Une BD qui ne paie pas de mine et surprend quand on la feuillète par son aspect original. Mais au final ce fut une bien agréable surprise pour moi.
Un automne à Hànôi est graphiquement étonnant. Hormis quelques pages comprenant une unique image, la majorité des planches sont composées d'une grande case aux contours arrondis subdivisée en un morpion de 9 petites cases. Ces dernières se présentent ensuite soit sous la forme d'une suite d'images narratives comme dans une BD standard, soit comme des successions d'images comme autant de points de vue ou de clichés d'un endroit, ou encore sous d'autres formes et compositions assez originales. Et par moment, l'une de ces petites cases est emplie uniquement d'un texte narratif s'intégrant très bien dans le suivi visuel.
Il semble que cet aspect visuel soit inspiré de l'art Vietnamien, peut-être des laques. En tous les cas, c'est une mise en page originale et réussie.
Le dessin pour sa part est bon et surtout excellemment rehaussé par des couleurs fortes et de toute beauté.
C'est donc un album très joli et graphiquement original tout en étant agréable à lire.
Mais que contient-il ensuite ?
Un carnet de voyage lui-même présenté sous une forme inusitée. Plutôt qu'un suivi chronologique d'un séjour au Vietnam, la BD est composée de courts chapitres, parfois une unique planche, présentant ce séjour sous la forme d'anecdotes, de présentations de lieux, de discussions, d'histoires qui ont été racontées à l'auteur. Ces anecdotes sont parfois amusantes, parfois fortes, parfois même cruelles, mais toutes ou presque sont très justes et pleines d'une ambiance qui permet de se sentir vraiment transporté.
Seul véritable défaut de cet album, il m'a semblé trop court : moins de 40 pages sans compter les croquis en fin d'album. Outre le fait que j'aurais vraiment eu envie d'en lire plus, cela rend l'album un peu cher.
Néanmoins, je vous en conseille, si ce n'est l'achat, au moins la lecture.
Une histoire de super héros dessinée par Baudoin ? Comme prévu, c’est fort peu conventionnel. Mais ça ne ressemble pas non plus à ce qu’on a l’habitude de lire de cet auteur. J’ai été décontenancé par le mélange de dérision et de poésie, d’humour absurde et de mélancolie, de légèreté superficielle et de profondeur psychologique, d’anti-américanisme et de fascination pour les histoires de super-héros. Je balance donc entre l’irritation à la lecture de certains passages et la fascination vis-à-vis ce qui se dégage de l’album pris dans son ensemble. Tout bien considéré, ce sont finalement les aspects positifs qui l’emportent.
Mon avis ?
Mais cette série est excellente, pleine de rebondissements, suspens et réflexion, avec une très belle part à l'action (une adaptation cinématographique serait top, avec un casting franco-américain !!)
La saison 1 a été donc rééditée, c'est vrai que chaque couverture de la nouvelle édition est à chaque fois plus moderne (les couvertures de l'ancienne édition me rappelle l'époque Blueberry ou redust, dans le choix des couleurs et effets sur les formes, sans blâmer bien sûr !)
Les personnages sont intéressants, caractères totalement opposés et bien inscrits dans l'histoire, pas de superflus.
C'est l'immersion totale dans un monde à part où se mêle enquête policière, paranormal, suspens à la Hitchcock et des dessins très agréables.
J'ai dévoré la saison 1, je viens de commencer la saison 2 ...!
Un petit commentaire qui concerne les différentes éditions.
L'édition Casterman est fidèle au point de vue de la mise en couleurs (qui n'est pas toujours heureuse. A mon avis, bien sûr...) à l'édition originale américaine.
Dans l'édition Soleil, les couleurs ont été refaites pour l'occasion et sont plus subtiles. La qualité et la finesse de la reproduction du trait noir de Moebîus est également bien meilleure.
Pour moi qui avais acheté l'édition américaine à sa sortie, la réédition par Soleil a été une très bonne surprise.
Pour ce qui est du scénario, on retrouve la traditionnelle trame: Arrivée Galactus/Intervention Héro(s)/Départ Galactus.
L'inovation par rapport à la série (je parle de l'originale de Stan Lee/John Buscema. Je préfère oublier la plus récente parue il y a quelques années...) est que cela ce passe bien des années après plus tard. Le surfer a renoncé à sauver l'humanité, vit en marge, plus personne ne sait qu'il existe.
L'arrivée de Galactus a des répercutions politiques et religieuses sur le monde et le dévoreur de planète n'a pas besoin de violence pour atteindre son but.
