Les derniers avis (7593 avis)

Par Tetsuo
Note: 5/5
Couverture de la série Gaston Lagaffe
Gaston Lagaffe

Raaah, Gaston... Quel génie que ce Franquin ! Admirable manieur de mots et d'images, il a su créer un antihéros sympathique, attachant et mythique pour des générations de lecteurs (ce n'est pas prêt de s'arrêter, c'est sûr). Ses gags redondants : le coup du contrat, les parcmètres, les animaux, la voiture,... font mouches à chaque fois et pourtant on pourrait se lasser ou trouver certains gags moins drôles au fil du temps, il n'en est rien. Gaston se base pourtant sur un rythme lent, s'articulant essentiellement sur la fainéantise et la nonchalance de son personnage. Les blagues fonctionnent principalement sur ce schémas, mais Franquin a su donner une âme à son personnage et à ses situations rocambolesques sans méchanceté aucune. Et puis mine de rien, il s'attaquait à bon nombre de sujets politiques ou de causes derrière l'apparente simplicité de sa BD. Les thèmes écologiques, sociaux, géopolitiques,... étaient abordés de manière corrosive bien souvent, avec une acidité que l'on retrouvera plus tard dans Idées Noires. La rondeur des dessins donne encore plus ce côté chaud à cette bande dessinée. Il a su créer une atmosphère chaleureuse et attractive avec son trait fin et détaillé. Gaston est reconnaissable entre mille, un personnage automatiquement identifiable. Bref, les planches de Franquin sont une véritable délectation pour les yeux. Vous relisez une page et bien vite vous finissez l'album... Difficile de rester insensible devant tant de drôleries, de trouvailles, d'émotions, de sensibilités, d'intelligences et d'humour !

09/04/2008 (modifier)
Par Gaston
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Idées Noires
Idées Noires

En pleine dépression, Franquin nous livre cette oeuvre cruelle et cynique sur le monde. Les gags sont d'une noirceur et d'une qualité inégalée. Le maître est au sommet de son art dans ses planches et les dessins sont magnifiques. Je me suis bien marré en voyant la fin tragique de plusieurs personnages dont plusieurs le méritaient. Une bd que je conseille à tous les fans d'humour noir !

17/08/2007 (MAJ le 08/04/2008) (modifier)
Couverture de la série La Guerre d'Alan
La Guerre d'Alan

Le premier tome traite de la préparation de la guerre, le second du déroulement de la guerre, le troisième de l'après guerre, enfin le quatrième et ce qui devrait être le dernier tome de la série traite de L'Enfance d'Alan Ingram Cope. J'ai pour ma part adoré cette oeuvre, ce n'était pas vraiment compliqué quand on sait que je voue un culte aux oeuvres sur la géographie/histoire/actualité telles que Gorazde ou Chroniques Birmanes. Je tiens cependant à bien distinguer "La Guerre d'Alan" d'une oeuvre comme Gorazde. Nous sommes tout de suite prévenus dans l'avant-propos que cette oeuvre se base sur des souvenirs, parfois très clairs, parfois moins d'Alan Ingram Cope. Là ou cela m'a un peu mis dans l'embarras c'est lorsque l'auteur écrit qu'il a parfois dû inventer (il reste pour le moins évasif à ce sujet mais je pense que c'est plutôt sur des petits détails tels que le temps ou le contexte temporel, cette partie de l'avant-propos n'étant pas des plus explicites, difficile de savoir). Le reste de cette série n'est que pur bonheur, j'aime beaucoup ce genre de récit où les anecdotes historiques ont une place primordiale, où l'on décrit les spécificités de la conduite d'un char de l'époque, les moyens de transports des soldats, les bizarreries de la guerre. Autre point qui me fait penser que cette série mérite son 5/5, c'est que notre cher Alan n'a quasiment pas combattu, ce n'était pas un déserteur mais il a eu de la chance ; nous avons donc une approche plutôt rare sur la seconde guerre mondiale sans l'héroïsme classique du gars qui va au combat seul contre tous (cf. Il faut sauver le Soldat Ryan). On apprend une tonne de choses sur la vie au quotidien des soldats, et on en apprend sur leur état d'esprit, ce qu'ils pensent, comment ils gèrent les périodes à ne rien faire. Les deux premiers tomes se concentrent surtout sur l'histoire de notre personnage, beaucoup d'anecdotes, c'est un récit "classique" mais l'on ne s'ennuie pas pour autant. Le troisième tome repose par contre beaucoup plus sur les sentiments, sur ce que l'auteur ressent et pense, sur le monde qui l'entoure, sur ses amis et comment son monde évolue, c'est de ce point de vue un tome beaucoup plus touchant et reposant plus sur les sentiments, c'est pour moi le meilleur tome des trois. Le dessin est assez égal sur l'ensemble de la série, c'est mignon et sobre, ce n'est pas l'extase mais on n'est pas choqué par la laideur non plus. Une série que je relirai sans aucun problème, jetez-vous dessus si vous aimez ce type de série, de mon point de vue elle mérite bien son 5/5.

