J'aime ces albums qui nous font découvrir des hommes du passé avec leurs ambitions, leurs joies, leurs échecs, bref leur humanité, et qui les font devenir nos voisins, nos contemporains, au delà des frontières temporelles.
Lax est un maître du genre, et il nous réserve une fois de plus une excellente surprise en remettant en selle Amédée Fario, un petit gars des montagnes qui se tuait à la tâche et économisait chaque sou pour se payer un vélo et participer aux premiers Tours de France - avec brio.
Une superbe histoire, contenant tous les ingrédients qu'il faut pour faire une épopée mythique, tragiquement interrompue par la première guerre mondiale.
Un album qui n'est pas très drôle, mais qui sonne juste, qui parle au coeur, et qui met en scène toute une palette de sentiments très forts. Respect !
Tout m’a plu dans cette série. Tout d’abord les personnages principaux qui sont inoubliables et si humains, mais aussi les dessins, la colorisation et les scenarii d’Hermann. Le réalisme touchant de cette série est également dû au rendu particulièrement bien réussi de l’atmosphère de l’époque. La loi qui régnait était celle du plus fort. Il n’y avait pas d’autorité centrale ou royale suffisamment forte pour contre balancer le pouvoir local des féodaux et leurs excès. Dans ce contexte, la quête du héros, qui s’impose un code de conduite et qui a une éthique certaine, est donc tout à son honneur même si elle peut aujourd’hui nous paraître dérisoire voire emprunte d’un peu trop de jusqu’auboutisme ! Le héros n’est pas non plus infaillible et a quelques « faiblesses ».
Il est évident qu’Hermann s’est très bien documenté sur la période historique que couvre la série. Le fait que l’action se passe à travers toute l’Europe et jusqu’au Moyen Orient, a dû rendre ce travail documentaire long et délicat.
La qualité de la série ne se dément pas d’un épisode à l’autre. De plus, elle se termine ce qui est particulièrement agréable. Les aventures des descendants du héros (à plus d’un siècle d’intervalle) sont contées dans la série « Bois-Maury ».
J'avais longtemps hésité avant d'acquérir cette BD. Et puis finalement, j'ai franchi le pas il y a quelques jours. Quelle bonne surprise...
Un écrivain "has been", Aloys Clark, qui n'a jamais réellement connu le succès, se retrouve aigri et en manque total d'inspiration. Sa vision du monde littéraire est on ne peut plus pessimiste jusqu'à ce qu'il retrouve dans sa bibliothèque un ouvrage écrit par un auteur totalement inconnu. Cet ouvrage raconte le parcours d'un homme et de son séjour à l"Amélie". Aloys Clark décide alors de marcher sur les traces de l'auteur...
Jean-Claude Denis nous livre une histoire remplie d'émotions. On a plaisir à suivre le parcours d'Aloys Clark en quête d'inspiration et qui souhaite redonner un sens à sa vie d'auteur.
Le format de la collection "Aire Libre" se prête très bien à ce récit. On a vraiment la sensation que l'auteur prend tout son temps, ce qui rend l'histoire encore plus passionnante.
Note approximative : 3.5/5
Je connaissais déjà le dessin d'Arthur de Pins : un dessin informatisé tout en rondeur et en couleurs pastels. Je connaissais donc déjà ses petites minettes potelées et très sexy dans leur simple apparence naturelle. J'aime beaucoup son style et la façon dont on sent que ses petites femmes semblent pleines de personnalité, heureuses de vivre et de plaire.
Mais je ne savais pas ce que pourrait donner tout un album de gags en une page sur la base de ce dessin et d'humour sexy à la manière des albums de Dany en plus actualisé. Eh bien, j'ai bien aimé, et je dois même dire avoir pas mal rigolé à plusieurs moments. Il y a un véritable humour dans ces planches, suffisamment varié pour ne pas lasser. Bien sûr, tout n'est pas égal, certaines planches sont très drôles tandis que d'autres amènent juste le sourire (celui de la galerie par exemple ne m'avait guère poussé à lire la BD), mais dans l'ensemble je trouve que c'est un album qui mérite son achat.
Joli, décomplexé tant pour les femmes que pour les hommes, amusant, c'est un album d'humour sexy de bonne qualité à mes yeux.
Les derniers corsaires s'adressent aux amateurs d'Histoire et d'aventure moderne en temps de guerre. Je fais partie de ceux-là et j'ai grandement apprécié ma lecture.
