Un peu fatigué des "carnets de voyage" et des bd autobiographiques, j'avoue garder un faible pour Renaud De Heyn (La Tentation conseillé par l'ami Yannick) et pour Simon Hureau et ses aventures asiatiques. Nous avions quitté Simon Hureau, en mauvaise posture au Cambodge, et très affecté par le vol de son carnet de croquis.
Dans ce second opus, le ton est plus tragique, moins frivole, je trouve, au moins pendant les 2/3 du livre (d'ailleurs l'épisode du chien, viande de fête, nous refroidit quelque peu). On sent le héros paumé sans son carnet de croquis, il n'a même plus rien à lire ! Confronté à la faim, au mal de ventre récurrent, aux indigènes (non dans un sens péjoratif) et à la corruption, on a pitié de lui.
Heureusement que les tracasseries administratives sont là pour apporter la grande dose d'humour qui était absente au début de l'album.
Entre les tentations de terroriste de Simon Hureau et ses gaffes (ah, l'épisode désopilant du post-it, et celui du général), rien est épargné au lecteur qui retrouve ici le héros nonchalant et cocasse du premier volume.
Dommage que les éditions Ego comme X n'aient pas gardé la même qualité de papier pour le tome 2. Au papier glacé blanc, succède un papier plus jaune qui met beaucoup moins en valeur le dessin de Simon Hureau. Mais je pense qu'il s'agit d'une question de coût. (28 € pour le premier volume contre 20 € pour celui-ci). Un ouvrage réussi, réaliste et souvent drôle que je recommande vivement.
Vous l'attendiez tous et bien voilà, le Marniquet nouveau est arrivé ! Fidèle à ses précédents albums, Marniquet (alias Gauthier) met en avant la ligne claire, chère à mes yeux.
Dans cette aventure qui relève d'Allan Quatermain et d'Indiana Jones, nous avons affaire à l'histoire ( la guerre de 14), au mythe (celui d'Eldorado) et au fantastique (la fameuse cité de l'éternel retour). Réunir tout cela en 46 pages, il fallait le faire, non ?
Etant un grand amateur du cinéma américain, je retrouve en Paul Darnier, le Clark Gable de "Mogambo" ou encore le Stewart Grangers des "mines du roi Salomon", bref un formidable hommage au film d'aventure.
Je l'avais déjà noté lors de son précédent album (Mystères en Birmanie), le dessin de Marniquet progresse énormément.
Un album donc à retenir pour les amateurs du genre (Tintin, Blake & Mortimer), nostalgiques de l'école franco-belge des années 50. Merci Monsieur Marniquet et j'espère que cet opus préfigure d'une suite prometteuse.
Une rencontre rapide entre deux officiers que tout oppose et voilà une grande partie de la fin de la seconde guerre mondiale qui défile dans ces 44 pages. Des plaines de l'Ukraine à la chute de Berlin, en passant par Varsovie et la libération (ou plutôt la découverte) des Camps, Nikolavitch nous fait revivre ces pages d'Histoire, sans en avoir l'air. Le tout sur de très beaux dessins noir et blanc (signé Botta) qui nous font penser aux films d'archives sur cette période. On arrive presque à avoir de la sympathie pour ces deux militaires, pris malgré eux, l'un dans la débâcle hitlérienne, l'autre dans l'implacable réalité de l'Armée Rouge. Une approche originale et de qualité.
Trois héroïnes, trois aventures et j'ai presque envie ajouter trois styles différents pour un même dessinateur. Entre la première histoire (Sofia) et la dernière (Victoria), on pourrait presque croire à un changement de dessinateur.
Il ne faut pas s'attarder à la couverture de cette BD (un peu style histoires pour midinettes) qui ne reflète pas la noirceur des histoires. Elles m'ont fait songer au pendant espagnol (car Monsieur Paquet met en avant ces temps-ci de bons auteurs espagnols) de "Blonde Platine " d'Adrian Tomine. Ces trois destins sont l'illustration du portrait d'une jeunesse en mal de communication, pleine de doute mais aussi pleine d'espoir, à l'image du copain de Roberto dans les dernières pages.
