J'ai découvert Boulet par ses recueils de Notes. Je ne connaissais pas son blog avant d'avoir entre mes mains mon premier tome.
Je suis instantanément tombé sous le charme du garçon et de l'artiste. C'est depuis devenu l'une de mes séries préférées, même si chacun des tomes est indépendant et peut se lire et se relire à tout moment (bien que pour bien saisir le bonhomme, lire dans l'ordre chronologique peut être intéressant).
L’œuvre de Boulet, en tout cas celle qui transpire de ses Notes, est fantastique. Parfois touchante, parfois hilarante, très souvent absurde, toujours juste. Ce qui est remarquable, c'est l'homogénéité du tout. Si, bien évidemment, tout n'est pas du même acabit, il faut avouer qu'aucun des tomes n'est en dessous des autres. Il n'y a pas d’essoufflement, tout est bien fait. C'est logique, les Notes proviennent d'un blog, lieu de haute liberté. La publication en format papier venant après, je suppose que Boulet n'a subi, directement ou indirectement, aucune pression éditoriale. Il nous livre des tranches de vie, des humeurs, des délires, des réflexions à chaque fois que cela lui passe par la tête. Rien ne semble forcé (et si c'est le cas, bah c'est franchement bien masqué !).
Le dessin est d'une maîtrise rare. Les compositions sont tour à tour superbes ou réduites au plus simple lorsque cela est nécessaire.
Si tous les tomes sont remarquables, je conseille particulièrement le tome 8 sur les 24 heures de la bd, dans lequel, en plus d'affirmer une fois de plus son indéniable talent, Boulet nous plonge dans l'envers du décor de la création artistique. Absolument génial !
L'un des posteurs, ayant avisé avant moi, décrit ces Notes comme étant l'un de ses petits bonbons. Cette réflexion est on ne peut plus juste. C'est exactement cela. Il m'arrive parfois, quand je suis dans ma bibliothèque, de reprendre un tome au hasard, de le lire encore et de trouver, à chaque fois, le même plaisir que lorsque je l'ai lu la première fois. C'est rare.
Je suis étonné de n'être que le deuxième à poster un avis sur cet album, ils sont où les fans de Sandman ?
Un comics que je veux lire depuis quelques années, mais pour cela je voulais avant tout me familiariser avec l'univers de Sandman, c'est chose faite récemment, puisque lecture en cours de ces sept monstrueux pavés.
Mon impatience aura été plus forte que ma raison, l'impatience de découvrir l'époustouflante création graphique de J.H. Williams III, surtout depuis que j'ai dévoré son Echolands où il utilise les mêmes codes narratifs, le talent à l'état pur.
J.H. Williams III propose des styles graphiques différents suivant les mondes visités, à l'incroyable diversité. Le rendu est phénoménal et j'en ai pris plein les mirettes, mais c'est surtout la mise en page immersive qui est fascinante, elle casse les normes dans un tourbillon d'innovations sans jamais perdre le lecteur.
Le plaisir visuel doit aussi beaucoup aux magnifiques couleurs de Dave Stewart, elles évoluent aussi suivant les mondes visités.
Du grand art !
Quant à l'histoire, elle se situe juste avant la série Sandman, elle permet de comprendre pourquoi le maître des rêves s'y est fait capturer.
J'ai retrouvé l'univers de la série mère, un univers toujours aussi noir, complexe et onirique. Neil Gaiman nous propose une épopée fantasmagorique et poétique, où le chat est le symbole de la protection, où l'espoir à sa place, où l'on y découvrira les parents du maître des rêves et où l'on retrouvera de nombreux personnages de la série principale.
La narration de Gaiman est certes verbeuse, voire un peu pompeuse, mais c'est elle qui donne ce ton si singulier qui emporte le lecteur dans cet ailleurs que l'on recherche tous. Un ailleurs parfois cruel, mais un ailleurs d'une beauté à couper le souffle.
Il me serait impossible de mettre culte à une série ou à un album avec un merveilleux scénario et au dessin quelconque et inversement, mais lorsque le scénario me fascine et que le dessin m'éblouit, la note maximale est une évidence.
Coup de cœur.
Un album que je relirai, c'est certain.
Je lie totalement l'avis suivant à celui que j'ai publié pour la série "mère", 20th Century Boys.
Ces deux tomes marquent la conclusion de la série et forment un ensemble. Comme je l'ai écrit dans l'autre avis, la fin de la série est un peu moins rythmée et cela se sent dans ces deux tomes, puisqu'ils en sont la fin.
Malgré tout, il est impossible à mes yeux de noter différemment ces deux tomes que les 22 de 20th Century Boys. Sur BDtheque, on ne note pas des albums, on note des séries et cela me va très bien ainsi (c'est ce que je recherche). Noter ces deux albums différemment me semble alors incohérent. Si ces deux-là sont moins bons que le début de la série (je le considère aussi), c'est la note d'ensemble de la série qu'il faut baisser.
Je ne m'y résous pas.
20th Century Boys est un monument du 9ème Art. C'est incontestable. Naoki Urasawa est un maître ès suspense et le polar qu'il nous livre ici ne déroge pas à la règle. Tout au long des 22 tomes de la série (et des deux de la série conclusive 21st Century Boys), l'auteur nous balade entre différentes époques à travers le regard de ces gamins, devenus adultes, qui essaient tant bien que mal de sauver le monde.
Si tout n'est pas d'une cohérence absolue et si certains codes du manga sont encore une fois agaçants à mes yeux (je l'écris à chaque fois, ça m'avait clairement gâché la lecture d'Akira par exemple), il faut, en toute honnêteté intellectuelle, bien avouer que ce thriller est foutrement bien foutu.
A partir d'un jeu d'enfants et de petites méchancetés innocentes, Naoki Urasawa prend la décision de nous dévoiler ce qu'il peut se passer dans la tête d'enfants, isolés, humiliés ou tout simplement différents.
C'est en tout cas la lecture que je fais de cette œuvre.
Vous vous souvenez quand un camarade vous faisait du mal à l'école, physiquement mais surtout psychologiquement ? On avait envie de tout casser et notre cerveau se mettait à rêver de vengeances, toutes plus cruelles les unes que les autres. La plupart d'entre nous ne passait heureusement jamais à l'acte. Ici, dans ce manga, c'est l'inverse. Et nous voilà partis dans une enquête qui s'étale sur une longue période et où, évidemment, les actes passés ont une conséquence inimaginable dans le présent.
C'est bien réalisé. Ami, l'antagoniste, reste mystérieux tout au long de l’œuvre et nous cherchons à comprendre pourquoi il agit ainsi et comment il souhaite que tout cela finisse. L'aveuglement des masses est crédible, notre passé, notre présent aussi, nous le prouve aisément.
Le héros, Kenji, est attachant, même si finalement c'est bien Kanna la véritable héroïne. Je n'en dis pas plus, cela gâcherait la lecture de ceux qui n'ont pas encore posé leurs yeux sur ce manga.
