Les derniers avis (48988 avis)

Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Magical quadra
Magical quadra

L'idée d'une parodie de Magical Girls où le héros est un quadragénaire bedonnant et dégarni a tout de suite attiré mon attention vers ce manga. Toutefois, je n'y ai pas trouvé ce que je pensais. C'est un monde où les Magical Girls sont nombreuses et bien connues du grand public. Elles y sont traitées à la manière des idols japonaises, managées par des coach et des financiers qui travaillent leur image et leur popularité auprès du grand public. Leur rôle consiste à combattre les sorcières, des méchantes dont on ne sait pas grand chose au départ si ce n'est qu'elles sont méchantes et qu'il faut les combattre. Celles-ci sont accompagnées de familiers et ceux-ci deviennent enragés et très dangereux quand leur maîtresse a été tuée. Tellement dangereux que les Magical girls ne font souvent pas le poids contre eux. Heureusement un homme veille en secret, mandaté par les sociétés qui gèrent les girls, c'est Magical Quadra, un vieux quarantenaire au physique de petit fonctionnaire de bureau qui ronchonne et se plaint de ses horaires de travail mais qui est aussi ultra puissant quand il s'agit d'utiliser sa baguette magique avec son coeur ailé et le pouvoir de l'amour. Pire encore, face aux vrais grands dangers, il peut se transformer en Magical Bishônen, un mignon garçon en jupe, collants et gros nœunœud sur la tête, encore plus fort pour exploser la tête des méchants familiers. Si la prise à rebours parodique du thème des Magical Girls est bien présente, c'est moins enthousiasmant que je l'espérais. Le héros est en effet déjà bien installé dans son rôle et on n'a pas droit à sa propre découverte de ses pouvoirs et aux moments saugrenus que cela aurait pu amener. Pire que ça, son pouvoir est tel qu'on se rapproche d'un One-Punch Man tant il est plus fort que les autres. Et de fait, l'histoire de ce début de série tourne vite à une succession de combats pour lesquels l'humour est relégué à quelques grommellements du héros sur son mal de dos et quelques excuses typiques d'un vieux salary-man japonais. Seule l'apparition du Magical Bishônen et la réaction de la Magical Girl expérimentée et précédemment hautaine face à lui fait un peu sourire. J'attends de voir la suite pour me forger une opinion, en espérant qu'une intrigue se mette en place et qu'elle laisse bien la place à l'humour comme espéré d'un tel titre.

04/07/2024 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Kérosène
Kérosène

La BD parle du sujet des manouches, peuple toujours mal considéré aujourd'hui (j'ai souvenir des vieux parlants de voleurs de poules ...). Si la BD aborde un sujet intéressant, je dois dire qu'elle m'a moins touchée que d'autres, notamment Des Nouvelles d'Alain qui parle du même sujet avec la liaison BD et photo. Il faut dire qu'ici c'est uniquement un évènement qui est concerné : le relogement d'un camp dans des maisons fabriquées par la mairie. J'ai surtout été étonné par la date de celle-ci, puisque nous sommes dans les années 2010, et il y a les habituelles difficultés à surmonter : la haine des autres, la question de la perte de culture, les problèmes de santé ... C'est difficile pour eux de quitter l'endroit où ils ont vécus et qui leur donne encore une sensation d'être rattaché à une culture ancienne et spécifique. La BD est bien dessinée et les photos qui arrivent à quelques endroits ancrent l'ensemble dans un réalisme prononcé. C'est bien fait et je n'ai pas grand chose à dire à ce niveau ! C'est une BD qui est assez bien faite sur son sujet mais que je trouve moins pertinente parce que moins fouillé dans le sujet. Elle reste intéressante sur un cas précis, une histoire de comment vivent ceux qui ont toujours été vu comme des étrangers.

