Je suis un grand fan de polars noirs - c'est l'essentiel de ma culture littéraire - et je retrouve dans Eiji tous ce que j'ai pu trouver dans ces polars.
Déjà, les meurtres sont carrément odieux - et je le pense vraiment. Les psychopathes sont de mise dans ce manga. Le scénario est en général assez bien fichu - j'ai déjà lu 6 enquêtes et je m'en porte pas plus mal... Il faut certes aimer le style mais bon, moi je trouve ça 'achement bien.
Quatrième tome d'Ebine Yamaji à paraître en France, Free Soul joue toujours sur une thématique commune, celle de l'homosexualité féminine. On peut donc d'abord avoir une impression de répétition par rapport aux précédents ouvrages, mais pourtant il n'en est rien. Certes le sujet de base reste le même. Mais il s'agit à chaque fois de variations, de traitements différents, intégrant des thèmes "secondaires" variés, et riches. Ici, de même que dans Indigo Blue le processus de création tient une part importante. L'auteur se met en quelque sorte en scène à travers Keito, son personnage. Keito est en effet une mangaka en devenir, et montre des relations intéressantes avec son personnage à elle, Angie. Les deux sont aussi (ir)réelles l'une que l'autre, et pourtant on fait bien la distinction... jusqu'à la fin ou un court chapitre vient brouiller/réajuster (selon la façon dont on envisage la chose) la perception du lecteur.
L'homosexualité dans tout ça n'est finalement qu'un thème parmi d'autre, une caractéristique de cette oeuvre. L'album en parle, bien sûr, mais d'une manière très naturelle, qui coule de source. Mais à vrai dire on s'en ficherait presque, puisqu'au-delà de l'aspect hétéro/bi/homosexualité, c'est bien d'amour qu'il s'agit, sous diverses formes. Amitié, attirance, amour, dépendance, illusion, rapport à ses parents, ses déclinaisons sont nombreuses.
Au final Free Soul n'est pas si facile que ça à lire. Derrière son dessin épuré, il se révèle dense et assez fouillis de prime abord. Mais justement, ce fouillis recèle une richesse intéressante, promettant une ou deux relectures riches.
Depuis le temps que je voulais lire quelques trucs du fameux Moore, c'est chose faite. Et c'est très bon comme je m'y attendais un peu même si le contenu de cette histoire n'est pas 100% Moorien je suppose. Angleterre, dictature, ça fait aussi référence aux camps de concentration pour homo et black, tout ce qui va pas, et voilà le vengeur masqué qui surgit. A vrai dire j'ai vu des tas de références possibles au cours de ma lecture, mais ça ne gâche pas trop le plaisir. J'ai le sentiment d'avoir eu un intérêt décroissant au cours de ma lecture, au départ assez accroché pour finir presque en train de compter combien de pages il restait. C'est peut-être du à ce phrasé du vengeur assez exaspérant (et heureusement que j'ai pas lu ça en VO, j'ai déjà eu du mal en français), ou au fait que j'étais un peu perdu dans les personnages et qui complote avec qui etc. car je n'ai pas lu cette intégrale d'une traite.
Bref assurément un must dans le genre bd orwellienne malgré ses petits défauts.
J'ai lu cette BD sans m'attendre à quoi que ce soit, juste parce que c'était du Trondheim, quoi. Et non seulement j'ai bien aimé mais en plus j'ai été pêté de rire par moments.
Le dessin de Trondheim, rien à dire, j'aime. Clair, facile à lire, plaisant, joli.
Quant au scénario, il est sensé s'adresser à des enfants mais franchement, je trouve qu'il s'adresse aussi voire plus directement aux adultes. Les histoires de chaque tome sont simples mais intelligemment racontées et très plaisantes. Et puis surtout il y a l'humour de Trondheim et moi j'adore.
Excellente petite série sans prétention.
