Les derniers avis (7594 avis)

Par Tinlaik
Note: 5/5
Couverture de la série Requiem - Chevalier Vampire
Requiem - Chevalier Vampire

Pat Mills nous plonge dans une histoire Gothic-fantasy remarquable qui mérite d'être dans les immanquables, surtout pour ses dessins extraordinaires et sanglants. A chaque page une illustration magnifique, très colorée (même si la couleur principale est le rouge). Les dialogues pas trop soûlants et à chaque fin de tome, on se dit toujours "heureusement que j'ai acheté deux tomes" tellement l'envie de lire Requiem est forte. Ca change aussi des histoires où les gentils combattent les méchants, là c'est tout simple, toutes les races sont plus démoniaques les unes que les autres. L'histoire nous plonge dans un univers de catastrophe, de guerre et de démence, très complet, mêlant différentes races de résurectionistes se faisant la guerre dans des batailles épiques, où l'on voit souvent Requiem - notre héros - combattre d'énormes démons, encore une fois très bien inventés. La BD à ne pas rater et surtout à acheter car c'est toujours bon d'avoir une aussi excellente Bd dans sa bibliothèque. En tout cas fortement conseillée pour les amateurs de Gothic-fantasy.

22/03/2009 (modifier)
Par AqME
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Berserk
Berserk

Berserk. Un mot doux, qui évoque un paysage avec beaux horizons, des personnages féériques et acidulés et un univers idyllique. J'espère que vous vous rendez compte que je plaisante. Rien qu'avec ce titre, le ton est donné. Dans cette série, nous suivons la quête de Guts, le guerrier noir qui souhaite retrouver Griffith, un ancien partenaire d'arme pour le tuer. Mais entre temps, Griffith devient un dieu maléfique et marque Guts d'une cicatrice dans le cou qui attire tous les démons à lui. Bien entendu tout cela est bien plus complexe, il y a des trahisons, des coups montés, des stratèges dans différents royaumes mais il y a surtout un univers et un héros avec un historique de folie. Tout d'abord Guts : On suit ces frasques depuis son plus jeune âge, et tout ce qu'il a du endurer pendant se jeunesse (viol, meurtre, bannissement, etc.). Ensuite on le voit évoluer dans son adolescence puis en tant qu'adulte. Bref, un travail de taré pour un personnage violent, torturé et attachant à la fois. Ensuite, l'univers: plusieurs royaumes avec chacun un gouvernement différent à sa tête (monarchie, autonome, etc.) et bien entendu, à chaque peuple ses caractéristiques (chevalier, guerriers orientaux, etc.). Ça commence à faire beaucoup de etc. Le dessin quant à lui est sublime. Sombre, glauque et gore, mais les émotions des personnages sont à coupées au couteau. Kentaro Miura montre son talent dans les scènes de combat entre Guts et les démons qui sont tout simplement épiques ! Comme je l'ai dit auparavant le scénario est énorme avec beaucoup de détails et de travail. Le héros devient de plus en plus fort au fil des tomes et c'est tout ce que l'on demande. Pour les amateurs d'action, de monstres et démons, d'héroïc-fantasy et de fresques épiques, cette série est pour vous !

21/03/2009 (modifier)
Par fonch001
Note: 5/5
Couverture de la série One Piece
One Piece

Qui n'a jamais été pirate dans sa jeunesse ? Défendant, sabre-légo au poing, le bateau-sofa contre les vases-assaillants du bateau-table du salon... Tout en prenant garde aux terrifiants requin-chaise bien sûr ! Que de souvenirs... Quelle belle imagination que celle des jeux d'enfants ! C'est toute cette imagination débridée exempte de vulgarité, cette rassurante ambiance ludique faite de confiance, d'amitié, d'optimisme et d'insouciance que j'ai retrouvée dans ce manga. J'ai adoré. Bien sûr c'est long (déjà plus de 50 tomes au Japon, et ont peut aisément s'attendre à voir cette série en atteindre le double). Mais à aucun moment on ne s'ennuie, le rythme ne baisse jamais, le délire non plus. Je ne suis habituellement pas fan des séries "à la mode" qui s'étirent sur des dizaines de tomes (Dragon Ball, Naruto,...). Mais celle-ci fait exception. En parti du fait que les graphismes sont en général simpliste pour produire le plus vite possible (Dragon Ball, Naruto,...). Cela n'est pas le cas ici, les dessins sont étonnement soignés, Les personnages, bien que très expressifs, ne sont pas caricaturaux et les décors sont irréprochables. Les séries à rallonges finissent, de plus généralement par tourner en rond (Dragon Ball, Naruto,...). Là non plus One Piece ne tombe pas dans le piège. Certains arcs sont même un peu déroutants, clairement on n'a jamais l'impression de lire 2 fois la même aventure. Bien sûr certains arcs (comme celui dans les iles célestes) ne sont pas aussi bons que le reste mais l'ensemble mérite à mon sens la note maximale.

