Voici enfin une biographie qui sort pour une fois des sentiers battus. En effet, on découvre l'histoire du premier tour du monde en 1521 par le navigateur Magellan. L'originalité provient du fait que ce n'est pas tant l'aventure qui est mise en avant mais la paternité de la découverte avec les complots que cela comporte.
J'ai bien aimé également le fait que l'auteur s'implique et prenne des risques pour nous démontrer une thèse qui finalement paraît assez crédible. On va plus loin que le simple documentaire qui est assez ennuyeux car on connaît généralement les faits. Une vraie bd historique mais avec ce petit plus qui fait toute la différence.
Comble du bonheur, les images sont très belles avec des décors somptueux. Bref, on se régale d'autant que le récit est assez fluide, ce qui facilite la lecture. C'est mon premier titre de la collection Explora que j'ai bien envie de découvrir.
Je dois bien avouer que c'est une lecture qui a commencé plutôt de manière assez difficile. Le langage est soutenu et on entre directement dans la lecture de cette œuvre d'Oscar Wilde que je ne connaissais pas non plus. Il paraît que c'est l'unique roman de toute sa carrière. Bref, il m'a fallu parcourir une bonne partie de cette bd avant de pouvoir l'apprécier pleinement. Ce n'était pas une lecture qui était acquise d'emblée. Et c'est certainement cela qui en fait tout son charme car j'ai été finalement très convaincu.
Les thèmes traités sont ceux de l'art, de l'esthétique, de la beauté, de la jeunesse et également de la noirceur de l'âme humaine. Les questions qui se posent peuvent nous toucher comme celle de perdre sa jeunesse et sa beauté. Que ne ferions nous pas pour les conserver ? L'œuvre va plus loin car le fantastique rentre en scène. Il y a alors une étrange relation entre un tableau d'un portrait qui se met à vieillir et le personnage de Dorian Gray, un genre de dandy irlandais d'une très grande beauté.
Le dessin est réellement exquis dans un style faisant un peu art déco. Les couleurs flamboyantes m'ont également agréablement surpris. Même sur la forme, on ne peut qu'admirer de belles planches. Sur le fond, il y a une réelle reconstitution de l'ambiance de ce Londres de l'époque victorienne. Il faut juste savoir que l'histoire a été un peu modifiée par rapport à la version d'origine que j'ai parcourue par la suite par curiosité. Eh oui, cette bd donne envie de parcourir l'œuvre d'un auteur légèrement en avance sur son temps et qui avait tout compris à la psychologie de l'être humain. Un conseil d'Oscar Wilde : la meilleure façon de résister à la tentation est peut-être d'y céder...
Vraiment étrange cette série, mais dont la qualité augmente crescendo entre les deux intégrales, regroupant les 4 albums originels (en effet, je mettrais 3/5 au premier tome, mais 4/5 au deuxième album).
Un mot sur le dessin, qui n'est, du moins pour moi, pas le plus mémorable de cette série mais qui n'est pas non plus mauvais. Les décors sont bien faits, l'encrage est subtil (avec des ombres faites aux pinceaux plus gras), et j'aime la palette de couleurs utilisées (ocre, jaune, beige, marron, orange), même si j'ai un peu de mal avec les visages de tous les personnages, qui ont l'air tous dépressifs mais dans l'ensemble, on a le droit à un graphisme soigné.
Le scénario est soigné aussi. Le temps d'une courte histoire (une double page), on suivra les pensées et les actions décalées d'un ou de plusieurs personnages. Souvent, on retrouve ce personnage (au nom compliqué) quelques pages plus loin, mais j'ai bien l'impression que le personnage principal de la BD est la ville où se passe les évènements (élément plus que récurrent, avec des détails comme le nom des rues ou des enseignes de magasins). Sinon, il est vrai que les albums se focalisent plus sur quelques personnages récurrents (musiciens de plus mauvais groupe du monde, conservateur du musée). Suivre chacun de ces personnages un peu toqués dans ce monde de doux-dingues, rempli de maniaco-dépressifs, aux visages tristes, aux idées farfelues et tordues, qui s'adonnent à des activités d'une grande futilité, c'est agréable, mais j'ai cru jusqu'au bout que leurs histoires allaient se croiser, se couper et re-couper pour former une chute (sûrement que la série n'est pas terminée).