Néanmoins, et je le disais plus avant, certaines incohérences m'ont tout de même un peu turlupiné et j'avoue avoir perdu un peu d'intérêt vers la fin. C'est moins rythmé, Kenji devient quelque peu caricatural, tout comme Kanna d'ailleurs, et les personnages que j'appréciais le plus disparaissent petit à petit (Yoshitsune ?).
Ces réserves ne me font en tout cas pas changé la note et le ressenti général que j'ai pu avoir pour ce monument. Il faut le lire je pense, quand on se réclame amateurs de ce canal bien singulier qu'est la bande dessinée.
Énorme surprise , j’ai pris ce livre un peu par hasard à la bibli dans les nouveautés.
On suit un homme qui travaille pour aider des personnages âgées dans une résidence.
Le dessin est dans un style caricatural et on suit ce personnage très humain et touchant dans lequel je me reconnais totalement. Il sait que pour les humains ce qui compte ce n’est pas d’être en vie mais de vivre (il refuse des règles qu’il trouve idiotes pour passer plus de temps à parler aux gens, enlève son masque, tutoie, bref il est humain).
C’est forcément triste car on parle de gens seuls, malades, solitaires forcés, mais c’est aussi touchant et on voit que c’est fait avec bienveillance et amour.
On s’attache aussi au narrateur qui fait un boulot extrêmement fatiguant.
Le seul « problème » de cette bd et que vu le sujet ce n’est pas évident de la prêter pour la faire découvrir car j’aurais peur de faire de la peine et certaines personnes qui penseraient à la fin de fin de vie de leur famille ou à leur fin de vie et que ça pourrait déprimer.
Mais je me raccroche à ce personnage courageux et gentil et je vous en recommande la lecture.
Et voilà, j’ai craqué. Vu le prix, ce n’est pas raisonnable mais je ne pouvais pas laisser passer ça.
Que pourrais-je ajouter à l'avis précédent ? C’est magnifique.
Édition récente mais bd de 1950, qui plus est scénario tiré d’un roman d’Eugène Sue.
Je reconnais qu’on peut ne pas apprécier mais moi j’aime bien ces romans feuilletons du xixe (de Sue, je n’avais lu que le Juif Errant), à lire bien entendu en connaissance de cause, témoignages souvent d’un état d’esprit de l’époque.
Aventure pur jus, action historique et exotique.
Le texte est sous les cases illustratives de l’action. Un choix judicieux pour avoir l’impression de « lire un roman » surtout que Beuville semble avoir su tirer la moelle de l’intrigue.
Mais c’est aussi et surtout au dessin que Beuville donne toute sa mesure.
Étonnant ce dessin pour l’époque, contemporain de la ligne claire d’Hergé – d’ailleurs il s’agit d’une commande d’Hergé à Beuville – mais qui en prend le contrepied, fort agréablement (et pourtant , j’aime infiniment la ligne claire).
Comme le dit Grogro, un dessin moderne (on est en 1950 !), tout en nuances mais parfaitement lisible. C’est vrai qu’il paraît hésitant, mais on le sent parfaitement maîtrisé. Et quand on pense que les dessins ont été réalisés à l’échelle de la publication, c’est du grand art. Ce n’est pas pour rien que Beuville a tant d’admirateurs dans le monde de la bd.
Beau travail éditorial que d’avoir restitué cette œuvre, à partir d’originaux quand c’était possible ou de récupération de planches publiées. En revanche, j’aurais apprécié également que le texte soit dans une couleur un peu plus lisible et surtout pour le prix, effectivement, une belle reliure cartonnée aurait été bienvenue.
Et je vais suivre avec joie la note culte de Grogro, en espérant aussi inciter les éditeurs à retrouver des pépites oubliées.
En ce début d’année, après quelques très très bonnes lectures dont celles partagées sur ce site (Le Fauve de Corleone, À mourir entre les bras de ma nourrice), je m’extasie enfin devant la première pépite de 2024.
Pas réellement une découverte puisqu’elle provient de deux auteurs chevronnés à la bibliographie passé déjà remarquable.
Je ne connais pas le bouquin original de Simenon dont est issue cette oeuvre, Mais à la lecture, je n’ai à aucun moment pensé que cette BD ne se suffisait pas à elle-même. Sentiment que l’on peut ressentir quand on a l’impression que le parti pris de l’adaptation a laissé sur le trottoir une partie du texte.
Cette BD est donc un petit bijou, ou le moindre détail du trio texte/dialogue/dessin est finement ciselé.
Tout comme dans Contrition (une des perles de l’année dernière), cette histoire sonde les tréfonds de l’âme humaine, ici à travers le destin de Frank.
Jeune Adulte d’une rare noirceur, privé de sentiment, celui-ci va se complaire à se détruire pour enfin atteindre une forme de rédemption et d’épanouissement.
Malgré la froideur du personnage et la répulsion attendue générée par un personnage aussi détestable dans ses pensées et ses actes, une attirance malsaine est à l’œuvre tant nous sommes fasciné par ce démon au visage d’ange.
Le dessin d’Yslaire est juste magique. A l’image de notre héros (avant de se faire salement amocher), chaque planche se révèle d’une beauté gracieuse, mais là ou on ne ressent que froideur en lui, le dessin réhaussé par un choix de couleurs subtils et délicats dégage à l’opposé une chaleur soyeuse et ce malgré un temps hivernal et une neige omniprésente qui sert de fil rouge à l'intrigue jusqu'à se retrouver dans le titre.
Sublime.
Qu'est-ce qui rend Tintin si intemporel ? Après m'être éloigné un certain temps de la saga, je m'y suis remis il y a peu et l'ai redécouverte avec mes yeux d'enfants. D'où la question qui m'est venue à l'esprit : quel est le secret de Tintin ? Finalement, qu'est-ce qui fait de Tintin... Tintin ?
Il est difficile - pour ne pas dire impossible - de répondre à cette question. Mais il est permis d'essayer d'identifier ce qui, chez Hergé, dégage cette magie si singulière qu'on ne retrouve nulle part ailleurs, alors même que la formule Tintin a été reprise partout et par tous jusqu'à l'overdose.
Commençons par le plus évident : Tintin, c'est cette ligne claire, devenue si culte, qui fait d'un dessin d'Hergé un dessin reconnaissable entre mille. Bien sûr, ce style n'a pas commencé avec Hergé, mais aujourd'hui, il en est presque synonyme. On ne peut dissocier l'un de l'autre tant, sur le plan graphique, Tintin pose des bases qui se révéleront fondatrices pour toute une frange des dessinateurs de bande dessinée à venir. Ce dessin très pur, libéré de toute entrave, de tout détail excessif, trouve une forme d'équilibre qui explique sans aucun doute pourquoi Tintin est aussi marquant sur le plan graphique. Pas de fantaisie, pas de remise en cause des codes établis, tout est conforme aux règles de base, donnant à la bande dessinée une unité qu'on ne retrouve finalement que rarement (à ce point) chez d'autres dessinateurs.
Tintin, c'est aussi cet art narratif unique qui fait d'Hergé un des plus grands conteurs du monde de la bande dessinée. Contrairement à d'autres auteurs comme Greg, qui s'amusent à tout tenter et multiplient les récits sans souci excessif de cohérence (mais pour notre plus grand plaisir quand même), Hergé est en quête du scénario parfait. Il publie (relativement) peu, mais ne veut publier que de l'extrême qualité. Il sait même à quel point il est le seul à mener cette démarche très entière, et interdit donc qu'un quelconque auteur lui succède.
