Gé-nial ! :)
Je me suis littéralement fendu la poire !
Les gags sont très drôles et le sentiment de vécu est très bien transposé.
J'ai, dès les premières pages, éprouvé beaucoup de sympathie pour notre héros, qui n'est autre que l'auteur lui-même. En effet, je partage quelques points communs avec lui, comme le fait de ne pas écouter ce qu'on me dit (parfois même les réponses aux questions que je pose moi-même ! :8 ), et, auparavant, je manquais aussi de confiance en moi...
Lisez les avis ci-dessous, on peut presque tous se retrouver un tant soit peu en lui!
Bref, notre personnage principal est attachant, car il est authentique. Il nous raconte des épisodes de sa vie au cours desquels sa timidité excessive et son introversion l'ont tourné en ridicule ou copieusement désservi. Il prend suffisamment de recul par rapport à ces situations pour les rendre très drôles.
Certaines cases m'ont vraiment fait m'esclaffer, et j'ai même failli me faire remarquer à la bibliothèque.
Fabcaro a un talent particulier pour mettre très facilement en image certains traits de caractère. Je pense notamment à la série de cases où il explique qu'il s'adapte à son interlocuteur en s'identifiant à lui, en reprenant son champ lexical. Dans ces cases, Fabcaro apparait en effet transfiguré, déguisé en son interlocuteur. J'ai trouvé ça excellent! :)
Graphiquement, je suis friand de ce type de noir et blanc clair, net, précis et efficace. C'est jeune, c'est frais, c'est parfaitement lisible et très agréable à lire.
J'incite les autres membres à découvrir ce petit ouvrage sans prétention, franchement, il mérite plus que 5 avis.
(150)
Tout d'abord, respect au dessinateur Ruizgé. Ce que j'ai lu là est graphiquement d'une qualité rare.
Ensuite, bravo à la scénariste qui signe ici la série que je préfère de ce qu'elle a produit ! Une uchronie à mon sens génialement imaginée ; et si ce n'étaient pas les Européens qui envahissaient l'Amérique du Sud, mais les Indiens d'Amérique du Sud qui bien plus tôt débarquaient en Europe... Elle a pu dépeindre le choc des cultures avec brio dans une épopée riche et intelligente.
Cette uchronie m'a rappelé une pensée de Claude Lévy-Strauss dans "Histoire de Lynx", qui en substance disait qu'au lieu de l'immense gâchis perpétré par les émissaires de la péninsule ibérique, il était bien dommage que les peuples de l'Amérique du Sud et de l'Europe ne se soient pas rencontrés à l'époque de la Grèce Ancienne, où le degré de civilisation était à peu près le même, et où les échanges de cultures auraient été profitables à tous, sans que chacun puisse prétendre à une quelconque supériorité militaire.
Revenant à la série, un réel coup de cœur en ce qui me concerne.
Un premier tome très réussi, une histoire fantastique teintée d’horreur signée Joe Hill qui n’est autre que le second enfant de Stephen King.
L’histoire démarre très vite, elle est captivante, bien rythmée, la psychologie des personnages est analysée finement, un livre qui m’est tombé des mains à la dernière page (168 pages).
Une mention spéciale pour la description des personnages criants de vérité dans leurs angoisses et peines.
Le dessin de Gabriel Rodriguez est très clair et joli, la mise en couleur très réussie.
Très bon comics.
Tome 2 et 3
Lors de mon premier post, j’avais l’intime conviction que Lock & Key avait un grand avenir.
Je ne me suis pas trompé. Lock & Key est une grande série de la même trempe que Fables.
Après lecture des tomes 2 et 3 je suis impressionné par la maîtrise du scénario, scénario truffé de rebondissements et de nouveautés, un chef d’œuvre.
Le dessin n’est pas en reste, on est proche de la perfection.
Un tome 2 grandiose : 5 étoiles, le tome 3 un cran légèrement en dessous, donc 4*.
Je n’hésite pas à remonter ma note à 5* après une telle satisfaction
Cette bd est culte, qu'on l'aime ou pas, c'est comme un film, elle a le statut de culte et personne ne peut plus rien n'y faire.
