Cet album jeunesse me laisse sur un avis mitigé.
J'y ai bien aimé le décor et le dessin qui, malgré une omniprésence de gris et d'un peu de vert maladif, pose bien son ambiance, à la fois inquiétante et suffisamment légère pour convenir à un jeune public. Cet aspect léger tient en grande partie aux personnages ronds et colorés, avec un petite touche proche de l'animation. L'ensemble est plutôt réussi sur le plan graphique.
L'intrigue quant à elle capte plutôt bien le lecteur qui est curieux de suivre les deux jeunes protagonistes et d'essayer de découvrir avec eux ce qu'il s'est passé pour que ce monde soit plongé dans l'obscurité et la pollution. S'ensuivent quelques péripéties un peu convenues mais pas désagréables.
Et puis enfin nous avons une conclusion que j'ai malheureusement trouvée trop simple. Hop, tout est résolu sans que rien ou presque ne se soit passé, sans que les enfants n'aient rien fait d'autre que ce que tous les autres adultes des environs auraient pu et doivent en principe avoir déjà fait avant eux. C'est comme s'il fallait que les choses se terminent bien mais qu'il ne restait pas assez de pages à l'autrice pour mettre en scène quelque chose de plus crédible. En outre, le message sur l'écologie y est un peu trop basique voire désuet, comme à l'époque du dessin animé Il était une fois l'Homme où la terre allait se retrouver submergée de tas d'ordures alors que le problème environnemental est bien plus insidieux que de simplement voir des déchets jetés dans les rivières ou des bidons de produits polluants laisser couler leur liquide verdâtre. Ce discours écologique et quelques autres péripéties semblent s'adresser à des lecteurs de moins de 10 ans tandis que l'intrigue et son ambiance elles s'adressent davantage à des lecteurs un peu plus âgés, ce qui brouille l'efficacité du message.
Cela laisse en tout cas un lecteur tel que moi un peu perplexe même si je n'ai pas passé un désagréable moment de lecture.
Cette biographie très classique m'aura permis de découvrir le parcours d'un champion des échecs que je connaissais de nom mais dont je ne savais rien de plus. Cela m'a surtout permis d'apprendre à quel point le personnage était... étrange... pour ne pas dire antipathique.
Bobby Fischer, c'est donc un très jeune génie des échecs. Ayant découvert le jeu tout gamin, il devient un maître dès 12 ans et le champion des USA à 14 ans. A l'époque, les Etats-Unis sont en pleine guerre froide et l'URSS domine le monde des échecs. L'importance de pouvoir faire se confronter ce jeune américain aux champions du monde russes est donc majeur pour l'Amérique capitaliste.
Mais alors que le jeune Bobby Fischer était certes complètement obnubilé par sa passion pour les échecs mais encore plutôt normal pour un gamin de son âge, une fois adolescent puis adulte, il va révéler une nature égocentrique et un comportement odieux. Arrogant, intransigeant et irrespectueux envers ses adversaires et les institutions des échecs, il va finalement sombrer dans la paranoïa maladive et à la pure misanthropie une fois l'apogée de sa carrière dépassée. J'imagine qu'il y a matière à diagnostiquer sur lui une ou plusieurs anomalies psychologiques et comportementales, mais je ne suis pas psychiatre et ne peut donc pas me prononcer. Dans tous les cas, il ressort une bien triste figure du personnage ainsi présenté dans cette BD.
Sur la forme maintenant, c'est un album clair et qui se lit bien. Une ligne propre et un dessin simple et épuré, pas de narration lourde, une mise en scène aérée avec des dialogues courts et efficaces, un rythme peut-être un peu rapide parfois mais qui va à l'essentiel. Bref, une biographie qui passe bien et n'ennuie pas malgré son sujet assez intellectuel.
Je n’ai pas lu la trilogie en romans, mais je trouve que Philip Pullman est un peu maudit.
Les différentes adaptations de son récit se sont toutes arrêtées au premier tome. Ça a été le cas au cinéma avec À la croisée des mondes : la boussole d’or que j’ai trouvé plutôt sympathique, et ça l’est aussi en bd avec cette trilogie « Les royaumes du Nord », au moins sur ce point il n’y a pas tromperie, c’est le titre du 1er roman. Mais du coup je me sens un peu orphelin de la suite surtout que j’accroche bien à l’univers, avec le sentiment de ne voir qu’une vision partielle/tronquée de l’histoire, quid de la suite « La Tour des anges » et « Le Miroir d’ambre » … il n’y a qu’à lire les romans vous me direz (et vous avez raison) mais c’était juste pour préciser ce que donne l’histoire sur d’autres médiums.
