Je suis un fan de Béja et Nataël – autant le dire sans détour. Nolimé Tangéré fait partie de mes albums préférés, tous genres confondus. C’est donc avec impatience que j’attendais Fantic. Je n’ai pas été décu, mais néanmoins surpris. Cet album se démarque des précédents, tout en gardant la griffe typique des auteurs, reconnaissable au premier coup d'oeil. Le dessin de Béja a évolué : un peu moins « ligne claire », avec des personnages un peu moins « modèles » et un peu plus « réels » que dans les albums précédents. Le jeu des couleurs dans les tons bruns est superbe (mais inattendu). Le scénario de Nataël est moins dramatique que dans les albums précédents; le ton est plus léger, plus drôle. Mais Nataël reste le maître des histoires mettant en scène le hasard et le destin, le tout sous forme d’une pièce de théâtre où chacun ne sait pas très bien s’il doit jouer son rôle écrit d’avance ou essayer d’y échapper.
Un dessinateur de BD ayant un passé sentimental douloureux, une jolie femme (ancienne détective) et son fils, une concierge, 2 amies Algériennes fêtardes, un propriétaire louche et une boîte aux lettres au nom de FANTIC. Tels sont les ingrédients de l’histoire. Le dessinateur trouve à son trousseau de clé une clé qui ouvre la boîte aux lettres, et y lit les lettres qu’on y dépose… à son attention. Un inconnu y divulgue au compte goutte des informations sur les habitants de l’immeuble. On se rend compte que les différents locataires ne sont pas réunis par le fruit du hasard, mais bien par un plan agencé à l’avance. Lequel ? Qui tire les ficelles ? Qui sait quoi ? Et surtout, quel est le rôle de la belle Lyzia ? Sait-elle que le dessinateur la regarde se déshabiller tous les jours en se cachant derrière par sa fenêtre, et utilise-t-elle son intérêt pour elle par calcul manipulateur ? Ce premier tome plante le décor et les différents acteurs, en les rendant chacun très attachants à leur manière. Il tient le lecteur en haleine et lui fait se poser tellement de questions qu’il sera difficile de patienter en attendant le second tome. Une belle réussite.
Voilà un très bel album sur le libre-arbitre et le conditionnement, un thème classique en science-fiction mais renouvelé de manière magistrale dans cet album, avec plusieurs niveaux de lectures possibles. Il ne faut pas s’arrêter au mauvais résumé qu’en donne BDparadisio, qui ne fait vraiment pas justice à l’intelligence et à la justesse de ton que l’on retrouve dans la « bulle de bertold ». Je n’avais jamais entendu parler des auteurs, mais je ne regrette pas d’avoir écouté mon libraire et acheté cet album qui m’a fait passer un excellent moment. Les auteurs réussissent le tour de force de raconter une histoire qui se tient en 46 pages, sans qu’on ait jamais l’impression qu’il y ait des raccourcis scénaristiques. Le rythme est admirablement maîtrisé, et on se laisse bercer vers la fin inexorable, hypnotisé par des dessins superbes. Les images de l’album continuent de me hanter après l’avoir refermé. Le bonheur peut-il être programmé ? Garde-t-on son libre-arbitre dans un système qui verrouille tous les comportements et maintient les gens en position de dépendance ? Vaut-il mieux mourir libre que vivre en esclavage ? Bertold nous donne sa réponse, et en tire les conséquences.
L'histoire d'un artiste qui veut jouer au dur et au vilain garcon, qui veut se libérer de tous les tabous, mais qui n'est pas bien méchant. Les situations sont délirantes et sans limites : il y a du sexe, du sang, de la merde, du vomi, du foutre, des putes, des voyous, des bourgeoises qui font des pipes en gardant leurs gants blancs, des filles de joie qui se déguisent en bourgeoises. Mais la vulgarité n'est jamais gratuite; elle sert toujours l'histoire, et elle arrive à rester digne (!). Sfar arrive à rendre Pascin attachant, malgré tout. Ca bouillonne, ca vibre, ca vit. C'est iconoclaste. C'est assez étonnant, même profond, et en même temps drôle et distrayant. Les dialogues sont excellents. Ca donne de la matière à penser sur la religion (encore plus que dans les autres BD de Sfar car encore moins politiquement correct), l'amour, la vie, les pulsions, etc. Le dessin est crade, mais sert admirablement bien un personnage et son histoire qui le sont tout autant (un peu comme dans Reiser). Ca renouvelle la manière de faire de la BD, et c'est indéniablement ce que je préfère de la production de Sfar. A découvrir sans préjugés.
