Edit Juin 2021 : une relecture qui a intensifié ma satisfaction de découverte et de curiosité assouvie. On gagne un regard précis sur une partie de l'Histoire et ça, ça n'a pas de prix. Les dessins, bien que discutables par petits moments, collent vraiment parfaitement avec ce récit.
En résumé : 4,5/5. Sur les conseils de mon libraire (après lui avoir dit ô combien j'étais dégoûté de la fin de Barracuda), j'ai acheté cette BD sans connaître les auteurs, ni apprécier le dessin au premier coup d'œil. Et finalement, l'authenticité se trouve partout dans cette aventure et les dessins s'adaptent bien au récit. C'est la meilleure BD historique que j'ai pu lire jusqu'à présent, celle qui ne cherche pas plus d'artifices que l'Histoire elle-même.
Sur la forme, c'est impeccable. Les chapitres sont salvateurs en apportant une structure claire au récit de 260 pages. Chaque page de chapitre donne un résumé et des citations de Voltaire et Rousseau pour paraphraser l'aventure… Et tout au long de l'histoire, l'auteur cherche à prouver la cohérence historique: la narration est en partie tirée du véritable carnet de bord du lieutenant Saumarez et plusieurs tableaux réalisés par l'officier Brett sont admirablement représentés... Et pour finir, à la fin de la BD on trouve un planisphère traçant le périple de l'escadre et quelques pages pour savoir ce que sont devenus les survivants après leur retour en Angleterre. On peut dire que le sujet est traité à part entière !
Pour les dessins, je me suis fais violence et j'ai fini par accepter facilement ce rendu esquissé et ces personnages parfois difformes. A quelques endroits, je me suis quand même dit que le dessinateur n'avait pas "fini son boulot". Par contre, je trouve les plans larges vraiment superbes. Aussi, j'ai tout de suite apprécié l'écriture cursive qui participe à rendre l'ensemble homogène. C'est une affaire de goût mais je conseille vraiment aux plus rebutés de repousser leurs limites pour, au moins, ne pas louper cette page historique criante d'authenticité!
Au niveau du récit donc : pas de sentimentalisme (faut partir du principe que tout le monde peut crever), pas de femme (à 5/6 cases près). Ici, on se base sur des faits! Et le résultat est bluffant : j'ai eu le sentiment incroyable de m'être introduit dans le quotidien d'une escadre de la Royal Navy du XVIIIème siècle. J'trouve ça dingue!!! On apprend et on comprend tout : étapes de navigation, stratégies du Commodore, le jeu hiérarchique, la gestion des hommes, la nourriture, les maladies, le pillage et les parts du butin... C'est un énorme travail de mise en situation historique!
En choisissant le réalisme, les auteurs veulent cibler notre regard sur le travail titanesque, la misère et la mort des marins au quotidien. Finalement, c'est une grande histoire populaire que les auteurs parviennent à nous offrir. A l'inverse, on est désabusé des butins pillés, destinés à remplir les caisses de l'empire britannique. L'histoire telle que racontée appuie sur le fait qu'à cette époque, la guerre n'était rien d'autre que des actes de pure piraterie.
Coup de cœur !
Tout simplement la plus grande série de BD que j'ai lue à ce jour, et j'ai une collection de plusieurs milliers de titres... Charlier est pour pour moi le plus grand scénariste de BD de tous les temps.
J'adore, je suis une très grande fan de la série et attends d'ailleurs la suite avec impatience !
J'ai acheté les 2 tomes avec en plus le comic DC Univers Rebirth Deathstroke et j'ai commencé Super sons juste pour encore profiter de ma team préférée !
Je sais qu'il ne faut pas abuser des 5/5 mais pour moi c'est le top ! Ça m'a même poussé à acheter l'intégrale de "New Teen Titans" pour vous dire !
Damian, Robin peut vraiment passer pour un sale type à un point que même son passé ne l'excuse pas, mais la présence de Raven lui donne une toute autre dimension. Pour information : Raven a des pouvoirs empathiques qui lui permettent de ressentir ce que les autres ressentent. Grâce à ses interventions, on apprend par exemple que Robin respecte Super-Boy, ce qui n'est évident ni pour les personnages ni pour le lecteur.