Cette BD raconte les aventures de sous-mariniers en suivant le lieutenant Woolfe, second de sous-marin avide de devenir enfin capitaine mais accumulant hélas pitoyablement les erreurs stratégiques et de navigation. Malgré un texte narratif au temps présent ayant un air légèrement désuet, ce récit, bien documenté, est raconté de manière très agréable, fluide et avec quelques touches d'humour. Le scénario est prenant et rythmé, la narration bonne : j'ai été captivé de bout en bout.
Le dessin est sympathique et assez original. Usant de personnages simples et d'un encrage assez gras, il offre quelques images vraiment esthétiques. Malgré un petit manque de luminosité, il se lit en outre de manière très plaisante.
L'album se termine en outre sur un épilogue sous la forme de textes de lettres de Woolfe racontant ce qu'il devient à la toute fin de la guerre. Ce récit épistolaire prend une tournure assez différente des aventures militaires du début, une tournure plus proche de certains récits de Jules Verne ou d'Edgar Poe.
Intéressant, captivant et joli : un bel album que les amateurs d'histoires de guerre ou simplement d'aventure apprécieront à sa juste valeur.
Pierre Paquet a pris l'habitude depuis quelques années d'embaucher des auteurs par-delà la barrière des Pyrénées. Et bien lui en a pris pour la présente bande dessinée, publiée dans la fort élégante collection "Blandice", qui reste pour moi un gage de qualité depuis sa création.
D'abord, le format de 76 pages permet à l'auteur de réaliser sur la longueur ses propres idées sans être enfermé dans le carcan des 48 voire des 62 pages.
Outre le bon scénario sous-jacent à cette bd, le dessin d'Alfonso Zapico est excellent.
Il y a du Tolstoï dans le personnage du Professeur Bertenev, couard devant l'ennemi mais fier de sa nationalité russe, fier de la littérature russe. L'auteur, Alfonso Zapico, à la fois scénariste et dessinateur, nous offre là un portrait fabuleux d'un intellectuel russe, rebelle au pouvoir tsariste mais proche de ses ennemis, bref un ami du "siècle des lumières" dans une Russie encore moyenâgeuse.
J'ai vraiment adoré ce personnage de professeur, perdu dans la guerre de Crimée, idéaliste du moment, pacifiste avant l'heure.
Il y a du Lincoln dans l'air mais aussi un film avec Danny De Vito (où celui ci donnait des cours à des soldats en mal de reconnaissance).
La fin reste ouverte et permet d'espérer une suite où le personnage, idéaliste fort déçu par les hommes et par la guerre, veut se refaire une vie par-delà l'Atlantique.
Voici donc une bd, dont je n'ai vu aucune publicité, qui célèbre à la fois l'héroïsme guerrier, l'humanisme du vainqueur, et la fragilité de la paix, sur un fond (mais assez discret) d'histoire d'amour. C'est drôle, émouvant, simple, cela m'a fait songer à du Chaplin.
Mon coup de coeur du moment.
Une bonne petite surprise que cet album. J'avoue que les Editions Bamboo, pour moi, n'étaient qu'un éditeur d'humour en albums pas très relevés.
Eh bien cet album, qui est le premier que je lis réellement de cet éditeur, me fait réviser mon jugement. Bon d'accord, c'est édité dans le label "Grand Angle", le département adulte de l'éditeur, j'aurais pu me douter que ce serait pas mal...
Bref, nous voilà sur les traces de Lenny Valentino, petite frappe opérant à Chicago dans les années 1928. Il n'a qu'une envie, se venger du parrain qui a fait exécuter son frère par ses hommes de main. Il a à son côté son petit frère, un vrai teigneux.
Bon, disons-le tout de suite, ce n'est pas très original comme concept. L'intérêt de l'histoire réside essentiellement dans ses personnages, tous plutôt bien campés. J'ai par exemple bien aimé la scène entre Rudy Boy et Elizabeth, mais aussi l'ellipse narrative avec Lenny et Elmer Slamp. A la fin du premier tome, on referme l'album avec l'impression d'avoir lu une bonne histoire. C'est nerveux, c'est fort, vraiment je ne regrette pas d'avoir poussé cette série en avant.