07/04/2008 (modifier)
Couverture de la série Léon-la-Terreur (Léon Van Oukel)
Léon-la-Terreur (Léon Van Oukel)

S'appuyant sur un graphisme d'une qualité remarquable qui pastiche celui de Hergé, les histoires plus ou moins longues de Léon la terreur - de quelques cases à plusieurs pages - nous font réfléchir sur les contradictions du monde dans lequel nous tentons de survivre. Créée dans les années 1980, la série apparaît prémonitoire à plusieurs égards et n'a rien perdu de sa force d'impact. Léon est un fou irrévérencieux, parfois enragé, visité par de éclairs de lucidité, de sagesse et même de poésie. À travers ses frasques, les auteurs de la série posent un regard impitoyable sur la société postindustrielle.

07/04/2008 (MAJ le 07/04/2008) (modifier)
Couverture de la série Daredevil - Renaissance (Justice aveugle)
Daredevil - Renaissance (Justice aveugle)

Certainement l'un des comics qui m'a le plus marqué. Je dirais même qu'il a profondément chamboulé ma vision de la BD au même titre que le Batman - Dark Knight du même Miller ou que l'ensemble de l'oeuvre de Alan Moore. Une façon nouvelle et profonde de parler de l'humanité des personnages avant de parler de super-héros... ici, Daredevil est le moteur de l'histoire, mais il n'en est pas le sujet... le sujet, c'est clairement Matt Murdock son alter ego aveugle. Le Caïd du crime décide de le mettre à bas, de le priver de son métier, de ses amis, de sa maison... tirant les ficelles dans les coulisses, il parvient en le coupant de tout ce qui est sa vie, à transformer un homme en une coquille vide qui n'aspire plus qu'à mourir. Jusqu'à ce que... Le plan est diabolique d'autant que si nous, nous savons qui se cache derrière la déchéance de Murdock, lui en reste très longtemps inconscient, croyant d'une certaine façon payer pour tout ce qu'a été sa vie, les gens qu'il n'a pas su aimer, les heures passées à combattre le crime plutôt qu'à se faire une place dans le quotidien. L'écriture est sublime. Les pensées en textes off sont nombreuses, mais elles ont une vraie force, ce qui n'est pas toujours vrai pour ce type de narration. Chaque mot est une lame de rasoir qui vide Matt Murdock de son sang et nous fait sentir la vie qui lentement s'échappe de la blessure béante qu'il est devenu. Si les couleurs sont hideuses et datés, le dessin de Mazuccheli reste aujourd'hui encore une référence, tant l'homme adopte une narration parfaite pour accompagner la déchéance de Murdock (la scène de la ruelle, vue en plongée, entrecoupée de souvenirs, alors que Murdock dort, roulé en boule, près d'un clochard, m'a marqué à jamais). Sa capacité aussi à transformer son dessin, à abandonner temporairement le réalisme pur pour se couler dans un style plus impressionniste est d'une parfaite justesse. Un récit puissant, deux grands auteurs qui le subliment. Une référence incontournable.

