Mon 800ème avis sur ce site de gentils tarés bédéphiles, j’aurais bien pu le mettre pour « La Quête de l’oiseau du temps », LA série qui m’a fait revenir à la bande dessinée (c’était il y a plus de 20 ans !). Mais comme j’en avais fait déjà une critique auparavant et comme son préquel est aussi réussi, je n’ai donc pas eu d’hésitation pour porter mon choix sur « La Quête de l’oiseau du temps – Avant la Quête » !
En comparaison avec la série mère, j’ai noté de net progrès au niveau du graphisme dans « La Quête de l’oiseau du temps – Avant la Quête » . Cela est dû notamment au fait que les coups de crayon des divers dessinateurs (Lidwine, Aouamri et Mallié) qui y ont travaillé à ce jour sont plus fouillés et plus précis que celui de Régis Loisel. Cela est dû également à la belle mise en couleurs qui s’approchent plus de celle utilisé pour la série « Peter Pan » (conçue par Régis Loisel) que de celle qui était mise en place pour « La Quête de l’oiseau du temps ».
Bien que j’aime beaucoup le coup de crayon de Régis Loisel, j’apprécie énormément ceux des autres auteurs qui me sont apparus plus lisibles.
Mais attention, n’allez pas croire que ces autres artistes ont pu dessiner ce qu’ils voulaient, bien au contraire ! Car ces dessinateurs sont le « sous contrôle » de Régis Loisel qui leur a imposé son style de dessin afin de garder une cohérence graphique à l’ensemble des deux séries. Le résultat donne –à mon avis- un traitement graphique de toute beauté qui devrait satisfaire hautement les lecteurs qui ont été rebuté (Si ! Si ! J’en connais !) par le coup de crayon parfois brouillon de Régis Loisel pour la série mère (« La Quête de l’oiseau du temps »).
Seule, la mise en pages est laissée libre cours aux dessinateurs à condition que ceux-ci convainquent le « difficile » et « perfectionniste » Régis Loisel. Ce fut le cas pour Vincent Mallié (qui devrait réaliser également le 4ème tome), pas pour Mohammed Aouamri qui a préféré jeter l’éponge après avoir dessiné le 2ème tome. Et dans l’ensemble du préquel, le découpage des scènes m’est apparu tout bonnement excellent ! J’ai une préférence pour le 3ème tome où de nombreuses séquences muettes et très expressives y foisonnent !
Et que dire du scénario ? Est-il à la hauteur de la série mère ?
Après un premier tome qui ne m’avait pas vraiment convaincu sur ce plan-là où on y découvre un jeune homme sorti tout juste de l’adolescence qui part à l’aventure d’un coup de tête (pas très crédible à mon avis, enfin, bon…), l’histoire se met tranquillement et lentement en place. Ensuite, les péripéties aventureuses de nos héros se parent de scènes qui me sont apparues inoubliables comme celle de l’attaque d’un borak ou celle où Bragon et Mara se rendent dans lieu que je vous laisse découvrir… Bref, là encore, ce préquel m’a semblé aussi riche en moments d’intensité dramatique (l’humour n’est pas absent non plus, bien au contraire !) que dans la série mère, ce qui fait que j’ai ressenti énormément d’attachement pour les personnages.
Bien qu’« Avant la Quête » apporte beaucoup de réponses pertinentes aux questions (et c’est heureux !) que les bédéphiles se posaient après lecture de « La quête de l’oiseau du temps », le préquel me semble facilement compréhensible pour les lecteurs qui n’ont jamais lu la série mère. Qu’ils se rassurent, ils pourront sans problème entamer « Avant la quête » pour prolonger ce plaisir de lecture en feuilletant « La Quête de l’oiseau du temps »… quand le préquel sera terminé (on ne sait guère combien de tomes composera cette série).
« La Quête de l’oiseau du temps » est ma série préférée dans le genre « fantasy », j’avais un peu peur d’être déçu par le préquel. Après lecture des trois premiers tomes, il m’est apparu que ce préquel est aussi réussi voir mieux (au niveau graphique) que la série mère. J’y ai retrouvé des scènes qui m’ont fait frissonner, j’y ai retrouvé aussi des personnages charismatiques et très attachants, j’y ai retrouvé enfin une superbe série riche en séquences aventureuses qui me fait rêver. Le seul défaut de ce préquel est de nous avoir fait patienter pendant plus de 9 ans entre les deux premiers tomes. La série semble de nouveau reparti sous de bonnes bases au niveau de la parution des albums… A quand le prochain tome ?
Que de critiques négatives pour cet album !
En ce qui me concerne, même s'il est vrai que certains aspects sont datés, je trouve que cette BD culte a très bien vieilli. Tout d'abord grâce à la création d'un personnage très fort et original, Fritz the cat, qui est un anti-héros attachant. Ce chat est né dans les cahiers d'enfant de Robert et de son frère, caricature du chat de la maison, pour évoluer jusqu'au personnage final.
Graphiquement, rarement le noir et blanc aura été exploité avec autant de maestria, c'est une des meilleures périodes de Crumb.
Pour conclure, j'invite à se méfier de l'adaptation en dessin animé de la BD qui a été réalisée sans l'accord de Crumb. Méfiez-vous des contrefaçons !
Après maintes et maintes relectures des deux premiers albums (je viens de finir le tome 3), et les fous rires qui vont avec, je décide finalement de passer la note de cette BD de 4/5 à 5/5, car franchement cette série est géniale, et Libon confirme sa place dans mon top des auteurs de BDs que je préfère.
Quand on voit son dessin, parfaitement maîtrisé avec des personnages dont les expressions sont parfaitement caricaturées, des décors simples mais tout en rondeur et des couleurs qui possèdent un vrai petit charme, avec une belle harmonie, on est plongé dans son atmosphère. C'est bien simple, sans lire aucune bulle, les cases et personnages de Libon arrivent à me faire mourir de rire : c'est bien la preuve de son génie.
Et pour le scénario... Je n'ai jamais lu une BD aussi drôle. Libon nous concocte une suite de scénettes limite absurdes, qui mise bout à bout forment une longue et dense histoire (certes, dans chaque tome, les ficelles et le principe de l'histoire sont identiques, mais Libon arrive à ne pas se répéter). On y suit Jacques, un petit lézard irradié par une bombe atomique ce qui l'a rendu plus grand et plus intelligent, qui est à la recherche de nourriture, d'amis et pendant plus de 2 tomes, de sa mamie. Toutes les scènes, assez burlesques sont d'une grande drôlerie (je me rappelle particulièrement d'une case du tome 1 qui me fait toujours rire au moins 5 bonnes minutes à chaque fois que je l'a lis). On sent que Libon travaille particulièrement ses dialogues car il sont réellement hilarants, à base de quiproquo et de non-sens mais caricaturant toutes les expressions que l'on peut entendre dans la vie courante, on a vraiment l'impression d'entendre des gens se parler.
Jacques ? Sans aucun doute une des meilleures BDs que je n'ai jamais lue, hilarante, tendre et poétique (le personnage de Jacques est un vrai gentil).
Tome 1 : 5/5 !!!!!
Tome 2 : 5/5 !!!!!
Tome 3 : 4.5/5 ! (je prie pour que ça ne soit pas le dernier de la série...)
Mais je connais la série, qui est comme un bon vin, qui se bonifie au fil des relectures (j'ai relu moult fois le tome 1). Nul doute que l'année prochaine, les histoires de ce dernier album seront aussi cultes à mes yeux que la "Mamiiiiie de Satan" ou encore "Ma vie avec le monstre de Loch Ness" du premier tome.