L'unité entre les séquences est absolument remarquable, il n'y a qu'à voir l'admirable introduction de Tintin au Congo pour voir l'aisance avec laquelle Hergé nous fait découvrir les différents endroits du bateau, en introduisant peu à peu ses personnages (Milou étant la star de cette introduction), avec un art de la progression unique, nous faisant aboutir à la découverte de l'antagoniste, caché dans la cale. Ce merveilleux enchaînement de scènes introduit tout l'art narratif d'Hergé, dans ce qui reste à mes yeux le vrai premier tome de la saga (Tintin au pays des Soviets étant pour moi un tome zéro, une sorte de préfiguration de ce qui deviendra seulement au tome suivant Tintin, ne me demandez pas pourquoi).
A cette image, quelle que soit l'aventure que l'on sélectionne, la saga d'Hergé ne nous offre que des moments d'anthologie, formidables dans le découpage de l'action, très cinématographiques dans le choix des plans et du montage des séquences.
Tintin, c'est évidemment ce parfum de mystère unique, qui transporte la saga dans une sorte de terrain entre la réalité et le fantastique, sans jamais basculer pleinement dans le merveilleux. C'est peut-être pour moi ce qui définit le mieux la saga : le mystère est omniprésent, pas un vague mystère policier sur le "qui ?", mais un mystère bien plus épais sur le "comment ?". On veut savoir comment Tintin va pouvoir à lui seul démanteler ce grand réseau de trafiquants qui semble tout-puissant, on veut savoir comment les savants des Sept boules de cristal ont été envoutés et comment les tirer de là, on veut savoir comment Tintin retrouvera le pauvre Tchang après ce terrible crash d'avion. Et puis, bien sûr, on veut toujours savoir comment Tintin va se tirer de cette terrible situation dans laquelle l'a plongé un auteur malicieux et sans scrupules.
N'hésitant pas à emprunter au fantastique (poupées vaudou, rêve prémonitoire) ou à la science-fiction (une météorite tombée du ciel, un voyage spatial), Hergé ne fait jamais entrer ses récits dans ces cases trop étriquées pour lui et reste aux frontières des genres en préférant rester dans cette catégorie bien vaste qu'est l'Aventure, qui autorise toutes les fantaisies, sans nous emprisonner derrière une étiquette trop définie.
Tintin, c'est cette écriture savante des personnages. Tous les personnages de la saga sont attachants. A la lisseté volontaire du héros s'oppose la brutalité d'un capitaine Haddock au grand cœur, la surdité d'un savant parfois pénible mais souvent génial, la bêtise touchante d'un duo de détectives animé par un réel sens de la justice, mais aussi l'exubérante amitié d'une cantatrice insensible aux réactions d'un public exigeant, la terrifiante ambiguïté d'un méchant qui cache son jeu sous le masque d'une bonté rugueuse ou encore l'implacable radicalité d'un mystérieux docteur dont la corruption est la principale activité. Chacun de ces personnages est haut en couleur, attachant ou repoussant, mais toujours fort en caractère, et finalement, terriblement humain.
Tintin, enfin (on pourrait continuer longtemps !), c'est ce rapport brûlant à l'actualité, qui fait de terribles événements de fantaisistes sujets d'aventure. Qu'il s'agisse de l'URSS, du Congo belge de la Mandchourie ou de la Palestine mandataire (rares ancrages vraiment réalistes dans l'univers d'Hergé), Tintin traverse les grands lieux de conflits et d'intrigues géopolitiques de son époque. Mais Hergé les invente aussi parfois, et il est évident que le San Theodoros, la Syldavie et la Bordurie ne sont que des métaphores joyeuses mettant en scène des réalités beaucoup moins joyeuses, à peine masquées par le voile du conte.
En outre, Tintin ira sur la lune, sera à deux doigts de rencontrer des extraterrestres, ou sera emprisonné (ou ne le sera pas, selon si l'on considère que Tintin et l'Alph-art existe ou non) par un gourou arnaqueur à l'identité bien connue. Ce faisant, Hergé fait systématiquement ressurgir les grands débats, les grands conflits, les grandes idées de son époque, en les exorcisant de leur noirceur pour les mettre au cœur d'un combat où le Bien finit toujours par triompher.
Et finalement, c'est peut-être là que réside le grand secret de cette immense saga : Tintin ne serait-il pas, tout simplement, le remède universel à l'horreur du monde contemporain ?
De Cape et de Crocs est une œuvre originale, inventive, drôle et émouvante, qui rend hommage à la littérature classique, notamment à Alexandre Dumas, Jules Verne, Molière, Racine, Cyrano de Bergerac et Victor Hugo. Cette série de bande dessinée m'a enchanté par son humour, son aventure et son originalité. C'est un hommage aux romans de cape et d'épée, mais aussi à la littérature classique, au théâtre, à la poésie, à la science-fiction et à la fantasy. Les auteurs, Alain Ayroles et Jean-Luc Masbou, ont créé un univers riche et foisonnant, peuplé de personnages hauts en couleur et attachants.
Le scénario
Le scénario est truffé de références culturelles, de jeux de mots, de calembours, de quiproquos, de rebondissements, de duels, de romances, de trahisons, de révélations, et de dialogues savoureux, souvent en vers.
De cape et de crocs est une bande dessinée qui m'a séduit par son scénario, qui est à la fois complexe et limpide, original et classique, divertissant et instructif.
C'est une histoire qui ne cesse de surprendre le lecteur, en lui faisant découvrir des mondes et des secrets insoupçonnés. C'est une intrigue qui se déroule sur plusieurs tomes, mais qui ne perd jamais le fil ni le rythme. C'est un récit qui fait appel à l'intelligence, à l'imagination, et à la sensibilité du lecteur.
Le scénario de cette saga est construit comme un puzzle, où chaque pièce s'emboîte parfaitement avec les autres. Les auteurs, Alain Ayroles et Jean-Luc Masbou, ont su créer une cohérence interne, tout en jouant avec les codes et les clichés du genre. Ils ont su doser les rebondissements, les révélations, les mystères, et les quiproquos, sans jamais tomber dans la facilité ou la redondance. Ils ont su varier les tonalités, en passant de la comédie au drame, de l'horreur à la romance, de la satire à l'épopée, sans jamais perdre le sens de l'humour ou de la poésie.
Le scénario de cette bande dessinée est aussi un hommage à la culture, à la littérature, et à l'histoire. Les auteurs ont puisé leur inspiration dans de nombreuses sources, comme les romans de cape et d'épée, les fables de La Fontaine, les contes orientaux, les voyages de Gulliver, la mythologie grecque, la Renaissance italienne, le Siècle d'or espagnol, ou encore la Révolution française. Ils ont parsemé leur histoire de clins d'œil, de citations, de parodies, et de références, qui ravissent les lecteurs les plus érudits, sans gêner les lecteurs les moins initiés.
Le dessin
Le dessin est dynamique, expressif, coloré, et fourmille de détails.