En même temps elle le mérite, et même si la lecture et parfois dure, la faute à un style un peu vieux, beaucoup de "voix off", des dessins eux aussi vieux et souvent sombres et un nombre de pages énorme.
C'est pour moi un monument de la BD, qui m'a fait réfléchir pendant toute la lecture à beaucoup de choses : un gouvernement totalitaire et fasciste, la suppression et la répréhension de la culture sous toutes ses formes, le résistant et ses actes qui font qu'on le condamne mais qu'on ne peut s’empêcher de l'apprécier.
Cette bd est à lire, et en entier afin, au minimum, de se faire un avis en tout connaissance de cause.
Je viens de tout relire ! Après 125 avis, je me rends bien compte que le mien ne changera pas grand chose aux statistiques .....
J'avais oublié, de mes lectures d'enfance, combien cette série est tout bonnement extroardinaire !
Certes on pourra dire avec raison que Tintin est typique d'un milieu petit bourgeois, que la présence féminine manque totalement de présence, de diversité, et d'intérêt, que certains rebondissements sortent du chapeau d'un magicien ... et tout cela est bien vrai !
Mais pour tout le reste, quelle formidable épopée à travers tous continents, quelle merveilleuse photographie de la moitié du 20ème siècle et de ses idées reçues (entre 1930 et 1980), quel humanisme et aventures se dégagent au travers de son héros, et quel humour ravageur au travers du capitaine toujours hautement truculent.
Et quel graphisme d'une sobriété, d'une efficacité, et d'une beauté, inouïes !
Pour ma part, sans conteste un absolu de la BD, rien n'arrivant selon mes perceptions à la cheville de cette grande oeuvre !
A lire à relire, et à re-relire ....
(Je viens de relire les Astérix au complet ... c'est géant, ... mais vraiment pas du même tonneau ...)
La crème de Crumb (tiens quand j'écris le titre à l'instant, j'ai des idées salaces, je n'avais pas pensé au double sens) se veut le condensé et le concentré même du meilleur jus de la production de Robert Crumb considéré comme la tête de pont de la veine underground du comics américain des années 1960-70.
Publié à l'occasion d'une exposition consacrée au sieur Crumb au musée d'art moderne de Paris - que j'invite tout un chacun à aller voir jusqu'au mois d'août, cette compilation contient de très bonnes histoires de différentes longueurs. Elles sont assez crues pour certaines et pour cela à réserver à un public averti. On y trouve par exemple des histoires d'inceste dans une famille, une histoire avec un bébé géant qui ne tête pas que le lait de sa mère ou encore les aventures de Whiteman l'archétype de l'américain moyen au look de Clark Kent qui se fait enlever par une femme big foot. On y retrouve aussi quelques histoires autour de la passion de l'auteur qu'est la musique blues du début du XXème siècle.
Pour ma part qui avait déjà lu plusieurs des publications des éditions Cornelius auparavant avec un format un peu plus grand dans la collection Solange, j'ai été agréablement surpris de ne pas trop retomber sur des histoires que j'avais déjà lu. Bien sûr j'en connaissais certaines mais cette brique permet d'appréhender l'étendue de l'oeuvre de Crumb et de découvrir ses personnages tels Fritz the cat, Mr Natural ou Snoïd. A cela s'ajoute une longue interview de plusieurs dizaines de pages qui ouvre le recueil. Il s'agit d'une interview faite en 1986 mais qui révèle bien toute la psychologie du bonhomme. Il y parle de pleins de sujets comme de ses débuts, de ses déboires financiers et juridiques notamment de l'affaire autour de "Keep on trucking", de ses mariages mais également des expériences avec le LSD et ses effets sur son oeuvre.