04/07/2024 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série 3 cases pour 1 chute
3 cases pour 1 chute

Ces strips m'ont rappelé l'époque Fluide Glacial que j'étais adolescent et lisais régulièrement le magazine. Le graphisme de L'Abbé est en effet dans la lignée de celui de Larcenet et de Ferri, et j'aime ça pour des gags courts et percutants. Toutefois, même si c'est mon style d'humour, je n'ai ici rarement plus que souri, et beaucoup de ces gags sont tombés à plat. D'abord il y a la structure en 3 cases seulement. En magazine, j'ai constaté qu'ils étaient alignés sur une bande, comme des strips classiques. Mais en album, ils sont regroupés par 4, avec l'ajout d'une case titre, puis les 3 cases dessinées assemblées pour une lecture de gauche à droite puis de haut en bas, à l'occidentale. Sauf que structuré ainsi, mon œil a trop souvent glissé de la 1ère case dessinée directement à la dernière, me gâchant régulièrement l'effet humoristique comme si je lisais la chute avant l'histoire. Mais même sans ça, beaucoup de ces gags ne réussissent pas à me faire rire. Certains m'ont même laissé un peu perplexe. Il y en a quand même de bons qui m'ont fait rire un peu mais ils sont trop peu nombreux sur un même album. Dommage car j'aime vraiment bien le dessin de L'Abbé. Note : 2,5/5

04/07/2024 (modifier)
Par Jeïrhk
Note: 3/5
Couverture de la série Bela Lugosi
Bela Lugosi

Il est toujours intéressant de découvrir des personnages emblématiques du cinéma. Bela Lugosi, de son vrai nom Béla Blasko, est une grande figure du cinéma d'horreur américain, surtout connu pour son rôle du comte Dracula dans le film de 1931 réalisé par Tod Browning. Son destin est atypique et malheureusement pas des plus heureux. Son fort accent hongrois, qui était à la fois sa force et sa faiblesse, est devenu une barrière pour certains rôles. Rapidement, il s'est vu attribuer principalement des rôles de -savant fou-, et bien qu'il ait tenté de s'en détacher, il fut bien obligé d'accepter bon nombre de ces rôles. Une lecture sympathique pour ceux qui souhaitent en savoir plus sur cet acteur, la dureté du monde du cinéma, la célébrité, ses conquêtes amoureuses, l'argent, et finalement, la dépendance. Son histoire nous est principalement racontée par une femme qui a joué un rôle important dans sa vie, nous offrant un aperçu détaillé de sa carrière et des événements marquants. Le dessin en noir et blanc nous plongent directement dans l'époque de Lugosi. Je ne suis pas très exigeant en matière de qualité de dessin, j'ai trouvé ce style particulièrement plaisant, ce qui a rendu ma lecture d'autant plus agréable.

03/07/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 3/5
Couverture de la série Hood - Pierres de sang
Hood - Pierres de sang

Avec de grands pouvoirs viennent de grandes opportunités - Ce qui m'a attiré vers ce recueil qui comprend les six numéros de la minisérie initiale parue en 2002, c'est la curiosité de savoir d'où vient le principal criminel de la première série New Avengers. Le scénariste n'est autre que Brian K. Vaughan, l'auteur également de Y The Last Man et Ex Machina. Et les illustrations sont signées par Kyle Hotz qu'on peut retrouver dans la minisérie The Wraith compilée de la saga Annihilation Conquest. Parker Robbins est un jeune homme qui a une vie bien remplie : il est fils de gangster, son meilleur ami est entre 2 cures de désintoxication, sa gonzesse a un polichinelle dans le tiroir, sa deuxième femme est une péripatéticienne, sa mère se meure dans un hôpital et il est entre 2 emplois. Tout change la nuit où son meilleur ami l'invite à participer à un casse pendant lequel il récupère une cape (invisibilité) et des bottes (lévitation) magiques. Ce tome sert d'introduction à ce nouveau personnage qui voit dans ces objets magiques une occasion de s'enrichir rapidement pour son plus grand bénéfice. Pour son malheur, son premier gros coup l'amène à dérober des pierres précieuses à un haut gradé dans la pègre new-yorkaise. Robbins se retrouve rapidement sous le coup d'une inculpation pour meurtre et avec 3 supercriminels à ses trousses (Shocker, Jack O'Lantern et Constrictor). Cette histoire vaut d'abord pour sa totale décontraction : Parker Robbins pense à lui d'abord et il se trouve que les contrariétés mortelles auxquelles il se heurte excitent ses neurones et permettent à son intelligence d'exprimer tout son potentiel. Cette approche rend l'histoire très légère et très décomplexée. De son coté, Kyle Hotz signe des dessins fortement influencés par Kelley Jones (par exemple Batman-Vampire) qui lui même voue un culte disproportionné à Bernie Wrightson. Ce style lui permet de bien rendre les aspects horrifiques du pouvoir de The Hood, les expressions faciales légèrement déformées pour mieux faire apparaître les sentiments et les scènes nocturnes qui sont envahies d'ombres expressionnistes. L'origine de The Hood forme une histoire divertissante et finalement plus inattendue que prévue ; Vaughan nous présente une sorte de Peter Parker qui prend ses responsabilités mais en s'arrangeant de la loi et de la morale.

