J'ai vraiment beaucoup apprécié cette biographie de la jeunesse de Dali. J'avais déjà beaucoup aimé le travail des auteurs sur la danseuse Isadora.
C'est un nouvel artiste non conventionnel que Julie Birmant nous invite à découvrir avec un oeil d'une grande finesse. J'ai trouvé le portrait du jeune Dali très drôle et poétique.
L'autrice ne se contente pas de rappeler des faits et des dates qui fait de Dali l'un des plus grands et atypiques peintres du XXème siècle. Elle nous peint un génie dont la psychologie à longtemps échapper au public.
C'est une description toute pleine de tendresse et d'empathie qu'elle nous livre pour comprendre un univers qui a pu paraître loufoque pendant la vie de Dali. J'ai toujours aimé la peinture de Dali même si parfois j'ai eu du mal à y accéder.
Birmant montre bien que Dali était un dessinateur génialement doué. Ce don combiné à une pensée onirique unique ont fait de Dali un artiste singulier un peu à l'image d'Isadora pour la danse. La narration de Julie Birmant est vraiment simple à suivre dans un récit qui révèle l'extraordinaire creuset artistique de l'Espagne du début du siècle.
Une génération dorée qui restera pour toujours au panthéon de l'art.
Le graphisme de Clément Oubrerie s'affirme de série en série depuis Aya de Yopougon. Son trait à l'encre reste toujours très fin mais il gagne en fluidité et en précision. De plus on sent que ses détails sont plus travaillés comme le montre sa très belle planche d'ouverture avec Eluard et Picasso. Le passage du chat avec Gala est une vraie merveille graphique ce qui était une gageure puisqu'il prend la plume de Picasso tout simplement.
Il y a ainsi plusieurs planches pleines pages qui délivrent à la fois un message narratif mais aussi une ambiance surréaliste. Toutes sont très réussies.
Son dessin a gardé sa forte expressivité ce qui rend beaucoup de passage drôle ou tendre.
La mise en couleur est sobre mais très plaisante.
Une très bonne lecture pour approfondir ou découvrir un artiste exceptionnel.
Pour un aficionados qui commençait déjà, à l'époque, à en avoir un peu ras la casquette du côté tout soudain Suprême des X-Men (ils ne pouvaient plus rien faire sans se la péter ! Mais je n'avais encore rien vu...), l'arrivée de ces "Nouveaux Mutants" a été l'occasion d'une bouffée d'oxygène et, surtout, d'un enthousiasme renouvelé pour l'idée originale du concept originel (!)
D'abord le Graphic Novel, qui propose une exposition très bien mise en scène du groupe et est illustré, sinon avec maitrise, en tous cas avec beaucoup de sensibilité et de caractérisation des personnages par un Bob McLeod en forme et complètement inconnu à ce moment-là, du moins par le fan moyen.
Xi'an, Danielle, Rahne, Roberto et Sam sont particulièrement bien définis et intéressants, et Chris Claremont évite assez bien la caricature dans la peinture de leur personnalité (il est moins subtil pour ce qui est de leurs parcours personnels !).
Les capacités mutantes respectent ici la tradition, à savoir qu'elles influent directement le caractère des personnages, affaiblissant ou, au contraire, amplifiant telle ou telle autre tendance naturelle -un des aspects les plus excitants de la spécificité des mutants made in Marvel, en ce qui me concerne (et traditionnellement traité par dessus la jambe !).
On a rapidement droit à l'ajout de Amara -qui détourne un peu vite l'atmosphère du Comic, plutôt intimiste, vers du moins "proportionné " : contexte originel et pouvoirs du personnage, on est clairement de retour dans le mainstream commercial. Tant pis ! Ça marche pas mal, surtout que Amara est plutôt habitée.
Quelques aventures sans grandes conséquences, mais assez fun à lire et POUM ! Dérapage très publicitaire avec l'arrivée de Bill Sienkiewicz au dessin qui, malgré toute sa démesure graphique, arrive mine de rien à conserver crédible le contexte (l'école, l'apprentissage de la vie, l'adolescence, quoi !) tout en introduisant -avec fracas !- les idées un peu dingues de Claremont.
David Haller, c'est du bon et Rachel Summers, du logique étant donnée la continuité avec les X-Men... Mais Warlock, c'est du délire !?!
Après, la série a continué tant bien que mal, avec quelques moments graphiquement privilégiés (le cycle sur Asgard ainsi que le one-shot sur Warlock, tous deux illustrés par le très inspiré Arthur Adams.) et même le très bel Annual avec Mojo et Spirale (Alan Davis), qui voit l'arrivée de Betsy Braddock à l'école Charles Xavier.
