J'ai longuement hésité à acheter cette série, l'histoire m'attirait mais je butais sur le dessin...
... Et puis comme d'habitude j'ai craqué et je dois dire que je ne le regrette pas. Certes le dessin n'est toujours pas ce qui se fait de mieux, mais je crois que le principal ne se situe pas là.
C'est une oeuvre extrêmement bien documentée, on sent que l'auteur possède son sujet sur le bout des doigts. Il montre ce qu'est le KKK aux USA, son emprise sur la société américaine au quotidien et les exactions commises au nom d'idées nauséabondes mais ancrées dans la culture d'une frange non négligeable de la population de ce pays.
Je regrette simplement que les auteurs aient pris le parti de traiter chaque histoire en un seul et unique tome ce qui, à mon avis, ne leur permet guère de "construire" leurs personnages et de nous éclairer sur leurs motivations profondes. En cela cette série perd (un peu) de sa dimension pédagogique et quelque part de sa force.
En tant normal, je ne suis pas fan du shônen-type. Entendez ces histoires de jeunes novices qui découvrent un monde qu'ils ignoraient, qui se révèlent très doués et qui d'épreuve en épreuve parviennent au sommet. Et de ce point de vue, hormis le sujet (le go) Hikaru no go ne présente résolument aucune originalité.
Et pourtant... pourtant... on se laisse happer par l'histoire, on n'est même pas gêné par le côté répétitif, on en redemande. Pour une fois, l'histoire est parfaitement crédible, sans doute parce qu'il s'agit d'exploits intellectuels plutôt que physiques (et puis les génies précoces de go, ça existe vraiment). Les personnages, Sai en tête, sont attachants. L'idée du fantôme du joueur de go (Sai) est excellente puisqu'elle fixe dès le début de l'histoire le but à atteindre, et qu'on ne le perd jamais de vue.
Bref, c'est très bien fichu, ça donne envie d'apprendre à jouer au go. Et franchement, rendre passionnant un manga où se succèdent des parties de go, c'est très très fort.
J'ai l'édition originale du premier tome chez moi et une chose est sûre, cette BD a su rester une bonne BD malgré son âge avancé. Eh oui elle est née en 1945...
J'apprécie énormément cette BD pour la vision de la seconde Guerre mondiale qu'elle donne : toute la guerre nous est racontée à l'aide d'animaux. Les Allemands sont des loups, les Italiens des cochons, les Anglais des chiens, les Français des lapins et des écureuils, etc.
La présentation me plaît également beaucoup (images sans bulle mais avec le texte du narrateur). C'est presque une série de cases commentées
Seul petit défaut, le dessin a quand même un peu vieilli mais bon, on va pas faire les difficiles.
A lire en tous les cas et à acheter pour ceux qui apprécient les BD historiques.
16/07/2004
Après la lecture de l'intégrale que je me suis offert, je confirme la note que j'avais mise précédemment. Le second tome est tout de même un petit peu moins bon que le premier (1er : 4/5, 2ème : 3.5/5).
Tout à fait d’accord avec la majorité des avis exprimés ici, « Je suis morte » est une série qui s’annonce sous les meilleurs auspices. Mention spéciale pour le dessin, particulier de premier abord, mais très expressif et original en fin de compte. Le découpage est également très réussi. On ressent toute la « patte » de Morvan en cette matière.
Le thème n’est pas spécialement original : l’immortalité, mais le plus intéressant est la manière dont celui-ci est traité. Alors que « Highlander » et les récits vampirique traitent toujours le sujet en s’intéressant au destin d’un immortel parmi les mortels, ici, c’est la situation est inverse : Aster est une mortelle vivant au milieu d’immortel. Le scénariste a su tirer un beau parti de cette situation, déduisant avec justesse ce que cela impliquait sentimentalement pour cette petite fille et son entourage (son père notamment, incapable d’aimer un être qu’il considère comme déjà mort). A la fin de ce premier tome, déjà très consistant, des questions restent en suspens… Pourquoi cette société immortelle joue-t-elle à faire renaître des mortels ? Dans quel intérêt ? La situation d’immortel serait-elle finalement pas si enviable que cela ? J’espère avoir la réponse à cette question cruciale dans le ou les prochains tomes.
N.B. : Je reste circonspect sur la présence de cette série dans la collection « Loge noire », au vu de ce premier tome, cela ne se justifie pas du tout… Peut-être la suite répondra-t-elle à ce mystère…
Quelqu'un sait combien de tomes sont prévus?
Génial!!! Spectaculaire!!!
