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Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Melancholia
Melancholia

Je déambulais dans les allées de ma librairie préférée lorsque j'ai aperçu un album à la couverture intrigante. J'ai été mystérieusement attiré et je n'ai pas résisté au plaisir de lire ses 44 pages, là, debout, coupé du monde ! Une lecture possible puisque le récit est muet, mais une lecture pas si évidente que cela. Un récit qui va vous entraîner dans un lieu loin de tout où vit un homme solitaire avec pour animal de compagnie, un chat. On va aussi découvrir une famille pas comme les autres, la famille La Mort. Et comme il est de coutume, la mère veut transmettre son joli métier à sa fille. Mais celle-ci est insouciante et s'éprend de dame nature et plus particulièrement d'un lapin. Après quelques péripéties, notre homme solitaire et La Mort vont se retrouver pour un tête à tête. Le reste, je vous laisse le découvrir et chacun pourra en faire son interprétation, donner un sens aux images. Un récit intemporel, sinistre et ironique avec une part d'humour noir, mais pouvait-il en être autrement avec la mort ? La partie graphique (carte à gratter) est sublime, le noir et blanc retranscrit parfaitement la mélancolie qui suinte sur chaque planche dans un beau format à l'italienne. Une image par planche pour mieux l'apprécier, mieux l'interpréter (scrutez les nombreux détails). Et la couleur mauve en fin d'album donne une nouvelle dimension au dessin. Fabuleux ! Une œuvre atypique que je recommande. Un 4 étoiles un peu généreux, mais je ne pouvais pas mettre moins. Coup de cœur pour le dessin.

27/10/2023 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Bathory - La Comtesse maudite
Bathory - La Comtesse maudite

3.5 Un one-shot intéressant qui déconstruit la légende de Bathory la méchante comtesse sanglante et qui en fait serait innocente et qu'on a accusé à tort pour se débarrasser d'elle. La thèse est intéressante et l'autrice a de bons arguments quoique je me demande si une troisième option (la comtesse a commit des crimes, mais qui ont été exagéré) serait possible. En tout cas, je ne suis pas un grand connaisseur de la comtesse ou de l'histoire de cette partie de l'Europe alors tout ce que je peux dire est que ce qu'on voit dans la BD est terriblement réaliste et que tout se tient debout. J'ai trouvé le récit bien passionnant à lire servis par le très bon dessin d'Anne-Perrine Couët. Le seul reproche que je peux faire à cet BD est que comme je ne suis pas un grand connaisseur de cette région de l'Europe, je me suis un peu perdu par moment. Il faut dire que c'est une période trouble où la Hongrie et ses environs sont pris entre l'Autriche et l'empire Ottoman et que la politique de cette époque n’est pas facile à suivre. J’aurais aussi aimé que quelques détails soient un peu plus approfondis, mais c’est pas trop grave.

27/10/2023 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5
Couverture de la série Le Chevalier au Dragon
Le Chevalier au Dragon

Un album qui ne se prend pas au sérieux. Un album dont j'avais couché le nom sur ma liste d'achat. C'est le nom d'Émiliano Tanzillo qui avait attiré mon attention, j'avais énormément apprécié son travail sur Carambolla. Tanzillo a un trait singulier, fluide et dynamique, ainsi que du savoir-faire dans la mise en page. Et l'ensemble rend la lecture très agréable avec des étoiles dans les yeux. Le choix des couleurs avec des "éclaboussures" est réussi et accentue le plaisir visuel. De la belle ouvrage. Par contre je découvre Emanuele Arioli, un franco-italien, il est acteur, auteur, médiéviste et aussi maître de conférences à l'université polytechnique Hauts-de-France. Il a reçu plusieurs prix, notamment pour sa découverte et sa reconstitution d'un roman médiéval de la Table Ronde auparavant inconnu, intitulé "Ségurant ou le Chevalier au Dragon" : voir la préface et la postface de cet album. Un touche à tout. Une histoire très classique mais avec un vent de fraîcheur et cela grâce à l'humour déployé dans le récit (voir la dernière planche avec Merlin). Notre jeune chevalier, Sivar, va s'embarquer dans une quête pour sauver le monde, il doit trouver le Graal et pour l'y aider, il sera flanqué de deux compagnons de route, le fourbe Didan et le naïf Golistan. Des personnages auxquels je me suis attaché. Une lecture agréable, il faut quand même faire fi des facilités scénaristiques. Un parfait dosage entre les moments d'action et ceux plus calmes qui se centrent sur nos protagonistes avec un soupçon d'humour bienvenu. Le mythe arthurien sous un nouvel angle. Un album sans prétention, sinon celui de nous faire passer un bon moment. Une belle surprise. Je recommande aux amateurs du genre.

