Les derniers avis (7538 avis)

Par Ro
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Alpha... directions / Beta... civilisations/Gamma... visions
Alpha... directions / Beta... civilisations/Gamma... visions

J'avais beaucoup d'appréhension avant d'acheter ce gros pavé. L'album était certes très beau et attirant, son concept original et ambitieux, mais... N'allait-il pas être trop hermétique avec des planches presque muettes où des images encyclopédiques se mêlent à des figures abstraites issues de la religion ou de différentes cultures humaines ? Ou bien n'allait-il pas être trop encyclopédique ? Et qu'est-ce que l'auteur allait bien pouvoir raconter d'intéressant durant ces milliards d'années séparant le Big Bang de l'avènement des dinosaures ? En outre, étant moi-même déjà relativement bien informé sur les origines de la Terre, de la vie et de l'évolution naturelle, allais-je y trouver quelque chose de neuf et de captivant ? Mes craintes ont été balayées au bout de quelques pages. D'emblée, c'est beau ! Tout fonctionne pour faire de cet album une belle oeuvre. La splendide couverture cartonnée, le papier solide, la reliure verte, l'intelligente structure en chapitres colorés, le trait épais et clair de l'auteur, ses représentations d'époque soignées, l'iconographie qui les accompagne et la façon dont l'ensemble s'agence. Jens Harder est très doué pour représenter les créatures de la préhistoire et d'avant. Animaux, végétaux et décors naturels sont excellents. J'ai une légère crainte cependant sur sa représentation des êtres humains qui n'est pas idéale pour ce premier tome et risquerait d'impacter la beauté des tomes à venir qui porteront spécifiquement sur l'Homme, ses civilisations puis son avenir. Et ensuite, c'est à la fois passionnant et hyper-instructif ! D'une manière très pédagogique, l'auteur nous fait suivre les évolutions de l'univers, du système solaire, de la Terre puis du règne animal sur quatorze milliards d'années. Son utilisation d'une iconographie reliée aux évènements décrits est le plus souvent fort-à-propos, évocatrice et parfois même assez humoristique. Elle donne en tout cas sa force, son originalité et son côté plaisant à cette oeuvre, l'éloignant des encyclopédies autrement rébarbatives. C'est avec respect que j'ai redécouvert à quel point la Nature avait bien fait les choses. C'est assez incroyable de voir comment les lois de la Physique, puis du magnétisme, de l'électricité, de la chimie, de la photosynthèse et tant d'autres ont peu à peu, sur des milliards puis des millions d'années, amené l'univers à exister puis la Terre à devenir le berceau de la vie et de l'Homme. C'est également impressionnant de découvrir la petitesse du temps de l'être humain sur Terre, à quel point le temps des dinosaures eux-mêmes n'a été qu'une infime portion de la chaine de l'évolution animale, et combien d'ères les ont précédés avec des créatures aussi étonnantes que variées et souvent effrayantes. Je n'ai que de faibles regrets. Le premier tient à la culture étendue qu'il faut pour reconnaître chaque représentation de l'iconographie utilisée par l'auteur. Nombre d'illustrations religieuses et culturelles m'ont échappé et c'est avec regret que je n'ai donc pas pu faire le lien entre elles et le récit en lui-même. Le second tient à l'aspect titanesque de la tâche et des éons représentés ici. J'en suis venu à m'y perdre dans tous les noms de races et d'espèces évoqués. Il faut garder l'esprit éveillé pour s'y retrouver et de multiples lectures de l'oeuvre risquent de s'imposer pour celui qui veut vraiment y parfaire son érudition. Et pour une première lecture, il vaut mieux y aller par étape. Le dernier regret tient cette fois à la façon dont les planches et la narration sont structurées, mélangeant des images "d'époque" avec d'autres images plus évocatrices ou de quelques temps avant ou après. C'est le plus souvent parfaitement amené et judicieux. Mais il m'est arrivé quelques fois de me demander si oui ou non telle image de créature était celle vivant à cette époque là ou bien un de ses descendants à venir plus tard ou une simple illustration issue de l'iconographie et donc non "réelle". Sur toute l'époque de la fin du Paléozoïque, à partir de l'Ordovicien notamment, je n'ai plus tellement réussi à "visualiser" les créatures peuplant terres et mers car les millions d'années, les évolutions et les images fantasmées se mélangeaient dans les images présentées dans ces planches. Mais il s'agit là de reproches de très faible importance. Ils expliquent seulement le fait que j'ai un peu hésité avant de classer ce premier tome parmi mes oeuvres cultes. Cependant, si les 2 tomes suivants sont du même acabit, s'ils sont aussi profonds, pédagogiques et instructifs, le doute n'existera plus pour moi. Je suis vraiment très curieux de voir comment Jens Harder représentera l'évolution des civilisations humaines dans Bêta...Civilisations et encore plus curieux de voir la teneur de ce qu'il imaginera pour l'avenir dans Gamma...Visions.

