Je suis content d'avoir enfin pu lire au complet cette série qui m'intéressait depuis longtemps.
L'idée de base (des parasites prennent possession des humains) n'est pas nouvelle dans la fiction de science-fiction et d'horreur, mais ce n'est pas grave parce que le sujet est très bien maitrisé par l'auteur. J'adore le côté psychologique de l'oeuvre.
Les deux points forts du scénario selon moi c'est que l'auteur renouvelle bien la situation et qu'on n'a pas droit à la même chose encore et encore que les personnages agissent de manière cohérente. J'ai aussi ressenti beaucoup de tension durant ma lecture et je voulais absolument savoir ce qui allait arriver dans le chapitre suivant. Le seul défaut au final c'est que la fin n'est pas mauvaise, mais elle a l'air peu extraordinaire si on compare au climax qu'il y avait juste avant.
Fantomas est un très long feuilleton qui a enchanté les lecteurs du début du XXème siècle, et ce sur un large spectre allant du lectorat populaire à celui des avant-gardes (Breton adorait les films de Feuillade, Desnos en a tiré des poèmes, l’a adapté en feuilleton radiophonique, et on peut même penser que son personnage de Corsaire sanglot de « La liberté ou l’amour ! » s’en inspire).
C’est hélas – malgré quelques grimaces réussies de de Funès, uniquement la version nunuche des films de Hunebelle qui s’est imposée dans les mémoires des dernières générations (Jean Marais plombant de son mauvais jeu le personnage de Fandor).
Mais c’est clairement vers la verve, la folie et la liberté des romans d’Allain et Souvestre que lorgne le scénario d’Olivier Bocquet, et c’est tant mieux !
C’est en tout cas une bien belle réussite, avec une intrigue rythmée par la geste du prince du crime, qui se joue de la police et des valeurs de la société, ridiculisées par l’insolence de Fantômas.
Le dessin de Julie Rocheleau est surprenant, original. J’avoue avoir eu besoin d’un temps d’adaptation pour m’y faire, mais je le trouve totalement raccord avec le ton adopté par Bocquet. Et la colorisation est, elle aussi, tout à fait réussie.
La fin ouverte peut laisser envisager une suite. Mais ce triptyque se suffit à lui-même, et je vous en recommande chaudement lecture et achat.
Voilà une découverte faite en médiathèque qui me faisait de l’œil depuis un moment et que je ne suis pas mécontent d'avoir empruntée. C'est en fait pas loin d'être du tout bon. Nous sommes en terrain connu avec un premier tome très introductif mais qui pose bien le cadre de l'histoire avec des personnages charismatiques, très typés.
Des Orcs mais ceux-ci ne sont pas adeptes de la bonne grosse blagounette comme celles que l'on a pu voir ailleurs et que je trouvais un brin lourdingue. Ici le récit est fluide, compréhensif, bref on ne s'ennuie pas une seconde.
L'atout principal de l'histoire est à mon sens le dessin, extrêmement foisonnant, riche mais pas au point de perdre le lecteur, j'avoue avoir passé du temps sur les planches.
Pour ma part je crois que si l'occasion se présentait je ferais l'acquisition de cette série, plutôt bien fichue, divertissante et assez originale dans l'univers déjà riche de la Fantasy.
Bonne idée d'éditer ce manga en français.
J'ai remarqué ces dernières années qu'on retrouvait plusieurs animes et mangas avec des filles monstres mignonnes qui sont souvent utilisées pour du fanservice. Ici, l'auteur utilise ces filles monstres de manière différente. On n'est pas vraiment dans une histoire fantastique, mais plus dans une histoire traitant de la différence avec humour et des moments plus sérieux.
On suit un professeur dans une école qui voudrait bien étudier ces filles monstres qu'on appelle aussi demies. Cela tombe bien une enseignante et trois étudiantes sont des demis. On va donc voir leur vie quotidienne et les problèmes qu'elles rencontrent comme demis. C'est un manga rafraichissant et original mettant en vedette des personnages attachants. Le mélange sérieux et humour fonctionne bien et les gags font mouche. Le dessin est bon.
