Il y a des éditeurs qui sortent des BD qu’instinctivement on ne peut que feuilleter. C’est le cas de Vertige Graphic chez qui j’avais beaucoup aimé "Rapokam Java", "Fax de Sarajevo" ou Ghost World.
Pour une fois, je vais commencer par vous parler du dessin de Marcola qui pour une première BD parue en France nous gratifie d’un coup de maître. Marcola illustre sa BD aux deux ambiances distinctes avec l’utilisation la ligne claire pour les scènes ‘ordinaires’ et d’autre le fusain pour les scènes sur le front, associés à une mise en couleur bichromique et nous sommes plongés dans une ambiance en parfaite symbiose avec le récit. Marcola joue avec la bichromie tout au long de l’album, tantôt il utilise les tons ocres, tantôt des scènes bleutées, tantôt il nous plonge dans l’obscurité via du noir et blanc pour les scènes les plus sombres. Associés à la qualité du papier (habituel chez Vertige Graphic), il y a tous les éléments pour combler quelqu’un comme moi.
Maintenant parlons un peu du scénario, là Marcolla excelle pour nous présenter une guerre qu’il ne nous livrera jamais ‘en direct’. Très habillement, il nous maintient toujours un peu éloigné de la ligne de Front pour nous parler de la fin de la seconde guerre mondiale en Italie. Il nous fait découvrir la vie d’un Lieutenant italien qui ne croit plus à une autre issue que la défaite de son camp, l’évolution des sentiments à l’encontre des anciens alliés allemands qui se sont transformés en force d’occupation. L’envie de ce Lieutenant de retrouver sa famille car cette guerre n’est plus vraiment celle de son pays. Marcolla nous présente dans ce splendide ouvrage une vision de la guerre qu’on avait rarement eu l’occasion de découvrir et le journal intime de l’un de ces pions dont on se sert pour mener une guerre.
Très bonne triple découverte : l’éditeur, l’auteur et la BD…
Un jeune gendarme (Francisco) pris dans les tourmentes de la révolution franquiste est sauvé par le gardien d’un phare (Telmo). Une amitié presque filiale naît entre les deux hommes et l’auteur nous guide entre leurs histoires passées et la réalisation des rêves du vieil homme.
Ce que j’ai particulièrement aimé c’est l’amour que Telmo porte à son phare, il le bichonne et sait tellement communiquer sa passion qu’il arrive à convaincre Francisco du bien fondé de sa mission. Telmo sait aussi transmettre au jeune homme ses utopies d’une vie différente sur une île paradisiaque que Franciso l’aidera à construire la barque qui doit les y emmener.
Côté graphisme, j’aime beaucoup les changements de style au moment des retours en arrière et le dessin de Paco Roca.
Attention chef d’oeuvre… Quand on commence ce livre, on le dévore.
L’histoire est celle d’un ancien général emprisonné qui va fomenter un coup d’état contre Napoléon.
Nicolas Juncker réussit à nous passionner pour les aventures de ce « fou » dont nul ne parle dans les livres d’histoires. On suit pas à pas ses aventures, de l’organisation d’un coup d’état jusqu’à son exécution. Malet avait tout calculé, recruté les meilleurs éléments pour réussir et on se demande jusqu’au bout s’il va réussir. On rit devant certaines situations, on s’interroge sur d’autres. On y croit sans y croire mais on ne peut s’arrêter.
Et le meilleur… les annexes à la fin Nicolas Juncker se jouent de nous et nous incitent à tout vérifier. ;)
10 histoires, 10 tranches de vie que chacun d’entre nous a pu ou aurait pu vivre…
Jean-Philippe Peyraud a un talent hors du commun, celui de nous impliquer dans ses histoires. On se met à la place de ses personnages, on se sent vivre en même temps qu’eux.