J'hésite à mettre 5/5 (culte) mais je crois que 4/5 est mieux. Pour l'histoire: 5/5, très très bien pensé, Miyazaki est en pro. Pour le fun: 4/5, ce n'est pas une histoire remplie de blague mais je n'ai aucune raison de mettre une mauvaise cote. Pour le dessin 4/5, le dessin est extra, on se demande pourquoi j'ai mis cette cote, c'est tout simplement parce que le dessin est si bien fait qu'il est parfois trop dur à comprendre, on m'a dit que si il était sur du bon papier et en couleur, ce serait le meilleur manga de tous les temps.
Je ne vais pas vous raconter l'histoire car ça vous enlèverait le plaisir de le découvrir (et en plus j'ai pas envie) et sûrement que d'autres avant moi (ou après moi) l'ont déjà fait.
Je vous le conseille très fortement
Comme tout le monde l'a remarqué, et c'est d'ailleurs la première chose qui tape dans l'oeil quand on feuillette, le dessin et les couleurs sont superbes. Je trouve ça vraiment très beau, mais je ne sais pas si on peut dire qu'il reflète bien l'univers steampunk.
L'histoire du tome 1 est assez intéressante même si elle met un peu de temps à décoller. Cette histoire de début du cinématographe en fait, et hop dès le début on fait des snuff movies, est assez sordide comme l'a dit quelqu'un.
Ca fait longtemps que cette série m'attirait. Malgré tout elle est prévue en 10 tomes - ce qui veut aussi dire qu'on ne verra pas la fin avant un moment, l'ambition est là, reste à voir si tout sera du même niveau en terme de qualité.
Rahhhh qu'il m'est difficile de noter cette BD...
Graphiquement, c'est du grand Andreas "épuré", c'est fin, avec un jeu sur la couleur tout à fait fascinant. Et comme on pouvait s'en douter, Andreas profite du format à l'italienne pour inventer de nouveaux découpages absolument magistraux. Et tout du long de l'album le plaisir qu'Andreas a eu à le réaliser est palpable et communicatif.
La construction du récit, une fois qu'on en a la clef, est extrêmement amusante. Essayer de savoir qui rêve quoi, qui symbolise quoi, prend l'allure d'un jeu de piste très construit et très ludique (...pour les amateurs de casse-tête ^_^).
Donc sur le plan formel cette BD vaut amplement un 5/5. C'est une BD exigeante mais parfaite et qui mérite amplement d'être achetée pour ces seules qualités (enfin vérifiez avant que vous n'êtes pas allergiques à ce style ^_^).
Mais... il y a le fond de l'histoire. Et là ça me gène déjà plus. "Le triangle rouge" parle donc de la création artistique. Eh bien une fois qu'on a résolu l'énigme, on s'aperçoit que cette vision est très creuse et rudimentaire (il faut vaincre ses démons, trouver l'"Idée", suivre son inspiration, terrasser les contraintes matérielles... mouaiche :o/).
Bref, "le triangle rouge" est un exercice de style virtuose sur le plan formel, mais qui véhicule au final un message un peu vain...
J'hésite entre 3 et 4.
Allez, ce sera 3/5 pour le fond et 5/5 pour la forme. Donc 4/5.
Attention, cet avis porte uniquement sur le premier cycle, les 3 premiers tomes.
Note approximative : 3.5/5
Tout d'abord, ce que j'apprécie dans cette BD, c'est le dessin et la mise en page. Le trait du dessin est réaliste mais très agréable à lire, et surtout je trouve les couleurs vraiment très bonnes. En cours de lecture, j'ai souvent comparé ce dessin à celui des Voleurs d'Empire dont je trouve qu'il partage les mêmes qualités : beau, réaliste tout en restant dynamique et plaisant, une très belle harmonie de couleurs, etc...
D'ailleurs l'histoire aussi se rapproche un peu des Voleurs d'Empire : c'est de l'Histoire (ici la première guerre mondiale mais à peine dans les tranchées, et surtout dans un décor bien plus original : commençant en France, l'intrigue passe bien vite en Russie, à Saint-Pétersbourg puis en Sibérie) avec l'histoire de membres d'une même famille, une bonne part de complot et un zeste de fantastique. C'est un mélange d'intrigue d'espionnage, de chasse au trésor avec donc cette petite touche de fantastique sur la fin du premier cycle et après (mais largement moins que dans les Voleurs d'Empire).
