Un dessin superbe et une très bonne ambiance qui reprend une idée classique (bloqué par la neige avec un loup tueur) avec force...
Je trouve que les personnages sont très bien rendus et que le dessin donne un côté glauque et lugubre à souhait qui colle très bien avec les vieilles trombines des villageois.
Quant à la fin, je reste également un peu sur ma faim, mais je trouve que tout de même c'est pas mal et que ça donne un peu plus de relief au tout... J'ai vraiment passé un bon moment à la lecture de cette BD.
Comme souvent avec cet auteur, cette petite BD va soit vous émerveiller, soit vous laisser complètement indifférent. J’ai de la chance, je fais partie de la 1ere catégorie.
Certes, toutes les histoires ne sont pas du même niveau, mais l’ensemble est vraiment émouvant. Chaque chapitre raconte un aspect de la vie humaine : la mort, l’amour, le doute… Ne cherchez pas l’originalité du coté des thèmes abordés donc, mais plutôt du coté de la narration.
Déjà, les histoires sont muettes. L’inconvénient, c’est que si on ne joue pas le jeu, on survole la BD en quelques minutes, et on n’en garde rien. L’avantage, c’est que si on joue le jeu, on participe plus à l’histoire, on ajoute nos propres dialogues et on mêle nos expériences personnelles à celle du héros.
Ensuite, tout est écrit de façon très imagée. Beaucoup de chose sont représentées de façon abstraite, et c’est au lecteur d’interpréter, de participer, d’y mettre du sien. J’aime beaucoup cet aspect de la BD, c’est très original, et plein de bonnes trouvailles.
Bref, une œuvre originale, pleine de poésie et de tristesse, pour laquelle le lecteur doit faire l’effort de participer, et du coup beaucoup de gens risque de passer à coté de cette très belle BD. Reste que si vous voulez découvrir Jason, « Chhht ! » est sans doute son œuvre la plus accessible. (Avec Attends)
Après avoir lu Vagues à l'âme et Incognito, je ne pouvais pas passer à côté de ce Corps à Corps. Et je dois dire que dès lors, je vais surveiller cet auteur de très près car je trouve que Gregory Mardon a beaucoup de talent.
Le scénario de cet album est, en fait, un chassé-croisé de personnages plutôt singuliers. Le résultat est tout à fait réussi. Chacun d'eux a une vraie densité. De plus, leurs personnalités sont complexes et même parfois torturées, ce qui nous donne souvent des situations très intéressantes. On suit les aventures de nos anti-héros avec beaucoup d'intérêt et certains d'entres eux finissent par devenir attachants.
Le dessin de l'auteur est assez particulier mais il ne manque pas de personnalité. Les couleurs sont très sympas.
Bref, un album à suivre sans aucun doute.
Alors, laissez vous tenter !
Voici une série qui a tout à fait sa place dans la très belle collection Poisson Pilote de Dargaud. En deux tomes à peine, Vehlmann boucle une superbe histoire, à la fois dure, cruelle, onirique mais aussi emprunt de courage et d’espoir . . . c’est une formidable aventure humaine qui domine le récit. A ce sujet, je trouve la relation entre Maki et Cuzquino très touchante. Que dire si ce n’est que le contexte est original (la civilisation Inca) et la situation de départ également (la disparition du soleil). En outre, j’ai été séduit par les planches très colorées et par ce dessin, au trait fin et hachuré, plein de sensibilité ! Du beau travail !
Hé ben, quelle réussite !
Dans la Venise du XVe S, deux espions, l’un officiant pour la France et l’autre pour l’Allemagne, se voient contraint de cohabiter. Les missions, moteurs de l’histoire, ne sont que prétextes à se voir confronter ces deux espions dans des joutes verbales absolument géniales (pour reprendre les propos de Woody). Vénézia, c’est donc une bd "détente" qui vaut essentiellement par les propos truculents échangés entre ces deux espions (que nous appellerons ici Miss Tortellini et Mister Spaghetti, ou l’inverse, c'est comme vous voulez ;)). Le dessin de Parme est, en outre, bien en osmose avec les scénari de Trondheim. Pour terminer, j’ajouterais que cette bd est loin d’être enfantine. D’ailleurs, je doute qu’un enfant puisse saisir toutes les subtilités de la prose de Trondheim !