Dans la première histoire, une femme est assise dans le métro, elle lit une lettre, se met à pleurer… on est à la place de ce personnage qui, debout, la regarde. On a comme lui envie d’engager la conversation pour l’aider, mais on a la même timidité que lui et on n’ose pas. On a envie d’avoir ce mouchoir qui va la délivrer et on regrette de la voir quitter la rame sans avoir pu l’aider.
Tout cet album est dans cette simplicité, les émotions vont et viennent et une fois tournée la dernière page on a envie de recommencer pour voir si on aurait pu changer quelque chose, une parole, un acte, une vie. Merci Jean-Philippe Peyraud.
Est-il possible de bâtir un phare ?
Surtout si vous êtes un jeune ingénieur à peine sorti de l’école ?
Surtout si vous un parisien confronté à des marins bretons ?
Surtout si vous devez construire un phare sur un rocher que la mer découvre une vingtaine de jours par an ?
Surtout si au premier accostage le maçon perd la vie ?
Surtout si à la première tempête tout le travail est réduit à néant ?
Comme je vous l’ai écrit rien ne sera simple pour cet ingénieur.
Que dire de plus ? L’atmosphère de ce port de pèche breton avant la première guerre mondiale est merveilleusement retranscrite, et l’évolution du personnage de l’ingénieur très bien décrite. J’ai passé un très agréable moment à lire cette histoire, pour un deuxième album Bruno Le Floch fait un véritable coup de maître. ^__^
Quand un brillant scénariste rencontre un brillant dessinateur, cela ne peut donner qu’un tome 1 qui aiguise mon appétit. Côté technique, le rendu des couleurs est parfaitement adapté au côté sombre du scénario et le dessin d’Alfred est toujours aussi maîtrisé et splendide.
Sur fond de dictature et de problèmes écologiques, Jean-Philippe Peyraud (auteur de très bons albums chez Treize Etrange) nous raconte les péripéties de Josef, presque marié mais qui succombe au charme d’une charmante révolutionnaire. Avec maestria il nous monte une société qui pourrait presque ressembler à la notre et dénonce l’exploitation outrancière que nous faisons de notre planète. Il mêle à cette histoire une couche romantique et nous plonge dans une histoire d’amour impossible et qui ne peut durer.
Un très bon album dont j’attends la suite avec impatience !
De temps en temps, dans notre monde aseptisé, sort un ovni. Un truc de fou, un concept de BD jamais vu auparavant.
Pour Morlac, une fois lancé, je n’ai pu m’arrêter qu’une fois que la dernière page est tournée.
L’originalité de cette ouvrage repose sur un jeu de cases. A partir de le première, Leif Tande nous propose deux directions possibles puis à chaque planche de nouvelles directions. Au fur et à mesure il tisse une toile impressionnante … L’absence de dialogue renforce l’effort de concentration nécessaire pour bien appréhender le concept. Une fois ou deux, la scène se poursuit dans la planche pour rompre avec la construction générale de l’album.
Du grand art !
Par moment, l’album est un peu trop morbide à mon goût, mais je suis resté médusé par le talent qui défilait sous mes yeux !
Je vous laisse découvrir cette multitude de chemins possibles dans le récit proposé par Leif Tande et nous vous perdez pas en chemin.
Deux hommes se regardent, assis de chaque côté d’une table, face à face leurs regards pourraient s’embraser mais pour le moment ils conversent. Paul Klarheit d’un côté est persuadé d’avoir retrouvé la trace de son ami le plus intime dans cet hôpital. Un homme sans nom lui fait face, ses pensées se sont évanouies … il est amnésique. Il est disposé à écouter l’histoire de Paul qui peut être le sortira du brouillard.
Progressivement, Paul va lui raconter comment il croit l’avoir rencontré… Pour commencer Paul nous parle de son enfance, partagée avec son meilleur ami David, et cette terrible journée où lors d’une promenade à cheval, le feu s’est déclaré en forêt. Il chuta lourdement et se réveilla dans les bras d’un inconnu Julien Solédango et sa vie bascula.