J'avais déjà beaucoup aimé le simple tome 1 qui repose sur une intrigue quasiment uniquement d'espionnage militaire et de trahison, puis le tome 2 agrandit largement le champ d'action du scénario, déroutant un peu le lecteur pour son grand plaisir. Le tome 3 clôt un premier cycle qui est très plaisant à lire et à découvrir. J'avoue avoir trouvé justement ce 3e tome un peu moins bon et moins prenant, notamment sur sa fin où le côté Shaman m'a un peu ennuyé.
Néanmoins, voilà une série très joliment dessinée et colorisée, au décor historique original, au scénario bien fait et donc que je vous conseille franchement.
Je m’attendais à quelque chose de plus simpliste. Mais dès qu’on ouvre l’album, on est pris par cette histoire de descente aux enfers d’un médiocre. D’autant plus crédible que chacun de nous (ou presque) pourrait être le pauvre homme qui bascule dans la schizophrénie et dans un engrenage fatal. La peinture de l’alter ego d’Albert Laforge est saisissante, dans ce jeu en miroir des personnalités, sublimé par un dessin en noir et blanc impressionniste. On reste scotché et béat jusqu’à la dernière case, devant une telle virtuosité.
Original. Partir de l’anecdote de la mort et de la renaissance d’un paquebot pour évoquer l’un des sujets sensibles/tabous du 20ème siècle, les comptes nazis en Suisse, c’est original. Christin ménage bien le suspense, on a du mal à comprendre ce qui unit les différents protagonistes. En quelque sorte, on a là un récit à la Agatha Christie, comme en atteste un dialogue à la fin de ce long album. Rapports passionnels, haines xénophobes ou mépris social, un environnement en huis clos (un paquebot), mystère, personnages brouillant les pistes, tout y est. A noter les visages des personnages, sans doute inspirés par des célébrités des années 1930 à 1950. Pour ma part, je n’ai reconnu que Staline et Clark Gable. Mais aussi Christin lui-même, René Goscinny ou encore Jacques Martin (oui, l’auteur d’Alix) ; mais je me trompe probablement.
Christin a utilisé des noms très connus à Bordeaux pour nommer ses personnages ; il n’oublie pas la région où il vit et enseigne. Le dessin de Goetzinger est très plaisant à regarder, peut-être un poil figé, mais il correspond très bien au style « Agatha Christie ». De même, il n’y a que très peu de fautes de perspective, les tons pastels se mariant bien avec son style graphique.
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J'ai longuement hésité à acheter cette série, l'histoire m'attirait mais je butais sur le dessin... ... Et puis comme d'habitude j'ai craqué et je dois dire que je ne le regrette pas. Certes le dessin n'est toujours pas ce qui se fait de mieux, mais je crois que le principal ne se situe pas là. C'est une oeuvre extrêmement bien documentée, on sent que l'auteur possède son sujet sur le bout des doigts. Il montre ce qu'est le KKK aux USA, son emprise sur la société américaine au quotidien et les exactions commises au nom d'idées nauséabondes mais ancrées dans la culture d'une frange non négligeable de la population de ce pays. Je regrette simplement que les auteurs aient pris le parti de traiter chaque histoire en un seul et unique tome ce qui, à mon avis, ne leur permet guère de "construire" leurs personnages et de nous éclairer sur leurs motivations profondes. En cela cette série perd (un peu) de sa dimension pédagogique et quelque part de sa force.
Hikaru no Go
En tant normal, je ne suis pas fan du shônen-type. Entendez ces histoires de jeunes novices qui découvrent un monde qu'ils ignoraient, qui se révèlent très doués et qui d'épreuve en épreuve parviennent au sommet. Et de ce point de vue, hormis le sujet (le go) Hikaru no go ne présente résolument aucune originalité. Et pourtant... pourtant... on se laisse happer par l'histoire, on n'est même pas gêné par le côté répétitif, on en redemande. Pour une fois, l'histoire est parfaitement crédible, sans doute parce qu'il s'agit d'exploits intellectuels plutôt que physiques (et puis les génies précoces de go, ça existe vraiment). Les personnages, Sai en tête, sont attachants. L'idée du fantôme du joueur de go (Sai) est excellente puisqu'elle fixe dès le début de l'histoire le but à atteindre, et qu'on ne le perd jamais de vue. Bref, c'est très bien fichu, ça donne envie d'apprendre à jouer au go. Et franchement, rendre passionnant un manga où se succèdent des parties de go, c'est très très fort.