Vraiment, je conseille ! Ce comic n'est pas assez mis en valeur et c'est bien dommage, car l'adolescence des héros est souvent l'évolution la plus riche à découvrir. J'en tiens pour preuve les précédents Robin, l'autre Kid-Flash, Speedy,...
Désolé pour mes fautes d'orthographes.
Je note rarement 5, mais c'est la BD qui m'a fait le plus rire dans cette catégorie.
Je n'adore pas les BD d'humour, mais quelques auteurs méritent selon moi un détour comme Tronchet, Reiser, ...
A relire dans le contexte actuel.
L’Arabe du futur, 5 tomes parus qui nous ont menés de la Libye du colonel Kadhafi à la Syrie d’Hafez Al-Assad en passant par la Bretagne. Fils d’un couple franco-syrien, Riad Sattouf raconte son histoire à hauteur d’enfant puis d’adolescent. C’est pertinent, drôle, tendre, émouvant… L’œuvre est pensée dans sa globalité ce qui donne à chaque album sa place dans la série. Au fil des tomes de cette autobiographie, Riad Sattouf se souvient et raconte avec précision les scènes du quotidien, ses sentiments, ses angoisses d’enfant et d’adolescent dans une famille partagée entre deux religions, deux cultures et deux pays aux sociétés si différentes. L’auteur revient sur le rapport entre le monde des enfants et celui des adultes, dont il se rapproche au fil des albums, sur le poids du père et son insistance à faire de Riad un musulman accompli fidèle aux traditions, sur ses questionnements sur la religion et la spiritualité en général, et sur une vie familiale qui finit par se déchirer, tiraillée entre l’Orient et l’Occident. Cette magnifique série est à la fois un témoignage et une analyse de deux sociétés qui ont du mal à dialoguer entre elles. Le dessin – on dirait du dessin de presse - est d’une sobriété très efficace. Pas besoin de décors, seuls les personnages captent l’attention et c’est le but de l’autobiographie. Un grand coup de cœur pour cette série !
La suite directe de l'excellent manga Blue Giant n'est pas moins excellente.
Nous retrouvons Dai qui, après son succès au Blue Note (salle mythique de la scène jazz japonaise) décide qu'il doit voyager afin d'approfondir son jeu. Il garde les yeux rivés sur son objectif premier : Devenir le meilleur jazzman au monde !!
L'écriture de cette série, à l'instar de la précédente, est grandiose, le rythme n'est pas sans rappeler celui effréné d'un Art Blakey, grand batteur jazz qui pouvait taper ses peaux à des allures folles comme plus lentement, mais toujours sur le bon moment. L'aventure de Dai s'apparente à un morceau de jazz, tantôt la violence et la rapidité nous essouffle, tantôt l'accalmie annonciatrice d'une future tempête ou d'une fin de morceau nous permet de souffler un peu. Le dessin serait la mélodie qui permettent d'adoucir la violence du rythme, un dessin suffisamment nerveux pour donner vie à ce jazz rapide, mais aussi beau et précis qui peut rappeler la mathématique d'une partition.
Je m'égare dans une métaphore que je ne maîtrise pas vraiment, mais cette série a cet effet, elle emballe tellement le lecteur (moi en l'occurrence) que le flot des mots devient incontrôlable. Blue Giant a été l'un de mes plus grands coups de cœur manga, "Blue Giant Supreme" continue dans la lancée avec un brio incroyable.
J'ai lu deux fois la BD. Quel régal, quelle fraîcheur. On y trouve de l'humour, de l'instruction, de l'actualité, un peu de suspense et du vécu. On a l'impression de vivre la même aventure, on entre dans l'histoire et on vit les émotions d'Emmanuel.
Les dessins sont fabuleux et chapeau.
Je la relirai encore car c'est une BD riche mais super accessible et humaine.
Bravo Emmanuel.
Ce qui est drôle, avec Fabcaro, c'est que c'est à chaque fois la même recette que l'album précédent et pourtant, c'est toujours plus barré et plus drôle. Pour l'instant, de ceux que j'ai lus, je trouve que Et si l'amour, c'était aimer ? est son point culminant dans l'absurde et dans le rire. Le décalage entre ses dessins figés, au trait sérieux voire limite austère, et ses dialogues ridicules, pseudo-philosophiques et toujours hilarants atteint un joli degré de perfection.