19/04/2009 (modifier)
Par Seb94
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Combat ordinaire
Le Combat ordinaire

Larcenet nous offre la chronique d'une vie, avec ses hauts et ses bas, ses peines et ses joies. Cette histoire est à la fois touchante, amusante, triste, sérieuse, légère...on passe par tous les sentiments au fil de ses 4 albums qui se lisent pour chacun avec délectation. On ne peut être qu'ému et se retrouver dans les tribulations de Marco, certains passages nous remémorent des souvenirs plus ou moins heureux, nous rappellent des gens d'ont on a croisé la route, des situations vécues, ou nous questionnent sur notre avenir proche. Rarement j'ai ressenti ce sentiment d'être aussi proche du personnage, de le comprendre, l'impression d'avoir affaire a un ami, voir pour certains passages un reflet de moi même. Le dessin minimaliste de Larcenet ne m'enthousiasmait pas des masses, je dois l'avouer, mais au fil des pages je mis suis fait, et pour tout dire je me suis mis à l'apprécier. C'est vrai que ce serait triste un monde sans hirondelles...

18/04/2009 (modifier)
Par Loic
Note: 5/5
Couverture de la série I kill giants (Je tue des géants)
I kill giants (Je tue des géants)

Ca part tout doucement, on pourrait croire a un roman sur "le mal de vivre d'une ado". Puis l'intrigue se met en place entre thriller et fantastique, des mécanismes géniaux pour faire monter la mayonnaise de l'énigme. Des personnages géniaux en relief et attachants, un dessin très sympa, et une histoire à couper le souffle. A lire absolument ! Seul petit défaut... Quand sort la suite ?! -------------------------- Je viens de recevoir l edition originale les 7 comics : -C'est tres bien traduits -la suite est geniale !!!!

19/03/2009 (MAJ le 17/04/2009) (modifier)
Couverture de la série Cromwell Stone
Cromwell Stone

Un chef-d’œuvre, n’ayons pas peur des mots. Un chef-d’œuvre graphique, tout d’abord. La maîtrise dont fait preuve l’artiste dans ce domaine est bluffante. Jeux d’ombres, cadrages, hachures, composition des planches : tout ici est incroyablement envoûtant. Les décors sont d’une richesse extraordinaire, et les intérieurs, plus particulièrement. Une grande œuvre narrative, ensuite. Cet hommage à la littérature fantastique des années 20 en général et de Lovecraft en particulier est très réussi. Complexe, il nécessitera certainement une deuxième lecture. En effet, Andreas distille les indices avec parcimonie tout en fournissant bien des planches obscures (voire hermétiques) en première lecture. Mais, une fois la lecture terminée, toutes les zones d’ombres s’éclairent et la tentation devient grande d’enchaîner directement une nouvelle découverte de l’œuvre au bénéfice de ce nouvel éclairage. Envoûtant, étrange, bluffant, complexe, inquiétant, maîtrisé : comment voulez-vous que je mette une autre appréciation que ce 5/5 amplement mérité ? A noter que les deux premiers tomes se suffisent à eux-mêmes, mais le troisième n’est pas dispensable pour la cause.

