Que voilà une BD jeunesse sympathique !
Le sujet : les fantômes d'un serpent amusant et de quatre enfants, issus de toutes les époques et de tous les continents, sont regroupés dans une joyeuse brigade dont les missions consistent à enquêter sur des phénomènes surnaturels, débusquer les spectres qui en sont à l'origine et régler le problème le cas échéant.
Le dessin est excellent, plein de vie et de personnalité. Ses couleurs s'accordent parfaitement à la fantaisie du trait et à l'ambiance du récit. Il nous offre en outre une mise en page assez fraiche, avec nombre d'éléments sortant des cases ou prenant véritablement leurs aises dans le cadre des planches. Une composition libérée et éclatée mais sans aucune lourdeur ni atteinte à la fluidité de la lecture.
Les personnages sont variés et très plaisants. Ils sont dotés de personnalités relativement originales à l'exemple de cet énorme garçon de Cro-Magnon qui se révèle être la tête pensante et sensible du groupe malgré son aspect farouche, ou encore à l'exemple du serpent, attachant animal zozoteur qui prend un peu le rôle du clown de service. C'est un groupe que l'on aime à aimer et que l'on suit avec plaisir.
Leurs aventures sont scindées en histoires courtes aux sujets diversifiés. Elles sont centrées sur des thèmes récurrents : la découverte d'un nouvel environnement, de nouveaux spectres à rencontrer et des réflexions sur comment résoudre les problèmes qu'ils créent la plupart du temps malgré eux.
Le ton est frais et dédié à l'aventure légère et à l'humour. Cet humour n'est pas vraiment hilarant pour un lecteur adulte mais il amène en tout cas le sourire et un véritable plaisir de lecture.
A lire pour les jeunes et les moins jeunes !
Un très bon postulat avec, en contrepoint, une solide histoire autour de personnages atypiques.
Passionnante, cette série est sans conteste à la hauteur des espérances du lecteur.
Le tout est servi par un scénario solide -mais à déguster lentement- et un style graphique, un trait, qui s'affirme de plus en plus maîtrisé.
Sans oublier le soin apporté aux couleurs. Là, je dois dire que les différentes palettes utilisées le sont à vraiment bon escient ; et m'ont plongé avec -parfois une sorte de ravissement- dans cet univers créatif.
Que c'est bien fait tout cela !...
Petit, je trouvais Mafalda rigolo, mais je ne comprenais pas le second degré de certains gags. Aujourd'hui, je le comprends et je vois à quel point c'était pessimiste face à la connerie humaine. Les gags font souvent mouche, mais sont très inégaux. Ça va du bof à l'éclat de rire, mais globalement j'adore.
Les personnages représentent chacun une part de la société : Mafalda et sa famille modeste, Manolito le commerçant pas toujours honnête, Susanita la commère qui veut devenir une mère modèle, Felipe qui se fout des problèmes du monde et préfère la fiction, etc. Le dessin est sympathique, mais je préfère le trait de Quino en noir et blanc.
Gotlib est un auteur mythique, responsable d'une bonne partie des fous rires de ma jeunesse.
Il se fait connaître dans les années 60 avec "Gai Luron", puis les fameux Les Dingodossiers, scénarisés par Goscinny.
C'est dans les années 70 qu'il s'affirme comme un des maîtres de l'humour absurde, en imaginant la Rubrique-à-Brac, puis Superdupont -le seul super-héros en charentaises et portant le béret basque-.
Il créera un trimestriel iconoclaste : "L"écho des savanes", en complicité avec Claire Bretécher et Mandryka. L'aventure continue avec "Fluide glacial", et son dernier personnage "Pervers Pépère".
Papa de la coccinelle, ce "nom di dju d'bougre" avait encore des inédits dans ses tiroirs, de ses premières planches à ses ultimes illustrations.
Tous les nostalgiques de son immense talent se réjouiront de cette publication.
Et j'en suis !!... Bisque bisque rage !...
Dans l'épisode initial, tous les ingrédients sont réunis pour accrocher le lecteur et le tenir en haleine lors des suites prévues. Desberg utilise sa parfaite maîtrise des coulisses de la politique américaine pour peaufiner un scénario en béton, basé sur les relations tissées entre la C.I.A. et la mafia russe.
Le second opus est du niveau d'un très bon thriller et est centré sur le monde de l'espionnage.
Le scénario est très costaud : Desberg échafaude une théorie si énorme qu'elle en devient plausible : et si, en pleine guerre froide, la CIA avait infiltré la mafia russe, laissée mourante par le régime soviétique, en la renflouant financièrement afin qu'elle sabote le communisme de l'intérieur ?...