Le dessin de Moebius, Monsieur Moebius, colle à cette histoire à l'ambiance et au traitement différents du reste de la série.
Pour un fan comme moi du personnage du Silver Surfer, il s'agit de la conclusion idéale de cette (trop courte) saga.
La partie centrale du donjon (là où celui-ci est à son apogée) est très bien. Cependant, il ne faut pas juste voir une parodie du monde de l'heroïc fantasy dans ces albums. Sfar et Trondheim inventent un vrai univers d'une grande cohérence et d'une très belle originalité. Les personnages de Marvin et Herbert sont décrits avec beaucoup de finesse et d'humour. Marvin, une espèce de brute qui ne se bat pas quand on l'insulte et qui est végétarien est une fabuleuse trouvaille. On retrouve aussi le gardien qui semble s'être transformé en manager du donjon, mais n'est pas exempt de failles (référence à la période potron-minet). Il y a également Horous ou Alcibiade. Les gags sont souvent très réussis. Une des séries majeures de ses 10 dernières années.
C'est complètement loufoque cette bd. Et pourtant si réaliste parfois. J'adore. Réussir à caser autant de situations cocasses et de clins d'oeil et si peu de pages tout en gardant une certaine cohésion, ça tient du prodige. Sfar est vraiment un auteur de tout premier plan, à mon goût, et cet exercice de style en est l'éclatante démonstration.
Petit bémol, j'ai toujours un peu de mal avec son dessin.
Voilà une bd signée Arleston... Un idiot, deux bombes, un sage et un bourrin... Sur le coup, on se dit : "Arleston fait de la Sf ?!", et puis non, après le naufrage on retombe dans de l'héroïc-fantasy.
Et malgré tout ça, je suis quand même tombé dans le panneau. L'histoire est entraînante et les rebondissements nombreux, l'humour est bien moins lourd que dans Lanfeust Des Etoiles et il n'y a rien à dire sur le dessin. Bref, si vous aimez Arleston et que cela ne vous dérange pas de lire une histoire basée sur le même canevas que les précédentes, alors foncez !
Un nouvel album de Loisel associé pour l'occasion à Tripp : voilà qui ne passe pas inaperçu et suscite un véritable engouement.
Posons les bases : cet album est génial ! Tout commence par la mort du mari de Marie (oh la répétition à 2 balles), le propriétaire du magasin général, véritable poumon du petit village québécois décrit ici... Et puis Marie va décider de reprendre le flambeau malgré la difficulté, et la douleur d'avoir perdu un être cher... et puis rien ! Et bien oui, finalement ce premier tome ne parle de rien ou tout simplement de la vie ordinaire de ces villageois du Québec des années 20 (et non, années 40 comme nous le dit le speech officiel de Casterman).
Mais rassurez-vous, l'histoire est vraiment captivante. Oui, les auteurs ont décidé de raconter parfois des histoires banales, de passer un longuement sur des petits moments vécus par certains villageois et finalement, on est submergé par l'ambiance du village. Les auteurs prennent donc le temps de nous raconter des petits bouts d'histoire (souvent heureuses) et prennent tellement leur temps que vous avez le temps d'attendre l'arrivée de l'étranger promis par le résumé de casterman.
Pour les dessins, Loisel et Tripp se sont associés pour l'occasion (chacun réalisant les tâches qu'ils préféraient : les crayonnés pour Loisel et l'encrage pour Tripp). Le résultat est bluffant : le style de ce dessinateur hybride est vraiment excellent et déroutant (pour les adorateurs de Loisel).
Un superbe album introductif (de 80 pages tout de même) à ne manquer sous aucun prétexte (et dont j'hésite encore à donner la note maxi).
Vraiment un manga particulier, presque un concept : faire 18 chapitres sur 18 repas différents que fait un représentant de commerce dans divers petits restaurants ou ailleurs, avec à chaque fois la description du repas et ce que ressent le héros. Ca a l'air d'un ennui complet, non ? Ben pourtant, j'ai bien apprécié ma lecture.
Taniguchi a le chic pour réussir à faire passer des émotions simples, souvent nostalgiques dans ses oeuvres. Pour le coup, il a dû bien s'entendre avec le scénariste Kusumi car cet album fonctionne exactement comme ça.
Par ces repas et la fonction dont le héros nous fait partager ses émotions, c'est une porte vers nos propres sensations qui nous est ouverte, une fenêtre vers des souvenirs, gustatifs mais aussi de simples moments agréables ou moins agréables. Le personnage est assez attachant, proche de tout un chacun, et il est facile de s'identifier à lui.