Cette bédé fut pour moi l’occasion de découvrir le talent de Christophe Blain, dont je trouve que le style minimaliste est utilisé ici à très bon escient. S’il a une façon bien à lui de représenter les gestes et les démarches, on sent qu’il s’est particulièrement délecté en croquant ce Taillard « de Villepin » de Vorms, avec ses grands gestes tournoyants et ses immenses mains hyper expressives, où sont contenues toute la démesure et l’impétuosité du personnage. Quant à son visage, profilé comme une fusée et surmonté d’un corps imposant qui évoque parfois une sorte de prince des ténèbres, c’est du grand art en matière de caricature : malgré un minimum de détails, on le reconnaît tout de suite le Galouzeau ! La mise en couleurs est sobre et élégante. Le format consiste en une suite de petites saynètes bénéficiant tout de même d’un certain ordre chronologique, où évolue une galerie de personnages de façon très réaliste. Et pour cause… la bédé est inspirée de l’expérience de Lanzac au Quai d’Orsay. Quant aux dialogues, ils sont truculents et inspirés, et les situations sont souvent très drôles, avec de nombreux recours métaphoriques bien sentis (Le Minotaure, Star Wars et le côté obscur…). Il faut dire que le personnage du ministre y est pour beaucoup !
En tous cas, je ne sais pas si l’intéressé se reconnaîtra, mais on ne peut pas dire que ce soit particulièrement flatteur pour lui… L’énergie démentielle qu’il dépense pour sa fonction, c’est comme si, tel un vampire tyrannique, il la prélevait directement sur ses équipes, en particulier son directeur de cabinet, Maupas, qui semble usé avant l’âge, le regard vitreux… Pour le reste, cette plongée dans les coulisses de la diplomatie sont aussi passionnante que jubilatoire, on apprend beaucoup et on a vraiment l’impression que, même si cela reste de la caricature, les situations décrites se sont vraiment produites. Une belle réussite, entre récit autobiographique et documentaire, qui confirme que la BD politique a trouvé sa place, dans le sillage de La Face karchée de Sarkozy …
Pour mon 2000 ème avis sur ce site qui compte beaucoup pour moi et qui m'a permis de découvrir des bandes dessinées que je n'aurais sans doute jamais lues, je devais choisir une œuvre particulière. J'ai pris cette vieille bande dessinée québécoise des années 70 et cela pourrait paraître étrange aux yeux d'un européen, mais publier un album de bande dessinée d'origine québécoise était plutôt rare à l'époque. Il faudra attendre les années 80 et surtout les années 90 pour que cela devienne commun.
De plus, il porte la mention numéro 1 donc il semblerait que les auteurs avaient prévu une suite qui n'a jamais vu le jour. C'est dommage parce que la série avait un certain potentiel. Les deux personnages principaux manquent un peu de personnalité, mais ils me sont sympathiques.
Ce premier et unique tome, 'On a volé la coupe Stanley', est intéressant car il met en scène le club de hockey des Canadiens de Montréal dans leur dernier âge d'or. Ils ont gagné la coupe en 1971, 1973 et de 1976 a 1979. Ensuite, ils n'ont gagné la coupe qu'en 1986 et 1993 et depuis c'est la traversée du désert avec des moments lamentables. Cette histoire permet donc de replonger dans une époque désormais révolue et qui rend nostalgiques les fans de ce club de hockey.
D'ailleurs, c'est tout le Québec des années 1970 que l'on retrouve dans cet album. En effet, le dessinateur Girerd était caricaturiste au journal La Presse (et il me semble que le scénariste Arsene était le pseudonyme d'un journaliste de ce journal) et on retrouve non seulement les joueurs du Canadien de l'époque, mais aussi des politiciens (Robert Bourassa, Pierre-Elliot Trudeau, Jean Drapeau, René Lévesque) et des commentateurs sportifs et peut-être d'autres personnalités publiques dont je n'ai pas remarqué la présence.
Il y a donc des références qu'un lecteur français ou belge ne comprendrait pas, bien que certains éléments de la société québécoise de l'époque soient plutôt universels (je pense notamment à la représentation de l'extrême-gauche et de l'extrême-droite).
Hormis la nostalgie que peut représenter le scénario, celui-ci est pas mal. Les blagues m'ont fait rigoler et l'intrigue est bien maîtrisée bien que de nos jours cela pourrait paraître un peu naïf. Comme je l'ai écrit plus haut, Berri et Demontigny n'ont pas une personnalité forte, mais ils ont l'air terriblement sympathiques.
Le dessin de Girerd est très bon. Cela manque parfois un peu de décors, mais globalement c'est réussi. Les caricatures sont excellentes, normal puisqu'il est caricaturiste, j'aime bien les couleurs et ses personnages ont un visage sympathique. Il a parfois un peu de difficulté lorsque ses personnages sont en mouvement, mais ce n'est pas trop grave.
Au final, on a droit à une œuvre sympathique qui ne mérite peut-être pas la cote culte, mais je trouve que dans son genre c'est culte et je lui donne donc cette note de toute façon purement subjective. De plus, chaque fois que je lis cette histoire j'éprouve le même plaisir intact, comme si je ne connaissais pas ce que j'allais lire et que je découvrais tout pour la première fois. Ce n'est pas un sentiment que je ressens souvent à la relecture d'un album. Cela n'arrive généralement qu'avec les œuvres que je trouve... cultes. Je ne conseille pas l'achat car je ne sais pas si un européen va aimer cet album et de toute façon je ne sais même pas si c'est trouvable en France ou en Belgique, mais ça existe pour priceminister et bedetheque donc j'imagine que ce n'est pas un truc complètement inconnu.
Sinon, un grand merci pour ce site, ses membres et surtout son administrateur responsable de l'existence de ce site dédié au 9ème art !
Aaah Le Troisième Testament… c’est LA série qui m’a redonné le plaisir à l’époque de lire cet art qu’est la bande dessinée (oui parce que Tintin, Gaston ou Leonard ça va bien 5mn mais à la longue...). C’est aussi la bd qui a révélé Xavier Dorison (scénario) et Alex Alice (dessin) qui ont fait du chemin depuis et ils sortaient d’emblée une série annoncée comme culte dès sa sortie alors qu’il s’agissait quasiment de leur première œuvre respectif.
Je ne vais pas écrire un énième résumé sur l’histoire du Troisième Testament, d’autres l’ont fait avant moi mais ce que je peux dire c’est qu’il s’agit sûrement de la meilleure bd parue dans le genre ésotérisme. La comparaison avec le film « Le nom de la rose » de Jean-Jacques Annaud est surfaite car on n’est pas du tout dans une sorte de thriller au moyen-âge. Les auteurs s’en sont inspirés peut-être pour le côté Sean Connery du personnage principal mais la différence s’arrête là.
Je ne suis pas trop d’accord non plus avec ceux qui critiquent négativement parce que c’est une série qui se lie dans « son ensemble ». Bin, j’ai envie de répondre oui et non parce que même pris séparément, les 4 albums se valent, le dessin et les couleurs sont superbes et le scénario parvient à tenir en haleine jusqu’à la fin de chaque album et on a qu’une envie, c’est de lire la suite. Et puis forcément que c’est une série qui se lie dans son ensemble puisqu’elle est faite pour tenir sur 4 albums ; comme énormément de séries qui ont un scénario un peu complexe, donc bon… :P
Pour ceux qui ne connaissent pas mais qui sont tentés parce qu’ils l’ont un peu feuilleté je conseille direct l’achat en version intégrale que l’on peut trouver à un prix raisonnable sur le net (je ne parle pas de la version Glénat 40 ans introuvable).
En relisant les règles de BDthèque, on peut noter que l'avis 5/5 est réservé aux BD qui marquent véritablement le monde de la BD.