Passez cette longue intro, qu’est-ce qu’il en est de cette adaptation ?
Du travail honnête, la découverte de l’univers est vraiment sympa avec ce côté steampunk et la particularité de ce monde où chaque humain possède son daëmon : un animal avec lequel il est lié (tiens ce côté me fait penser à Mauvais monstre lu récemment).
Au programme de l’aventure familiale et de bon goût, on croisera de nombreux personnages, le tout est suffisamment accrocheur pour contenter tout public.
Là où ça pêche un peu au final, c’est sur la partie graphique, j’aime bien les couleurs et le trait de l’auteur me convient, mais hormis notre jeune héroïne je trouve la représentation des autres rôles sans charisme, ça m’a un peu gêné à la longue.
MàJ
J’en raconte des bêtises, une suite existe belle et bien en BD : La Tour des Anges, l’adaptation du 2eme roman de la trilogie.
Si vous avez lu mon avis sur « Les Royaumes du Nord », vous rigolerez bien…
J’ignorais complètement l’existence de cette suite, je viens seulement de la découvrir dans le rayon jeunesse d’une petite médiathèque. Elle était passée complètement sous mon radar.
Méa culpa donc, d’autant que l’on retrouve à la barre quasi la même équipe : éditeur et scénariste, il n’y a que la partie graphique qui change. Cette fois, les pinceaux ont été confiés à Thomas Gilbert (Les Filles de Salem…), un auteur que j’apprécie de plus en plus, il faut d’ailleurs que je me penche sur son dernier « La voix des bêtes, la faim des hommes ». Il gomme le principal reproche du 1er récit, à savoir un manque d’attachement aux différents protagonistes rencontrés.
La Tour de anges est donc l’adaptation du 2eme livre de la trilogie de Pullman. C’est la suite directe des Royaumes du nord mais je trouve qu’il y a une petite césure (pas pour me déplaire) avant de pouvoir bien raccrocher les wagons.
Premièrement le ton sera moins enfantin, on sent que notre héroïne est rentrée dans l’adolescence. Et surtout on découvre un nouveau jeune protagoniste qui aura un destin encore plus important que celui de Lyra (pourtant promise à un bel avenir avec cette histoire de prophétie).
Nous ferons également connaissance avec de nouveaux mondes parallèles, l’aventure prend une toute autre envergure et justifie le titre de la trilogie : À la croisée des mondes.
Un peu déstabilisant mais pas déplaisant, les cartes sont bien redistribuées. On sent l’aventure jeunesse mais l’auteur n’hésite pas à y ajouter un peu de drame et de noirceur, j’ai bien aimé le comportement des habitants du monde sans adultes, ainsi que le destin un peu tragique de certains personnages.
Ce n’est pas sans menus défauts mais c’est plutôt sympa à suivre, je l’ai préféré au premier cycle. Je surveillerais la parution du dernier : le Miroir d’ambre, pour connaitre le fin mot de l’histoire.
C’est toujours un beaucoup de plaisir que j’attaque une bande dessinée scénarisée par Christophe Bec. Encore une fois il n’y a pas tromperie sur la marchandise. Cet album est une œuvre captivante qui mêle habilement mystère, suspense et une atmosphère glaçante. L'histoire, se déroulant dans une station de ski presque abandonnée, offre un cadre unique et oppressant, renforcé par le trait précis de Christi Pacurariu.
Les personnages bien développés ajoutent une profondeur intrigante à l'histoire, chacun apportant son lot de secrets et de complexités. Les relations entre les membres en charge des travaux de la rénovation de la station de ski, la police et les habitants du village sont dépeintes avec subtilité, créant une tension palpable qui progresse crescendo et qui tient le lecteur en haleine.
L'intrigue est bien menée. Celle-ci est riche en rebondissements. Les mystères qui entourent la station et ses occupants sont progressivement révélés. Cela ne pourra que stimuler votre curiosité tout en vous maintenant sur le qui-vive. Les fausses pistes sont nombreuses !