16/12/2008 (MAJ le 20/03/2009) (modifier)
Par Chalybs
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série A la recherche de Peter Pan
A la recherche de Peter Pan

Voici une bande dessinée comme on en croise sûrement rarement. Allez savoir pourquoi ces deux tomes ont eu autant d'effet sur moi. Spontanément, je serai tenté de réaliser une critique avec le cœur plus qu'avec la tête et le résultat serait dépourvu de logique. Alors, essayons tout de même d'organiser nos idées. Premièrement, le dessin. Allez savoir pourquoi je trouve le trait de l'auteur rempli d'émotion et de simplicité. Malgré l'âge de la BD, malgré la présentation finalement vieillotte, malgré un style pas forcément ultra détaillé, il y a quelque chose qui se dégage de ce dessin. Il y a une vraie atmosphère restituée. On comprend sans mal l'émotion du héros face à ces montagnes sans qu'il soit besoin de l'écrire. Un support visuel qui joue son rôle à fond. Il y a de jolis cadrages, de jolies mises en pages, aucune faute de perspective ni de proportions, c'est propre, c'est net, c'est beau. Certes, l'album porte le poids des ans. Le papier n'est pas brillant, les couleurs ne sont pas flashy. Non, mais cela contribue sûrement à rendre cette BD plus crédible, plus humaine, plus proche de nous. Tel un vieux parchemin porteur de vérités. L'histoire pour sa part est plutôt lente et ne comptez pas sur l'action afin de vous tenir éveillés. Non, tout est dans le titre. A la recherche de Peter Pan. Pour moi instantanément, cela évoque l'enfance, mais surtout le rêve, l'innocence et la course aux chimères. Il fallait oser utiliser ce héros féérique. J'attendais Cosey au tournant mais je n'ai pas été déçu. Dès le début, Cosey réussit à instaurer une ambiance incroyable. Sur un rythme plutôt lent, il nous emporte avec lui, rêver sur les cimes enneigées des alpes Suisses. L'ambiance feutrée des chalets au coin de l'âtre est parfaitement rendue. Les personnages sonnent tous vrais, sortant tout droit du terroir. Chacun vit dans une sorte de méditation mélancolique bienheureuse. Avec des caractères propres, on retrouve dans ces deux tomes toute la richesse, la sensibilité et la sagesse que peut offrir la vie. La manière de conter de Cosey est vraiment magique et nous avons l'impression dans un sens d'être emportés au pays imaginaire de Peter Pan. La bulle dans laquelle se retrouve le héros nous donne l'impression que le temps suspens son vol le temps d'un scénario en deux volets. Il y a une partie de mystère, un semblant d'onirisme, une pointe de merveilleux alors que tout cela est bien réel et que les évènements tournent au tragique. L'auteur nous emporte dans une histoire basée sur le rêve et l'espoir. Le héros, un écrivain à succès cherche son inspiration pour son troisième ouvrage, mais cela tarde à venir. Ces montagnes sauront elles l'aider ? Je ne suis pas doué dans de tels cas pour exprimer ma pensée. Tout ce que je peux dire c'est que j'ai volé avec Peter Pan tout au long de l'album. Superbe. Un véritable dépaysement et une BD qui malgré son âge respectable (dépôt légal en 84 tout de même) n'a rien perdue de sa superbe. C'est cela le signe d'une grande BD. Elle est capable de traverser les époques sans s'appuyer sur un phénomène de mode, et elle est capable de provoquer des émotions à chaque lecteur. A lire tout simplement…

