telle densité dans le récit, ça n'est pas la BD que vous lisez en 10 minutes et que vous reposez à jamais dans votre bibliothèque.
Les relations entre les protagonistes ! Le dessin clair qui fait penser à Aggie ou Lili mais en bien déjanté ! Jaime Hernandez a fait du très bon boulot.
Sans conteste LA série d'Hermann où son talent s'exprime le mieux.
Les scénarios sont tour à tour âpres, fantastiques, héroïques, sombres et réalistes.
C'est un quasi documentaire sur le moyen-âge auquel on a droit.
Les personnages variés qui jalonnent le récit donne à chaque fois une autre tonalité, et qui plus est,d e par leurs apparitions "alternées", rajoutent à la vie de la série.
Le chevalier Aymar étant là pour structurer le recit, mais sa motivation de revoir ses fameuses tours hantent jusqu'à la fin l'esprit. De plus, ce chevalier sans terre n'est ni trop bon ni vraiment malfaisant. Les défauts de l'homme sont apparent, mais Hermann n'y va pas au pas de charge comme dans d'autres séries plus manichéennes.
C'est sans doute parce que ce moyen-âge est propre aux situations rudes, aux rêves d'absolus et de terre à reconquérir que "Les Tours" sont devenues au fil du temps et à mes yeux une référence du genre.
N.B : les deux albums en couleurs directes sont eux aussi à recommander, même si Hermann repart sur des bases différentes (One-shot avec à chaque fois des descendants d'Aymar).
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Les Mauvaises Gens
Avec « Les mauvaises gens », Etienne Davodeau nous refait le coup du reportage en BD, qui lui avait si bien réussi dans Rural !. Le sujet traite cette fois de l’histoire du syndicalisme social-chrétien et du socialisme dans les Mauges. De plus, loin de s’intéresser à des gens qu’il ne connaissait pas au départ (comme dans Rural !), Davodeau se penche ici sur l’histoire de ses propres parents, et donc en partie sur sa propre enfance. L’album se retrouve donc entre deux genres, le reportage (un genre dans lequel l’auteur est un pionnier et auquel il est en train de donner ses lettres de noblesses) et l’autobiographie. Mais l’autobiographie étant ici mise au service d’un sujet historique, Davodeau évite facilement plusieurs écueils du genre. De plus, en étant centré sur la famille, l’album prend une dimension supplémentaire et devient presque un hommage critique mais plein de tendresse de l’auteur à ses parents. On est habitué à ce genre de thème au cinéma, mais il reste relativement inédit en BD. Une fois de plus, Davodeau défriche des terrains inexplorés, et le fait d’une manière très convaincante et très intéressante. Cerise sur le gâteau, Davodeau reste un auteur engagé, qui a des convictions politiques et qui ne peut rester muet face à l'injustice sociale. On est donc très loin des BD dont le but n'est que de divertir son audience, en passant sous silence les problèmes de la société. Bref, il faut absolument lire « les mauvaises gens », pas seulement pour en savoir plus sur le syndicalisme en milieu rural et catholique, mais aussi pour découvrir un nouveau ton et de nouveaux sujets en bande dessinée, un média qu’Etienne Davodeau contribue à faire grandir et à rapprocher de sa maturité. Un livre indispensable dans la bibliothèque de tout bédéphile !