16/04/2009 (modifier)
Par daggerman
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Discipline
Discipline

On aime ou on n’aime pas. Attention nous sommes dans un genre très particulier, en plus d'être une BD pornographique (n'ayons pas peur des mots même si je n'aime pas trop ce terme), c'est une BD ultra spécialisée, ce n'est pas juste "une BD de cul" qui se lit d'une main. Xavier Duvet nous amène dans le milieu SM, mais surtout nous amène dans les méandres du fétichisme. Ici il s'agit d'évoquer le fétichisme des bas, des collants et autres articles qui mettent en général si bien en valeur les formes féminines. Mais là encore Duvet pousse le paroxysme de la féminisation en l'appliquant à l'homme. Osé me dire vous? Oui mais l'artiste s'en sort avec brio. La maitrise graphique de Duvet est telle qu'il parvient à transformer un homme en une créature si sensuelle qu'on en oublie barrière des sexes. Lorsqu'on arrive à la fin de la BD, on ne peut que constater que l'auteur à atteint son but tant le dessin est troublant. Les planches généreuses et superbement illustrées font mouche à chaque fois. On ne peut rester insensible à la lecture de cette BD. Enfin, il n'y a, à mon sens, rien de plus difficile que de dessiner des personnages de façon réaliste sans faire d'erreur de perspective ou de proportion. Là encore Duvet nous ébloui de son talent qui touche à la perfection (seuls Luis Royo ou Sorayama arrivent dans un registre plus érotique à une telle maitrise). En résumé une BD pour les amateurs éclairés qui sauront prendre la pleine mesure de l'univers développé par le Maître. 6/5 pour le dessin. 4/5 pour le scénario.

15/04/2009 (modifier)
Par Ems
Note: 5/5
Couverture de la série Daddy's Girl
Daddy's Girl

J'aurai bien mis un coup de coeur, mais c'est impossible tant le contenu de cette BD est dur. Je suis admiratif du travail fourni par l'auteur mais écoeuré par le personnage du père. Cette histoire sent le vécu, elle est racontée simplement, il n'y a pas besoin d'en rajouter pour décrire ce fléau qu'est l'inceste. Je ne vais pas relater les faits de cette BD, il est préférable de la lire. Comme les autres posteurs, je préfère prévenir : c'est une BD sur laquelle il faut s'accrocher. Toute la haine que cette jeune fille n'exprime pas vous retombe dessus. Cette lecture laisse des marques et ouvre les yeux sur un sujet tabou qui doit certainement être plus rependu que l'on pense. Jamais le contenu d'une BD ne m'avait autant révolté. Après réflexion, je passe ma note à 5/5 car ce one-shot témoignage m'a marqué à jamais, chose rare avec ce support.

02/03/2009 (MAJ le 15/04/2009) (modifier)
Par Fable
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Freaks' Squeele
Freaks' Squeele

On pourrait s'arrêter à une première impression et déclarer qu'il s'agit d'une sympathique oeuvre pour ado, à la limite de la parodie et dont le scénario avance laborieusement. Dire que ce premier tome est un bon moyen de s'amuser en mettant en veilleuse son cerveau. On pourrait aussi reprocher au dessin, même s'il est techniquement excellent, de manquer un brin de personnalité, bien que le travail sur les ombres et les lumières ainsi que la narration soient très soignés. C'est à la relecture qu'on découvre les petites subtilités disséminées un peu partout dans l'épais volume. Les prises de position militante de l'auteur. L'empathie pour chacun de ses personnages du plus vilain au plus insignifiant. La méticulosité apportée à chaque détail de la vie de ces étudiants apprentis héros. La représentation loufoque de la guerre des sexes. Et cet amour immodéré pour un genre en mal de reconnaissance: le bis. Après lecture du deuxième opus qui va bien au delà du premier tome, je vais sauter le pas et attribuer un 5 bien mérité à cette série !