Et puis une bd où l'un des personnages s'appelle Spooky ne peut pas être mauvaise ;)
Les deux co-scénaristes ont trouvé un jeune dessinateur promis à un bel avenir. En effet Guillaume Poux, dont le style est proche de celui de Denis Falque, donc assez classique, est à suivre de près. Il est important de noter que son dessin évolue au fil de ce premier album. d'un peu hésitant, très crayonné au début, il se dirige vers une ligne plus claire, plus encrée par la suite.
Que nous réservent les cycles suivants ?
Une série "douce"... ça change, non ?...
C'est dans l'hebdo Spirou n° 2657 du 15 Mars 1989 que j'ai découvert cette petite plantation de cacao située au nord-est du Congo. Et je me suis plu à suivre la vie de Léopold, de sa cousine Alice, de leur copain noir Mafuta, de Joseph -un bien brave missionnaire... sans oublier Onésime, le grand-père.
Une série très attachante où l'on suit les joies, les peines aussi, la découverte d'une nature encore vierge.
Et toutes ces histoires, ces anecdotes plutôt, sont racontées à travers le journal que rédige Alice ; journal qui introduit ainsi une fort belle dimension narrative.
Ce que j'ai aimé, c'est surtout l'humanisme qui ressort des histoires ; et non ce paternalisme des "braves coloniaux blancs qui vont expliquer à petits nègres..."
Alice et Léopold ? Une chronique douce -pas amère- qui se passe dans les années 20 ; une histoire "ordinaire" de gens qui le sont aussi. Mais ça, il fallait le réussir et nous le faire ressentir "sur papier". Et c'est fait. Qui plus est : bien fait !
Cinq albums seront édités de 1991 à 1995. Plus rien depuis. Les reverrons-nous un jour ?... Rien n'est moins sûr. Et c'est dommage...
Une des séries les plus dingues des années 70.
Elle débute dans le "Pilote Mensuel", n° 25 du 17 JUin 1976. Elle s'y termine dans le n° 41 d'Octobre 1977.
Al Crane ?... C'est fou. Un Western vraiment désopilant ! Les Peaux-Rouges se font massacrer à grands coups d'hémoglobine, les "jolies-demoiselles-bien-comme-il-faut" s'y font violer et les pires bandits de l'Ouest, les plus basses crapules, éprouvent les uns envers les autres une attirance -disons- particulière...
Lauzier, ici scénariste, s'en donne à coeur joie ! Outrageusement "politiquement très incorrect" il nous balance à la figure un secouant humour de second degré. Pas en reste, Alexis explose les scénarios de sa dextérité et de son humour graphiques.
Je me suis marré -voici quelque 30 ans déjà- à la lecture de ces histoires qui m'entraînaient dans une sorte de joyeux bric-à-brac sans queue (!) ni tête.
Un bon gargarisme zygomatique qui -hélas- s'arrêtera suite au décès d'Alexis en 1977.
Ce sera le point final d'Al Crane, ce foutu cow-boy pas ordinaire du tout !..
Deux albums ponctueront cette série en 1977 et 1978 ; albums réédités ultérieurement avec nouvelle couverture.
Ouvrez-vite un "Al Crane", un heureux mélange des Monty Python et de Benny Hill. Loufoque. Vraiment.
Une fois n'est pas coutume, c'est sur le simple aperçu de la beauté de ses planches que j'ai acheté cette BD dont je ne savais rien auparavant.
Le dessin est en effet de toute beauté.
Sur des tons à base de rouge et de blanc, Tenuta Saverio, artiste Italien, nous offre des fresques superbes. Son style, proche de l'illustration, use de couleurs parfaitement maîtrisées, d'un encrage très fin et d'un sens indubitable de l'esthétisme. C'est vraiment admirable. Quel dommage qu'il pêche un peu sur deux points : le sens de la perspective ainsi que les visages de ses personnages qui sont parfois moyens. Pour le reste, c'est le genre de BD qu'on peut acheter uniquement pour sa beauté graphique.
Mais le scénario n'est pas vraiment en reste.
Comme pour Okko, nous nous plaçons ici dans un Japon médiéval imaginaire teinté de fantasy. Créatures surnaturelles, magie, ville emprisonnée dans les glaces, tout un univers de fiction dans lequel évoluent geishas, shogun(aï) et samouraïs. Le récit n'apporte pas de grande surprise au genre et manque un peu d'humour, mais il est bien raconté et prenant.
Ce premier tome est dense, beau et suffisamment captivant pour annoncer une belle série dont il me tarde de voir la suite.