Superbement mené, ce diptyque! Imaginez que tout ce que vous entreprenez foire lamentablement et que toutes les tentatives pour rattraper la sauce ne font que vous enfoncer davantage. Si, comme les "héros", votre situation n'était déjà pas bien brillante, tout devient rapidement inextricable. Voila en quelque mot l'esprit de cette bd. Personnellement, j'adore les situations où tout peut arriver, et là, je dois dire que le suspens est présent jusqu'aux dernières pages. Bon, l'intrigue en elle même ne casse pas forcément des briques, mais on n'a pas affaire à des aigles et un scénario un peu trop alambiqué aurait gâché l'ambiance, à mon sens.
Coté dessin, c'est pas mal non plus. Les personnages collent très bien à leur psychologie, ils ont la gueule de l'emploi, si on peut dire. On relève bien quelques imperfections, surtout sur les visages surtout au niveau des yeux (quelques strabismes divergents). Mais bon, ça reste bon dans l'ensemble.
A ne pas manquer pour les amateurs du genre.
Ah, Bouzard. Larcenet lui voue une très haute estime (méritée) en affirmant qu'il est le dernier garant (quoiqu'étant un petit nouveau) de l'esprit Fluide. Il n'a pas complètement tort si vous voulez mon avis.
J'avais déjà bien accroché à son Plageman et à Le Club des quatre (j'ai un poil moins aimé son histoire de manchots par contre) mais là on passe à la vitesse supérieure : j'ai rarement lu une autobiographie aussi drôle ; entre énorme mufflée et l'écoute du dernier Motorhead, Bouzard nous fait partager son quotidien et si celui-ci n'est pas exagéré, je témoigne à sa femme toute mon estime ! Certaines pages sont proprement hilarantes (je pense à la boulangerie notamment) mais c'est plus l'ensemble qui fait le charme de ces deux tomes. Dommage que ça s'arrête là mais Bouzard l'avait lui-même dit, il ne s'est lancé dans cette autobiographie que pour avoir le plaisir de faire un jeu de mot pourri avec le deuxième tome: "The autobiographie of me too two". Il l'avait expliqué dans une page hilarante d'interview dessinée pour le numéro 1 du magazine "BD", il faudrait que j'essaie de retrouver ça.
Note approximative : 3.5/5
Après avoir lu Plageman, Le Club des quatre et Coincoin l'homme manchot empereur, j'ai poursuivi ma découverte du talent et de l'humour de Bouzard en achetant les 2 tomes de son oeuvre en théorie unanimement la plus reconnue à l'heure actuelle dans le petit monde de la BD sur Internet, à savoir "The autobiography of me too".
Premier constat, les albums sont de très belle qualité. La couverture recouverte de cette sorte de tissu donne un aspect vraiment solide et classe à ces objets. Le papier aussi est de belle qualité et met bien en valeur le trait humoristique de Bouzard. Bref, globalement, ne serait-ce que par le nombre de pages et la qualité de l'objet, le prix d'achat relativement élevé pour une Bd d'humour me parait correct.
Deuxième constat, Bouzard, dans la vraie vie, c'est Plageman en civil ! ;) La petite vie qu'il nous raconte là, agrémentée de loose, de scéances de murges (muflées ?) au bar du coin et de déconnades décomplexées, c'est tout le style de l'humour de Bouzard tel que je commence doucement à le découvrir.
Maintenant, qu'est-ce que ça donne dans les faits ?