Bref on sent dans ses histoires transpirer toutes les angoisses de l'auteur dans une société américaine qui ne lui correspond pas, la frustration aussi notamment vis-à-vis des femmes bien charpentées qu'il affectionne, et il rend cela magnifiquement bien. Ajoutez à cela un dessin qui quoi qu'en dise Crumb sur le fait de camoufler ses imperfections par un habile système de hachures, personnellement je trouve superbe. Il y a toujours quelques histoires qui me laissent de marbre dans le lot, mais ce livre me paraît être le meilleur publié jusqu'ici en France. Pour un néophyte, je conseillerai de commencer par celui-là d'autant que son prix est raisonnable par rapport à la quantité. Avis à ceux qui veulent découvrir l'auteur, et aux autres qui connaissent déjà mais peut-être pas tout.
Franchement, une des meilleures BD que j'ai jamais lues...
Le dessin est magnifique, le scénario est d'une qualité exceptionnelle, l'écriture est excellente...
Les passages écrits en alexandrins sont un pur bonheur, même pour moi qui ne suis pas fan de poésie...
De plus, je n'adore pas non plus les séries dans lesquelles les personnages animaliers sont mêlés aux personnages humains mais dans celle-ci c'est tellement bien fait!!!
Et puis l'humour, combien de fois l'auteur a réussi à me faire rire, ce qui n'est pas fréquent quand on est face à une bande dessinée (d'aventures de surcroît !!!)
Enfin bref, je vous conseille vivement cette BD et je vous recommande de la lire lentement en prêtant attention aux détails qui sont dans les dessins (on trouve plein de clins d'oeil à d'autres oeuvre , de petites blagues au second plan, ...)
Ah, quelle chance vous avez, vous qui ne l'avez pas encore lue, profitez-en bien !!!
Avis à tous les bédéphiles en deuil de De Cape et de Crocs : la relève est peut-être déjà là !
Ce premier tome en tout cas met la barre très haut et promet beaucoup pour la suite. Un univers fait de bric et de broc, un bestiaire improbable mais cohérent, des dialogues savoureux, humour, aventure, absurde... le tout avec un usage très sûr de l'ellipse et sans jamais laisser le lecteur sur le bord de la route (au contraire par exemple de La Nef des fous, qui part dans tous les sens sans épine dorsale). En 46 malheureuses planches, tout un monde est posé, les personnages loufoques sonnent juste, des tonnes d'idées malignes sont semées un peu partout, et à la fin on a immédiatement envie de connaître la suite (frustration, frustration...). Bref, si on s'en tient uniquement au scénario, c'est de la haute couture. Les enjeux demeurent encore flous, mais des questions sont posées et on sent que les auteurs en ont sous la pédale. Une seule crainte (comme d'habitude dans ce genre de série): que la suite ne soit pas à la hauteur, que le scénario se disperse, ou que les albums se multiplient face au succès (qui serait mérité) et que l'histoire se dilue sans jamais finir.
Quant au dessin, eh bien... c'est un feu d'artifice. On pousse sans cesse des Aaah et des Ooooh, c'est un régal à chaque planche, à chaque case, et jusqu’au plus petit détail en arrière-plan, avec quelques références discrètes à d'autres œuvres ou à notre monde, mais sans que ce soit lourdingue ou systématique. Je ne connaissais pas Andreae, je crois que je vais me pencher d'urgence sur son travail.
Concernant la remarque d'une lectrice qui se plaignait de la plastique outrancière du personnage féminin principal : moi qui suis très irrité par ce genre de gratuités, j'y ai cette fois vu un angle parodique qui m'a mis en joie. Et pour une fois, le physique plantureux d'une jeune femme a une raison d'être dans le scénario. J'attends la suite, mais je pense que ce personnage est beaucoup plus consistant que ce qu'on pourrait imaginer de prime abord.
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C'est les bonnes critiques sur BDthèque et le nombre de "Culte !" qui m'ont poussée à acheter ce gros pavé de 600 pages (602 pour être précise). En plus, plusieurs des aviseurs le comparaient à la série Friends, une de mes séries cultes que je ne me lasse pas de revoir. Donc ni une, ni deux, je me plonge dans sa lecture... pour en ressortir plus que comblée !