La bête est morte
J'ai l'édition originale du premier tome chez moi et une chose est sûre, cette BD a su rester une bonne BD malgré son âge avancé. Eh oui elle est née en 1945... J'apprécie énormément cette BD pour la vision de la seconde Guerre mondiale qu'elle donne : toute la guerre nous est racontée à l'aide d'animaux. Les Allemands sont des loups, les Italiens des cochons, les Anglais des chiens, les Français des lapins et des écureuils, etc. La présentation me plaît également beaucoup (images sans bulle mais avec le texte du narrateur). C'est presque une série de cases commentées Seul petit défaut, le dessin a quand même un peu vieilli mais bon, on va pas faire les difficiles. A lire en tous les cas et à acheter pour ceux qui apprécient les BD historiques. 16/07/2004 Après la lecture de l'intégrale que je me suis offert, je confirme la note que j'avais mise précédemment. Le second tome est tout de même un petit peu moins bon que le premier (1er : 4/5, 2ème : 3.5/5).
Je suis morte
Tout à fait d’accord avec la majorité des avis exprimés ici, « Je suis morte » est une série qui s’annonce sous les meilleurs auspices. Mention spéciale pour le dessin, particulier de premier abord, mais très expressif et original en fin de compte. Le découpage est également très réussi. On ressent toute la « patte » de Morvan en cette matière. Le thème n’est pas spécialement original : l’immortalité, mais le plus intéressant est la manière dont celui-ci est traité. Alors que « Highlander » et les récits vampirique traitent toujours le sujet en s’intéressant au destin d’un immortel parmi les mortels, ici, c’est la situation est inverse : Aster est une mortelle vivant au milieu d’immortel. Le scénariste a su tirer un beau parti de cette situation, déduisant avec justesse ce que cela impliquait sentimentalement pour cette petite fille et son entourage (son père notamment, incapable d’aimer un être qu’il considère comme déjà mort). A la fin de ce premier tome, déjà très consistant, des questions restent en suspens… Pourquoi cette société immortelle joue-t-elle à faire renaître des mortels ? Dans quel intérêt ? La situation d’immortel serait-elle finalement pas si enviable que cela ? J’espère avoir la réponse à cette question cruciale dans le ou les prochains tomes. N.B. : Je reste circonspect sur la présence de cette série dans la collection « Loge noire », au vu de ce premier tome, cela ne se justifie pas du tout… Peut-être la suite répondra-t-elle à ce mystère… Quelqu'un sait combien de tomes sont prévus?
Nausicaä de la vallée du vent
Génial!!! Spectaculaire!!! J'hésite à mettre 5/5 (culte) mais je crois que 4/5 est mieux. Pour l'histoire: 5/5, très très bien pensé, Miyazaki est en pro. Pour le fun: 4/5, ce n'est pas une histoire remplie de blague mais je n'ai aucune raison de mettre une mauvaise cote. Pour le dessin 4/5, le dessin est extra, on se demande pourquoi j'ai mis cette cote, c'est tout simplement parce que le dessin est si bien fait qu'il est parfois trop dur à comprendre, on m'a dit que si il était sur du bon papier et en couleur, ce serait le meilleur manga de tous les temps. Je ne vais pas vous raconter l'histoire car ça vous enlèverait le plaisir de le découvrir (et en plus j'ai pas envie) et sûrement que d'autres avant moi (ou après moi) l'ont déjà fait. Je vous le conseille très fortement
Le Réseau Bombyce
Comme tout le monde l'a remarqué, et c'est d'ailleurs la première chose qui tape dans l'oeil quand on feuillette, le dessin et les couleurs sont superbes. Je trouve ça vraiment très beau, mais je ne sais pas si on peut dire qu'il reflète bien l'univers steampunk. L'histoire du tome 1 est assez intéressante même si elle met un peu de temps à décoller. Cette histoire de début du cinématographe en fait, et hop dès le début on fait des snuff movies, est assez sordide comme l'a dit quelqu'un. Ca fait longtemps que cette série m'attirait. Malgré tout elle est prévue en 10 tomes - ce qui veut aussi dire qu'on ne verra pas la fin avant un moment, l'ambition est là, reste à voir si tout sera du même niveau en terme de qualité.