En fait je n'ai pas du tout compris ce que José Carlos Fernandes voulait exprimer au travers de son œuvre, mais j'aime cette atmosphère.
Bref, l'album est rempli de snobs nous présentant leur vie, avec des mots compliqués pour exprimer certaines banalités de la vie.
L'album adopte un ton résolument intello pour se moquer justement des intellos.
Et souvent, c'est très drôle... Toutes le histoires (en double page) ne font pas mouche, je n'ai pas compris certaines, très absconses, mais dans l'ensemble, ce défilé de minables scientifiques, journalistes, écrivains et musiciens fait mouche.
Une curiosité à découvrir si vous avez le courage, moi j'espère que la suite sera publiée.
Accueillir Philippe Squarzoni pour discuter réchauffement climatique et présenter son dernier album ? C’est le genre de proposition faite par votre libraire difficile à refuser !
Bon, c’est pas le tout, mais encore faudrait-il que je connaisse un minimum son boulot ! Car jusqu’ici ses BD étaient passées entre les mailles de mes filets de lecture…
Après m’être mis en bouche avec « Un après-midi un peu couvert », cet encas breton m’a rapidement mis en appétit.
J’attaque donc le hors d’œuvre tout empapillé, avec un « Dol » de 300 pages qui promet de bien nous remplir l’estomac. Les changements de rythme, d’ambiance, de codes graphiques, marquent d’emblée. On reste tout de même dans le Squarzoni qu’on connaît, mais fini la colorisation sépia et les effets de flous qui viennent se fondre autour de son trait fin. Noir et blanc stricts, ligne claire : la flânerie est évacuée, retour à la dure réalité du libéralisme en France et à ses implications !
Philippe Squarzoni rechausse ses bottes militantes pour nous dresser un portrait peu reluisant de la politique libérale, théorisée et mise en pratique en France depuis la fin des années 80, jusqu’à l’arrivée de Sarkozy dans le champ politique et son élection en 2007.
Bilan sévère mais efficace, qui démonte un système et une pensée politique basée sur l’intérêt de certains privilégiés au détriment de l’intérêt commun. Rien de nouveau me direz-vous, maisil nous explique comment, que ce soit par les réformes des retraites, des indemnités chômage, du système carcéral et de la panoplie de lois répressives qui vont avec, la remise en cause du modèle de répartition mis en place après guerre est démantelé petit à petit et s’inscrit dans un projet global.
Alors oui c’est partisan. Mais malgré quelques petites lourdeurs au niveau du texte par moment, on sort de cette lecture avec un regard plus éclairé et critique (dans le bon sens du terme) sur la politique qui insidieusement écrase notre système social depuis maintenant une trentaine d’année.
Attention, grosse qualité cette BD :)
C'est une histoire qui arrive marier 2 mondes (la BD et le vin), de facon très adroite, tres belle et très sincère !
Très adroite, car le parcours initiatique des 2 protagonistes qui découvrent le métier de l'autre au fil de l'album, c'est vachement bien foutu. Davoveau découvre le métier de vigneron au fil des saisons, et son ami vigneron (je me souvient plus de son nom désolé) découvre la BD à travers les albums qu'on lui fait lire, mais aussi à travers des rencontres avec des auteurs (celle avec Gibrat est exquise), des festivals, et rendez-vous chez l'édtieurs, l'imprimeur etc.
Et nous au milieu de tout ca, on découvre les 2 mondes, et on se laisse porter par l'histoire.
Le coté sincère, c'est parce qu'on sent que c'est authentique ! Le pense que cette BD est le reflet parfait de l'année passé ensemble par ces 2 hommes, en tout cas, moi je marche !
Sinon coté dessins, je connaissais pas trop Davodeau, c'est un style assez chouette, ça me plait vraiment !
Si toutes les BD de Davodeau sont aussi sympa et authentique, je sens que je vais m'y pencher un peu plus, car c'est pour moi une vrai découverte ! Prochain achat : Rural!
;)
Le débat sur l’euthanasie n’est actuellement toujours pas clos. A ce jour, tout proche peut être poursuivi comme un criminel lorsqu’il provoque le décès d’un parent atteint d’une maladie incurable qui lui inflige des souffrances morales et physiques intolérables. Il est vrai qu’avec l’intensification des moyens médicaux modernes, les médecins pratiquent un véritable acharnement thérapeutique afin de maintenir en vie leur patient. L’Eglise a également pris une position assez ferme et non équivoque : c’est à Dieu de décider de votre sort.