De cape et de crocs est une bande dessinée qui m'a ébloui par son dessin, qui est d'une qualité exceptionnelle. C'est un dessin qui rend hommage au style franco-belge, mais qui a aussi sa propre identité. C'est un dessin qui exprime avec finesse et dynamisme les émotions, les actions, et les décors des personnages. C'est un dessin qui sublime le scénario, en lui donnant de la profondeur, de la couleur, et de la vie.
Le dessin de cette saga est l'œuvre de Jean-Luc Masbou, qui a su créer un univers visuel unique et cohérent. Il a su dessiner des animaux anthropomorphes, qui ont tous une apparence, une gestuelle, et une expression propres. Il a su dessiner des paysages variés, qui vont de la France à la Lune, en passant par la Turquie, la Venise, ou le Nouveau Monde. Il a su dessiner des scènes d'action, qui sont fluides, lisibles, et spectaculaires. Il a su dessiner des scènes d'humour, qui sont drôles, ironiques, et burlesques.
Le dessin de cette bande dessinée est aussi un régal pour les yeux, grâce à la maîtrise des couleurs, des lumières, et des ombres. Les couleurs sont vives, contrastées, et harmonieuses. Elles reflètent l'ambiance, le climat, et le ton de chaque scène. Les lumières sont subtiles, nuancées, et réalistes. Elles mettent en valeur les volumes, les reliefs, et les textures. Les ombres sont délicates, précises, et suggestives. Elles créent du mystère, du relief, et du mouvement.
Les personnages
Les personnages sont attachants, charismatiques, complexes, et évoluent au fil de l’histoire. Le héros de cette saga est le chevalier Armand Raynal de Maupertuis, un gentilhomme français qui se lance dans une quête du fabuleux trésor des îles Tangerines, accompagné de son fidèle ami, le poète et aventurier Don Lope de Villalobos y Sangrin. Mais ce qui rend cette histoire si singulière, c'est que ces deux personnages sont en réalité... des animaux anthropomorphes ! Armand est un renard et Don Lope est un loup. Ils croiseront sur leur chemin d'autres créatures étonnantes, comme le lapin Eusèbe, le mouton Sémiramide, le lion Bombastus, le crocodile Kader, ou encore le singe Malatesta.
Ces personnages sont le véritable atout de cette bande dessinée. Ils sont tous dotés d'une personnalité forte et d'un charisme indéniable. Ils sont drôles, émouvants, courageux, rusés, romantiques, loyaux, ou parfois fourbes, cruels, lâches, ou jaloux. Ils parlent avec élégance, en vers ou en prose, en français, en espagnol, en italien, en latin, ou en langues inventées. Ils font preuve d'une culture immense, en citant des auteurs célèbres, en jouant des pièces de théâtre, en récitant des poèmes, ou en inventant des machines extraordinaires. Ils vivent des aventures palpitantes, en traversant des mers, en explorant des îles, en combattant des pirates, en affrontant des monstres, en s'évadant de prisons, ou en découvrant des civilisations secrètes.
Les thèmes abordés
La série aborde aussi des thèmes universels, comme l’amitié, l’amour, la liberté, la justice, le courage, la loyauté, la quête de soi, et le sens de la vie.
De cape et de crocs est une bande dessinée qui m'a fasciné par ses thèmes, qui sont à la fois universels et originaux. C'est une bande dessinée qui aborde des sujets variés, comme la liberté, l'amitié, l'amour, la quête, l'identité, la tolérance, la justice, ou encore la folie. C'est une bande dessinée qui traite ces thèmes avec finesse, intelligence, et sensibilité. C'est une bande dessinée qui fait réfléchir, rire, pleurer, et rêver le lecteur.
Les thèmes de cette saga sont développés à travers les personnages, les situations, et les dialogues. Les auteurs, Alain Ayroles et Jean-Luc Masbou, ont su créer des personnages qui incarnent des valeurs, des idéaux, ou des contradictions. Ils ont su créer des situations qui illustrent des enjeux, des dilemmes, ou des paradoxes. Ils ont su créer des dialogues qui expriment des opinions, des sentiments, ou des philosophies. Ils ont su faire dialoguer les thèmes entre eux, en créant des oppositions, des contrastes, ou des harmonies.
Les thèmes de cette bande dessinée sont aussi enrichis par les références, les symboles, et les métaphores. Les auteurs ont utilisé des références culturelles, historiques, ou littéraires, qui renvoient à des courants, des époques, ou des œuvres. Ils ont utilisé des symboles visuels, sonores, ou narratifs, qui renforcent le sens, l'émotion, ou l'esthétique. Ils ont utilisé des métaphores animales, spatiales, ou temporelles, qui suggèrent des analogies, des comparaisons, ou des allégories. Ils ont su jouer avec les niveaux de lecture, en proposant des interprétations multiples, implicites, ou cachées.
Conclusion
De cape et de crocs est une bande dessinée qui m'a fait rire, rêver, voyager, et réfléchir. C'est une œuvre magistrale, qui mêle avec brio l'humour, l'action, le fantastique, et la poésie. C'est une ode à la liberté, à l'amitié, à l'amour, et à la beauté. C'est une bande dessinée que je recommande vivement à tous les amateurs du genre, et que je relis avec plaisir à chaque fois.
C'est une œuvre qui se renouvelle à chaque tome, sans jamais se répéter ni se trahir. C'est une œuvre qui se savoure à chaque page, sans jamais s'ennuyer ni se lasser. C'est une œuvre qui se partage avec plaisir, sans jamais s'oublier ni se regretter.
C'est une œuvre qui s’admire à chaque planche, sans jamais se démoder ni se faner. C'est une œuvre qui se distingue par sa beauté, sa richesse, et sa diversité. C'est une œuvre qui se respecte par son travail, son talent, et son art.
De cape et de crocs est une bande dessinée qui m'a impressionné par ses thèmes, qui sont à la fois profonds et légers, sérieux et drôles, classiques et modernes. C'est une œuvre qui se questionne sur le sens de la vie, de l'art, et de l'histoire. C'est une œuvre qui se moque des préjugés, des conventions, et des absurdités. C'est une œuvre qui se réjouit de la diversité, de la beauté, et de la liberté. C'est une œuvre qui se vit avec passion, avec humour, et avec poésie.
De Cape et de Crocs est une série qui se savoure, se relit, et se partage. C’est une véritable invitation au voyage, à l’aventure, et à la rêverie. C’est une série qui fait rire, pleurer, réfléchir, et vibrer. C’est une série qui restera dans les mémoires comme un chef-d’œuvre de la bande dessinée.
Les royaumes muets est une BD comme je les aime. Notre héroïne voit les fantômes et ne sais pas vraiment pourquoi. J'ai trouvé l'histoire bien rythmée et originale. Les illustrations sont tout simplement magnifiques, c'est un réel coup de cœur. Les dessins gothiques et les couleurs sombres fonctionnent à merveille avec le thème et que dire des décors ? On ne s'ennuie pas une seconde en lisant ce livre et j'ai hâte d'en savoir d'avantage. Cette BD convient très bien à un jeune public comme à un lectorat plus âgé.