Le Triangle Rouge
Rahhhh qu'il m'est difficile de noter cette BD... Graphiquement, c'est du grand Andreas "épuré", c'est fin, avec un jeu sur la couleur tout à fait fascinant. Et comme on pouvait s'en douter, Andreas profite du format à l'italienne pour inventer de nouveaux découpages absolument magistraux. Et tout du long de l'album le plaisir qu'Andreas a eu à le réaliser est palpable et communicatif. La construction du récit, une fois qu'on en a la clef, est extrêmement amusante. Essayer de savoir qui rêve quoi, qui symbolise quoi, prend l'allure d'un jeu de piste très construit et très ludique (...pour les amateurs de casse-tête ^_^). Donc sur le plan formel cette BD vaut amplement un 5/5. C'est une BD exigeante mais parfaite et qui mérite amplement d'être achetée pour ces seules qualités (enfin vérifiez avant que vous n'êtes pas allergiques à ce style ^_^). Mais... il y a le fond de l'histoire. Et là ça me gène déjà plus. "Le triangle rouge" parle donc de la création artistique. Eh bien une fois qu'on a résolu l'énigme, on s'aperçoit que cette vision est très creuse et rudimentaire (il faut vaincre ses démons, trouver l'"Idée", suivre son inspiration, terrasser les contraintes matérielles... mouaiche :o/). Bref, "le triangle rouge" est un exercice de style virtuose sur le plan formel, mais qui véhicule au final un message un peu vain... J'hésite entre 3 et 4. Allez, ce sera 3/5 pour le fond et 5/5 pour la forme. Donc 4/5.
La Croix de Cazenac
Attention, cet avis porte uniquement sur le premier cycle, les 3 premiers tomes. Note approximative : 3.5/5 Tout d'abord, ce que j'apprécie dans cette BD, c'est le dessin et la mise en page. Le trait du dessin est réaliste mais très agréable à lire, et surtout je trouve les couleurs vraiment très bonnes. En cours de lecture, j'ai souvent comparé ce dessin à celui des Voleurs d'Empire dont je trouve qu'il partage les mêmes qualités : beau, réaliste tout en restant dynamique et plaisant, une très belle harmonie de couleurs, etc... D'ailleurs l'histoire aussi se rapproche un peu des Voleurs d'Empire : c'est de l'Histoire (ici la première guerre mondiale mais à peine dans les tranchées, et surtout dans un décor bien plus original : commençant en France, l'intrigue passe bien vite en Russie, à Saint-Pétersbourg puis en Sibérie) avec l'histoire de membres d'une même famille, une bonne part de complot et un zeste de fantastique. C'est un mélange d'intrigue d'espionnage, de chasse au trésor avec donc cette petite touche de fantastique sur la fin du premier cycle et après (mais largement moins que dans les Voleurs d'Empire). J'avais déjà beaucoup aimé le simple tome 1 qui repose sur une intrigue quasiment uniquement d'espionnage militaire et de trahison, puis le tome 2 agrandit largement le champ d'action du scénario, déroutant un peu le lecteur pour son grand plaisir. Le tome 3 clôt un premier cycle qui est très plaisant à lire et à découvrir. J'avoue avoir trouvé justement ce 3e tome un peu moins bon et moins prenant, notamment sur sa fin où le côté Shaman m'a un peu ennuyé. Néanmoins, voilà une série très joliment dessinée et colorisée, au décor historique original, au scénario bien fait et donc que je vous conseille franchement.
Mémoires d'un incapable
Je m’attendais à quelque chose de plus simpliste. Mais dès qu’on ouvre l’album, on est pris par cette histoire de descente aux enfers d’un médiocre. D’autant plus crédible que chacun de nous (ou presque) pourrait être le pauvre homme qui bascule dans la schizophrénie et dans un engrenage fatal. La peinture de l’alter ego d’Albert Laforge est saisissante, dans ce jeu en miroir des personnalités, sublimé par un dessin en noir et blanc impressionniste. On reste scotché et béat jusqu’à la dernière case, devant une telle virtuosité.
Paquebot
Original. Partir de l’anecdote de la mort et de la renaissance d’un paquebot pour évoquer l’un des sujets sensibles/tabous du 20ème siècle, les comptes nazis en Suisse, c’est original. Christin ménage bien le suspense, on a du mal à comprendre ce qui unit les différents protagonistes. En quelque sorte, on a là un récit à la Agatha Christie, comme en atteste un dialogue à la fin de ce long album. Rapports passionnels, haines xénophobes ou mépris social, un environnement en huis clos (un paquebot), mystère, personnages brouillant les pistes, tout y est. A noter les visages des personnages, sans doute inspirés par des célébrités des années 1930 à 1950. Pour ma part, je n’ai reconnu que Staline et Clark Gable. Mais aussi Christin lui-même, René Goscinny ou encore Jacques Martin (oui, l’auteur d’Alix) ; mais je me trompe probablement. Christin a utilisé des noms très connus à Bordeaux pour nommer ses personnages ; il n’oublie pas la région où il vit et enseigne. Le dessin de Goetzinger est très plaisant à regarder, peut-être un poil figé, mais il correspond très bien au style « Agatha Christie ». De même, il n’y a que très peu de fautes de perspective, les tons pastels se mariant bien avec son style graphique.