L’ensemble de ces éléments seront repris dans cette oeuvre avec la position non tranchée du médecin ou encore celle du prêtre reprenant les arguments du Vatican. On ne pourra que constater l’hypocrisie de la médecine qui ferme les yeux sur les actes des proches. On se dit que la loi très rigoureuse est vraiment inadaptée car elle ne suit pas l’évolution des mœurs et de notre époque.
Le sujet bien que contemporain a été rarement abordé dans une bande dessinée. C’est une bonne chose d’autant que cela amène à une réflexion assez profonde. On sera sans doute confronté à ce problème un jour dans notre vie qui défile vite. Et puis, le traitement est assez fin pour ne pas sombrer dans le pathologique. A découvrir et à méditer !
Etant amateur de vin, depuis quelques temps je me penche un peu plus sur les BD qui traitent du sujet.
Châteaux Bordeaux est en fait plutôt une histoire familiale avec en trame de fond la vie d'un vignoble bordelais réputé. Cette histoire comprend des affaires de gros sous, de l'héritage, des tractations plus ou moins légales, des coups de putes etc !
Alors oui, dit comme ca, l'histoire pourrait très bien être le scénar du feuilleton de l'été sur TF1, mais j'avoue, j'ai bien aimé cette BD comme la ménagère de 50 ans aimerait son feuilleton l'été dernier avec Bernard Lecoq et Annie Duperey en acteurs principaux...
Bon le truc sympa aussi dans cette histoire de pinard, c'est que ca permet quand même d'en savoir un peu plus sur les métiers qui gravitent autour de la vigne comme celui de négociant, de maitre de chais etc.
Niveau dessin, c'est propre, pas exceptionnel, mais très correct et très classique chez Glénat dans la collection Graphica. Perso j'aime bien.
Enfin tout ca pour dire que j'attends le tome 3, et comme le rythme de parution a l'air assez rapide, ça tombe bien :)
Et comme y parait que ça ressemble aux Maîtres de l'Orge, j'ai bien envie de m'y pencher un peu ;)
Edit apres la lecture des 4 tomes : la qualité ne baisse pas, l'intrigue est assez intéressante, je vasi continuer à suivre cette série avec plaisir !
Passant dans une grande surface et ayant quelques temps à tuer, je m'approchais du rayon BD. Mon regard fut rapidement attiré par cette couverture et ses couleurs particulières, à cette ambiance Tim Burton qui émanait de ce miroir et de la composition générale.
Saisissant l'ouvrage, je l'ouvrais et le reposais pratiquement dans la foulée.
La mise en page est simplement rebutante.
Un découpage principal en 3 lignes 4 colonnes, sans grande recherche et des couleurs qui, si sur la couverture aguichent le passant qui passe, rendent la première impression finalement beaucoup trop terne.
Et puis, je me disais, qu'au moins, cet album dénote dans la production habituelle à la composition semblable au maquillage trop lourd cherchant à cacher un gros problème de fond.
Ici, ce n'est pas un foisonnement d'effets spéciaux qui font remonter le scénario. Donc, si les auteurs ont pris ce parti, c'est surement qu'ils étaient sûrs de ce qu'ils proposaient.
Je reprenais l'album en main et commençais la lecture.
Assez rapidement, je me suis laissé embarquer dans cette histoire bien étrange. Emma, une vieille dame veuve, vivant seule dans sa maison est assassinée. Seulement voilà, elle ne meurt pas vraiment et se réveille morte-vivante, une zombie...
Commence alors un long retour sur elle même sur son histoire personnelle. Nous découvrons alors sa vie, mais aussi la vie de sa ville, de son quartier et de ses habitants... A travers ces flashbacks, l'auteur nous donne en réalité toutes les clefs de l'enquête que le lecteur va devoir mener afin de comprendre qui est le Colonel Moutarde et quel est son mobile. Pourquoi cette vieille dame tranquille a-t-elle été abattue d'une balle en plein cœur ?