Seule ombre au tableau c'est que les étudiantes ont des sentiments pour leur enseignant. J'espère que cela va rester à ce stade !
3.5
Un autre cross-over Batman des années 90 et c'est aussi le dernier des auteurs Chuck Dixon, Doug Moench et Alan Grant qui ont écrit les aventures du Batman durant la majeure partie de cette décennie. C'est aussi un prélude à Batman - No Man's Land qui commencera quelques mois après.
Gotham est victime d'un tremblement de terre qui détruit une bonne partie de la ville. On retrouve Batman et ses alliées qui essaient le plus possible d'aider les gens et il y aussi quelques méchants qui essaient de profiter du chaos. Les histoires sont bien faites et le cross-over est bien géré. Les chapitres s'enchaînent bien. Il faut dire que les trois principaux scénaristes sont excellents. J'ai bien aimé lire ce Batman et retrouver plusieurs personnages que j'aime.
Les différents dessinateurs ne sont pas mauvais quoique je préfère le style comics plus ancien. C'est marrant de voir Jim Aparo avec un dessin un peu plus moderne que ce qu'il faisait lorsqu'il a dessiné Batman des années 70 jusqu'au début des années 90.
Valérian, à mes yeux, c’est la preuve même que donner du temps à une série est parfois nécessaire si l’on veut obtenir une œuvre résolument novatrice.
Car il ne faut pas se leurrer, les deux premiers tomes sont plus que moyens. Construits sur le principe du voyage dans le temps (sans quitter notre bonne vieille terre), dessinés avec un enthousiasme maladroit (mais communicatif), ces deux albums ne laissent en rien présager ce qui va suivre. Ce n’est qu’au fil des tomes que la série va développer des thèmes qui la différencieront de toutes les séries de science-fiction de l’époque. Il ne faut pas oublier que nous sommes alors à la fin des années ’60. Le héros de science-fiction de l’époque, c’est un grand castard qui maîtrise une technologie futuriste de pointe. Ses rencontres avec d’autres civilisations se résument à des bourres pifs face aux représentants de civilisations perfides barbares et/ou primitives.
Valérian va balayer tout ça, avec un personnage principal à l’opposé du héros traditionnel, un agent spatio-temporel touchant de maladresse, un charmeur parfois suffisant qui ne serait rien sans sa compagne d’aventure, la troublante Laureline. Les civilisations qu’ils vont croiser ne sont pas primaires ni construites sur un modèle unique. La nature même des formes de vie est diversifiée et démontre d’une véritable quête de fantaisie, d’une réelle volonté de sortir des lieux communs.
Grâce à ces aventures, Christin ne va pas seulement renouveler le style en divertissant ses lecteurs. Il va leur permettre de réfléchir à la société dans laquelle ils vivent. Je demeure convaincu à ce jour que Valérian a été une des étincelles qui, chez les jeunes lecteurs de l’époque, a éveillé leur conscience politique. Mais sans faire montre de démagogie ! Simplement, insidieusement serais-je tenté de dire, en montrant différentes formes de société, en parlant sans avoir l’air d’y toucher de féminisme, de racisme, de la société des loisirs, de vie en communauté. Et cela sans jamais oublier le caractère distrayant de la bande dessinée ! Car Valérian, ça reste avant toutes choses, des albums amusants, prenants, vivants !
Le dessin de Mezières va, à l’image de la série, suivre une courbe ascendante. Son découpage audacieux n’est pas toujours logique (le nombre de fois où j’ai lu certaines cases dans le désordre !!!) mais permet de composer des planches très visuelles, très immersives. Le trait, lui, va s’affiner au fil des planches. La grande force de l’artiste restera cependant dans sa facilité à enrichir son univers grâce à des personnages et à des décors originaux, différents, intrigants.
La série est actuellement rééditée sous forme d’intégrale en surfant sur la vague de curiosité suscitée par l’adaptation que veut en faire Luc Besson. Je ne suis pas convaincu qu’un jeune lecteur y trouvera son compte, l’époque n’est plus la même, et je dois bien avouer craindre un peu ce film, mais cette intégrale, soignée et enrichie d’entretiens avec les auteurs (et avec Luc Besson), est une belle occasion d’acquérir la série complète à moindre frais. Et relire ces albums permet de constater combien cette série a influencé les auteurs de sf d’aujourd’hui (« Orbital » et « Le Cycle de Cyann » sont pour moi deux exemples de séries où l’influence de Valérian est manifeste).
