"Okko", le rônin sans maître …
Hub scénarise, dessine et colorise (aidé de Pelayo pour cette dernière étape). Et c’est franchement une réussite à chaque niveau.
La trame peut se résumer à une quête (chasse) du genre heroic fantasy. Jusque là, rien d’innovant, me direz vous ; mais l’originalité, vient pour moi, du fait que l’aventure se déroule dans un japon médiéval, ce qui met en scène des paysages, des gueules, des costumes, des objets, des coutumes,… encore inédits dans MA bdthèque et laisse donc entrevoir pas mal de singularités et de possibilités. Le petit groupe de chasseurs de démons est composé de Okko, le rônin (samouraï sans maître), de Noburo, le grand guerrier masqué, de Noshin, le moine alcoolique et de Tikku, le petit pêcheur. Le premier cycle (Cycle de l’eau) en deux tomes forme une histoire bien rythmée et très accrocheuse. La série est donc brillamment lancée et j’attends le second cycle (Cycle de la terre) avec impatience.
Les planches sont de vraies petites merveilles pour les yeux et les personnages sont formidablement biens maîtrisés. Les couleurs (informatiques) se marient parfaitement aux dessins, j’aime beaucoup les tons utilisés qui reflètent convenablement l’ambiance en toute simplicité sans non plus tomber dans le côté vulgaire aplat.
Okko est une excellente série qui n’est pas loin de mériter ces 5 étoiles, affaire à suivre…
C’est sous une couverture inédite que j’ai découvert le testament de Sibérie, initialement paru en 1974 et réédité par les éditions « des ronds dans l’O » et par François Boudet.
On a souvent reproché à René Follet de ne pas s’attacher les services d’un scénariste digne de son talent. On a vu précédemment le malheureux désastre du tome 2 de Terreur (avec André- Paul Duchâteau au scénario) et plus récemment Shelena de Jéromine Pasteur, qui ne m’a guère convaincu non plus. Pourtant en aucun cas le dessin de René Follet était en cause, au contraire, il était le principal atout de ces bandes-dessinées.
Ici, un scénario simple mais efficace, une course poursuite dans les steppes enneigées de Sibérie, une histoire d’amitié de vengeance, un monde viril dans une nature hostile, le tout magnifiquement mis en image par René Follet.
Tout au long de l’histoire, des personnages tout en couleur (je pense notamment à Stepim), assez stéréotypés tout de même (par exemple, Vassili, l’archétype du méchant) mais qui viennent apporter une touche d’humour à cette histoire (voir l’épisode de la réserve de viande).
Le dessin et l’intrigue sont certes datés voire un peu désuets mais j’ai aimé retrouver l’ambiance des petits formats, en noir et blanc, de mon enfance. Cet opus possède certes un charme désuet mais dans cette expression il ne faut pas oublier le mot « charme ».
Un petit bémol, c’est l’erreur sur le quatrième de couverture concernant la recherche du testament : il ne s’agit pas du testament du père d’Ivan Zourine mais celui du père de Mickaël Mistirine.
Une réédition de qualité, une histoire qui nous entraîne dans l’hiver Sibérien, le tout servi par un beau dessin de René Follet... Que demander de mieux ?
Si ! A quand la prochaine aventure ? ( les aventures d’Ivan Zourine ont fait auparavant l’objet de deux albums chez Magic Strip en 1979)
Je n’ai pas été fort emballé en commencant la lecture. Luc, l’acteur principal est un type odieux, déprimé et déprimant, cynique, insupportable, empoisonnant la vie de son entourage – le tout balancé avec des monologues introspectifs bavards indigestes. Je croyais que ca allait continuer sur le mode de «tous pourris, et je ne vaux pas beaucoup mieux» quand l’histoire a commencé à faire des flash-back sur sa vie. On commence alors à comprendre pourquoi Luc se déteste autant qu’il rejette les autres, avec quels démons il est en train de lutter – un père étouffant, un sentiment de culpabilité vis à vis de sa mère qu’il a abandonnée à son sort, une belle-mère détraquée, et c’est à ce moment que l’album prend une tournure universelle, dans laquelle chacun de nous se reconnaîtra un peu. Un album fort et touchant.
