Je me joins aux plus enthousiastes. Anuki, c'est sympa, rigolo, très rythmé, joliment dessiné et pas con du tout (il y a toujours une petite morale derrière ces petits récits).
La narration, qui passe uniquement par le dessin (puisqu'il s'agit d'une bd muette) est pleinement maîtrisée. Les animaux apportent beaucoup d'humour et notre petit indien, s'il n'est pas parfait, n'en est pas moins - voire d'autant plus - attachant.
Bref, pour les plus jeunes mais aussi pour leurs parents, Anuki, c'est très bien.
Un homme parle à son psychologue. On apprend qu’il suit une thérapie depuis une dizaine d’années sans doute liée à une dépression. Il décide de mettre fin brusquement à cette démarche ce qui ne plaît pas trop à son psy qui va perdre ainsi une source de revenus rentables. A partir de ce moment- là, on va entrer dans tout autre processus. La question est de savoir si ce patient va s’en sortir ?
L’homme en question paraît ce qu’il y a de plus normal. Cependant, il souffre de son contact avec les autres dans un monde où la rentabilité fait foi. Il expose des remarques qui font mouche. Il remarque que les conversations avec les autres ont souvent pour but de flatter leur égo ou bien pour masquer un blanc ce qui est pire encore.
On apprend que c’est un misanthrope. Il déteste le genre humain sous toutes ces formes. Il aime la solitude et évite tout contact avec autrui. Il va finir sur une île isolée du reste du monde. Va-t-il alors trouver ce qu’il recherche ?
La fin de ce récit nous dévoilera une réalité bien cruelle et qui touche bon nombres d’individus. J’avoue avoir été touché par cette bd dont la construction est d’une rare intelligence. L’auteur savait où il allait nous emmener. C’est du plus bel effet. Sur le fond, cela mérite une réflexion. Sur la forme, le dessin en carte à gratter est une merveille de précision. C’est une satire acerbe de notre société de consommation.
La couverture attire l'œil immédiatement, du vert fluorescent pour le bas, du bleu nuit pour le haut, et une petite touche de rouge qui est l'habit d'un étrange petit être du genre félidé. Ça sent le fantastique… Après ouverture de la bd, c'est presque un choc pour moi, j'adore ! J'adore ! Une espèce de mélange de Winshluss et de Micol, deux auteurs que j'apprécie énormément, dans un style ni précis ni brouillon, sobre et en même temps détaillé, alternant le trait fin et gras ; le mélange est excellent. Les couleurs de Juliette Nardin sont pétantes, rarement criardes et vont comme un gant au récit.
Et pour le genre c'est du conte noir, un peu macabre mais trop quand même, pour l'instant. L'histoire commence en s'inspirant du fameux joueur de flûte de Hamelin, entraînant derrière lui une ribambelle de petits enfants, des orphelins dans ce cas. Ceux-ci pas très heureux dans l'orphelinat, sont ravis de suivre ce petit être étrange qui ressemble à un chat, qui à défaut de flûte possède une langue bien pendue et leur promet une maman, une vrai qui aime et sait donner des caresses. Alléchés, ils le suivent et ne voient pas le piège se refermer sur eux… Le tout se déroule dans un cirque où les freaks par ailleurs ont une belle part de l'histoire.
Le tout est bien mené et sans temps morts, le suspense est posé et ce premier tome se termine sur une belle énigme qu'on a envie de découvrir au plus vite.
Je n'émettrai qu'une critique, malgré la noirceur du récit, je le trouve au final presque trop gentil, j'aurais aimé un peu plus d'acidité, voire même de sadisme. Tout est raconté de manière à ne pas choquer, peut-être pour toucher un public plus large, c'est dommage, un ton plus incisif lui irait mieux. Espérons que ce sera le cas dans les prochains tomes.
Quoi qu'il en soit j'ai hâte d'avoir la suite entre mes petites mains.
