Lanfeust, quoiqu'on en pense c'est quand meme un monument qui a eu une influence considérable...rien qu'au niveau marketting cette série est un trésor pour ses parents...
Et je pense que c'est un succès mérité. Arleston et Tarquin ont su créer un univers hors normes qui fait vendre à lui tout seul. Il sert de décor aux aventures de Lanfeust pauvre bouseux forgeron (avec une drôle de tête dans le premier tome quand meme !) qui deviendra, en suivant la piste du Magohamot, l'homme le plus puissant de sa planète !!!
Je n'ai rien à reprocher aux dessins que je trouve d'une grande qualité. Tarquin a su donner vie à des personnages au caractère bien trempé et à la personnalité affirmée...et ça va de la godiche blonde à la piquante brune en passant par le héros niais, le troll gai-luron et le chevalier accroché à ses principes...
La quête en elle meme est prenante et l'interet est present tout au long des huit tomes.
Un des aspects les plus plébiscités de cette série est, sans conteste, l'humour affolant qu'on retrouve au hasard des pages sous formes de parodies de pubs, de jeux de mots ou de jeux dans l'album (le "mais où est charly" est vraiment sympa !!!)
Lanfeust n'usurpe donc pas selon moi sa réputation de bd incontournable mais je pense qu'une suite ne s'imposait pas...
Du délire à la Ubu roi (merldre et non merdre), de la dérision du genre héroïc fantaisy et beaucoup d'humour. Un certain nombre de commentaires du narrateur sont là pour renforcer grossièrement mais surement cette impression.
Les dessins sont pas mal dans le genre pas trés soignés, ils ont 20 ans, et les couleurs pètent un peu.
La louffoquerie du scénario est à la hauteur de l'humour omniprésent dans ces pages. Il y a un tas de références historiques et de situations burlesques.
Un bon moment à passer à la lecture de ces albums, enfin des 2 premiers pour le moment.
Entre 3 et 4, telle est ma note mais l'humour me fait pencher vers 4 :)
J'adore Kirara, Love Hina et I''S mais je regrettais le fait qu'on ne voit que la vision du héro : et les nanas dans tout ça qu'est ce qu'elles ressentent? En tout cas dans Peach girl on le décrit tres bien! Le plus marrant je crois c'est qu'on a toutes vécue à petite échelle une histoire dans le style de Momo (l'héroïne) qui se fait pourir la vie par Sae (un manipulatrice sans scrupules). C'est une histoire tres légère qui se lit à toute vitesse (on ne peux plus lacher la série tant qu'on est pas arrivé au bout). Bon évidemment si vous détester les petits potins et les histoires d'amour c'est pas la peine de tenter! Quand à savoir si les mecs réussiront à aimer ce manga, et bien je pense qu'il n'y a pas de probleme s'ils ont aimés Love Hina par exemple et s'il ne sont pas trop enfermés dans un stereotype du mec macho débil viril et fermé à toute autre littérature que Dragon Ball Z (sans critiquer DBZ et sans détester tous les mecs qui ne sont pas effiminés bien entendu!)
Voilà! si en ce moment vous en avez marre de ne lire que des trucs gorres, compliqués ou métaphysiques, lancez vous dans un repos mérité en lisant Peach Girl!!
Mon avis n'est valable que pour 2 tomes de cette série à savoir : la Tour et la frontière invisible (tome 1).
Ces 2 albums sont absolument magnifiques tant au niveau sénario que point de vue du dessin -> superbe!! A lire et à posséder dans sa bibliothèque !
Nicolas Poupon, on ne le dit pas assez, est un mec extrêmement talentueux. Doué aussi bien pour le dessin que pour l'écrit, il sait, à l'instar d'un Larcenet par exemple, exceller autant dans le registre du bon gros gag qui tue que dans celui de la noirceur et de l'émotion. Bien qu'elle ne manque pas de drôlerie, cette petite BD pleine de trouvailles visuelles se situe plutôt dans la deuxième catégorie. Je vous dirai bien que, sur la quinzaine de bouquins signés Poupon, c'est mon préféré, mais en fait, TOUT ce qu'il a fait est très bien, alors on ne va pas chercher à savoir ce qui est le mieux, hein.