Cet album m’a passionné.
Il s’agit d’une enquête policière sur fond d’Histoire avec un grand H. Un cadavre découvert à Londres ne devrait pas être là… pourquoi ? De qui s’agit-il ? On revisite le passé de l’inspecteur pour trouver un début de réponse, et notamment sa participation à une mission en Yougoslavie lors de la seconde guerre mondiale. On découvre ainsi le contexte historique et politique de l’époque, mais aussi une galerie de personnages intéressants, et une mission prenante. Puis retour au présent, et à la résolution du mystère. J’ai trouvé le dénouement bien amené et satisfaisant.
Le dessin en noir et blanc de Lele Vianello (assistant de Hugo Pratt) est magistral, comme d’habitude. Le trait est précis et détaillé, et l’utilisation de contrastes noir/blanc sur certains paysages est vraiment superbe.
Un album passionnant, bien raconté, et superbement mis en image… mon préféré de cet auteur, suivi de près par Argentina.
Le jour de la tuerie à Charlie Hebdo est une journée dont je me souviendrai toujours. Le soir, j'avais rejoint des centaines de personnes pour la manifestation spontanée. Le dimanche, comme des centaines de milliers de personnes, j'avais défilé dans les rues de Paris pour montrer ma colère, mon empathie, ma liberté.
Mis à part quelques articles factuels, je n'ai pas, depuis deux ans, lu beaucoup de littérature sur ces évènements. Et puis voilà que Serge Lehman, plus connu pour ses romans de SF et ses scénarios de BD, propose de revenir dessus, avec un peu de recul, de hauteur.
Il propose donc d'analyser, de manière rapide bien sûr, cet esprit du 11 janvier, cet élan populaire sans précédent ou presque. Lehman prend appui sur un livre d'Emmanuel Todd, qui est capable, comme l'indique Gaston, de dire ce qui anime une foule de manifestants à des milliers de kilomètres de distance. De parler de catholiques zombies ; comme si la laïcité n'était pas un principe de la République, un principe incompressible, à mon goût. Alors bien sûr, ces évènements ont fait sortir du bois beaucoup de personnes. Mais elles en représentent pas du tout la société française.
Lehman se sert d'articles de journaux, de témoignages divers, de son ressenti également. Mais assez vite, il recentre son propos sur Luz, survivant du massacre et probablement la personne la plus à même de parler de ce qu'il s'est passé. Et contre toute attente, sur Michel Houellebecq, dont l’œuvre constitue une résonance troublante avec la société. Enfin, c'est ce qu'il en dit. Sans oublier le pigeon et François Hollande. Un repositionnement salvateur, qui ouvre de nouvelles voies de réflexion au lecteur. Je pense d'ailleurs que cet album va nécessiter de nouvelles lectures pour en saisir toute la profondeur.
Je ne dis pas grand-chose du boulot de Gess, qui est ici plus illustrateur que dessinateur ; il est d'ailleurs probable qu'il ait dû cravacher pour rendre ses dessins avec un retard minimal. l'efficacité est toutefois au rendez-vous.
Œuvre d'utilité publique.
Les avis précédents décrivent bien l'ouvrage.
J'ajouterai que selon moi le dessin est très réussi: clair et lisible mais avec un encrage sombre mélangé à des couleurs souvent claires, des traits très dynamiques: j'ai été frappé par le mélange d'originalité et de classicisme. Ce n'est pas un énième dessin à la Sfar/Blain.
Les indiens sont de gros méchants, certes... Mais avec l'intensité du dessin je me suis pourtant laissé prendre au jeu.
Le personnage principal a peu d'épaisseur pour le moment mais les personnages inspirent de la curiosité, en particulier le trappeur. Les péripéties sont plutôt conventionnelles mais menées avec assez de légèreté pour qu'elles se laissent bien dévorer.
A suivre donc...