Alors c'est certain que de lire cet album d'un seul coup, c'est pesant car 18 repas racontés les uns après les autres, ça lasse. Moi-même, j'ai lu cet album en 2 fois car je me suis lassé en milieu de lecture. Mais c'est une chose à savoir : cet album se déguste par petites bouchées, pas en une seule grande déglutition. Chaque histoire apporte son lot d'émotions et de souvenirs, elles peuvent se lire indépendamment, doucement, en prenant son temps et en savourant les moments.
Nostalgie, papilles alléchées, émotions partagées. Il n'y a pas d'intrigue ici, pas d'histoire, juste des émotions et une communication entre êtres humains via une chose qui nous rassemble tous : le plaisir de manger.
Alors c'est clair que ça ennuiera beaucoup de lecteurs qui ne cherchent pas ça dans une BD, c'est clair que moi-même ce n'est pas une BD que je retiendrais comme étant indispensable, mais j'ai ressenti un petit bonheur à sa lecture et j'en ai encore faim rien que d'y penser.
Une chose est sûre, cet album m'a véritablement donné envie de découvrir un pays comme le Japon par sa cuisine, aussi variée soit-elle.
"Code Mc Callum", le passé tumultueux de Carmen…
Comme tous les lecteurs de Carmen Mc Callum le savent, leur chère héroïne avant d’être une mercenaire indépendante, était une terroriste appartenant à l’IRA. Avec cette série, Duval se propose donc de nous raconter les débuts de la carrière de sa jeune aventurière. Voilà enfin, un spin off de l’univers cyber punk de Duval qui vaut indiscutablement son pesant de cacahuètes. Carmen a déjà son caractère bien trempé mais on la sens plus insouciante, plus dévergondée, des facettes qu’on ne lui connaissait pas encore. L’évolution de Mc Callum est très intéressante à suivre. Et l’histoire est vraiment sympa et bien documentée. Vivement la suite.
Les dessins et les couleurs de Cassegrain sont bien sûr différents de la série mère (même si on reconnaît parfaitement l’héroïne) mais ils sont de très bonne qualité. Les illustrations sont assez atypiques car il n’y a pas d’encrage et ça donne une impression de couleurs directes bien qu’il me semble que ce soit une colorisation informatisée.
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Un Automne à Hànôi
Une BD qui ne paie pas de mine et surprend quand on la feuillète par son aspect original. Mais au final ce fut une bien agréable surprise pour moi. Un automne à Hànôi est graphiquement étonnant. Hormis quelques pages comprenant une unique image, la majorité des planches sont composées d'une grande case aux contours arrondis subdivisée en un morpion de 9 petites cases. Ces dernières se présentent ensuite soit sous la forme d'une suite d'images narratives comme dans une BD standard, soit comme des successions d'images comme autant de points de vue ou de clichés d'un endroit, ou encore sous d'autres formes et compositions assez originales. Et par moment, l'une de ces petites cases est emplie uniquement d'un texte narratif s'intégrant très bien dans le suivi visuel. Il semble que cet aspect visuel soit inspiré de l'art Vietnamien, peut-être des laques. En tous les cas, c'est une mise en page originale et réussie. Le dessin pour sa part est bon et surtout excellemment rehaussé par des couleurs fortes et de toute beauté. C'est donc un album très joli et graphiquement original tout en étant agréable à lire. Mais que contient-il ensuite ? Un carnet de voyage lui-même présenté sous une forme inusitée. Plutôt qu'un suivi chronologique d'un séjour au Vietnam, la BD est composée de courts chapitres, parfois une unique planche, présentant ce séjour sous la forme d'anecdotes, de présentations de lieux, de discussions, d'histoires qui ont été racontées à l'auteur. Ces anecdotes sont parfois amusantes, parfois fortes, parfois même cruelles, mais toutes ou presque sont très justes et pleines d'une ambiance qui permet de se sentir vraiment transporté. Seul véritable défaut de cet album, il m'a semblé trop court : moins de 40 pages sans compter les croquis en fin d'album. Outre le fait que j'aurais vraiment eu envie d'en lire plus, cela rend l'album un peu cher. Néanmoins, je vous en conseille, si ce n'est l'achat, au moins la lecture.
Crazyman
Une histoire de super héros dessinée par Baudoin ? Comme prévu, c’est fort peu conventionnel. Mais ça ne ressemble pas non plus à ce qu’on a l’habitude de lire de cet auteur. J’ai été décontenancé par le mélange de dérision et de poésie, d’humour absurde et de mélancolie, de légèreté superficielle et de profondeur psychologique, d’anti-américanisme et de fascination pour les histoires de super-héros. Je balance donc entre l’irritation à la lecture de certains passages et la fascination vis-à-vis ce qui se dégage de l’album pris dans son ensemble. Tout bien considéré, ce sont finalement les aspects positifs qui l’emportent.