26/10/2023 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Aaron
Aaron

Très étonnante BD mais aussi très prenante malgré un rythme d'une lenteur abominable, à faire frémir le cinéma art et essai. Mais je dois dire que je me suis vite retrouvé happé par le récit, son ton à la fois juste dans le traitement des personnages, sensible et tout en nuances progressivement dévoilées. Je n'ai jamais lu un récit autant haché dans son tempo, chaque case semblant être une seule seconde, un seul instant dans un gaufrier qui enferme le personnage dans une collection de moments. L'utilisation si singulière de la mise en page conduit à une lecture longue et minutieuse. Chaque case est un léger changement, un petit rien supplémentaire qui oblige à se concentrer sur ce qui change tout en se rendant bien compte lorsque l'on regarde la case d'un seul coup d'œil que pratiquement rien ne va changer. C'est donc une BD extrêmement spécifique sur la forme, qu'elle garde sans changement ou presque jusqu'au bout. Ce formalisme est avant tout un moyen de décortiquer le comportement du personnage et permets de faire ressortir les silences qui habitent tout les moments de la vie de ce jeune homme. Chaque seconde de silence et de vide devient ainsi un poids pour le lecteur. Il est saisissant de constater que tout la malaise de ce jeune homme passe par ces innombrables moments de silence et de vide, presque existentialiste. Les regards, les mouvements, les postures, tout indique le doute et l'attente, mais de quoi ? Le manque, mais de quoi ? Quels tourments habitent ce jeune homme qui semble étrangement énigmatique ? Je suis très dithyrambique sur le dessin, mais c'est parce qu'il est à lui seul l'intérêt principal de la BD. Le récit étant lent et prenant le temps de tout développer, on sent que ce n'est pas ce qui est raconté, l'intéressant, mais la façon dont on nous le racontera. Et là dessus, je dois dire que la progressive découverte du sujet que je soupçonnais à un moment donné est assez étonnante. Un tel sujet, traité ainsi et proposant une lecture finale telle que celle-ci est franchement peu courante. Mais très bien faite, et c'est tout l'essentiel. Loin d'un débat, d'une tribune ou d'un argumentaire, la BD propose une histoire différente, qui nous fait rentrer dans la vie de ce personnage et dans son tourment. Les quelques moments d'éclats qui parsèment la BD deviennent de fait bien plus impactant. J'ajouterais que les dialogues sont peu présents et souvent très superficiels, amplifiant l'idée que tout se joue dans les non-dits. Il y a un vrai travail d'écriture, qui se sent aussi dans les comics de super-héros qui interviennent souvent dans le récit et jouant sur les codes des vieux magazines aux super-héros toujours plus nombreux, aux aventures semblables et jouant sur des codes narratifs éculés. Je ne suis pas certain de la raison pour laquelle l'auteur les a intégré mais j'ai deux trois idées, sans être sûr de laquelle serait la bonne. Cette BD est étrange, peut-être une des plus étranges lue cette année. Il s'agit aussi bien d'une BD à la réalisation carrée (c'est le cas de le dire) qui se sert de sa forme pour le propos de l'histoire, mais aussi d'une BD qui parle d'un sujet sensible d'une excellente manière. Voila une BD très peu accessible, qui ne conviendra jamais au grand public mais qui saura toucher les personnes les plus intéressées par le médium bande dessinée. Recommandée aux gros lecteurs et ceux qui ne seront pas rebutés par l'originalité d'un traitement. Pour ma part, une excellente lecture qui m'a réellement surpris.