Voilà une autre série étonnante rayon SF chez Delcourt ! Une agréable surprise qui tient autant au caractère des personnages principaux qu'à l'originalité graphique de certains aspects de cette série.
Si le scénario n'est pas une révolution en soi et va piocher chez pas mal de mondes diverses références, c'est bien le caractère chaotique des personnages et leur imprévisibilité qui donne tout le piment à cette série.
En effet, le monde s'est pris une sérieuse branlée par des créatures gigantesques étant apparues brusquement sur Terre ayant obligé les survivants à se réfugier dans douze cités souterraines. Après des années de lutte vaine, ils parviennent à créer des R.U., créatures mi-robot mi organiques, pilotées par des humains ayant une compatibilité suffisante. Sauf que les derniers pilotes compatibles meurent et que les seuls personnes compatibles restantes sont de dangereux psychopathes...
Si l'idée n'est pas nouvelle elle n'en est pas moins très bien traitée et extrapolée dans cet univers. Leur personnalité est plutôt bien travaillée et galvanise le récit de la meilleure des manières jusqu'à la fin des 3 tomes.
Mais ce que j'ai le plus apprécié c'est le côté organique de ces R.U. et des S cats qu'ils doivent combattre. Wow ! Quelles créatures !!! Ce gigantisme allié à ces morphologies complètement démentes donnent lieu à des combats anthologiques. Et si parfois cet côté organique ne facilite pas la lecture tant ces masses et ces formes se choquent et entremêlent, le rendu n'en est que plus titanesque et bluffant !
Je rajouterais un coup de chapeau à la colorisation que j'ai adoré. Car si le dessin parait un peu raide au début et reste simple dans l'ensemble, la colorisation donne toute sa force au récit en imposant des ambiances très réussies, surtout justement quand il s'agit de traiter ces S Cats.
Alors au final, si la trame globale de Luca Blengino sent un peu le déjà vu, l'ensemble tient très bien la route et l'originalité de ses créatures nous fait oublier cette impression. Surtout que le dessin de Nesskain sublime tout ça de façon très réussie.
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Parasite
Je suis content d'avoir enfin pu lire au complet cette série qui m'intéressait depuis longtemps. L'idée de base (des parasites prennent possession des humains) n'est pas nouvelle dans la fiction de science-fiction et d'horreur, mais ce n'est pas grave parce que le sujet est très bien maitrisé par l'auteur. J'adore le côté psychologique de l'oeuvre. Les deux points forts du scénario selon moi c'est que l'auteur renouvelle bien la situation et qu'on n'a pas droit à la même chose encore et encore que les personnages agissent de manière cohérente. J'ai aussi ressenti beaucoup de tension durant ma lecture et je voulais absolument savoir ce qui allait arriver dans le chapitre suivant. Le seul défaut au final c'est que la fin n'est pas mauvaise, mais elle a l'air peu extraordinaire si on compare au climax qu'il y avait juste avant.
La Colère de Fantômas
Fantomas est un très long feuilleton qui a enchanté les lecteurs du début du XXème siècle, et ce sur un large spectre allant du lectorat populaire à celui des avant-gardes (Breton adorait les films de Feuillade, Desnos en a tiré des poèmes, l’a adapté en feuilleton radiophonique, et on peut même penser que son personnage de Corsaire sanglot de « La liberté ou l’amour ! » s’en inspire). C’est hélas – malgré quelques grimaces réussies de de Funès, uniquement la version nunuche des films de Hunebelle qui s’est imposée dans les mémoires des dernières générations (Jean Marais plombant de son mauvais jeu le personnage de Fandor). Mais c’est clairement vers la verve, la folie et la liberté des romans d’Allain et Souvestre que lorgne le scénario d’Olivier Bocquet, et c’est tant mieux ! C’est en tout cas une bien belle réussite, avec une intrigue rythmée par la geste du prince du crime, qui se joue de la police et des valeurs de la société, ridiculisées par l’insolence de Fantômas. Le dessin de Julie Rocheleau est surprenant, original. J’avoue avoir eu besoin d’un temps d’adaptation pour m’y faire, mais je le trouve totalement raccord avec le ton adopté par Bocquet. Et la colorisation est, elle aussi, tout à fait réussie. La fin ouverte peut laisser envisager une suite. Mais ce triptyque se suffit à lui-même, et je vous en recommande chaudement lecture et achat.