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J'ai découvert Boulet par ses recueils de Notes. Je ne connaissais pas son blog avant d'avoir entre mes mains mon premier tome. Je suis instantanément tombé sous le charme du garçon et de l'artiste. C'est depuis devenu l'une de mes séries préférées, même si chacun des tomes est indépendant et peut se lire et se relire à tout moment (bien que pour bien saisir le bonhomme, lire dans l'ordre chronologique peut être intéressant). L’œuvre de Boulet, en tout cas celle qui transpire de ses Notes, est fantastique. Parfois touchante, parfois hilarante, très souvent absurde, toujours juste. Ce qui est remarquable, c'est l'homogénéité du tout. Si, bien évidemment, tout n'est pas du même acabit, il faut avouer qu'aucun des tomes n'est en dessous des autres. Il n'y a pas d’essoufflement, tout est bien fait. C'est logique, les Notes proviennent d'un blog, lieu de haute liberté. La publication en format papier venant après, je suppose que Boulet n'a subi, directement ou indirectement, aucune pression éditoriale. Il nous livre des tranches de vie, des humeurs, des délires, des réflexions à chaque fois que cela lui passe par la tête. Rien ne semble forcé (et si c'est le cas, bah c'est franchement bien masqué !). Le dessin est d'une maîtrise rare. Les compositions sont tour à tour superbes ou réduites au plus simple lorsque cela est nécessaire. Si tous les tomes sont remarquables, je conseille particulièrement le tome 8 sur les 24 heures de la bd, dans lequel, en plus d'affirmer une fois de plus son indéniable talent, Boulet nous plonge dans l'envers du décor de la création artistique. Absolument génial ! L'un des posteurs, ayant avisé avant moi, décrit ces Notes comme étant l'un de ses petits bonbons. Cette réflexion est on ne peut plus juste. C'est exactement cela. Il m'arrive parfois, quand je suis dans ma bibliothèque, de reprendre un tome au hasard, de le lire encore et de trouver, à chaque fois, le même plaisir que lorsque je l'ai lu la première fois. C'est rare.
Sandman - Ouverture
Je suis étonné de n'être que le deuxième à poster un avis sur cet album, ils sont où les fans de Sandman ? Un comics que je veux lire depuis quelques années, mais pour cela je voulais avant tout me familiariser avec l'univers de Sandman, c'est chose faite récemment, puisque lecture en cours de ces sept monstrueux pavés. Mon impatience aura été plus forte que ma raison, l'impatience de découvrir l'époustouflante création graphique de J.H. Williams III, surtout depuis que j'ai dévoré son Echolands où il utilise les mêmes codes narratifs, le talent à l'état pur. J.H. Williams III propose des styles graphiques différents suivant les mondes visités, à l'incroyable diversité. Le rendu est phénoménal et j'en ai pris plein les mirettes, mais c'est surtout la mise en page immersive qui est fascinante, elle casse les normes dans un tourbillon d'innovations sans jamais perdre le lecteur. Le plaisir visuel doit aussi beaucoup aux magnifiques couleurs de Dave Stewart, elles évoluent aussi suivant les mondes visités. Du grand art ! Quant à l'histoire, elle se situe juste avant la série Sandman, elle permet de comprendre pourquoi le maître des rêves s'y est fait capturer. J'ai retrouvé l'univers de la série mère, un univers toujours aussi noir, complexe et onirique. Neil Gaiman nous propose une épopée fantasmagorique et poétique, où le chat est le symbole de la protection, où l'espoir à sa place, où l'on y découvrira les parents du maître des rêves et où l'on retrouvera de nombreux personnages de la série principale. La narration de Gaiman est certes verbeuse, voire un peu pompeuse, mais c'est elle qui donne ce ton si singulier qui emporte le lecteur dans cet ailleurs que l'on recherche tous. Un ailleurs parfois cruel, mais un ailleurs d'une beauté à couper le souffle. Il me serait impossible de mettre culte à une série ou à un album avec un merveilleux scénario et au dessin quelconque et inversement, mais lorsque le scénario me fascine et que le dessin m'éblouit, la note maximale est une évidence. Coup de cœur. Un album que je relirai, c'est certain.
21st Century Boys
Je lie totalement l'avis suivant à celui que j'ai publié pour la série "mère", 20th Century Boys. Ces deux tomes marquent la conclusion de la série et forment un ensemble. Comme je l'ai écrit dans l'autre avis, la fin de la série est un peu moins rythmée et cela se sent dans ces deux tomes, puisqu'ils en sont la fin. Malgré tout, il est impossible à mes yeux de noter différemment ces deux tomes que les 22 de 20th Century Boys. Sur BDtheque, on ne note pas des albums, on note des séries et cela me va très bien ainsi (c'est ce que je recherche). Noter ces deux albums différemment me semble alors incohérent. Si ces deux-là sont moins bons que le début de la série (je le considère aussi), c'est la note d'ensemble de la série qu'il faut baisser. Je ne m'y résous pas.
20th Century Boys
20th Century Boys est un monument du 9ème Art. C'est incontestable. Naoki Urasawa est un maître ès suspense et le polar qu'il nous livre ici ne déroge pas à la règle. Tout au long des 22 tomes de la série (et des deux de la série conclusive 21st Century Boys), l'auteur nous balade entre différentes époques à travers le regard de ces gamins, devenus adultes, qui essaient tant bien que mal de sauver le monde. Si tout n'est pas d'une cohérence absolue et si certains codes du manga sont encore une fois agaçants à mes yeux (je l'écris à chaque fois, ça m'avait clairement gâché la lecture d'Akira par exemple), il faut, en toute honnêteté intellectuelle, bien avouer que ce thriller est foutrement bien foutu. A partir d'un jeu d'enfants et de petites méchancetés innocentes, Naoki Urasawa prend la décision de nous dévoiler ce qu'il peut se passer dans la tête d'enfants, isolés, humiliés ou tout simplement différents. C'est en tout cas la lecture que je fais de cette œuvre. Vous vous souvenez quand un camarade vous faisait du mal à l'école, physiquement mais surtout psychologiquement ? On avait envie de tout casser et notre cerveau se mettait à rêver de vengeances, toutes plus cruelles les unes que les autres. La plupart d'entre nous ne passait heureusement jamais à l'acte. Ici, dans ce manga, c'est l'inverse. Et nous voilà partis dans une enquête qui s'étale sur une longue période et où, évidemment, les actes passés ont une conséquence inimaginable dans le présent. C'est bien réalisé. Ami, l'antagoniste, reste mystérieux tout au long de l’œuvre et nous cherchons à comprendre pourquoi il agit ainsi et comment il souhaite que tout cela finisse. L'aveuglement des masses est crédible, notre passé, notre présent aussi, nous le prouve aisément. Le héros, Kenji, est attachant, même si finalement c'est bien Kanna la véritable héroïne. Je n'en dis pas plus, cela gâcherait la lecture de ceux qui n'ont pas encore posé leurs yeux sur ce manga. Néanmoins, et je le disais plus avant, certaines incohérences m'ont tout de même un peu turlupiné et j'avoue avoir perdu un peu d'intérêt vers la fin. C'est moins rythmé, Kenji devient quelque peu caricatural, tout comme Kanna d'ailleurs, et les personnages que j'appréciais le plus disparaissent petit à petit (Yoshitsune ?). Ces réserves ne me font en tout cas pas changé la note et le ressenti général que j'ai pu avoir pour ce monument. Il faut le lire je pense, quand on se réclame amateurs de ce canal bien singulier qu'est la bande dessinée.