J'ai lu les deux albums avec le sourire la plupart du temps et j'ai éclaté de rire un certain nombre de fois. Globalement, le but est donc atteint : cette BD est drôle et fraîche.
Cependant, je dois aussi avouer que certains passages m'ont un peu moins intéressés que d'autres. Bassement matérialiste, j'espérais qu'à un tel prix, cette BD me ferait vraiment rire de bout en bout ou presque. Au lieu de ça, j'ai décroché par moments, trouvant certaines histoires courtes assez moyennes.
Mais globalement, c'est drôle !
Et ça vous met de bonne humeur !
Alors lisez-les !
Une fois de plus, selon les conseils de BDT, je me suis procuré la version Intégrale de cette série et je n'ai pas été déçu.
Les dessins sont vraiment très beaux et notamment les décors (ah cette crique, magnifique). Au fur et à mesure que je parcourais les planches, je me surprenais à les contempler telles de superbes cartes postales.
L'histoire de cette famille d'étranger débarquant dans ce petit village d'Italie semble banale avec les difficultés d'insertion que l'on imagine au début du siècle. Mais rapidement, une part de mystère prend place au même titre qu'une dose de fantastique dans le récit des aventures de cette bande d'amis.
Au final, une série qui se lit très bien et qui vous apportera son lot d'émotions.
Vous dire que j'ai aimé serait en dessous de la vérité. J'ai littéralement adoré l'anime qui a pour base ce manga. Je me suis dévoré les épisodes en quelques jours, et j'ai enchaîné avec les trois tomes.
Cette série démarre sur les chapeaux de roues et le rythme est dynamique, c'est le moins qu'on puisse dire. En plus, les dessins sont franchement pas mal, très expressifs !
On s'attache bien vite aux personnages, surtout aux deux frères, unis par un lien très fort, puisqu'ils reviennent de loin tous les deux. Personnellement, j'ai un gros faible pour Edward, qui est un personnage extra !
Ce comics de super-héros est original dans ses scénarios et dans sa construction.
Il commence comme un comics classique, une organisation secrète de super-héros embauchent une nouvelle recrue, Elijah Snow, un homme centenaire qui ne vieillit plus depuis des années et est capable de geler tout autour de lui. Avec lui, Jakita Wagner, une femme indestructible et surpuissante, et Le Batteur, un jeune gars cool qui est une interface humaine avec toutes les formes de signaux informatiques et autres. Ensemble, ils vont enquêter sur des évènements étranges, paranormaux, etc... Sauf que très vite, cela part dans le très grand spectacle.
Le récit se passe dans l'univers Wildstorm, on y entend donc parler d'autres séries de l'éditeur : Stormwatch, Authority, etc.. Les albums se scindent en histoires courtes d'une vingtaine de pages chacune. Successivement et presque sans aucun suivi logique, nos héros vont découvrir des monstres façon Godzilla et la mite géante Mothra, un fantôme justicier de Hong-Kong, des super-héros disparus rappelant La Ligue des Gentlemen Extraordinaires, des super-complots gouvernementaux datant de la seconde guerre mondiale, des créatures issus d'un Multivers, et même des transpositions de super-héros très connus (Superman, Wonderwoman, Green Lantern, etc...).
La lecture de cette série est relativement déroutante car l'accumulation d'histoires, de personnages, d'évènements tous plus impressionnants et mystérieux les uns que les autres est assez dure à assimiler en première lecture. Il faut savoir apprécier les histoires qui ne se posent pas la question du réalisme, où tout est possible pour ajouter au mystère, au fantastique, à la science-fiction et au grand spectacle.
Mais au fil des histoires, des évènements se recoupent, le fil rouge de l'intrigue évolue, et en fin de tome 2, un pan du mystère se dévoile, indiquant que, même si le scénariste s'est laissé un large champ libre échappant à une cohérence très poussée de l'histoire globale, le tout finira plus ou moins par se recouper en un vrai scénario global qui se révèle assez prenant.