Suite et fin
Les tomes 2 et 3 sont de même qualité que le premier niveau scénario comme graphisme. La lecture est agréable et les personnages attachants surtout Prune. Je voulais plus de noirceur sur cette suite et elle est bien là, presque trop, c'est pour cette raison que je laisse 4 étoiles sans option d'achat car je n‘ai pas très envie de replonger dans cette ambiance un peu trop glauque qui me rappelle celles de Jolies ténèbres ou de Coeur de Glace (Dargaud), bien que Braise soit tout de même nettement moins oppressante.
Une belle histoire à lire au moins une fois, plus pour les amateurs de noirceur infantile.
Le monde ne le sait pas, mais Fabrice Caro adore regarder les telenovelas et les séries interminables telles Amour, gloire et Beauté à la télévision. Alors qu’il doit encore boucler un album pour son éditeur. Du coup, déçu de ne pas être accepté par les chaînes de télévision brésiliennes, il décide d’écrire sa propre série, qui marquera à tout jamais l’histoire de la bande dessinée.
Une fois encore l’humour décalé et absurde de Fabcaro fait mouche. A l’ineptie des soap opera américains il rajoute de la beaufitude franchouillarde, ses talents de dialoguiste hors pair faisant le reste. Pour l’aider dans sa tâche, le talentueux James, avec ses personnages à tête d’animaux très expressifs, propose une galerie de portraits inoubliables, entre nuques longues, grandes cheminées et décors dépouillés. Ben Grrr complète cette fine équipe avec des couleurs relativement discrètes, mais qui n'écrasent pas le trait de James.
A noter que le troisième tome semble marquer la fin de la série, puisque sa "conclusion" est en prise directe avec le titre de celle-ci.
Un pur régal.
3.5
Cet album regroupe une minisérie sur le pingouin ainsi que deux histoires courtes sur lui.
J'ai bien aimé l'histoire principale. Il y a plusieurs clichés (le pingouin a eu une enfance malheureuse, il sort avec une aveugle car elle ne voit pas à quel point il est laid), mais ils sont bien utilisés. Le point fort est comment le scénario montre la psychologie du pingouin qui est un vrai psychopathe lorsqu'on l'insulte ! J'ai eu un petit problème avec le dessin que je trouvais un peu illisible au début, mais je me suis vite habitué à ce style.
La deuxième histoire présente le pingouin. Elle dure deux pages et c'est sans grand intérêt.
La troisième et dernière histoire est bonne. Encore une fois, les auteurs exploitent bien la psychologie du pingouin et en une vingtaine de pages ils réussissent à créer un récit mémorable.
Un excellent album sur la guerre civile espagnole. Carlos Gimenez montre très bien les horreurs de cette guerre et comment cela a affecté les civils qui se sont soudainement retrouvés dans deux camps.
L'auteur montre très bien les souffrances qu'ont endurées les civils durant la guerre et comment les humains peuvent faire preuve de lâcheté et de cruauté. Les différentes histoires sont prenantes quoique j'aie ressenti un certain relâchement durant ma lecture du troisième tome car à la longue les histoires de guerres se ressemblent un peu. Heureusement, il y a du changement au début du tome 4 et on tombe dans la période où les fascistes ont gagné.
J'aime bien le dessin de Gimenez que je trouve à la fois dynamique et personnel.
Cela semble s’inspirer d’une histoire vraie, qui pour le coup est assez incroyable, et je me demande pourquoi elle n’a pas déjà été adaptée au cinéma (il y a là matière à faire un bon scénario !) – à moins que cela n’ait déjà été fait…
Un homme donc déserte pendant la grande guerre, pour fuir l’horreur et retrouver sa femme. Pour pouvoir sortir, il commence à se déguiser en femme, puis prend goût à ce travestissement, au point qu’une personnalité assez schizophrénique se développe, source de tension dans le couple.
C’est plutôt bien écrit, et le dessin est assez original, avec quelques côtés Sempé je trouve, dans la manière de représenter les choses et les personnes en douceur, par petites touches.
Il est question d’amour et de haine, d’acceptation des autres et de soi, de la différence et de l’indifférence, et c’est généralement bien vu. « Amusant », c'est-à-dire écœurant de voir le jugement de la « bonne société » - au tribunal – de ce qu’elle considère comme une déviance (l’homosexualité et plus généralement tout amour libre) alors même que les mêmes dirigeants viennent d’envoyer entre 1914 et 1918 des millions d’hommes s’entretuer !