Fondamentalement, il ne se passe pas grand chose, juste la vie quotidienne d'une bande de potes avec ses hauts et ses bas, leurs histoires de coeur, leurs problèmes au boulot,... rien de bien passionnant à première vue. Mais Alex Robinson a le chic pour nous donner envie de tourner la page et d'en savoir plus sur ses personnages. Même si je ne peux pas dire que je me sois vraiment identifiée à un d'eux, je m'y suis attachée très facilement dès les premières pages, que ce soit Sherman et son boulot à la librairie (j'ai retrouvé dans les questions de ses clients le même genre d'absurdités qu'on peut parfois me demander à la bibliothèque), Dorothy et son mal être, Ed et ses problèmes de confiance en soi,...
J'aurais pu avaler les 600 pages d'une traite mais j'ai pris mon temps pour mieux savourer. Et une fois la dernière page tournée, quelle déception qu'il n'y en ait pas plus ! (heureusement, je viens de voir qu'il y avait un tome bonus que je vais me dépêcher de commander chez mon libraire !)
Le dessin quant à lui, sans être exceptionnel, est très bon. Les personnages sont reconnaissables au premier coup d'oeil et le noir et blanc convient très bien à ce genre de roman graphique.
Le seul petit bémol (mais tout petit), comme l'a fait remarquer Michelmichel, vient des coquilles et autres fautes d'orthographe (malheureusement de plus en plus fréquentes dans certains albums, même quand ce n'est pas une traduction).
J'ai hésité entre le franchement bien et le culte, mais vu que je m'y replongerai avec plaisir, il mérite bien un culte !
J’aurais aimé faire montre d’autant de verve qu’Ayrolles pour vous donner l’envie de lire cette magnifique série… mais je n’ai pas son talent…
Aussi vais-je me contenter de vous en décrire l’ouverture. Sur la page de présentation (vous savez, celle où l’on renseigne les noms de auteurs), un petit dessin, comme il est de coutume, nous présente une scène de théâtre, rideau baissé. Première page, le rideau se lève et très rapidement nous allons avoir droit aux trois coups. L’un est asséné sur scène tandis que les deux autres se donnent dans le public et résultent de petites scénettes d’arrière-plan. Au terme de ces trois coups (auxquels on ne fait pas spécialement attention à la première lecture) apparaissent enfin les deux personnages principaux…
Si ça, ce n’est pas de la construction scénaristique soignée, je n’y connais rien !
Longtemps, la série va être à l’image de cette ouverture, emplie d’humour, de richesse en profondeur, de finesse dans la construction et l’emploi de clins d’œil. Comment oublier l’entrée en scène d’Eusèbe ? Comment ne pas savourer le second rôle offert à Bombastus (mieux connu de nous sous son nom de Paracelse) ? Comment passer sous silence ces pages bonus, divines surprises qui closent ou ouvrent ces albums ?
Bon, le passage sur la lune s’avèrera un peu longuet. Certes on retrouve toujours les personnages avec plaisir mais l’action vient à manquer tandis que les clins d’œil ont alors parfois tendance à étouffer le souffle épique du récit.
Mais le final arrive à temps. Le dernier tome conclut magistralement la série. Les fils se recoupent, comme dans le plus fin des vaudevilles.
N’oublions pas non plus la belle part apportée par Masbou. Son dessin léché et sa colorisation très lumineuse sont partie prenante dans la réussite de la série. Les personnages sont tous très expressifs et sur-jouent… avec justesse (ahhh, les scènes de pirates maudits !)
Et puis, il y a ce parti-pris de mêler personnages animaliers et êtres humains, un choix qui m’a déconcerté dans un premier temps, au point de me dissuader d’acheter, dans un premier temps toujours, la série. Mais c’est tellement bien maîtrisé et exploité que les auteurs ont réussi à me convaincre de la pertinence d’un tel choix (et pourtant, je suis d’ordinaire allergique à ce procédé).
Voilà ! La série est célèbre et cet avis ne servira sans doute pas à grand-chose… mais il me permet toutefois de remercier messieurs les auteurs pour les nombreuses heures de plaisir que la lecture et les relectures de cette magnifique série m’ont valu.