Pour narrer les nombreux méandres de cette machination, Desberg use d'ellipses et de flash-back qui plongent le lecteur, d'une scène à l'autre, dans un endroit ou une époque différents.
Soyez alors très attentifs, prenez votre temps -comme je l'ai fait- pour déguster cet opus.
La suite n'est, elle aussi, pas mal du tout. J'ai plongé -en me bouchant le nez- dans le monde de l'espionnage "made in USA".
J'ai ainsi découvert que cette bonne vieille CIA n'hésite pas à financer ses propres ennemis pour réussir ses opérations secrètes. Et cette fois ci, c'est la mafia russe qui est intervenante ; une mafia qui est devenue une redoutable force contre le pouvoir communiste en place.
Desberg et Labiano m'ont entraîné dans un véritable noeud gordien où tous les coups sont permis, un mélange de flash-back et de faits contemporains habilement tressés.
Cette sorte de chassé-croisé s'opère ainsi tout au long de ce triptyque qui ne laisse aucun répit, bénéficiant d'un rythme très soutenu qui m'a tenu attentif de bout en bout.
Bon, c'est vrai, c'est une fiction. Mais... euh... cet univers est-il VRAIMENT de la fiction ?... Je commence à en douter très fort.
Trois tomes vraiment bien "balancés". J'ai apprécié.
Lax avait mis (provisoirement) Le Choucas au repos pour retrouver un genre narratif où il excelle : le one-shot.
Féru de cyclisme, il a imaginé un très beau récit basé sur l'épopée des pionniers du Tour de France, au début du 20ème siècle. Partant d'un fait historique, il va mettre en scène un astronome passionné par cette course qui enthousiasmait les foules et avait déjà ses premiers héros.
Se liant d'amitié avec un soldat, il lui transmet sa passion. Démobilisé, ce dernier continue de grimper par tous les temps pour ravitailler la station d'où l'on étudie les étoiles. Ce travail lui permet d'épargner pour s'acheter un vélo, à l'époque de 15 kilos.
Un soir d'hiver, il fait une malencontreuse chute qui le bloque toute une nuit dans la neige. Il en réchappe par miracle mais ses pieds sont gelés. Verdict : l'amputation des dix orteils.
Comment remarcher sans béquilles en étant mutilé de la sorte ?... Et, surtout, comment imaginer pédaler ?... L'incroyable force de volonté du blessé va pourtant lui donner le courage d'aller au bout de son rêve.
Un scénario hors des sentiers battus. Un graphisme de qualité qui a fait que j'ai eu l'impression de plonger dans ces vieux journaux du début du siècle dernier. Une palette graphique aux tons "d'époque". Un véritable jeu d'idées-dessins-couleurs qui forment un véritable tout homogène pour une "grande" BD.
Une véritable épopée tracée par un auteur en très très grande forme.
Superbe BD d'un grand duo d'auteurs de BD.
La notation ne se fait pas sur les noms mais bien sur l'oeuvre fournie.
En l'occurrence, on a ici un très bon one shot au scénario bien ficelé et entrainant.
Le dessin est aussi haut de gamme avec une colorisation très "western", c'est à dire des couleurs chaudes mais adoucies : le rendu en met plein les mirettes...
Un bon moment de lecture pour tous types de lecteurs et pas seulement les fans de Western.
J'ai ici eu affaire à une véritable -et grande- saga sur l'histoire de la mafia.
Une saga qui en est déjà à son dixième tome en peu d'années. Et les amateurs -dont moi- sont au rendez-vous.
Cette longue histoire m'a relaté la guerre des gangs la plus meurtrière de l'histoire de la mafia aux Etats-Unis.
Basé sur une très solide documentation, bénéficiant d'un graphisme de très bonne tenue -au trait un peu "comme en ce temps-là"-, les histoires-au véritable contexte historique- se lisent d'une traite. Et il est plutôt rare de s'en détacher.
Pas de chichis. Un mélange d'explications et d'action bien rôdé. Et quand ça pète, ça pète !...
Une épopée incroyable, réelle, qui rappelle l'univers de la saga du "Parrain" ou de "Il était une fois l'Amérique" de Sergio Leone.
A lire avec, comme fond sonore, une musique d'Ennio Morricone.
Vraiment bien fait.