Lecture très très agréable et chaudement conseillée !
Bref, j’en redemande !
"Défendre l'existence des miracles n'est pas facile. On n'y croit ou pas. Moi j'y crois."
Will Eisner. (les premières phrases de sa préface pour Petits miracles.)
Cet album est composé de quatre histoires de longueur inégale, se passant toutes dans le quartier où Eisner a vécu enfant, dans un "Bloc" comme disaient les gens qui y vivaient.
L'auteur installe avec aisance une ambiance dans ses histoires de façon marquante, les personnages nous livrent leurs modes de vie en quelques phrases et quelques gestes. C'est la magie d'Eisner, réussir à installer une vraie atmosphère en quelques cases.
Les choses de la vie, les moments simples, deviennent ici des petits miracles, et c'est tellement bien raconté et illustré, que c'est un vrai plaisir de regarder le petit monde qui évolue dans ces histoires.
Les dessins sont magnifiques, le découpage est parfait, souvent il n'y a pas de cases, l'action se laisse suivre avec simplicité. L'album n'a pas été imprimé en noir et blanc, mais dans une teinte marron* qui donne une élégante patine aux illustrations. Ainsi les histoires ressemblent encore plus à des souvenirs.
J'ai beaucoup aimé cet album empreint de poésie, peu importe que ces tranches de vie aient été vécues ou imaginées... Elles sont belles et touchantes c'est ce qui compte. A lire.
Will Eisner était immense. Ses oeuvres témoignent aujourd'hui de son talent.
Au même titre que Jack Kirby il restera pour toujours un des grands maîtres de la BD américaine.
*La couleur que l'on préfère sur Bdt, bien sûr!
Lune Rouge est un conte qui unit aventure et merveilleux avec brio. Le tandem constitués par les deux jeunes héros (le trio, si on compte le personnage invisible dont on ne sait vraiment s’il existe) fonctionne de manière efficace, la confrontation des caractères est un des moteurs principaux de l’intrigue.
Risso a épuré son trait pour trouver un ton plus enfantin, rondouillard et je trouve l’ensemble très beau, malgré une couverture pas terrible qui ne rend pas justice à l’album. Ca se dévore à tout âge.
J'ai lu cette petite BD trouvée par hasard à la terrasse d'un café et je me suis marrée toute seule devant les regards interloqués des passants.
C'est totalement absurde avec de l'humour noir comme j'aime... Et on peut le relire plusieurs fois en trouvant d'autres petits détails qu'on avait ratés à la première lecture.
C'est drôle, plein d'allusions fines, super bien construit et le parti pris de la répétition, pour hyper risqué qu'il soit est parfaitement conduit et utilisé.
Un vrai bon achat de hasard!
Il y a des univers dans lesquels on entre facilement et puis d'autres qui nous laissent sur le bord de la route. Pour ma part, je suis bien entré dans le monde de Cromwell stone. Contrairement à ce que j'ai pu lire ici ou là, je n'ai pas trouvé l'ensemble hermétique. C'est vrai que toutes les réponses ne sont pas servies sur un plateau, mais la cohérence de l'ensemble est telle, qu'on arrive à ce construire son propre chemin dans la densité de l'histoire.
Quant au graphisme, il "brille" de manière extraordinaire dans la maîtrise du noir et gris. Les planches sont visuellement d'une beauté qui frappe l'esprit. L'approche des personnages est plus classique, mais tout aussi maîtrisé.
Ma conclusion : une bd à (re)découvrir, sans aucune hésitation.
J'ai été agréablement surprise par le vol du corbeau. Des échos plutôt défavorables étaient parvenus à mes oreilles, et je m'attendais à être déçue. Pour moi c'est une BD qui se veut légère, il ne faut pas y voir plus qu'une "aventurette sous l'occupation". Les personnages sont moins intéressants que dans "le sursis", mais il y a par contre un plaisir palpable de l'auteur dans son dessin et surtout sa mise en couleur. L'histoire et le cadre font cliché, mais ça rajoute un charme un peu désuet je trouve.
Bref, de la bonne BD distrayante, très jolie, bien racontée, pas prise de tête. ça fait du bien de temps en temps.