Je crois qu'ils ont tous bien grandi, aujourd'hui ; et je sais que le rouleau compresseur de la surenchère ne les a pas épargnés (!) ; mais j'ai la nostalgie de ce qu'ils ont été et de ce qu'ils représentaient, alors, pour les fans.
Je confirme.
Il y a un dynamisme très Comic Book dans le découpage des cases et un vrai soucis du rythme et, si on est un peu -beaucoup !- violemment plongé dans l'action, hé ben on se laisse vite mener par l'intrigue (mystérieuse !) jusqu'au bout de l'album.
Je n'ai pas lu le deuxième chapitre et je regrette l'interruption de cette publication : le personnage du frère "ressuscité" m'intriguait pas mal...
Pour maladroit qu'il paraisse, je trouve le dessin assez honnête et assorti au sujet mis en scène : ça bouge bien et c'est très lisible.
Pas mal, quoi !
Le travail éditorial est vraiment très bon et à saluer. En effet, de la couverture avec un titre aux couleurs brillantes, en passant par une couverture cartonnée épaisse, l’éditeur a bien mis en valeur le travail du mangaka.
De plus, chaque histoire dispose d’un texte de présentation sur son contexte de création de la part de l’auteur, avec une analyse de l’œuvre d’Ito en fin d’album. Je regrette juste que l’éditeur n’ait pas précisé si des histoires avaient préalablement été publiées dans des recueils en France.
Pour le reste, ces deux albums à la pagination imposante sont d’excellentes portes d’entrées dans l’œuvre d’Ito (surtout que ses albums précédemment publiés en France sont souvent rares et chers).
Comme toute compilation, c’est inégal, certaines histoires étant « moyennes » (je pense à « La sadique », qui porte bien son nom, mais s’éloigne du fantastique plus ou moins dérangeant et horrible dans lequel baignent la majorité des histoires rassemblées ici).
Sans doute inspiré par Lovecraft et Stephen King, Junji Ito a su développer un univers et des histoires personnels, avec une narration qui prend son temps pour installer une ambiance, pour créer un certain malaise. C’est moins gore ou malsain que Maruo (ça joue sur un autre registre), mais j’aime bien cet auteur, et cette « série » anthologique représente bien son travail.
De plus j’apprécie aussi son dessin très simple, son trait fin et précis, avec des personnages qui ne surjouent pas les émotions comme dans trop de mangas. On pourrait d’ailleurs presque reprocher à Ito l’inverse, tant ses personnages semblent se complaire dans une certaine résilience, un certain fatalisme, la gêne ressentie par le lecteur n’étant pas exprimée par les visages des personnages.
Une lecture très intéressante.
Un concept bien fun ! J'aurais encore mieux adhéré si je l'avais découvert mois après mois, plutôt que sous la forme de recueil -j'aurais peut-être mieux assimilé la rupture graphique assez dure introduite par les artistes invités dans la deuxième partie du récit, beaucoup moins intéressante : même Bill Sienkiewicz n'a pas le loisir de secouer l'ambiance, sous le ronron somnolent du propos.
Mais le Jae Lee est vraiment un dessinateur hors du commun. Son style inimitable -et ce n'est pas qu'une expression !- offre une atmosphère vraiment unique au héros (grave et mélancolique, comme lui) et, rien que pour le plaisir des images, on aurait tendance à passer sur la maladresse avec laquelle l'idée de départ est exploitée -notamment la lourde et répétitive (et même franchement crispante !) démonstration verbale du respect de ses confrères costumés pour le quasi demi-dieu amnésique. Je soupçonne l'influence de Stan Lee, là derrière, vu que Sentry est une invention à lui, originellement. Les pastiches de la succession des codes graphiques du Comic Book Américain au fil des modes et des années -sensés représenter les souvenirs refoulés du héros !- est une autre bonne idée qui tombe complètement à plat tant elle est un peu -beaucoup !- facilement exploitée : John Byrne est bien d'avantage que ses têtes parlantes, il me semble...
On a frôlé le chef d’œuvre, avec cette mini série. Mais Paul Jenkins -à priori plus libre de ses mouvements ?!- et Jae Lee ont transformé leur essais avec leur éblouissante recréation de l'univers des Inhumains...
Oui, il semble un peu vain d'imprimer sur du papier les images d'un long métrage d'animation, aussi réussi soit-il. Surtout si le dit Dessin Animé est, déjà, directement inspiré d'un Manga.
Cependant, dans le cas présent, outre que le résultat est plutôt joli -comme une BD au graphisme hyper-soigné-, il permet à ceux que ce genre d’œuvre filmée plutôt contemplative rebute, d'apprécier un scénario très élaboré et abouti traitant quelques sujets inusités, comme la perception que l'on a de soi-même et de la place qu'on occupe au sein de son univers personnel -et des possibilités d'évolutions qu'on est, ou non, prêt à envisager.