Le choix de placer l'action dans un environnement hostile ajoute une dimension supplémentaire à l'histoire, renforçant le sentiment d'isolement et de danger constant. Les paysages enneigés et les températures glaciales contribuent à créer une ambiance visuelle saisissante même si j’aurais préféré des planches avec de la couleur.
En résumé, cet album marie brillamment intrigue, ambiance et suspens. Christophe Bec livre une nouvelle fois une œuvre immersive - sur presque 130 pages - qui séduira les amateurs de mystère et d'aventure même si nous restons sur une histoire qui n’a rien de très originale.
2.5
Je suis sorti déçu de ma lecture parce que durant les 3/4 de l'album, je trouvais que c'était le meilleur titre de la série One Bad Day avec celui sur le Pingouin.
On retrouve une Catwoman que j'aime bien, l'intrigue est bien construite avec un retournement de situation que je n'avais pas vu et j'avais bien envie de connaitre la solution au mystère...sauf que voilà je ne suis pas certain d'avoir bien compris les motivations de la nouvelle méchante créée pour l'occasion. En effet, j'ai eu l'impression en refermant l'album que j'avais juste la première partie d'un récit prometteur sauf que c'est un one-shot et qu'il n'y aura pas de suite.
Dommage parce que je trouvais jusqu'à ce dénouement frustrant que c'était un bon comics de super-héros de divertissement comme je les aime.
2.5
Cette fois-ci on suit Gueule d'Argile durant une journée qui va mal se terminer pour lui. Gueule d'Argile est un méchant que j'aime bien, mais qui a connu plusieurs versions et je n'aime que certaines d'entre-elles.
Ici, c'est le Gueule d'Argile version Basil Karlo avec un cerveau que j'aime mieux que le Basil Karlo crétin qu'on a eu durant une bonne décennie. Avant de devenir un monstre, Karlo était un acteur et maintenant il va essayer de le redevenir en allant à Hollywood et évidement cela ne va pas se passer comme prévu. Comme c'était aussi le cas avec d'autres one-shot One Bad Day, l'histoire se laisse lire sans problème, mais c'est trop classique pour être mémorable. On a encore droit à un méchant de Batman qui veut quitter le monde criminel, mais il n'y arrive pas et la critique du monde du cinéma ressemble à n'importe quel récit qui montre le coté sombre d'Hollywood. C'est un peu divertissant, mais sans plus.
Il y a aussi un truc qui m'a fait sourciller lorsque Batman débarque enfin. Avant d'intervenir en super-héros, Bruce Wayne a décidé que c'était une bonne idée de s'inviter à une soirée mondaine et ensuite de se battre en Batman contre Gueule d'Argile. Il n'a pas peur que Gueule d'Argile ou n'importe qui présent trouverait cela bizarre que deux personnalités bien connues de Gotham se retrouvent en même temps à Los Angeles ?
Sinon, le dessin m'a bien surpris et surtout les couleurs qui pour une fois dans un Batman moderne sont chaudes et agréables. C'est bien loin des trucs fades qu'on voit dans les comics de nos jours.
2.5
Ra's al Ghul est un des méchants de Batman que je n'aime pas, mais ici l'histoire le mettant en vedette est potable...et puis c'est tout.
On suit donc ce grand méchant qui a un nouveau plan pour sauver la planète avec ses moyens extrémistes et bien sûr Batman va finir par se mettre en travers de son chemin. J'avoue que pour une fois Ghul est intéressant parce que son plan ne se résume pas à 'je vais tuer tous les humains' et l'idée de départ aurait sans doute mérité un peu plus de développement que dans un récit de 72 pages.
Il y a quand même des défauts dans le récit. Il est pas ennuyeux, mais au final le traitement de l'intrigue et des personnages est trop basique et classique, surtout si on est un fan de Batman et qu'on a déjà lu des tonnes de comics sur son univers. Batman, Ra's al Ghul, sa fille Talia et Damian le fils de Batman et Talia agissent de la manière que l'on attend d'eux. En plus, je vois pas trop ce que le récit fait dans la série des One Bad Day parce que non seulement l'action ne se déroule pas en une journée, mais en plus j'ai pas eu l'impression que Ra's vivait une mauvaise passe, vu qu'à la fin il a ce qu'il veut.
J'ai apprécié cette lecture rapide et divertissante du Gabonais Jeff Ikapi. L'auteur s'attaque d'une façon humoristique à la thématique fondamentale de la liberté d'expression au sein de la presse.