03/07/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 3/5
Couverture de la série Skybourne
Skybourne

Plus dure sera la chute. - Ce tome contient une histoire complète indépendante de toute autre. Il comprend les 5 épisodes de la minisérie, initialement parus de 2016 à 2018, écrits, dessinés et encrés par Frank Cho, avec une mise en couleurs réalisée par Marcio Menyz. Outre les couvertures originales de Frank Cho pour chaque épisode, il comporte aussi les couvertures alternatives réalisées par Dan Mora, Nick Robles, Carlos Magno, Brandon Peterson, Geoff Darrow. Il y a 25 ans de cela, dans le ciel au-dessus de la Chine, un homme est en train de tomber dans le vide. Il est en position allongée. Il embrasse la photographie d'une femme, et se laisse tomber sereinement. Deux paysans transportant des affaires sur une minuscule carriole tirée par un âne le voit s'écraser au sol. Ils accourent pour se pencher au-dessus du cratère. Thomas Skybourne rouvre les yeux en lâchant un juron, bien vivant dans son costume à peine abimé. Au temps présent, à Istanbul en Turquie, des hommes armés amènent une jeune femme désarmée à un dénommé Ahmed, dans un grand bureau. Elle annonce qu'elle s'appelle Grace Skybourne et qu'elle vient chercher l'artefact que la fondation Sommet de Montagne lui a acheté. Il s'agit d'une épée. Il indique qu'un autre collectionneur s'est porté acquéreur. Elle rappelle que la fondation a déjà payé par avance et elle indique qu'elle est là pour acquérir l'épée à tout prix. Ahmed prend ça comme une contre-proposition dans une négociation de type bâton/carotte. Grace Skybourne répond qu'elle est le bâton. Ahmed insulte Grace Skybourne. Elle indique à un interlocuteur invisible qu'elle a retrouvé l'épée, car Ahmed vient de la sortir de son étui. Elle transperce le ventre de l'homme le plus proche d'elle d'un violent coup de sa main, puis elle tue froidement 2 autres gardes toujours à main nue. Ahmed reprend ses esprits et parvient à s'enfuir par une autre porte, pendant que Grace se dépatouille des autres gardes. Elle finit par arracher une porte blindée de ses gonds pour poursuivre Ahmed. Entretemps, ce dernier a rejoint sa voiture et s'enfuit. Grace avertir son équipe en soutien de le poursuivre, pendant qu'elle bondit vers le toit en passant à travers la verrière. Ses renforts la préviennent que leur véhicule est coincé. Elle utilise le cadavre d'un de ses opposants en le lançant de toutes ses forces sur le parebrise de la Sedan conduite par Ahmed. Peu de temps après, un cardinal catholique dénommé Swiggy a atteint un monastère en Chine où il retrouve Thomas Skybourne. Ce dernier regrette que son vœu de cancer des testicules pour Swiggy n'ait pas été exaucé. Frank Cho est un artiste jouissant d'une réputation certaine dans le milieu des comics, acquise grâce à sa manière très sensuelle de représenter les femmes, que ce soit Shanna the she-devil ou Brandy Carter dans Liberty Meadows. Il est également l'auteur complet de récits de superhéros comme Savage Wolverine. le lecteur s'interroge sur quel type de récit il a pu proposer à un éditeur comme Boom! Studios qui publie plutôt des récits tout public, et des séries jeunesse. Par la force des choses, il note la présence d'une belle femme sur la couverture et sur la quatrième de couverture : Grace Skybourne. S'il feuillète rapidement les pages, il remarque une page où elle émerge d'une pièce réfrigérée dans le plus simple appareil (mais couverte de bulles) et une autre où elle enfile un teeshirt. Ce sont les 2 seules occurrences où l'artiste titille le lecteur, et de manière finalement assez chaste par rapport à d'autres comics de superhéros. Sous réserve d'être attentif, il y a également un torse de sirène dénudé, mais là encore avec des éléments de décors ou de lettrage qui masquent sa poitrine. Sans aller jusqu'à dire que Frank Cho s'est assagi, en tout cas il a réalisé une histoire grand public qui se tient à distance de toute chosification du corps des femmes. De fait, le lecteur apprécie une narration visuelle réalisée à partir d'images très propres sur elles, avec des contours minutieux et discrètement arrondis par endroit, avec une mise en couleurs de type naturaliste, avec un usage raisonné des effets spéciaux. Dès la première page, le lecteur peut observer les caractéristiques des dessins de Frank Cho : des traits de contours nets et précis, avec un soupçon de souplesse, un degré de simplification qui s'applique aux textures, les plis des vêtements étant marqués, sans exagération pour conserver des formes pas trop chargées et une lisibilité immédiate. Les visages sont traités de la mème manière. En y regardant de plus près, le lecteur observe que le relief des surfaces est rendu par les variations de nuances dans les couleurs. de ce point de vue, Marcio Menyz effectue un travail impressionnant qu'on ne peut pas réduire à un simple rendu des couleurs naturelles de la peau, des vêtements, des espaces naturels ou des constructions. C'est encore lui qui transcrit la matière des écailles des dragons. Il mérite le qualificatif d'artiste au même titre que Frank Cho au vu de ce que les couleurs décrivent, de ce qu'elles montrent, à part égale avec les traits encrés. L'apport de Menyz est tellement organique que le lecteur ne se rend même pas compte de la disparition