A coup de petites phrases pertinentes, parsemées d'un humour tirant sur l'humour so british, convenant parfaitement à cette personne âgée de bon aloi, d'un dessin laissant souvent libre cours à des cases sans dialogue mais se suffisant à elles-mêmes, l'histoire prend corps et nous embarque dans ce polar délirant.
Emma va devoir réussir à passer inaperçue, maintenant qu'elle ne dort plus, ne mange plus et que son teint a pris un méchant coup de vert morbide...
Les questions existentielles se succèdent aux questions plus terre à terre des raisons de sa mort.
Finalement, ma réticence de premier instant est bel et bien envolée. Le charisme sincère des personnages, la vie quelconque représentée de si belle manière grâce à ce graphisme si personnel ont su me charmer. Pour l’instant, je mets 4 petites étoiles en espérant sincèrement les voir confirmées dans le prochain tome.
Annoncée en 2 tomes, cette courte série mérite le coup d’œil avant qu'Emma ne perde un bras pour de bon !
J'ai lu ce récit dans mon enfance, dans les années 50.60 et je l'ai trouvé passionnant.
J'ai vu des adultes lire cet ouvrage avec autant d'intérêts qu'un enfant... c'est donc réussi.
Je rejoins Erik, cette série, non dépourvue de défauts (au nombre desquels un rythme inégal et certaines péripéties malvenues), ne peut mériter moins que 4* tant elle a initié la BD moderne. Elle a été avec certaines autres, le liant entre la BD gentillette dite "à papa" et celle moins conventionnelle tant dans son fond que dans son exécution.
Le dessin y est une pure merveille, on parcourt ces albums avec une frénésie non dissimulée. Les femmes y sont sublimes, les hommes ont le verbe haut et la faconde que l'on attend. Les décors et paysages sont magnifiquement rendus et donnent toute leur dimension à l'oeuvre.
Tome après tome, on attend ce dénouement qui certes donne un peu l'impression d'une chute trop simple et abrupte au regard de l'histoire dans son ensemble. Malgré tout, on ressort de sa lecture avec une grande satisfaction, un voyage dans le temps somptueux, c'est ainsi que l'on aime l'Histoire.
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Magellan - Jusqu'au bout du monde
Voici enfin une biographie qui sort pour une fois des sentiers battus. En effet, on découvre l'histoire du premier tour du monde en 1521 par le navigateur Magellan. L'originalité provient du fait que ce n'est pas tant l'aventure qui est mise en avant mais la paternité de la découverte avec les complots que cela comporte. J'ai bien aimé également le fait que l'auteur s'implique et prenne des risques pour nous démontrer une thèse qui finalement paraît assez crédible. On va plus loin que le simple documentaire qui est assez ennuyeux car on connaît généralement les faits. Une vraie bd historique mais avec ce petit plus qui fait toute la différence. Comble du bonheur, les images sont très belles avec des décors somptueux. Bref, on se régale d'autant que le récit est assez fluide, ce qui facilite la lecture. C'est mon premier titre de la collection Explora que j'ai bien envie de découvrir.
Dorian Gray
Je dois bien avouer que c'est une lecture qui a commencé plutôt de manière assez difficile. Le langage est soutenu et on entre directement dans la lecture de cette œuvre d'Oscar Wilde que je ne connaissais pas non plus. Il paraît que c'est l'unique roman de toute sa carrière. Bref, il m'a fallu parcourir une bonne partie de cette bd avant de pouvoir l'apprécier pleinement. Ce n'était pas une lecture qui était acquise d'emblée. Et c'est certainement cela qui en fait tout son charme car j'ai été finalement très convaincu. Les thèmes traités sont ceux de l'art, de l'esthétique, de la beauté, de la jeunesse et également de la noirceur de l'âme humaine. Les questions qui se posent peuvent nous toucher comme celle de perdre sa jeunesse et sa beauté. Que ne ferions nous pas pour les conserver ? L'œuvre va plus loin car le fantastique rentre en scène. Il y a alors une étrange relation entre un tableau d'un portrait qui se met à vieillir et le personnage de Dorian Gray, un genre de dandy irlandais d'une très grande beauté. Le dessin est réellement exquis dans un style faisant un peu art déco. Les couleurs flamboyantes m'ont également agréablement surpris. Même sur la forme, on ne peut qu'admirer de belles planches. Sur le fond, il y a une réelle reconstitution de l'ambiance de ce Londres de l'époque victorienne. Il faut juste savoir que l'histoire a été un peu modifiée par rapport à la version d'origine que j'ai parcourue par la suite par curiosité. Eh oui, cette bd donne envie de parcourir l'œuvre d'un auteur légèrement en avance sur son temps et qui avait tout compris à la psychologie de l'être humain. Un conseil d'Oscar Wilde : la meilleure façon de résister à la tentation est peut-être d'y céder...