Je ne pense pas que cette série plaise à tout le monde car sa grande liberté de récit lui fait échapper à une certaine logique linéaire et peut rebuter le lecteur qui aime que tout soit logique, suivi et réaliste. Mais Planetary a deux buts :
- d'une part intéresser le lecteur par des histoires de SF/super-héros à grand spectacle, suivant un fil rouge qui se révèlera assez bien construite au final
- d'autre part rendre hommage à toute la culture romanesque et de comics en offrant de nombreux clins d'oeil plus ou moins discrets à des classiques de la littérature du genre : Sherlock Holmes, les héros DC Comics, Hulk, les 4 Fantastiques, Jules Verne, et de nombreux autres.
J'aime l'originalité de ce récit bien construit et assez bien dessiné. J'aime sa liberté, son ambiance de mystère et de grand spectacle sans fard. J'aime la forme que prend l'intrigue globale quand on la découvre à partir de la fin du tome 2.
Franchement un comics à lire !
Il est assez difficile de donner une note globale au décalogue. Chaque tome à son propre dessinateur, les histoires sont censées être indépendantes les unes des autres, avec un lien entre elles : Nahik.
Il y a certains tomes que j'ai trouvés excellents, et d'autres que j'ai trouvés pas mal. Il y en a aussi un ou deux que j'ai été pressé de finir parce qu'au bout d'un moment j'ai eu ma dose de religion et de guerres éthiques ou religieuses : les musulmans, les juifs, les serbes, les arméniens, ..., bref un peu trop pour moi.
Mais même dans ces tomes là, il y a quand même un petit détail qui survient à quelques pages de la fin. Un petit détail en rapport avec ce décalogue, qui vient remettre en question un autre événement de la série. Un petit détail qui donne envie de lire le tome suivant. C'est pour ça que je trouve que Giroud est un super scénariste.
Dans l'ensemble le décalogue est donc une très bonne série. Je recommande de les lire dans l'ordre, et pourquoi pas de les relire un jour dans l'ordre inverse.
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Fantic
Je suis un fan de Béja et Nataël – autant le dire sans détour. Nolimé Tangéré fait partie de mes albums préférés, tous genres confondus. C’est donc avec impatience que j’attendais Fantic. Je n’ai pas été décu, mais néanmoins surpris. Cet album se démarque des précédents, tout en gardant la griffe typique des auteurs, reconnaissable au premier coup d'oeil. Le dessin de Béja a évolué : un peu moins « ligne claire », avec des personnages un peu moins « modèles » et un peu plus « réels » que dans les albums précédents. Le jeu des couleurs dans les tons bruns est superbe (mais inattendu). Le scénario de Nataël est moins dramatique que dans les albums précédents; le ton est plus léger, plus drôle. Mais Nataël reste le maître des histoires mettant en scène le hasard et le destin, le tout sous forme d’une pièce de théâtre où chacun ne sait pas très bien s’il doit jouer son rôle écrit d’avance ou essayer d’y échapper. Un dessinateur de BD ayant un passé sentimental douloureux, une jolie femme (ancienne détective) et son fils, une concierge, 2 amies Algériennes fêtardes, un propriétaire louche et une boîte aux lettres au nom de FANTIC. Tels sont les ingrédients de l’histoire. Le dessinateur trouve à son trousseau de clé une clé qui ouvre la boîte aux lettres, et y lit les lettres qu’on y dépose… à son attention. Un inconnu y divulgue au compte goutte des informations sur les habitants de l’immeuble. On se rend compte que les différents locataires ne sont pas réunis par le fruit du hasard, mais bien par un plan agencé à l’avance. Lequel ? Qui tire les ficelles ? Qui sait quoi ? Et surtout, quel est le rôle de la belle Lyzia ? Sait-elle que le dessinateur la regarde se déshabiller tous les jours en se cachant derrière par sa fenêtre, et utilise-t-elle son intérêt pour elle par calcul manipulateur ? Ce premier tome plante le décor et les différents acteurs, en les rendant chacun très attachants à leur manière. Il tient le lecteur en haleine et lui fait se poser tellement de questions qu’il sera difficile de patienter en attendant le second tome. Une belle réussite.