17/02/2009 (MAJ le 15/04/2009) (modifier)
Par jib
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le dernier loup d'Oz
Le dernier loup d'Oz

Juste une petite mise en garde pour commencer : la série n'est pas finie et fort malheureusement, elle ne se terminera probablement jamais pour le plus grand malheur des amateurs tel que je suis. D'ailleurs, j'ai du mal à comprendre pourquoi aucun éditeur n'est tombé sur le dos de Lidwine pour le forcer à finir son œuvre coûte que coûte ? On aurait sûrement assisté à la naissance d'un immense chef d'œuvre... Mais que font les éditeurs ? Tout y est : dessins, coup de crayon, couleurs, scénario, mise en scène, personnages principaux et secondaires, ambiance, monde imaginaire fantastique, cadre onirique, imagination bucolique et j'en passe... Tout est calé au millimètre près. Y a du très grand génie là dessous ! C'est tout simplement incroyable, et tellement incroyable qu'on a parfois du mal à y croire. Et oui, les génies ne sont pas toujours compris de leurs contemporains (n'a-t-il pas été reproché à Mozart de mettre "trop de notes" dans sa musique). Lidwine nous emmène dans un conte féérique qu'il nous fait découvrir avec une poésie généreuse doublée d'une mélancolie lancinante particulièrement chiadée. J'ai été subjugué par cet album ! L'histoire se pose avec une finesse sans égale. Le lecteur rentre dans un monde torturé de mille sévices et l'auteur nous le fait découvrir avec simplicité. il y a même une certaine candeur dans la narration. Elle est presque détachée des évènements, ce qui permet au lecteur de prendre du recul et d'avoir un regard quasi objectif sur ce qu'il lit. Laisser le lecteur à sa libre interprétation, c'est aussi prendre le risque qu'il ne comprenne pas. Lidwine est et s'impose comme un chercheur dans l'art de la BD. La complexité qui en ressort n'est qu'une fausse image de ce qu'il veut nous faire transparaître. Avec une extraordinaire sobriété, il décrit magnifiquement les convulsions d'un monde à l'agonie. Humblement, il pose un décor digne des plus grandes légendes de notre monde. Ce travail a été réalisé avec une énorme passion et une grande conviction. Lidwine a du beaucoup donner de lui même dans cette œuvre : il aurait fallu le reconnaître et le soutenir dans son travail. Du génie, du génie, et encore du génie. Évidemment, ce n'est pas un livre qui se lit en 1/4h : il faut prendre le temps de l'apprécier. Tourner les planches, revenir en arrière, admirer, fouiller les dessins du regard, trouver les détails et les indices laissés de ci de là ; petit à petit on comprend l'ampleur de l'ouvrage et franchement : on s'extasie. J'espère que nombreux seront ceux qui partageront mon sentiment, pour qu'une nouvelle ère de la BD s'épanouisse en marge de la "mangaïsation" du livre à image de l'Europe occidentale (ceci dit certains manga sont excellents !). Un incommensurable regret à la hauteur de la mélancolie onirique de cette série toujours en cours... LIDWINE !!!!!!!!!! HEEELLLLLPPP !!!!!!!! :)

14/04/2009 (modifier)
Par Chalybs
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Lune d'argent sur Providence
Lune d'argent sur Providence