Le Plus mauvais groupe du monde
Vraiment étrange cette série, mais dont la qualité augmente crescendo entre les deux intégrales, regroupant les 4 albums originels (en effet, je mettrais 3/5 au premier tome, mais 4/5 au deuxième album). Un mot sur le dessin, qui n'est, du moins pour moi, pas le plus mémorable de cette série mais qui n'est pas non plus mauvais. Les décors sont bien faits, l'encrage est subtil (avec des ombres faites aux pinceaux plus gras), et j'aime la palette de couleurs utilisées (ocre, jaune, beige, marron, orange), même si j'ai un peu de mal avec les visages de tous les personnages, qui ont l'air tous dépressifs mais dans l'ensemble, on a le droit à un graphisme soigné. Le scénario est soigné aussi. Le temps d'une courte histoire (une double page), on suivra les pensées et les actions décalées d'un ou de plusieurs personnages. Souvent, on retrouve ce personnage (au nom compliqué) quelques pages plus loin, mais j'ai bien l'impression que le personnage principal de la BD est la ville où se passe les évènements (élément plus que récurrent, avec des détails comme le nom des rues ou des enseignes de magasins). Sinon, il est vrai que les albums se focalisent plus sur quelques personnages récurrents (musiciens de plus mauvais groupe du monde, conservateur du musée). Suivre chacun de ces personnages un peu toqués dans ce monde de doux-dingues, rempli de maniaco-dépressifs, aux visages tristes, aux idées farfelues et tordues, qui s'adonnent à des activités d'une grande futilité, c'est agréable, mais j'ai cru jusqu'au bout que leurs histoires allaient se croiser, se couper et re-couper pour former une chute (sûrement que la série n'est pas terminée). En fait je n'ai pas du tout compris ce que José Carlos Fernandes voulait exprimer au travers de son œuvre, mais j'aime cette atmosphère. Bref, l'album est rempli de snobs nous présentant leur vie, avec des mots compliqués pour exprimer certaines banalités de la vie. L'album adopte un ton résolument intello pour se moquer justement des intellos. Et souvent, c'est très drôle... Toutes le histoires (en double page) ne font pas mouche, je n'ai pas compris certaines, très absconses, mais dans l'ensemble, ce défilé de minables scientifiques, journalistes, écrivains et musiciens fait mouche. Une curiosité à découvrir si vous avez le courage, moi j'espère que la suite sera publiée.
Dol
Accueillir Philippe Squarzoni pour discuter réchauffement climatique et présenter son dernier album ? C’est le genre de proposition faite par votre libraire difficile à refuser ! Bon, c’est pas le tout, mais encore faudrait-il que je connaisse un minimum son boulot ! Car jusqu’ici ses BD étaient passées entre les mailles de mes filets de lecture… Après m’être mis en bouche avec « Un après-midi un peu couvert », cet encas breton m’a rapidement mis en appétit. J’attaque donc le hors d’œuvre tout empapillé, avec un « Dol » de 300 pages qui promet de bien nous remplir l’estomac. Les changements de rythme, d’ambiance, de codes graphiques, marquent d’emblée. On reste tout de même dans le Squarzoni qu’on connaît, mais fini la colorisation sépia et les effets de flous qui viennent se fondre autour de son trait fin. Noir et blanc stricts, ligne claire : la flânerie est évacuée, retour à la dure réalité du libéralisme en France et à ses implications ! Philippe Squarzoni rechausse ses bottes militantes pour nous dresser un portrait peu reluisant de la politique libérale, théorisée et mise en pratique en France depuis la fin des années 80, jusqu’à l’arrivée de Sarkozy dans le champ politique et son élection en 2007. Bilan sévère mais efficace, qui démonte un système et une pensée politique basée sur l’intérêt de certains privilégiés au détriment de l’intérêt commun. Rien de nouveau me direz-vous, maisil nous explique comment, que ce soit par les réformes des retraites, des indemnités chômage, du système carcéral et de la panoplie de lois répressives qui vont avec, la remise en cause du modèle de répartition mis en place après guerre est démantelé petit à petit et s’inscrit dans un projet global. Alors oui c’est partisan. Mais malgré quelques petites lourdeurs au niveau du texte par moment, on sort de cette lecture avec un regard plus éclairé et critique (dans le bon sens du terme) sur la politique qui insidieusement écrase notre système social depuis maintenant une trentaine d’année.