La Bulle De Bertold
Voilà un très bel album sur le libre-arbitre et le conditionnement, un thème classique en science-fiction mais renouvelé de manière magistrale dans cet album, avec plusieurs niveaux de lectures possibles. Il ne faut pas s’arrêter au mauvais résumé qu’en donne BDparadisio, qui ne fait vraiment pas justice à l’intelligence et à la justesse de ton que l’on retrouve dans la « bulle de bertold ». Je n’avais jamais entendu parler des auteurs, mais je ne regrette pas d’avoir écouté mon libraire et acheté cet album qui m’a fait passer un excellent moment. Les auteurs réussissent le tour de force de raconter une histoire qui se tient en 46 pages, sans qu’on ait jamais l’impression qu’il y ait des raccourcis scénaristiques. Le rythme est admirablement maîtrisé, et on se laisse bercer vers la fin inexorable, hypnotisé par des dessins superbes. Les images de l’album continuent de me hanter après l’avoir refermé. Le bonheur peut-il être programmé ? Garde-t-on son libre-arbitre dans un système qui verrouille tous les comportements et maintient les gens en position de dépendance ? Vaut-il mieux mourir libre que vivre en esclavage ? Bertold nous donne sa réponse, et en tire les conséquences.
Pascin
L'histoire d'un artiste qui veut jouer au dur et au vilain garcon, qui veut se libérer de tous les tabous, mais qui n'est pas bien méchant. Les situations sont délirantes et sans limites : il y a du sexe, du sang, de la merde, du vomi, du foutre, des putes, des voyous, des bourgeoises qui font des pipes en gardant leurs gants blancs, des filles de joie qui se déguisent en bourgeoises. Mais la vulgarité n'est jamais gratuite; elle sert toujours l'histoire, et elle arrive à rester digne (!). Sfar arrive à rendre Pascin attachant, malgré tout. Ca bouillonne, ca vibre, ca vit. C'est iconoclaste. C'est assez étonnant, même profond, et en même temps drôle et distrayant. Les dialogues sont excellents. Ca donne de la matière à penser sur la religion (encore plus que dans les autres BD de Sfar car encore moins politiquement correct), l'amour, la vie, les pulsions, etc. Le dessin est crade, mais sert admirablement bien un personnage et son histoire qui le sont tout autant (un peu comme dans Reiser). Ca renouvelle la manière de faire de la BD, et c'est indéniablement ce que je préfère de la production de Sfar. A découvrir sans préjugés.
Ocean City
Superbement mené, ce diptyque! Imaginez que tout ce que vous entreprenez foire lamentablement et que toutes les tentatives pour rattraper la sauce ne font que vous enfoncer davantage. Si, comme les "héros", votre situation n'était déjà pas bien brillante, tout devient rapidement inextricable. Voila en quelque mot l'esprit de cette bd. Personnellement, j'adore les situations où tout peut arriver, et là, je dois dire que le suspens est présent jusqu'aux dernières pages. Bon, l'intrigue en elle même ne casse pas forcément des briques, mais on n'a pas affaire à des aigles et un scénario un peu trop alambiqué aurait gâché l'ambiance, à mon sens. Coté dessin, c'est pas mal non plus. Les personnages collent très bien à leur psychologie, ils ont la gueule de l'emploi, si on peut dire. On relève bien quelques imperfections, surtout sur les visages surtout au niveau des yeux (quelques strabismes divergents). Mais bon, ça reste bon dans l'ensemble. A ne pas manquer pour les amateurs du genre.