20/03/2009 (modifier)
Couverture de la série Ocean City
Ocean City

Un scénario, c’est comme un p’tit lot, faut l’tenir fermement pour pas qu’il s’égare, mais faut savoir aussi être cool, faut que ça glisse tout seul. Faut une structure, quoi ! Un truc qui guide le pèlerin, sans le prendre pour un con. Et ça, je sais le faire ! Moi, les histoires de mafia, c’est ma branche. Les gros bras un peu lourds, les plans foireux, les embrouilles, je te les maitrise. Et puis un gros bras, c’est facile à manipuler, c’est docile. Ca agit d’abord, et ça pense à réparer après, alors forcément ça donne de la matière. Et puis pour une bonne histoire, faut un final qui pulse ! Un bon p’tit carnage ! Alors les histoires de gangsters, forcément, tu m’comprends … C’est vrai que j’débute, mais j’suis pas du genre à me laisser marcher sur les pieds. Mon boulot, j’le connais. Alors, quand l’autre vieux m’a filé son scénar’, là j’me suis dit c’est du cinoche. Et j’ai multiplié les angles de vues, je t’ai fait des cadrages façon perso, des gros plans, des plongées, des contre-plongées (bon là, c’est vrai, j’me suis parfois planté). Au début j’étais encore un peu raide, mais bon j’débute. Et puis j’me suis vite lâché et les tronches du casting, j’ai fini par te les gratiner grave. Y a qu’à voir le Maurice, ce gros baveux bigleux avec cette p’tite touffe sur le crâne qui m’rappelle furieusement j’sais plus quelle copine. Mais bon, c’est pas l’sujet … Ouais ! Mon boulot j’le connais, et avec moi y a pas d’embrouille : c’est propre, c’est net et c’est carré. Point barre. Ils m’ont dit comme ça : tu t’occupes des couleurs. Alors j’me suis occupée des couleurs. A ma manière : claire et sans bavure. C’est sûr qu’avec moi, faut pas espérer du Michel-Ange. Ma spécialité, c’est la droite, pas la courbe. Je sais où est ma place et je respecte les limites. J’me lâche bien un peu, parfois, sur un jeu d’ombre ou sur un dégradé du ciel, mais j’reste discrète. Je suis une pro, je sais où est ma place ! Et moi, pauvre petit lecteur, je me suis fait massacrer par cette bande de pro. Je n’avais aucune chance. Ils étaient trop forts pour moi. Trop bon, cet « Ocean City » ! Je m’en suis pris plein les yeux. Culte. (Je prie messieurs Chauvel et Komorowski ainsi que madame Barroux d’accepter mes plates excuses pour cette parodie d’interview, hommage à leur incontestable talent. Pardon et merci pour ce merveilleux « Ocean City »).

20/03/2009 (modifier)
Par tolllo
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Confrérie du crabe
La Confrérie du crabe

