Les derniers avis (7655 avis)

Couverture de la série Un océan d'amour
Un océan d'amour

Lupano, l’homme de toutes les promesses de qui j’attends beaucoup : Le Singe de Hartlepool, Alim le tanneur, Célestin Gobe-la-lune, L'Homme qui n'aimait pas les armes à feu Mais que récemment je n’apprécie absolument pas : Ma révérence, Sarkozix (Les Aventures de), Les Vieux Fourneaux Autant dire qu’il m’a fallu du temps pour tenter la lecture de cet opus. Cette fois ci quel bijou, une finesse perpétuelle associée à une tendresse remplie d’émotion font de ce récit un monument de plaisir. Les personnages m’ont totalement conquis quelque soient leurs fonctions. Evidemment les deux acteurs principaux m’ont totalement fait chavirer mais toute la galerie de personnages secondaires aussi loufoques les uns que les autres servent le récit avec une force inouïe. Et enfin il n’y a pas de message politique bien lourd derrière l’intrigue ! Graphiquement, ce muet est un chef d’œuvre. La qualité narrative exceptionnelle rend chaque page expressive, chaque visage dégage une émotion, l’humain sort de chaque planche dans toutes ses contradictions et sa fragilité. Après deux précédents déjà muets, notre dessinateur devient une référence dans ce style combien délicat qui tire à mon sens la substantielle moelle de l’essence du 9eme art : la vie dans l’entre deux cases. Cet album extraordinaire est cependant beaucoup trop sincère et « naif » pour truster les prix académiques, elle n’en demeure pas moins à mon sens la meilleure sortie 2014 (et de loin). Tout invite le lecteur à l’évasion, au rêve avec une galerie de personnages magique qui nous montre nombre de réactions détonantes de nos congénères. Jubilation lorsque notre marin côtoie les narcotrafiquants, éclats de rires lorsque notre bretonne danse avec Fidel, rage lorsque tout semble perdu pour le petit face au gros, tendresse pour la pudeur des retrouvailles, amour pour cette mouette déglinguée, toutes les émotions y passent, chapeau… Vous l’aurez compris cet opus rentre dans le cercle très fermé du panthéon. Même noyé dans une production de déluge, les arches de bonheur sont un régal pour les lecteurs sevrés de terreau vivant.

12/03/2015 (modifier)
Par Louison
Note: 5/5
Couverture de la série Tendre Violette
Tendre Violette

Violette est une histoire passionnante, avec un dessin très fin qui dénote de la décadence (à mon sens) actuelle. Et non, ça n'a pas mal vieilli. J'ai 22 ans, découvert Servais l'année dernière : il est désormais mon auteur préféré. Si vous cherchez une histoire d'action, avec des personnages qui ont un destin extraordinaire, qui sont des "élus", qui courent dans tous les sens pour sauver leur peau, alors ne lisez pas Servais. Si vous cherchez des petites histoires empruntes de douceur, de nature et de paganisme, avec des personnages humbles qui prennent le temps d'exister, de regarder la nature se mouvoir autour d'eux (et en eux), qui n'ont pas d'aspiration à devenir des héros ou des gouverneurs (politiques ou financiers) mais qui veulent seulement faire leur temps, apprendre, comprendre et aimer, alors Servais est fait pour vous. Surtout que dans ses derniers ouvrages (L'Assassin qui parle aux oiseaux, Le Jardin des glaces, Les Chemins de Compostelle...), l'auteur agrémente ses histoires de véritables enseignements sur la nature et les techniques artisanales. C'est un véritable message que Servais s'obstine à faire passer, toujours de manière très douce. Un régal pour les personnes en quête de sérénité dans ce monde qui court à sa perte.