Broderies
Lire un livre de Marjane Satrapi est toujours un plaisir. Mais « Broderies » est spécial à plus d’un titre. D’abord, il ne s’agit pas d’une histoire classique avec une intrigue, un début et une fin, mais plutôt de différentes conversations à bâtons rompus de femmes Iraniennes. Ensuite, il y a le sujet. De quoi les femmes Iraniennes parlent-elles quand elles sont entre elles ? De leur vie, des hommes, d’amour, de sexe, de la beauté de leur nez, seins ou fesses, de relations de pouvoir avec leur époux, leur amant, leurs parents, etc. En soi, ce sujet est déjà rare en BD (même s’il est en train de se développer rapidement). Mais dans un contexte Iranien, c’est encore plus intéressant, car ça ouvre une fenêtre sur un monde que l’on connaît peu, et sur lequel on a beaucoup trop de préjugés. Et il est certain qu’en refermant le livre, le lecteur aura une toute autre vision de ce que veut dire être femme en Iran – loin des clichés de la femme impuissante, cloîtrée, humiliée, exploitée. Les femmes dessinées par Satrapi représentent différentes histoires, différentes personnalités, et brossent le tableau d’une certaine diversité de situations. Le titre, « Broderies », est parfaitement choisi et peut se comprendre à plusieurs niveaux, faisant à la fois référence à ce qu’on pourrait décrire comme une mutilation génitale féminine, et au fait que le livre brode sur les relations hommes-femmes, avec un fil conducteur bien solide et très efficace (la transition entre les différents épisodes du livre est impeccable). Enfin, broderies n’est pas une BD classique, avec des cases bien formatées. Ici, chaque page est en quelque sorte une case gigantesque, dans laquelle les protagonistes interagissent et discutent. Il y a une recherche graphique très intéressante afin d’animer et de donner vie à d’immobiles conversations de salon – ce qui marche très bien. Bref, un livre intelligent, drôle, intéressant, qui divertit autant qu’il fait réfléchir. A ne pas manquer !
Anita Bomba
Anita Bomba est un OVNI de la bande dessinée. On connaissait les anti-héros depuis longtemps, mais les anti-héroïnes se faisaient attendre. Anita Bomba en est une, et une authentique ! Adèle Blanc-Sec fait vraiment pâle figure et peut retourner aux vestiaires, face à Anita qui a la rage au coeur et qui fait tout sauter sur son passage - avec le cynisme et le panache qui lui sied si bien. Et malgré tout, on sent quand même que cette révolte destructrice cache mal un manque d'amour et de tendresse criant. Tous les personnages de l'album sont du même cru, que ce soit le mentor, le policier ou même le robot. Tous sont empreints de douce folie et de violence désespérée, utilisées comme un moyen de trouver un semblant d'équilibre psychologique et émotionnel. C'est très fort. Vraiment une excellente série. Avec tout ca, je n'ai pas encore parlé des dessins. Cromwell a une griffe bien à lui, un style très personnel mais qui reste très lisible. A découvrir de toute urgence!
Presque
« Je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître », celui du service militaire (ou national). Si on veut comprendre quelque chose au tempérament de Manu Larcenet, il faut lire ce livre, témoignage poignant et horrible d’une période vécue comme un cauchemar (ce fût d’ailleurs le cas de beaucoup). L’encrage choisi, vient renforcer cet aspect glauque et sordide du service militaire, vu par Larcenet. Mais l’humour (noir) n’est pas en reste car en se caricaturant (lui et sa mère), Larcenet met en relief le fossé qui le sépare de sa mère, sur les fameuses « classes ». " Presque" c’est une histoire autobiographique, c’est une histoire qui m’a remué les tripes et qui ne peut pas laisser indifférent. C’est une bd indispensable ou presque…
Pilules bleues
Il n'y a pas grand chose à dire sur cette bd, c'est à lire, c'est du vécu, tout simplement. Les points forts, ce sont la sensibilité de la retranscription, l'authenticité de l'oeuvre, la poésie par moment, l'émotion suscitée par l'âme de l'auteur mise à nue, la finesse pour aborder un sujet si grave. Le dessin noir et blanc dessert parfaitement l'ensemble. Pour moi, un monument de la bd. Bravo Peeters pour ce que vous êtes et pour ce que vous faites.