Enfin, on ne peut s’empêcher de voir une résonnance des questions évoquées dans cet album dans certains événements et débats récents…
Lecture et achat recommandés !
Une BD pour adolescents qui plaira aux adultes.
Ça commence comme une histoire de la bibliothèque verte : des ados intègrent une école privée censée former les futures élites de la nation dans le cadre idyllique d'une île méditerranéenne. Mais ceux qui refusent les “rites d'intégration” sont vite mis à l'écart et victimes de vexations constantes. Dans le passé certains y ont même perdu la vie. Nous suivons un trio de rebelles qui tentent de lutter contre le système détestable qui est à l'œuvre dans cet “institut de l'excellence". Peu à peu, ils découvrent qu'il ne fait pas bon y être un orphelin…
Ers et Dugomier, qui ont déjà excellé dans "Les Démons d'Alexia", livrent un bande dessinée fluide, dans le plus pur style Spirou, mais en adoptant un propos moderne et mature, ils ont tous les atouts pour séduire un large public.
Au terme des trois tomes, on découvre une histoire beaucoup plus complexe que ce qu'annonçait le premier opus. Le scénario s'accélère progressivement et réserve de belles surprises au lecteur. Et la fin échappe au manichéisme inhérent aux intrigues pour pré-ados. Tout au plus reprocherais-je au scénariste l'emballement du rythme de l'intrigue dans le tome 3… Mais au moins, il tient sa promesse d'achever l'histoire dans un délai très raisonnable (18 mois).
La preuve que l'on peut marier classicisme et modernité. Du beau boulot !
"Légende de la garde" est une série doublement originale.
De part ses personnages puisqu'il s'agit d'une série d'Heroic Fantasy qui se situe dans le monde animalier et dont les personnages principaux sont des souris, et notamment une confrérie qui donne son nom à la série chargée de protéger ses congénères contre les dangers du monde extérieur et contre les complots ourdis par ses semblables. La violence et la mort y sont présentes, même si le fait que l'histoire concerne des animaux rend celles ci peut être moins violentes que s'il s'était agit d'humain. C'est vrai que le fait de dessiner des animaux fait que l'on a parfois du mal à retrouver les personnages, mais cela n'entame en rien la compréhension du récit. Chaque tome est composé de plusieurs histoires qui permettent au récit de se dérouler de manière fluide, en prenant le temps nécessaire au déroulement de l'histoire ce qui est loin d'être le cas dans le traditionnel format de 46 pages de la Bd Franco-Belge d'après guerre.
Autre originalité le format qui est un format carré dont nous n'avons pas l'habitude en Europe. De ce fait il y a peu de cases dans chaque planche ce qui contribue à donner au récit une vraie aération. Le tout forme en tout cas un superbe objet qui mérite d'être lu par tout les amateurs du genre.
3.5
Claude Cloutier fait partie des auteurs de bandes dessinées marquants du défunt magazine humoristique Croc (1979-1995). Personnellement, je n'ai jamais lu ses BD car son humour me semblait un peu étrange, mais après avoir lu Gilles la jungle je pense que je ne sauterai plus ses BD lorsque je relirai mes vieux Croc.
Gilles la jungle est une parodie des romans-photos et plus précisément de Kimba qui racontait les aventures d'un genre de Tarzan. Il y a eu deux aventures de Gilles ce qui veut dire que l'auteur n'a pas étiré trop la sauce.
J'ai bien aimé ces deux histoires et j'ai souvent rigolé quoique c'est le genre d'humour qui risque de ne pas plaire à tout le monde. Par exemple, il y a plusieurs jeux de mots complètement crétins qui m'ont bien fait rire, mais cela ne m'étonnerait pas si un autre lecteur trouve ça stupide.