Le Chant des Stryges
Mon avis ? Mais cette série est excellente, pleine de rebondissements, suspens et réflexion, avec une très belle part à l'action (une adaptation cinématographique serait top, avec un casting franco-américain !!) La saison 1 a été donc rééditée, c'est vrai que chaque couverture de la nouvelle édition est à chaque fois plus moderne (les couvertures de l'ancienne édition me rappelle l'époque Blueberry ou redust, dans le choix des couleurs et effets sur les formes, sans blâmer bien sûr !) Les personnages sont intéressants, caractères totalement opposés et bien inscrits dans l'histoire, pas de superflus. C'est l'immersion totale dans un monde à part où se mêle enquête policière, paranormal, suspens à la Hitchcock et des dessins très agréables. J'ai dévoré la saison 1, je viens de commencer la saison 2 ...!
Silver Surfer - Parabole (Moebius)
Un petit commentaire qui concerne les différentes éditions. L'édition Casterman est fidèle au point de vue de la mise en couleurs (qui n'est pas toujours heureuse. A mon avis, bien sûr...) à l'édition originale américaine. Dans l'édition Soleil, les couleurs ont été refaites pour l'occasion et sont plus subtiles. La qualité et la finesse de la reproduction du trait noir de Moebîus est également bien meilleure. Pour moi qui avais acheté l'édition américaine à sa sortie, la réédition par Soleil a été une très bonne surprise. Pour ce qui est du scénario, on retrouve la traditionnelle trame: Arrivée Galactus/Intervention Héro(s)/Départ Galactus. L'inovation par rapport à la série (je parle de l'originale de Stan Lee/John Buscema. Je préfère oublier la plus récente parue il y a quelques années...) est que cela ce passe bien des années après plus tard. Le surfer a renoncé à sauver l'humanité, vit en marge, plus personne ne sait qu'il existe. L'arrivée de Galactus a des répercutions politiques et religieuses sur le monde et le dévoreur de planète n'a pas besoin de violence pour atteindre son but. Le dessin de Moebius, Monsieur Moebius, colle à cette histoire à l'ambiance et au traitement différents du reste de la série. Pour un fan comme moi du personnage du Silver Surfer, il s'agit de la conclusion idéale de cette (trop courte) saga.
Donjon Zenith
La partie centrale du donjon (là où celui-ci est à son apogée) est très bien. Cependant, il ne faut pas juste voir une parodie du monde de l'heroïc fantasy dans ces albums. Sfar et Trondheim inventent un vrai univers d'une grande cohérence et d'une très belle originalité. Les personnages de Marvin et Herbert sont décrits avec beaucoup de finesse et d'humour. Marvin, une espèce de brute qui ne se bat pas quand on l'insulte et qui est végétarien est une fabuleuse trouvaille. On retrouve aussi le gardien qui semble s'être transformé en manager du donjon, mais n'est pas exempt de failles (référence à la période potron-minet). Il y a également Horous ou Alcibiade. Les gags sont souvent très réussis. Une des séries majeures de ses 10 dernières années.
Le Minuscule Mousquetaire
C'est complètement loufoque cette bd. Et pourtant si réaliste parfois. J'adore. Réussir à caser autant de situations cocasses et de clins d'oeil et si peu de pages tout en gardant une certaine cohésion, ça tient du prodige. Sfar est vraiment un auteur de tout premier plan, à mon goût, et cet exercice de style en est l'éclatante démonstration. Petit bémol, j'ai toujours un peu de mal avec son dessin.
Les Naufragés d'Ythaq
Voilà une bd signée Arleston... Un idiot, deux bombes, un sage et un bourrin... Sur le coup, on se dit : "Arleston fait de la Sf ?!", et puis non, après le naufrage on retombe dans de l'héroïc-fantasy. Et malgré tout ça, je suis quand même tombé dans le panneau. L'histoire est entraînante et les rebondissements nombreux, l'humour est bien moins lourd que dans Lanfeust Des Etoiles et il n'y a rien à dire sur le dessin. Bref, si vous aimez Arleston et que cela ne vous dérange pas de lire une histoire basée sur le même canevas que les précédentes, alors foncez !