Par contre, désolé de faire une fois de plus le radin de service, mais il faut quand même signaler que "Petits mythes pour la pluie" n'est pas donné pour un petit format souple (6.86 euros) ; mais quand on aime, on ne compte pas.
La première fois que j'ai lu Petits meurtres il y a quelques mois, j'ai trouvé ça très moyen... Aussi bien au niveau des dessins que du scénar, ça me rappelait les BD du duo Dave McKean/Neil Gaiman, qui ne sont pas franchement ma tasse de thé, et puis je trouvais que ce côté "portrait au vitriol d'un yuppie des années 80" faisait un peu convenu et déjà vu, et que ça abusait de lieux communs : le gars qui a renoncé à sa vocation pour du fric et qui gâche son talent d'artiste à faire de la pub, la pouffe superficielle branchée et anorexique, l'histoire d'avortement qui fout un couple en l'air parce que la nana en veut au mec de l'avoir laissée faire... Mmmmmmouais, bof, tout ça ne vaut pas plus de 2étoiles, me disais-je alors.
Et puis il y a quelques heures, j'ai relu Petits meurtres pour me rafraîchir la mémoire à son sujet avant de la poster sur BDT. Et là, grosse surprise : finalement, j'ai trouvé plutôt subtile et juste cette histoire de gars qui, tout au long de sa vie, par faiblesse, par paresse, a toujours opté pour la solution de facilité quand il a dû faire un choix, alors qu'il savait très bien qu'il faisait quelque chose de mal.
Petit regret quand même : la traduction est assez moyenne, j'ai déjà vu Doug Headline plus inspiré.
En tout cas, ce sera 4 étoiles et pas 2. Étonnant, non ?
Ah que voilà une belle série!
L'histoire est une adaptation, n'ayant pas lu l'original je ne me prononcerai donc pas sur les transpositions qui ont pu avoir lieu (qui pourrait nous parler de la v.o. ?), me contentant de celle présentée dans la BD de Plessix.
Ah que c'est reposant! Les couleurs sont fraîches et jamais agressives, façon tableaux de peintures romantiques du XIX°. Le dessin est fin, égal, sans faiblesse, et les personnages très vivants, c'est à mon avis une des belles réussites de Plessix: avoir su rendre des animaux à ce point "humanisés".
L'humour est présent, ça n'est pas la grosse rigolade mais on sourit, on se détend, ça fait du bien par où sa passe.
Le ton général très orienté leçon de morale ne m'a pas gêné, si on considère que la cible visée par Delcourt à l'origine était la jeunesse. Mais bon, j'aimerai savoir le pourcentage adultes/jeunesse qui ont aimé cette BD, je suis sûr que ni Plessix ni Delcourt n'avait imaginé un tel succès aussi large en matière de profil de public...
Alors pourquoi ça marche? Pour ma part, c'est grâce à une habile combinaison de dessins, de dialogues bien sentis, de personnages attachants, et d'un sentiment de bien être naturel à la lecture de la série. Même si on est en pleine caricature, même si on peut reprocher les caractères poussés à l'extrême qu'on rencontre soit trop souvent (Crapaud) soit pas assez dans la vraie vie, ben ça marche, et ça fait du bien.
Une histoire d'amour prenante, tragique ;
de très beaux dessins, qui accentuent la mélancolie du récit ;
un fond historique qui raconte les boulversements sociaux en Roumanie ;
bref, tous les ingrédients pour réaliser un très bon album... et c'est réussi.
Perpette est un prisonnier condamné à 622 ans de réclusion. Mais ce n'est pas n'importe quel prisonnier : il est philosophe, poète, mais surtout innocent !!