Chapeau bas…
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Le Steak Haché de Damoclès
Gé-nial ! :) Je me suis littéralement fendu la poire ! Les gags sont très drôles et le sentiment de vécu est très bien transposé. J'ai, dès les premières pages, éprouvé beaucoup de sympathie pour notre héros, qui n'est autre que l'auteur lui-même. En effet, je partage quelques points communs avec lui, comme le fait de ne pas écouter ce qu'on me dit (parfois même les réponses aux questions que je pose moi-même ! :8 ), et, auparavant, je manquais aussi de confiance en moi... Lisez les avis ci-dessous, on peut presque tous se retrouver un tant soit peu en lui! Bref, notre personnage principal est attachant, car il est authentique. Il nous raconte des épisodes de sa vie au cours desquels sa timidité excessive et son introversion l'ont tourné en ridicule ou copieusement désservi. Il prend suffisamment de recul par rapport à ces situations pour les rendre très drôles. Certaines cases m'ont vraiment fait m'esclaffer, et j'ai même failli me faire remarquer à la bibliothèque. Fabcaro a un talent particulier pour mettre très facilement en image certains traits de caractère. Je pense notamment à la série de cases où il explique qu'il s'adapte à son interlocuteur en s'identifiant à lui, en reprenant son champ lexical. Dans ces cases, Fabcaro apparait en effet transfiguré, déguisé en son interlocuteur. J'ai trouvé ça excellent! :) Graphiquement, je suis friand de ce type de noir et blanc clair, net, précis et efficace. C'est jeune, c'est frais, c'est parfaitement lisible et très agréable à lire. J'incite les autres membres à découvrir ce petit ouvrage sans prétention, franchement, il mérite plus que 5 avis. (150)
Luxley
Tout d'abord, respect au dessinateur Ruizgé. Ce que j'ai lu là est graphiquement d'une qualité rare. Ensuite, bravo à la scénariste qui signe ici la série que je préfère de ce qu'elle a produit ! Une uchronie à mon sens génialement imaginée ; et si ce n'étaient pas les Européens qui envahissaient l'Amérique du Sud, mais les Indiens d'Amérique du Sud qui bien plus tôt débarquaient en Europe... Elle a pu dépeindre le choc des cultures avec brio dans une épopée riche et intelligente. Cette uchronie m'a rappelé une pensée de Claude Lévy-Strauss dans "Histoire de Lynx", qui en substance disait qu'au lieu de l'immense gâchis perpétré par les émissaires de la péninsule ibérique, il était bien dommage que les peuples de l'Amérique du Sud et de l'Europe ne se soient pas rencontrés à l'époque de la Grèce Ancienne, où le degré de civilisation était à peu près le même, et où les échanges de cultures auraient été profitables à tous, sans que chacun puisse prétendre à une quelconque supériorité militaire. Revenant à la série, un réel coup de cœur en ce qui me concerne.
Locke & Key
Un premier tome très réussi, une histoire fantastique teintée d’horreur signée Joe Hill qui n’est autre que le second enfant de Stephen King. L’histoire démarre très vite, elle est captivante, bien rythmée, la psychologie des personnages est analysée finement, un livre qui m’est tombé des mains à la dernière page (168 pages). Une mention spéciale pour la description des personnages criants de vérité dans leurs angoisses et peines. Le dessin de Gabriel Rodriguez est très clair et joli, la mise en couleur très réussie. Très bon comics. Tome 2 et 3 Lors de mon premier post, j’avais l’intime conviction que Lock & Key avait un grand avenir. Je ne me suis pas trompé. Lock & Key est une grande série de la même trempe que Fables. Après lecture des tomes 2 et 3 je suis impressionné par la maîtrise du scénario, scénario truffé de rebondissements et de nouveautés, un chef d’œuvre. Le dessin n’est pas en reste, on est proche de la perfection. Un tome 2 grandiose : 5 étoiles, le tome 3 un cran légèrement en dessous, donc 4*. Je n’hésite pas à remonter ma note à 5* après une telle satisfaction
V pour Vendetta
Cette bd est culte, qu'on l'aime ou pas, c'est comme un film, elle a le statut de culte et personne ne peut plus rien n'y faire. En même temps elle le mérite, et même si la lecture et parfois dure, la faute à un style un peu vieux, beaucoup de "voix off", des dessins eux aussi vieux et souvent sombres et un nombre de pages énorme. C'est pour moi un monument de la BD, qui m'a fait réfléchir pendant toute la lecture à beaucoup de choses : un gouvernement totalitaire et fasciste, la suppression et la répréhension de la culture sous toutes ses formes, le résistant et ses actes qui font qu'on le condamne mais qu'on ne peut s’empêcher de l'apprécier. Cette bd est à lire, et en entier afin, au minimum, de se faire un avis en tout connaissance de cause.