La citation de l'auteur dans la présentation de l'album résume admirablement le livre : une enquête sur Saint Nicolas, ses représentations, sa signification, et à travers cela, sur une région (la Lorraine), son passé, ses structures économiques et sociales, son identité. Je ne connais pas bien la Lorraine, mais j'ai retrouvé beaucoup de choses similaires à ce qu'on trouve au borinage. Gerner a presque réussi à saisir l'esprit particulier d'une région et des gens qui y habitent, rien qu'en suivant le fil conducteur du Saint Patron. Il repousse par conséquent encore un peu plus loin la frontière de ce que peut faire la Bande Dessinée. Rien que pour ca, il mérite au moins 4 étoiles, malgré son style particulier (une planche est composée d'une multitude de petits "clichés" avec commentaires) qui m'a paru rébarbatif et lourd - mais néanmoins efficace. Cet album plaira certainement aux Lorrains et aux habitants des régions limitrophes (y compris les Belges) qui fêtent Saint Nicolas et partagent la même histoire industrielle, à condition qu'ils fassent l'effort de passer outre leurs préjugés en feuilletant le livre en librairie.
Note approximative : 3.5/5
Pierre Dubois est connu en tant qu'"elficologue", c'est-à-dire un grand érudit en matière de Petit Peuple, lutins, gnomes, elfes et leurs innombrables congénères. C'est une part de cette érudition qu'il nous offre dans cette série en théorie destinée à la jeunesse qu'est Pixies. Et j'avoue que personnellement, j'adore ça.
Les "Pixies" sont une bande d'enfants abreuvés de celtisme et d'héroic-fantasy qui ont décidé de vivre pleinement leur passion. Dans un repaire-forteresse semblable à celui des jeunes enquêteurs des séries jeunesse d'Alfred Hitchcock, ils se réunissent avec chacun leur rôle, en tant qu'héritiers de Titania et Obéron et en tant que frères de Puck, Pan et autres elfes. Leur objectif ? Défendre la nature, la forêt et ses esprits. Mais tout cela n'est qu'un amusement d'enfants, n'est-ce pas ? Jusqu'au jour où l'imaginaire rejoint le réel et amène l'indicible horreur dans ce petit monde campagnard.
Le récit est agréable et suffisamment bien raconté pour plaire à un lecteur adulte. A l'inverse, il est peut-être un peu trop verbeux pour un lecteur véritable jeune.
Le dessin, pour sa part, est très bon. Les personnages sont vivants et sympathiques. Les décors sont à mi-chemin entre le décor jeunesse de la série Le cadet des Soupetard et Le Vent dans les Saules (Plessix est d'ailleurs le nom de famille de l'un des enfants du groupe). L'ambiance campagnarde et automnale est très bien rendue.
Bref, tant au niveau du dessin que du scénario, cette série jeunesse est très jolie et agréable à suivre. Elle plaira surtout aux amateurs de celtisme et de fantasy qui ont gardé une âme d'enfant.
Le vrai problème de cette série c'est qu'elle a été arrêté après 2 épisodes seulement. Glénat a décidé en effet à l'époque d'arrêter sa collection Jeunesse et toutes les séries concernées, dont Pixies, se sont retrouvées abandonnées du coup. Le récit de Pixies est donc hélas laissé en suspens, mais j'ai suffisamment apprécié ma lecture des tomes parus pour conseiller malgré tout l'achat ou du moins la lecture.
J'ai abordé la lecture de l'Age de Bronze avec respect. Respect par rapport à l'envergure de l’œuvre proposée (7 gros pavés de prévus), respect eu égard au colossal travail de recherche que Shanower a du effectuer. "La guerre de Troie" n'est pas une mince affaire. Il existe une multitude de versions autres que "L'Illiade" et "L'Odyssée" d'Homère. Shanower est parvenu à dégager sa propre version tout en échappant aux pièges chronologiques. De plus, il a pris parti de ne pas faire apparaître de façon tangible les Dieux grecs, ce qui peut paraître déroutant quand on a lu l’œuvre d'Homère mais ce qui rend aussi l'histoire beaucoup plus crédible et beaucoup plus proche de nous.