Arkas développe son personnage et tout son environnement carcéral dans des strips en Noir & Blanc de 2 à 4 vignettes. Difficile de faire rire en si peu de temps. Difficile également de se renouveler, de ne pas tomber dans le gag répétitif. Et bien Arkas est un maître de l'humour et l'exercice lui va parfaitement.
En fait, l'auteur utilise avec finesse l'ironie, le sarcasme, l'absurde et l'humour noir tout au long de ces 4 albums. Le premier est d'ailleurs le plus faible des quatre, on a l'impression qu'il s'agit surtout d'une longue présentation des différents personnages, alors que dans les 3 autres, les gags et réflexions humoristiques deviennent vraiment pertinentes, et tombent toujours juste, dans le bon ton entre méchanceté et triste réalité.
Toute une gamme de personnages défile, et tous sont irrésistibles : Perpette détenu intello, MonteCristo son ignoble rat et compagnon de cellule, le gardien cynique à souhait, le condamné à mort dont l'exécution ne finit plus d'être reportée, le prisonnier cocu hilarant, le cuistot horriblement crade et dont la tambouille est l'un des pires supplices des prisonniers, la brute sauvage dont le seul moyen d'expression est le grognement, le vieillard emprisonné depuis des décennies, le prêtre à l'oreille compatissante, le torturé souffre-douleur éternellement condamné au cachot, le docteur à l'humour noir mortel, ...
Arkas nous dépeint des situations avec un talent rare : il parvient à allier un humour corrosif à une concision et une logique sans faille.
Souvent méchant, toujours drôle mais jamais cruel, c'est déjà un bel exploit en soi !
Initialement paru dans un quotidien grec, Perpette réussit avec brio le passage en albums reliés, et Arkas mérite vraiment d'être découvert et reconnu chez nous, car il possède un réel talent d'auteur comique.
À lire et à faire connaître autour de vous.
Christophe Chabouté nous livre là une histoire simple et belle, toute en Noir & Blanc, avec de nombreux à-plats et c'est vrai assez courte.
L'auteur y fait passer un sentiment quasi-palpable de nostalgie teintée de bonheurs simples. L'impression d'authenticité est telle, que l'on se demande si le petit garçon de l'histoire n'est pas une projection de Chabouté lui-même, si le dessinateur n'a pas tout bonnement mis en images ses propres souvenirs d'enfance.
Le garçonnet découvre au contact de la campagne des choses simples, la nature telle quelle, la réalité sans fard privée de ses atours superficiels. Et le trait s'accorde à la perfection à cette découverte de chaque instant : sans exagération et sans tape-à-l'oeil, allant à l'essentiel sans fioriture inutile. Juste là pour faire passer des sentiments.
C'est la grande force de Chabouté : des images qui parlent d'elles-mêmes, sans effet spécial, et qui font passer de l'émotion avant tout.
Logique que l'histoire soit intimiste d'ailleurs. Quelques phrases, quelques mots bien choisis pour accompagner le dessin finissent d'emballer cette petite tranche de vie d'un écrin de poésie. Et le retour à la ville sonne comme un retour à la morosité, à la tristesse du monde moderne, au désamour et à l'égoïsme des adultes.
Mais le jeune héros a finalement, il s'en rend compte, deux échapatoires possibles face à la dureté de la vie : l'imaginaire symbolisé par son t-shirt à l'effigie de SpiderMan, et la réalité rassurante de la nature qu'il suffit de savoir observer autour de soi.
Toute cette histoire est pleine de douceur et bien que courte et avec peu de texte donne une impression de lenteur, de profondeur.
Et quand ces quelques jours d'été se terminent, on se prend à souhaiter bonne chance à ce petit garçon si timide, si fragile, qui se rend compte simultanément de la beauté et de la dureté du monde.