des décors pendant la deuxième scène d'affrontement du premier épisode, grâce aux effets de fumée, de décharge d'énergie, de présence de nuages. S'il conserve cette manière de voir à l'esprit, il remarque également quelques pages où la mise en couleurs bascule dans un registre expressionniste, par exemple pour un effet de violence physique (une couleur rouge sang en fond de page) ou d'embrasement (une scène baignant dans la vivacité des flammes). Le lecteur se rend vite compte que Frank Cho n'est pas très intéressé par les décors à quelques exceptions près. Il y a donc, en ouverture, cette case de la largeur de la page avec une vue de la partie supérieure d'un alignement d'immeubles d'Istanbul. Au fil des séquences, il peut aussi regarder la magnifique porte de l'enceinte du monastère (ornée d'un beau dragon), le flanc déchiqueté et enneigé d'une montagne à Zermatt en Suisse, l'alignement de cellules dans lesquelles sont détenus les monstres mythologiques, les portes de Pandora, et c'est à peu près tout. L'artiste fait quand même le nécessaire pour donner une idée de la volumétrie de chaque lieu en quelques traits, et il peut donc se reposer sur le travail consistant et conséquent du coloriste. Fort heureusement, il en va autrement pour les personnages. Frank Cho a soigné Grace Skybourne, que ce soit pour sa silhouette qui ne repose pas sur la morphologie d'un top-modèle, ou pour son visage qui est celui d'une adulte et pas d'une jeune adolescente. Il a investi le même soin dans la définition graphique de Thomas Skybourne, à égalité avec sa sœur, ce qui souligne encore une fois que ce récit n'est pas un exutoire pour la fascination ou l'obsession de Cho pour le corps féminin. Les personnages secondaires disposent d'une apparence également remarquable, parfois un peu dérivative. Il est difficile de ne pas voir dans Taggart un hommage appuyé à Alfred Pennyworth, surtout au vu de sa fonction. le général Ian Morger a également la tête de l'emploi, c'est-à-dire un militaire blanchi sous le harnais avec une belle moustache, évoquant d'un peu plus loin le général Thaddeus Ross. le cardinal Swiggy présente bien, avec une allure très digne dans sa soutane, malgré son surnom et sa façon de ne pas mâcher ses mots. Dès le premier épisode, il devient évident que Frank Cho a avant tout soigné sa narration visuelle. Son objectif premier n'est pas d'en mettre plein à la vue au lecteur, mais de raconter son histoire avec efficacité. Effectivement la chute de Thomas Skybourne est montrée de manière factuelle, plutôt qu'avec des angles obliques pour une dramatisation excessive. le combat à main nue de Grace Skybourne privilégie la fluidité du déroulement des actions successives, plutôt que les cases dans lesquelles elle prend la pose. le lecteur apprécie cette manière de raconter où la clarté passe avant l'esbroufe. Cela ne donne que plus d'impact aux pages dans lesquelles Frank Co se fait plaisir : un individu transpercé par une épée, un dessin en pleine page pour l'arrivée des dragons, une tête de monstre qui éclate sous l'action d'une roquette tirée par un bazooka, Thomas Skybourne éventrant un dragon depuis l'intérieur, etc. du fait la primauté de la narration sur le spectaculaire, ces cases libèrent toute leur force. Le lecteur se lance donc dans cette lecture avec plaisir, grâce aux dessins clairs et agréables à l'œil. Il reste intrigué par les 3 pages de prologue, en se demandant comment elles se rattacheront à l'intrigue principale. Il observe Grace Skybourne mettre sa pâtée à Ahmed avec une efficacité meurtrière, en notant l'existence d'une épée magique et d'une personne avec une force surhumaine. Il découvre l'existence d'une deuxième personne dotée d'une force surhumaine, le frère de Grace, ainsi que de créatures surnaturelles. Il comprend assez rapidement que l'objet du récit n'est pas de développer l'origine de ces créatures ou de ce frère et de cette sœur, mais de mettre en scène une aventure avec des monstres mythologiques, et un enjeu relevant du mythe. Les explications s'avèrent dont un peu courtes et les combats restent assez basiques. Frank Cho raconte son histoire avec efficacité, mais il est difficile de ressentir de l'empathie pour Grace Skybourne du fait de sa forme d'invincibilité. Il éprouve plus de sympathie pour Thomas Skybourne à la fois pour sa forme de mélancolie, à la fois pour son absence de motivation pour se remettre au combat. Il sourit un peu en découvrant les sarcasmes bien sentis du cardinal Swiggy (et la réponse de Thomas concernant un souhait pour un cancer des testicules), sans qu'ils ne suffisent pour autant à dresser un portrait de cet individu. L'appréciation du lecteur pour cette histoire dépend de ce qu'il est venu y chercher. Il trouve une aventure rondement menée, servie par une narration visuelle au service du récit, sans être démonstrative, à l'opposé d'un artiste qui se regarde le nombril. Il s'avère que les personnages ne sont pas très développés, et que le contexte mythologique est présenté comme allant de soi, sans non plus beaucoup d'épaisseur. le lecteur ne trouvera pas dans ce récit des planches exsudant de sensualité féminine, l'auteur s'étant attaché à raconter une histoire avant tout. Il peut être touché par l'explication qui vient relier la chute du prologue au reste du récit.