Je ne sais pas si c'est moi qui m'habitue et savoure davantage l'humour de Fabcaro à chaque album, ou si c'est effectivement chacun de ses albums qui révèle une maîtrise de l'absurde toujours plus forte (pourtant, je ne les lis pas dans l'ordre de parution), mais là, vraiment, j'ai trouvé ça absolument génial. A chaque page, Fabcaro atteint une forme d'équilibre de l'excès (si j'ose dire) très étonnant, finalement assez difficile à décrire de manière juste. C'est n'importe quoi, c'est carrément too much, c'est grotesque et débile, mais il y a un sens de la mesure et du timing comique vraiment exceptionnel, qui crée une alchimie irrésistible.
Le dessin est terriblement efficace, avec ses plans fixes en contradiction avec les dialogues (les personnages décrivant ce qu'ils voient et que, donc, le spectateur ne voit pas). Très paradoxale, comme tout l'art de Fabcaro, il y a là une science du plan juste à la fois très cinématographique (on imagine les personnages parler face caméra - c'est sans doute plus télévisuel à la Kaamelott que cinématographique -, on les entend même dans notre tête) et pas du tout (une absence totale de montage qui créerait un film chiant au possible si on en tentait une adaptation littérale).
En fait, Fabcaro, c'est ça : l'art du paradoxe poussé à l'extrême. C'est tellement bête, mais pensé de manière tellement intelligente. C'est aussi complexe que ça a l'air simple. C'est ridicule voire bouffon, mais en même temps, le ton extrêmement pince-sans-rire de l'ensemble donne à la BD une élégance et une finesse inattendues. Bref, c'est tout et son extrême. Il n'y a pas vraiment de mots pour décrire ça. Bref, c'est du Fabcaro.
Un monde post-apocalyptique vraiment original avec un dessin qui le rend bien. On ne sauve pas le monde, les survivants ne vivent pas dans l'horreur, il n'y a pas de zombies, etc... Toutefois la mythologie de cet univers, inspirée de la mythologie nordique, est particulièrement bien construite.
Des personnages attachants et une histoire qui tient la route.
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Le Voyage du Commodore Anson
Edit Juin 2021 : une relecture qui a intensifié ma satisfaction de découverte et de curiosité assouvie. On gagne un regard précis sur une partie de l'Histoire et ça, ça n'a pas de prix. Les dessins, bien que discutables par petits moments, collent vraiment parfaitement avec ce récit. En résumé : 4,5/5. Sur les conseils de mon libraire (après lui avoir dit ô combien j'étais dégoûté de la fin de Barracuda), j'ai acheté cette BD sans connaître les auteurs, ni apprécier le dessin au premier coup d'œil. Et finalement, l'authenticité se trouve partout dans cette aventure et les dessins s'adaptent bien au récit. C'est la meilleure BD historique que j'ai pu lire jusqu'à présent, celle qui ne cherche pas plus d'artifices que l'Histoire elle-même. Sur la forme, c'est impeccable. Les chapitres sont salvateurs en apportant une structure claire au récit de 260 pages. Chaque page de chapitre donne un résumé et des citations de Voltaire et Rousseau pour paraphraser l'aventure… Et tout au long de l'histoire, l'auteur cherche à prouver la cohérence historique: la narration est en partie tirée du véritable carnet de bord du lieutenant Saumarez et plusieurs tableaux réalisés par l'officier Brett sont admirablement représentés... Et pour finir, à la fin de la BD on trouve un planisphère traçant le périple de l'escadre et quelques pages pour savoir ce que sont devenus les survivants après leur retour en Angleterre. On peut dire que le sujet est traité à part entière ! Pour les dessins, je me suis fais violence et j'ai fini par accepter facilement ce rendu esquissé et ces personnages parfois difformes. A quelques endroits, je me suis quand même dit que le dessinateur n'avait pas "fini son boulot". Par contre, je trouve les plans larges vraiment superbes. Aussi, j'ai tout de suite apprécié l'écriture cursive qui participe à rendre l'ensemble homogène. C'est une affaire de goût mais je conseille vraiment aux plus rebutés de repousser leurs limites pour, au moins, ne pas louper cette page historique criante d'authenticité! Au niveau du récit donc : pas de sentimentalisme (faut partir du principe que tout le monde peut crever), pas de femme (à 5/6 cases près). Ici, on se base sur des faits! Et le résultat est bluffant : j'ai eu le sentiment incroyable de m'être introduit dans le quotidien d'une escadre de la Royal Navy du XVIIIème siècle. J'trouve ça dingue!!! On apprend et on comprend tout : étapes de navigation, stratégies du Commodore, le jeu hiérarchique, la gestion des hommes, la nourriture, les maladies, le pillage et les parts du butin... C'est un énorme travail de mise en situation historique! En choisissant le réalisme, les auteurs veulent cibler notre regard sur le travail titanesque, la misère et la mort des marins au quotidien. Finalement, c'est une grande histoire populaire que les auteurs parviennent à nous offrir. A l'inverse, on est désabusé des butins pillés, destinés à remplir les caisses de l'empire britannique. L'histoire telle que racontée appuie sur le fait qu'à cette époque, la guerre n'était rien d'autre que des actes de pure piraterie. Coup de cœur !