Après "Mémoires d'outre-temps", ces "Mémoires d'outre-espace" sont les premières vraies histoires de science-fiction de Bilal. Huit courts récits, de deux à dix pages, et autant de possibilités de rêves, de mystère, de réflexion... Et toujours cet humour si corrosif, ironique.
Les amateurs reconnaîtront immédiatement le trait si particulier de Bilal, caractéristique de cette période, qu'on retrouve aussi dans le cycle des "Légendes d'aujourd'hui": un trait très précis mais paradoxalement empreint de cet aspect "brouillon" qui lui donne son caractère, le souci du détail, des trognes qui n'appartiennent qu'à lui. La colorisation a été refaite pour quatre histoires, et ça leur donne un "coup de jeune" pas déplaisant.
Bilal aborde certains grands thèmes classiques de la science-fiction: les rapports avec les peuples extraterrestres, l'exploration spatiale, la colonisation, la robotique... Rien de bien révolutionnaire, mais des sujets canoniques dont Bilal utilise avec une certaine aisance les possibilités thématiques: hybridation cybernétique, maîtrise de l'intelligence artificielle (ce thème intervient dans deux récits), etc.
Il n'hésite pas non plus à ciseler des récits qui flirtent davantage à la lisière du fantastique, comme "la planète du non-retour', "la mort d'Orlaon" et même "le Plitch".
Quand bien même chaque histoire peut se lire indépendamment des autres, elles participent toutes à l'élaboration d'un univers commun: les voyages supra-luminiques (c'est-à-dire à une vitesse supérieure à celle de la lumière) sont possibles, curieusement les armes sont plus ou moins semblables à celles que nous connaissons (armes à feu, bombe atomique, etc), et dans quelques histoires il est fait mention de la France, et de son "présid'ordre" qui ressemble étrangement au chef d'Etat français des années 70.
Ces deux derniers points montrent que, comme souvent chez Bilal, la science-fiction est l'occasion d'inscrire le récit dans le contexte historique de l'époque, et même parfois d'y apporter une connotation politique, voire géopolitique, comme dans le dernier récit où la Guerre Froide est mise clairement en avant.
En outre, et l'on répondra à raison que c'est l'un des grands buts de la science-fiction en général, chaque récit -ou presque- est l'occasion de développer des thèmes plus actuels, mais aussi intemporels: le respect de l'autre, les différences culturelles, l'incommunicabilité, l'amour, la solitude, la bêtise aussi.
L'humour, ironique, parfois cynique, peut agir ici comme un révélateur, et a surtout l'immense -mais simple- avantage de rendre ces histoires très plaisantes à lire.
"Mémoires d'outre-espace", pas un chef-d'oeuvre certes, mais une belle réussite dans le genre de la science-fiction.
Mac Coy est une série indispensable pour qui aime le western. Créée parallèlement à Cartland (de Blanc-Dumont et Harlé), cette série en est l'exact contraire : elle n'adopte pas du tout le ton pessimiste ou réaliste des westerns récents mais choisit d'exploiter un aspect picaresque digne des meilleurs films de John Ford.
Ses scénarios classiques mais solides se suivent avec plaisir, grâce à un sens du dialogue hors pair qui préfère l'humour à la naïveté feuilletonesque de vulgaires plagiats de Blueberry, méchante catégorie où on a trop souvent rangé cette série. Certes, les emprunts sont nombreux (à des films comme "Jérémiah Johnson" , "Fureur Apache" , "Le Reptile" ou " Bandolero") mais le souffle est là, notamment grâce au charisme du sergent-major Alexis Mac Coy et de ses compagnons Charley et Maxi, personnages remarquablement typés et qui inspirent immédiatement la sympathie.
Il faut dire qu'ils possèdent des trognes inégalables, admirablement croquées par le dessin fort et complexe de Palacios. Si Alexis Mac Coy ressemble au départ à un Robert Redford sorti tout droit de "Butch Cassidy et le kid", il tranche avec son modèle rapidement par sa barbe de plusieurs jours, sa saleté et sa peau tannée par le soleil qui déborde des cases de Palacios. La mise en couleur fait partie intégrante de l'illustration, par ces teintes chaudes, achevant l'aspect graphique singulier de cette collection. Certes, le dessin de Palacios est moins bon sur les derniers albums, mais par son trait complexe et ses choix d'angles parfois étranges, il recréé un univers fascinant dont nul ne pourra nier l'originalité.
Bref, un série qui assume l'héritage de ses aînés, mais trouve aussi son ton grâce à la singularité de ses auteurs.