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L'Aigle sans orteils
J'aime ces albums qui nous font découvrir des hommes du passé avec leurs ambitions, leurs joies, leurs échecs, bref leur humanité, et qui les font devenir nos voisins, nos contemporains, au delà des frontières temporelles. Lax est un maître du genre, et il nous réserve une fois de plus une excellente surprise en remettant en selle Amédée Fario, un petit gars des montagnes qui se tuait à la tâche et économisait chaque sou pour se payer un vélo et participer aux premiers Tours de France - avec brio. Une superbe histoire, contenant tous les ingrédients qu'il faut pour faire une épopée mythique, tragiquement interrompue par la première guerre mondiale. Un album qui n'est pas très drôle, mais qui sonne juste, qui parle au coeur, et qui met en scène toute une palette de sentiments très forts. Respect !
Les Tours de Bois-Maury
Tout m’a plu dans cette série. Tout d’abord les personnages principaux qui sont inoubliables et si humains, mais aussi les dessins, la colorisation et les scenarii d’Hermann. Le réalisme touchant de cette série est également dû au rendu particulièrement bien réussi de l’atmosphère de l’époque. La loi qui régnait était celle du plus fort. Il n’y avait pas d’autorité centrale ou royale suffisamment forte pour contre balancer le pouvoir local des féodaux et leurs excès. Dans ce contexte, la quête du héros, qui s’impose un code de conduite et qui a une éthique certaine, est donc tout à son honneur même si elle peut aujourd’hui nous paraître dérisoire voire emprunte d’un peu trop de jusqu’auboutisme ! Le héros n’est pas non plus infaillible et a quelques « faiblesses ». Il est évident qu’Hermann s’est très bien documenté sur la période historique que couvre la série. Le fait que l’action se passe à travers toute l’Europe et jusqu’au Moyen Orient, a dû rendre ce travail documentaire long et délicat. La qualité de la série ne se dément pas d’un épisode à l’autre. De plus, elle se termine ce qui est particulièrement agréable. Les aventures des descendants du héros (à plus d’un siècle d’intervalle) sont contées dans la série « Bois-Maury ».
Quelques Mois à l'Amélie
J'avais longtemps hésité avant d'acquérir cette BD. Et puis finalement, j'ai franchi le pas il y a quelques jours. Quelle bonne surprise... Un écrivain "has been", Aloys Clark, qui n'a jamais réellement connu le succès, se retrouve aigri et en manque total d'inspiration. Sa vision du monde littéraire est on ne peut plus pessimiste jusqu'à ce qu'il retrouve dans sa bibliothèque un ouvrage écrit par un auteur totalement inconnu. Cet ouvrage raconte le parcours d'un homme et de son séjour à l"Amélie". Aloys Clark décide alors de marcher sur les traces de l'auteur... Jean-Claude Denis nous livre une histoire remplie d'émotions. On a plaisir à suivre le parcours d'Aloys Clark en quête d'inspiration et qui souhaite redonner un sens à sa vie d'auteur. Le format de la collection "Aire Libre" se prête très bien à ce récit. On a vraiment la sensation que l'auteur prend tout son temps, ce qui rend l'histoire encore plus passionnante.
Péchés mignons
Note approximative : 3.5/5 Je connaissais déjà le dessin d'Arthur de Pins : un dessin informatisé tout en rondeur et en couleurs pastels. Je connaissais donc déjà ses petites minettes potelées et très sexy dans leur simple apparence naturelle. J'aime beaucoup son style et la façon dont on sent que ses petites femmes semblent pleines de personnalité, heureuses de vivre et de plaire. Mais je ne savais pas ce que pourrait donner tout un album de gags en une page sur la base de ce dessin et d'humour sexy à la manière des albums de Dany en plus actualisé. Eh bien, j'ai bien aimé, et je dois même dire avoir pas mal rigolé à plusieurs moments. Il y a un véritable humour dans ces planches, suffisamment varié pour ne pas lasser. Bien sûr, tout n'est pas égal, certaines planches sont très drôles tandis que d'autres amènent juste le sourire (celui de la galerie par exemple ne m'avait guère poussé à lire la BD), mais dans l'ensemble je trouve que c'est un album qui mérite son achat. Joli, décomplexé tant pour les femmes que pour les hommes, amusant, c'est un album d'humour sexy de bonne qualité à mes yeux.