Les Aventures de Tintin
Je viens de tout relire ! Après 125 avis, je me rends bien compte que le mien ne changera pas grand chose aux statistiques ..... J'avais oublié, de mes lectures d'enfance, combien cette série est tout bonnement extroardinaire ! Certes on pourra dire avec raison que Tintin est typique d'un milieu petit bourgeois, que la présence féminine manque totalement de présence, de diversité, et d'intérêt, que certains rebondissements sortent du chapeau d'un magicien ... et tout cela est bien vrai ! Mais pour tout le reste, quelle formidable épopée à travers tous continents, quelle merveilleuse photographie de la moitié du 20ème siècle et de ses idées reçues (entre 1930 et 1980), quel humanisme et aventures se dégagent au travers de son héros, et quel humour ravageur au travers du capitaine toujours hautement truculent. Et quel graphisme d'une sobriété, d'une efficacité, et d'une beauté, inouïes ! Pour ma part, sans conteste un absolu de la BD, rien n'arrivant selon mes perceptions à la cheville de cette grande oeuvre ! A lire à relire, et à re-relire .... (Je viens de relire les Astérix au complet ... c'est géant, ... mais vraiment pas du même tonneau ...)
La Crème de Crumb
La crème de Crumb (tiens quand j'écris le titre à l'instant, j'ai des idées salaces, je n'avais pas pensé au double sens) se veut le condensé et le concentré même du meilleur jus de la production de Robert Crumb considéré comme la tête de pont de la veine underground du comics américain des années 1960-70. Publié à l'occasion d'une exposition consacrée au sieur Crumb au musée d'art moderne de Paris - que j'invite tout un chacun à aller voir jusqu'au mois d'août, cette compilation contient de très bonnes histoires de différentes longueurs. Elles sont assez crues pour certaines et pour cela à réserver à un public averti. On y trouve par exemple des histoires d'inceste dans une famille, une histoire avec un bébé géant qui ne tête pas que le lait de sa mère ou encore les aventures de Whiteman l'archétype de l'américain moyen au look de Clark Kent qui se fait enlever par une femme big foot. On y retrouve aussi quelques histoires autour de la passion de l'auteur qu'est la musique blues du début du XXème siècle. Pour ma part qui avait déjà lu plusieurs des publications des éditions Cornelius auparavant avec un format un peu plus grand dans la collection Solange, j'ai été agréablement surpris de ne pas trop retomber sur des histoires que j'avais déjà lu. Bien sûr j'en connaissais certaines mais cette brique permet d'appréhender l'étendue de l'oeuvre de Crumb et de découvrir ses personnages tels Fritz the cat, Mr Natural ou Snoïd. A cela s'ajoute une longue interview de plusieurs dizaines de pages qui ouvre le recueil. Il s'agit d'une interview faite en 1986 mais qui révèle bien toute la psychologie du bonhomme. Il y parle de pleins de sujets comme de ses débuts, de ses déboires financiers et juridiques notamment de l'affaire autour de "Keep on trucking", de ses mariages mais également des expériences avec le LSD et ses effets sur son oeuvre. Bref on sent dans ses histoires transpirer toutes les angoisses de l'auteur dans une société américaine qui ne lui correspond pas, la frustration aussi notamment vis-à-vis des femmes bien charpentées qu'il affectionne, et il rend cela magnifiquement bien. Ajoutez à cela un dessin qui quoi qu'en dise Crumb sur le fait de camoufler ses imperfections par un habile système de hachures, personnellement je trouve superbe. Il y a toujours quelques histoires qui me laissent de marbre dans le lot, mais ce livre me paraît être le meilleur publié jusqu'ici en France. Pour un néophyte, je conseillerai de commencer par celui-là d'autant que son prix est raisonnable par rapport à la quantité. Avis à ceux qui veulent découvrir l'auteur, et aux autres qui connaissent déjà mais peut-être pas tout.