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Brigade fantôme
Que voilà une BD jeunesse sympathique ! Le sujet : les fantômes d'un serpent amusant et de quatre enfants, issus de toutes les époques et de tous les continents, sont regroupés dans une joyeuse brigade dont les missions consistent à enquêter sur des phénomènes surnaturels, débusquer les spectres qui en sont à l'origine et régler le problème le cas échéant. Le dessin est excellent, plein de vie et de personnalité. Ses couleurs s'accordent parfaitement à la fantaisie du trait et à l'ambiance du récit. Il nous offre en outre une mise en page assez fraiche, avec nombre d'éléments sortant des cases ou prenant véritablement leurs aises dans le cadre des planches. Une composition libérée et éclatée mais sans aucune lourdeur ni atteinte à la fluidité de la lecture. Les personnages sont variés et très plaisants. Ils sont dotés de personnalités relativement originales à l'exemple de cet énorme garçon de Cro-Magnon qui se révèle être la tête pensante et sensible du groupe malgré son aspect farouche, ou encore à l'exemple du serpent, attachant animal zozoteur qui prend un peu le rôle du clown de service. C'est un groupe que l'on aime à aimer et que l'on suit avec plaisir. Leurs aventures sont scindées en histoires courtes aux sujets diversifiés. Elles sont centrées sur des thèmes récurrents : la découverte d'un nouvel environnement, de nouveaux spectres à rencontrer et des réflexions sur comment résoudre les problèmes qu'ils créent la plupart du temps malgré eux. Le ton est frais et dédié à l'aventure légère et à l'humour. Cet humour n'est pas vraiment hilarant pour un lecteur adulte mais il amène en tout cas le sourire et un véritable plaisir de lecture. A lire pour les jeunes et les moins jeunes !
Angus Powderhill
Un très bon postulat avec, en contrepoint, une solide histoire autour de personnages atypiques. Passionnante, cette série est sans conteste à la hauteur des espérances du lecteur. Le tout est servi par un scénario solide -mais à déguster lentement- et un style graphique, un trait, qui s'affirme de plus en plus maîtrisé. Sans oublier le soin apporté aux couleurs. Là, je dois dire que les différentes palettes utilisées le sont à vraiment bon escient ; et m'ont plongé avec -parfois une sorte de ravissement- dans cet univers créatif. Que c'est bien fait tout cela !...
Mafalda
Petit, je trouvais Mafalda rigolo, mais je ne comprenais pas le second degré de certains gags. Aujourd'hui, je le comprends et je vois à quel point c'était pessimiste face à la connerie humaine. Les gags font souvent mouche, mais sont très inégaux. Ça va du bof à l'éclat de rire, mais globalement j'adore. Les personnages représentent chacun une part de la société : Mafalda et sa famille modeste, Manolito le commerçant pas toujours honnête, Susanita la commère qui veut devenir une mère modèle, Felipe qui se fout des problèmes du monde et préfère la fiction, etc. Le dessin est sympathique, mais je préfère le trait de Quino en noir et blanc.
Inédits
Gotlib est un auteur mythique, responsable d'une bonne partie des fous rires de ma jeunesse. Il se fait connaître dans les années 60 avec "Gai Luron", puis les fameux Les Dingodossiers, scénarisés par Goscinny. C'est dans les années 70 qu'il s'affirme comme un des maîtres de l'humour absurde, en imaginant la Rubrique-à-Brac, puis Superdupont -le seul super-héros en charentaises et portant le béret basque-. Il créera un trimestriel iconoclaste : "L"écho des savanes", en complicité avec Claire Bretécher et Mandryka. L'aventure continue avec "Fluide glacial", et son dernier personnage "Pervers Pépère". Papa de la coccinelle, ce "nom di dju d'bougre" avait encore des inédits dans ses tiroirs, de ses premières planches à ses ultimes illustrations. Tous les nostalgiques de son immense talent se réjouiront de cette publication. Et j'en suis !!... Bisque bisque rage !...