Je me suis mis enfin à lire Largo, série que l'on peut difficilement ignorer vu son succès commercial. En définitive, j'ai vraiment bien aimé! Comme on l'a dit précédemment, les cycles en deux albums sont une formule sympa qui permet au scénario de se développer, sans pour autant lancer le lecteur dans des suites interminables. Les intrigues proprement dites sont très agréables à suivre et jamais ennuyantes pour le lecteur et ce, malgré les nombreuses explications sur le monde financier. Bien sûr, cette série réunit les ingrédients habituels du thriller (tueurs à gage, poursuite en voiture, femmes sexy...) et n'est pas d'une grande originalité. Mais le tout, combiné à un bon dessin et des couleurs bien choisies, donne un résultat très efficace qui ravira bon nombre de lecteurs. Je précise que j'ai lu la série jusqu'au numéro 5, je ne peux donc pas juger de la qualité des derniers albums.
Héhé... voici un chouette petit album de Baloo, trouvé par hasard en fouinant dans les bouquineries bruxelloises. L’humour décalé et "absurde" n’est pas sans rappeler celui de La Mission infernale du même auteur... tout aussi délirant ! D'ailleurs Baloo se fait plaisir et ça se sent ! Le final, complètement inattendu, est bien dans le style de l’auteur.
Finalement, Baloo est en passe de réussir son challenge, à savoir de placer des éléphants dans chacune de ses histoires... Il lui reste encore la reprise de la série Petzi le petit ourson ! :)
Bref, voici une bonne petite bd à prix démocratique...
Voici, ce que j'appelle, une histoire bien racontée. Les secrets de familles prennent souvent des chemins escarpés et cet album en est la preuve évidente.
Giroud nous raconte l'histoire d'une jeune fille qui essaie de découvrir ses origines. Dès le début, on est absorbé par le récit. Tout au long de l'album, on partage les moments d'émotions avec beaucoup d'intérêt. Et je me demande franchement où va nous conduire le scénario.
Je ne suis pas particulièrement fan du dessin de Marianne Duvivier. Je trouve que celui-ci est parfois irrégulier. Pourtant, je dois avouer que ce style graphique colle parfaitement à ce genre de récit.
Cet album a beaucoup d'atouts pour interpeller votre curiosité, la suite risque d'être passionnante.
A conseiller !
Avis personnel, mais j'ai vraiment adoré le surréalisme délirant des histoires.
Si quelques unes sont un peu tirées (sans mauvais jeu de mots), d'autres sont magnifiques (John Lennon, au paradis comme sur terre, à lire !) ou assez excentriques ("couch prop'!").
Mais peut être pas si absurdes, du moins pas toutes.
A découvrir au moins !
J'ai trouvé cet album vraiment très bon. Tout comme pour "Blues 46", les dessins sont superbes. C'est un style assez réaliste, soigné et détaillé, c'est vraiment beau.
L'histoire est en un tome (c'est toujours bon à prendre), et est très bien faite ! On s'attache beaucoup à Ange-Marie, qu'on prend vraiment en amitié, on a de la peine pour lui, c'est un personnage assez complexe et donc, intéressant. L'après guerre est une période lourde, dans le sens où tout était à reconstruire. Et Ange-Marie est un peu "fini" moralement. C'est passionnant de le voir évoluer, changer petit à petit... Cela dit les autres personnages ne sont pas en reste, particulièrement Grégoire, que j'ai trouvé vraiment émouvant comme personnage...
Franchement c'est un très bon album, rien à jeter là-dedans !
Alors là, je suis bluffé ! Cet album a l'air de pas grand-chose, et nous avons là un petit bijou. Une fable sociale, comme dit ArzaK, ou mieux, une légende urbaine, au croisement entre les croyances nées de la première guerre mondiale, et une certaine philosophie de la vie, voulant que celle-ci soit un éternel recommencement. Car La Vigie est un récit profondément pessimiste, où l'espoir est banni, où le malheur guette chacun d'entre nous. On ne sait pas trop quoi en penser, mais il faut dire que c'est assez surprenant.
Le graphisme de Chauzy est vraiment magnifique. Coloré, généreux, il sert à merveille ce récit sans concession, y apportant une touche de légèreté par la vivacité de ses couleurs.
Alire, à regarder, ne serait-ce que par curiosité.