26/10/2023 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
Couverture de la série Walking Dead - Clementine
Walking Dead - Clementine

J’ai attendu cet album avec beaucoup de fébrilité. Je suis gros fan des jeux-vidéos The Walking Dead the Telltale, j’ai fini les 4 saisons (je vous parle des saisons 1 et 2 ici et ici), et je disais dans mon avis sur la saison 2 que « je suis en train de m’attacher au personnage de Clémentine comme jamais auparavant dans un jeu vidéo. » Difficile de lui dire aurevoir à la fin du dernier épisode… quelle bonne surprise, donc, d’apprendre que son histoire continue en BD, et que Tillie Walden est aux commandes (j’ai adoré ses deux derniers albums en date : Sur la route de West et Dans un rayon de soleil). Mais voilà, il y avait eu une véritable levée de boucliers lors de la parution du tome 1 en VO en 2022. Les fans étaient estomaqués par l’appropriation du personnage par l’autrice, et ne reconnaissaient pas du tout sa personnalité. Il y avait même eu une campagne #notmyclementine (pas ma Clementine) sur Twitter. Et je dois avouer que je comprends ces réserves. Clem avait enfin trouvé un foyer où élever AJ, l’orphelin dont elle s’occupait comme une mère depuis des années. Je comprends que cette stabilité ne forme pas une base intéressante pour une nouvelle histoire, mais de la voir partir soudainement et abandonner AJ, infirme qui plus est - elle crapahute avec ses béquilles sur des routes défoncées et des forêts accidentées - est difficile à avaler. L’autrice tente bien d’expliquer la chose, mais pas de façon satisfaisante selon moi. Il arrive aussi que Clementine « sonne faux », avec ces sautes humeur d’ado taciturne qui ne collent pas avec l’adulte responsable qu’elle était devenue. Et pourtant, j’ai réussi à m’y faire. Je me suis habitué à cette Clementine « selon Walden » après quelques chapitres, et j’ai pu apprécier cette histoire à sa juste valeur. On retrouve la sensibilité de l’autrice, ces personnages intéressants et bien développés. L’intrigue est intéressante et renouvelle un peu le cliché du énième village barricadé, avec cette idée de s’installer en montagne, dans le froid extrême, pour éviter les zombies. L’intrigue contient des flashbacks qui nous font revisiter certains épisodes des jeux et certains personnages clés (quel plaisir de revoir Lee, de la première saison !) La seconde moitié de l’album m’a scotché, et la fin m’a beaucoup plu. La mise en image est élégante et s’intègre parfaitement à l’univers de Robert Kirkman, y compris le noir et blanc (les superbes couvertures colorisées me font presque regretter ce choix artistique, mais bon). Je note quand même des petits soucis de lisibilité sur certaines cases, notamment sur les scènes d’action. Voila, j’ai écrit une tartine, désolé, mais j’adore ce personnage, et je ressors globalement satisfait de ma lecture. Il faut juste avaler et accepter cette cassure entre le jeu et la BD. Reste la question épineuse de savoir si les lecteurs n’ayant pas joué aux jeux vont apprécier cette histoire à sa juste valeur. J’attends vos avis… et je lirai certainement les tomes 2 et 3 ! Petite MAJ après lecture du tome 2 : pas de surprise, on retrouve les mêmes protagonistes, le même genre d’histoire huit-clos, la prédominance des personnages féminins… j’ai trouvé la première partie un peu longuette, mais la fin du récit m’a plus plu… je lirai le tome 3, bien entendu.

26/10/2023 (modifier)
Par grogro
Note: 4/5
Couverture de la série Les Aventures de Huckleberry Finn
Les Aventures de Huckleberry Finn