Julien, un candélabres, était un être fantastique issu du feu, et en ce jour lui donna le plus mystérieux des cadeaux. Une source de feu qui semblait éternelle et qui lui redonna notamment l’usage de ses jambes. Cette source était si forte qu’elle permis à Paul de maîtriser le plus improbable des arts vu son état originel, la danse.
Paul s’aperçoit rapidement qu’il est le seul à pouvoir apercevoir Julien, mais ce qui l’a amené à venir voir cet homme amnésique est sa persuasion que cet homme ressemble étrangement à un peintre, Liam Lindhosrt, qui fut le seul à pourvoir peindre les … candélabres.
Pour une première série, Algésiras est entrée directement parmi les grands noms de la BD, son dessin est en parfaite adéquation avec le rythme de son histoire et elle a un talent particulier pour nous présenter les pensées les plus profondes de ses personnages. Nadine Thomas l’accompagne pour la mise en couleur en utilisant tout son talent pour nous faire partager le plus justement toutes les situations où la série nous compte l’histoire des candélabres, ces fantastiques être issus du feu.
*** T4 ***
4 ans que nous attendions ce tome …
Certes pendant ce temps, les fans de la série l’ont mise en avant sur les principaux forums du net dédiés aux BD, et ainsi nous n’avons pas vu le temps passer. Après tant de spéculations, de trouvailles sur les origines supposées de la série, n’allions nous pas être déçus par l’arrivée de ce nouveau tome ? Algésiras avait-elle surmonté la pression que nous lui avions infligée ?
Le tome 4 était enfin entre mes mains … Dès que je vis la couverture, je sentis que ce tome allait enfin nous donner des réponses. Aribal qui joue avec le feu, Paul effondré à ces pieds, la série semblait basculer … mais je n’étais pas au bout de mes surprises …
La première scène est magnifique, telle que j’imagine l’univers des candélabres fait d’ombres et de lumières tamisée. Nadine Thomas éclaire magnifiquement cette scène et ses couleurs seront à la hauteur de l’album tout au long de ce tome 4.
Le dessin d’Algésiras s’est encore amélioré dans ce tome, elle maîtrise de mieux en mieux son sujet et découpe très habillement son récit.
Sur ces deux aspects, le tome 4 est le meilleur de la série.
Concernant le scénario … là le lecteur n’est pas déçu ! Il manquait une touche intimiste au récit, et Algésiras nous la livre enfin dans ce quatrième opus. La scène des planches 14 à 16 est déjà entrée dans la légende de la série mais ce n’est pas là seule … toutes les scènes font brûler les personnages et mettent à nu leurs sentiments.
Certes il reste énormément de questions en attente, mais le tome 5 arrivera bientôt.
Pour conclure (provisoirement), le tome 4 est à mon avis le meilleur de la série (mais j’avais déjà dit cela des tomes précédents ;) ) et Algésiras nous démontre une nouvelle fois qu’elle n’avait aucune raison de douter de son talent.
La civilisation des humains est retournée dans un état moyenâgeux suite à un cataclysme provoqué par l’homme.
Tout a changé, même l’espérance de vie. Désormais quasiment plus personne ne peut dépasser les 19/20 ans. Selon la région où il se trouve, l’humain se transforme en monstre ou en statue, ou encore dans bien d’autres formes.
La civilisation a disparu, et elle a laissé place à l’anarchie, à la loi du plus fort.
Seul reste l’ordre des servantes gardes du corps qui ont pour mission de protéger les faibles et de trouver le moyen de guérir des maladies dégénératives.
Saraï et Flicka font partie de cet ordre. Ce sont de puissantes guerrières au physique de jeunes filles sexy.
De plus, elles ont du respect pour la vie de ceux qui sont sans défense.