Les Ignorants
Attention, grosse qualité cette BD :) C'est une histoire qui arrive marier 2 mondes (la BD et le vin), de facon très adroite, tres belle et très sincère ! Très adroite, car le parcours initiatique des 2 protagonistes qui découvrent le métier de l'autre au fil de l'album, c'est vachement bien foutu. Davoveau découvre le métier de vigneron au fil des saisons, et son ami vigneron (je me souvient plus de son nom désolé) découvre la BD à travers les albums qu'on lui fait lire, mais aussi à travers des rencontres avec des auteurs (celle avec Gibrat est exquise), des festivals, et rendez-vous chez l'édtieurs, l'imprimeur etc. Et nous au milieu de tout ca, on découvre les 2 mondes, et on se laisse porter par l'histoire. Le coté sincère, c'est parce qu'on sent que c'est authentique ! Le pense que cette BD est le reflet parfait de l'année passé ensemble par ces 2 hommes, en tout cas, moi je marche ! Sinon coté dessins, je connaissais pas trop Davodeau, c'est un style assez chouette, ça me plait vraiment ! Si toutes les BD de Davodeau sont aussi sympa et authentique, je sens que je vais m'y pencher un peu plus, car c'est pour moi une vrai découverte ! Prochain achat : Rural! ;)
La Mort dans l'âme
Le débat sur l’euthanasie n’est actuellement toujours pas clos. A ce jour, tout proche peut être poursuivi comme un criminel lorsqu’il provoque le décès d’un parent atteint d’une maladie incurable qui lui inflige des souffrances morales et physiques intolérables. Il est vrai qu’avec l’intensification des moyens médicaux modernes, les médecins pratiquent un véritable acharnement thérapeutique afin de maintenir en vie leur patient. L’Eglise a également pris une position assez ferme et non équivoque : c’est à Dieu de décider de votre sort. L’ensemble de ces éléments seront repris dans cette oeuvre avec la position non tranchée du médecin ou encore celle du prêtre reprenant les arguments du Vatican. On ne pourra que constater l’hypocrisie de la médecine qui ferme les yeux sur les actes des proches. On se dit que la loi très rigoureuse est vraiment inadaptée car elle ne suit pas l’évolution des mœurs et de notre époque. Le sujet bien que contemporain a été rarement abordé dans une bande dessinée. C’est une bonne chose d’autant que cela amène à une réflexion assez profonde. On sera sans doute confronté à ce problème un jour dans notre vie qui défile vite. Et puis, le traitement est assez fin pour ne pas sombrer dans le pathologique. A découvrir et à méditer !
Châteaux Bordeaux
Etant amateur de vin, depuis quelques temps je me penche un peu plus sur les BD qui traitent du sujet. Châteaux Bordeaux est en fait plutôt une histoire familiale avec en trame de fond la vie d'un vignoble bordelais réputé. Cette histoire comprend des affaires de gros sous, de l'héritage, des tractations plus ou moins légales, des coups de putes etc ! Alors oui, dit comme ca, l'histoire pourrait très bien être le scénar du feuilleton de l'été sur TF1, mais j'avoue, j'ai bien aimé cette BD comme la ménagère de 50 ans aimerait son feuilleton l'été dernier avec Bernard Lecoq et Annie Duperey en acteurs principaux... Bon le truc sympa aussi dans cette histoire de pinard, c'est que ca permet quand même d'en savoir un peu plus sur les métiers qui gravitent autour de la vigne comme celui de négociant, de maitre de chais etc. Niveau dessin, c'est propre, pas exceptionnel, mais très correct et très classique chez Glénat dans la collection Graphica. Perso j'aime bien. Enfin tout ca pour dire que j'attends le tome 3, et comme le rythme de parution a l'air assez rapide, ça tombe bien :) Et comme y parait que ça ressemble aux Maîtres de l'Orge, j'ai bien envie de m'y pencher un peu ;) Edit apres la lecture des 4 tomes : la qualité ne baisse pas, l'intrigue est assez intéressante, je vasi continuer à suivre cette série avec plaisir !