C'est marrant, j'éprouve pour cet album à peu de choses près le même ressenti que MacArthur : j'ignore les raisons profondes qui ont fait que non seulement je me suis intéressé à cet album alors même que je ne suis habituellement pas fana de Mattotti, mais que je l'ai acheté !!!! D'abord, il y a ce dessin extraordinaire, tout en lignes souples, très vivant. De Mattotti, je ne connaissais que le travail aux pastels, et ce n'est clairement pas mon truc. Mais là, je me demande ce qui a pu conduire l'auteur à abandonner les crayons. Son dessin est vraiment cool et moderne. Ensuite, il y a le récit en lui-même, celui de Mark Twain dont je suis grand amateur. Enfin, il y a le contexte géographique (le Deep South des Etats Unis), ici parfaitement restitué avec ses habitants parfois complètement arrachés (alcool, violence, racisme...) et bien entendu, le sort tragique réservé aux esclaves. Oui, on a affaire à une reconstitution de premier ordre, à la fois singulière et très cruelle. Certes, au niveau langage, on sent le truc un peu vieillot. Ce sont des façons de s'exprimer d'un autre temps, et on le sent. Toutefois, j'ai d'abord mis ça sur le compte de l'époque dans laquelle se déroule le récit avant de réaliser qu'il s'agissait d'une réédition. Toutefois, cela ne gène en rien la lecture. J'avais parfois la sensation de me retrouver devant un album de Philémon, sensation "Rosebud" en ce qui me concerne : Philémon, c'est un souvenir majeur de mes lectures d'enfant. A dix ans, j'ai découvert l'univers de Fred grâce à la petite bibliothèque de mon village, et ce Huckleberry Finn m'y a replongé tout de go.

25/10/2023 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Mary la Noire
Mary la Noire

J'ai toujours un attrait pour le dessin de Florence Magnin, que j'apprécie sans pouvoir expliquer pourquoi. Son esthétique souvent baroque, ses paysages et environnements grandioses (souvent pour rien, d'ailleurs), ses colorisations me donnent envie de me plonger dans ses dessins. Elle fait partie de ces auteures dont j'ai envie de rentrer dans les dessins, soit pour dormir dans les lits qui semblent si confortable, évoluer dans les ruelles ou simplement admirer les paysages que je vois se dérouler sous mes yeux. Je suis donc assez peu objectif sur ce sujet, mais il faut le dire quand on aime bien. Cela dit, une BD n'est pas qu'un beau dessin et c'est tout le dilemme de BD dont j'apprécie les visuels et moins les histoires. Connaissant un peu Rodolphe et sa pléthore de productions, je n'ai pas été surpris du déroulé de l'histoire avec plusieurs gimmicks dans son déroulé. Cela dit, j'ai été assez bien entrainé dans le récit, avec cette idée d'île que j'ai trouvé à la fois originale dans son utilisation alors même que de nombreuses sources d'inspirations sont assez claires : L'île des morts, les passages vers les enfers de la mythologie grec ou encore les nombreuses légendes autour des noyés que l'on racontait aux tavernes des ports. Le déroulé comporte quelques points que j'ai trouvé parfois un peu forcé, comme la sortie en mer qui semble impromptu et assez fausse vis-à-vis du dandy de Lord qui sert de héros. Je pense que Rodolphe a voulu mélanger plusieurs sources d'inspirations, notamment la question des pirates et la liberté de ces hommes de mer, souvent vus comme les premiers penseurs de démocraties et de mondes libres, loin des contraintes d'une société d'ordre. Cet idéal de liberté qu'ils incarnent semble ici prendre forme, tandis que le récit mélange le tout avec son île des morts dans une version nouvelle du navire fantôme. C'est plaisant à lire, pour ma part je n'ai clairement pas boudé mon plaisir. Je ne dirais pas pour autant que c'est génial ou immanquable, mais personnellement je suis ravi de l'avoir lu et acheté, pour pouvoir le relire lorsque j'en aurais envie. Je sais que ça n'est pas un critère totalement objectif, mais j'apprécie ce genre de BD où l'atmosphère et le dessin se conjuguent pour me plonger dedans. Une BD qui me donne envie de la relire juste pour apprécier le dessin et le ton, c'est suffisant, non ?