Vraiment, il n'est pas étonnant que Chabouté ait remporté le prix Alph-Art "Coup de Coeur" à Angoulême en 1999 avec ce bel album tout en finesse.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Lanfeust de Troy
Lanfeust, quoiqu'on en pense c'est quand meme un monument qui a eu une influence considérable...rien qu'au niveau marketting cette série est un trésor pour ses parents... Et je pense que c'est un succès mérité. Arleston et Tarquin ont su créer un univers hors normes qui fait vendre à lui tout seul. Il sert de décor aux aventures de Lanfeust pauvre bouseux forgeron (avec une drôle de tête dans le premier tome quand meme !) qui deviendra, en suivant la piste du Magohamot, l'homme le plus puissant de sa planète !!! Je n'ai rien à reprocher aux dessins que je trouve d'une grande qualité. Tarquin a su donner vie à des personnages au caractère bien trempé et à la personnalité affirmée...et ça va de la godiche blonde à la piquante brune en passant par le héros niais, le troll gai-luron et le chevalier accroché à ses principes... La quête en elle meme est prenante et l'interet est present tout au long des huit tomes. Un des aspects les plus plébiscités de cette série est, sans conteste, l'humour affolant qu'on retrouve au hasard des pages sous formes de parodies de pubs, de jeux de mots ou de jeux dans l'album (le "mais où est charly" est vraiment sympa !!!) Lanfeust n'usurpe donc pas selon moi sa réputation de bd incontournable mais je pense qu'une suite ne s'imposait pas...
Chroniques du temps de la vallée des Ghlomes
Du délire à la Ubu roi (merldre et non merdre), de la dérision du genre héroïc fantaisy et beaucoup d'humour. Un certain nombre de commentaires du narrateur sont là pour renforcer grossièrement mais surement cette impression. Les dessins sont pas mal dans le genre pas trés soignés, ils ont 20 ans, et les couleurs pètent un peu. La louffoquerie du scénario est à la hauteur de l'humour omniprésent dans ces pages. Il y a un tas de références historiques et de situations burlesques. Un bon moment à passer à la lecture de ces albums, enfin des 2 premiers pour le moment. Entre 3 et 4, telle est ma note mais l'humour me fait pencher vers 4 :)
Peach girl
J'adore Kirara, Love Hina et I''S mais je regrettais le fait qu'on ne voit que la vision du héro : et les nanas dans tout ça qu'est ce qu'elles ressentent? En tout cas dans Peach girl on le décrit tres bien! Le plus marrant je crois c'est qu'on a toutes vécue à petite échelle une histoire dans le style de Momo (l'héroïne) qui se fait pourir la vie par Sae (un manipulatrice sans scrupules). C'est une histoire tres légère qui se lit à toute vitesse (on ne peux plus lacher la série tant qu'on est pas arrivé au bout). Bon évidemment si vous détester les petits potins et les histoires d'amour c'est pas la peine de tenter! Quand à savoir si les mecs réussiront à aimer ce manga, et bien je pense qu'il n'y a pas de probleme s'ils ont aimés Love Hina par exemple et s'il ne sont pas trop enfermés dans un stereotype du mec macho débil viril et fermé à toute autre littérature que Dragon Ball Z (sans critiquer DBZ et sans détester tous les mecs qui ne sont pas effiminés bien entendu!) Voilà! si en ce moment vous en avez marre de ne lire que des trucs gorres, compliqués ou métaphysiques, lancez vous dans un repos mérité en lisant Peach Girl!!
Les Cités obscures
Mon avis n'est valable que pour 2 tomes de cette série à savoir : la Tour et la frontière invisible (tome 1). Ces 2 albums sont absolument magnifiques tant au niveau sénario que point de vue du dessin -> superbe!! A lire et à posséder dans sa bibliothèque !