En regardant à nouveau mes avis, j'ai aperçu que pour les deux autres BD de Larcenet, j'avais mis 5/5. Et finalement, même en essayant de mettre moins, je mets encore un 5/5 à cette BD.
Pourquoi ?
Bonne question. Objectivement, on ne peut qu'admirer les dessins de cet opus, qui sont, comme souvent avec Larcenet, un véritable régal. Tout en noir et blanc, plein de noirceur ou plein de blancheur, tout comme Presque. Ce dessin est le support parfait de l'histoire.
Car oui, l'histoire de cette BD est quelque peu déroutante. Muette, faite de grands dessins en pleine page ou en deux cases par pages, en format à l'italienne, elle déroute même après plusieurs lectures.
Ici, Larcenet aborde à nouveau des thèmes qui le touchent profondément, comme dans d'autres BD : le père, l'artiste, le monde et la violence, les gens, le rêve. Ces thèmes plusieurs fois déclinés se retrouvent ici enrobés par un conte animalier d'un ton très noir.
Et Larcenet arrive encore à vous captiver malgré cette "rediffusion". Est-ce par la forme du récit ? Par son ton variable qui vous réjouit le coeur avant de vous replonger dans un état dépressif ? Est-ce par ce ton muet qui vous fait entendre des choses inexistantes ?
Je ne sais pas ... mais qu'est-ce que ça m'a plu.
Cette BD, c'est typiquement du Larcenet pourrait-on dire. Du style de dessin aux thèmes, on retrouve fortement l'empreinte de l'auteur de Presque. Et comme pour ce dernier, j'ai été touché par le récit.
De plus, ce récit peut se relire maintes fois sans problème. On peut toujours en tirer des idées, des sensations, des interprétations.
Pour moi, un 5/5 à nouveau mérité, pour une BD et surtout un auteur qui marque de son empreinte la bande-dessinée contemporaine.
Une lecture fortement recommandée.
Attention, chef-d'oeuvre !
Si vous pensez que les auteurs manquent d'imagination et déclinent à tour de cases des références toujours plus galvaudées les unes que les autres, si vous avez envie d'associer autre chose que des super-héros au terme de "comics", si vous aimez frissonner et surtout être totalement surpris, alors Locke & key est pour vous. C'est sans conteste la bande-dessinée fantastique la plus originale de ces dernières années ! Joe Hill et Gabriel Rodriguez ont créé un univers à la fois fascinant et étrange. Exploitant le thème de la maison hantée, ils le renouvellent complètement à un point que sans spoiler la BD, il est difficile de trop en dire.
Néanmoins, il va bien falloir quand même vous mettre un peu l'eau à la bouche...
Commençons par le commencement : les couvertures. Déjà rien qu'avec elles, surtout celles du tome 1 et 3 (dans la publication française), on a envie d'entrer dans les comics. Ce manoir sur fond de ciel enflammé (tome 1) et cette mystérieuse clé à tête de mort vous hypnotise. Inutile de lire la quatrième de couverture, déjà vous accédez à une préface signée Robert Crais qui vous parle de Joe Hill et vous convainc encore plus de l'utilité de passer la prochaine porte (page), celle devant laquelle un paillasson vous souhaite la bienvenue (à Lovecraft).
Ensuite vous ne lâcherez plus l'ouvrage, enchaînerez sur le second puis le troisième et pesterez, parce que le quatrième n'est pas encore sorti... Une frustration assurée par la qualité exceptionnelle du scénario et du graphisme. Car Joe Hill, à qui l'on doit déjà le recueil de nouvelles Fantômes, histoires troubles et le roman La costume du mort, a de qui tenir. Elevé dans le culte du fantastique grâce à un père qui n'est autre que le grand maître de l'horreur Stephen King (et oui !), il a su malgré ça inventer son propre univers, complètement distinct. Le fils de... n'a rien à prouver, c'est déjà un maître en devenir dont d'autres auteurs se réclameront sans doute un jour. Gabriel Rodriguez, lui, illustre magnifiquement cette histoire avec un style clair et lumineux.
D'entrée, on est capté par la couleur, les plans, le rythme. Présent, passé s'entrecroisent sans perturber la lecture. Immédiatement, les personnages mis en place vous parlent, vous interpellent. Qu'il s'agisse des membres de la famille Locke, de Sam Lesser, le psychopathe, ou du mystérieux Dodge, vous allez très vite les aimer ou les détester mais tout est fait pour que vous vous y attachiez. C'est sans doute une bonne part du succès de cette BD : l'empathie qui est générée pour les héros. Personnages d'âges différents (du petit enfant de 6 ans à l'adulte en passant par les ados) qui du coup sensibiliseront autant les plus jeunes lecteurs (attention quand même, c'est assez violent, donc disons à partir de 12/13 ans) que les adultes bien avisés. Première prouesse.
Deuxième atout, et pas des moindres : la maison. Keyhouse, un personnage à elle seule, et un nom prédestiné, puisque l'intrigue principale tourne autour d'une quête : réunir un maximum de clés cachées dans ce manoir et dont les serrures, une fois ouvertes, débouchent sur d'autres univers ou déclenchent des pouvoirs inattendus sur ceux qui les utilisent. Hill et Rodriguez ont imaginé toute une mythologie autour de ces clés qui évidemment ne va se dévoiler qu'au fur et à mesure que ces dernières sont découvertes. Et c'est sans compter une entité, un être diabolique, manipulateur, qui cherchera à s'en emparer en premier, mais Dieu seul sait ce que la réunion de ce trousseau déclenchera... Le tome 3, plus sombre, puisqu'il joue avec les ''Ombres'', prend une dimension superbement gothique.
Publiée aux USA en fascicules mensuels, la série touche bientôt à sa fin. Les auteurs ont même créé un opus spécial : Guide des clés connues. Les éditions Milady ont réuni en recueil chacun de ceux qui constituent un acte entier (1 recueil compte 6 opus). En fin de recueils, on retrouve des galeries d'illustrations somptueuses de Rodriguez et une partie du fameux guide des clés y est intégré en rapport avec celles déjà découvertes.
A noter qu'outre les nombreux prix ou les nombreuses nominations qu'ont eu ce comics et ses auteurs, une série télévisée a été amorcée. Plusieurs grands noms de la production ont été évoqués, Dreamworks, Steven Spielberg... mais finalement, seul le pilote a été tourné (voir la bande-annonce ci-dessous). Parmi les actrices, on retrouve la très gothique Ksenia Solo (Kenzi dans la série TV Lost Girl) dans le rôle de Dodge. Il semble pour l'instant que le projet ait été avorté en raison des coûts de production trop élevés et que la plupart des grosses chaînes américaines se soient retirées.
Néanmoins, il faut de toute façon commencer par le comics. Vous ne le regretterez pas.
lien vers la bande annonce
Ayant attrapé un genre d’allergie aggravée envers les polars dont les scénarios ont du mal dorénavant à me surprendre, la note maximale se justifie amplement pour « Sin City » car je n’ai pas pu lâcher la série avant la fin, et même si au détail je ne pourrai mettre la note culte à chacun, c’est un tout indissociable (ou presque). J’ai adoré cet univers à l’air épais et lourd, peuplé de gonzesses fabuleuses et de mâles couillus ou minables, quand ils ne sont pas mentalement défaillants.
Frank Miller nous présente des nanas bouillonnantes, débordantes de classe, aux corps divins et au caractère bien trempé (gare aux cons et à leurs couilles), là où la plupart des B.D. dans le même exercice n’arrivent qu’à verser dans une vulgarité consternante. Les mecs ne sont pas en reste, Marv ! (putain Marv j’adore !), Dwight ou encore Le Chevelu, sont charmants, attachants et très agréables à regarder dans ce noir et blanc qui les met en valeur, malgré leurs cicatrices ou leurs gueules bosselées après une bonne bastonnade.