Il fallait faire un choix, il fallait trancher entre 4 et 5 étoiles… Je me lâche donc pour cette série hors norme… Magnifique est le premier mot qui me vient à l'esprit après avoir lu cette BD. Un vrai bonheur. Herenguel renoue par cette série avec une passion de jeunesse, matérialisée par une ceinture de Cow-boy fabriquée par son père alors qu'il avait huit ans. Il y ajoute une touche de fantastique et de gros monstres hirsutes sorte d'exutoire tel qu'Herenguel le fait beaucoup plus lourdement dans Krän le Barbare, l'autre série qu'il scénarise. Mais contrairement à sa première série, ici, Herenguel fait dans le subtil, dans le crédible. L'histoire nous propulse en 1880 à Providence, dans le Rhode Island, état du nord Est de Etats-Unis. Le scénario n'est en lui-même peut être pas exceptionnellement original, mais il fait appelle à bon nombre de références littéraires dont il ne se cache pas (dont la moindre est de placer son histoire à Providence, ville où naquit et décéda HP Lovecraft ;)). Nous y rencontrons Miss Cathy Gattine, fraîchement arrivée de Washington pour inspecter et évaluer la maison d'un défunt. Mais rapidement, on découvre que la mort est tout sauf naturelle et normale… On décolle alors dans un univers Western mâtiné de fantastique d'ésotérique et d'horreur. Un mélange détonant parfaitement maitrisé par son auteur et dont les ficelles sont loin d'être simples à dénouer. Herenguel nous livre un scénario au cordeau, dynamique, vivant, trituré. Nous retrouvons tous les personnages que nous sommes en droit d'attendre dans tout bon Western, et je comprends la critique de certains qui les disent trop caricaturaux. Mais les personnages ont de vrais caractères, de vraies personnalités et au fil de la lecture (et surtout des 2 tomes) les personnalités deviennent beaucoup moins évidente et les lourds secrets se dévoilent. Et comme si cela ne suffisait pas, Herenguel nous livre des dessins d'une beauté incroyable. Déjà, regardez cette couverture, digne des affiches des plus grands films d'Hollywood à la belle époque. Un charme, un mystère et ce contraste clair obscur de toute beauté. Son trait fin, fait preuve d'une recherche des détails qui prouve un fort travail de recherche et de documentation. Les personnages ont des vraies gueules, les expressions sont tout en subtilité. Cela nous change de Krän et de son trait caricatural ! Les positions, les postures des personnages et des monstres sont sans reproche, les mise en scène, les découpages, les cadrages offre des tableaux vraiment puissant. Ce trait est appuyé et renforcé par une colorisation unique, certainement audacieuse utilisant certainement diverses techniques dont la plus visible est l'utilisation de peinture très diluée (je suis nul en technique) qui donne à la lumière une vraie beauté et puissance. On a l'impression d'être constamment dans ces fins d'après midi d'automne où le soleil abondant n'est cependant plus très chaud, avec des lumières rasantes et une impression omniprésente de brume oppressante. Herenguel dans cet album, et c'est surement sa plus grande force, joue avec les lumières et les ombres de manière sublime, un vrai régal pour les yeux. Je pourrai être plutôt dithyrambique avec ce dessin qui m'a scotché. Et comme un bonheur ne vient jamais seul, cela dur sur plus de 69 pages ! Pour le prix d'un album normal, pratiquement 1,5 fois plus de plaisir de lecture, prolongeant constamment le scénario et permettant un vrai développement de l'histoire. Et enfin pour ma part, cerise sur le gâteau, ayant acheté la première édition, je l'ai eu sous enveloppe protectrice avec un Ex Libris offert… Herenguel conclut son diptyque avec brio. Le scénario, Les personnages se livrent un peu plus et de nous personnages prennent une importance nouvelle même si pas inattendue. Plus que l'importance de chacun, il s'agit bien de leur rôle sur lequel il convient de s'attarder, car certains personnages au final sont vraiment surprenant. Et jusqu'à la dernière seconde, je me serai laissé emporter par ce flot d'adrénaline, par ce flot d'action bestiale. Cette aventure au fond des bois la nuit comporte tous les éléments du genre, mais parfaitement revisités, parfaitement mixé. Le scénario qui nous est offert s'il ne présente rien de nouveau a cette force de tout reprendre sans tomber dans la banalité. Le mélange des genres est extrêmement bien maitrisé. J'ai tout simplement adoré ce qu'Hérenguel nous a livré ici. La vision personnelle d'Hérenguel est vraiment agréable. J'espère que son père lui a fabriqué dans son enfance un autre jouet qui saura l'inspirer autant pour un nouveau scénario de cet acabit ! Le scénario va crescendo, offrant une intensité de tous les instants. Difficile de respirer et même tourner les pages nous fait retenir notre souffle plutôt que de le reprendre. Enfin, les 64 pages de ce tome 2 permettent une fois encore à l'auteur de rebondir maintes fois et d'offrir un final qui n'en finit pas. A chaque fois que l'on pense enfin le calme revenu, hop on nous en rajoute une petite couche pour notre grand bonheur. Voilà, c'est terminé. C'est la classe. Une série comme j'en ai vraiment rarement lu. Une série qui cristallise tout les genres que j'aime dans un scénario musclé, dynamique et associé à un dessin hors concours. Merci M. Herenguel.