03/07/2024 (modifier)
Couverture de la série Gentlemind
Gentlemind

J'ai eu du mal à rentrer dans un récit avec une entrée en matière un peu hésitante. L'ascension de Navit et son accession au pouvoir de sa société sont à la fois simplistes (un mariage entre jeunette et vieux millionnaire) et trop superficielle. En effet j'aurais aimé une bataille juridique un peu plus fouillée que ce lapin sorti du chapeau devant une cohorte d'avocats chevronnés. Ainsi je n'ai pas adhéré à la description psychologique de Navit. Les auteurs passent trop rapidement sur ses qualités qui lui ont permis de faire d'elle une business woman moderne, créative et innovante. Les auteurs préfèrent développer un côté social avec beaucoup de bons sentiments. J'ai donc eu l'impression d'un récit qui hésitait parfois entre l'intime, la comédie de mœurs, le social ou le girl power. C'est quelquefois un peu confus malgré un texte assez recherché et parfois assez drôle. Le plus de la série réside dans un graphisme très fashion qui colle parfaitement à la thématique du journal féminin. L'adjonction de pleine pages représentant des couvertures ou des dessins, ainsi qu'une mise en couleur moderne et recherchée en font un ouvrage visuellement très original et agréable. Une lecture plaisante avec un récit un peu convenu et parfois confus dans une thématique originale et un très bon graphisme.