Le premier tome comprend deux missions bien différentes, mais qui nous jettent d’emblée dans ce monde où le chaos règne. Nos servantes gardes du corps acceptent toutes les missions, que cela soit de protéger les châtelains d’une région qui arrivent à vieillir en buvant l’eau d’une fontaine pure et qui laissent mourir les villageois, ou également de protéger une vieille mère supérieure d’un couvent en ruine qui est peut-être une des dernières à avoir connu le monde avant le désastre.
De l’action, de l’humour, un très beau cadre, et une petite touche érotique, voici la composition de cette nouvelle série.
Fierce n’a pas eu une enfance facile.
Gosse des bidonvilles de la Jamaïque, élevé par sa grand-mère, il n’a pas énormément de chance. Mais en plus il a un don qui ne passe pas inaperçu. Il peut avoir des visions qui lui laissent apercevoir l’avenir proche. C’est à ce don qu’il doit que dès l’age de 8 ans il est surveillé par le FBI qu’il intègre presque de force pour échapper à la misère.
On retrouve Fierce adulte faisant partie d’une équipe d’élite qui est en train de pourchasser des trafiquants de drogue. Mais un traître les dénonce et Fierce assiste impuissant à l’assassinat de son équipe.
Fierce s’en échappe mais le traître en profite pour le faire soupçonner et l’accuser de la mort de ses coéquipiers.
Fierce n’a plus le choix. Il doit se rendre en Jamaïque, sur le terrain de son enfance, pour retrouver le vrai coupable. Mais il n’a pas fini de perdre ceux qu’il aime.
Fierce est un grand album Comics. Tout est présent. La qualité du dessin, du scénario, de l’intrique qui ne laisse jamais entrevoir la vraie réalité de l’histoire ni le vrai coupable. On tourne les pages et on rentre dans l’enfance de Fierce et on le suit dans sa recherche. On ressent sa haine et sa colère quand certains meurent.
On aime, car sans facilite ni prise de tête, ce Comics se lit et se relit avec plaisir.
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Aller simple
Il y a des éditeurs qui sortent des BD qu’instinctivement on ne peut que feuilleter. C’est le cas de Vertige Graphic chez qui j’avais beaucoup aimé "Rapokam Java", "Fax de Sarajevo" ou Ghost World. Pour une fois, je vais commencer par vous parler du dessin de Marcola qui pour une première BD parue en France nous gratifie d’un coup de maître. Marcola illustre sa BD aux deux ambiances distinctes avec l’utilisation la ligne claire pour les scènes ‘ordinaires’ et d’autre le fusain pour les scènes sur le front, associés à une mise en couleur bichromique et nous sommes plongés dans une ambiance en parfaite symbiose avec le récit. Marcola joue avec la bichromie tout au long de l’album, tantôt il utilise les tons ocres, tantôt des scènes bleutées, tantôt il nous plonge dans l’obscurité via du noir et blanc pour les scènes les plus sombres. Associés à la qualité du papier (habituel chez Vertige Graphic), il y a tous les éléments pour combler quelqu’un comme moi. Maintenant parlons un peu du scénario, là Marcolla excelle pour nous présenter une guerre qu’il ne nous livrera jamais ‘en direct’. Très habillement, il nous maintient toujours un peu éloigné de la ligne de Front pour nous parler de la fin de la seconde guerre mondiale en Italie. Il nous fait découvrir la vie d’un Lieutenant italien qui ne croit plus à une autre issue que la défaite de son camp, l’évolution des sentiments à l’encontre des anciens alliés allemands qui se sont transformés en force d’occupation. L’envie de ce Lieutenant de retrouver sa famille car cette guerre n’est plus vraiment celle de son pays. Marcolla nous présente dans ce splendide ouvrage une vision de la guerre qu’on avait rarement eu l’occasion de découvrir et le journal intime de l’un de ces pions dont on se sert pour mener une guerre.