Le dessin est bon. J'aime comment tout est dessiné de manière réaliste. Cela rend les situations absurdes encore plus amusantes car les personnages semblent tout prendre au sérieux alors que le scénario est ridicule.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Anuki
Je me joins aux plus enthousiastes. Anuki, c'est sympa, rigolo, très rythmé, joliment dessiné et pas con du tout (il y a toujours une petite morale derrière ces petits récits). La narration, qui passe uniquement par le dessin (puisqu'il s'agit d'une bd muette) est pleinement maîtrisée. Les animaux apportent beaucoup d'humour et notre petit indien, s'il n'est pas parfait, n'en est pas moins - voire d'autant plus - attachant. Bref, pour les plus jeunes mais aussi pour leurs parents, Anuki, c'est très bien.
Magic Dream Box
Un homme parle à son psychologue. On apprend qu’il suit une thérapie depuis une dizaine d’années sans doute liée à une dépression. Il décide de mettre fin brusquement à cette démarche ce qui ne plaît pas trop à son psy qui va perdre ainsi une source de revenus rentables. A partir de ce moment- là, on va entrer dans tout autre processus. La question est de savoir si ce patient va s’en sortir ? L’homme en question paraît ce qu’il y a de plus normal. Cependant, il souffre de son contact avec les autres dans un monde où la rentabilité fait foi. Il expose des remarques qui font mouche. Il remarque que les conversations avec les autres ont souvent pour but de flatter leur égo ou bien pour masquer un blanc ce qui est pire encore. On apprend que c’est un misanthrope. Il déteste le genre humain sous toutes ces formes. Il aime la solitude et évite tout contact avec autrui. Il va finir sur une île isolée du reste du monde. Va-t-il alors trouver ce qu’il recherche ? La fin de ce récit nous dévoilera une réalité bien cruelle et qui touche bon nombres d’individus. J’avoue avoir été touché par cette bd dont la construction est d’une rare intelligence. L’auteur savait où il allait nous emmener. C’est du plus bel effet. Sur le fond, cela mérite une réflexion. Sur la forme, le dessin en carte à gratter est une merveille de précision. C’est une satire acerbe de notre société de consommation.
Braise
La couverture attire l'œil immédiatement, du vert fluorescent pour le bas, du bleu nuit pour le haut, et une petite touche de rouge qui est l'habit d'un étrange petit être du genre félidé. Ça sent le fantastique… Après ouverture de la bd, c'est presque un choc pour moi, j'adore ! J'adore ! Une espèce de mélange de Winshluss et de Micol, deux auteurs que j'apprécie énormément, dans un style ni précis ni brouillon, sobre et en même temps détaillé, alternant le trait fin et gras ; le mélange est excellent. Les couleurs de Juliette Nardin sont pétantes, rarement criardes et vont comme un gant au récit. Et pour le genre c'est du conte noir, un peu macabre mais trop quand même, pour l'instant. L'histoire commence en s'inspirant du fameux joueur de flûte de Hamelin, entraînant derrière lui une ribambelle de petits enfants, des orphelins dans ce cas. Ceux-ci pas très heureux dans l'orphelinat, sont ravis de suivre ce petit être étrange qui ressemble à un chat, qui à défaut de flûte possède une langue bien pendue et leur promet une maman, une vrai qui aime et sait donner des caresses. Alléchés, ils le suivent et ne voient pas le piège se refermer sur eux… Le tout se déroule dans un cirque où les freaks par ailleurs ont une belle part de l'histoire. Le tout est bien mené et sans temps morts, le suspense est posé et ce premier tome se termine sur une belle énigme qu'on a envie de découvrir au plus vite. Je n'émettrai qu'une critique, malgré la noirceur du récit, je le trouve au final presque trop gentil, j'aurais aimé un peu plus d'acidité, voire même de sadisme. Tout est raconté de manière à ne pas choquer, peut-être pour toucher un public plus large, c'est dommage, un ton plus incisif lui irait mieux. Espérons que ce sera le cas dans les prochains tomes. Quoi qu'il en soit j'ai hâte d'avoir la suite entre mes petites mains. Suite et fin Les tomes 2 et 3 sont de même qualité que le premier niveau scénario comme graphisme. La lecture est agréable et les personnages attachants surtout Prune. Je voulais plus de noirceur sur cette suite et elle est bien là, presque trop, c'est pour cette raison que je laisse 4 étoiles sans option d'achat car je n‘ai pas très envie de replonger dans cette ambiance un peu trop glauque qui me rappelle celles de Jolies ténèbres ou de Coeur de Glace (Dargaud), bien que Braise soit tout de même nettement moins oppressante. Une belle histoire à lire au moins une fois, plus pour les amateurs de noirceur infantile.