Un petit bémol tout de même au niveau des bulles, souvent très nombreuses dans une seule case et qui nuisent à la lecture. Bref, c'est noir, tragique mais beau et en prime nous avons le droit à trois magnifiques pleines pages. Auteur à suivre de près.
Ecrit par le scénariste du fabuleux Les cercles d'Akamoth, cette nouvelle série nous fait replonger (au moins pour les trentenaires auxquels j'appartiens) dans l'ambiance fabuleuse et mystérieuse de "l'île au trente cercueils", téléfilm avec Claude Jade, d'après un roman de Maurice Leblanc. C'est la première impression que j'ai ressentie à la lecture de l'album, d'ailleurs confirmée par le scénariste sur le forum de BDParadisio. J'avais toutefois émis deux bémols sur cette BD : la ressemblance frappante du prêtre avec Raspoutine (que l'on retrouve chez Hugo Pratt) et le titre "les démons de Marie", qui fait suite à Les Démons d'Alexia, publié chez Dupuis le mois dernier. Michaël Le Galli m'a confirmé, toujours sur le forum, que Marie, la dessinatrice n'avait pas fait le rapprochement (mais Pratt étant une référence, cela ne le dérangeait pas). Quant au titre, il ne s'agirait que d'un hasard. Voilà donc pour la genèse de l'album.
A propos de l'album, à proprement parler, j'ai apprécié, en tant que Breton pur Chouchen, l'atmosphère retracée sur l'île qui pourrait s'appeler Bréhat, Ouédic, Ouessant, voire l'île de Batz. Un détail, le père Anselme est désigné comme Recteur, dans le cahier de croquis, seuls les bretons pures souches, connaissent cette appellation pour les prêtres. Quant au dessin, j'ai apprécié les flash-back illustrés d'une couleur différente.
Bref, une intrigue prenante, un dessin accrocheur, Ma Doué que faut-il d'autre pour faire une bonne BD ? Je recommande donc vivement l'achat de cet album, publié chez Carabas, maison d'édition que je ne connaissais pas encore.
Après lecture du seul tome 1, Dupuis surfe à son tour sur la vague de l'ésotérisme, lancée par Glénat. Avec "les démons d'Alexia" , Ers et Dugomier signent là un parfait exemple d'un album de l'école "Spirou" (à l'image du très remarqué et remarquable Kim Mèche rebelle en septembre dernier). Dugomier met en scène une héroïne curieuse, sympathique, dynamique, confrontée à la fois au machisme de certains chercheurs du CRPS et à des phénomènes paranormaux. Le thème, s'il n'est pas nouveau, est habilement narré (grâce notamment à l'évolution des pouvoirs d'Alexia) et le dessin, par son côté quasiment tourné vers un jeune public, permet d'éviter l'aspect "gore" et effrayant de l'aventure. Un bon album.
Avis sur le tome 3 :
Cette série continue d'être un bol d'air frais dans la production actuelle ( en plus cet opus nous entraîne en Norvège!)
Un dessin toujours très "école Spirou" (normal) sur un scénario que ne renieraient pas les éditions Glénat et autres qui nous abreuvent de séries ésotériques avec plus ou moins de bonheur depuis quelques années.
En concluant une histoire à chaque volume, le scénariste Dugomier, n'oublie surtout pas de nous en apprendre plus sur les origines de la mystérieuse et ravissante Alexia; et j'avoue que dans le présent volume, nous sommes gâtés.
Le prochain opus clôturant le cycle, vivement la suite.
Rafraîchissant!
A conseiller vivement!