Les histoires en elles-mêmes ne sont pas extraordinaires mais leur narration désabusée et acide, la façon dont-elles sont menées à grands coups poings, de mitraille ou de savants coups de sabre, l’originalité de cette ville décadente, le bagout des personnages et le graphisme tout simplement fabuleux, donnent à ce polar une ambiance glauque et paradoxalement apaisante, tout comme la violence qui s’y trouve telle une règle du jeu indispensable et un élément fort du récit. On est dans la surenchère à bien des niveaux, mais c'est foutrement bon.
Tome 1 : « Sin City », un premier tome parfait à tous les niveaux, où l’on fait la connaissance de Marv, dommage qu’il ne soit pas plus présent dans les autres tomes.
Tome 2 : « J’ai tué pour elle », un peu classique côté scénario mais les personnages font toute la différence.
Tome 3 : « Le grand carnage », le tome où l’on côtoie le plus la vieille ville et ses habitantes, une pure délectation, comme sont titre l’indique c'est une véritable tuerie, un tome jouissif tout à fait dans mes goûts.
Tome 4 : « Cet enfant de salaud » ne m’a pas du tout touchée, l’histoire tarde à se mettre en place, l’apparition d’une mioche qui risque de ce faire violer mais qui est sauvée in extremis, m’agace. L’ambiance est là, mais c’est le seul tome que personnellement j’exclue de la série. Et puis l’apport de ce jaune cocu, quelles horreur !
Tome 5 : « Valeurs familiale », un peu moins bon niveau scénario mais le personnage de Miho a fait mon bonheur.
Tome 6 : « Des filles et des flingues » étant composé d’histoires courtes, on y trouve de tout du bon et du moins bon et n'est pas vraiment indispensable, par contre j’ai adoré les scènes enneigées, sublimes de beauté.
Tome 7 : « L’enfer du retour », un très bon dernier tome, presque un peu à part au niveau de l’histoire, étant moins reliée aux autres, les personnages sont tout aussi intéressants à suivre que ceux des premiers tomes et l’ajout d’une touche de couleur est intéressante.
Si vous voulez bien me pardonner cette expression populaire, Walking dead, c'est une tuerie ! Et je m'étonne encore de m'y être attachée moi qui ai toujours détesté les zombies. J'ai bien tenté de regarder quelques films cultes (dont quelques navets... quelques fois, mais qui ont marqué les grandes heures du cinéma d'horreur et dont je vous épargne la longue liste) comme La nuit des morts-vivants de Romero (un classique) ou plus récemment, 28 jours plus tard de Danny Boyle>. Mais il aura fallu un livre (War World Z de Max Brooks) et un comics, dont nous parlons ici, pour que je trouve en la figure du zombie quelque chose intellectuellement plus transcendant que les boucheries grand-guignolesques de nos amis cinéastes des années 70-80.
L'intérêt, je le trouve dans l'approche psychologique faite des gens qui sont confrontés à un monde en mutation dans lequel ils ne sont que des victimes en sursis, des survivants mal-en-point, terrorisés, affaiblis, ou au contraire de nouveaux héros, leaders en puissance ou dictateurs à l'échelle des petits groupes qu'ils protègent, manipulent, asservissent. Toute la palette des horreurs et des épreuves que peuvent endurer certains hommes, tous les actes de bravoure, de courage, d'affection qui se révèlent là où on ne les attend pas, tout ça constitue l'univers terrifiant de Walking dead. Les zombies ? Ils sont une métaphore de tous les dangers qui peuvent anéantir l'humanité. Ils sont à la fois virus, pandémie, guerre nucléaire, tremblement de terre, ils sont les voyous qui vous agressent le soir en rentrant chez vous, ils sont la maladie qui décime vos proches, ils sont le conducteur ivre qui vous rend infirme, ils sont le danger, la peur, les risques absolus. Désormais, le zombie prend une dimension différente : l'humanité et sa survie déprendra de sa capacité à gérer le danger.
Le scénario de Robert Kirkman tend complètement dans ce sens et tout en mixant violence, survie et psychologie, il traite avec parcimonie du deuil, du libre arbitre, du suicide, du passage de l'enfance à l'adolescence, de confiance, de racisme, d'identité sexuelle, d'amitié, de (re)construction psychologique ou matérielle, de folie, de la foi, des paradoxes intérieurs etc. etc. Rien n'est laissé au hasard. Pas un seul personnage n'est inutile. Certains, d'abord en second plan, finissent sous les feux de la rampe pour le meilleur, comme le pire. D'autres que l'on croyait partis pour "durer", sont rapidement éjectés du groupe ou victimes des "rôdeurs". Certains suivront leur propre voie, d'autres développeront des compétences inattendues. Hommes, femmes, enfants, blancs, noirs, asiatiques, riches ou pauvres (ce qui n'a plus de sens au moment du récit), vieux ou jeunes, tout le monde se retrouve à égalité devant le danger. Même le plus fort peut se retrouver surpris et mordus d'autres, plus faibles et couards, s'en sortiront toujours. Robert Kirkman force le respect en sachant jouer de la roulette du destin.
On est donc constamment sous tension, ne sachant pas d'une page à l'autre qui va disparaître, tomber malade, voire se tuer bêtement. Les scènes de violence n'ont d'égales que la qualité du scénario qui les enrobe. Rien n'est jamais tout blanc ou tout noir. Certains actes ultra violents paraîtront encore plus insupportables s'ils sont promulgués par des "gentils". Les vrais méchants eux, n'auront que notre mépris et notre dégoût alors qu'on pourra ressentir de la pitié pour les premiers. Le lecteur est clairement la première victime de ces enchaînements de paradoxes psychologiques auxquels les héros sont confrontés d'autant qu'il apparaît ainsi que la violence bestiale des morts-vivants est presque bien moins dérangeante que celle engendrée par les humains entre eux ou contre les zombies.
Le dessin de Charlie Adlard est bien évidemment la clé de voûte de l'ambiance si particulière de Walking dead. Entièrement en noir et blanc, il se décline en des cases les plus variées les unes que les autres : de la case traditionnelle on passe à des pleines pages incroyables ; certaines cases de bas ou de haut de page utilisent l'intégralité de la double page imposant une lecture des cases en-dessous également sur de la double page ; on a droit aussi souvent à des successions de trois cases identiques, symbolisant, l'immobilité, la prostration, que seul un infime détail de la troisième case la distingue des deux premières.
Je ne développerai pas trop sur la série télévisée tirée du comics, toutefois, je préciserai que cette adaptation est très libre et que s'en contenter serait sacrilège. Certes, certains passages sont renforcés à l'écran (la scène de la grange dans la saison 02 par exemple) mais il se passe tellement plus de choses dans le comics que je ne peux que vous conseiller sa lecture avant même de vous aventurer à regarder la série.