14/04/2009 (modifier)
Par Erik
Note: 5/5
Couverture de la série Les Aventures de Tintin
Les Aventures de Tintin

C’est un classique incontournable de la BD qui a baigné toute mon enfance. Ce fut d’ailleurs la première série où je possédais l’intégralité des tomes. Nous suivons les aventures d'un jeune reporter accompagné de son fidèle animal Milou. Tintin est né en 1929. Il n'a pas de nom de famille. C'est comme un surnom. Il est jeune mais sans qu'on puisse déterminer son âge exact. Il a une petite taille et un aspect chétif. Ce n'est plus un adolescent mais pas encore un adulte. Son aspect asexué provoque une ambigüité chez le lecteur destiné certainement à rallier le plus de lecteurs possibles qui opéreront une identification. Hergé avait du génie et beaucoup d'intuition! Du fait de sa profession, Tintin va beaucoup voyager à travers le monde. Dans le tout premier album, il va en URSS faire un reportage sur ce pays, et devra affronter des bolchéviques prêts à le tuer pour l'empêcher de faire connaître aux Occidentaux la réalité de l'Union soviétique de l'époque. Dans "Tintin au Congo", il fait un reportage sur le Congo, alors encore colonisé par la Belgique, ce qui l'entraîne dans de multiples péripéties. Il sera ensuite envoyé en mission par son journal aux États-Unis. Il est vrai qu'on voit rarement Tintin travailler. Ce n'est peut-être qu'un prétexte à voyager. Tintin est avant tout très curieux et soucieux de justice. Ainsi dans "L'oreille cassée", il décide de lui-même de retrouver la statuette qui a été dérobé dans le musée. C'est vrai que ce côté lisse du personnage peut énerver! Ainsi dans "Tintin en Amérique", il décide de débarrasser Chicago de tous les gangsters de la ville. Dans "Coke en stock", il va lutter contre les marchands d'esclaves. Nous avons droit également à un affrontement contre les trafiquants de drogue dans "Les cigares du Pharaon", "Le lotus bleu" ou encore "Le crabe aux pinces d'or". L'aventure peut également prendre beaucoup plus d'envergure et avoir ainsi une dimension politique. Ainsi, dans "L'Affaire Tournesol", il cherche à empêcher deux états imaginaires, la Syldavie et la Bordurie, de s'emparer d'une arme qui pourrait s'avérer encore plus destructrice que la bombe atomique. Bigre, rien que ça! Cependant, l'aventure peut rester à un niveau beaucoup plus honorable et plus modeste. Ainsi dans "Tintin au Tibet", il se lance dans une dangereuse expédition dans les montagnes himalayennes pour retrouver et sauver son ami Tchang. Il manifeste également une grande fidélité envers ses amis et est toujours prêt à pardonner. De plus, il est d'un tempérament calme et posé, et préfère analyser la situation avant d'agir. Nous avons là l'archétype du héros parfait: ni défaut, ni état d'âme. Les personnages qui vont entourer Tintin vont apporter à la série les nuances nécessaires pour caractériser les travers de l'être humain. Je me suis souvent interrogé sur les raisons d'un tel succès mais plus encore sur toutes les études qui ont été réalisé à travers le monde pour expliquer Tintin. C'est un personnage surgit de nulle part et qui n'a aucun passé. Il n'a aucune prise réelle avec le temps. Il reste toujours fidèle à lui-même. Il n'évolue pas. Par ailleurs, Tintin ne semble avoir aucune famille. Tintin, personnage plutôt neutre, est une sorte de pure abstraction, une irréalité totale!Toutes ces questions, je ne me les suis jamais posées quand j'étais plus jeune car l'œuvre garde une parfaite lisibilité grâce à cette part de transparence. C'est toujours intéressant d'avoir un autre regard sur cette bd qui semble traverser immuablement les âges. Il est vrai qu'avec le recul lié à l’âge adulte, je trouve que le succès mondial de cette série n’est point mérité car on a fait mieux depuis mais peut-être était-ce le summum à l’époque. L'un des premiers albums (Tintin au Congo) ne semble t'il pas assez raciste dans le propos? Cela fait l'objet d'une vive controverse. Un avis de la