Magasin général
Un nouvel album de Loisel associé pour l'occasion à Tripp : voilà qui ne passe pas inaperçu et suscite un véritable engouement. Posons les bases : cet album est génial ! Tout commence par la mort du mari de Marie (oh la répétition à 2 balles), le propriétaire du magasin général, véritable poumon du petit village québécois décrit ici... Et puis Marie va décider de reprendre le flambeau malgré la difficulté, et la douleur d'avoir perdu un être cher... et puis rien ! Et bien oui, finalement ce premier tome ne parle de rien ou tout simplement de la vie ordinaire de ces villageois du Québec des années 20 (et non, années 40 comme nous le dit le speech officiel de Casterman). Mais rassurez-vous, l'histoire est vraiment captivante. Oui, les auteurs ont décidé de raconter parfois des histoires banales, de passer un longuement sur des petits moments vécus par certains villageois et finalement, on est submergé par l'ambiance du village. Les auteurs prennent donc le temps de nous raconter des petits bouts d'histoire (souvent heureuses) et prennent tellement leur temps que vous avez le temps d'attendre l'arrivée de l'étranger promis par le résumé de casterman. Pour les dessins, Loisel et Tripp se sont associés pour l'occasion (chacun réalisant les tâches qu'ils préféraient : les crayonnés pour Loisel et l'encrage pour Tripp). Le résultat est bluffant : le style de ce dessinateur hybride est vraiment excellent et déroutant (pour les adorateurs de Loisel). Un superbe album introductif (de 80 pages tout de même) à ne manquer sous aucun prétexte (et dont j'hésite encore à donner la note maxi).
Le Gourmet solitaire
Vraiment un manga particulier, presque un concept : faire 18 chapitres sur 18 repas différents que fait un représentant de commerce dans divers petits restaurants ou ailleurs, avec à chaque fois la description du repas et ce que ressent le héros. Ca a l'air d'un ennui complet, non ? Ben pourtant, j'ai bien apprécié ma lecture. Taniguchi a le chic pour réussir à faire passer des émotions simples, souvent nostalgiques dans ses oeuvres. Pour le coup, il a dû bien s'entendre avec le scénariste Kusumi car cet album fonctionne exactement comme ça. Par ces repas et la fonction dont le héros nous fait partager ses émotions, c'est une porte vers nos propres sensations qui nous est ouverte, une fenêtre vers des souvenirs, gustatifs mais aussi de simples moments agréables ou moins agréables. Le personnage est assez attachant, proche de tout un chacun, et il est facile de s'identifier à lui. Alors c'est certain que de lire cet album d'un seul coup, c'est pesant car 18 repas racontés les uns après les autres, ça lasse. Moi-même, j'ai lu cet album en 2 fois car je me suis lassé en milieu de lecture. Mais c'est une chose à savoir : cet album se déguste par petites bouchées, pas en une seule grande déglutition. Chaque histoire apporte son lot d'émotions et de souvenirs, elles peuvent se lire indépendamment, doucement, en prenant son temps et en savourant les moments. Nostalgie, papilles alléchées, émotions partagées. Il n'y a pas d'intrigue ici, pas d'histoire, juste des émotions et une communication entre êtres humains via une chose qui nous rassemble tous : le plaisir de manger. Alors c'est clair que ça ennuiera beaucoup de lecteurs qui ne cherchent pas ça dans une BD, c'est clair que moi-même ce n'est pas une BD que je retiendrais comme étant indispensable, mais j'ai ressenti un petit bonheur à sa lecture et j'en ai encore faim rien que d'y penser. Une chose est sûre, cet album m'a véritablement donné envie de découvrir un pays comme le Japon par sa cuisine, aussi variée soit-elle.
Code Mc Callum
"Code Mc Callum", le passé tumultueux de Carmen… Comme tous les lecteurs de Carmen Mc Callum le savent, leur chère héroïne avant d’être une mercenaire indépendante, était une terroriste appartenant à l’IRA. Avec cette série, Duval se propose donc de nous raconter les débuts de la carrière de sa jeune aventurière. Voilà enfin, un spin off de l’univers cyber punk de Duval qui vaut indiscutablement son pesant de cacahuètes. Carmen a déjà son caractère bien trempé mais on la sens plus insouciante, plus dévergondée, des facettes qu’on ne lui connaissait pas encore. L’évolution de Mc Callum est très intéressante à suivre. Et l’histoire est vraiment sympa et bien documentée. Vivement la suite. Les dessins et les couleurs de Cassegrain sont bien sûr différents de la série mère (même si on reconnaît parfaitement l’héroïne) mais ils sont de très bonne qualité. Les illustrations sont assez atypiques car il n’y a pas d’encrage et ça donne une impression de couleurs directes bien qu’il me semble que ce soit une colorisation informatisée.