Mercenaires
Voilà une découverte faite en médiathèque qui me faisait de l’œil depuis un moment et que je ne suis pas mécontent d'avoir empruntée. C'est en fait pas loin d'être du tout bon. Nous sommes en terrain connu avec un premier tome très introductif mais qui pose bien le cadre de l'histoire avec des personnages charismatiques, très typés. Des Orcs mais ceux-ci ne sont pas adeptes de la bonne grosse blagounette comme celles que l'on a pu voir ailleurs et que je trouvais un brin lourdingue. Ici le récit est fluide, compréhensif, bref on ne s'ennuie pas une seconde. L'atout principal de l'histoire est à mon sens le dessin, extrêmement foisonnant, riche mais pas au point de perdre le lecteur, j'avoue avoir passé du temps sur les planches. Pour ma part je crois que si l'occasion se présentait je ferais l'acquisition de cette série, plutôt bien fichue, divertissante et assez originale dans l'univers déjà riche de la Fantasy.
Freaky Girls
Bonne idée d'éditer ce manga en français. J'ai remarqué ces dernières années qu'on retrouvait plusieurs animes et mangas avec des filles monstres mignonnes qui sont souvent utilisées pour du fanservice. Ici, l'auteur utilise ces filles monstres de manière différente. On n'est pas vraiment dans une histoire fantastique, mais plus dans une histoire traitant de la différence avec humour et des moments plus sérieux. On suit un professeur dans une école qui voudrait bien étudier ces filles monstres qu'on appelle aussi demies. Cela tombe bien une enseignante et trois étudiantes sont des demis. On va donc voir leur vie quotidienne et les problèmes qu'elles rencontrent comme demis. C'est un manga rafraichissant et original mettant en vedette des personnages attachants. Le mélange sérieux et humour fonctionne bien et les gags font mouche. Le dessin est bon. Seule ombre au tableau c'est que les étudiantes ont des sentiments pour leur enseignant. J'espère que cela va rester à ce stade !
Batman - Cataclysme
3.5 Un autre cross-over Batman des années 90 et c'est aussi le dernier des auteurs Chuck Dixon, Doug Moench et Alan Grant qui ont écrit les aventures du Batman durant la majeure partie de cette décennie. C'est aussi un prélude à Batman - No Man's Land qui commencera quelques mois après. Gotham est victime d'un tremblement de terre qui détruit une bonne partie de la ville. On retrouve Batman et ses alliées qui essaient le plus possible d'aider les gens et il y aussi quelques méchants qui essaient de profiter du chaos. Les histoires sont bien faites et le cross-over est bien géré. Les chapitres s'enchaînent bien. Il faut dire que les trois principaux scénaristes sont excellents. J'ai bien aimé lire ce Batman et retrouver plusieurs personnages que j'aime. Les différents dessinateurs ne sont pas mauvais quoique je préfère le style comics plus ancien. C'est marrant de voir Jim Aparo avec un dessin un peu plus moderne que ce qu'il faisait lorsqu'il a dessiné Batman des années 70 jusqu'au début des années 90.