Ikapi peint avec sagacité la réaction du ministre Dimboko qui ne supporte plus le rire de ses concitoyens sur son image. Ikapi propose une réaction traditionnelle en Afrique avec l'intervention d'un sorcier.
Cela donne un côté fantastique et humoristique qui adoucit la réponse brutale de l'autorité moquée.
Je note que l'ouvrage de Jeff fut achevé d'imprimer en décembre 2014 et publié le 1/1/2015. C'est dire la valeur d'actualité du questionnement de Jeff puisqu'au même moment à Paris, les armes prendront la place du sorcier pour un dénouement bien plus dramatique.
Le dessin d'Ikapi est assez simpliste mais il restitue bien l'ambiance humoristique du récit. Le trait est assez épais avec une mise en scène et un découpage dynamique qui rend le récit bien vivant.
Une lecture plaisante qui renvoie à une thématique fondamentale pour vivre dans une société de liberté.
Le début de l’histoire est relativement intriguant, en nous présentant quelques personnages dans un café, ceux-ci devant prendre un TGV. Des protagonistes plutôt hétéroclites : deux DRH spécialistes du « dégraissage » d’entreprise (un vieux et un jeune loup), trois potes partant pour le mariage d’un quatrième, et un type tout juste sorti de taule avec sa nana.
Mais je trouve qu’une fois tous réunis dans le train, Jonquet va trop – et surtout uniquement – chercher à exagérer le côté malsain et/ou beauf, voire con et méchant de chacun, cette caricature faisant perdre un peu de crédibilité à une histoire qui tourne au grand guignol vaguement trash.
De plus, la fin m’est apparu quelque peu expédiée.
Quant au dessin de Chauzy – pas forcément mon truc – il passe, reste lisible, même si la colorisation franchement criarde et baveuse sur certaines cases est assez datée, en tout cas je la trouve outrancière.
Une lecture d’emprunt, mais je n’y reviendrai pas.
Note réelle 2,5/5.
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Cet album jeunesse me laisse sur un avis mitigé. J'y ai bien aimé le décor et le dessin qui, malgré une omniprésence de gris et d'un peu de vert maladif, pose bien son ambiance, à la fois inquiétante et suffisamment légère pour convenir à un jeune public. Cet aspect léger tient en grande partie aux personnages ronds et colorés, avec un petite touche proche de l'animation. L'ensemble est plutôt réussi sur le plan graphique. L'intrigue quant à elle capte plutôt bien le lecteur qui est curieux de suivre les deux jeunes protagonistes et d'essayer de découvrir avec eux ce qu'il s'est passé pour que ce monde soit plongé dans l'obscurité et la pollution. S'ensuivent quelques péripéties un peu convenues mais pas désagréables. Et puis enfin nous avons une conclusion que j'ai malheureusement trouvée trop simple. Hop, tout est résolu sans que rien ou presque ne se soit passé, sans que les enfants n'aient rien fait d'autre que ce que tous les autres adultes des environs auraient pu et doivent en principe avoir déjà fait avant eux. C'est comme s'il fallait que les choses se terminent bien mais qu'il ne restait pas assez de pages à l'autrice pour mettre en scène quelque chose de plus crédible. En outre, le message sur l'écologie y est un peu trop basique voire désuet, comme à l'époque du dessin animé Il était une fois l'Homme où la terre allait se retrouver submergée de tas d'ordures alors que le problème environnemental est bien plus insidieux que de simplement voir des déchets jetés dans les rivières ou des bidons de produits polluants laisser couler leur liquide verdâtre. Ce discours écologique et quelques autres péripéties semblent s'adresser à des lecteurs de moins de 10 ans tandis que l'intrigue et son ambiance elles s'adressent davantage à des lecteurs un peu plus âgés, ce qui brouille l'efficacité du message. Cela laisse en tout cas un lecteur tel que moi un peu perplexe même si je n'ai pas passé un désagréable moment de lecture.