Alors, bien sur, on pourra reprocher à l'auteur son style de dessin en noir et blanc un peu trop académique, les fortes ressemblances entre les personnages (et notamment entre les fils de Priam), ce qui peut rendre la lecture et la compréhension quelques fois difficiles.
Néanmoins, j'ai quand même eu l'impression de me trouver devant une oeuvre magistrale et qui fera forcément référence dans l'histoire de la guerre de Troie.
Petit album trouvé dans une librairie parisienne. J’ouvre... je prends tout de suite ! Le dessin est vraiment extra ! Il fait étrangement penser à celui d’Alfred (oh ! bonheur !) et, ô surprise !, c’est ce même Alfred qui signe la préface !!
Du côté de l’histoire, c’est bien sympa ! Je ne veux pas en dire trop, sachez seulement que ces personnages déjà connus sont mis en scène ici sans prétention, de manière très amusante, et avec pas mal de références à Au clair de la lune et au Petit prince. Évidemment ça peut paraître un peu court, mais avec un format comme celui-là, vous vous attendiez à quoi ?! ;)
Encore un achat impulsif qui ne sera pas regretté ! Rien que le feuilleter pour admirer les dessins est un vrai bonheur ! :)
Devant la difficulté de réduire au format album des intrigues aussi complexes que celles d'Agatha Christie, les auteurs ont pour la plupart réussi dans ces adaptations. De mon point de vue, l'album "Mort sur le Nil", avec Solidor au dessin est sans aucun doute le mieux maîtrisé, dans une veine classique et stylée à la Jacobs, bien que nécessitant probablement une adaptation en deux volumes, eu égard à la densité du récit original.
Note approximative : 3.5/5
J'ai vraiment craint de ne pas apprécier cette BD. En effet, le sujet d'une mère pleurant la mort de son enfant et prête à tout sacrifice pour le retrouver, ce n'est pas un thème qui me donne envie de lire une oeuvre. En outre, le dessin ne me plaisait pas plus que ça lorsque j'avais feuilleté l'album : je trouvais qu'il manquait de finesse et que les plages de noir étaient trop nombreuses.
Quand j'ai entamé ma lecture, je suis resté sur mes réticences. Le début du récit empli de sanglots, ces épisodes successifs où la mère est forcée de sacrifier ses chants, son coeur, ses yeux et sa jeunesse pour progresser dans sa quête désespérée, je trouvais le récit pas mal mais vraiment sans plus.
Néanmoins c'est vrai que je trouvais le dessin bien. Il manque toujours un peu de finesse à mes yeux mais certaines planches sont très belles.
Ceci dit, quelques pages ne contiennent qu'une unique grande image, voire une image sur une double planche, et la plupart des autres pages ne contiennent qu'un nombre restreint de cases et souvent sans parole. Bref, l'histoire se lit un peu vite, un peu trop vite pour un album de ce prix.
Et puis sont venues les dernières pages, la discussion avec la Mort, et ce qu'il s'y dit. Et la conclusion du conte. Et là, oui, je me suis dit que c'était vraiment une belle histoire, un beau conte, fort et intelligent, dur et juste.
De grandes qualités pour cette BD donc, un beau dessin et une vraie bonne conclusion, et un principal défaut qui est sa rapidité de lecture comparée à son prix. Je la conseille néanmoins à tout amateur de belles planches et de conte alliant justesse et dureté sur un sujet aussi difficile que la vie et la mort.
L’Amérique républicaine (Dieu la bénisse !) qui nous envoie son élite : le patriote Bill Baroud, champion du FBI, pour sauver le monde libre des chacals puants, de la vermine rouge et autres fils de pute.
Au-delà de la caricature caustique des USA, un bon moment de rigolade grâce, en particulier, à la narration dans le style vieux polar américain, à la verve si particulière de l’as des as, aux nombreuses références et loufoqueries.