De Cape et de Crocs
Franchement, une des meilleures BD que j'ai jamais lues... Le dessin est magnifique, le scénario est d'une qualité exceptionnelle, l'écriture est excellente... Les passages écrits en alexandrins sont un pur bonheur, même pour moi qui ne suis pas fan de poésie... De plus, je n'adore pas non plus les séries dans lesquelles les personnages animaliers sont mêlés aux personnages humains mais dans celle-ci c'est tellement bien fait!!! Et puis l'humour, combien de fois l'auteur a réussi à me faire rire, ce qui n'est pas fréquent quand on est face à une bande dessinée (d'aventures de surcroît !!!) Enfin bref, je vous conseille vivement cette BD et je vous recommande de la lire lentement en prêtant attention aux détails qui sont dans les dessins (on trouve plein de clins d'oeil à d'autres oeuvre , de petites blagues au second plan, ...) Ah, quelle chance vous avez, vous qui ne l'avez pas encore lue, profitez-en bien !!!
Azimut
Avis à tous les bédéphiles en deuil de De Cape et de Crocs : la relève est peut-être déjà là ! Ce premier tome en tout cas met la barre très haut et promet beaucoup pour la suite. Un univers fait de bric et de broc, un bestiaire improbable mais cohérent, des dialogues savoureux, humour, aventure, absurde... le tout avec un usage très sûr de l'ellipse et sans jamais laisser le lecteur sur le bord de la route (au contraire par exemple de La Nef des fous, qui part dans tous les sens sans épine dorsale). En 46 malheureuses planches, tout un monde est posé, les personnages loufoques sonnent juste, des tonnes d'idées malignes sont semées un peu partout, et à la fin on a immédiatement envie de connaître la suite (frustration, frustration...). Bref, si on s'en tient uniquement au scénario, c'est de la haute couture. Les enjeux demeurent encore flous, mais des questions sont posées et on sent que les auteurs en ont sous la pédale. Une seule crainte (comme d'habitude dans ce genre de série): que la suite ne soit pas à la hauteur, que le scénario se disperse, ou que les albums se multiplient face au succès (qui serait mérité) et que l'histoire se dilue sans jamais finir. Quant au dessin, eh bien... c'est un feu d'artifice. On pousse sans cesse des Aaah et des Ooooh, c'est un régal à chaque planche, à chaque case, et jusqu’au plus petit détail en arrière-plan, avec quelques références discrètes à d'autres œuvres ou à notre monde, mais sans que ce soit lourdingue ou systématique. Je ne connaissais pas Andreae, je crois que je vais me pencher d'urgence sur son travail. Concernant la remarque d'une lectrice qui se plaignait de la plastique outrancière du personnage féminin principal : moi qui suis très irrité par ce genre de gratuités, j'y ai cette fois vu un angle parodique qui m'a mis en joie. Et pour une fois, le physique plantureux d'une jeune femme a une raison d'être dans le scénario. J'attends la suite, mais je pense que ce personnage est beaucoup plus consistant que ce qu'on pourrait imaginer de prime abord. .