05/04/2008 (MAJ le 05/04/2008) (modifier)
Par Gaston
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Rubrique-à-Brac
Rubrique-à-Brac

LA BD humoristique du siècle et peut-être ma préféré Gotlib était un maitre non seulement dans l'humour, mais aussi dans le dessin. Ma forme d'humour en bande dessinée préféré et lorsqu'il a des gags partout et pas seulement lors de la chute final et cela tombe il y a des gags dans pratiquement chaque cases. Gotlib dessinait rarement des décors et pour compenser il mettait des petits gags, la plupart l'oeuvre de sa célèbre coccinelle. Son dessin est totalement maîtrisé et j'adore comment il déforme le corps humain. Cela me fait penser aux vieux cartoons du genre ce que fait Tex Avery. Chaque fois que je relis un album je rigole comme lors de ma première lecture. J'aime bien aussi les rubriques un peu plus poétique. Un incontournable.

16/07/2007 (MAJ le 02/04/2008) (modifier)
Couverture de la série Gorazde
Gorazde

Je viens juste d'achever ma lecture, je pense d'ailleurs relire cette oeuvre sous peu une seconde fois. Autant le dire tout de suite, j'ai été impressionné et sous le charme de cette histoire géniale, les raisons : - Les personnages sont attachants, Sacco arrive à transmettre toute les misères, les joies, les attentes de ces personnes et les diverses fortunes qu'ils ont pu avoir tout en restant simple, pas de tirade de 15 lignes, on en apprend au fur et à mesure. - L'Histoire (avec un grand h) prend une place importante dans l'oeuvre de Sacco, on apprend de nombreuses choses sur l'époque mais cela reste très intéressant (Comme le bon professeur que vous aviez en histoire/géo, quelqu'un qui arrive à transmettre sa passion). - La division en chapitre rend l'oeuvre plus rythmée, on passe d'un sujet à un autre sans trop s'en rendre compte, on déguste le récit. C'est une chose que j'avais aussi aimé dans Pourquoi j'ai tué Pierre. - L'auteur ne se met vraiment pas en avant, on a très rarement ses sentiments sur ce qu'il se passe, au contraire c'est bien souvent "servit cru", juste une description sans chercher à embellir. Le seul point négatif de l'oeuvre est je pense les dessins, même si on s'y habitue, j'ai vraiment trouvé les visages bizarres sur la rondeur, l'atmosphère que dégage cependant le graphisme général de l'oeuvre est bonne, toujours adaptée à la situation (surtout le ton noirâtre de certaines cases). Si je devais donner une bd qui se rapproche le plus de Gorazde, je dirais Chroniques Birmanes, l'humour en moins mais l'atmosphère et l'aspect historique en plus. Je recommande donc particulièrement la lecture de cette oeuvre.

31/03/2008 (modifier)
Par xenofab00
Note: 5/5
Couverture de la série La Grande Histoire de Picsou (La Grande Epopée de/La Jeunesse de Picsou)
La Grande Histoire de Picsou (La Grande Epopée de/La Jeunesse de Picsou)

Bon, inutile de préciser que ma note est empreinte subjectivité, et les dizaines (?) de Picsou Géant (et autres) ornant ma bibliothèque ne sont pas là pour prouver le contraire. De plus, le fait que La Jeunesse de Picsou soit l’épopée de nos joyeux amis de chez Disney que je préfère (traitant du personnage de la boite que je préfère... enfin je pense que tout le monde a compris) n’est pas non plus pour arranger les choses. Et pourtant, mon élan est-il vraiment aveugle et nostalgique ? En partie, un peu peut-être, mais le lecteur objectif saura reconnaître les qualités évidentes du récit : le dosage de l’action et l’aventure, le dépaysement continuel, l’humour, les références historiques, le rythme effréné, et l’émotion (c’est bien la seule fois où celle-ci m’aura submergé devant une histoire de ce type) sont autant d’éléments que Don Rosa a su habilement distiller au fil des chapitres, transcendant par la même littéralement les personnages caractéristiques de Disney, pourtant déjà si charismatiques (ouais, ils ont la classe, j’assume). Inutile de préciser qu’en outre, le fan ne peut qu’exulter devant le fait de découvrir l’origine de nombres d’éléments de l’univers créé par Disney, et bien sûr celle de Picsou. Je ne développerai pas plus car il est assez difficile de passer après autant d’avis aussi exhaustifs, mais je ne peux que conseiller cette bd qui derrière son aspect enfantin cache une mine de trésors qui émerveilleront petits et grands, une oeuvre culte.