Valérian
Valérian, à mes yeux, c’est la preuve même que donner du temps à une série est parfois nécessaire si l’on veut obtenir une œuvre résolument novatrice. Car il ne faut pas se leurrer, les deux premiers tomes sont plus que moyens. Construits sur le principe du voyage dans le temps (sans quitter notre bonne vieille terre), dessinés avec un enthousiasme maladroit (mais communicatif), ces deux albums ne laissent en rien présager ce qui va suivre. Ce n’est qu’au fil des tomes que la série va développer des thèmes qui la différencieront de toutes les séries de science-fiction de l’époque. Il ne faut pas oublier que nous sommes alors à la fin des années ’60. Le héros de science-fiction de l’époque, c’est un grand castard qui maîtrise une technologie futuriste de pointe. Ses rencontres avec d’autres civilisations se résument à des bourres pifs face aux représentants de civilisations perfides barbares et/ou primitives. Valérian va balayer tout ça, avec un personnage principal à l’opposé du héros traditionnel, un agent spatio-temporel touchant de maladresse, un charmeur parfois suffisant qui ne serait rien sans sa compagne d’aventure, la troublante Laureline. Les civilisations qu’ils vont croiser ne sont pas primaires ni construites sur un modèle unique. La nature même des formes de vie est diversifiée et démontre d’une véritable quête de fantaisie, d’une réelle volonté de sortir des lieux communs. Grâce à ces aventures, Christin ne va pas seulement renouveler le style en divertissant ses lecteurs. Il va leur permettre de réfléchir à la société dans laquelle ils vivent. Je demeure convaincu à ce jour que Valérian a été une des étincelles qui, chez les jeunes lecteurs de l’époque, a éveillé leur conscience politique. Mais sans faire montre de démagogie ! Simplement, insidieusement serais-je tenté de dire, en montrant différentes formes de société, en parlant sans avoir l’air d’y toucher de féminisme, de racisme, de la société des loisirs, de vie en communauté. Et cela sans jamais oublier le caractère distrayant de la bande dessinée ! Car Valérian, ça reste avant toutes choses, des albums amusants, prenants, vivants ! Le dessin de Mezières va, à l’image de la série, suivre une courbe ascendante. Son découpage audacieux n’est pas toujours logique (le nombre de fois où j’ai lu certaines cases dans le désordre !!!) mais permet de composer des planches très visuelles, très immersives. Le trait, lui, va s’affiner au fil des planches. La grande force de l’artiste restera cependant dans sa facilité à enrichir son univers grâce à des personnages et à des décors originaux, différents, intrigants. La série est actuellement rééditée sous forme d’intégrale en surfant sur la vague de curiosité suscitée par l’adaptation que veut en faire Luc Besson. Je ne suis pas convaincu qu’un jeune lecteur y trouvera son compte, l’époque n’est plus la même, et je dois bien avouer craindre un peu ce film, mais cette intégrale, soignée et enrichie d’entretiens avec les auteurs (et avec Luc Besson), est une belle occasion d’acquérir la série complète à moindre frais. Et relire ces albums permet de constater combien cette série a influencé les auteurs de sf d’aujourd’hui (« Orbital » et « Le Cycle de Cyann » sont pour moi deux exemples de séries où l’influence de Valérian est manifeste).
Adriatica
Cet album m’a passionné. Il s’agit d’une enquête policière sur fond d’Histoire avec un grand H. Un cadavre découvert à Londres ne devrait pas être là… pourquoi ? De qui s’agit-il ? On revisite le passé de l’inspecteur pour trouver un début de réponse, et notamment sa participation à une mission en Yougoslavie lors de la seconde guerre mondiale. On découvre ainsi le contexte historique et politique de l’époque, mais aussi une galerie de personnages intéressants, et une mission prenante. Puis retour au présent, et à la résolution du mystère. J’ai trouvé le dénouement bien amené et satisfaisant. Le dessin en noir et blanc de Lele Vianello (assistant de Hugo Pratt) est magistral, comme d’habitude. Le trait est précis et détaillé, et l’utilisation de contrastes noir/blanc sur certains paysages est vraiment superbe. Un album passionnant, bien raconté, et superbement mis en image… mon préféré de cet auteur, suivi de près par Argentina.