Car, nonobstant les qualités réelles de l’œuvre imprimée originale de Masamune Shirow, largement mieux fournie en humour et action, le réalisateur du film, Mamoru Oshii, s'est complètement réapproprié l'histoire pour en donner une représentation beaucoup plus poétique de son sujet. L'ambiance et le ressenti général -très Zen- arrivent a transparaitre malgré le format de l'album ; et c'est une bonne chose, étant donnée la grande qualité du tout, que Ghost In The Shell bénéficie aussi de ce médium-là auprès du public. C'est un petit objet que je conserve précieusement.
... L'idéal étant, bien sûr, de parcourir la BD avec, en fond, l'excellente Bande Originale de Kenji Kawaï, pour être complètement dans l'ambiance.
J'ai découvert le travail de Marc Silvestri avec cet album, différent de ce que proposait Marvel/Lug, dans ces années-là. L'histoire était un peu légère pour l'ambition du projet et l'encreur ne lui a pas vraiment convenu. Néanmoins j'ai tout de suite accroché à l'expressivité de ses personnages, ainsi qu'au mouvement des corps. Comme c'était encore un peu nouveau de mixer autant de super-héros à la fois (c'était avant l'overdose, récurrente depuis, des innombrables versions du "Tournois Des Champions", peut-être déjà publié à l'époque ?!), j'étais excité de voir certains d'entre eux, habituellement étrangers, "cohabiter" ainsi. Et la couverture est magnifique, non ? Très film-catastrophe, je trouve. Ha ! J'avais aussi beaucoup apprécié la conclusion.
Je n'ai pas lu le roman de Bernard Werber, mais c'est avec une agréable surprise que je découvre la série avec cette adaptation en BD. Il faut dire aussi que je suis friand des séries d'anticipation de ce genre survivalisme.
La grande originalité, c'est qu'on suit des chats qui s'adaptent à l'environnement et non des humains. On retrouve tout de même les mêmes codes que chez les humains quant à la survie, étant donné que les chats les plus intelligents puisent leur savoir de la connaissance humaine, notamment grâce à Pythagore, un chat avec un 3e œil qui lui permet de se connecter à Internet et d'accumuler de la connaissance assez rapidement.
Le dessin colle très bien avec l'atmosphère du survivalisme, l'histoire est prenante, parfois les choses se passent un peu vite, mais quand on adapte un roman à une bd ce n'est pas vraiment critiquable, il faut aller à l'essentiel, et l'auteur fait ça très bien.
La plupart d’entre nous n’ont probablement jamais entendu parler du festival d’Altamont, contrairement à Woodstock qui est devenu le symbole d’une époque. Pourtant, Altamont, avec les Rolling Stones en tête d’affiche, promettait d’être le concert du siècle. Hélas, la présence des Hell’s Angels donnera lieu à des scènes de violence et ce ne sont pas les trips au LSD qui calmeront le jeu. Souffrant d’une organisation hasardeuse, l’événement va alors rapidement tourner au fiasco…
C’est à l’initiative de Charlie Adlard qu’est née cette bande dessinée. Le dessinateur britannique, que l’on ne présente plus, est aussi musicien à ses heures (à la batterie) et souhaitait raconter cet « anti-Woodstock ». Fasciné par la façon dont l’événement semble avoir été marqué par le sceau de la malédiction, le célèbre co-auteur de Walking Dead a fait appel au Français Herik Anna (connu pour la série Bad Ass) pour le scénariser. L’alchimie ayant parfaitement fonctionné entre les deux hommes, le projet a pu ainsi se concrétiser sans peine.
La bonne idée des auteurs est de narrer l’événement à travers l’expérience fictive de jeunes hippies, trois gars et deux filles, Doc, Léo, Schizo, Jenny et Samantha. Tous sont très bien campés et ne semblent pas avoir tant de points communs qu’on pourrait le croire — si ce n’est l’envie de s’éclater au son du rock dans quelque paradis artificiel —, ce qui donne lieu à quelques bisbilles autour des goûts musicaux des uns et des autres dans l’habitacle enfumé de leur combi VW. Rien de méchant, bien sûr, mais on ne peut s’empêcher de penser que pour un rien, tout pourrait mal tourner, ne serait-ce que par la présence fantasque de Thomas, dit Schizo. Celui-ci n’en fait qu’à sa tête, et son côté junkie jackass à la petite semaine n’est pas de nature à insuffler de l’harmonie au sein du groupe. Et s’il agace tout le monde avec ses rodomontades, le bougre reste néanmoins attachant. Un « boulet attachant » est sans doute ce qui le résumerait le mieux. Il y a également Léonard, le black mi-rebelle mi-rêveur qui cherche à s’extirper de son milieu social modeste tout en refusant d’aller combattre au Vietnam, Jenny, l’étudiante sexy et politisée qui ne s’en laisse pas conter et Samantha, l’alter ego « afro » de cette dernière et davantage branchée jazz et blues.