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La Bête
Un dessin superbe et une très bonne ambiance qui reprend une idée classique (bloqué par la neige avec un loup tueur) avec force... Je trouve que les personnages sont très bien rendus et que le dessin donne un côté glauque et lugubre à souhait qui colle très bien avec les vieilles trombines des villageois. Quant à la fin, je reste également un peu sur ma faim, mais je trouve que tout de même c'est pas mal et que ça donne un peu plus de relief au tout... J'ai vraiment passé un bon moment à la lecture de cette BD.
Chhht !
Comme souvent avec cet auteur, cette petite BD va soit vous émerveiller, soit vous laisser complètement indifférent. J’ai de la chance, je fais partie de la 1ere catégorie. Certes, toutes les histoires ne sont pas du même niveau, mais l’ensemble est vraiment émouvant. Chaque chapitre raconte un aspect de la vie humaine : la mort, l’amour, le doute… Ne cherchez pas l’originalité du coté des thèmes abordés donc, mais plutôt du coté de la narration. Déjà, les histoires sont muettes. L’inconvénient, c’est que si on ne joue pas le jeu, on survole la BD en quelques minutes, et on n’en garde rien. L’avantage, c’est que si on joue le jeu, on participe plus à l’histoire, on ajoute nos propres dialogues et on mêle nos expériences personnelles à celle du héros. Ensuite, tout est écrit de façon très imagée. Beaucoup de chose sont représentées de façon abstraite, et c’est au lecteur d’interpréter, de participer, d’y mettre du sien. J’aime beaucoup cet aspect de la BD, c’est très original, et plein de bonnes trouvailles. Bref, une œuvre originale, pleine de poésie et de tristesse, pour laquelle le lecteur doit faire l’effort de participer, et du coup beaucoup de gens risque de passer à coté de cette très belle BD. Reste que si vous voulez découvrir Jason, « Chhht ! » est sans doute son œuvre la plus accessible. (Avec Attends)
Corps à corps (Aire Libre)
Après avoir lu Vagues à l'âme et Incognito, je ne pouvais pas passer à côté de ce Corps à Corps. Et je dois dire que dès lors, je vais surveiller cet auteur de très près car je trouve que Gregory Mardon a beaucoup de talent. Le scénario de cet album est, en fait, un chassé-croisé de personnages plutôt singuliers. Le résultat est tout à fait réussi. Chacun d'eux a une vraie densité. De plus, leurs personnalités sont complexes et même parfois torturées, ce qui nous donne souvent des situations très intéressantes. On suit les aventures de nos anti-héros avec beaucoup d'intérêt et certains d'entres eux finissent par devenir attachants. Le dessin de l'auteur est assez particulier mais il ne manque pas de personnalité. Les couleurs sont très sympas. Bref, un album à suivre sans aucun doute. Alors, laissez vous tenter !
La Nuit de l'Inca
Voici une série qui a tout à fait sa place dans la très belle collection Poisson Pilote de Dargaud. En deux tomes à peine, Vehlmann boucle une superbe histoire, à la fois dure, cruelle, onirique mais aussi emprunt de courage et d’espoir . . . c’est une formidable aventure humaine qui domine le récit. A ce sujet, je trouve la relation entre Maki et Cuzquino très touchante. Que dire si ce n’est que le contexte est original (la civilisation Inca) et la situation de départ également (la disparition du soleil). En outre, j’ai été séduit par les planches très colorées et par ce dessin, au trait fin et hachuré, plein de sensibilité ! Du beau travail !
Venezia
Hé ben, quelle réussite ! Dans la Venise du XVe S, deux espions, l’un officiant pour la France et l’autre pour l’Allemagne, se voient contraint de cohabiter. Les missions, moteurs de l’histoire, ne sont que prétextes à se voir confronter ces deux espions dans des joutes verbales absolument géniales (pour reprendre les propos de Woody). Vénézia, c’est donc une bd "détente" qui vaut essentiellement par les propos truculents échangés entre ces deux espions (que nous appellerons ici Miss Tortellini et Mister Spaghetti, ou l’inverse, c'est comme vous voulez ;)). Le dessin de Parme est, en outre, bien en osmose avec les scénari de Trondheim. Pour terminer, j’ajouterais que cette bd est loin d’être enfantine. D’ailleurs, je doute qu’un enfant puisse saisir toutes les subtilités de la prose de Trondheim ! Lecture très très agréable et chaudement conseillée ! Bref, j’en redemande !