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Okko
"Okko", le rônin sans maître … Hub scénarise, dessine et colorise (aidé de Pelayo pour cette dernière étape). Et c’est franchement une réussite à chaque niveau. La trame peut se résumer à une quête (chasse) du genre heroic fantasy. Jusque là, rien d’innovant, me direz vous ; mais l’originalité, vient pour moi, du fait que l’aventure se déroule dans un japon médiéval, ce qui met en scène des paysages, des gueules, des costumes, des objets, des coutumes,… encore inédits dans MA bdthèque et laisse donc entrevoir pas mal de singularités et de possibilités. Le petit groupe de chasseurs de démons est composé de Okko, le rônin (samouraï sans maître), de Noburo, le grand guerrier masqué, de Noshin, le moine alcoolique et de Tikku, le petit pêcheur. Le premier cycle (Cycle de l’eau) en deux tomes forme une histoire bien rythmée et très accrocheuse. La série est donc brillamment lancée et j’attends le second cycle (Cycle de la terre) avec impatience. Les planches sont de vraies petites merveilles pour les yeux et les personnages sont formidablement biens maîtrisés. Les couleurs (informatiques) se marient parfaitement aux dessins, j’aime beaucoup les tons utilisés qui reflètent convenablement l’ambiance en toute simplicité sans non plus tomber dans le côté vulgaire aplat. Okko est une excellente série qui n’est pas loin de mériter ces 5 étoiles, affaire à suivre…
Ivan Zourine
C’est sous une couverture inédite que j’ai découvert le testament de Sibérie, initialement paru en 1974 et réédité par les éditions « des ronds dans l’O » et par François Boudet. On a souvent reproché à René Follet de ne pas s’attacher les services d’un scénariste digne de son talent. On a vu précédemment le malheureux désastre du tome 2 de Terreur (avec André- Paul Duchâteau au scénario) et plus récemment Shelena de Jéromine Pasteur, qui ne m’a guère convaincu non plus. Pourtant en aucun cas le dessin de René Follet était en cause, au contraire, il était le principal atout de ces bandes-dessinées. Ici, un scénario simple mais efficace, une course poursuite dans les steppes enneigées de Sibérie, une histoire d’amitié de vengeance, un monde viril dans une nature hostile, le tout magnifiquement mis en image par René Follet. Tout au long de l’histoire, des personnages tout en couleur (je pense notamment à Stepim), assez stéréotypés tout de même (par exemple, Vassili, l’archétype du méchant) mais qui viennent apporter une touche d’humour à cette histoire (voir l’épisode de la réserve de viande). Le dessin et l’intrigue sont certes datés voire un peu désuets mais j’ai aimé retrouver l’ambiance des petits formats, en noir et blanc, de mon enfance. Cet opus possède certes un charme désuet mais dans cette expression il ne faut pas oublier le mot « charme ». Un petit bémol, c’est l’erreur sur le quatrième de couverture concernant la recherche du testament : il ne s’agit pas du testament du père d’Ivan Zourine mais celui du père de Mickaël Mistirine. Une réédition de qualité, une histoire qui nous entraîne dans l’hiver Sibérien, le tout servi par un beau dessin de René Follet... Que demander de mieux ? Si ! A quand la prochaine aventure ? ( les aventures d’Ivan Zourine ont fait auparavant l’objet de deux albums chez Magic Strip en 1979)
Dérives (Schmitt)
Je n’ai pas été fort emballé en commencant la lecture. Luc, l’acteur principal est un type odieux, déprimé et déprimant, cynique, insupportable, empoisonnant la vie de son entourage – le tout balancé avec des monologues introspectifs bavards indigestes. Je croyais que ca allait continuer sur le mode de «tous pourris, et je ne vaux pas beaucoup mieux» quand l’histoire a commencé à faire des flash-back sur sa vie. On commence alors à comprendre pourquoi Luc se déteste autant qu’il rejette les autres, avec quels démons il est en train de lutter – un père étouffant, un sentiment de culpabilité vis à vis de sa mère qu’il a abandonnée à son sort, une belle-mère détraquée, et c’est à ce moment que l’album prend une tournure universelle, dans laquelle chacun de nous se reconnaîtra un peu. Un album fort et touchant.