L'Art selon Madame Goldgruber
J'ai adoré ce bouquin. C'est tout simplement hilarant, ça fait longtemps que je n'avais pas ri comme ça à la lecture d'un album. Je n'ai pas lu les 2 précédents opus de la collection Eprouvette, et à vrai dire ils ne m'attirent pas plus que ça. Si je ne m'abuse, la collection est sujette à regrouper des albums-réflexions sur la bande dessinée. Mahler le fait ici en une douzaine de chapitres alternant anecdotes autobiographiques - ses débuts dans une vidéothèque sont très drôles - et questionnements sur l'art. La bande dessinée est-elle un art ? Pas d'après madame Goldgruber le contrôleur fiscal de Mahler. Je n'avais pas spécialement accroché à Lone Racer une précédente lecture de Mahler, mais ici il a su me faire rire même si ses jugements sont parfois blasés sur la considération du commun des mortels envers la bande dessinée ou encore son regard sur la publicité l'associant à une vraie merde. Cet album a dû lui servir de défouloir d'une certaine manière, et bien tant mieux.
Gil St André
C’est par hasard que j’ai lu Gil St André. C’est grâce à mon fils (8 ans), fou de BD. Un jour il me ramena de la bibliothèque les deux premiers volumes. Du moment de l’ouverture de la BD je n’ai pas pu la refermer jusqu’à la fin et je n’ai jamais ramené aussi rapidement des livres pour échange à la bibliothèque. Les dessins sont vraiment bien faits et le polar bien ficelé, digne de XIII, et en plus une partie de l’histoire se passe dans Lyon, désolé je suis Lyonnais. Donc étant passionné de polar et de ma ville je ne peux qu’encourager de si belle BD.
Gaston Lagaffe
"M'enfin..." La réplique à jamais associée à ce personnage, véritable patrimoine de l'humour. Que dire qui n'ait pas déjà été dit? Que Gaston est un savant poète incompris? L'innocence désarmante de cette catastrophe ambulante est culte, car à chaque relecture, je ris sans m'en lasser. Une ambiance de bonne humeur permanente, une explosion de créativité (pauvre Prunelle, souffre-douleur involontaire!) et un dessin incroyablement dynamique. Merci à Franquin pour ce cadeau!
Locas
Bon là, je ne vais pas du tout être objectif ! J'avais couru après les premières éditions incomplètes (comix USA, je crois) des tribulations de Hopey et Maggie ! Enfin tout est édité ! Ca permet de mieux comprendre certains point obscurs des éditions précédentes. Certes, tout n'est pas de qualité égale mais il y a une telle densité dans le récit, ça n'est pas la BD que vous lisez en 10 minutes et que vous reposez à jamais dans votre bibliothèque. Les relations entre les protagonistes ! Le dessin clair qui fait penser à Aggie ou Lili mais en bien déjanté ! Jaime Hernandez a fait du très bon boulot.
Les Tours de Bois-Maury
Sans conteste LA série d'Hermann où son talent s'exprime le mieux. Les scénarios sont tour à tour âpres, fantastiques, héroïques, sombres et réalistes. C'est un quasi documentaire sur le moyen-âge auquel on a droit. Les personnages variés qui jalonnent le récit donne à chaque fois une autre tonalité, et qui plus est,d e par leurs apparitions "alternées", rajoutent à la vie de la série. Le chevalier Aymar étant là pour structurer le recit, mais sa motivation de revoir ses fameuses tours hantent jusqu'à la fin l'esprit. De plus, ce chevalier sans terre n'est ni trop bon ni vraiment malfaisant. Les défauts de l'homme sont apparent, mais Hermann n'y va pas au pas de charge comme dans d'autres séries plus manichéennes. C'est sans doute parce que ce moyen-âge est propre aux situations rudes, aux rêves d'absolus et de terre à reconquérir que "Les Tours" sont devenues au fil du temps et à mes yeux une référence du genre. N.B : les deux albums en couleurs directes sont eux aussi à recommander, même si Hermann repart sur des bases différentes (One-shot avec à chaque fois des descendants d'Aymar).