Mais le personnage central est incontestablement Matthews, alias le Doc, qui tout au long du récit en impose par sa présence silencieuse et énigmatique. Caché derrière ses lunettes noires, il pose sans relâche ses états d’âme sur son carnet de notes, comme pour domestiquer la folie et le traumatisme engendrés par la guerre du Vietnam dont il est revenu récemment. De plus, il ne s’est toujours pas remis de la mort de son pote Mike, emporté sous ses yeux par une overdose.
Toutes les algarades bon enfant au verbe haut qui émailleront leur voyage ne seront pourtant qu’un pâle avant-goût de ce qui les attend dès l’arrivée sur le site du festival… La tension qui imprégnait le récit depuis le début — ou disons plutôt l’électricité rock — ne cesse de monter en puissance jusqu’à son point culminant de violence provoquée par les Hell’s, avec pour conséquence la mort d’une personne et un chaos terrible, comme un mauvais trip d’acide, très loin de l’esprit Peace and Love. Altamont promettait d’être un événement légendaire, il ne sera qu’un champ de bataille calamiteux.
La partition narrative est parfaitement réussie, dans le sens où cette fameuse tension progressive parvient à nous captiver au même titre qu’un thriller, lequel tiendrait d’un registre hallucinatoire. « Altamont » nous immerge dans une Amérique où la jeunesse aspirait à l’insouciance sans totalement y parvenir, une Amérique hantée par la guerre du Vietnam qui abîma pour longtemps l’image d’un Oncle Sam soucieux d’incarner le camp du bien.
Charlie Adlard a su très bien rendre cette atmosphère, et à vrai dire, on ne peut s’empêcher de redouter l’apparition d’un zombie à chaque page. Son trait nerveux et acéré, qui confère toujours beaucoup d’expressivité aux personnages, honore avec talent les grands artistes de la scène rock et jazz de l’époque. C’est tout juste si on n'entend pas leur musique se diffuser à travers le grain du papier. A son style habituel, il a inséré des touches de psychédélisme et de pop-art (avec ce tramage inspiré de Roy Lichtenstein). L’utilisation de la couleur évolue au fur et à mesure que la catastrophe sous-jacente se précise. Plus vives au début pour évoquer le soleil californien, les tonalités s’assombrissent peu à peu, et ce n’est pas seulement du fait de la météo maussade mais aussi pour illustrer les mauvaises vibrations qui imprégnaient alors le festival.
Cet album, qui est d’abord une très plaisante ode au rock’n’roll de la fin des Sixties, se veut également une photographie du contexte socio-politique de cette période « flower power », indissociable des mouvements protestataires contre la Guerre du Vietnam. Charlie Adlard s’est donc beaucoup interrogé sur « Altamont », qui semble avoir sonné le glas de l’idéal hippie, tout comme, le rappelle-t-il à juste titre, les meurtres de Charles Manson. Si ces événements ont marqué la fin de « l’innocence américaine », ne sont-ce tout simplement pas le Vietnam et ses fantômes qui ont achevé de tuer cette innocence ?
Héhéhé, voilà un petiote qu'on est ravi de découvrir au fil de ces pages, mais qu'effectivement on ne voudrait pas pour descendance !
Car la bougre de Billie en a sous le champignon et ses pauvres parents ne sont pas au bout de leurs peines ! Car la drôlesse n'est jamais à cours d'idées toutes plus saugrenues les unes que les autres, et l'arrivée de ce petit monstre qu'elle trouve par hasard en forêt ne va pas arranger les choses. Ce nouvel "ami imaginaire" a quand même quelques avantages pour effrayer ses collègues de classes ou pour se débarrasser des importuns, mais il a un appétit d'ogre et il plonge notre Billie dans des situations parfois délicates... ce qui n'a pas l'air de la déranger, bien au contraire.
L'album propose des scénettes composées de gags en une page, parfois 2 ou 3, qui forment un canevas farfelu tissé sur le quotidien mouvementé de Billie et de sa famille. Théa Rojzman sait trouver les anecdotes qui font mouche pour confectionner un personnage attachant ; hyperactive, maline, irrévérencieuse et très mature pour son âge, cette Billie est une vraie bombe sur patte qui a perdu sa goupille depuis belle lurette !
Le dessin de Steve Baker que j'avais déjà beaucoup apprécié dans Bots est ici plus caricatural et cartoonesque, ce qui colle parfaitement au rythme endiablé et au caractère trublionesque de notre déjantée Billie.
Bref, voilà une série très efficace qui devrait immanquablement trouver son public chez les plus jeunes (et pas que !)