Les Derniers corsaires
Les derniers corsaires s'adressent aux amateurs d'Histoire et d'aventure moderne en temps de guerre. Je fais partie de ceux-là et j'ai grandement apprécié ma lecture. Cette BD raconte les aventures de sous-mariniers en suivant le lieutenant Woolfe, second de sous-marin avide de devenir enfin capitaine mais accumulant hélas pitoyablement les erreurs stratégiques et de navigation. Malgré un texte narratif au temps présent ayant un air légèrement désuet, ce récit, bien documenté, est raconté de manière très agréable, fluide et avec quelques touches d'humour. Le scénario est prenant et rythmé, la narration bonne : j'ai été captivé de bout en bout. Le dessin est sympathique et assez original. Usant de personnages simples et d'un encrage assez gras, il offre quelques images vraiment esthétiques. Malgré un petit manque de luminosité, il se lit en outre de manière très plaisante. L'album se termine en outre sur un épilogue sous la forme de textes de lettres de Woolfe racontant ce qu'il devient à la toute fin de la guerre. Ce récit épistolaire prend une tournure assez différente des aventures militaires du début, une tournure plus proche de certains récits de Jules Verne ou d'Edgar Poe. Intéressant, captivant et joli : un bel album que les amateurs d'histoires de guerre ou simplement d'aventure apprécieront à sa juste valeur.
La Guerre du Professeur Bertenev
Pierre Paquet a pris l'habitude depuis quelques années d'embaucher des auteurs par-delà la barrière des Pyrénées. Et bien lui en a pris pour la présente bande dessinée, publiée dans la fort élégante collection "Blandice", qui reste pour moi un gage de qualité depuis sa création. D'abord, le format de 76 pages permet à l'auteur de réaliser sur la longueur ses propres idées sans être enfermé dans le carcan des 48 voire des 62 pages. Outre le bon scénario sous-jacent à cette bd, le dessin d'Alfonso Zapico est excellent. Il y a du Tolstoï dans le personnage du Professeur Bertenev, couard devant l'ennemi mais fier de sa nationalité russe, fier de la littérature russe. L'auteur, Alfonso Zapico, à la fois scénariste et dessinateur, nous offre là un portrait fabuleux d'un intellectuel russe, rebelle au pouvoir tsariste mais proche de ses ennemis, bref un ami du "siècle des lumières" dans une Russie encore moyenâgeuse. J'ai vraiment adoré ce personnage de professeur, perdu dans la guerre de Crimée, idéaliste du moment, pacifiste avant l'heure. Il y a du Lincoln dans l'air mais aussi un film avec Danny De Vito (où celui ci donnait des cours à des soldats en mal de reconnaissance). La fin reste ouverte et permet d'espérer une suite où le personnage, idéaliste fort déçu par les hommes et par la guerre, veut se refaire une vie par-delà l'Atlantique. Voici donc une bd, dont je n'ai vu aucune publicité, qui célèbre à la fois l'héroïsme guerrier, l'humanisme du vainqueur, et la fragilité de la paix, sur un fond (mais assez discret) d'histoire d'amour. C'est drôle, émouvant, simple, cela m'a fait songer à du Chaplin. Mon coup de coeur du moment.
Lenny Valentino
Une bonne petite surprise que cet album. J'avoue que les Editions Bamboo, pour moi, n'étaient qu'un éditeur d'humour en albums pas très relevés. Eh bien cet album, qui est le premier que je lis réellement de cet éditeur, me fait réviser mon jugement. Bon d'accord, c'est édité dans le label "Grand Angle", le département adulte de l'éditeur, j'aurais pu me douter que ce serait pas mal... Bref, nous voilà sur les traces de Lenny Valentino, petite frappe opérant à Chicago dans les années 1928. Il n'a qu'une envie, se venger du parrain qui a fait exécuter son frère par ses hommes de main. Il a à son côté son petit frère, un vrai teigneux. Bon, disons-le tout de suite, ce n'est pas très original comme concept. L'intérêt de l'histoire réside essentiellement dans ses personnages, tous plutôt bien campés. J'ai par exemple bien aimé la scène entre Rudy Boy et Elizabeth, mais aussi l'ellipse narrative avec Lenny et Elmer Slamp. A la fin du premier tome, on referme l'album avec l'impression d'avoir lu une bonne histoire. C'est nerveux, c'est fort, vraiment je ne regrette pas d'avoir poussé cette série en avant. Et puis une bd où l'un des personnages s'appelle Spooky ne peut pas être mauvaise ;) Les deux co-scénaristes ont trouvé un jeune dessinateur promis à un bel avenir. En effet Guillaume Poux, dont le style est proche de celui de Denis Falque, donc assez classique, est à suivre de près. Il est important de noter que son dessin évolue au fil de ce premier album. d'un peu hésitant, très crayonné au début, il se dirige vers une ligne plus claire, plus encrée par la suite. Que nous réservent les cycles suivants ?