Amour, passion et CX diesel
Le monde ne le sait pas, mais Fabrice Caro adore regarder les telenovelas et les séries interminables telles Amour, gloire et Beauté à la télévision. Alors qu’il doit encore boucler un album pour son éditeur. Du coup, déçu de ne pas être accepté par les chaînes de télévision brésiliennes, il décide d’écrire sa propre série, qui marquera à tout jamais l’histoire de la bande dessinée. Une fois encore l’humour décalé et absurde de Fabcaro fait mouche. A l’ineptie des soap opera américains il rajoute de la beaufitude franchouillarde, ses talents de dialoguiste hors pair faisant le reste. Pour l’aider dans sa tâche, le talentueux James, avec ses personnages à tête d’animaux très expressifs, propose une galerie de portraits inoubliables, entre nuques longues, grandes cheminées et décors dépouillés. Ben Grrr complète cette fine équipe avec des couleurs relativement discrètes, mais qui n'écrasent pas le trait de James. A noter que le troisième tome semble marquer la fin de la série, puisque sa "conclusion" est en prise directe avec le titre de celle-ci. Un pur régal.
La Splendeur du Pingouin
3.5 Cet album regroupe une minisérie sur le pingouin ainsi que deux histoires courtes sur lui. J'ai bien aimé l'histoire principale. Il y a plusieurs clichés (le pingouin a eu une enfance malheureuse, il sort avec une aveugle car elle ne voit pas à quel point il est laid), mais ils sont bien utilisés. Le point fort est comment le scénario montre la psychologie du pingouin qui est un vrai psychopathe lorsqu'on l'insulte ! J'ai eu un petit problème avec le dessin que je trouvais un peu illisible au début, mais je me suis vite habitué à ce style. La deuxième histoire présente le pingouin. Elle dure deux pages et c'est sans grand intérêt. La troisième et dernière histoire est bonne. Encore une fois, les auteurs exploitent bien la psychologie du pingouin et en une vingtaine de pages ils réussissent à créer un récit mémorable.
Les Temps Mauvais
Un excellent album sur la guerre civile espagnole. Carlos Gimenez montre très bien les horreurs de cette guerre et comment cela a affecté les civils qui se sont soudainement retrouvés dans deux camps. L'auteur montre très bien les souffrances qu'ont endurées les civils durant la guerre et comment les humains peuvent faire preuve de lâcheté et de cruauté. Les différentes histoires sont prenantes quoique j'aie ressenti un certain relâchement durant ma lecture du troisième tome car à la longue les histoires de guerres se ressemblent un peu. Heureusement, il y a du changement au début du tome 4 et on tombe dans la période où les fascistes ont gagné. J'aime bien le dessin de Gimenez que je trouve à la fois dynamique et personnel.
Mauvais genre
Cela semble s’inspirer d’une histoire vraie, qui pour le coup est assez incroyable, et je me demande pourquoi elle n’a pas déjà été adaptée au cinéma (il y a là matière à faire un bon scénario !) – à moins que cela n’ait déjà été fait… Un homme donc déserte pendant la grande guerre, pour fuir l’horreur et retrouver sa femme. Pour pouvoir sortir, il commence à se déguiser en femme, puis prend goût à ce travestissement, au point qu’une personnalité assez schizophrénique se développe, source de tension dans le couple. C’est plutôt bien écrit, et le dessin est assez original, avec quelques côtés Sempé je trouve, dans la manière de représenter les choses et les personnes en douceur, par petites touches. Il est question d’amour et de haine, d’acceptation des autres et de soi, de la différence et de l’indifférence, et c’est généralement bien vu. « Amusant », c'est-à-dire écœurant de voir le jugement de la « bonne société » - au tribunal – de ce qu’elle considère comme une déviance (l’homosexualité et plus généralement tout amour libre) alors même que les mêmes dirigeants viennent d’envoyer entre 1914 et 1918 des millions d’hommes s’entretuer ! Enfin, on ne peut s’empêcher de voir une résonnance des questions évoquées dans cet album dans certains événements et débats récents… Lecture et achat recommandés !