Voilà donc une série qui marquera sûrement un tournant dans ma vision de la BD américaine, loin des super-héros costumés de chez Marvel. Je ne sais pas si vous vous laisserez embarquer dans cette aventure terrifiante dont personne ne sait si le lecteur sera épargné. Une chose est sûre après 15 tomes déjà parus, la demande ne se relâche pas. Espérons juste que le scénariste saura aussi s'arrêter à temps avant de sombrer dans une routine éditoriale qui pourrait signer le désintérêt des passionnés de la première heure.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
La Quête de l'Oiseau du Temps - Avant la Quête
Mon 800ème avis sur ce site de gentils tarés bédéphiles, j’aurais bien pu le mettre pour « La Quête de l’oiseau du temps », LA série qui m’a fait revenir à la bande dessinée (c’était il y a plus de 20 ans !). Mais comme j’en avais fait déjà une critique auparavant et comme son préquel est aussi réussi, je n’ai donc pas eu d’hésitation pour porter mon choix sur « La Quête de l’oiseau du temps – Avant la Quête » ! En comparaison avec la série mère, j’ai noté de net progrès au niveau du graphisme dans « La Quête de l’oiseau du temps – Avant la Quête » . Cela est dû notamment au fait que les coups de crayon des divers dessinateurs (Lidwine, Aouamri et Mallié) qui y ont travaillé à ce jour sont plus fouillés et plus précis que celui de Régis Loisel. Cela est dû également à la belle mise en couleurs qui s’approchent plus de celle utilisé pour la série « Peter Pan » (conçue par Régis Loisel) que de celle qui était mise en place pour « La Quête de l’oiseau du temps ». Bien que j’aime beaucoup le coup de crayon de Régis Loisel, j’apprécie énormément ceux des autres auteurs qui me sont apparus plus lisibles. Mais attention, n’allez pas croire que ces autres artistes ont pu dessiner ce qu’ils voulaient, bien au contraire ! Car ces dessinateurs sont le « sous contrôle » de Régis Loisel qui leur a imposé son style de dessin afin de garder une cohérence graphique à l’ensemble des deux séries. Le résultat donne –à mon avis- un traitement graphique de toute beauté qui devrait satisfaire hautement les lecteurs qui ont été rebuté (Si ! Si ! J’en connais !) par le coup de crayon parfois brouillon de Régis Loisel pour la série mère (« La Quête de l’oiseau du temps »). Seule, la mise en pages est laissée libre cours aux dessinateurs à condition que ceux-ci convainquent le « difficile » et « perfectionniste » Régis Loisel. Ce fut le cas pour Vincent Mallié (qui devrait réaliser également le 4ème tome), pas pour Mohammed Aouamri qui a préféré jeter l’éponge après avoir dessiné le 2ème tome. Et dans l’ensemble du préquel, le découpage des scènes m’est apparu tout bonnement excellent ! J’ai une préférence pour le 3ème tome où de nombreuses séquences muettes et très expressives y foisonnent ! Et que dire du scénario ? Est-il à la hauteur de la série mère ? Après un premier tome qui ne m’avait pas vraiment convaincu sur ce plan-là où on y découvre un jeune homme sorti tout juste de l’adolescence qui part à l’aventure d’un coup de tête (pas très crédible à mon avis, enfin, bon…), l’histoire se met tranquillement et lentement en place. Ensuite, les péripéties aventureuses de nos héros se parent de scènes qui me sont apparues inoubliables comme celle de l’attaque d’un borak ou celle où Bragon et Mara se rendent dans lieu que je vous laisse découvrir… Bref, là encore, ce préquel m’a semblé aussi riche en moments d’intensité dramatique (l’humour n’est pas absent non plus, bien au contraire !) que dans la série mère, ce qui fait que j’ai ressenti énormément d’attachement pour les personnages. Bien qu’« Avant la Quête » apporte beaucoup de réponses pertinentes aux questions (et c’est heureux !) que les bédéphiles se posaient après lecture de « La quête de l’oiseau du temps », le préquel me semble facilement compréhensible pour les lecteurs qui n’ont jamais lu la série mère. Qu’ils se rassurent, ils pourront sans problème entamer « Avant la quête » pour prolonger ce plaisir de lecture en feuilletant « La Quête de l’oiseau du temps »… quand le préquel sera terminé (on ne sait guère combien de tomes composera cette série). « La Quête de l’oiseau du temps » est ma série préférée dans le genre « fantasy », j’avais un peu peur d’être déçu par le préquel. Après lecture des trois premiers tomes, il m’est apparu que ce préquel est aussi réussi voir mieux (au niveau graphique) que la série mère. J’y ai retrouvé des scènes qui m’ont fait frissonner, j’y ai retrouvé aussi des personnages charismatiques et très attachants, j’y ai retrouvé enfin une superbe série riche en séquences aventureuses qui me fait rêver. Le seul défaut de ce préquel est de nous avoir fait patienter pendant plus de 9 ans entre les deux premiers tomes. La série semble de nouveau reparti sous de bonnes bases au niveau de la parution des albums… A quand le prochain tome ?
Fritz the Cat
Que de critiques négatives pour cet album ! En ce qui me concerne, même s'il est vrai que certains aspects sont datés, je trouve que cette BD culte a très bien vieilli. Tout d'abord grâce à la création d'un personnage très fort et original, Fritz the cat, qui est un anti-héros attachant. Ce chat est né dans les cahiers d'enfant de Robert et de son frère, caricature du chat de la maison, pour évoluer jusqu'au personnage final. Graphiquement, rarement le noir et blanc aura été exploité avec autant de maestria, c'est une des meilleures périodes de Crumb. Pour conclure, j'invite à se méfier de l'adaptation en dessin animé de la BD qui a été réalisée sans l'accord de Crumb. Méfiez-vous des contrefaçons !
Jacques le petit lézard géant
Après maintes et maintes relectures des deux premiers albums (je viens de finir le tome 3), et les fous rires qui vont avec, je décide finalement de passer la note de cette BD de 4/5 à 5/5, car franchement cette série est géniale, et Libon confirme sa place dans mon top des auteurs de BDs que je préfère. Quand on voit son dessin, parfaitement maîtrisé avec des personnages dont les expressions sont parfaitement caricaturées, des décors simples mais tout en rondeur et des couleurs qui possèdent un vrai petit charme, avec une belle harmonie, on est plongé dans son atmosphère. C'est bien simple, sans lire aucune bulle, les cases et personnages de Libon arrivent à me faire mourir de rire : c'est bien la preuve de son génie. Et pour le scénario... Je n'ai jamais lu une BD aussi drôle. Libon nous concocte une suite de scénettes limite absurdes, qui mise bout à bout forment une longue et dense histoire (certes, dans chaque tome, les ficelles et le principe de l'histoire sont identiques, mais Libon arrive à ne pas se répéter). On y suit Jacques, un petit lézard irradié par une bombe atomique ce qui l'a rendu plus grand et plus intelligent, qui est à la recherche de nourriture, d'amis et pendant plus de 2 tomes, de sa mamie. Toutes les scènes, assez burlesques sont d'une grande drôlerie (je me rappelle particulièrement d'une case du tome 1 qui me fait toujours rire au moins 5 bonnes minutes à chaque fois que je l'a lis). On sent que Libon travaille particulièrement ses dialogues car il sont réellement hilarants, à base de quiproquo et de non-sens mais caricaturant toutes les expressions que l'on peut entendre dans la vie courante, on a vraiment l'impression d'entendre des gens se parler. Jacques ? Sans aucun doute une des meilleures BDs que je n'ai jamais lue, hilarante, tendre et poétique (le personnage de Jacques est un vrai gentil). Tome 1 : 5/5 !!!!! Tome 2 : 5/5 !!!!! Tome 3 : 4.5/5 ! (je prie pour que ça ne soit pas le dernier de la série...) Mais je connais la série, qui est comme un bon vin, qui se bonifie au fil des relectures (j'ai relu moult fois le tome 1). Nul doute que l'année prochaine, les histoires de ce dernier album seront aussi cultes à mes yeux que la "Mamiiiiie de Satan" ou encore "Ma vie avec le monstre de Loch Ness" du premier tome.