Tome 1 Mais où est-on, où nous mène ce récit ? Dans une très bonne allégorie fantastique où des enfants malades voyagent dans un autre monde.... Quel est donc cet univers avec son lot de vampires, de loups-garous et autres monstres fantasmagoriques ? Moi je ne peux m’empêcher d’y voir une représentation de l’inconscient des enfants atteints d’un cancer par exemple ou de toutes autres maladies, de celles qu'on appelle "majeures". Dans leur sommeil, leur coma, leur opération, ils se battent en eux-même contre leurs chimères qui prennent malheureusement un air de terrible réalité pour vivre, pour survivre. Avec un lien qui les unit à leur réalité, peut-être perdue à jamais représentée par ce ballon. L’imagination des enfants est débordante, c’est cela qui me fait penser qu’il s’agit dans ce récit d'un duel où ils affrontent, confrontent leurs pires craintes, jusqu'à se trouver face à la mort... ou à la vie si leur combat se révèle victorieux. Les plus faibles sont les plus jeunes, les plus résistants sont les plus grands, certains ont peut-être déjà renoncé, c’est en tout cas un chemin semé d’embûches. Un récit unique à double sens, un univers magistralement représenté graphiquement, ce dessin porte le récit, les enfants et nous-même vers l’inconnu… Un ouvrage prenant et émouvant, on a du mal à quitter cette histoire si bien construite. Mais pourquoi n’ai-je pris que le premier tome… Tome 2 Vingt-quatre heures sont passées depuis mon avis ci dessus… Intense soulagement… Le 2ème recueil est dans la même veine que le premier…aussi bon… mystérieux… énigmatique… avec une avancée dans le récit, mais pas pour nos protagonistes en herbe… tout reste à faire… impatience quand tu nous tiens ! L’entre deux mondes se confirme, je n’en dirai pas plus pour les futurs lecteurs. Il y a quelques questions supplémentaires qui viennent se greffer, comme s’il n’y en avait pas déjà assez. Le pire c'est qu’elles peuvent contredire mes premières réflexions, tant pis, je les laisse quand même en suspens… Une petite nouveauté également, l’humour, bienvenu, fait son apparition, distillé çà et là pour dédramatiser le récit et nous donner une petite bouffée d’air frais avant de replonger dans l’abîme de cette histoire. Ce qui m’étonne le plus maintenant… comment ce récit peut me paraître juste à la frontière du monde réel !? Pourtant il la dépasse bien largement, cette réalité… C’est sans doute aussi cela qui rend ce récit si magique. Par contre je préviens tout le monde : si la fin est en dessous de mes espérances, je brûlerai en offrande cette œuvre pour libérer, moi-même à jamais les âmes des enfants de ce récit. Je ne demande pas un happy end, juste une fin à la hauteur de ce chef d’œuvre, j’ai dit chef d’œuvre ? Oui oui c’est bien ce que j’ai dit. Un scénario intriguant, prenant, mystérieux et magistral. Des dessins sublimes et très bien pensés, en totale harmonie avec le récit et dotés de couleurs parfaites. Des dessins et un scénario en parfaite adéquation pour un univers unique. Pour finir les enfants sont parfaits ! (19/20)

18/03/2009 (modifier)
Couverture de la série Les pionniers de l'aventure humaine
Les pionniers de l'aventure humaine

Très étonné que cette BD culte ne soit pas en base je me suis pris par la main. Comment être objectif face à un tel chef d’œuvre ? Il est vrai que le dessin de Boucq peut mettre mal à l’aise et rebuter, j’ai connu nombre d’amis n’accrochant pas à cause de cela. Mais une fois son style assimilé comment peut on passer à côté. Toutes les scènes sont grandioses, toutes pertinentes et incroyablement justes malgré leur traitement grotesque. La lecture est un régal, la relecture un grand moment d’humour et les re-relectures suivantes des délices intellectuels. Violence, égoïsme, faux semblants, cynisme, complaisance, légalité, rapport à l’autre, racisme, beauté, valeur essentielles, différence entre réalité et perception de la réalité… Cette BD est une niche à remises en cause, un hymne à la tolérance, un manuel de l’individu, une bible universelle sur notre société. Aucune chance pour que la lecture vous laisse intact. La scène du bal nocturne des grues au point d’eau de la savane est un pur moment de poésie graphique, la micro histoire avec léonard de Vinci est à hurler de rire, sans parler des techniques de pointes de l’esquimau commenté par une voix off d’un documentaire. Chaque scène mérite d’être culte, tantôt dans la mise au point, tantôt dans l’humour noir, tantôt dans le drame personnel que peuvent vivre ses gens ordinaires aux combats extraordinaires. Le dessin est très présent, les couleurs très vives et l’image très travaillée, c’est un régal pour les yeux en plus d’être une source d’interrogation. Car oui, l’ouvrage de fait aurait pu tomber dans le militantisme primaire. Mais c’est sans compter sur le génie de Boucq ici : lorsque le sujet devient trop réel, trop immédiatement perceptible, la démystification a immédiatement lieu par l’arrivé de l’irréaliste qui vient aérer une pensée devenue trop dangereuse voire subversive. Si le lire est obligatoire, le posséder me parait encore mieux, tant les relectures peuvent prendre des couleurs toujours renouvelées au fur et à mesure de notre existence.