Bobby Fischer - L'Ascension et la chute d'un génie des échecs
Cette biographie très classique m'aura permis de découvrir le parcours d'un champion des échecs que je connaissais de nom mais dont je ne savais rien de plus. Cela m'a surtout permis d'apprendre à quel point le personnage était... étrange... pour ne pas dire antipathique. Bobby Fischer, c'est donc un très jeune génie des échecs. Ayant découvert le jeu tout gamin, il devient un maître dès 12 ans et le champion des USA à 14 ans. A l'époque, les Etats-Unis sont en pleine guerre froide et l'URSS domine le monde des échecs. L'importance de pouvoir faire se confronter ce jeune américain aux champions du monde russes est donc majeur pour l'Amérique capitaliste. Mais alors que le jeune Bobby Fischer était certes complètement obnubilé par sa passion pour les échecs mais encore plutôt normal pour un gamin de son âge, une fois adolescent puis adulte, il va révéler une nature égocentrique et un comportement odieux. Arrogant, intransigeant et irrespectueux envers ses adversaires et les institutions des échecs, il va finalement sombrer dans la paranoïa maladive et à la pure misanthropie une fois l'apogée de sa carrière dépassée. J'imagine qu'il y a matière à diagnostiquer sur lui une ou plusieurs anomalies psychologiques et comportementales, mais je ne suis pas psychiatre et ne peut donc pas me prononcer. Dans tous les cas, il ressort une bien triste figure du personnage ainsi présenté dans cette BD. Sur la forme maintenant, c'est un album clair et qui se lit bien. Une ligne propre et un dessin simple et épuré, pas de narration lourde, une mise en scène aérée avec des dialogues courts et efficaces, un rythme peut-être un peu rapide parfois mais qui va à l'essentiel. Bref, une biographie qui passe bien et n'ennuie pas malgré son sujet assez intellectuel.
Les Royaumes du Nord
Je n’ai pas lu la trilogie en romans, mais je trouve que Philip Pullman est un peu maudit. Les différentes adaptations de son récit se sont toutes arrêtées au premier tome. Ça a été le cas au cinéma avec À la croisée des mondes : la boussole d’or que j’ai trouvé plutôt sympathique, et ça l’est aussi en bd avec cette trilogie « Les royaumes du Nord », au moins sur ce point il n’y a pas tromperie, c’est le titre du 1er roman. Mais du coup je me sens un peu orphelin de la suite surtout que j’accroche bien à l’univers, avec le sentiment de ne voir qu’une vision partielle/tronquée de l’histoire, quid de la suite « La Tour des anges » et « Le Miroir d’ambre » … il n’y a qu’à lire les romans vous me direz (et vous avez raison) mais c’était juste pour préciser ce que donne l’histoire sur d’autres médiums. Passez cette longue intro, qu’est-ce qu’il en est de cette adaptation ? Du travail honnête, la découverte de l’univers est vraiment sympa avec ce côté steampunk et la particularité de ce monde où chaque humain possède son daëmon : un animal avec lequel il est lié (tiens ce côté me fait penser à Mauvais monstre lu récemment). Au programme de l’aventure familiale et de bon goût, on croisera de nombreux personnages, le tout est suffisamment accrocheur pour contenter tout public. Là où ça pêche un peu au final, c’est sur la partie graphique, j’aime bien les couleurs et le trait de l’auteur me convient, mais hormis notre jeune héroïne je trouve la représentation des autres rôles sans charisme, ça m’a un peu gêné à la longue. MàJ J’en raconte des bêtises, une suite existe belle et bien en BD : La Tour des Anges, l’adaptation du 2eme roman de la trilogie.