12/03/2015 (modifier)
Par Altaïr
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Fun Home - Une tragicomédie familiale
Fun Home - Une tragicomédie familiale

J'avoue que je ne comprends pas bien les autres avis (d'où mon avis vu que je ne viens quasiment plus sur le site :) ), vu que fun home est un vrai coup de coeur pour moi... j'ai trouvé cette histoire passionnante d'un bout à l'autre. Peut-être que le fait que le point de vue soit féminin a aidé, en tous cas je me suis sentie dès le début impliquée dans cette histoire et proche de la narratrice. Et voir petit à petit au fur et à mesure réinterpréter son enfance et son adolescence à l'aune de la révélation de l'homosexualité de son père, et de montrer comment en filigrane ce sont les pressions sociales qui l'ont au final rendu étranger à sa famille, et quel désastre cela a été pour tous, n'est pas une histoire que j'ai souvent lue. Et là je l'ai trouvée très finement analysée. Les quelques réflexions féministes qui parsèment le bouquin m'ont beaucoup plues aussi, les anecdotes sur sa puberté aussi. L'aspect "reportage" sur une certaine époque, et notamment sur la façon dont étaient perçus les homosexuels et comment ils se débrouillaient, était passionnant en soi, aussi. J'ai aimé le ton, aussi - factuel, non dénué d'humour, et refusant l'émotion facile. Une excellente BD, en ce qui me concerne.

10/03/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 5/5
Couverture de la série Rahan
Rahan

Forcément culte! Certains diront que c'est en raison de son côté Madeleine de Proust, la nostalgie qui à encore frappée. Mais au delà de cet aspect, avouons tout de même que pour l'époque c'était quand même du lourd. Toute les semaine pendant ma pré adolescence j'attendais avec impatience la sortie de mon Pif Gadget, parfois, Oh joie!, ce gadget était en rapport avec mon personnage préféré, Ah ce collier, les dieux savent si je l'ai attendu! Alors oui les années passant on peu trouver à redire sur cet homme des âges farouches, très Mc Gyver avant la lettre, qui se sortait de toutes les embuches grâce à son talent, son courage et son profond humanisme. Je ne parle même pas de son look tout en tablettes de chocolat et ses cheveux blonds au vent. Mais bon j'aimais beaucoup, sans doute certaines histoires ont un peu mal vieillies, surtout à l'aune de découvertes récentes et de l'engouement dans l'édition et le cinéma, il n'en reste pas moins que ces aventures ont fait rêver des milliers d'enfants en utilisant des valeurs, ma foi pas si nulles.

09/03/2015 (modifier)
Couverture de la série Broussaille
Broussaille

Pour mon centième avis sur BD-Thèque, je voudrais chanter les louanges de Broussaille. J'aime les histoires, simples et fraîches, dont la fausse naïveté va bien au-delà du scénario pour pré-adolescent qui est la signature du magazine Spirou. Frank Pé construit un univers attachant, surréaliste et cohérent. Les trois premiers albums sont brillants ; personnellement, j'ai un gros faible pour Les sculpteurs de lumière. Ensuite, dans les quatrième et cinquième albums, il faut admettre que le niveau baisse, mais il faut aussi tempérer les critiques qui les accablent : on reste dans le très bon. J'aime aussi le dessin soigné et lumineux de Frank Pé. Il dessine merveilleusement les paysages et les animaux. Et on n'a guère fait mieux dans le style « école de Marcinelle à gros nez ». Lorsque je l'ai découverte, j'ai d'emblée aimé la série Broussaille, et chaque fois que je la relis, je ressens le même émerveillement. Des albums qui passent les époques, se rient du temps qui s'écoule, des goûts qui évoluent et font se sentir éternellement jeune, c'est rare et c'est précieux.

04/03/2015 (modifier)
Couverture de la série Celui qui est né deux fois
Celui qui est né deux fois