25/10/2023 (modifier)
Par Spisio
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Johan et Pirlouit
Johan et Pirlouit

'Johan et Pirlouit' est la BD idéale quand on est un passionné de Moyen-Âge en mode films de capes et d'épées, d'histoires fantastiques (peut-être même des contes) avec de la magie aussi bien malfaisante que bienfaisante très inventive et des duos de protagonistes avec un héros habile et un héros gaffeur. De plus, bien qu'il soit l'archétype du héros courageux, casse-cou, altruiste et bienveillant, Johan peut se montrer moqueur, cynique, un peu fourbe de temps en temps et, par moment, très têtu ; ce qui lui jouera des tours. Après, en ce qui concerne Pirlouit, les gens qui se souviennent de 'Johan et Pirlouit' ont souvent tendance à le résumer comme quelqu'un de gaffeur, grincheux et colérique. Certes, il est un peu de ça mais il est intelligent et sait se montrer courageux quand c'est nécessaire. En fait, Pirlouit, c'est monsieur-tout-le-monde, ce qui le rend plus humain que Johan. En plus, sa chèvre Biquette me fait trop marrer. En gros, niveau personnalité, ils sont un mélange entre le duo Astérix et Obélix et 'Spirou et Fantasio' ; ce qui n'est probablement pas un hasard vu que 'Johan et Pirlouit' étaient publiés dans le 'Journal Spirou'. Et honnêtement, c'est difficile de ne pas adorer le lunatique Enchanteur Homnibus. Dans l'album 'La Pierre de Lune', Boustroux est un méchant qui m'a beaucoup marqué de par sa cruauté à laisser deux adolescents condamnés à être brulés vifs pour arriver à ses fins ainsi qu'à son sort violent, truc qu'on voit rarement arriver à d'autres méchants dans les albums. Après, les albums ne sont pas tous intéressants, 'La Flèche noire' est assez mou du genou et dans les premiers tomes de la BD, il y manque une certaine dose d'humour vu que Pirlouit n'apparait que dans le tome 3 à savoir 'Le Lutin du bois aux roches'. Mais contrairement à d'autres BDs ayant, au moins, un tome mauvais, 'Johan et Pirlouit' n'a aucun tome médiocre. Et ça, c'est une preuve de grande qualité. Tout le monde a un album préféré de 'Johan et Pirlouit'. Pour beaucoup de gens, leurs préférés, c'est le diptyque 'Le Serment des Vikings/La Source des dieux' ou encore 'Le Sire de Montrésor', 'Le Sortilège de Maltrochu'... Bon perso, mon préféré c'est 'La Nuit des sorciers'... que presque personne n'aime. Pourtant, c'est un album parfait à lire avec une bonne ambiance d'Halloween. Et en plus, le méchant, Ubiquitas, est super charismatique. Presque autant que Boustroux. Je me sens seule. Mais bon, pas tout me plaît dans 'Johan et Pirlouit' non plus. Par exemple, dans la fin de 'La Source des dieux', je trouve que Johan se montre bien trop cruel. Ce qui ne lui ressemble pas vu que dans les autres tomes, il n'est pas comme ça. Ceux qui ont lu cet album savent de quoi je parle. Après, malgré la présence de bons personnages féminins comme les sorcières Rachel, Myriam ou Amandine, 'Johan et Pirlouit' a pas mal de contenu misogyne dans ses pages. Ce qui n'est pas surprenant vu que 'Johan et Pirlouit' est de Peyo, même auteur que l'horrible album pleins de clichés sexistes appelé 'La Schtroumpfette'. Puisqu'on parle des petits-êtres bleus. C'est vraiment trop triste que les schtroumpfs aient mené les deux héros médiévaux à leur perte. Cela au point que, non seulement, les gens ne savent pas que 'Les Schtroumpfs', c'est un spin-off de 'Johan et Pirlouit' mais en plus, le seul album de 'Johan et Pirlouit' qui a eu droit à une adaptation au cinéma, c'est 'La Flûte à six schtroumpfs'. En plus, comme il est sorti la même année que 'Les Douze Travaux d'Astérix', il a fait un bide. Et même quand il y a eu une série 'Johan et Pirlouit' diffusée en France, c'était en fait des épisodes de la série 'Les Schtroumpfs' que la France avait séparé de la série éponyme pour tenter de faire revenir 'Johan et Pirlouit' dans les mémoires. Seulement, comme c'était en fait des épisodes de 'Les Schtroumpfs', ces derniers sont forcément dans tous les épisodes. Au point qu'ils sont aussi dans des épisodes adaptés d'albums où ils ne sont pas censés être comme 'La fontaine magique' adaptant l'album 'La Source des dieux', album écrit durant l'époque où les schtroumpfs n'existaient pas encore. Tout ça pour dire que 'Johan et Pirlouit' est une BD excellente qui mériterait plus de reconnaissance.