La Tour des Anges
Si vous avez lu mon avis sur « Les Royaumes du Nord », vous rigolerez bien… J’ignorais complètement l’existence de cette suite, je viens seulement de la découvrir dans le rayon jeunesse d’une petite médiathèque. Elle était passée complètement sous mon radar. Méa culpa donc, d’autant que l’on retrouve à la barre quasi la même équipe : éditeur et scénariste, il n’y a que la partie graphique qui change. Cette fois, les pinceaux ont été confiés à Thomas Gilbert (Les Filles de Salem…), un auteur que j’apprécie de plus en plus, il faut d’ailleurs que je me penche sur son dernier « La voix des bêtes, la faim des hommes ». Il gomme le principal reproche du 1er récit, à savoir un manque d’attachement aux différents protagonistes rencontrés. La Tour de anges est donc l’adaptation du 2eme livre de la trilogie de Pullman. C’est la suite directe des Royaumes du nord mais je trouve qu’il y a une petite césure (pas pour me déplaire) avant de pouvoir bien raccrocher les wagons. Premièrement le ton sera moins enfantin, on sent que notre héroïne est rentrée dans l’adolescence. Et surtout on découvre un nouveau jeune protagoniste qui aura un destin encore plus important que celui de Lyra (pourtant promise à un bel avenir avec cette histoire de prophétie). Nous ferons également connaissance avec de nouveaux mondes parallèles, l’aventure prend une toute autre envergure et justifie le titre de la trilogie : À la croisée des mondes. Un peu déstabilisant mais pas déplaisant, les cartes sont bien redistribuées. On sent l’aventure jeunesse mais l’auteur n’hésite pas à y ajouter un peu de drame et de noirceur, j’ai bien aimé le comportement des habitants du monde sans adultes, ainsi que le destin un peu tragique de certains personnages. Ce n’est pas sans menus défauts mais c’est plutôt sympa à suivre, je l’ai préféré au premier cycle. Je surveillerais la parution du dernier : le Miroir d’ambre, pour connaitre le fin mot de l’histoire.
Winter station
C’est toujours un beaucoup de plaisir que j’attaque une bande dessinée scénarisée par Christophe Bec. Encore une fois il n’y a pas tromperie sur la marchandise. Cet album est une œuvre captivante qui mêle habilement mystère, suspense et une atmosphère glaçante. L'histoire, se déroulant dans une station de ski presque abandonnée, offre un cadre unique et oppressant, renforcé par le trait précis de Christi Pacurariu. Les personnages bien développés ajoutent une profondeur intrigante à l'histoire, chacun apportant son lot de secrets et de complexités. Les relations entre les membres en charge des travaux de la rénovation de la station de ski, la police et les habitants du village sont dépeintes avec subtilité, créant une tension palpable qui progresse crescendo et qui tient le lecteur en haleine. L'intrigue est bien menée. Celle-ci est riche en rebondissements. Les mystères qui entourent la station et ses occupants sont progressivement révélés. Cela ne pourra que stimuler votre curiosité tout en vous maintenant sur le qui-vive. Les fausses pistes sont nombreuses ! Le choix de placer l'action dans un environnement hostile ajoute une dimension supplémentaire à l'histoire, renforçant le sentiment d'isolement et de danger constant. Les paysages enneigés et les températures glaciales contribuent à créer une ambiance visuelle saisissante même si j’aurais préféré des planches avec de la couleur. En résumé, cet album marie brillamment intrigue, ambiance et suspens. Christophe Bec livre une nouvelle fois une œuvre immersive - sur presque 130 pages - qui séduira les amateurs de mystère et d'aventure même si nous restons sur une histoire qui n’a rien de très originale.
Batman - One Bad Day - Catwoman
2.5 Je suis sorti déçu de ma lecture parce que durant les 3/4 de l'album, je trouvais que c'était le meilleur titre de la série One Bad Day avec celui sur le Pingouin. On retrouve une Catwoman que j'aime bien, l'intrigue est bien construite avec un retournement de situation que je n'avais pas vu et j'avais bien envie de connaitre la solution au mystère...sauf que voilà je ne suis pas certain d'avoir bien compris les motivations de la nouvelle méchante créée pour l'occasion. En effet, j'ai eu l'impression en refermant l'album que j'avais juste la première partie d'un récit prometteur sauf que c'est un one-shot et qu'il n'y aura pas de suite. Dommage parce que je trouvais jusqu'à ce dénouement frustrant que c'était un bon comics de super-héros de divertissement comme je les aime.