Toujours admiratif de Derib dans sa mission d'approche du peuple Indien, qui me passionne aussi, et de la saga Buddy Longway, je devais absolument lire ce triptyque. Je l'ai fait tardivement, vers 2000, et je m'aperçois que je ne l'avais pas encore avisé, quelle ironie du sort ! Ici, la Bd vaut par le dessin qui lui donne une force incontestable ; les dialogues sont peu nombreux, et d'ailleurs, ils seraient superflus. Le récit va plus loin que Buddy Longway, il est uniquement consacré aux Indiens, en l'occurrence des Sioux, on ne voit des Blancs que vers la fin pour mieux souligner le destin tragique du héros. C'est une véritable ode en forme de documentaire à ce peuple magnifique et fier, qui vivait en totale osmose avec la nature, se servant des bienfaits qu'elle procure ; Derib insiste beaucoup sur cet aspect, de même que la démarche est plus mystique que dans Buddy Longway puisqu'elle suit la destinée d'un chaman-guérisseur, dont le contact avec le Blanc sera hélas fatal. Les Sioux se nommaient eux-mêmes les Etres Humains car ils concevaient leur personne comme extrêmement pure et la plus proche de Wakantanka, le Grand Esprit ; imaginez le contraste subi quand ils ont vu apparaître les premiers Blancs, des soldats brutaux, sales et puants, avinés et ne respectant pas leur culture. De tous les Indiens des plaines, les Sioux étaient probablement les plus mystiques et les plus tournés vers la relation spirituelle, la Danse du Soleil en est la parfaite illustration, car elle leur permettait d'entrer en transe et d'avoir une vision. Derib reproduit parfaitement cette cérémonie. Tout ceci n'a évidemment jamais pu être compris par les Blancs qui ont d'ailleurs interdit cette pratique parce qu'elle leur est apparue barbare par la souffrance sanglante endurée. Le mépris de ces peuples et le génocide que l'on sait suivront. La vision très authentique montrée par Derib sur les Sioux est donc loin de l'image folklorique qu'en ont donnée certains films. Il a sans aucun doute eu recours à une excellente documentation, car tout y est bien recrée. Je lis dans les commentaires précédents que les choses sont un peu enjolivées, eh bien pas tant que ça ; ayant beaucoup de livres sérieux sur les Indiens des plaines, je peux dire que Derib n'a pas inventé grand chose, tout est authentique, seule la forme narrative est simplifiée parfois pour éviter la lourdeur, c'est tout... Je le répète, le peuple Sioux est probablement le plus pur, il est différent d'un Apache, d'un Comanche ou d'un Cheyenne qui eux avaient certains travers comme la haine, la jalousie ou l'envie... Le Blanc n'a fait ensuite que les pervertir encore plus dès qu'il a commencé à leur vendre des fusils et de l'eau de feu. Au final, j'aime autant cette Bd pour son humanisme, son émotion et la beauté de ce peuple, que Buddy Longway, où Derib utilise exactement le même graphisme et la même mise en page, avec de grandes cases, un trait épais, chargé et des gros plans de têtes d'Indiens qui sont toujours aussi réussis. Je peux donc sans hésiter appliquer la note maximale à cette véritable glorification envoûtante du peuple Sioux, qui ravira tous les amateurs de cette culture.

01/03/2015 (modifier)
Par Erik
Note: 5/5
Couverture de la série Chroniques de Jérusalem
Chroniques de Jérusalem

Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu un Delisle. j'ai lu bien entendu les fameuses Chroniques Birmanes, Pyongyang et Shenzhen en étant assez critique avec la légèreté de l'auteur. Les années ont passé et voici que j'aborde les chroniques de Jérusalem. Je constate une certaine maturité dans l'écriture. C'est plus dense et l'expérience vécue est très intéressante. Oui, il y a beaucoup de progrès. Bon, en même temps, je viens d'enchaîner avec Palestine de Joe Sacco qui traite plus ou moins du même sujet sur un mode beaucoup plus engagé. Cependant, Delisle est venu avec une naïveté et une candeur absolue sans aucun préjugé, ce qui rend son témoignage parfaitement crédible. En effet, il nous fait partager son expérience du quotidien après une année passée à Jérusalem Est. Pour rappel, Joe Sacco n'avait été qu'une seule semaine à Gaza. Et je dois bien avouer que la position des deux auteurs se rejoignent sur le fait qu'Israël est un Etat pas comme les autres qui opprime véritablement les populations palestiniennes. Les exemples sont nombreux mais cela commence par des petits détails qui montrent l'intolérance d'une partie de ce peuple. On pense bien sûr aux ultra et ou colons ou encore aux soldats. L'actualité du conflit israélo-palestinien est assez récente. L'humour sera moins présent car le sujet est grave. On en ressort totalement vidé avec une exaspération. L'évocation des massacres perpétrés par les arabes sont montés en épingle pour les faire passer pour l'incarnation du mal absolue et justifier une politique inique et injuste. Dans ces conditions, c'est difficile de construire un processus de paix. Bref, ces chroniques nous apportent un nouvel éclairage sur un autre mode que celui de Sacco mais tout aussi intéressant. On retiendra que la vie à Jérusalem est bien difficile.