Blueberry
Tout simplement la plus grande série de BD que j'ai lue à ce jour, et j'ai une collection de plusieurs milliers de titres... Charlier est pour pour moi le plus grand scénariste de BD de tous les temps.
Teen Titans Rebirth
J'adore, je suis une très grande fan de la série et attends d'ailleurs la suite avec impatience ! J'ai acheté les 2 tomes avec en plus le comic DC Univers Rebirth Deathstroke et j'ai commencé Super sons juste pour encore profiter de ma team préférée ! Je sais qu'il ne faut pas abuser des 5/5 mais pour moi c'est le top ! Ça m'a même poussé à acheter l'intégrale de "New Teen Titans" pour vous dire ! Damian, Robin peut vraiment passer pour un sale type à un point que même son passé ne l'excuse pas, mais la présence de Raven lui donne une toute autre dimension. Pour information : Raven a des pouvoirs empathiques qui lui permettent de ressentir ce que les autres ressentent. Grâce à ses interventions, on apprend par exemple que Robin respecte Super-Boy, ce qui n'est évident ni pour les personnages ni pour le lecteur. Vraiment, je conseille ! Ce comic n'est pas assez mis en valeur et c'est bien dommage, car l'adolescence des héros est souvent l'évolution la plus riche à découvrir. J'en tiens pour preuve les précédents Robin, l'autre Kid-Flash, Speedy,... Désolé pour mes fautes d'orthographes.
Jean-Claude Tergal
Je note rarement 5, mais c'est la BD qui m'a fait le plus rire dans cette catégorie. Je n'adore pas les BD d'humour, mais quelques auteurs méritent selon moi un détour comme Tronchet, Reiser, ... A relire dans le contexte actuel.
L'Arabe du futur
L’Arabe du futur, 5 tomes parus qui nous ont menés de la Libye du colonel Kadhafi à la Syrie d’Hafez Al-Assad en passant par la Bretagne. Fils d’un couple franco-syrien, Riad Sattouf raconte son histoire à hauteur d’enfant puis d’adolescent. C’est pertinent, drôle, tendre, émouvant… L’œuvre est pensée dans sa globalité ce qui donne à chaque album sa place dans la série. Au fil des tomes de cette autobiographie, Riad Sattouf se souvient et raconte avec précision les scènes du quotidien, ses sentiments, ses angoisses d’enfant et d’adolescent dans une famille partagée entre deux religions, deux cultures et deux pays aux sociétés si différentes. L’auteur revient sur le rapport entre le monde des enfants et celui des adultes, dont il se rapproche au fil des albums, sur le poids du père et son insistance à faire de Riad un musulman accompli fidèle aux traditions, sur ses questionnements sur la religion et la spiritualité en général, et sur une vie familiale qui finit par se déchirer, tiraillée entre l’Orient et l’Occident. Cette magnifique série est à la fois un témoignage et une analyse de deux sociétés qui ont du mal à dialoguer entre elles. Le dessin – on dirait du dessin de presse - est d’une sobriété très efficace. Pas besoin de décors, seuls les personnages captent l’attention et c’est le but de l’autobiographie. Un grand coup de cœur pour cette série !
Il était une fois en France
Super BD. On m'a offert l'intégrale, 6 tomes d'un coup. C'est captivant et historique. Je recommande vivement.