16/03/2009 (modifier)
Par Spooky
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Fax de Sarajevo
Fax de Sarajevo

Les derniers Poilus ont à présent disparu. Dans les autres pays d’Europe, je ne suis pas sûr qu’il reste beaucoup de vétérans de la première guerre. Ceux qui ont vécu et combattu pendant la seconde sont tous des personnes âgées à présent. Il y a encore eu un conflit d’ampleur en Europe, c’est celle qui a déchiré l’ex-Yougoslavie. Il y a un peu plus de 15 ans. Une guerre où des voisins se sont déchirés, au nom de la purification ethnique. Des gens parlant la même langue, qui tuent sans vergogne, sans distinction d’âge, de sexe, de religion. Juste parce que certains sont Serbes et d’autres pas. Une guerre terrible, où certains comportements ne sont pas sans rappeler ceux qui étaient de mise cinquante ans plus tôt. Des populations terrifiées, que la communauté internationale a laissées tomber, laissant l’ogre serbe raser des villes entières, tuer des centaines de milliers de personnes… Ce calvaire, Ervin Rustemagic, éditeur de bandes dessinées bosniaque, l’a vécu de l’intérieur. Bloqué avec sa famille à Sarajevo, il envoie des centaines de fax à ses amis auteurs du monde entier : Joe Kubert aux Etats-Unis, Hermann en Belgique, Hugo Pratt en Suisse… Tous vont se démener pour permettre aux Rustemagic de sortir de la capitale bosniaque, longtemps en vain. La peur, la claustration et les courses au milieu des balles et des obus vont durer plus d’un an. C’est à partir des fax d’Ervin et de photos prises par un jeune Bosniaque disparu que Joe Kubert va composer « Fax de Sarajevo », qui va raconter l’histoire des Rustemagic. Ancien encreur de Will Eisner (dont on sent l’influence), l’auteur va livrer là son œuvre la plus personnelle, puisqu’elle touche ses amis. Il va transcender certains des poncifs du comic pour livrer un ouvrage universel. Point ici de mâchoires exagérément carrées, d’explosions à outrance ou de dialogues empreints d’humour. C’est la réalité, c’est la vie et la mort qui flirtent dans une ville de 500 000 habitants au centre de l’Europe, c’est un conflit où la barbarie refait son apparition. Bien sûr, l’auteur va prendre quelques libertés avec les dialogues, la mise en scène, changer quelques noms, mais l’essentiel est là, dans sa réalité crue. C’est un récit qui là encore prend aux tripes. Le danger quotidien des snipers et des bombardements, l’angoisse de la coupure d’électricité, le stress quand votre enfant tombe malade et que vous n’avez aucun médicament… Et puis les montagnes russes quand on veut quitter le pays, les promesses non tenues des gouvernements étrangers qui font preuve d’une lâcheté sans nom (à ce titre, Bernard Kouchner n’est pas innocent). Et pour finir, on devient blasé ; on s’habitue au sifflement continu des bombes, les cadavres dans les rues deviennent un élément de décor, la lâcheté des puissants une déception, pas un facteur de découragement. Ervin, héros ordinaire, devient une sorte de figure emblématique, un modèle de survie qui ne veut qu’une chose : sortir sa famille de cet enfer. C’est tout ce qui lui a permis de tenir le coup pendant ces longs mois, même quand il a pu sortir, seul, de Sarajevo. Ce one shot est donc une bande dessinées découpée en différents chapitres (le début des hostilités, le transfert à l’Holiday Inn, les tentatives pour sortir de la ville… Ceux-ci sont également ponctués par les fax d’Ervin et de ses amis internationaux. En fin d’album se trouve une série de photos montrent la ville avant et pendant le conflit, commentés par Kubert lui-même. L’intérêt de l’ensemble est inestimable, puisqu’il rend compte de l’intérieur et de l’extérieur d’un conflit dont la communauté internationale s’est détournée à l’époque ; seuls les commentaires de Kubert en regard des photos à la fin m’ont semblé quelque peu superfétatoires, puisqu’ils répétaient à la fois la bande dessinée et les fax d’Ervin, sans quasiment rien apporter de plus. « Culte » n’est pas le terme que j’utiliserais pour qualifier succinctement cet album. Je parlerais plutôt de « patrimoine », « d’utilité publique », ou de « devoir de mémoire ». indispensable pour comprendre ce qu’est devenue l’Europe et l’inertie de la communauté internationale.