Le Phare
Très bonne triple découverte : l’éditeur, l’auteur et la BD… Un jeune gendarme (Francisco) pris dans les tourmentes de la révolution franquiste est sauvé par le gardien d’un phare (Telmo). Une amitié presque filiale naît entre les deux hommes et l’auteur nous guide entre leurs histoires passées et la réalisation des rêves du vieil homme. Ce que j’ai particulièrement aimé c’est l’amour que Telmo porte à son phare, il le bichonne et sait tellement communiquer sa passion qu’il arrive à convaincre Francisco du bien fondé de sa mission. Telmo sait aussi transmettre au jeune homme ses utopies d’une vie différente sur une île paradisiaque que Franciso l’aidera à construire la barque qui doit les y emmener. Côté graphisme, j’aime beaucoup les changements de style au moment des retours en arrière et le dessin de Paco Roca.
Malet
Attention chef d’oeuvre… Quand on commence ce livre, on le dévore. L’histoire est celle d’un ancien général emprisonné qui va fomenter un coup d’état contre Napoléon. Nicolas Juncker réussit à nous passionner pour les aventures de ce « fou » dont nul ne parle dans les livres d’histoires. On suit pas à pas ses aventures, de l’organisation d’un coup d’état jusqu’à son exécution. Malet avait tout calculé, recruté les meilleurs éléments pour réussir et on se demande jusqu’au bout s’il va réussir. On rit devant certaines situations, on s’interroge sur d’autres. On y croit sans y croire mais on ne peut s’arrêter. Et le meilleur… les annexes à la fin Nicolas Juncker se jouent de nous et nous incitent à tout vérifier. ;)
La bouche sèche
10 histoires, 10 tranches de vie que chacun d’entre nous a pu ou aurait pu vivre… Jean-Philippe Peyraud a un talent hors du commun, celui de nous impliquer dans ses histoires. On se met à la place de ses personnages, on se sent vivre en même temps qu’eux. Dans la première histoire, une femme est assise dans le métro, elle lit une lettre, se met à pleurer… on est à la place de ce personnage qui, debout, la regarde. On a comme lui envie d’engager la conversation pour l’aider, mais on a la même timidité que lui et on n’ose pas. On a envie d’avoir ce mouchoir qui va la délivrer et on regrette de la voir quitter la rame sans avoir pu l’aider. Tout cet album est dans cette simplicité, les émotions vont et viennent et une fois tournée la dernière page on a envie de recommencer pour voir si on aurait pu changer quelque chose, une parole, un acte, une vie. Merci Jean-Philippe Peyraud.
Trois éclats blancs
Est-il possible de bâtir un phare ? Surtout si vous êtes un jeune ingénieur à peine sorti de l’école ? Surtout si vous un parisien confronté à des marins bretons ? Surtout si vous devez construire un phare sur un rocher que la mer découvre une vingtaine de jours par an ? Surtout si au premier accostage le maçon perd la vie ? Surtout si à la première tempête tout le travail est réduit à néant ? Comme je vous l’ai écrit rien ne sera simple pour cet ingénieur. Que dire de plus ? L’atmosphère de ce port de pèche breton avant la première guerre mondiale est merveilleusement retranscrite, et l’évolution du personnage de l’ingénieur très bien décrite. J’ai passé un très agréable moment à lire cette histoire, pour un deuxième album Bruno Le Floch fait un véritable coup de maître. ^__^
Le Désespoir du Singe
Quand un brillant scénariste rencontre un brillant dessinateur, cela ne peut donner qu’un tome 1 qui aiguise mon appétit. Côté technique, le rendu des couleurs est parfaitement adapté au côté sombre du scénario et le dessin d’Alfred est toujours aussi maîtrisé et splendide. Sur fond de dictature et de problèmes écologiques, Jean-Philippe Peyraud (auteur de très bons albums chez Treize Etrange) nous raconte les péripéties de Josef, presque marié mais qui succombe au charme d’une charmante révolutionnaire. Avec maestria il nous monte une société qui pourrait presque ressembler à la notre et dénonce l’exploitation outrancière que nous faisons de notre planète. Il mêle à cette histoire une couche romantique et nous plonge dans une histoire d’amour impossible et qui ne peut durer. Un très bon album dont j’attends la suite avec impatience !