Commission britannique pour l'égalité des races juge la bande dessinée « raciste », et demande de la retirer des librairies! Je ne crois pas personnellement qu'Hergé était versé dans une idéologie de primauté raciale. Il s'est d'ailleurs expliqué à ce sujet. Au moment où il a réalisé cet album (en 1930), il vivait au milieu de préjugé et de stéréotypes typiques de la vision qu'avaient de l'Afrique les Européens à cette époque. Un esprit paternaliste de la Belgique sévissait à ce moment là. Curieusement, cet album là aurait pu également donner lieu à une autre polémique. En effet, Tintin montre dans cet album une certaine cruauté envers les animaux, contrairement aux albums suivants: il donne des coups de pieds à un léopard affaibli, il fait exploser un rhinocéros, il tue et dépèce un singe pour aller récupérer Milou qui a été enlevé! A quand un nouveau procès d'un étudiant membre de la ligue de protection des animaux? "Le sceptre d'Ottokar" sorti en 1939 raconte l'histoire d'un Anchluss raté. Le sujet était brulant d'actualité pour l'époque. L'ouvrage est un parti pris en faveur d'un régime politique paisible loyaliste et royaliste contre une dictature militaire fasciste et expansionniste. Pour enfoncer le clou les ordres d'invasion de la Syldavie sont signés d'un certain Müsstler et là l'analogie avec les acteurs du moment Mussolini et Hitler est tout à fait limpide. C'est une dénonciation virulente du nationalisme qui sévissait en Europe. Voilà un point de vue courageux de son auteur! On ne verra jamais Tintin entretenir une relation amicale, et encore moins amoureuse ou sexuelle, avec une femme. Le manque de personnages féminins traduit' il également un certain machisme? La femme n'est présente que par le biais de la Castafiore, peu attirante et caricaturale à souhait : c'est dire! Cependant, l'auteur a toujours précisé que les relations amoureuses ne trouvaient pas leur place dans son œuvre. C'est un choix de l'auteur qu'il nous faut respecter sans avoir d'arrières pensés nauséabondes (Tintin est 'il gay?!). A cette époque, jeunesses masculine et féminine étaient en Europe clairement séparées tant dans la vie scolaire que dans les publications qui leurs étaient destinées. Ceci explique cela... Les aventures de Tintin suivent une trame très linéaire (une énigme résolue de manière logique) mais Hergé les présentait avec un sens de l'humour caractéristique. De plus, il y a introduit des personnages secondaires qui, bien qu'étant prévisibles, sont attachants et captent l'attention du lecteur. Je dois avouer que mes albums préférés sont le dyptique: "Objectif Lune" et "On a marché sur la Lune". Ah, cette magnifique fusée aux carreaux rouges et blancs ! Et puis, je considère que l'auteur était un véritable visionnaire quand on songe que cet album a été crée 4 ans avant que les Russes ne lancent Spoutnik dans l'espace. Les aventures de Tintin ayant pris fin officiellement avec le décès du créateur le 3 mars 1983 au contraire d'Astérix qui a sombré dans l'exploitation commerciale. Personnellement, je trouve que c'est beaucoup mieux ainsi. La vingt-quatrième aventure, "Tintin et l'Alph-Art", est resté inachevée. Dans cet album, Tintin évolue dans le monde l'Art moderne, et l'histoire se termine sur une scène où Tintin risque d'être tué, enfermé dans du plexiglas et exposé comme une œuvre d'Art. Par ailleurs, le grand cinéaste Steven Spielberg va adapter Tintin sur le grand écran. Ce n'est pas une première mais les expériences passées furent de retentissants échecs. Je suis curieux de savoir s'il pourra redonner une seconde vie à ce personnage mythique. Tintin demeure une BD que tout collectionneur doit posséder mais pas seulement au nom de la nostalgie d’une époque révolue. Nul ne pourrait contester ce que ce héros d'un autre genre a apporté à la Bd. C'est une reconnaissance du travail d'Hergé. Note Dessin : 4.25/5 – Note Scénario : 4.75/5 – Note Globale : 4.5/5

14/02/2007 (MAJ le 13/04/2009) (modifier)