26/02/2015 (modifier)
Couverture de la série Petites coupures à Shioguni
Petites coupures à Shioguni

Florent Chavouet avait déjà montré qu’il aimait le Japon avec ses carnets de voyage Tokyo Sanpo et Manabé Shima où il se mettait en scène. Il a maintenant passé le cap de la découverte du pays et s'est suffisamment imprégné du Japon pour raconter une histoire qui s'y passe sans chercher à "juste" faire un récit de voyage. Petites coupures à Shioguni est un « polar ». Pas un roman noir rempli de meurtres sanglants mais un livre qui préfère la description d’un quotidien perturbé. Tout est dans l’ambiance de ce quartier parfaitement retranscrit. Jamais l’impression n'est donnée d’un Japon fantasmé par un occidental. Tout paraît juste. Sans cliché. Petites coupures à Shioguni narre plusieurs faits divers se déroulant dans un quartier japonais durant quelques heures d'une nuit. Toutes les histoires se croisent et s'entrecroisent. La trame prend la forme d'un dossier d'enquête où chaque protagoniste raconte sa version de cette nuit. L'intérêt repose sur le fait que, comme dans une enquête de police, la vérité de l'un n'est pas celle d'un autre. L'histoire ne suit pas un ordre chronologique et, selon les intervenants du récit, le spectateur migrera dans le temps à un moment donné de la nuit. La trame, éclatée, rappelle Pulp fiction. Le lecteur est quasi dans le rôle de l’enquêteur et doit lui-même démêler ce puzzle au cours des différents interrogatoires. Ce jeu de fausses pistes, plutôt drôle, est renforcé par la mise en page de l’ouvrage. Formellement, c’est très fort. Le livre alterne cartes de quartier, coupures de presses, notes de dossier, rapports de police, illustrations et bande dessinée. Le dessin est semi-caricatural et les couleurs flashy ne plairont pas à tout le monde, mais cela sort de l’ordinaire. Florent Chavouet explose le format BD habituel, recourant rarement à des cases et des bandes. En feuilletant rapidement le livre, on pourrait croire à tort qu’il s’agit d’un récit illustré. Les magnifiques pleines pages sautent aux yeux. Pourtant, l’art séquentiel est bien en place. Chaque détail a son importance et, souvent, seuls un indice en arrière-plan, un mot dans un carnet ou un article de journal permettent de faire le lien entre les différents événements narrés. Un retour en arrière peut s'avérer nécessaire pour tout bien appréhender. Le superbe boulot des éditions Philippe Picquier est à saluer: le livre est de toute beauté avec son format cartonné et une belle couverture résumant parfaitement l’ouvrage. Par contre, tout ce qui est beau se paie et les 21,50 € à débourser en rebuteront malheureusement plus d'un. Espérons toutefois que le prix du polar obtenu à Angoulême remette en tête de gondole ce livre passé relativement inaperçu lors de sa sortie.