Morlac
De temps en temps, dans notre monde aseptisé, sort un ovni. Un truc de fou, un concept de BD jamais vu auparavant. Pour Morlac, une fois lancé, je n’ai pu m’arrêter qu’une fois que la dernière page est tournée. L’originalité de cette ouvrage repose sur un jeu de cases. A partir de le première, Leif Tande nous propose deux directions possibles puis à chaque planche de nouvelles directions. Au fur et à mesure il tisse une toile impressionnante … L’absence de dialogue renforce l’effort de concentration nécessaire pour bien appréhender le concept. Une fois ou deux, la scène se poursuit dans la planche pour rompre avec la construction générale de l’album. Du grand art ! Par moment, l’album est un peu trop morbide à mon goût, mais je suis resté médusé par le talent qui défilait sous mes yeux ! Je vous laisse découvrir cette multitude de chemins possibles dans le récit proposé par Leif Tande et nous vous perdez pas en chemin.
Candélabres
Deux hommes se regardent, assis de chaque côté d’une table, face à face leurs regards pourraient s’embraser mais pour le moment ils conversent. Paul Klarheit d’un côté est persuadé d’avoir retrouvé la trace de son ami le plus intime dans cet hôpital. Un homme sans nom lui fait face, ses pensées se sont évanouies … il est amnésique. Il est disposé à écouter l’histoire de Paul qui peut être le sortira du brouillard. Progressivement, Paul va lui raconter comment il croit l’avoir rencontré… Pour commencer Paul nous parle de son enfance, partagée avec son meilleur ami David, et cette terrible journée où lors d’une promenade à cheval, le feu s’est déclaré en forêt. Il chuta lourdement et se réveilla dans les bras d’un inconnu Julien Solédango et sa vie bascula. Julien, un candélabres, était un être fantastique issu du feu, et en ce jour lui donna le plus mystérieux des cadeaux. Une source de feu qui semblait éternelle et qui lui redonna notamment l’usage de ses jambes. Cette source était si forte qu’elle permis à Paul de maîtriser le plus improbable des arts vu son état originel, la danse. Paul s’aperçoit rapidement qu’il est le seul à pouvoir apercevoir Julien, mais ce qui l’a amené à venir voir cet homme amnésique est sa persuasion que cet homme ressemble étrangement à un peintre, Liam Lindhosrt, qui fut le seul à pourvoir peindre les … candélabres. Pour une première série, Algésiras est entrée directement parmi les grands noms de la BD, son dessin est en parfaite adéquation avec le rythme de son histoire et elle a un talent particulier pour nous présenter les pensées les plus profondes de ses personnages. Nadine Thomas l’accompagne pour la mise en couleur en utilisant tout son talent pour nous faire partager le plus justement toutes les situations où la série nous compte l’histoire des candélabres, ces fantastiques être issus du feu. *** T4 *** 4 ans que nous attendions ce tome … Certes pendant ce temps, les fans de la série l’ont mise en avant sur les principaux forums du net dédiés aux BD, et ainsi nous n’avons pas vu le temps passer. Après tant de spéculations, de trouvailles sur les origines supposées de la série, n’allions nous pas être déçus par l’arrivée de ce nouveau tome ? Algésiras avait-elle surmonté la pression que nous lui avions infligée ? Le tome 4 était enfin entre mes mains … Dès que je vis la couverture, je sentis que ce tome allait enfin nous donner des réponses. Aribal qui joue avec le feu, Paul effondré à ces pieds, la série semblait basculer … mais je n’étais pas au bout de mes surprises … La première scène est magnifique, telle que j’imagine l’univers des candélabres fait d’ombres et de lumières tamisée. Nadine Thomas éclaire magnifiquement cette scène et ses couleurs seront à la hauteur de l’album tout au long de ce tome 4. Le dessin d’Algésiras s’est encore amélioré dans ce tome, elle maîtrise de mieux en mieux son sujet et découpe très habillement son récit. Sur ces deux aspects, le tome 4 est le meilleur de la série. Concernant le scénario … là le lecteur n’est pas déçu ! Il manquait une touche intimiste au récit, et Algésiras nous la livre enfin dans ce quatrième opus. La scène des planches 14 à 16 est déjà entrée dans la légende de la série mais ce n’est pas là seule … toutes les scènes font brûler les personnages et mettent à nu leurs sentiments. Certes il reste énormément de questions en attente, mais le tome 5 arrivera bientôt. Pour conclure (provisoirement), le tome 4 est à mon avis le meilleur de la série (mais j’avais déjà dit cela des tomes précédents ;) ) et Algésiras nous démontre une nouvelle fois qu’elle n’avait aucune raison de douter de son talent.