Hell School
Une BD pour adolescents qui plaira aux adultes. Ça commence comme une histoire de la bibliothèque verte : des ados intègrent une école privée censée former les futures élites de la nation dans le cadre idyllique d'une île méditerranéenne. Mais ceux qui refusent les “rites d'intégration” sont vite mis à l'écart et victimes de vexations constantes. Dans le passé certains y ont même perdu la vie. Nous suivons un trio de rebelles qui tentent de lutter contre le système détestable qui est à l'œuvre dans cet “institut de l'excellence". Peu à peu, ils découvrent qu'il ne fait pas bon y être un orphelin… Ers et Dugomier, qui ont déjà excellé dans "Les Démons d'Alexia", livrent un bande dessinée fluide, dans le plus pur style Spirou, mais en adoptant un propos moderne et mature, ils ont tous les atouts pour séduire un large public. Au terme des trois tomes, on découvre une histoire beaucoup plus complexe que ce qu'annonçait le premier opus. Le scénario s'accélère progressivement et réserve de belles surprises au lecteur. Et la fin échappe au manichéisme inhérent aux intrigues pour pré-ados. Tout au plus reprocherais-je au scénariste l'emballement du rythme de l'intrigue dans le tome 3… Mais au moins, il tient sa promesse d'achever l'histoire dans un délai très raisonnable (18 mois). La preuve que l'on peut marier classicisme et modernité. Du beau boulot !
Légendes de la Garde
"Légende de la garde" est une série doublement originale. De part ses personnages puisqu'il s'agit d'une série d'Heroic Fantasy qui se situe dans le monde animalier et dont les personnages principaux sont des souris, et notamment une confrérie qui donne son nom à la série chargée de protéger ses congénères contre les dangers du monde extérieur et contre les complots ourdis par ses semblables. La violence et la mort y sont présentes, même si le fait que l'histoire concerne des animaux rend celles ci peut être moins violentes que s'il s'était agit d'humain. C'est vrai que le fait de dessiner des animaux fait que l'on a parfois du mal à retrouver les personnages, mais cela n'entame en rien la compréhension du récit. Chaque tome est composé de plusieurs histoires qui permettent au récit de se dérouler de manière fluide, en prenant le temps nécessaire au déroulement de l'histoire ce qui est loin d'être le cas dans le traditionnel format de 46 pages de la Bd Franco-Belge d'après guerre. Autre originalité le format qui est un format carré dont nous n'avons pas l'habitude en Europe. De ce fait il y a peu de cases dans chaque planche ce qui contribue à donner au récit une vraie aération. Le tout forme en tout cas un superbe objet qui mérite d'être lu par tout les amateurs du genre.
Gilles la jungle
3.5 Claude Cloutier fait partie des auteurs de bandes dessinées marquants du défunt magazine humoristique Croc (1979-1995). Personnellement, je n'ai jamais lu ses BD car son humour me semblait un peu étrange, mais après avoir lu Gilles la jungle je pense que je ne sauterai plus ses BD lorsque je relirai mes vieux Croc. Gilles la jungle est une parodie des romans-photos et plus précisément de Kimba qui racontait les aventures d'un genre de Tarzan. Il y a eu deux aventures de Gilles ce qui veut dire que l'auteur n'a pas étiré trop la sauce. J'ai bien aimé ces deux histoires et j'ai souvent rigolé quoique c'est le genre d'humour qui risque de ne pas plaire à tout le monde. Par exemple, il y a plusieurs jeux de mots complètement crétins qui m'ont bien fait rire, mais cela ne m'étonnerait pas si un autre lecteur trouve ça stupide. Le dessin est bon. J'aime comment tout est dessiné de manière réaliste. Cela rend les situations absurdes encore plus amusantes car les personnages semblent tout prendre au sérieux alors que le scénario est ridicule.