Quai d'Orsay
Cette bédé fut pour moi l’occasion de découvrir le talent de Christophe Blain, dont je trouve que le style minimaliste est utilisé ici à très bon escient. S’il a une façon bien à lui de représenter les gestes et les démarches, on sent qu’il s’est particulièrement délecté en croquant ce Taillard « de Villepin » de Vorms, avec ses grands gestes tournoyants et ses immenses mains hyper expressives, où sont contenues toute la démesure et l’impétuosité du personnage. Quant à son visage, profilé comme une fusée et surmonté d’un corps imposant qui évoque parfois une sorte de prince des ténèbres, c’est du grand art en matière de caricature : malgré un minimum de détails, on le reconnaît tout de suite le Galouzeau ! La mise en couleurs est sobre et élégante. Le format consiste en une suite de petites saynètes bénéficiant tout de même d’un certain ordre chronologique, où évolue une galerie de personnages de façon très réaliste. Et pour cause… la bédé est inspirée de l’expérience de Lanzac au Quai d’Orsay. Quant aux dialogues, ils sont truculents et inspirés, et les situations sont souvent très drôles, avec de nombreux recours métaphoriques bien sentis (Le Minotaure, Star Wars et le côté obscur…). Il faut dire que le personnage du ministre y est pour beaucoup ! En tous cas, je ne sais pas si l’intéressé se reconnaîtra, mais on ne peut pas dire que ce soit particulièrement flatteur pour lui… L’énergie démentielle qu’il dépense pour sa fonction, c’est comme si, tel un vampire tyrannique, il la prélevait directement sur ses équipes, en particulier son directeur de cabinet, Maupas, qui semble usé avant l’âge, le regard vitreux… Pour le reste, cette plongée dans les coulisses de la diplomatie sont aussi passionnante que jubilatoire, on apprend beaucoup et on a vraiment l’impression que, même si cela reste de la caricature, les situations décrites se sont vraiment produites. Une belle réussite, entre récit autobiographique et documentaire, qui confirme que la BD politique a trouvé sa place, dans le sillage de La Face karchée de Sarkozy …
Les enquêtes de Berri et Demontigny
Pour mon 2000 ème avis sur ce site qui compte beaucoup pour moi et qui m'a permis de découvrir des bandes dessinées que je n'aurais sans doute jamais lues, je devais choisir une œuvre particulière. J'ai pris cette vieille bande dessinée québécoise des années 70 et cela pourrait paraître étrange aux yeux d'un européen, mais publier un album de bande dessinée d'origine québécoise était plutôt rare à l'époque. Il faudra attendre les années 80 et surtout les années 90 pour que cela devienne commun. De plus, il porte la mention numéro 1 donc il semblerait que les auteurs avaient prévu une suite qui n'a jamais vu le jour. C'est dommage parce que la série avait un certain potentiel. Les deux personnages principaux manquent un peu de personnalité, mais ils me sont sympathiques. Ce premier et unique tome, 'On a volé la coupe Stanley', est intéressant car il met en scène le club de hockey des Canadiens de Montréal dans leur dernier âge d'or. Ils ont gagné la coupe en 1971, 1973 et de 1976 a 1979. Ensuite, ils n'ont gagné la coupe qu'en 1986 et 1993 et depuis c'est la traversée du désert avec des moments lamentables. Cette histoire permet donc de replonger dans une époque désormais révolue et qui rend nostalgiques les fans de ce club de hockey. D'ailleurs, c'est tout le Québec des années 1970 que l'on retrouve dans cet album. En effet, le dessinateur Girerd était caricaturiste au journal La Presse (et il me semble que le scénariste Arsene était le pseudonyme d'un journaliste de ce journal) et on retrouve non seulement les joueurs du Canadien de l'époque, mais aussi des politiciens (Robert Bourassa, Pierre-Elliot Trudeau, Jean Drapeau, René Lévesque) et des commentateurs sportifs et peut-être d'autres personnalités publiques dont je n'ai pas remarqué la présence. Il y a donc des références qu'un lecteur français ou belge ne comprendrait pas, bien que certains éléments de la société québécoise de l'époque soient plutôt universels (je pense notamment à la représentation de l'extrême-gauche et de l'extrême-droite). Hormis la nostalgie que peut représenter le scénario, celui-ci est pas mal. Les blagues m'ont fait rigoler et l'intrigue est bien maîtrisée bien que de nos jours cela pourrait paraître un peu naïf. Comme je l'ai écrit plus haut, Berri et Demontigny n'ont pas une personnalité forte, mais ils ont l'air terriblement sympathiques. Le dessin de Girerd est très bon. Cela manque parfois un peu de décors, mais globalement c'est réussi. Les caricatures sont excellentes, normal puisqu'il est caricaturiste, j'aime bien les couleurs et ses personnages ont un visage sympathique. Il a parfois un peu de difficulté lorsque ses personnages sont en mouvement, mais ce n'est pas trop grave. Au final, on a droit à une œuvre sympathique qui ne mérite peut-être pas la cote culte, mais je trouve que dans son genre c'est culte et je lui donne donc cette note de toute façon purement subjective. De plus, chaque fois que je lis cette histoire j'éprouve le même plaisir intact, comme si je ne connaissais pas ce que j'allais lire et que je découvrais tout pour la première fois. Ce n'est pas un sentiment que je ressens souvent à la relecture d'un album. Cela n'arrive généralement qu'avec les œuvres que je trouve... cultes. Je ne conseille pas l'achat car je ne sais pas si un européen va aimer cet album et de toute façon je ne sais même pas si c'est trouvable en France ou en Belgique, mais ça existe pour priceminister et bedetheque donc j'imagine que ce n'est pas un truc complètement inconnu. Sinon, un grand merci pour ce site, ses membres et surtout son administrateur responsable de l'existence de ce site dédié au 9ème art !
Le Troisième Testament
Aaah Le Troisième Testament… c’est LA série qui m’a redonné le plaisir à l’époque de lire cet art qu’est la bande dessinée (oui parce que Tintin, Gaston ou Leonard ça va bien 5mn mais à la longue...). C’est aussi la bd qui a révélé Xavier Dorison (scénario) et Alex Alice (dessin) qui ont fait du chemin depuis et ils sortaient d’emblée une série annoncée comme culte dès sa sortie alors qu’il s’agissait quasiment de leur première œuvre respectif. Je ne vais pas écrire un énième résumé sur l’histoire du Troisième Testament, d’autres l’ont fait avant moi mais ce que je peux dire c’est qu’il s’agit sûrement de la meilleure bd parue dans le genre ésotérisme. La comparaison avec le film « Le nom de la rose » de Jean-Jacques Annaud est surfaite car on n’est pas du tout dans une sorte de thriller au moyen-âge. Les auteurs s’en sont inspirés peut-être pour le côté Sean Connery du personnage principal mais la différence s’arrête là. Je ne suis pas trop d’accord non plus avec ceux qui critiquent négativement parce que c’est une série qui se lie dans « son ensemble ». Bin, j’ai envie de répondre oui et non parce que même pris séparément, les 4 albums se valent, le dessin et les couleurs sont superbes et le scénario parvient à tenir en haleine jusqu’à la fin de chaque album et on a qu’une envie, c’est de lire la suite. Et puis forcément que c’est une série qui se lie dans son ensemble puisqu’elle est faite pour tenir sur 4 albums ; comme énormément de séries qui ont un scénario un peu complexe, donc bon… :P Pour ceux qui ne connaissent pas mais qui sont tentés parce qu’ils l’ont un peu feuilleté je conseille direct l’achat en version intégrale que l’on peut trouver à un prix raisonnable sur le net (je ne parle pas de la version Glénat 40 ans introuvable).