Résidence Autonomie
Énorme surprise , j’ai pris ce livre un peu par hasard à la bibli dans les nouveautés. On suit un homme qui travaille pour aider des personnages âgées dans une résidence. Le dessin est dans un style caricatural et on suit ce personnage très humain et touchant dans lequel je me reconnais totalement. Il sait que pour les humains ce qui compte ce n’est pas d’être en vie mais de vivre (il refuse des règles qu’il trouve idiotes pour passer plus de temps à parler aux gens, enlève son masque, tutoie, bref il est humain). C’est forcément triste car on parle de gens seuls, malades, solitaires forcés, mais c’est aussi touchant et on voit que c’est fait avec bienveillance et amour. On s’attache aussi au narrateur qui fait un boulot extrêmement fatiguant. Le seul « problème » de cette bd et que vu le sujet ce n’est pas évident de la prêter pour la faire découvrir car j’aurais peur de faire de la peine et certaines personnes qui penseraient à la fin de fin de vie de leur famille ou à leur fin de vie et que ça pourrait déprimer. Mais je me raccroche à ce personnage courageux et gentil et je vous en recommande la lecture.
Le Morne au diable
Et voilà, j’ai craqué. Vu le prix, ce n’est pas raisonnable mais je ne pouvais pas laisser passer ça. Que pourrais-je ajouter à l'avis précédent ? C’est magnifique. Édition récente mais bd de 1950, qui plus est scénario tiré d’un roman d’Eugène Sue. Je reconnais qu’on peut ne pas apprécier mais moi j’aime bien ces romans feuilletons du xixe (de Sue, je n’avais lu que le Juif Errant), à lire bien entendu en connaissance de cause, témoignages souvent d’un état d’esprit de l’époque. Aventure pur jus, action historique et exotique. Le texte est sous les cases illustratives de l’action. Un choix judicieux pour avoir l’impression de « lire un roman » surtout que Beuville semble avoir su tirer la moelle de l’intrigue. Mais c’est aussi et surtout au dessin que Beuville donne toute sa mesure. Étonnant ce dessin pour l’époque, contemporain de la ligne claire d’Hergé – d’ailleurs il s’agit d’une commande d’Hergé à Beuville – mais qui en prend le contrepied, fort agréablement (et pourtant , j’aime infiniment la ligne claire). Comme le dit Grogro, un dessin moderne (on est en 1950 !), tout en nuances mais parfaitement lisible. C’est vrai qu’il paraît hésitant, mais on le sent parfaitement maîtrisé. Et quand on pense que les dessins ont été réalisés à l’échelle de la publication, c’est du grand art. Ce n’est pas pour rien que Beuville a tant d’admirateurs dans le monde de la bd. Beau travail éditorial que d’avoir restitué cette œuvre, à partir d’originaux quand c’était possible ou de récupération de planches publiées. En revanche, j’aurais apprécié également que le texte soit dans une couleur un peu plus lisible et surtout pour le prix, effectivement, une belle reliure cartonnée aurait été bienvenue. Et je vais suivre avec joie la note culte de Grogro, en espérant aussi inciter les éditeurs à retrouver des pépites oubliées.
La Neige était sale
En ce début d’année, après quelques très très bonnes lectures dont celles partagées sur ce site (Le Fauve de Corleone, À mourir entre les bras de ma nourrice), je m’extasie enfin devant la première pépite de 2024. Pas réellement une découverte puisqu’elle provient de deux auteurs chevronnés à la bibliographie passé déjà remarquable. Je ne connais pas le bouquin original de Simenon dont est issue cette oeuvre, Mais à la lecture, je n’ai à aucun moment pensé que cette BD ne se suffisait pas à elle-même. Sentiment que l’on peut ressentir quand on a l’impression que le parti pris de l’adaptation a laissé sur le trottoir une partie du texte. Cette BD est donc un petit bijou, ou le moindre détail du trio texte/dialogue/dessin est finement ciselé. Tout comme dans Contrition (une des perles de l’année dernière), cette histoire sonde les tréfonds de l’âme humaine, ici à travers le destin de Frank. Jeune Adulte d’une rare noirceur, privé de sentiment, celui-ci va se complaire à se détruire pour enfin atteindre une forme de rédemption et d’épanouissement. Malgré la froideur du personnage et la répulsion attendue générée par un personnage aussi détestable dans ses pensées et ses actes, une attirance malsaine est à l’œuvre tant nous sommes fasciné par ce démon au visage d’ange. Le dessin d’Yslaire est juste magique. A l’image de notre héros (avant de se faire salement amocher), chaque planche se révèle d’une beauté gracieuse, mais là ou on ne ressent que froideur en lui, le dessin réhaussé par un choix de couleurs subtils et délicats dégage à l’opposé une chaleur soyeuse et ce malgré un temps hivernal et une neige omniprésente qui sert de fil rouge à l'intrigue jusqu'à se retrouver dans le titre. Sublime.