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Dali
J'ai vraiment beaucoup apprécié cette biographie de la jeunesse de Dali. J'avais déjà beaucoup aimé le travail des auteurs sur la danseuse Isadora. C'est un nouvel artiste non conventionnel que Julie Birmant nous invite à découvrir avec un oeil d'une grande finesse. J'ai trouvé le portrait du jeune Dali très drôle et poétique. L'autrice ne se contente pas de rappeler des faits et des dates qui fait de Dali l'un des plus grands et atypiques peintres du XXème siècle. Elle nous peint un génie dont la psychologie à longtemps échapper au public. C'est une description toute pleine de tendresse et d'empathie qu'elle nous livre pour comprendre un univers qui a pu paraître loufoque pendant la vie de Dali. J'ai toujours aimé la peinture de Dali même si parfois j'ai eu du mal à y accéder. Birmant montre bien que Dali était un dessinateur génialement doué. Ce don combiné à une pensée onirique unique ont fait de Dali un artiste singulier un peu à l'image d'Isadora pour la danse. La narration de Julie Birmant est vraiment simple à suivre dans un récit qui révèle l'extraordinaire creuset artistique de l'Espagne du début du siècle. Une génération dorée qui restera pour toujours au panthéon de l'art. Le graphisme de Clément Oubrerie s'affirme de série en série depuis Aya de Yopougon. Son trait à l'encre reste toujours très fin mais il gagne en fluidité et en précision. De plus on sent que ses détails sont plus travaillés comme le montre sa très belle planche d'ouverture avec Eluard et Picasso. Le passage du chat avec Gala est une vraie merveille graphique ce qui était une gageure puisqu'il prend la plume de Picasso tout simplement. Il y a ainsi plusieurs planches pleines pages qui délivrent à la fois un message narratif mais aussi une ambiance surréaliste. Toutes sont très réussies. Son dessin a gardé sa forte expressivité ce qui rend beaucoup de passage drôle ou tendre. La mise en couleur est sobre mais très plaisante. Une très bonne lecture pour approfondir ou découvrir un artiste exceptionnel.
The New Mutants - L'Intégrale
Pour un aficionados qui commençait déjà, à l'époque, à en avoir un peu ras la casquette du côté tout soudain Suprême des X-Men (ils ne pouvaient plus rien faire sans se la péter ! Mais je n'avais encore rien vu...), l'arrivée de ces "Nouveaux Mutants" a été l'occasion d'une bouffée d'oxygène et, surtout, d'un enthousiasme renouvelé pour l'idée originale du concept originel (!) D'abord le Graphic Novel, qui propose une exposition très bien mise en scène du groupe et est illustré, sinon avec maitrise, en tous cas avec beaucoup de sensibilité et de caractérisation des personnages par un Bob McLeod en forme et complètement inconnu à ce moment-là, du moins par le fan moyen. Xi'an, Danielle, Rahne, Roberto et Sam sont particulièrement bien définis et intéressants, et Chris Claremont évite assez bien la caricature dans la peinture de leur personnalité (il est moins subtil pour ce qui est de leurs parcours personnels !). Les capacités mutantes respectent ici la tradition, à savoir qu'elles influent directement le caractère des personnages, affaiblissant ou, au contraire, amplifiant telle ou telle autre tendance naturelle -un des aspects les plus excitants de la spécificité des mutants made in Marvel, en ce qui me concerne (et traditionnellement traité par dessus la jambe !). On a rapidement droit à l'ajout de Amara -qui détourne un peu vite l'atmosphère du Comic, plutôt intimiste, vers du moins "proportionné " : contexte originel et pouvoirs du personnage, on est clairement de retour dans le mainstream commercial. Tant pis ! Ça marche pas mal, surtout que Amara est plutôt habitée. Quelques aventures sans grandes conséquences, mais assez fun à lire et POUM ! Dérapage très publicitaire avec l'arrivée de Bill Sienkiewicz au dessin qui, malgré toute sa démesure graphique, arrive mine de rien à conserver crédible le contexte (l'école, l'apprentissage de la vie, l'adolescence, quoi !) tout en introduisant -avec fracas !- les idées un peu dingues de Claremont. David Haller, c'est du bon et Rachel Summers, du logique étant donnée la continuité avec les X-Men... Mais Warlock, c'est du délire !?! Après, la série a continué tant bien que mal, avec quelques moments graphiquement privilégiés (le cycle sur Asgard ainsi que le one-shot sur Warlock, tous deux illustrés par le très inspiré Arthur Adams.) et même le très bel Annual avec Mojo et Spirale (Alan Davis), qui voit l'arrivée de Betsy Braddock à l'école Charles Xavier. Je crois qu'ils ont tous bien grandi, aujourd'hui ; et je sais que le rouleau compresseur de la surenchère ne les a pas épargnés (!) ; mais j'ai la nostalgie de ce qu'ils ont été et de ce qu'ils représentaient, alors, pour les fans.