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Psychometrer Eiji
Je suis un grand fan de polars noirs - c'est l'essentiel de ma culture littéraire - et je retrouve dans Eiji tous ce que j'ai pu trouver dans ces polars. Déjà, les meurtres sont carrément odieux - et je le pense vraiment. Les psychopathes sont de mise dans ce manga. Le scénario est en général assez bien fichu - j'ai déjà lu 6 enquêtes et je m'en porte pas plus mal... Il faut certes aimer le style mais bon, moi je trouve ça 'achement bien.
Free Soul
Quatrième tome d'Ebine Yamaji à paraître en France, Free Soul joue toujours sur une thématique commune, celle de l'homosexualité féminine. On peut donc d'abord avoir une impression de répétition par rapport aux précédents ouvrages, mais pourtant il n'en est rien. Certes le sujet de base reste le même. Mais il s'agit à chaque fois de variations, de traitements différents, intégrant des thèmes "secondaires" variés, et riches. Ici, de même que dans Indigo Blue le processus de création tient une part importante. L'auteur se met en quelque sorte en scène à travers Keito, son personnage. Keito est en effet une mangaka en devenir, et montre des relations intéressantes avec son personnage à elle, Angie. Les deux sont aussi (ir)réelles l'une que l'autre, et pourtant on fait bien la distinction... jusqu'à la fin ou un court chapitre vient brouiller/réajuster (selon la façon dont on envisage la chose) la perception du lecteur. L'homosexualité dans tout ça n'est finalement qu'un thème parmi d'autre, une caractéristique de cette oeuvre. L'album en parle, bien sûr, mais d'une manière très naturelle, qui coule de source. Mais à vrai dire on s'en ficherait presque, puisqu'au-delà de l'aspect hétéro/bi/homosexualité, c'est bien d'amour qu'il s'agit, sous diverses formes. Amitié, attirance, amour, dépendance, illusion, rapport à ses parents, ses déclinaisons sont nombreuses. Au final Free Soul n'est pas si facile que ça à lire. Derrière son dessin épuré, il se révèle dense et assez fouillis de prime abord. Mais justement, ce fouillis recèle une richesse intéressante, promettant une ou deux relectures riches.
V pour Vendetta
Depuis le temps que je voulais lire quelques trucs du fameux Moore, c'est chose faite. Et c'est très bon comme je m'y attendais un peu même si le contenu de cette histoire n'est pas 100% Moorien je suppose. Angleterre, dictature, ça fait aussi référence aux camps de concentration pour homo et black, tout ce qui va pas, et voilà le vengeur masqué qui surgit. A vrai dire j'ai vu des tas de références possibles au cours de ma lecture, mais ça ne gâche pas trop le plaisir. J'ai le sentiment d'avoir eu un intérêt décroissant au cours de ma lecture, au départ assez accroché pour finir presque en train de compter combien de pages il restait. C'est peut-être du à ce phrasé du vengeur assez exaspérant (et heureusement que j'ai pas lu ça en VO, j'ai déjà eu du mal en français), ou au fait que j'étais un peu perdu dans les personnages et qui complote avec qui etc. car je n'ai pas lu cette intégrale d'une traite. Bref assurément un must dans le genre bd orwellienne malgré ses petits défauts.
Monstrueux...
J'ai lu cette BD sans m'attendre à quoi que ce soit, juste parce que c'était du Trondheim, quoi. Et non seulement j'ai bien aimé mais en plus j'ai été pêté de rire par moments. Le dessin de Trondheim, rien à dire, j'aime. Clair, facile à lire, plaisant, joli. Quant au scénario, il est sensé s'adresser à des enfants mais franchement, je trouve qu'il s'adresse aussi voire plus directement aux adultes. Les histoires de chaque tome sont simples mais intelligemment racontées et très plaisantes. Et puis surtout il y a l'humour de Trondheim et moi j'adore. Excellente petite série sans prétention.