Saraï
La civilisation des humains est retournée dans un état moyenâgeux suite à un cataclysme provoqué par l’homme. Tout a changé, même l’espérance de vie. Désormais quasiment plus personne ne peut dépasser les 19/20 ans. Selon la région où il se trouve, l’humain se transforme en monstre ou en statue, ou encore dans bien d’autres formes. La civilisation a disparu, et elle a laissé place à l’anarchie, à la loi du plus fort. Seul reste l’ordre des servantes gardes du corps qui ont pour mission de protéger les faibles et de trouver le moyen de guérir des maladies dégénératives. Saraï et Flicka font partie de cet ordre. Ce sont de puissantes guerrières au physique de jeunes filles sexy. De plus, elles ont du respect pour la vie de ceux qui sont sans défense. Le premier tome comprend deux missions bien différentes, mais qui nous jettent d’emblée dans ce monde où le chaos règne. Nos servantes gardes du corps acceptent toutes les missions, que cela soit de protéger les châtelains d’une région qui arrivent à vieillir en buvant l’eau d’une fontaine pure et qui laissent mourir les villageois, ou également de protéger une vieille mère supérieure d’un couvent en ruine qui est peut-être une des dernières à avoir connu le monde avant le désastre. De l’action, de l’humour, un très beau cadre, et une petite touche érotique, voici la composition de cette nouvelle série.
Fierce
Fierce n’a pas eu une enfance facile. Gosse des bidonvilles de la Jamaïque, élevé par sa grand-mère, il n’a pas énormément de chance. Mais en plus il a un don qui ne passe pas inaperçu. Il peut avoir des visions qui lui laissent apercevoir l’avenir proche. C’est à ce don qu’il doit que dès l’age de 8 ans il est surveillé par le FBI qu’il intègre presque de force pour échapper à la misère. On retrouve Fierce adulte faisant partie d’une équipe d’élite qui est en train de pourchasser des trafiquants de drogue. Mais un traître les dénonce et Fierce assiste impuissant à l’assassinat de son équipe. Fierce s’en échappe mais le traître en profite pour le faire soupçonner et l’accuser de la mort de ses coéquipiers. Fierce n’a plus le choix. Il doit se rendre en Jamaïque, sur le terrain de son enfance, pour retrouver le vrai coupable. Mais il n’a pas fini de perdre ceux qu’il aime. Fierce est un grand album Comics. Tout est présent. La qualité du dessin, du scénario, de l’intrique qui ne laisse jamais entrevoir la vraie réalité de l’histoire ni le vrai coupable. On tourne les pages et on rentre dans l’enfance de Fierce et on le suit dans sa recherche. On ressent sa haine et sa colère quand certains meurent. On aime, car sans facilite ni prise de tête, ce Comics se lit et se relit avec plaisir.