16/03/2009 (modifier)
Par Miranda
Note: 5/5
Couverture de la série Combustion spontanée
Combustion spontanée

Pour l'instant nous sommes tous d'accord, c'est une excellente bd, mais je dirais même mieux, il y a du génie là-dedans. Des histoires courtes, décalées, parodiques et d'une grande intelligence. Les grands sujets de notre civilisation tournés en dérision, anéantis, piétinés, sans remords. Superstitions, croyances, peine de mort, chômage, extraterrestres, super-héros, politiques, sexe, etc. Même le Père Noël en prend pour son grade. Si les deux premières histoires peuvent paraître un peu légères, les autres vont crescendo et sont toutes du même niveau. A cela s'ajoute un dessin noir sur blanc ou blanc sur noir, sans nuances, comme les deux faces d'une même vérité. Et quelle que soit celle que vous choisirez, que vous soyez d'accord ou pas, l'auteur fait flamber notre société, alors réchauffons-nous autour de ce feu de joie, et mort à la bêtise ! Combustion spontanée, Froutch… et tout part en fumée. A lire d'urgence !

15/03/2009 (modifier)
Par Tomeke
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Alpha... directions / Beta... civilisations/Gamma... visions
Alpha... directions / Beta... civilisations/Gamma... visions

Par où commencer? C'est la question que je me pose pendant que j’écris cet avis, et ce doit être la question que s’est posé cet auteur au commencement de cette trilogie… Est-ce de la prétention ou du génie ? Résumer quatorze milliards d’années en 340 planches, je pense que l’on peut appeler cela un challenge, non ? Je m’adresserais donc à toi, lecteur de BD hétéroclite, amateur de science et curieux de nos origines : tu veux découvrir de quels phénomènes tu proviens ? Tu souhaites savoir comment de rien est né le Tout ? Tu veux voir ce qu’il y avait au début? Oui me diras-tu ; mais cela semble facile de le savoir, tu sais trouver un cours de bio sur le net… Je ne te parle pas de cela, je te parle d’autre chose : d’un tour de magie dont toi, humble lecteur, sort différent, content, heureux et fier de pouvoir dire : « nom de Zeus, ce n’est quand même pas compliqué mais franchement, qu’est-ce que la nature est bien faite ! ». Eh oui, chaque passage, chaque étape de la Vie, est intelligemment mis en page avec diverses représentations iconographiques de nos origines, issues des différentes civilisations connues. Toutes ces représentations semblent être abordées, tant le panel est large. Mieux encore, les passages plus scientifiquement ardus sont comparés à certains phénomènes couramment connus et compris. Et par rapport à ce qui a été cru et à ce qui a été représenté par les civilisations anciennes, l’auteur nous livre les dernières conclusions scientifiques. Compte-tenu de la BD que j’avise, ma réflexion sur l’auteur va paraître légère, vous êtes prévenus : « balèze le mec ! ». L'aspect graphique est à la hauteur de l’ambition du projet. Manifestement, l’auteur n’improvise pas les dessins de ce qu’il souhaite décrire ; on ne peut dessiner une cellule eucaryote ou les espèces primitives du règne animal sans savoir de quoi l’on parle. L’auteur fait très fort… Alors justement, le bémol semble résider dans certaines explications complexes pour qui n’a aucune affinité dans le domaine scientifique. Le public est peut-être ciblé, moi qui ai suivi une formation scientifique, je me pose la question ? Les autres avis me donneront, je l’espère, sans doute tort. Quoi qu’il en soit, cet album présenté en one-shot fait d’ores et déjà partie de mes incontournables. Audacieux, intelligent et pédagogique, voilà trois termes qui pourraient certainement le résumer. Il me reste une envie, découvrir les deux albums suivants qui viendront clôturer cette trilogie : Beta… civilisations qui nous parlera de la naissance de l’humanité et Gamma… visions, qui s’intéressera aux visualisations du futur. Quel programme !

14/03/2009 (modifier)