Ex Abrupto
En relisant les règles de BDthèque, on peut noter que l'avis 5/5 est réservé aux BD qui marquent véritablement le monde de la BD. En regardant à nouveau mes avis, j'ai aperçu que pour les deux autres BD de Larcenet, j'avais mis 5/5. Et finalement, même en essayant de mettre moins, je mets encore un 5/5 à cette BD. Pourquoi ? Bonne question. Objectivement, on ne peut qu'admirer les dessins de cet opus, qui sont, comme souvent avec Larcenet, un véritable régal. Tout en noir et blanc, plein de noirceur ou plein de blancheur, tout comme Presque. Ce dessin est le support parfait de l'histoire. Car oui, l'histoire de cette BD est quelque peu déroutante. Muette, faite de grands dessins en pleine page ou en deux cases par pages, en format à l'italienne, elle déroute même après plusieurs lectures. Ici, Larcenet aborde à nouveau des thèmes qui le touchent profondément, comme dans d'autres BD : le père, l'artiste, le monde et la violence, les gens, le rêve. Ces thèmes plusieurs fois déclinés se retrouvent ici enrobés par un conte animalier d'un ton très noir. Et Larcenet arrive encore à vous captiver malgré cette "rediffusion". Est-ce par la forme du récit ? Par son ton variable qui vous réjouit le coeur avant de vous replonger dans un état dépressif ? Est-ce par ce ton muet qui vous fait entendre des choses inexistantes ? Je ne sais pas ... mais qu'est-ce que ça m'a plu. Cette BD, c'est typiquement du Larcenet pourrait-on dire. Du style de dessin aux thèmes, on retrouve fortement l'empreinte de l'auteur de Presque. Et comme pour ce dernier, j'ai été touché par le récit. De plus, ce récit peut se relire maintes fois sans problème. On peut toujours en tirer des idées, des sensations, des interprétations. Pour moi, un 5/5 à nouveau mérité, pour une BD et surtout un auteur qui marque de son empreinte la bande-dessinée contemporaine. Une lecture fortement recommandée.
Locke & Key
Attention, chef-d'oeuvre ! Si vous pensez que les auteurs manquent d'imagination et déclinent à tour de cases des références toujours plus galvaudées les unes que les autres, si vous avez envie d'associer autre chose que des super-héros au terme de "comics", si vous aimez frissonner et surtout être totalement surpris, alors Locke & key est pour vous. C'est sans conteste la bande-dessinée fantastique la plus originale de ces dernières années ! Joe Hill et Gabriel Rodriguez ont créé un univers à la fois fascinant et étrange. Exploitant le thème de la maison hantée, ils le renouvellent complètement à un point que sans spoiler la BD, il est difficile de trop en dire. Néanmoins, il va bien falloir quand même vous mettre un peu l'eau à la bouche... Commençons par le commencement : les couvertures. Déjà rien qu'avec elles, surtout celles du tome 1 et 3 (dans la publication française), on a envie d'entrer dans les comics. Ce manoir sur fond de ciel enflammé (tome 1) et cette mystérieuse clé à tête de mort vous hypnotise. Inutile de lire la quatrième de couverture, déjà vous accédez à une préface signée Robert Crais qui vous parle de Joe Hill et vous convainc encore plus de l'utilité de passer la prochaine porte (page), celle devant laquelle un paillasson vous souhaite la bienvenue (à Lovecraft). Ensuite vous ne lâcherez plus l'ouvrage, enchaînerez sur le second puis le troisième et pesterez, parce que le quatrième n'est pas encore sorti... Une frustration assurée par la qualité exceptionnelle du scénario et du graphisme. Car Joe Hill, à qui l'on doit déjà le recueil de nouvelles Fantômes, histoires troubles et le roman La costume du mort, a de qui tenir. Elevé dans le culte du fantastique grâce à un père qui n'est autre que le grand maître de l'horreur Stephen King (et oui !), il a su malgré ça inventer son propre univers, complètement distinct. Le fils de... n'a rien à prouver, c'est déjà un maître en devenir dont d'autres auteurs se réclameront sans doute un jour. Gabriel Rodriguez, lui, illustre magnifiquement cette histoire avec un style clair et lumineux. D'entrée, on est capté par la couleur, les plans, le rythme. Présent, passé s'entrecroisent sans perturber la lecture. Immédiatement, les personnages mis en place vous parlent, vous interpellent. Qu'il s'agisse des membres de la famille Locke, de Sam Lesser, le psychopathe, ou du mystérieux Dodge, vous allez très vite les aimer ou les détester mais tout est fait pour que vous vous y attachiez. C'est sans doute une bonne part du succès de cette BD : l'empathie qui est générée pour les héros. Personnages d'âges différents (du petit enfant de 6 ans à l'adulte en passant par les ados) qui du coup sensibiliseront autant les plus jeunes lecteurs (attention quand même, c'est assez violent, donc disons à partir de 12/13 ans) que les adultes bien avisés. Première prouesse. Deuxième atout, et pas des moindres : la maison. Keyhouse, un personnage à elle seule, et un nom prédestiné, puisque l'intrigue principale tourne autour d'une quête : réunir un maximum de clés cachées dans ce manoir et dont les serrures, une fois ouvertes, débouchent sur d'autres univers ou déclenchent des pouvoirs inattendus sur ceux qui les utilisent. Hill et Rodriguez ont imaginé toute une mythologie autour de ces clés qui évidemment ne va se dévoiler qu'au fur et à mesure que ces dernières sont découvertes. Et c'est sans compter une entité, un être diabolique, manipulateur, qui cherchera à s'en emparer en premier, mais Dieu seul sait ce que la réunion de ce trousseau déclenchera... Le tome 3, plus sombre, puisqu'il joue avec les ''Ombres'', prend une dimension superbement gothique. Publiée aux USA en fascicules mensuels, la série touche bientôt à sa fin. Les auteurs ont même créé un opus spécial : Guide des clés connues. Les éditions Milady ont réuni en recueil chacun de ceux qui constituent un acte entier (1 recueil compte 6 opus). En fin de recueils, on retrouve des galeries d'illustrations somptueuses de Rodriguez et une partie du fameux guide des clés y est intégré en rapport avec celles déjà découvertes. A noter qu'outre les nombreux prix ou les nombreuses nominations qu'ont eu ce comics et ses auteurs, une série télévisée a été amorcée. Plusieurs grands noms de la production ont été évoqués, Dreamworks, Steven Spielberg... mais finalement, seul le pilote a été tourné (voir la bande-annonce ci-dessous). Parmi les actrices, on retrouve la très gothique Ksenia Solo (Kenzi dans la série TV Lost Girl) dans le rôle de Dodge. Il semble pour l'instant que le projet ait été avorté en raison des coûts de production trop élevés et que la plupart des grosses chaînes américaines se soient retirées. Néanmoins, il faut de toute façon commencer par le comics. Vous ne le regretterez pas. lien vers la bande annonce
Sin City
Ayant attrapé un genre d’allergie aggravée envers les polars dont les scénarios ont du mal dorénavant à me surprendre, la note maximale se justifie amplement pour « Sin City » car je n’ai pas pu lâcher la série avant la fin, et même si au détail je ne pourrai mettre la note culte à chacun, c’est un tout indissociable (ou presque). J’ai adoré cet univers à l’air épais et lourd, peuplé de gonzesses fabuleuses et de mâles couillus ou minables, quand ils ne sont pas mentalement défaillants. Frank Miller nous présente des nanas bouillonnantes, débordantes de classe, aux corps divins et au caractère bien trempé (gare aux cons et à leurs couilles), là où la plupart des B.D. dans le même exercice n’arrivent qu’à verser dans une vulgarité consternante. Les mecs ne sont pas en reste, Marv ! (putain Marv j’adore !), Dwight ou encore Le Chevelu, sont charmants, attachants et très agréables à regarder dans ce noir et blanc qui les met en valeur, malgré leurs cicatrices ou leurs gueules bosselées après une bonne bastonnade. Les histoires en elles-mêmes ne sont pas extraordinaires mais leur narration désabusée et acide, la façon dont-elles sont menées à grands coups poings, de mitraille ou de savants coups de sabre, l’originalité de cette ville décadente, le bagout des personnages et le graphisme tout simplement fabuleux, donnent à ce polar une ambiance glauque et paradoxalement apaisante, tout comme la violence qui s’y trouve telle une règle du jeu indispensable et un élément fort du récit. On est dans la surenchère à bien des niveaux, mais c'est foutrement bon. Tome 1 :
« Sin City », un premier tome parfait à tous les niveaux, où l’on fait la connaissance de Marv, dommage qu’il ne soit pas plus présent dans les autres tomes.