Alice et Léopold
Une série "douce"... ça change, non ?... C'est dans l'hebdo Spirou n° 2657 du 15 Mars 1989 que j'ai découvert cette petite plantation de cacao située au nord-est du Congo. Et je me suis plu à suivre la vie de Léopold, de sa cousine Alice, de leur copain noir Mafuta, de Joseph -un bien brave missionnaire... sans oublier Onésime, le grand-père. Une série très attachante où l'on suit les joies, les peines aussi, la découverte d'une nature encore vierge. Et toutes ces histoires, ces anecdotes plutôt, sont racontées à travers le journal que rédige Alice ; journal qui introduit ainsi une fort belle dimension narrative. Ce que j'ai aimé, c'est surtout l'humanisme qui ressort des histoires ; et non ce paternalisme des "braves coloniaux blancs qui vont expliquer à petits nègres..." Alice et Léopold ? Une chronique douce -pas amère- qui se passe dans les années 20 ; une histoire "ordinaire" de gens qui le sont aussi. Mais ça, il fallait le réussir et nous le faire ressentir "sur papier". Et c'est fait. Qui plus est : bien fait ! Cinq albums seront édités de 1991 à 1995. Plus rien depuis. Les reverrons-nous un jour ?... Rien n'est moins sûr. Et c'est dommage...
Al Crane
Une des séries les plus dingues des années 70. Elle débute dans le "Pilote Mensuel", n° 25 du 17 JUin 1976. Elle s'y termine dans le n° 41 d'Octobre 1977. Al Crane ?... C'est fou. Un Western vraiment désopilant ! Les Peaux-Rouges se font massacrer à grands coups d'hémoglobine, les "jolies-demoiselles-bien-comme-il-faut" s'y font violer et les pires bandits de l'Ouest, les plus basses crapules, éprouvent les uns envers les autres une attirance -disons- particulière... Lauzier, ici scénariste, s'en donne à coeur joie ! Outrageusement "politiquement très incorrect" il nous balance à la figure un secouant humour de second degré. Pas en reste, Alexis explose les scénarios de sa dextérité et de son humour graphiques. Je me suis marré -voici quelque 30 ans déjà- à la lecture de ces histoires qui m'entraînaient dans une sorte de joyeux bric-à-brac sans queue (!) ni tête. Un bon gargarisme zygomatique qui -hélas- s'arrêtera suite au décès d'Alexis en 1977. Ce sera le point final d'Al Crane, ce foutu cow-boy pas ordinaire du tout !.. Deux albums ponctueront cette série en 1977 et 1978 ; albums réédités ultérieurement avec nouvelle couverture. Ouvrez-vite un "Al Crane", un heureux mélange des Monty Python et de Benny Hill. Loufoque. Vraiment.
La Légende des nuées écarlates
Une fois n'est pas coutume, c'est sur le simple aperçu de la beauté de ses planches que j'ai acheté cette BD dont je ne savais rien auparavant. Le dessin est en effet de toute beauté. Sur des tons à base de rouge et de blanc, Tenuta Saverio, artiste Italien, nous offre des fresques superbes. Son style, proche de l'illustration, use de couleurs parfaitement maîtrisées, d'un encrage très fin et d'un sens indubitable de l'esthétisme. C'est vraiment admirable. Quel dommage qu'il pêche un peu sur deux points : le sens de la perspective ainsi que les visages de ses personnages qui sont parfois moyens. Pour le reste, c'est le genre de BD qu'on peut acheter uniquement pour sa beauté graphique. Mais le scénario n'est pas vraiment en reste. Comme pour Okko, nous nous plaçons ici dans un Japon médiéval imaginaire teinté de fantasy. Créatures surnaturelles, magie, ville emprisonnée dans les glaces, tout un univers de fiction dans lequel évoluent geishas, shogun(aï) et samouraïs. Le récit n'apporte pas de grande surprise au genre et manque un peu d'humour, mais il est bien raconté et prenant. Ce premier tome est dense, beau et suffisamment captivant pour annoncer une belle série dont il me tarde de voir la suite.