Black Op
Dans l'épisode initial, tous les ingrédients sont réunis pour accrocher le lecteur et le tenir en haleine lors des suites prévues. Desberg utilise sa parfaite maîtrise des coulisses de la politique américaine pour peaufiner un scénario en béton, basé sur les relations tissées entre la C.I.A. et la mafia russe. Le second opus est du niveau d'un très bon thriller et est centré sur le monde de l'espionnage. Le scénario est très costaud : Desberg échafaude une théorie si énorme qu'elle en devient plausible : et si, en pleine guerre froide, la CIA avait infiltré la mafia russe, laissée mourante par le régime soviétique, en la renflouant financièrement afin qu'elle sabote le communisme de l'intérieur ?... Pour narrer les nombreux méandres de cette machination, Desberg use d'ellipses et de flash-back qui plongent le lecteur, d'une scène à l'autre, dans un endroit ou une époque différents. Soyez alors très attentifs, prenez votre temps -comme je l'ai fait- pour déguster cet opus. La suite n'est, elle aussi, pas mal du tout. J'ai plongé -en me bouchant le nez- dans le monde de l'espionnage "made in USA". J'ai ainsi découvert que cette bonne vieille CIA n'hésite pas à financer ses propres ennemis pour réussir ses opérations secrètes. Et cette fois ci, c'est la mafia russe qui est intervenante ; une mafia qui est devenue une redoutable force contre le pouvoir communiste en place. Desberg et Labiano m'ont entraîné dans un véritable noeud gordien où tous les coups sont permis, un mélange de flash-back et de faits contemporains habilement tressés. Cette sorte de chassé-croisé s'opère ainsi tout au long de ce triptyque qui ne laisse aucun répit, bénéficiant d'un rythme très soutenu qui m'a tenu attentif de bout en bout. Bon, c'est vrai, c'est une fiction. Mais... euh... cet univers est-il VRAIMENT de la fiction ?... Je commence à en douter très fort. Trois tomes vraiment bien "balancés". J'ai apprécié.
L'Aigle sans orteils
Lax avait mis (provisoirement) Le Choucas au repos pour retrouver un genre narratif où il excelle : le one-shot. Féru de cyclisme, il a imaginé un très beau récit basé sur l'épopée des pionniers du Tour de France, au début du 20ème siècle. Partant d'un fait historique, il va mettre en scène un astronome passionné par cette course qui enthousiasmait les foules et avait déjà ses premiers héros. Se liant d'amitié avec un soldat, il lui transmet sa passion. Démobilisé, ce dernier continue de grimper par tous les temps pour ravitailler la station d'où l'on étudie les étoiles. Ce travail lui permet d'épargner pour s'acheter un vélo, à l'époque de 15 kilos. Un soir d'hiver, il fait une malencontreuse chute qui le bloque toute une nuit dans la neige. Il en réchappe par miracle mais ses pieds sont gelés. Verdict : l'amputation des dix orteils. Comment remarcher sans béquilles en étant mutilé de la sorte ?... Et, surtout, comment imaginer pédaler ?... L'incroyable force de volonté du blessé va pourtant lui donner le courage d'aller au bout de son rêve. Un scénario hors des sentiers battus. Un graphisme de qualité qui a fait que j'ai eu l'impression de plonger dans ces vieux journaux du début du siècle dernier. Une palette graphique aux tons "d'époque". Un véritable jeu d'idées-dessins-couleurs qui forment un véritable tout homogène pour une "grande" BD. Une véritable épopée tracée par un auteur en très très grande forme.
Western
Superbe BD d'un grand duo d'auteurs de BD. La notation ne se fait pas sur les noms mais bien sur l'oeuvre fournie. En l'occurrence, on a ici un très bon one shot au scénario bien ficelé et entrainant. Le dessin est aussi haut de gamme avec une colorisation très "western", c'est à dire des couleurs chaudes mais adoucies : le rendu en met plein les mirettes... Un bon moment de lecture pour tous types de lecteurs et pas seulement les fans de Western.
Les Parrains - Il était une fois à New York (Ce qui est à nous)
J'ai ici eu affaire à une véritable -et grande- saga sur l'histoire de la mafia. Une saga qui en est déjà à son dixième tome en peu d'années. Et les amateurs -dont moi- sont au rendez-vous. Cette longue histoire m'a relaté la guerre des gangs la plus meurtrière de l'histoire de la mafia aux Etats-Unis. Basé sur une très solide documentation, bénéficiant d'un graphisme de très bonne tenue -au trait un peu "comme en ce temps-là"-, les histoires-au véritable contexte historique- se lisent d'une traite. Et il est plutôt rare de s'en détacher. Pas de chichis. Un mélange d'explications et d'action bien rôdé. Et quand ça pète, ça pète !... Une épopée incroyable, réelle, qui rappelle l'univers de la saga du "Parrain" ou de "Il était une fois l'Amérique" de Sergio Leone. A lire avec, comme fond sonore, une musique d'Ennio Morricone. Vraiment bien fait.