03/07/2024 (modifier)
Couverture de la série Le Passeur de lagunes
Le Passeur de lagunes

Je suis étonné que ce récit ait obtenu un prix dans le genre du polar. En effet j'ai trouvé l'intrigue assez insignifiante et ennuyeuse. Les démarches du fils pour retrouver son père sont quelques peu poussives et laborieuses. C'est même ce côté du récit le moins crédible avec une organisation omnipotente qui fait sa loi sur la ville de Venise avec un boss secondé par deux affreux incapables d'empêcher un gamin de seize ans d'agir sous leur nez. Cette lenteur dans le développement du récit conduit à un album à la pagination trop importante à mon goût. Le récit essaye de rebondir sur des problèmes d'immigration, de racisme et de traite d'êtres humains. Mais c'est assez superficiel et les auteurs en restent aux bons sentiments et à la sensiblerie. L'intérêt de la série réside surtout à mes yeux dans l'ambiance quasi dystopique de la lagune crée par le graphisme de Piero Macola. C'est la découverte progressive de ce labyrinthe de canaux et d'îles qui sert de fil conducteur à la progression du récit. Les auteurs ont su créer une ambiance aux antipodes de la Venise touristique et historique. C'est un envers du décor qui sied bien à l'idée métaphorique d'une Europe vieillissante et inutilement cloisonnée sur elle-même. Une bonne lecture d'ambiance dans une histoire assez banale.

03/07/2024 (modifier)
Par Cleck
Note: 3/5
Couverture de la série Habemus Bastard
Habemus Bastard

Voici une BD de pur divertissement. La seule véritable question est donc de savoir si ce contrat de lecture est ou non bien rempli ? Le rythme est présent, l'humour aussi, la gentille provocation propre au sujet également. Côté illustrations, c'est solide avec une mise en page dynamique, aérée, colorée, des cadrages ludiques multipliant les gros plans, des trognes pas croyables. Côté scénario, c'est malheureusement moins abouti : la fuite du héros demeure inexpliquée, l'acceptation du déguisement est à peine décrite sauf avec humour a posteriori, l'intrigue liée à la vengeance à venir demeure assez artificielle ; finalement, les combines amorales sont mieux et plus amplement traitées, alors qu'elles auraient pu se contenter d'être le petit supplément d'intrigue annexe. Il ne faut pas bouder son plaisir, mais l'on peut néanmoins s'étonner que cette BD ne traite pas son sujet initial, comme si l'on avait affaire à un tome x relançant assez artificiellement un nouveau cycle d'une série à succès, après quelques tomes ayant clôturé une habile comédie policière irrévérencieuse.

03/07/2024 (modifier)
Par Charly
Note: 3/5
Couverture de la série Métamorphes
Métamorphes

J'ai été captivé par le concept de deux lycéens transformés en monstres – une louve-garou et un vampire – suite à un étrange liquide. Leur lutte pour cacher leur secret et comprendre leur nouvelle réalité m'a tenu en haleine. J'ai apprécié la profondeur des personnages. Ambre, la populaire, se retrouve terrifiée par sa transformation physique, tandis que Lucas, le geek, analyse rationnellement son nouveau statut de vampire. L'intrigue se développe rapidement, avec des touches d'humour bien placées. J'ai ri en voyant Ambre fuir les poils et Lucas chercher du sang en cachette. Le mystère s'épaissit, et j'ai hâte de découvrir d'autres créatures fantastiques impliquées dans ces métamorphoses. Bref, cette BD m'a diverti et je suis curieux de lire la suite !

03/07/2024 (modifier)