Les Aventures de Tintin
Qu'est-ce qui rend Tintin si intemporel ? Après m'être éloigné un certain temps de la saga, je m'y suis remis il y a peu et l'ai redécouverte avec mes yeux d'enfants. D'où la question qui m'est venue à l'esprit : quel est le secret de Tintin ? Finalement, qu'est-ce qui fait de Tintin... Tintin ? Il est difficile - pour ne pas dire impossible - de répondre à cette question. Mais il est permis d'essayer d'identifier ce qui, chez Hergé, dégage cette magie si singulière qu'on ne retrouve nulle part ailleurs, alors même que la formule Tintin a été reprise partout et par tous jusqu'à l'overdose. Commençons par le plus évident : Tintin, c'est cette ligne claire, devenue si culte, qui fait d'un dessin d'Hergé un dessin reconnaissable entre mille. Bien sûr, ce style n'a pas commencé avec Hergé, mais aujourd'hui, il en est presque synonyme. On ne peut dissocier l'un de l'autre tant, sur le plan graphique, Tintin pose des bases qui se révéleront fondatrices pour toute une frange des dessinateurs de bande dessinée à venir. Ce dessin très pur, libéré de toute entrave, de tout détail excessif, trouve une forme d'équilibre qui explique sans aucun doute pourquoi Tintin est aussi marquant sur le plan graphique. Pas de fantaisie, pas de remise en cause des codes établis, tout est conforme aux règles de base, donnant à la bande dessinée une unité qu'on ne retrouve finalement que rarement (à ce point) chez d'autres dessinateurs. Tintin, c'est aussi cet art narratif unique qui fait d'Hergé un des plus grands conteurs du monde de la bande dessinée. Contrairement à d'autres auteurs comme Greg, qui s'amusent à tout tenter et multiplient les récits sans souci excessif de cohérence (mais pour notre plus grand plaisir quand même), Hergé est en quête du scénario parfait. Il publie (relativement) peu, mais ne veut publier que de l'extrême qualité. Il sait même à quel point il est le seul à mener cette démarche très entière, et interdit donc qu'un quelconque auteur lui succède. L'unité entre les séquences est absolument remarquable, il n'y a qu'à voir l'admirable introduction de Tintin au Congo pour voir l'aisance avec laquelle Hergé nous fait découvrir les différents endroits du bateau, en introduisant peu à peu ses personnages (Milou étant la star de cette introduction), avec un art de la progression unique, nous faisant aboutir à la découverte de l'antagoniste, caché dans la cale. Ce merveilleux enchaînement de scènes introduit tout l'art narratif d'Hergé, dans ce qui reste à mes yeux le vrai premier tome de la saga (Tintin au pays des Soviets étant pour moi un tome zéro, une sorte de préfiguration de ce qui deviendra seulement au tome suivant Tintin, ne me demandez pas pourquoi). A cette image, quelle que soit l'aventure que l'on sélectionne, la saga d'Hergé ne nous offre que des moments d'anthologie, formidables dans le découpage de l'action, très cinématographiques dans le choix des plans et du montage des séquences. Tintin, c'est évidemment ce parfum de mystère unique, qui transporte la saga dans une sorte de terrain entre la réalité et le fantastique, sans jamais basculer pleinement dans le merveilleux. C'est peut-être pour moi ce qui définit le mieux la saga : le mystère est omniprésent, pas un vague mystère policier sur le "qui ?", mais un mystère bien plus épais sur le "comment ?". On veut savoir comment Tintin va pouvoir à lui seul démanteler ce grand réseau de trafiquants qui semble tout-puissant, on veut savoir comment les savants des Sept boules de cristal ont été envoutés et comment les tirer de là, on veut savoir comment Tintin retrouvera le pauvre Tchang après ce terrible crash d'avion. Et puis, bien sûr, on veut toujours savoir comment Tintin va se tirer de cette terrible situation dans laquelle l'a plongé un auteur malicieux et sans scrupules. N'hésitant pas à emprunter au fantastique (poupées vaudou, rêve prémonitoire) ou à la science-fiction (une météorite tombée du ciel, un voyage spatial), Hergé ne fait jamais entrer ses récits dans ces cases trop étriquées pour lui et reste aux frontières des genres en préférant rester dans cette catégorie bien vaste qu'est l'Aventure, qui autorise toutes les fantaisies, sans nous emprisonner derrière une étiquette trop définie. Tintin, c'est cette écriture savante des personnages. Tous les personnages de la saga sont attachants. A la lisseté volontaire du héros s'oppose la brutalité d'un capitaine Haddock au grand cœur, la surdité d'un savant parfois pénible mais souvent génial, la bêtise touchante d'un duo de détectives animé par un réel sens de la justice, mais aussi l'exubérante amitié d'une cantatrice insensible aux réactions d'un public exigeant, la terrifiante ambiguïté d'un méchant qui cache son jeu sous le masque d'une bonté rugueuse ou encore l'implacable radicalité d'un mystérieux docteur dont la corruption est la principale activité. Chacun de ces personnages est haut en couleur, attachant ou repoussant, mais toujours fort en caractère, et finalement, terriblement humain. Tintin, enfin (on pourrait continuer longtemps !), c'est ce rapport brûlant à l'actualité, qui fait de terribles événements de fantaisistes sujets d'aventure. Qu'il s'agisse de l'URSS, du Congo belge de la Mandchourie ou de la Palestine mandataire (rares ancrages vraiment réalistes dans l'univers d'Hergé), Tintin traverse les grands lieux de conflits et d'intrigues géopolitiques de son époque. Mais Hergé les invente aussi parfois, et il est évident que le San Theodoros, la Syldavie et la Bordurie ne sont que des métaphores joyeuses mettant en scène des réalités beaucoup moins joyeuses, à peine masquées par le voile du conte. En outre, Tintin ira sur la lune, sera à deux doigts de rencontrer des extraterrestres, ou sera emprisonné (ou ne le sera pas, selon si l'on considère que Tintin et l'Alph-art existe ou non) par un gourou arnaqueur à l'identité bien connue. Ce faisant, Hergé fait systématiquement ressurgir les grands débats, les grands conflits, les grandes idées de son époque, en les exorcisant de leur noirceur pour les mettre au cœur d'un combat où le Bien finit toujours par triompher. Et finalement, c'est peut-être là que réside le grand secret de cette immense saga : Tintin ne serait-il pas, tout simplement, le remède universel à l'horreur du monde contemporain ?
De Cape et de Crocs
De Cape et de Crocs est une œuvre originale, inventive, drôle et émouvante, qui rend hommage à la littérature classique, notamment à Alexandre Dumas, Jules Verne, Molière, Racine, Cyrano de Bergerac et Victor Hugo. Cette série de bande dessinée m'a enchanté par son humour, son aventure et son originalité. C'est un hommage aux romans de cape et d'épée, mais aussi à la littérature classique, au théâtre, à la poésie, à la science-fiction et à la fantasy. Les auteurs, Alain Ayroles et Jean-Luc Masbou, ont créé un univers riche et foisonnant, peuplé de personnages hauts en couleur et attachants. Le scénario Le scénario est truffé de références culturelles, de jeux de mots, de calembours, de quiproquos, de rebondissements, de duels, de romances, de trahisons, de révélations, et de dialogues savoureux, souvent en vers. De cape et de crocs est une bande dessinée qui m'a séduit par son scénario, qui est à la fois complexe et limpide, original et classique, divertissant et instructif. C'est une histoire qui ne cesse de surprendre le lecteur, en lui faisant découvrir des mondes et des secrets insoupçonnés. C'est une intrigue qui se déroule sur plusieurs tomes, mais qui ne perd jamais le fil ni le rythme. C'est un récit qui fait appel à l'intelligence, à l'imagination, et à la sensibilité du lecteur. Le scénario de cette saga est construit comme un puzzle, où chaque pièce s'emboîte parfaitement avec les autres. Les auteurs, Alain Ayroles et Jean-Luc Masbou, ont su créer une cohérence interne, tout en