Mémoires d'outre-espace
Après "Mémoires d'outre-temps", ces "Mémoires d'outre-espace" sont les premières vraies histoires de science-fiction de Bilal. Huit courts récits, de deux à dix pages, et autant de possibilités de rêves, de mystère, de réflexion... Et toujours cet humour si corrosif, ironique. Les amateurs reconnaîtront immédiatement le trait si particulier de Bilal, caractéristique de cette période, qu'on retrouve aussi dans le cycle des "Légendes d'aujourd'hui": un trait très précis mais paradoxalement empreint de cet aspect "brouillon" qui lui donne son caractère, le souci du détail, des trognes qui n'appartiennent qu'à lui. La colorisation a été refaite pour quatre histoires, et ça leur donne un "coup de jeune" pas déplaisant. Bilal aborde certains grands thèmes classiques de la science-fiction: les rapports avec les peuples extraterrestres, l'exploration spatiale, la colonisation, la robotique... Rien de bien révolutionnaire, mais des sujets canoniques dont Bilal utilise avec une certaine aisance les possibilités thématiques: hybridation cybernétique, maîtrise de l'intelligence artificielle (ce thème intervient dans deux récits), etc. Il n'hésite pas non plus à ciseler des récits qui flirtent davantage à la lisière du fantastique, comme "la planète du non-retour', "la mort d'Orlaon" et même "le Plitch". Quand bien même chaque histoire peut se lire indépendamment des autres, elles participent toutes à l'élaboration d'un univers commun: les voyages supra-luminiques (c'est-à-dire à une vitesse supérieure à celle de la lumière) sont possibles, curieusement les armes sont plus ou moins semblables à celles que nous connaissons (armes à feu, bombe atomique, etc), et dans quelques histoires il est fait mention de la France, et de son "présid'ordre" qui ressemble étrangement au chef d'Etat français des années 70. Ces deux derniers points montrent que, comme souvent chez Bilal, la science-fiction est l'occasion d'inscrire le récit dans le contexte historique de l'époque, et même parfois d'y apporter une connotation politique, voire géopolitique, comme dans le dernier récit où la Guerre Froide est mise clairement en avant. En outre, et l'on répondra à raison que c'est l'un des grands buts de la science-fiction en général, chaque récit -ou presque- est l'occasion de développer des thèmes plus actuels, mais aussi intemporels: le respect de l'autre, les différences culturelles, l'incommunicabilité, l'amour, la solitude, la bêtise aussi. L'humour, ironique, parfois cynique, peut agir ici comme un révélateur, et a surtout l'immense -mais simple- avantage de rendre ces histoires très plaisantes à lire. "Mémoires d'outre-espace", pas un chef-d'oeuvre certes, mais une belle réussite dans le genre de la science-fiction.
Mac Coy
Mac Coy est une série indispensable pour qui aime le western. Créée parallèlement à Cartland (de Blanc-Dumont et Harlé), cette série en est l'exact contraire : elle n'adopte pas du tout le ton pessimiste ou réaliste des westerns récents mais choisit d'exploiter un aspect picaresque digne des meilleurs films de John Ford. Ses scénarios classiques mais solides se suivent avec plaisir, grâce à un sens du dialogue hors pair qui préfère l'humour à la naïveté feuilletonesque de vulgaires plagiats de Blueberry, méchante catégorie où on a trop souvent rangé cette série. Certes, les emprunts sont nombreux (à des films comme "Jérémiah Johnson" , "Fureur Apache" , "Le Reptile" ou " Bandolero") mais le souffle est là, notamment grâce au charisme du sergent-major Alexis Mac Coy et de ses compagnons Charley et Maxi, personnages remarquablement typés et qui inspirent immédiatement la sympathie. Il faut dire qu'ils possèdent des trognes inégalables, admirablement croquées par le dessin fort et complexe de Palacios. Si Alexis Mac Coy ressemble au départ à un Robert Redford sorti tout droit de "Butch Cassidy et le kid", il tranche avec son modèle rapidement par sa barbe de plusieurs jours, sa saleté et sa peau tannée par le soleil qui déborde des cases de Palacios. La mise en couleur fait partie intégrante de l'illustration, par ces teintes chaudes, achevant l'aspect graphique singulier de cette collection. Certes, le dessin de Palacios est moins bon sur les derniers albums, mais par son trait complexe et ses choix d'angles parfois étranges, il recréé un univers fascinant dont nul ne pourra nier l'originalité. Bref, un série qui assume l'héritage de ses aînés, mais trouve aussi son ton grâce à la singularité de ses auteurs.