24/10/2023 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 4/5
Couverture de la série Tourista
Tourista

Encore une fois, je marche à fond. Quel que soit le sujet illustré (ici cette institution terrifiante des vacances cycliques comme exercice imposé à la populace entre deux périodes d'activité professionnelle (... C'est comme ça qu'on dit...)), elle a le chic pour trouver l'angle qui permet de cibler l'absurde et le néfaste afin de rendre rigolo le tout -sinon, la dénonciation du racisme ordinaire, de l'hypocrisie du regard sur soi-même ou encore la simple dinguerie des rapports humains les plus convenus (... Le romancier !!) seraient insupportables à contempler, tant est nue et crue sa critique radiographique. Évidemment, son trait légendaire joue énormément pour faire pencher l'humeur du lecteur du bon côté, si cocasse apparait le coup de boule en plein dans l'estomac marital (!) de la part de cette femme excédée par sa position familiale si utilitaire ; ou cette méprise, d'une violence inouïe, devant le miroir d'une cabine d'essayage... Et il y a même du vécu je parierais, tellement est habité ce retour de vacances, quand ces grains de sable si contrariants s'échappent de leur livre à eux pour refermer le nôtre.

24/10/2023 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Ao Ashi - Playmaker
Ao Ashi - Playmaker

Je ne suis vraiment pas amateur de foot et pourtant je me suis laissé accrocher par ce manga. Il reprend les caractéristiques des shonen nekketsu, avec un jeune héros talentueux et ultra motivé qui se lance dans l'aventure avec comme objectif d'atteindre le sommet et qui, à force d'efforts et avec l'aide de bons camarades, va grimper peu à peu les échelons pour aller toujours plus loin sans jamais abandonner malgré les difficultés. C'est donc un récit galvanisant et qui donne au lecteur l'envie de suivre son héros et sa progression. Et en même temps, il reste très réaliste, avec une progression relativement lente qui la fait s'étaler sur de nombreux tomes. Certes le héros est amené dès les premiers chapitres à intégrer la meilleure école de foot du Japon mais une fois arrivé là, il réalise combien il va être compliqué et laborieux de s'améliorer et espérer atteindre un jour le niveau professionnel. La concurrence est rude. Et de fait, la série s'organise ensuite en paliers successifs, où il progresse peu à peu, en général à la suite d'un succès dans des tests ou dans des matchs cruciaux qui s'étalent souvent sur plusieurs tomes. Certes son talent le fait avancer bien plus vite que la majorité des joueurs, mais il n'est pas encore sorti le tome où il intègrera l'équipe nationale et ira peut-être affronter des équipes d'autres pays. Le dessin est classique, quelque part entre Slam Dunk et GTO, mais maîtrisé. La narration est impeccable, avec des scènes d'action très compréhensibles : on capte directement tout ce qu'il se passe sur le terrain de foot et les mouvements de chacun. Il ne s'agit pas que d'une suite d'actions et de péripéties sur un terrain de foot : le récit laisse souvent la part belle à la réflexion, à l'introspection ou à la recherche de la meilleure stratégie ou de la bonne compréhension de son sport et de ses partenaires. C'est très bien fait, et rapidement prenant. Quand on est lancé dans la lecture, difficile de ne pas enchainer les tomes. Si j'avais juste deux reproches à lui faire, ce serait pour commencer le fait d'avoir intégré quelques antagonistes un peu trop caricaturaux dans leur rôle de mauvais, notamment le détestable joueur de l'équipe A que le héros rencontre très tôt dans la série : la simple difficulté de la compétition aurait suffi à mes yeux sans avoir besoin de rajouter un élément supplémentaire à affronter pour le héros. Et aussi, j'ai trouvé un peu agaçant de voir que trop souvent les cours dispensés dans l'école de foot du héros consistent à le laisser trouver lui-même ses défauts et à les arranger tout seul : certes c'est une forme de pédagogie, mais j'imaginais un enseignement plus constructif de la part des profs. Mais quoiqu'il en soit, c'est un très bon manga de foot et d'esprit sportif et d'équipe en général.

24/10/2023 (modifier)