Les Héritiers
Je confirme. Il y a un dynamisme très Comic Book dans le découpage des cases et un vrai soucis du rythme et, si on est un peu -beaucoup !- violemment plongé dans l'action, hé ben on se laisse vite mener par l'intrigue (mystérieuse !) jusqu'au bout de l'album. Je n'ai pas lu le deuxième chapitre et je regrette l'interruption de cette publication : le personnage du frère "ressuscité" m'intriguait pas mal... Pour maladroit qu'il paraisse, je trouve le dessin assez honnête et assorti au sujet mis en scène : ça bouge bien et c'est très lisible. Pas mal, quoi !
Les Chefs-d'œuvre de Junji Ito
Le travail éditorial est vraiment très bon et à saluer. En effet, de la couverture avec un titre aux couleurs brillantes, en passant par une couverture cartonnée épaisse, l’éditeur a bien mis en valeur le travail du mangaka. De plus, chaque histoire dispose d’un texte de présentation sur son contexte de création de la part de l’auteur, avec une analyse de l’œuvre d’Ito en fin d’album. Je regrette juste que l’éditeur n’ait pas précisé si des histoires avaient préalablement été publiées dans des recueils en France. Pour le reste, ces deux albums à la pagination imposante sont d’excellentes portes d’entrées dans l’œuvre d’Ito (surtout que ses albums précédemment publiés en France sont souvent rares et chers). Comme toute compilation, c’est inégal, certaines histoires étant « moyennes » (je pense à « La sadique », qui porte bien son nom, mais s’éloigne du fantastique plus ou moins dérangeant et horrible dans lequel baignent la majorité des histoires rassemblées ici). Sans doute inspiré par Lovecraft et Stephen King, Junji Ito a su développer un univers et des histoires personnels, avec une narration qui prend son temps pour installer une ambiance, pour créer un certain malaise. C’est moins gore ou malsain que Maruo (ça joue sur un autre registre), mais j’aime bien cet auteur, et cette « série » anthologique représente bien son travail. De plus j’apprécie aussi son dessin très simple, son trait fin et précis, avec des personnages qui ne surjouent pas les émotions comme dans trop de mangas. On pourrait d’ailleurs presque reprocher à Ito l’inverse, tant ses personnages semblent se complaire dans une certaine résilience, un certain fatalisme, la gêne ressentie par le lecteur n’étant pas exprimée par les visages des personnages. Une lecture très intéressante.
Sentry - La Sentinelle
Un concept bien fun ! J'aurais encore mieux adhéré si je l'avais découvert mois après mois, plutôt que sous la forme de recueil -j'aurais peut-être mieux assimilé la rupture graphique assez dure introduite par les artistes invités dans la deuxième partie du récit, beaucoup moins intéressante : même Bill Sienkiewicz n'a pas le loisir de secouer l'ambiance, sous le ronron somnolent du propos. Mais le Jae Lee est vraiment un dessinateur hors du commun. Son style inimitable -et ce n'est pas qu'une expression !- offre une atmosphère vraiment unique au héros (grave et mélancolique, comme lui) et, rien que pour le plaisir des images, on aurait tendance à passer sur la maladresse avec laquelle l'idée de départ est exploitée -notamment la lourde et répétitive (et même franchement crispante !) démonstration verbale du respect de ses confrères costumés pour le quasi demi-dieu amnésique. Je soupçonne l'influence de Stan Lee, là derrière, vu que Sentry est une invention à lui, originellement. Les pastiches de la succession des codes graphiques du Comic Book Américain au fil des modes et des années -sensés représenter les souvenirs refoulés du héros !- est une autre bonne idée qui tombe complètement à plat tant elle est un peu -beaucoup !- facilement exploitée : John Byrne est bien d'avantage que ses têtes parlantes, il me semble... On a frôlé le chef d’œuvre, avec cette mini série. Mais Paul Jenkins -à priori plus libre de ses mouvements ?!- et Jae Lee ont transformé leur essais avec leur éblouissante recréation de l'univers des Inhumains...
Ghost in the shell (Mamoru Oshii)
Oui, il semble un peu vain d'imprimer sur du papier les images d'un long métrage d'animation, aussi réussi soit-il. Surtout si le dit Dessin Animé est, déjà, directement inspiré d'un Manga. Cependant, dans le cas présent, outre que le résultat est plutôt joli -comme une BD au graphisme hyper-soigné-, il permet à ceux que ce genre d’œuvre filmée plutôt contemplative rebute, d'apprécier un scénario très élaboré et abouti traitant quelques sujets inusités, comme la perception que l'on a de soi-même et de la place qu'on occupe au sein de son univers personnel -et des possibilités d'évolutions qu'on est, ou non, prêt à envisager. Car, nonobstant les qualités réelles de l’œuvre imprimée originale de Masamune Shirow, largement mieux fournie en humour et action, le réalisateur du film, Mamoru Oshii, s'est complètement réapproprié l'histoire pour en donner une représentation beaucoup plus poétique de son sujet. L'ambiance et le ressenti général -très Zen- arrivent a transparaitre malgré le format de l'album ; et c'est une bonne chose, étant donnée la grande qualité du tout, que Ghost In The Shell bénéficie aussi de ce médium-là auprès du public. C'est un petit objet que je conserve précieusement. ... L'idéal étant, bien sûr, de parcourir la BD avec, en fond, l'excellente Bande Originale de Kenji Kawaï, pour être complètement dans l'ambiance.