L'Esprit du 11 janvier
Le jour de la tuerie à Charlie Hebdo est une journée dont je me souviendrai toujours. Le soir, j'avais rejoint des centaines de personnes pour la manifestation spontanée. Le dimanche, comme des centaines de milliers de personnes, j'avais défilé dans les rues de Paris pour montrer ma colère, mon empathie, ma liberté. Mis à part quelques articles factuels, je n'ai pas, depuis deux ans, lu beaucoup de littérature sur ces évènements. Et puis voilà que Serge Lehman, plus connu pour ses romans de SF et ses scénarios de BD, propose de revenir dessus, avec un peu de recul, de hauteur. Il propose donc d'analyser, de manière rapide bien sûr, cet esprit du 11 janvier, cet élan populaire sans précédent ou presque. Lehman prend appui sur un livre d'Emmanuel Todd, qui est capable, comme l'indique Gaston, de dire ce qui anime une foule de manifestants à des milliers de kilomètres de distance. De parler de catholiques zombies ; comme si la laïcité n'était pas un principe de la République, un principe incompressible, à mon goût. Alors bien sûr, ces évènements ont fait sortir du bois beaucoup de personnes. Mais elles en représentent pas du tout la société française. Lehman se sert d'articles de journaux, de témoignages divers, de son ressenti également. Mais assez vite, il recentre son propos sur Luz, survivant du massacre et probablement la personne la plus à même de parler de ce qu'il s'est passé. Et contre toute attente, sur Michel Houellebecq, dont l’œuvre constitue une résonance troublante avec la société. Enfin, c'est ce qu'il en dit. Sans oublier le pigeon et François Hollande. Un repositionnement salvateur, qui ouvre de nouvelles voies de réflexion au lecteur. Je pense d'ailleurs que cet album va nécessiter de nouvelles lectures pour en saisir toute la profondeur. Je ne dis pas grand-chose du boulot de Gess, qui est ici plus illustrateur que dessinateur ; il est d'ailleurs probable qu'il ait dû cravacher pour rendre ses dessins avec un retard minimal. l'efficacité est toutefois au rendez-vous. Œuvre d'utilité publique.
Catamount
Les avis précédents décrivent bien l'ouvrage. J'ajouterai que selon moi le dessin est très réussi: clair et lisible mais avec un encrage sombre mélangé à des couleurs souvent claires, des traits très dynamiques: j'ai été frappé par le mélange d'originalité et de classicisme. Ce n'est pas un énième dessin à la Sfar/Blain. Les indiens sont de gros méchants, certes... Mais avec l'intensité du dessin je me suis pourtant laissé prendre au jeu. Le personnage principal a peu d'épaisseur pour le moment mais les personnages inspirent de la curiosité, en particulier le trappeur. Les péripéties sont plutôt conventionnelles mais menées avec assez de légèreté pour qu'elles se laissent bien dévorer. A suivre donc...
R.U.S.T.
Voilà une autre série étonnante rayon SF chez Delcourt ! Une agréable surprise qui tient autant au caractère des personnages principaux qu'à l'originalité graphique de certains aspects de cette série. Si le scénario n'est pas une révolution en soi et va piocher chez pas mal de mondes diverses références, c'est bien le caractère chaotique des personnages et leur imprévisibilité qui donne tout le piment à cette série. En effet, le monde s'est pris une sérieuse branlée par des créatures gigantesques étant apparues brusquement sur Terre ayant obligé les survivants à se réfugier dans douze cités souterraines. Après des années de lutte vaine, ils parviennent à créer des R.U., créatures mi-robot mi organiques, pilotées par des humains ayant une compatibilité suffisante. Sauf que les derniers pilotes compatibles meurent et que les seuls personnes compatibles restantes sont de dangereux psychopathes... Si l'idée n'est pas nouvelle elle n'en est pas moins très bien traitée et extrapolée dans cet univers. Leur personnalité est plutôt bien travaillée et galvanise le récit de la meilleure des manières jusqu'à la fin des 3 tomes. Mais ce que j'ai le plus apprécié c'est le côté organique de ces R.U. et des S cats qu'ils doivent combattre. Wow ! Quelles créatures !!! Ce gigantisme allié à ces morphologies complètement démentes donnent lieu à des combats anthologiques. Et si parfois cet côté organique ne facilite pas la lecture tant ces masses et ces formes se choquent et entremêlent, le rendu n'en est que plus titanesque et bluffant ! Je rajouterais un coup de chapeau à la colorisation que j'ai adoré. Car si le dessin parait un peu raide au début et reste simple dans l'ensemble, la colorisation donne toute sa force au récit en imposant des ambiances très réussies, surtout justement quand il s'agit de traiter ces S Cats. Alors au final, si la trame globale de Luca Blengino sent un peu le déjà vu, l'ensemble tient très bien la route et l'originalité de ses créatures nous fait oublier cette impression. Surtout que le dessin de Nesskain sublime tout ça de façon très réussie.