Petits mythes pour la pluie
Nicolas Poupon, on ne le dit pas assez, est un mec extrêmement talentueux. Doué aussi bien pour le dessin que pour l'écrit, il sait, à l'instar d'un Larcenet par exemple, exceller autant dans le registre du bon gros gag qui tue que dans celui de la noirceur et de l'émotion. Bien qu'elle ne manque pas de drôlerie, cette petite BD pleine de trouvailles visuelles se situe plutôt dans la deuxième catégorie. Je vous dirai bien que, sur la quinzaine de bouquins signés Poupon, c'est mon préféré, mais en fait, TOUT ce qu'il a fait est très bien, alors on ne va pas chercher à savoir ce qui est le mieux, hein. Par contre, désolé de faire une fois de plus le radin de service, mais il faut quand même signaler que "Petits mythes pour la pluie" n'est pas donné pour un petit format souple (6.86 euros) ; mais quand on aime, on ne compte pas.
Une petite mort (Petits meurtres)
La première fois que j'ai lu Petits meurtres il y a quelques mois, j'ai trouvé ça très moyen... Aussi bien au niveau des dessins que du scénar, ça me rappelait les BD du duo Dave McKean/Neil Gaiman, qui ne sont pas franchement ma tasse de thé, et puis je trouvais que ce côté "portrait au vitriol d'un yuppie des années 80" faisait un peu convenu et déjà vu, et que ça abusait de lieux communs : le gars qui a renoncé à sa vocation pour du fric et qui gâche son talent d'artiste à faire de la pub, la pouffe superficielle branchée et anorexique, l'histoire d'avortement qui fout un couple en l'air parce que la nana en veut au mec de l'avoir laissée faire... Mmmmmmouais, bof, tout ça ne vaut pas plus de 2étoiles, me disais-je alors. Et puis il y a quelques heures, j'ai relu Petits meurtres pour me rafraîchir la mémoire à son sujet avant de la poster sur BDT. Et là, grosse surprise : finalement, j'ai trouvé plutôt subtile et juste cette histoire de gars qui, tout au long de sa vie, par faiblesse, par paresse, a toujours opté pour la solution de facilité quand il a dû faire un choix, alors qu'il savait très bien qu'il faisait quelque chose de mal. Petit regret quand même : la traduction est assez moyenne, j'ai déjà vu Doug Headline plus inspiré. En tout cas, ce sera 4 étoiles et pas 2. Étonnant, non ?
Le Vent dans les Saules
Ah que voilà une belle série! L'histoire est une adaptation, n'ayant pas lu l'original je ne me prononcerai donc pas sur les transpositions qui ont pu avoir lieu (qui pourrait nous parler de la v.o. ?), me contentant de celle présentée dans la BD de Plessix. Ah que c'est reposant! Les couleurs sont fraîches et jamais agressives, façon tableaux de peintures romantiques du XIX°. Le dessin est fin, égal, sans faiblesse, et les personnages très vivants, c'est à mon avis une des belles réussites de Plessix: avoir su rendre des animaux à ce point "humanisés". L'humour est présent, ça n'est pas la grosse rigolade mais on sourit, on se détend, ça fait du bien par où sa passe. Le ton général très orienté leçon de morale ne m'a pas gêné, si on considère que la cible visée par Delcourt à l'origine était la jeunesse. Mais bon, j'aimerai savoir le pourcentage adultes/jeunesse qui ont aimé cette BD, je suis sûr que ni Plessix ni Delcourt n'avait imaginé un tel succès aussi large en matière de profil de public... Alors pourquoi ça marche? Pour ma part, c'est grâce à une habile combinaison de dessins, de dialogues bien sentis, de personnages attachants, et d'un sentiment de bien être naturel à la lecture de la série. Même si on est en pleine caricature, même si on peut reprocher les caractères poussés à l'extrême qu'on rencontre soit trop souvent (Crapaud) soit pas assez dans la vraie vie, ben ça marche, et ça fait du bien.
La Fille aux Ibis
Une histoire d'amour prenante, tragique ; de très beaux dessins, qui accentuent la mélancolie du récit ; un fond historique qui raconte les boulversements sociaux en Roumanie ; bref, tous les ingrédients pour réaliser un très bon album... et c'est réussi.