Le Saint Patron
La citation de l'auteur dans la présentation de l'album résume admirablement le livre : une enquête sur Saint Nicolas, ses représentations, sa signification, et à travers cela, sur une région (la Lorraine), son passé, ses structures économiques et sociales, son identité. Je ne connais pas bien la Lorraine, mais j'ai retrouvé beaucoup de choses similaires à ce qu'on trouve au borinage. Gerner a presque réussi à saisir l'esprit particulier d'une région et des gens qui y habitent, rien qu'en suivant le fil conducteur du Saint Patron. Il repousse par conséquent encore un peu plus loin la frontière de ce que peut faire la Bande Dessinée. Rien que pour ca, il mérite au moins 4 étoiles, malgré son style particulier (une planche est composée d'une multitude de petits "clichés" avec commentaires) qui m'a paru rébarbatif et lourd - mais néanmoins efficace. Cet album plaira certainement aux Lorrains et aux habitants des régions limitrophes (y compris les Belges) qui fêtent Saint Nicolas et partagent la même histoire industrielle, à condition qu'ils fassent l'effort de passer outre leurs préjugés en feuilletant le livre en librairie.
Pixies
Note approximative : 3.5/5 Pierre Dubois est connu en tant qu'"elficologue", c'est-à-dire un grand érudit en matière de Petit Peuple, lutins, gnomes, elfes et leurs innombrables congénères. C'est une part de cette érudition qu'il nous offre dans cette série en théorie destinée à la jeunesse qu'est Pixies. Et j'avoue que personnellement, j'adore ça. Les "Pixies" sont une bande d'enfants abreuvés de celtisme et d'héroic-fantasy qui ont décidé de vivre pleinement leur passion. Dans un repaire-forteresse semblable à celui des jeunes enquêteurs des séries jeunesse d'Alfred Hitchcock, ils se réunissent avec chacun leur rôle, en tant qu'héritiers de Titania et Obéron et en tant que frères de Puck, Pan et autres elfes. Leur objectif ? Défendre la nature, la forêt et ses esprits. Mais tout cela n'est qu'un amusement d'enfants, n'est-ce pas ? Jusqu'au jour où l'imaginaire rejoint le réel et amène l'indicible horreur dans ce petit monde campagnard. Le récit est agréable et suffisamment bien raconté pour plaire à un lecteur adulte. A l'inverse, il est peut-être un peu trop verbeux pour un lecteur véritable jeune. Le dessin, pour sa part, est très bon. Les personnages sont vivants et sympathiques. Les décors sont à mi-chemin entre le décor jeunesse de la série Le cadet des Soupetard et Le Vent dans les Saules (Plessix est d'ailleurs le nom de famille de l'un des enfants du groupe). L'ambiance campagnarde et automnale est très bien rendue. Bref, tant au niveau du dessin que du scénario, cette série jeunesse est très jolie et agréable à suivre. Elle plaira surtout aux amateurs de celtisme et de fantasy qui ont gardé une âme d'enfant. Le vrai problème de cette série c'est qu'elle a été arrêté après 2 épisodes seulement. Glénat a décidé en effet à l'époque d'arrêter sa collection Jeunesse et toutes les séries concernées, dont Pixies, se sont retrouvées abandonnées du coup. Le récit de Pixies est donc hélas laissé en suspens, mais j'ai suffisamment apprécié ma lecture des tomes parus pour conseiller malgré tout l'achat ou du moins la lecture.
L'Âge de Bronze
J'ai abordé la lecture de l'Age de Bronze avec respect. Respect par rapport à l'envergure de l’œuvre proposée (7 gros pavés de prévus), respect eu égard au colossal travail de recherche que Shanower a du effectuer. "La guerre de Troie" n'est pas une mince affaire. Il existe une multitude de versions autres que "L'Illiade" et "L'Odyssée" d'Homère. Shanower est parvenu à dégager sa propre version tout en échappant aux pièges chronologiques. De plus, il a pris parti de ne pas faire apparaître de façon tangible les Dieux grecs, ce qui peut paraître déroutant quand on a lu l’œuvre d'Homère mais ce qui rend aussi l'histoire beaucoup plus crédible et beaucoup plus proche de nous. Alors, bien sur, on pourra reprocher à l'auteur son style de dessin en noir et blanc un peu trop académique, les fortes ressemblances entre les personnages (et notamment entre les fils de Priam), ce qui peut rendre la lecture et la compréhension quelques fois difficiles. Néanmoins, j'ai quand même eu l'impression de me trouver devant une oeuvre magistrale et qui fera forcément référence dans l'histoire de la guerre de Troie.