jouant avec les codes et les clichés du genre. Ils ont su doser les rebondissements, les révélations, les mystères, et les quiproquos, sans jamais tomber dans la facilité ou la redondance. Ils ont su varier les tonalités, en passant de la comédie au drame, de l'horreur à la romance, de la satire à l'épopée, sans jamais perdre le sens de l'humour ou de la poésie. Le scénario de cette bande dessinée est aussi un hommage à la culture, à la littérature, et à l'histoire. Les auteurs ont puisé leur inspiration dans de nombreuses sources, comme les romans de cape et d'épée, les fables de La Fontaine, les contes orientaux, les voyages de Gulliver, la mythologie grecque, la Renaissance italienne, le Siècle d'or espagnol, ou encore la Révolution française. Ils ont parsemé leur histoire de clins d'œil, de citations, de parodies, et de références, qui ravissent les lecteurs les plus érudits, sans gêner les lecteurs les moins initiés. Le dessin Le dessin est dynamique, expressif, coloré, et fourmille de détails. De cape et de crocs est une bande dessinée qui m'a ébloui par son dessin, qui est d'une qualité exceptionnelle. C'est un dessin qui rend hommage au style franco-belge, mais qui a aussi sa propre identité. C'est un dessin qui exprime avec finesse et dynamisme les émotions, les actions, et les décors des personnages. C'est un dessin qui sublime le scénario, en lui donnant de la profondeur, de la couleur, et de la vie. Le dessin de cette saga est l'œuvre de Jean-Luc Masbou, qui a su créer un univers visuel unique et cohérent. Il a su dessiner des animaux anthropomorphes, qui ont tous une apparence, une gestuelle, et une expression propres. Il a su dessiner des paysages variés, qui vont de la France à la Lune, en passant par la Turquie, la Venise, ou le Nouveau Monde. Il a su dessiner des scènes d'action, qui sont fluides, lisibles, et spectaculaires. Il a su dessiner des scènes d'humour, qui sont drôles, ironiques, et burlesques. Le dessin de cette bande dessinée est aussi un régal pour les yeux, grâce à la maîtrise des couleurs, des lumières, et des ombres. Les couleurs sont vives, contrastées, et harmonieuses. Elles reflètent l'ambiance, le climat, et le ton de chaque scène. Les lumières sont subtiles, nuancées, et réalistes. Elles mettent en valeur les volumes, les reliefs, et les textures. Les ombres sont délicates, précises, et suggestives. Elles créent du mystère, du relief, et du mouvement. Les personnages Les personnages sont attachants, charismatiques, complexes, et évoluent au fil de l’histoire. Le héros de cette saga est le chevalier Armand Raynal de Maupertuis, un gentilhomme français qui se lance dans une quête du fabuleux trésor des îles Tangerines, accompagné de son fidèle ami, le poète et aventurier Don Lope de Villalobos y Sangrin. Mais ce qui rend cette histoire si singulière, c'est que ces deux personnages sont en réalité... des animaux anthropomorphes ! Armand est un renard et Don Lope est un loup. Ils croiseront sur leur chemin d'autres créatures étonnantes, comme le lapin Eusèbe, le mouton Sémiramide, le lion Bombastus, le crocodile Kader, ou encore le singe Malatesta. Ces personnages sont le véritable atout de cette bande dessinée. Ils sont tous dotés d'une personnalité forte et d'un charisme indéniable. Ils sont drôles, émouvants, courageux, rusés, romantiques, loyaux, ou parfois fourbes, cruels, lâches, ou jaloux. Ils parlent avec élégance, en vers ou en prose, en français, en espagnol, en italien, en latin, ou en langues inventées. Ils font preuve d'une culture immense, en citant des auteurs célèbres, en jouant des pièces de théâtre, en récitant des poèmes, ou en inventant des machines extraordinaires. Ils vivent des aventures palpitantes, en traversant des mers, en explorant des îles, en combattant des pirates, en affrontant des monstres, en s'évadant de prisons, ou en découvrant des civilisations secrètes. Les thèmes abordés La série aborde aussi des thèmes universels, comme l’amitié, l’amour, la liberté, la justice, le courage, la loyauté, la quête de soi, et le sens de la vie. De cape et de crocs est une bande dessinée qui m'a fasciné par ses thèmes, qui sont à la fois universels et originaux. C'est une bande dessinée qui aborde des sujets variés, comme la liberté, l'amitié, l'amour, la quête, l'identité, la tolérance, la justice, ou encore la folie. C'est une bande dessinée qui traite ces thèmes avec finesse, intelligence, et sensibilité. C'est une bande dessinée qui fait réfléchir, rire, pleurer, et rêver le lecteur. Les thèmes de cette saga sont développés à travers les personnages, les situations, et les dialogues. Les auteurs, Alain Ayroles et Jean-Luc Masbou, ont su créer des personnages qui incarnent des valeurs, des idéaux, ou des contradictions. Ils ont su créer des situations qui illustrent des enjeux, des dilemmes, ou des paradoxes. Ils ont su créer des dialogues qui expriment des opinions, des sentiments, ou des philosophies. Ils ont su faire dialoguer les thèmes entre eux, en créant des oppositions, des contrastes, ou des harmonies. Les thèmes de cette bande dessinée sont aussi enrichis par les références, les symboles, et les métaphores. Les auteurs ont utilisé des références culturelles, historiques, ou littéraires, qui renvoient à des courants, des époques, ou des œuvres. Ils ont utilisé des symboles visuels, sonores, ou narratifs, qui renforcent le sens, l'émotion, ou l'esthétique. Ils ont utilisé des métaphores animales, spatiales, ou temporelles, qui suggèrent des analogies, des comparaisons, ou des allégories. Ils ont su jouer avec les niveaux de lecture, en proposant des interprétations multiples, implicites, ou cachées. Conclusion De cape et de crocs est une bande dessinée qui m'a fait rire, rêver, voyager, et réfléchir. C'est une œuvre magistrale, qui mêle avec brio l'humour, l'action, le fantastique, et la poésie. C'est une ode à la liberté, à l'amitié, à l'amour, et à la beauté. C'est une bande dessinée que je recommande vivement à tous les amateurs du genre, et que je relis avec plaisir à chaque fois. C'est une œuvre qui se renouvelle à chaque tome, sans jamais se répéter ni se trahir. C'est une œuvre qui se savoure à chaque page, sans jamais s'ennuyer ni se lasser. C'est une œuvre qui se partage avec plaisir, sans jamais s'oublier ni se regretter. C'est une œuvre qui s’admire à chaque planche, sans jamais se démoder ni se faner. C'est une œuvre qui se distingue par sa beauté, sa richesse, et sa diversité. C'est une œuvre qui se respecte par son travail, son talent, et son art. De cape et de crocs est une bande dessinée qui m'a impressionné par ses thèmes, qui sont à la fois profonds et légers, sérieux et drôles, classiques et modernes. C'est une œuvre qui se questionne sur le sens de la vie, de l'art, et de l'histoire. C'est une œuvre qui se moque des préjugés, des conventions, et des absurdités. C'est une œuvre qui se réjouit de la diversité, de la beauté, et de la liberté. C'est une œuvre qui se vit avec passion, avec humour, et avec poésie. De Cape et de Crocs est une série qui se savoure, se relit, et se partage. C’est une véritable invitation au voyage, à l’aventure, et à la rêverie. C’est une série qui fait rire, pleurer, réfléchir, et vibrer. C’est une série qui restera dans les mémoires comme un chef-d’œuvre de la bande dessinée.
Les Royaumes muets
Les royaumes muets est une BD comme je les aime. Notre héroïne voit les fantômes et ne sais pas vraiment pourquoi. J'ai trouvé l'histoire bien rythmée et originale. Les illustrations sont tout simplement magnifiques, c'est un réel coup de cœur. Les dessins gothiques et les couleurs sombres fonctionnent à merveille avec le thème et que dire des décors ? On ne s'ennuie pas une seconde en lisant ce livre et j'ai hâte d'en savoir d'avantage. Cette BD convient très bien à un jeune public comme à un lectorat plus âgé.