Batman - One Bad Day - Gueule d'Argile
2.5 Cette fois-ci on suit Gueule d'Argile durant une journée qui va mal se terminer pour lui. Gueule d'Argile est un méchant que j'aime bien, mais qui a connu plusieurs versions et je n'aime que certaines d'entre-elles. Ici, c'est le Gueule d'Argile version Basil Karlo avec un cerveau que j'aime mieux que le Basil Karlo crétin qu'on a eu durant une bonne décennie. Avant de devenir un monstre, Karlo était un acteur et maintenant il va essayer de le redevenir en allant à Hollywood et évidement cela ne va pas se passer comme prévu. Comme c'était aussi le cas avec d'autres one-shot One Bad Day, l'histoire se laisse lire sans problème, mais c'est trop classique pour être mémorable. On a encore droit à un méchant de Batman qui veut quitter le monde criminel, mais il n'y arrive pas et la critique du monde du cinéma ressemble à n'importe quel récit qui montre le coté sombre d'Hollywood. C'est un peu divertissant, mais sans plus. Il y a aussi un truc qui m'a fait sourciller lorsque Batman débarque enfin. Avant d'intervenir en super-héros, Bruce Wayne a décidé que c'était une bonne idée de s'inviter à une soirée mondaine et ensuite de se battre en Batman contre Gueule d'Argile. Il n'a pas peur que Gueule d'Argile ou n'importe qui présent trouverait cela bizarre que deux personnalités bien connues de Gotham se retrouvent en même temps à Los Angeles ? Sinon, le dessin m'a bien surpris et surtout les couleurs qui pour une fois dans un Batman moderne sont chaudes et agréables. C'est bien loin des trucs fades qu'on voit dans les comics de nos jours.
Batman - One Bad Day - Ra's al Ghul
2.5 Ra's al Ghul est un des méchants de Batman que je n'aime pas, mais ici l'histoire le mettant en vedette est potable...et puis c'est tout. On suit donc ce grand méchant qui a un nouveau plan pour sauver la planète avec ses moyens extrémistes et bien sûr Batman va finir par se mettre en travers de son chemin. J'avoue que pour une fois Ghul est intéressant parce que son plan ne se résume pas à 'je vais tuer tous les humains' et l'idée de départ aurait sans doute mérité un peu plus de développement que dans un récit de 72 pages. Il y a quand même des défauts dans le récit. Il est pas ennuyeux, mais au final le traitement de l'intrigue et des personnages est trop basique et classique, surtout si on est un fan de Batman et qu'on a déjà lu des tonnes de comics sur son univers. Batman, Ra's al Ghul, sa fille Talia et Damian le fils de Batman et Talia agissent de la manière que l'on attend d'eux. En plus, je vois pas trop ce que le récit fait dans la série des One Bad Day parce que non seulement l'action ne se déroule pas en une journée, mais en plus j'ai pas eu l'impression que Ra's vivait une mauvaise passe, vu qu'à la fin il a ce qu'il veut.
Le Croqueur croqué
J'ai apprécié cette lecture rapide et divertissante du Gabonais Jeff Ikapi. L'auteur s'attaque d'une façon humoristique à la thématique fondamentale de la liberté d'expression au sein de la presse. Ikapi peint avec sagacité la réaction du ministre Dimboko qui ne supporte plus le rire de ses concitoyens sur son image. Ikapi propose une réaction traditionnelle en Afrique avec l'intervention d'un sorcier. Cela donne un côté fantastique et humoristique qui adoucit la réponse brutale de l'autorité moquée. Je note que l'ouvrage de Jeff fut achevé d'imprimer en décembre 2014 et publié le 1/1/2015. C'est dire la valeur d'actualité du questionnement de Jeff puisqu'au même moment à Paris, les armes prendront la place du sorcier pour un dénouement bien plus dramatique. Le dessin d'Ikapi est assez simpliste mais il restitue bien l'ambiance humoristique du récit. Le trait est assez épais avec une mise en scène et un découpage dynamique qui rend le récit bien vivant. Une lecture plaisante qui renvoie à une thématique fondamentale pour vivre dans une société de liberté.
D.R.H.
Le début de l’histoire est relativement intriguant, en nous présentant quelques personnages dans un café, ceux-ci devant prendre un TGV. Des protagonistes plutôt hétéroclites : deux DRH spécialistes du « dégraissage » d’entreprise (un vieux et un jeune loup), trois potes partant pour le mariage d’un quatrième, et un type tout juste sorti de taule avec sa nana. Mais je trouve qu’une fois tous réunis dans le train, Jonquet va trop – et surtout uniquement – chercher à exagérer le côté malsain et/ou beauf, voire con et méchant de chacun, cette caricature faisant perdre un peu de crédibilité à une histoire qui tourne au grand guignol vaguement trash. De plus, la fin m’est apparu quelque peu expédiée. Quant au dessin de Chauzy – pas forcément mon truc – il passe, reste lisible, même si la colorisation franchement criarde et baveuse sur certaines cases est assez datée, en tout cas je la trouve outrancière. Une lecture d’emprunt, mais je n’y reviendrai pas. Note réelle 2,5/5.