Dans le foisonnement des sorties de BD traitant du para-normal, le "chasseur de fantômes" mérite vraiment qu'on s'y attarde. C'est une BD "riche", tant au niveau du scénario que du dessin. Un découpage accrocheur et judicieux nous fait découvrir la vie d'Alyster Kayne, personnage ambigü qui côtoie Sir Arthur Conan Doyle et Houdini, entre autres. Sur fond d'Angleterre Victorienne, (on découvre d'ailleurs notre héros jeune en pleine affaire de Jack l'éventreur) toute l'histoire navigue entre fiction et réalité.
Ce n'est pas un livre que l'on lit en dix minutes, la richesse des dialogues et du scénario nous incite à prendre le temps de savourer cette histoire.
Un album différent des autres, à découvrir. Christophe Bec est "le parrain", comme indiqué sur la page de garde, d'Alister Kayne (une référence donc) ; d'ailleurs la planche 23 fait sérieusement songer à son univers. Vivement la suite...
"De quoi sommes-nous certains ?" pourrait résumer ce livre. L'album est très surprenant mais d'une qualité graphique indéniable. Amateurs de gothique, vous serez comblés : tout les costumes sont noirs, les couleurs directes (noires et rouges) font peser sur l'ensemble une atmosphère étrange.
C'est d'ailleurs un drame très shakespearien qui est illustré. Certains dialogues sont mêmes empruntés à l'oeuvre de William Shakespeare, voire de Cervantès. Il fallait oser, Pascal Croci l'a fait. La couverture de l'album fait tout de suite songer au film de Rouben Mamoulian "la reine Christine", avec Greta Garbo. D'ailleurs l'auteur avoue ses sources d'inspiration pour cet album, dans la post-face.
"Lady tara Cornwall" est donc un livre magnifique, relatant un drame familial passionnel, bref une BD littéraire (tout comme Hauteclaire de Lacou et Le Bollée, parue chez... Emmanuel Proust Editions, comme ce livre... tiens, tiens !)
Ah ! j'oubliais : c'est un one shot, chose devenue rare ces temps-ci.
Adapté d'un ouvrage de Barbey d'Aurevilly, cette BD se lit avec plaisir et nous voulons connaître rapidement la suite des aventures de Hauteclaire de Torquemada (relatée par les deux autres personnages présentés au début de l'histoire, car il s'agit d'une trilogie). Si le scénario de Le Bollée ne souffre d'aucune critique (on lui doit en outre l'excellent London Inferno, chez le même éditeur et le plus connu Apocalypse Mania), j'emets un petit bémol sur le dessin : certaines pages sont, à mon avis, trop chargées (les pages 9,10 et 42 du tome 1 notamment). Par contre Benoît Lacou excelle dans les scènes plus intimistes de duels ( pages 34,35 et 17 du même tome 1). Et l'héroïne est belle...
Un bonne BD à découvrir.
Bizarre, vous avez dit bizarre, comme c'est bizarre ! Cette formule pourrait à elle seule résumer ce premier opus tant le sentiment d'étrange ou de loufoque domine ! Tout d'abord le personnage principal, Charles, qui lie connaissance, comme si rien n'était, avec des êtres surnaturels (à l'image de La fille du professeur et de la momie). Sa passion pour les mouches, en particulier Audrey, laisse rêveur. Et que dire du personnage d'Aimé, guest star de la BD : qui est-il ? d'où vient -il ? Je ne sais même pas si la réponse sera au rendez-vous dans le prochain volume ! Si parfois les dialogues sont crus (je ne les répéterai pas ici) l'ensemble du scénario, certes quelque peu mysogine - les femmes ne sont guère en valeur ici-, tient la route. Le dessin simpliste, voire maladroit parfois, est en parfaite adéquation avec le scénario. Dès les première pages, on rentre dans un univers complètement fou et décalé qui rend l'ensemble très sympathique. En plus les auteurs achèvent le premier volume sur une image angoissante et insoutenable !
C'est osé, c'est fou... c'est beau... à découvrir d'urgence !