La Vengeance du monolithe vivant
J'ai découvert le travail de Marc Silvestri avec cet album, différent de ce que proposait Marvel/Lug, dans ces années-là. L'histoire était un peu légère pour l'ambition du projet et l'encreur ne lui a pas vraiment convenu. Néanmoins j'ai tout de suite accroché à l'expressivité de ses personnages, ainsi qu'au mouvement des corps. Comme c'était encore un peu nouveau de mixer autant de super-héros à la fois (c'était avant l'overdose, récurrente depuis, des innombrables versions du "Tournois Des Champions", peut-être déjà publié à l'époque ?!), j'étais excité de voir certains d'entre eux, habituellement étrangers, "cohabiter" ainsi. Et la couverture est magnifique, non ? Très film-catastrophe, je trouve. Ha ! J'avais aussi beaucoup apprécié la conclusion.
Les chats (Werber/PoG/Quin)
Je n'ai pas lu le roman de Bernard Werber, mais c'est avec une agréable surprise que je découvre la série avec cette adaptation en BD. Il faut dire aussi que je suis friand des séries d'anticipation de ce genre survivalisme. La grande originalité, c'est qu'on suit des chats qui s'adaptent à l'environnement et non des humains. On retrouve tout de même les mêmes codes que chez les humains quant à la survie, étant donné que les chats les plus intelligents puisent leur savoir de la connaissance humaine, notamment grâce à Pythagore, un chat avec un 3e œil qui lui permet de se connecter à Internet et d'accumuler de la connaissance assez rapidement. Le dessin colle très bien avec l'atmosphère du survivalisme, l'histoire est prenante, parfois les choses se passent un peu vite, mais quand on adapte un roman à une bd ce n'est pas vraiment critiquable, il faut aller à l'essentiel, et l'auteur fait ça très bien.
Altamont
La plupart d’entre nous n’ont probablement jamais entendu parler du festival d’Altamont, contrairement à Woodstock qui est devenu le symbole d’une époque. Pourtant, Altamont, avec les Rolling Stones en tête d’affiche, promettait d’être le concert du siècle. Hélas, la présence des Hell’s Angels donnera lieu à des scènes de violence et ce ne sont pas les trips au LSD qui calmeront le jeu. Souffrant d’une organisation hasardeuse, l’événement va alors rapidement tourner au fiasco… C’est à l’initiative de Charlie Adlard qu’est née cette bande dessinée. Le dessinateur britannique, que l’on ne présente plus, est aussi musicien à ses heures (à la batterie) et souhaitait raconter cet « anti-Woodstock ». Fasciné par la façon dont l’événement semble avoir été marqué par le sceau de la malédiction, le célèbre co-auteur de Walking Dead a fait appel au Français Herik Anna (connu pour la série Bad Ass) pour le scénariser. L’alchimie ayant parfaitement fonctionné entre les deux hommes, le projet a pu ainsi se concrétiser sans peine. La bonne idée des auteurs est de narrer l’événement à travers l’expérience fictive de jeunes hippies, trois gars et deux filles, Doc, Léo, Schizo, Jenny et Samantha. Tous sont très bien campés et ne semblent pas avoir tant de points communs qu’on pourrait le croire — si ce n’est l’envie de s’éclater au son du rock dans quelque paradis artificiel —, ce qui donne lieu à quelques bisbilles autour des goûts musicaux des uns et des autres dans l’habitacle enfumé de leur combi VW. Rien de méchant, bien sûr, mais on ne peut s’empêcher de penser que pour un rien, tout pourrait mal tourner, ne serait-ce que par la présence fantasque de Thomas, dit Schizo. Celui-ci n’en fait qu’à sa tête, et son côté junkie jackass à la petite semaine n’est pas de nature à insuffler de l’harmonie au sein du groupe. Et s’il agace tout le monde avec ses rodomontades, le bougre reste néanmoins attachant. Un « boulet attachant » est sans doute ce qui le résumerait le mieux. Il y a également Léonard, le black mi-rebelle mi-rêveur qui cherche à s’extirper de son milieu social modeste tout en refusant d’aller combattre au Vietnam, Jenny, l’étudiante sexy et politisée qui ne s’en laisse pas conter et Samantha, l’alter ego « afro » de cette dernière et davantage branchée jazz et blues. Mais le personnage central est incontestablement Matthews, alias le Doc, qui tout au long du récit en impose par sa présence silencieuse et énigmatique. Caché derrière ses lunettes noires, il pose sans relâche ses états