De mal en pis
C'est les bonnes critiques sur BDthèque et le nombre de "Culte !" qui m'ont poussée à acheter ce gros pavé de 600 pages (602 pour être précise). En plus, plusieurs des aviseurs le comparaient à la série Friends, une de mes séries cultes que je ne me lasse pas de revoir. Donc ni une, ni deux, je me plonge dans sa lecture... pour en ressortir plus que comblée ! Fondamentalement, il ne se passe pas grand chose, juste la vie quotidienne d'une bande de potes avec ses hauts et ses bas, leurs histoires de coeur, leurs problèmes au boulot,... rien de bien passionnant à première vue. Mais Alex Robinson a le chic pour nous donner envie de tourner la page et d'en savoir plus sur ses personnages. Même si je ne peux pas dire que je me sois vraiment identifiée à un d'eux, je m'y suis attachée très facilement dès les premières pages, que ce soit Sherman et son boulot à la librairie (j'ai retrouvé dans les questions de ses clients le même genre d'absurdités qu'on peut parfois me demander à la bibliothèque), Dorothy et son mal être, Ed et ses problèmes de confiance en soi,... J'aurais pu avaler les 600 pages d'une traite mais j'ai pris mon temps pour mieux savourer. Et une fois la dernière page tournée, quelle déception qu'il n'y en ait pas plus ! (heureusement, je viens de voir qu'il y avait un tome bonus que je vais me dépêcher de commander chez mon libraire !) Le dessin quant à lui, sans être exceptionnel, est très bon. Les personnages sont reconnaissables au premier coup d'oeil et le noir et blanc convient très bien à ce genre de roman graphique. Le seul petit bémol (mais tout petit), comme l'a fait remarquer Michelmichel, vient des coquilles et autres fautes d'orthographe (malheureusement de plus en plus fréquentes dans certains albums, même quand ce n'est pas une traduction). J'ai hésité entre le franchement bien et le culte, mais vu que je m'y replongerai avec plaisir, il mérite bien un culte !
De Cape et de Crocs
J’aurais aimé faire montre d’autant de verve qu’Ayrolles pour vous donner l’envie de lire cette magnifique série… mais je n’ai pas son talent… Aussi vais-je me contenter de vous en décrire l’ouverture. Sur la page de présentation (vous savez, celle où l’on renseigne les noms de auteurs), un petit dessin, comme il est de coutume, nous présente une scène de théâtre, rideau baissé. Première page, le rideau se lève et très rapidement nous allons avoir droit aux trois coups. L’un est asséné sur scène tandis que les deux autres se donnent dans le public et résultent de petites scénettes d’arrière-plan. Au terme de ces trois coups (auxquels on ne fait pas spécialement attention à la première lecture) apparaissent enfin les deux personnages principaux… Si ça, ce n’est pas de la construction scénaristique soignée, je n’y connais rien ! Longtemps, la série va être à l’image de cette ouverture, emplie d’humour, de richesse en profondeur, de finesse dans la construction et l’emploi de clins d’œil. Comment oublier l’entrée en scène d’Eusèbe ? Comment ne pas savourer le second rôle offert à Bombastus (mieux connu de nous sous son nom de Paracelse) ? Comment passer sous silence ces pages bonus, divines surprises qui closent ou ouvrent ces albums ? Bon, le passage sur la lune s’avèrera un peu longuet. Certes on retrouve toujours les personnages avec plaisir mais l’action vient à manquer tandis que les clins d’œil ont alors parfois tendance à étouffer le souffle épique du récit. Mais le final arrive à temps. Le dernier tome conclut magistralement la série. Les fils se recoupent, comme dans le plus fin des vaudevilles. N’oublions pas non plus la belle part apportée par Masbou. Son dessin léché et sa colorisation très lumineuse sont partie prenante dans la réussite de la série. Les personnages sont tous très expressifs et sur-jouent… avec justesse (ahhh, les scènes de pirates maudits !) Et puis, il y a ce parti-pris de mêler personnages animaliers et êtres humains, un choix qui m’a déconcerté dans un premier temps, au point de me dissuader d’acheter, dans un premier temps toujours, la série. Mais c’est tellement bien maîtrisé et exploité que les auteurs ont réussi à me convaincre de la pertinence d’un tel choix (et pourtant, je suis d’ordinaire allergique à ce procédé). Voilà ! La série est célèbre et cet avis ne servira sans doute pas à grand-chose… mais il me permet toutefois de remercier messieurs les auteurs pour les nombreuses heures de plaisir que la lecture et les relectures de cette magnifique série m’ont valu. Chapeau bas…