Tome 2 :
« J’ai tué pour elle », un peu classique côté scénario mais les personnages font toute la différence.
Tome 3 :
« Le grand carnage », le tome où l’on côtoie le plus la vieille ville et ses habitantes, une pure délectation, comme sont titre l’indique c'est une véritable tuerie, un tome jouissif tout à fait dans mes goûts.
Tome 4 :
« Cet enfant de salaud » ne m’a pas du tout touchée, l’histoire tarde à se mettre en place, l’apparition d’une mioche qui risque de ce faire violer mais qui est sauvée in extremis, m’agace. L’ambiance est là, mais c’est le seul tome que personnellement j’exclue de la série. Et puis l’apport de ce jaune cocu, quelles horreur !
Tome 5 :
« Valeurs familiale », un peu moins bon niveau scénario mais le personnage de Miho a fait mon bonheur.
Tome 6 :
« Des filles et des flingues » étant composé d’histoires courtes, on y trouve de tout du bon et du moins bon et n'est pas vraiment indispensable, par contre j’ai adoré les scènes enneigées, sublimes de beauté.
Tome 7 :
« L’enfer du retour », un très bon dernier tome, presque un peu à part au niveau de l’histoire, étant moins reliée aux autres, les personnages sont tout aussi intéressants à suivre que ceux des premiers tomes et l’ajout d’une touche de couleur est intéressante.
Walking Dead
Si vous voulez bien me pardonner cette expression populaire, Walking dead, c'est une tuerie ! Et je m'étonne encore de m'y être attachée moi qui ai toujours détesté les zombies. J'ai bien tenté de regarder quelques films cultes (dont quelques navets... quelques fois, mais qui ont marqué les grandes heures du cinéma d'horreur et dont je vous épargne la longue liste) comme La nuit des morts-vivants de Romero (un classique) ou plus récemment, 28 jours plus tard de Danny Boyle>. Mais il aura fallu un livre (War World Z de Max Brooks) et un comics, dont nous parlons ici, pour que je trouve en la figure du zombie quelque chose intellectuellement plus transcendant que les boucheries grand-guignolesques de nos amis cinéastes des années 70-80. L'intérêt, je le trouve dans l'approche psychologique faite des gens qui sont confrontés à un monde en mutation dans lequel ils ne sont que des victimes en sursis, des survivants mal-en-point, terrorisés, affaiblis, ou au contraire de nouveaux héros, leaders en puissance ou dictateurs à l'échelle des petits groupes qu'ils protègent, manipulent, asservissent. Toute la palette des horreurs et des épreuves que peuvent endurer certains hommes, tous les actes de bravoure, de courage, d'affection qui se révèlent là où on ne les attend pas, tout ça constitue l'univers terrifiant de Walking dead. Les zombies ? Ils sont une métaphore de tous les dangers qui peuvent anéantir l'humanité. Ils sont à la fois virus, pandémie, guerre nucléaire, tremblement de terre, ils sont les voyous qui vous agressent le soir en rentrant chez vous, ils sont la maladie qui décime vos proches, ils sont le conducteur ivre qui vous rend infirme, ils sont le danger, la peur, les risques absolus. Désormais, le zombie prend une dimension différente : l'humanité et sa survie déprendra de sa capacité à gérer le danger. Le scénario de Robert Kirkman tend complètement dans ce sens et tout en mixant violence, survie et psychologie, il traite avec parcimonie du deuil, du libre arbitre, du suicide, du passage de l'enfance à l'adolescence, de confiance, de racisme, d'identité sexuelle, d'amitié, de (re)construction psychologique ou matérielle, de folie, de la foi, des paradoxes intérieurs etc. etc. Rien n'est laissé au hasard. Pas un seul personnage n'est inutile. Certains, d'abord en second plan, finissent sous les feux de la rampe pour le meilleur, comme le pire. D'autres que l'on croyait partis pour "durer", sont rapidement éjectés du groupe ou victimes des "rôdeurs". Certains suivront leur propre voie, d'autres développeront des compétences inattendues. Hommes, femmes, enfants, blancs, noirs, asiatiques, riches ou pauvres (ce qui n'a plus de sens au moment du récit), vieux ou jeunes, tout le monde se retrouve à égalité devant le danger. Même le plus fort peut se retrouver surpris et mordus d'autres, plus faibles et couards, s'en sortiront toujours. Robert Kirkman force le respect en sachant jouer de la roulette du destin. On est donc constamment sous tension, ne sachant pas d'une page à l'autre qui va disparaître, tomber malade, voire se tuer bêtement. Les scènes de violence n'ont d'égales que la qualité du scénario qui les enrobe. Rien n'est jamais tout blanc ou tout noir. Certains actes ultra violents paraîtront encore plus insupportables s'ils sont promulgués par des "gentils". Les vrais méchants eux, n'auront que notre mépris et notre dégoût alors qu'on pourra ressentir de la pitié pour les premiers. Le lecteur est clairement la première victime de ces enchaînements de paradoxes psychologiques auxquels les héros sont confrontés d'autant qu'il apparaît ainsi que la violence bestiale des morts-vivants est presque bien moins dérangeante que celle engendrée par les humains entre eux ou contre les zombies. Le dessin de Charlie Adlard est bien évidemment la clé de voûte de l'ambiance si particulière de Walking dead. Entièrement en noir et blanc, il se décline en des cases les plus variées les unes que les autres : de la case traditionnelle on passe à des pleines pages incroyables ; certaines cases de bas ou de haut de page utilisent l'intégralité de la double page imposant une lecture des cases en-dessous également sur de la double page ; on a droit aussi souvent à des successions de trois cases identiques, symbolisant, l'immobilité, la prostration, que seul un infime détail de la troisième case la distingue des deux premières. Je ne développerai pas trop sur la série télévisée tirée du comics, toutefois, je préciserai que cette adaptation est très libre et que s'en contenter serait sacrilège. Certes, certains passages sont renforcés à l'écran (la scène de la grange dans la saison 02 par exemple) mais il se passe tellement plus de choses dans le comics que je ne peux que vous conseiller sa lecture avant même de vous aventurer à regarder la série. Voilà donc une série qui marquera sûrement un tournant dans ma vision de la BD américaine, loin des super-héros costumés de chez Marvel. Je ne sais pas si vous vous laisserez embarquer dans cette aventure terrifiante dont personne ne sait si le lecteur sera épargné. Une chose est sûre après 15 tomes déjà parus, la demande ne se relâche pas. Espérons juste que le scénariste saura aussi s'arrêter à temps avant de sombrer dans une routine éditoriale qui pourrait signer le désintérêt des passionnés de la première heure.