23/02/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Murena
Murena

Au passage des 500 avis il me fallait trouver quelque chose de grandiose, voilà qui est fait avec Murena. Quelle série!, Quelle histoire! En même temps Mrs Dufaux et Delaby avaient de quoi se mettre sous la plume, la Rome antique et la vie des Césars permettaient d'offrir aux lecteurs une geste, une saga, une tragédie à la hauteur de leurs ambitions. Dans l'inconscient collectif, Rome c'est Jules César, quelques noms d'empereurs, Claude, Néron, Caligula, Hadrien ou des noms bizarres comme Sévère ou Commode. C'est aussi les romains qui ont conquis le Gaule et fait prisonnier le célèbre Vercingétorix, une icône nationale. Plus près de nous ce peuple fut utilisé pour faire rire au travers des aventures d'Astérix le Gaulois. Ici les auteurs nous entraine au cœur même de l'empire de l'accession au pouvoir de Néron jusqu'au célèbre incendie de Rome. C'est Dufaux qui signe le scénario et le moins que l'on puisse dire est que celui ci est millimétré. Rigueur historique autant que faire se peut, documentation plus que sérieuse et d'une grande précision sur la vie à Rome à cette époque, les us et coutumes de ce temps sont assimilées et retranscrites de belle manière. Cela permet aux lecteurs, non seulement de suivre une histoire complexe, mais en même temps d'apprendre une foultitude de choses sur le vie de l'empire romain. Tout est fait sans didactisme, sans préciosité, sans ce côté professoral qui aurait pu être un écueil et rebuter le lecteur. L'ensemble est conçut comme ce que j'oserais appelé un véritable thriller antique. L'on sait bien d'ailleurs que nous n'avons rien inventé, tout était déjà là dans le théâtre grec et la mythologie. Nous sommes donc au delà du simple péplum. Et puis cette lecture permet d'aller au delà de ce qui nous est conté, comme un de mes prédécesseurs, je suis retourné voir ici ou là afin de regarder les évènements antérieurs ou postérieurs à cette histoire. Si le scénario est ce qu'il est convenu aujourd'hui d'appeler une claque quand à sa maitrise que dire du dessin! Delaby dans un style réaliste propose du grand art. En dessinant notamment les bâtiments, temples et palais de Rome on aurait pu craindre une certaine raideur, mais rien de tout cela, la qualité du dessin et la colorisation assez exceptionnelle nous donnent l'impression d'être au cœur des choses. Et puis que dire des costumes, des coiffures, des intérieurs et puis, et puis, et puis, tout est magnifiquement en place. Détail d'importance, les visages sont expressifs et les expressions bien maîtrisées renforcent s'il en était besoin le charisme, la forte personnalité de tout ce beau monde. Cette série, et c'est tout à son honneur, ne s'interdit rien. Pas de concession à un quelconque politiquement correct. Tout nous est montré, l'or et la pourpre mais aussi la misère crasse dans laquelle une partie de la population vivait, les coups politiques tous plus tordus les uns que les autres, la bassesse, la compromission des uns ou des autres. De même les "plaisirs " de l'époque: jeux du cirque, orgies, viols, etc... C'était il y a 2000 ans! Que de progrès depuis , n'est ce pas!!! Voilà donc une série incontournable qui bruit de fureur et de passion et ne doit pas être réserver aux seuls amoureux de l'histoire car elle possède de nombreux éléments qui encore aujourd'hui font échos. C'est donc une réussite totale tant au plan scénaristique que graphique. A lire et à faire découvrir.

21/02/2015 (modifier)
Couverture de la série Tyler Cross
Tyler Cross

Excellent fi… bande dessinée pardon, au scénario aux petits oignons mijoté par un Fabien Nury inspiré. Je ne sais pas si Tyler Cross rend hommage aux films de gangsters des années 50, ne connaissant pas personnellement ces films d’époque. J’y ai perçu une attirance vers le cinéma d’inspiration tarantiniesque avec ce côté far-west à la frontière mexicaine, et cette façon de découper le scénario en plusieurs tranches, film choral, où à chaque chapitre on aborde la même scène mais vue à travers le regard d’un autre personnage, apportant un autre point de vue sur les évènements en cours. Pas mal le point de vue du crotale, drôle et acide. Le personnage du patriarche Spencer Pragg me rappelle l’acteur Jeff Fahey dans Machete, aussi bien physiquement que dans son rôle d’hominidé crevarice en quête de pouvoir et d’argent. Les pourris ont la gueule de l’emploi et ils vont grave déguster du calibre 45 dans la margoulette. Il y a aussi un petit côté Daniel Day-Lewis dans There will be blood chez ce Spencer. Une intrigue servie par un dessin de Brüno lui aussi en forme. Je ne suis pas spécialement amateur mais ici le charme a opéré sur ma personne. Je trouve qu’il a un côté Mike Mignola avec un dessin épuré et minimaliste. La différence est que Mignola est plus carré alors que le trait de Brüno est tout en rondeur. Mais c’est clairement une réussite parce qu’il parvient à poser une ambiance, un rythme très lent et bien senti, en raccord avec la chaleur et le désert du Texas où se déroulent les déboires de Tyler Cross, dont le début des péripéties est similaire au début de No Country for Old Man des frères Coen. Les dialogues, sans être une grosse tuerie, sont assez savoureux et déboitent pas mal dans le registre sinistre et graveleux, et qui du coup ne sonnent pas très 50’s mais plus actuels. Un très bon thriller.

17/02/2015 (modifier)