The autobiography of me too
Ah, Bouzard. Larcenet lui voue une très haute estime (méritée) en affirmant qu'il est le dernier garant (quoiqu'étant un petit nouveau) de l'esprit Fluide. Il n'a pas complètement tort si vous voulez mon avis. J'avais déjà bien accroché à son Plageman et à Le Club des quatre (j'ai un poil moins aimé son histoire de manchots par contre) mais là on passe à la vitesse supérieure : j'ai rarement lu une autobiographie aussi drôle ; entre énorme mufflée et l'écoute du dernier Motorhead, Bouzard nous fait partager son quotidien et si celui-ci n'est pas exagéré, je témoigne à sa femme toute mon estime ! Certaines pages sont proprement hilarantes (je pense à la boulangerie notamment) mais c'est plus l'ensemble qui fait le charme de ces deux tomes. Dommage que ça s'arrête là mais Bouzard l'avait lui-même dit, il ne s'est lancé dans cette autobiographie que pour avoir le plaisir de faire un jeu de mot pourri avec le deuxième tome: "The autobiographie of me too two". Il l'avait expliqué dans une page hilarante d'interview dessinée pour le numéro 1 du magazine "BD", il faudrait que j'essaie de retrouver ça.
The autobiography of me too
Note approximative : 3.5/5 Après avoir lu Plageman, Le Club des quatre et Coincoin l'homme manchot empereur, j'ai poursuivi ma découverte du talent et de l'humour de Bouzard en achetant les 2 tomes de son oeuvre en théorie unanimement la plus reconnue à l'heure actuelle dans le petit monde de la BD sur Internet, à savoir "The autobiography of me too". Premier constat, les albums sont de très belle qualité. La couverture recouverte de cette sorte de tissu donne un aspect vraiment solide et classe à ces objets. Le papier aussi est de belle qualité et met bien en valeur le trait humoristique de Bouzard. Bref, globalement, ne serait-ce que par le nombre de pages et la qualité de l'objet, le prix d'achat relativement élevé pour une Bd d'humour me parait correct. Deuxième constat, Bouzard, dans la vraie vie, c'est Plageman en civil ! ;) La petite vie qu'il nous raconte là, agrémentée de loose, de scéances de murges (muflées ?) au bar du coin et de déconnades décomplexées, c'est tout le style de l'humour de Bouzard tel que je commence doucement à le découvrir. Maintenant, qu'est-ce que ça donne dans les faits ? J'ai lu les deux albums avec le sourire la plupart du temps et j'ai éclaté de rire un certain nombre de fois. Globalement, le but est donc atteint : cette BD est drôle et fraîche. Cependant, je dois aussi avouer que certains passages m'ont un peu moins intéressés que d'autres. Bassement matérialiste, j'espérais qu'à un tel prix, cette BD me ferait vraiment rire de bout en bout ou presque. Au lieu de ça, j'ai décroché par moments, trouvant certaines histoires courtes assez moyennes. Mais globalement, c'est drôle ! Et ça vous met de bonne humeur ! Alors lisez-les !
Où le regard ne porte pas...
Une fois de plus, selon les conseils de BDT, je me suis procuré la version Intégrale de cette série et je n'ai pas été déçu. Les dessins sont vraiment très beaux et notamment les décors (ah cette crique, magnifique). Au fur et à mesure que je parcourais les planches, je me surprenais à les contempler telles de superbes cartes postales. L'histoire de cette famille d'étranger débarquant dans ce petit village d'Italie semble banale avec les difficultés d'insertion que l'on imagine au début du siècle. Mais rapidement, une part de mystère prend place au même titre qu'une dose de fantastique dans le récit des aventures de cette bande d'amis. Au final, une série qui se lit très bien et qui vous apportera son lot d'émotions.
FullMetal Alchemist
Vous dire que j'ai aimé serait en dessous de la vérité. J'ai littéralement adoré l'anime qui a pour base ce manga. Je me suis dévoré les épisodes en quelques jours, et j'ai enchaîné avec les trois tomes. Cette série démarre sur les chapeaux de roues et le rythme est dynamique, c'est le moins qu'on puisse dire. En plus, les dessins sont franchement pas mal, très expressifs ! On s'attache bien vite aux personnages, surtout aux deux frères, unis par un lien très fort, puisqu'ils reviennent de loin tous les deux. Personnellement, j'ai un gros faible pour Edward, qui est un personnage extra !