Petits miracles
"Défendre l'existence des miracles n'est pas facile. On n'y croit ou pas. Moi j'y crois." Will Eisner. (les premières phrases de sa préface pour Petits miracles.) Cet album est composé de quatre histoires de longueur inégale, se passant toutes dans le quartier où Eisner a vécu enfant, dans un "Bloc" comme disaient les gens qui y vivaient. L'auteur installe avec aisance une ambiance dans ses histoires de façon marquante, les personnages nous livrent leurs modes de vie en quelques phrases et quelques gestes. C'est la magie d'Eisner, réussir à installer une vraie atmosphère en quelques cases. Les choses de la vie, les moments simples, deviennent ici des petits miracles, et c'est tellement bien raconté et illustré, que c'est un vrai plaisir de regarder le petit monde qui évolue dans ces histoires. Les dessins sont magnifiques, le découpage est parfait, souvent il n'y a pas de cases, l'action se laisse suivre avec simplicité. L'album n'a pas été imprimé en noir et blanc, mais dans une teinte marron* qui donne une élégante patine aux illustrations. Ainsi les histoires ressemblent encore plus à des souvenirs. J'ai beaucoup aimé cet album empreint de poésie, peu importe que ces tranches de vie aient été vécues ou imaginées... Elles sont belles et touchantes c'est ce qui compte. A lire. Will Eisner était immense. Ses oeuvres témoignent aujourd'hui de son talent. Au même titre que Jack Kirby il restera pour toujours un des grands maîtres de la BD américaine. *La couleur que l'on préfère sur Bdt, bien sûr!
Lune Rouge
Lune Rouge est un conte qui unit aventure et merveilleux avec brio. Le tandem constitués par les deux jeunes héros (le trio, si on compte le personnage invisible dont on ne sait vraiment s’il existe) fonctionne de manière efficace, la confrontation des caractères est un des moteurs principaux de l’intrigue. Risso a épuré son trait pour trouver un ton plus enfantin, rondouillard et je trouve l’ensemble très beau, malgré une couverture pas terrible qui ne rend pas justice à l’album. Ca se dévore à tout âge.
Francis
J'ai lu cette petite BD trouvée par hasard à la terrasse d'un café et je me suis marrée toute seule devant les regards interloqués des passants. C'est totalement absurde avec de l'humour noir comme j'aime... Et on peut le relire plusieurs fois en trouvant d'autres petits détails qu'on avait ratés à la première lecture. C'est drôle, plein d'allusions fines, super bien construit et le parti pris de la répétition, pour hyper risqué qu'il soit est parfaitement conduit et utilisé. Un vrai bon achat de hasard!
Cromwell Stone
Il y a des univers dans lesquels on entre facilement et puis d'autres qui nous laissent sur le bord de la route. Pour ma part, je suis bien entré dans le monde de Cromwell stone. Contrairement à ce que j'ai pu lire ici ou là, je n'ai pas trouvé l'ensemble hermétique. C'est vrai que toutes les réponses ne sont pas servies sur un plateau, mais la cohérence de l'ensemble est telle, qu'on arrive à ce construire son propre chemin dans la densité de l'histoire. Quant au graphisme, il "brille" de manière extraordinaire dans la maîtrise du noir et gris. Les planches sont visuellement d'une beauté qui frappe l'esprit. L'approche des personnages est plus classique, mais tout aussi maîtrisé. Ma conclusion : une bd à (re)découvrir, sans aucune hésitation.
Le Vol du Corbeau
J'ai été agréablement surprise par le vol du corbeau. Des échos plutôt défavorables étaient parvenus à mes oreilles, et je m'attendais à être déçue. Pour moi c'est une BD qui se veut légère, il ne faut pas y voir plus qu'une "aventurette sous l'occupation". Les personnages sont moins intéressants que dans "le sursis", mais il y a par contre un plaisir palpable de l'auteur dans son dessin et surtout sa mise en couleur. L'histoire et le cadre font cliché, mais ça rajoute un charme un peu désuet je trouve. Bref, de la bonne BD distrayante, très jolie, bien racontée, pas prise de tête. ça fait du bien de temps en temps.