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Bureau des prolongations
Un peu fatigué des "carnets de voyage" et des bd autobiographiques, j'avoue garder un faible pour Renaud De Heyn (La Tentation conseillé par l'ami Yannick) et pour Simon Hureau et ses aventures asiatiques. Nous avions quitté Simon Hureau, en mauvaise posture au Cambodge, et très affecté par le vol de son carnet de croquis. Dans ce second opus, le ton est plus tragique, moins frivole, je trouve, au moins pendant les 2/3 du livre (d'ailleurs l'épisode du chien, viande de fête, nous refroidit quelque peu). On sent le héros paumé sans son carnet de croquis, il n'a même plus rien à lire ! Confronté à la faim, au mal de ventre récurrent, aux indigènes (non dans un sens péjoratif) et à la corruption, on a pitié de lui. Heureusement que les tracasseries administratives sont là pour apporter la grande dose d'humour qui était absente au début de l'album. Entre les tentations de terroriste de Simon Hureau et ses gaffes (ah, l'épisode désopilant du post-it, et celui du général), rien est épargné au lecteur qui retrouve ici le héros nonchalant et cocasse du premier volume. Dommage que les éditions Ego comme X n'aient pas gardé la même qualité de papier pour le tome 2. Au papier glacé blanc, succède un papier plus jaune qui met beaucoup moins en valeur le dessin de Simon Hureau. Mais je pense qu'il s'agit d'une question de coût. (28 € pour le premier volume contre 20 € pour celui-ci). Un ouvrage réussi, réaliste et souvent drôle que je recommande vivement.
Les Aventures de Paul Darnier
Vous l'attendiez tous et bien voilà, le Marniquet nouveau est arrivé ! Fidèle à ses précédents albums, Marniquet (alias Gauthier) met en avant la ligne claire, chère à mes yeux. Dans cette aventure qui relève d'Allan Quatermain et d'Indiana Jones, nous avons affaire à l'histoire ( la guerre de 14), au mythe (celui d'Eldorado) et au fantastique (la fameuse cité de l'éternel retour). Réunir tout cela en 46 pages, il fallait le faire, non ? Etant un grand amateur du cinéma américain, je retrouve en Paul Darnier, le Clark Gable de "Mogambo" ou encore le Stewart Grangers des "mines du roi Salomon", bref un formidable hommage au film d'aventure. Je l'avais déjà noté lors de son précédent album (Mystères en Birmanie), le dessin de Marniquet progresse énormément. Un album donc à retenir pour les amateurs du genre (Tintin, Blake & Mortimer), nostalgiques de l'école franco-belge des années 50. Merci Monsieur Marniquet et j'espère que cet opus préfigure d'une suite prometteuse.
La Dernière cigarette
Une rencontre rapide entre deux officiers que tout oppose et voilà une grande partie de la fin de la seconde guerre mondiale qui défile dans ces 44 pages. Des plaines de l'Ukraine à la chute de Berlin, en passant par Varsovie et la libération (ou plutôt la découverte) des Camps, Nikolavitch nous fait revivre ces pages d'Histoire, sans en avoir l'air. Le tout sur de très beaux dessins noir et blanc (signé Botta) qui nous font penser aux films d'archives sur cette période. On arrive presque à avoir de la sympathie pour ces deux militaires, pris malgré eux, l'un dans la débâcle hitlérienne, l'autre dans l'implacable réalité de l'Armée Rouge. Une approche originale et de qualité.
Souvenirs
Trois héroïnes, trois aventures et j'ai presque envie ajouter trois styles différents pour un même dessinateur. Entre la première histoire (Sofia) et la dernière (Victoria), on pourrait presque croire à un changement de dessinateur. Il ne faut pas s'attarder à la couverture de cette BD (un peu style histoires pour midinettes) qui ne reflète pas la noirceur des histoires. Elles m'ont fait songer au pendant espagnol (car Monsieur Paquet met en avant ces temps-ci de bons auteurs espagnols) de "Blonde Platine " d'Adrian Tomine. Ces trois destins sont l'illustration du portrait d'une jeunesse en mal de communication, pleine de doute mais aussi pleine d'espoir, à l'image du copain de Roberto dans les dernières pages. Un petit bémol tout de même au niveau des bulles, souvent très nombreuses dans une seule case et qui nuisent à la lecture. Bref, c'est noir, tragique mais beau et en prime nous avons le droit à trois magnifiques pleines pages. Auteur à suivre de près.