Colombine ou les Lunes de petite Vertu
Petit album trouvé dans une librairie parisienne. J’ouvre... je prends tout de suite ! Le dessin est vraiment extra ! Il fait étrangement penser à celui d’Alfred (oh ! bonheur !) et, ô surprise !, c’est ce même Alfred qui signe la préface !! Du côté de l’histoire, c’est bien sympa ! Je ne veux pas en dire trop, sachez seulement que ces personnages déjà connus sont mis en scène ici sans prétention, de manière très amusante, et avec pas mal de références à Au clair de la lune et au Petit prince. Évidemment ça peut paraître un peu court, mais avec un format comme celui-là, vous vous attendiez à quoi ?! ;) Encore un achat impulsif qui ne sera pas regretté ! Rien que le feuilleter pour admirer les dessins est un vrai bonheur ! :)
Agatha Christie
Devant la difficulté de réduire au format album des intrigues aussi complexes que celles d'Agatha Christie, les auteurs ont pour la plupart réussi dans ces adaptations. De mon point de vue, l'album "Mort sur le Nil", avec Solidor au dessin est sans aucun doute le mieux maîtrisé, dans une veine classique et stylée à la Jacobs, bien que nécessitant probablement une adaptation en deux volumes, eu égard à la densité du récit original.
L'Histoire d'une mère
Note approximative : 3.5/5 J'ai vraiment craint de ne pas apprécier cette BD. En effet, le sujet d'une mère pleurant la mort de son enfant et prête à tout sacrifice pour le retrouver, ce n'est pas un thème qui me donne envie de lire une oeuvre. En outre, le dessin ne me plaisait pas plus que ça lorsque j'avais feuilleté l'album : je trouvais qu'il manquait de finesse et que les plages de noir étaient trop nombreuses. Quand j'ai entamé ma lecture, je suis resté sur mes réticences. Le début du récit empli de sanglots, ces épisodes successifs où la mère est forcée de sacrifier ses chants, son coeur, ses yeux et sa jeunesse pour progresser dans sa quête désespérée, je trouvais le récit pas mal mais vraiment sans plus. Néanmoins c'est vrai que je trouvais le dessin bien. Il manque toujours un peu de finesse à mes yeux mais certaines planches sont très belles. Ceci dit, quelques pages ne contiennent qu'une unique grande image, voire une image sur une double planche, et la plupart des autres pages ne contiennent qu'un nombre restreint de cases et souvent sans parole. Bref, l'histoire se lit un peu vite, un peu trop vite pour un album de ce prix. Et puis sont venues les dernières pages, la discussion avec la Mort, et ce qu'il s'y dit. Et la conclusion du conte. Et là, oui, je me suis dit que c'était vraiment une belle histoire, un beau conte, fort et intelligent, dur et juste. De grandes qualités pour cette BD donc, un beau dessin et une vraie bonne conclusion, et un principal défaut qui est sa rapidité de lecture comparée à son prix. Je la conseille néanmoins à tout amateur de belles planches et de conte alliant justesse et dureté sur un sujet aussi difficile que la vie et la mort.
Bill Baroud
L’Amérique républicaine (Dieu la bénisse !) qui nous envoie son élite : le patriote Bill Baroud, champion du FBI, pour sauver le monde libre des chacals puants, de la vermine rouge et autres fils de pute. Au-delà de la caricature caustique des USA, un bon moment de rigolade grâce, en particulier, à la narration dans le style vieux polar américain, à la verve si particulière de l’as des as, aux nombreuses références et loufoqueries.