Ma vie posthume
Passant dans une grande surface et ayant quelques temps à tuer, je m'approchais du rayon BD. Mon regard fut rapidement attiré par cette couverture et ses couleurs particulières, à cette ambiance Tim Burton qui émanait de ce miroir et de la composition générale. Saisissant l'ouvrage, je l'ouvrais et le reposais pratiquement dans la foulée. La mise en page est simplement rebutante. Un découpage principal en 3 lignes 4 colonnes, sans grande recherche et des couleurs qui, si sur la couverture aguichent le passant qui passe, rendent la première impression finalement beaucoup trop terne. Et puis, je me disais, qu'au moins, cet album dénote dans la production habituelle à la composition semblable au maquillage trop lourd cherchant à cacher un gros problème de fond. Ici, ce n'est pas un foisonnement d'effets spéciaux qui font remonter le scénario. Donc, si les auteurs ont pris ce parti, c'est surement qu'ils étaient sûrs de ce qu'ils proposaient. Je reprenais l'album en main et commençais la lecture. Assez rapidement, je me suis laissé embarquer dans cette histoire bien étrange. Emma, une vieille dame veuve, vivant seule dans sa maison est assassinée. Seulement voilà, elle ne meurt pas vraiment et se réveille morte-vivante, une zombie... Commence alors un long retour sur elle même sur son histoire personnelle. Nous découvrons alors sa vie, mais aussi la vie de sa ville, de son quartier et de ses habitants... A travers ces flashbacks, l'auteur nous donne en réalité toutes les clefs de l'enquête que le lecteur va devoir mener afin de comprendre qui est le Colonel Moutarde et quel est son mobile. Pourquoi cette vieille dame tranquille a-t-elle été abattue d'une balle en plein cœur ? A coup de petites phrases pertinentes, parsemées d'un humour tirant sur l'humour so british, convenant parfaitement à cette personne âgée de bon aloi, d'un dessin laissant souvent libre cours à des cases sans dialogue mais se suffisant à elles-mêmes, l'histoire prend corps et nous embarque dans ce polar délirant. Emma va devoir réussir à passer inaperçue, maintenant qu'elle ne dort plus, ne mange plus et que son teint a pris un méchant coup de vert morbide... Les questions existentielles se succèdent aux questions plus terre à terre des raisons de sa mort. Finalement, ma réticence de premier instant est bel et bien envolée. Le charisme sincère des personnages, la vie quelconque représentée de si belle manière grâce à ce graphisme si personnel ont su me charmer. Pour l’instant, je mets 4 petites étoiles en espérant sincèrement les voir confirmées dans le prochain tome. Annoncée en 2 tomes, cette courte série mérite le coup d’œil avant qu'Emma ne perde un bras pour de bon !
Jésus de Nazareth
J'ai lu ce récit dans mon enfance, dans les années 50.60 et je l'ai trouvé passionnant. J'ai vu des adultes lire cet ouvrage avec autant d'intérêts qu'un enfant... c'est donc réussi.
Les 7 vies de l'épervier
Je rejoins Erik, cette série, non dépourvue de défauts (au nombre desquels un rythme inégal et certaines péripéties malvenues), ne peut mériter moins que 4* tant elle a initié la BD moderne. Elle a été avec certaines autres, le liant entre la BD gentillette dite "à papa" et celle moins conventionnelle tant dans son fond que dans son exécution. Le dessin y est une pure merveille, on parcourt ces albums avec une frénésie non dissimulée. Les femmes y sont sublimes, les hommes ont le verbe haut et la faconde que l'on attend. Les décors et paysages sont magnifiquement rendus et donnent toute leur dimension à l'oeuvre. Tome après tome, on attend ce dénouement qui certes donne un peu l'impression d'une chute trop simple et abrupte au regard de l'histoire dans son ensemble. Malgré tout, on ressort de sa lecture avec une grande satisfaction, un voyage dans le temps somptueux, c'est ainsi que l'on aime l'Histoire.