Les Démons de Marie
Ecrit par le scénariste du fabuleux Les cercles d'Akamoth, cette nouvelle série nous fait replonger (au moins pour les trentenaires auxquels j'appartiens) dans l'ambiance fabuleuse et mystérieuse de "l'île au trente cercueils", téléfilm avec Claude Jade, d'après un roman de Maurice Leblanc. C'est la première impression que j'ai ressentie à la lecture de l'album, d'ailleurs confirmée par le scénariste sur le forum de BDParadisio. J'avais toutefois émis deux bémols sur cette BD : la ressemblance frappante du prêtre avec Raspoutine (que l'on retrouve chez Hugo Pratt) et le titre "les démons de Marie", qui fait suite à Les Démons d'Alexia, publié chez Dupuis le mois dernier. Michaël Le Galli m'a confirmé, toujours sur le forum, que Marie, la dessinatrice n'avait pas fait le rapprochement (mais Pratt étant une référence, cela ne le dérangeait pas). Quant au titre, il ne s'agirait que d'un hasard. Voilà donc pour la genèse de l'album. A propos de l'album, à proprement parler, j'ai apprécié, en tant que Breton pur Chouchen, l'atmosphère retracée sur l'île qui pourrait s'appeler Bréhat, Ouédic, Ouessant, voire l'île de Batz. Un détail, le père Anselme est désigné comme Recteur, dans le cahier de croquis, seuls les bretons pures souches, connaissent cette appellation pour les prêtres. Quant au dessin, j'ai apprécié les flash-back illustrés d'une couleur différente. Bref, une intrigue prenante, un dessin accrocheur, Ma Doué que faut-il d'autre pour faire une bonne BD ? Je recommande donc vivement l'achat de cet album, publié chez Carabas, maison d'édition que je ne connaissais pas encore.
Les Démons d'Alexia
Après lecture du seul tome 1, Dupuis surfe à son tour sur la vague de l'ésotérisme, lancée par Glénat. Avec "les démons d'Alexia" , Ers et Dugomier signent là un parfait exemple d'un album de l'école "Spirou" (à l'image du très remarqué et remarquable Kim Mèche rebelle en septembre dernier). Dugomier met en scène une héroïne curieuse, sympathique, dynamique, confrontée à la fois au machisme de certains chercheurs du CRPS et à des phénomènes paranormaux. Le thème, s'il n'est pas nouveau, est habilement narré (grâce notamment à l'évolution des pouvoirs d'Alexia) et le dessin, par son côté quasiment tourné vers un jeune public, permet d'éviter l'aspect "gore" et effrayant de l'aventure. Un bon album. Avis sur le tome 3 : Cette série continue d'être un bol d'air frais dans la production actuelle ( en plus cet opus nous entraîne en Norvège!) Un dessin toujours très "école Spirou" (normal) sur un scénario que ne renieraient pas les éditions Glénat et autres qui nous abreuvent de séries ésotériques avec plus ou moins de bonheur depuis quelques années. En concluant une histoire à chaque volume, le scénariste Dugomier, n'oublie surtout pas de nous en apprendre plus sur les origines de la mystérieuse et ravissante Alexia; et j'avoue que dans le présent volume, nous sommes gâtés. Le prochain opus clôturant le cycle, vivement la suite. Rafraîchissant! A conseiller vivement!