Planetary
Ce comics de super-héros est original dans ses scénarios et dans sa construction. Il commence comme un comics classique, une organisation secrète de super-héros embauchent une nouvelle recrue, Elijah Snow, un homme centenaire qui ne vieillit plus depuis des années et est capable de geler tout autour de lui. Avec lui, Jakita Wagner, une femme indestructible et surpuissante, et Le Batteur, un jeune gars cool qui est une interface humaine avec toutes les formes de signaux informatiques et autres. Ensemble, ils vont enquêter sur des évènements étranges, paranormaux, etc... Sauf que très vite, cela part dans le très grand spectacle. Le récit se passe dans l'univers Wildstorm, on y entend donc parler d'autres séries de l'éditeur : Stormwatch, Authority, etc.. Les albums se scindent en histoires courtes d'une vingtaine de pages chacune. Successivement et presque sans aucun suivi logique, nos héros vont découvrir des monstres façon Godzilla et la mite géante Mothra, un fantôme justicier de Hong-Kong, des super-héros disparus rappelant La Ligue des Gentlemen Extraordinaires, des super-complots gouvernementaux datant de la seconde guerre mondiale, des créatures issus d'un Multivers, et même des transpositions de super-héros très connus (Superman, Wonderwoman, Green Lantern, etc...). La lecture de cette série est relativement déroutante car l'accumulation d'histoires, de personnages, d'évènements tous plus impressionnants et mystérieux les uns que les autres est assez dure à assimiler en première lecture. Il faut savoir apprécier les histoires qui ne se posent pas la question du réalisme, où tout est possible pour ajouter au mystère, au fantastique, à la science-fiction et au grand spectacle. Mais au fil des histoires, des évènements se recoupent, le fil rouge de l'intrigue évolue, et en fin de tome 2, un pan du mystère se dévoile, indiquant que, même si le scénariste s'est laissé un large champ libre échappant à une cohérence très poussée de l'histoire globale, le tout finira plus ou moins par se recouper en un vrai scénario global qui se révèle assez prenant. Je ne pense pas que cette série plaise à tout le monde car sa grande liberté de récit lui fait échapper à une certaine logique linéaire et peut rebuter le lecteur qui aime que tout soit logique, suivi et réaliste. Mais Planetary a deux buts : - d'une part intéresser le lecteur par des histoires de SF/super-héros à grand spectacle, suivant un fil rouge qui se révèlera assez bien construite au final - d'autre part rendre hommage à toute la culture romanesque et de comics en offrant de nombreux clins d'oeil plus ou moins discrets à des classiques de la littérature du genre : Sherlock Holmes, les héros DC Comics, Hulk, les 4 Fantastiques, Jules Verne, et de nombreux autres. J'aime l'originalité de ce récit bien construit et assez bien dessiné. J'aime sa liberté, son ambiance de mystère et de grand spectacle sans fard. J'aime la forme que prend l'intrigue globale quand on la découvre à partir de la fin du tome 2. Franchement un comics à lire !
Le Décalogue
Il est assez difficile de donner une note globale au décalogue. Chaque tome à son propre dessinateur, les histoires sont censées être indépendantes les unes des autres, avec un lien entre elles : Nahik. Il y a certains tomes que j'ai trouvés excellents, et d'autres que j'ai trouvés pas mal. Il y en a aussi un ou deux que j'ai été pressé de finir parce qu'au bout d'un moment j'ai eu ma dose de religion et de guerres éthiques ou religieuses : les musulmans, les juifs, les serbes, les arméniens, ..., bref un peu trop pour moi. Mais même dans ces tomes là, il y a quand même un petit détail qui survient à quelques pages de la fin. Un petit détail en rapport avec ce décalogue, qui vient remettre en question un autre événement de la série. Un petit détail qui donne envie de lire le tome suivant. C'est pour ça que je trouve que Giroud est un super scénariste. Dans l'ensemble le décalogue est donc une très bonne série. Je recommande de les lire dans l'ordre, et pourquoi pas de les relire un jour dans l'ordre inverse.