31/03/2008 (MAJ le 31/03/2008) (modifier)
Par xenofab00
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Journal de mon père
Le Journal de mon père

J’ai longtemps repoussé la lecture du Journal de mon Père, principalement de peur d’être déçu et de me retrouver devant un sous-Quartier Lointain, une oeuvre de qualité donc, mais pompé sur la pièce maîtresse du maître et inférieure en tout points. Et bien, force est de constater que je me suis pris une belle baffe dans la gueule, car malgré tout ce qu’elle pouvait laisser présager, cette oeuvre se démarque très nettement de l’autre avec brio. En commençant ma lecture, j’ai certes été immédiatement emporté par ce récit si bien narré, l’envie de résoudre les mystères de l’intrigues étant les plus forts, mais j’ai aussi eu très peur : Je retrouvais exactement les mêmes sensations que dans Quartier Lointain (le mystère de la disparition de la mère du personnage faisant sensiblement penser à celui du père du personnage principal dans QL), avec moins d’envergure dans le récit c’est vrai. Dès lors, j’ai tout de suite pensé que mes craintes étaient fondées, ce qui ne m’a pas empêché de continuer à lire la suite, car l’ensemble restait en outre de qualité et diablement accrocheur. Mais c’est en commençant la seconde partie de l’histoire que l’on comprend le vrai postulat du Journal de mon Père, excellant incroyablement dans un domaine différent de son petit frère : L’émotion (bien qu’elle soit présente dans les deux oeuvres). Ici, l’auteur raconte une histoire somme toute plus commune, plus réaliste, dans un récit emplis de pudeur et aux prétentions plus simples, mais néanmoins doté d’une complexité relationnelle fascinante. C’est peut-être en partie ce qui lui donne son charme, ce qui lui permet de toucher le lecteur avec plus d’aisance. Le Journal de mon Père, si il n’a pas la portée existentielle d’un Quartier Lointain, qui renvoyait à quelques questionnements intérieurs, est émotionnellement plus riche, et au final tout aussi profond, pour des raisons différentes. J’avoue avoir été totalement conquis, et je serais bien incapable de dire quelle oeuvre je préfère entre les deux sus-cités, mes préférés du maître. Une chose est sûre, le thème des relations entre parents et enfants reste celui où Tanigushi nous expose le mieux son talent exubérant.

31/03/2008 (MAJ le 31/03/2008) (modifier)
Par Gaston
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Vie de Bouddha
La Vie de Bouddha

L'un des meilleurs Tezuka que j'ai lus de toute ma vie ! C'est une longue oeuvre qui nous montre la vie de Bouddha ainsi que celle de plusieurs autres personnages ayant existé ou qui sont inventés par Tezuka. C'est une oeuvre très riche qui montre une fois pour toute que le manga ne mérite pas d'être aussi dénigré par certaine personne qui n'ont d'ailleurs jamais ouvert un manga de leur vie ! Tout d'abord, Osamu Tezuka rend le récit passionnant et ne fait jamais de longueurs ou de moments ennuyants. Il raconte une biographie existante avec un talent comme lui seul peut le faire ! Au cours du récit, on croise des personnages qui reviennent au fils des pages. Ils sont terriblement humains car ils sont capables du meilleur et du pire. Des gens comme Depa, Migaila, Tatta, Ananda et Devadetta ont fait de bonne actions, mais sont aussi capable du pire et l'ont montrés plusieurs fois (Tatta n'a aucun scrupule à piller une ville, Annada est un ancien assassin, Depa se moque de Bouddha et l'humilie, etc.). Comme dans beaucoup de ses oeuvres adultes, Tezuka nous montre des scènes plutôt cruelles de torture qu'un autre auteur n'aurait pas montrées. Il faut de l'audace pour ça ! On a droit à quelques gags anachroniques (un personnage qui fait allusion au cinéma par exemple) qui font sourire, mais ça rend le récit un peu moins réaliste et c'est le seul défaut de l'oeuvre. Quant au dessin, j'ai l'impression que Tezuka n'a jamais aussi bien dessiné ! Par exemple, les bâtiments ont parfois l'air réel ! Cette grande oeuvre montre à quels points Osamu Tezuka mérite de se faire appeler le dieu du manga.

08/03/2008 (MAJ le 27/03/2008) (modifier)