Largo Winch
Je me suis mis enfin à lire Largo, série que l'on peut difficilement ignorer vu son succès commercial. En définitive, j'ai vraiment bien aimé! Comme on l'a dit précédemment, les cycles en deux albums sont une formule sympa qui permet au scénario de se développer, sans pour autant lancer le lecteur dans des suites interminables. Les intrigues proprement dites sont très agréables à suivre et jamais ennuyantes pour le lecteur et ce, malgré les nombreuses explications sur le monde financier. Bien sûr, cette série réunit les ingrédients habituels du thriller (tueurs à gage, poursuite en voiture, femmes sexy...) et n'est pas d'une grande originalité. Mais le tout, combiné à un bon dessin et des couleurs bien choisies, donne un résultat très efficace qui ravira bon nombre de lecteurs. Je précise que j'ai lu la série jusqu'au numéro 5, je ne peux donc pas juger de la qualité des derniers albums.
Two Gentlemen
Héhé... voici un chouette petit album de Baloo, trouvé par hasard en fouinant dans les bouquineries bruxelloises. L’humour décalé et "absurde" n’est pas sans rappeler celui de La Mission infernale du même auteur... tout aussi délirant ! D'ailleurs Baloo se fait plaisir et ça se sent ! Le final, complètement inattendu, est bien dans le style de l’auteur. Finalement, Baloo est en passe de réussir son challenge, à savoir de placer des éléphants dans chacune de ses histoires... Il lui reste encore la reprise de la série Petzi le petit ourson ! :) Bref, voici une bonne petite bd à prix démocratique...
Secrets - L'écharde
Voici, ce que j'appelle, une histoire bien racontée. Les secrets de familles prennent souvent des chemins escarpés et cet album en est la preuve évidente. Giroud nous raconte l'histoire d'une jeune fille qui essaie de découvrir ses origines. Dès le début, on est absorbé par le récit. Tout au long de l'album, on partage les moments d'émotions avec beaucoup d'intérêt. Et je me demande franchement où va nous conduire le scénario. Je ne suis pas particulièrement fan du dessin de Marianne Duvivier. Je trouve que celui-ci est parfois irrégulier. Pourtant, je dois avouer que ce style graphique colle parfaitement à ce genre de récit. Cet album a beaucoup d'atouts pour interpeller votre curiosité, la suite risque d'être passionnante. A conseiller !
Courts métrages (Projection privée/Trompeuse apparence)
Avis personnel, mais j'ai vraiment adoré le surréalisme délirant des histoires. Si quelques unes sont un peu tirées (sans mauvais jeu de mots), d'autres sont magnifiques (John Lennon, au paradis comme sur terre, à lire !) ou assez excentriques ("couch prop'!"). Mais peut être pas si absurdes, du moins pas toutes. A découvrir au moins !
Ange-Marie
J'ai trouvé cet album vraiment très bon. Tout comme pour "Blues 46", les dessins sont superbes. C'est un style assez réaliste, soigné et détaillé, c'est vraiment beau. L'histoire est en un tome (c'est toujours bon à prendre), et est très bien faite ! On s'attache beaucoup à Ange-Marie, qu'on prend vraiment en amitié, on a de la peine pour lui, c'est un personnage assez complexe et donc, intéressant. L'après guerre est une période lourde, dans le sens où tout était à reconstruire. Et Ange-Marie est un peu "fini" moralement. C'est passionnant de le voir évoluer, changer petit à petit... Cela dit les autres personnages ne sont pas en reste, particulièrement Grégoire, que j'ai trouvé vraiment émouvant comme personnage... Franchement c'est un très bon album, rien à jeter là-dedans !
La Vigie
Alors là, je suis bluffé ! Cet album a l'air de pas grand-chose, et nous avons là un petit bijou. Une fable sociale, comme dit ArzaK, ou mieux, une légende urbaine, au croisement entre les croyances nées de la première guerre mondiale, et une certaine philosophie de la vie, voulant que celle-ci soit un éternel recommencement. Car La Vigie est un récit profondément pessimiste, où l'espoir est banni, où le malheur guette chacun d'entre nous. On ne sait pas trop quoi en penser, mais il faut dire que c'est assez surprenant. Le graphisme de Chauzy est vraiment magnifique. Coloré, généreux, il sert à merveille ce récit sans concession, y apportant une touche de légèreté par la vivacité de ses couleurs. Alire, à regarder, ne serait-ce que par curiosité.