Alister Kayne
Dans le foisonnement des sorties de BD traitant du para-normal, le "chasseur de fantômes" mérite vraiment qu'on s'y attarde. C'est une BD "riche", tant au niveau du scénario que du dessin. Un découpage accrocheur et judicieux nous fait découvrir la vie d'Alyster Kayne, personnage ambigü qui côtoie Sir Arthur Conan Doyle et Houdini, entre autres. Sur fond d'Angleterre Victorienne, (on découvre d'ailleurs notre héros jeune en pleine affaire de Jack l'éventreur) toute l'histoire navigue entre fiction et réalité. Ce n'est pas un livre que l'on lit en dix minutes, la richesse des dialogues et du scénario nous incite à prendre le temps de savourer cette histoire. Un album différent des autres, à découvrir. Christophe Bec est "le parrain", comme indiqué sur la page de garde, d'Alister Kayne (une référence donc) ; d'ailleurs la planche 23 fait sérieusement songer à son univers. Vivement la suite...
Lady Tara Cornwall
"De quoi sommes-nous certains ?" pourrait résumer ce livre. L'album est très surprenant mais d'une qualité graphique indéniable. Amateurs de gothique, vous serez comblés : tout les costumes sont noirs, les couleurs directes (noires et rouges) font peser sur l'ensemble une atmosphère étrange. C'est d'ailleurs un drame très shakespearien qui est illustré. Certains dialogues sont mêmes empruntés à l'oeuvre de William Shakespeare, voire de Cervantès. Il fallait oser, Pascal Croci l'a fait. La couverture de l'album fait tout de suite songer au film de Rouben Mamoulian "la reine Christine", avec Greta Garbo. D'ailleurs l'auteur avoue ses sources d'inspiration pour cet album, dans la post-face. "Lady tara Cornwall" est donc un livre magnifique, relatant un drame familial passionnel, bref une BD littéraire (tout comme Hauteclaire de Lacou et Le Bollée, parue chez... Emmanuel Proust Editions, comme ce livre... tiens, tiens !) Ah ! j'oubliais : c'est un one shot, chose devenue rare ces temps-ci.
Hauteclaire
Adapté d'un ouvrage de Barbey d'Aurevilly, cette BD se lit avec plaisir et nous voulons connaître rapidement la suite des aventures de Hauteclaire de Torquemada (relatée par les deux autres personnages présentés au début de l'histoire, car il s'agit d'une trilogie). Si le scénario de Le Bollée ne souffre d'aucune critique (on lui doit en outre l'excellent London Inferno, chez le même éditeur et le plus connu Apocalypse Mania), j'emets un petit bémol sur le dessin : certaines pages sont, à mon avis, trop chargées (les pages 9,10 et 42 du tome 1 notamment). Par contre Benoît Lacou excelle dans les scènes plus intimistes de duels ( pages 34,35 et 17 du même tome 1). Et l'héroïne est belle... Un bonne BD à découvrir.
Démons
Bizarre, vous avez dit bizarre, comme c'est bizarre ! Cette formule pourrait à elle seule résumer ce premier opus tant le sentiment d'étrange ou de loufoque domine ! Tout d'abord le personnage principal, Charles, qui lie connaissance, comme si rien n'était, avec des êtres surnaturels (à l'image de La fille du professeur et de la momie). Sa passion pour les mouches, en particulier Audrey, laisse rêveur. Et que dire du personnage d'Aimé, guest star de la BD : qui est-il ? d'où vient -il ? Je ne sais même pas si la réponse sera au rendez-vous dans le prochain volume ! Si parfois les dialogues sont crus (je ne les répéterai pas ici) l'ensemble du scénario, certes quelque peu mysogine - les femmes ne sont guère en valeur ici-, tient la route. Le dessin simpliste, voire maladroit parfois, est en parfaite adéquation avec le scénario. Dès les première pages, on rentre dans un univers complètement fou et décalé qui rend l'ensemble très sympathique. En plus les auteurs achèvent le premier volume sur une image angoissante et insoutenable ! C'est osé, c'est fou... c'est beau... à découvrir d'urgence !