Blue Giant Supreme
La suite directe de l'excellent manga Blue Giant n'est pas moins excellente. Nous retrouvons Dai qui, après son succès au Blue Note (salle mythique de la scène jazz japonaise) décide qu'il doit voyager afin d'approfondir son jeu. Il garde les yeux rivés sur son objectif premier : Devenir le meilleur jazzman au monde !! L'écriture de cette série, à l'instar de la précédente, est grandiose, le rythme n'est pas sans rappeler celui effréné d'un Art Blakey, grand batteur jazz qui pouvait taper ses peaux à des allures folles comme plus lentement, mais toujours sur le bon moment. L'aventure de Dai s'apparente à un morceau de jazz, tantôt la violence et la rapidité nous essouffle, tantôt l'accalmie annonciatrice d'une future tempête ou d'une fin de morceau nous permet de souffler un peu. Le dessin serait la mélodie qui permettent d'adoucir la violence du rythme, un dessin suffisamment nerveux pour donner vie à ce jazz rapide, mais aussi beau et précis qui peut rappeler la mathématique d'une partition. Je m'égare dans une métaphore que je ne maîtrise pas vraiment, mais cette série a cet effet, elle emballe tellement le lecteur (moi en l'occurrence) que le flot des mots devient incontrôlable. Blue Giant a été l'un de mes plus grands coups de cœur manga, "Blue Giant Supreme" continue dans la lancée avec un brio incroyable.
Ma voisine est indonésienne
J'ai lu deux fois la BD. Quel régal, quelle fraîcheur. On y trouve de l'humour, de l'instruction, de l'actualité, un peu de suspense et du vécu. On a l'impression de vivre la même aventure, on entre dans l'histoire et on vit les émotions d'Emmanuel. Les dessins sont fabuleux et chapeau. Je la relirai encore car c'est une BD riche mais super accessible et humaine. Bravo Emmanuel.
Et si l'amour c'était aimer ?
Ce qui est drôle, avec Fabcaro, c'est que c'est à chaque fois la même recette que l'album précédent et pourtant, c'est toujours plus barré et plus drôle. Pour l'instant, de ceux que j'ai lus, je trouve que Et si l'amour, c'était aimer ? est son point culminant dans l'absurde et dans le rire. Le décalage entre ses dessins figés, au trait sérieux voire limite austère, et ses dialogues ridicules, pseudo-philosophiques et toujours hilarants atteint un joli degré de perfection. Je ne sais pas si c'est moi qui m'habitue et savoure davantage l'humour de Fabcaro à chaque album, ou si c'est effectivement chacun de ses albums qui révèle une maîtrise de l'absurde toujours plus forte (pourtant, je ne les lis pas dans l'ordre de parution), mais là, vraiment, j'ai trouvé ça absolument génial. A chaque page, Fabcaro atteint une forme d'équilibre de l'excès (si j'ose dire) très étonnant, finalement assez difficile à décrire de manière juste. C'est n'importe quoi, c'est carrément too much, c'est grotesque et débile, mais il y a un sens de la mesure et du timing comique vraiment exceptionnel, qui crée une alchimie irrésistible. Le dessin est terriblement efficace, avec ses plans fixes en contradiction avec les dialogues (les personnages décrivant ce qu'ils voient et que, donc, le spectateur ne voit pas). Très paradoxale, comme tout l'art de Fabcaro, il y a là une science du plan juste à la fois très cinématographique (on imagine les personnages parler face caméra - c'est sans doute plus télévisuel à la Kaamelott que cinématographique -, on les entend même dans notre tête) et pas du tout (une absence totale de montage qui créerait un film chiant au possible si on en tentait une adaptation littérale). En fait, Fabcaro, c'est ça : l'art du paradoxe poussé à l'extrême. C'est tellement bête, mais pensé de manière tellement intelligente. C'est aussi complexe que ça a l'air simple. C'est ridicule voire bouffon, mais en même temps, le ton extrêmement pince-sans-rire de l'ensemble donne à la BD une élégance et une finesse inattendues. Bref, c'est tout et son extrême. Il n'y a pas vraiment de mots pour décrire ça. Bref, c'est du Fabcaro.
Stand Still, Stay Silent
Un monde post-apocalyptique vraiment original avec un dessin qui le rend bien. On ne sauve pas le monde, les survivants ne vivent pas dans l'horreur, il n'y a pas de zombies, etc... Toutefois la mythologie de cet univers, inspirée de la mythologie nordique, est particulièrement bien construite. Des personnages attachants et une histoire qui tient la route.