d’âme sur son carnet de notes, comme pour domestiquer la folie et le traumatisme engendrés par la guerre du Vietnam dont il est revenu récemment. De plus, il ne s’est toujours pas remis de la mort de son pote Mike, emporté sous ses yeux par une overdose. Toutes les algarades bon enfant au verbe haut qui émailleront leur voyage ne seront pourtant qu’un pâle avant-goût de ce qui les attend dès l’arrivée sur le site du festival… La tension qui imprégnait le récit depuis le début — ou disons plutôt l’électricité rock — ne cesse de monter en puissance jusqu’à son point culminant de violence provoquée par les Hell’s, avec pour conséquence la mort d’une personne et un chaos terrible, comme un mauvais trip d’acide, très loin de l’esprit Peace and Love. Altamont promettait d’être un événement légendaire, il ne sera qu’un champ de bataille calamiteux. La partition narrative est parfaitement réussie, dans le sens où cette fameuse tension progressive parvient à nous captiver au même titre qu’un thriller, lequel tiendrait d’un registre hallucinatoire. « Altamont » nous immerge dans une Amérique où la jeunesse aspirait à l’insouciance sans totalement y parvenir, une Amérique hantée par la guerre du Vietnam qui abîma pour longtemps l’image d’un Oncle Sam soucieux d’incarner le camp du bien. Charlie Adlard a su très bien rendre cette atmosphère, et à vrai dire, on ne peut s’empêcher de redouter l’apparition d’un zombie à chaque page. Son trait nerveux et acéré, qui confère toujours beaucoup d’expressivité aux personnages, honore avec talent les grands artistes de la scène rock et jazz de l’époque. C’est tout juste si on n'entend pas leur musique se diffuser à travers le grain du papier. A son style habituel, il a inséré des touches de psychédélisme et de pop-art (avec ce tramage inspiré de Roy Lichtenstein). L’utilisation de la couleur évolue au fur et à mesure que la catastrophe sous-jacente se précise. Plus vives au début pour évoquer le soleil californien, les tonalités s’assombrissent peu à peu, et ce n’est pas seulement du fait de la météo maussade mais aussi pour illustrer les mauvaises vibrations qui imprégnaient alors le festival. Cet album, qui est d’abord une très plaisante ode au rock’n’roll de la fin des Sixties, se veut également une photographie du contexte socio-politique de cette période « flower power », indissociable des mouvements protestataires contre la Guerre du Vietnam. Charlie Adlard s’est donc beaucoup interrogé sur « Altamont », qui semble avoir sonné le glas de l’idéal hippie, tout comme, le rappelle-t-il à juste titre, les meurtres de Charles Manson. Si ces événements ont marqué la fin de « l’innocence américaine », ne sont-ce tout simplement pas le Vietnam et ses fantômes qui ont achevé de tuer cette innocence ?
Billie Bang Bang
Héhéhé, voilà un petiote qu'on est ravi de découvrir au fil de ces pages, mais qu'effectivement on ne voudrait pas pour descendance ! Car la bougre de Billie en a sous le champignon et ses pauvres parents ne sont pas au bout de leurs peines ! Car la drôlesse n'est jamais à cours d'idées toutes plus saugrenues les unes que les autres, et l'arrivée de ce petit monstre qu'elle trouve par hasard en forêt ne va pas arranger les choses. Ce nouvel "ami imaginaire" a quand même quelques avantages pour effrayer ses collègues de classes ou pour se débarrasser des importuns, mais il a un appétit d'ogre et il plonge notre Billie dans des situations parfois délicates... ce qui n'a pas l'air de la déranger, bien au contraire. L'album propose des scénettes composées de gags en une page, parfois 2 ou 3, qui forment un canevas farfelu tissé sur le quotidien mouvementé de Billie et de sa famille. Théa Rojzman sait trouver les anecdotes qui font mouche pour confectionner un personnage attachant ; hyperactive, maline, irrévérencieuse et très mature pour son âge, cette Billie est une vraie bombe sur patte qui a perdu sa goupille depuis belle lurette ! Le dessin de Steve Baker que j'avais déjà beaucoup apprécié dans Bots est ici plus caricatural et cartoonesque, ce qui colle parfaitement au rythme endiablé et au caractère trublionesque de notre déjantée Billie. Bref, voilà une série très efficace qui devrait immanquablement trouver son public chez les plus jeunes (et pas que !)