Perpette
Perpette est un prisonnier condamné à 622 ans de réclusion. Mais ce n'est pas n'importe quel prisonnier : il est philosophe, poète, mais surtout innocent !! Arkas développe son personnage et tout son environnement carcéral dans des strips en Noir & Blanc de 2 à 4 vignettes. Difficile de faire rire en si peu de temps. Difficile également de se renouveler, de ne pas tomber dans le gag répétitif. Et bien Arkas est un maître de l'humour et l'exercice lui va parfaitement. En fait, l'auteur utilise avec finesse l'ironie, le sarcasme, l'absurde et l'humour noir tout au long de ces 4 albums. Le premier est d'ailleurs le plus faible des quatre, on a l'impression qu'il s'agit surtout d'une longue présentation des différents personnages, alors que dans les 3 autres, les gags et réflexions humoristiques deviennent vraiment pertinentes, et tombent toujours juste, dans le bon ton entre méchanceté et triste réalité. Toute une gamme de personnages défile, et tous sont irrésistibles : Perpette détenu intello, MonteCristo son ignoble rat et compagnon de cellule, le gardien cynique à souhait, le condamné à mort dont l'exécution ne finit plus d'être reportée, le prisonnier cocu hilarant, le cuistot horriblement crade et dont la tambouille est l'un des pires supplices des prisonniers, la brute sauvage dont le seul moyen d'expression est le grognement, le vieillard emprisonné depuis des décennies, le prêtre à l'oreille compatissante, le torturé souffre-douleur éternellement condamné au cachot, le docteur à l'humour noir mortel, ... Arkas nous dépeint des situations avec un talent rare : il parvient à allier un humour corrosif à une concision et une logique sans faille. Souvent méchant, toujours drôle mais jamais cruel, c'est déjà un bel exploit en soi ! Initialement paru dans un quotidien grec, Perpette réussit avec brio le passage en albums reliés, et Arkas mérite vraiment d'être découvert et reconnu chez nous, car il possède un réel talent d'auteur comique. À lire et à faire connaître autour de vous.
Quelques Jours d'été
Christophe Chabouté nous livre là une histoire simple et belle, toute en Noir & Blanc, avec de nombreux à-plats et c'est vrai assez courte. L'auteur y fait passer un sentiment quasi-palpable de nostalgie teintée de bonheurs simples. L'impression d'authenticité est telle, que l'on se demande si le petit garçon de l'histoire n'est pas une projection de Chabouté lui-même, si le dessinateur n'a pas tout bonnement mis en images ses propres souvenirs d'enfance. Le garçonnet découvre au contact de la campagne des choses simples, la nature telle quelle, la réalité sans fard privée de ses atours superficiels. Et le trait s'accorde à la perfection à cette découverte de chaque instant : sans exagération et sans tape-à-l'oeil, allant à l'essentiel sans fioriture inutile. Juste là pour faire passer des sentiments. C'est la grande force de Chabouté : des images qui parlent d'elles-mêmes, sans effet spécial, et qui font passer de l'émotion avant tout. Logique que l'histoire soit intimiste d'ailleurs. Quelques phrases, quelques mots bien choisis pour accompagner le dessin finissent d'emballer cette petite tranche de vie d'un écrin de poésie. Et le retour à la ville sonne comme un retour à la morosité, à la tristesse du monde moderne, au désamour et à l'égoïsme des adultes. Mais le jeune héros a finalement, il s'en rend compte, deux échapatoires possibles face à la dureté de la vie : l'imaginaire symbolisé par son t-shirt à l'effigie de SpiderMan, et la réalité rassurante de la nature qu'il suffit de savoir observer autour de soi. Toute cette histoire est pleine de douceur et bien que courte et avec peu de texte donne une impression de lenteur, de profondeur. Et quand ces quelques jours d'été se terminent, on se prend à souhaiter bonne chance à ce petit garçon si timide, si fragile, qui se rend compte simultanément de la beauté et de la dureté du monde. Vraiment, il n'est pas étonnant que Chabouté ait remporté le prix Alph-Art "Coup de Coeur" à Angoulême en 1999 avec ce bel album tout en finesse.