Kérosène

Note: 3.33/5
(3.33/5 pour 3 avis)

Janvier 2010. Mont-de-Marsan. Alain Bujak se dirige vers le Camp du Rond, « chez les manouches » pour y réaliser un reportage sur le relogement de ses habitants qui va s'étaler sur plusieurs années.


Amnesty International Auteurs Italiens Documentaires Photo et dessin Photographie Roms, Gitans et autres Bohémiens Sud-Ouest

Janvier 2010. Mont-de-Marsan. Alain Bujak se dirige vers le Camp du Rond, « chez les manouches ». Il y a rendez-vous avec Marie, la doyenne. Juste après la Seconde Guerre mondiale, ils se sont installés là, Marie avec ses parents, ses frères et sœurs, dans les baraques en bois laissées vacantes par les prisonniers allemands qui venaient de partir. Le Camp du Rond est situé en bout de piste d’une base militaire aérienne. C’est une Zone A. Personne ne devrait y vivre compte tenu du bruit et des rejets de kérosène, dangereux pour la santé. L’ancienne équipe municipale a revendu le terrain à l’armée pour un euro symbolique. La nouvelle mairie décide de reloger les familles. Mais comment respecter leurs choix et leur identité, tout en respectant les normes et les lois ? L’isolement dû au racisme est bien plus violent que la misère…

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 24 Août 2017
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Kérosène
Les notes (3)
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13/11/2017 | Ro
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Par Alix
Note: 4/5
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Alain Bujak et Piero Macola avaient déjà collaboré sur l’album Le Tirailleur, que j’avais beaucoup apprécié, et qui parlait déjà d’injustice sur le territoire français. Ils reviennent à la charge avec « Kérosène », reportage BD/photographique sur le Camp du Rond, camp manouche situé près de Mont-de-Marsan. L’ancienne équipe municipale a revendu le terrain sur lequel se trouve le camp à l’armée, et la nouvelle mairie décide de reloger les familles dans des nouvelles habitations modernes et confortables… une aubaine après avoir vécu pendant des années dans des conditions pour le moins insalubres… mais qu’en pensent les intéressés ? Et bien ils sont mitigés, partagés entre leurs traditions nomades et des valeurs plus modernes, ils se sentent exclus et déracinés… les mettre dans des maisons, certes, mais que vont en penser leurs nouveaux voisins ? Et quid de l’accès à l’éducation, au travail ? Le ton est très juste, très neutre, les différents témoignages nous en apprennent beaucoup sur cette population souvent incomprise. Le dessin magnifique de Piero Macola est cette fois estampillé de superbes photographies du camp et de ses habitants, ce qui humanise vraiment le récit. A noter qu’Amnesty International soutient cet album, au travers un logo sur la quatrième de couverture et une courte postface. Un documentaire passionnant, traitant d’un sujet très proche de chez nous géographiquement, et très actuel (l’intégration des « roms »).

10/06/2019 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
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C'est toujours bien d'avoir un autre regard plus humaniste sur certains phénomènes de société qui sont souvent stigmatisé et rejeté. Il est clair qu'on ne vît pas dans le meilleur des mondes. J'ai toutefois bien aimé cette approche même si on pourrait reprocher son côté un peu partial car soutenu par exemple par Amnesty International. Cependant, cela traduit très bien la réalité donc une certaine vérité. Il faut parfois faire un long voyage pour comprendre le point de vue des autres et surtout leur donner la parole quand ils veulent bien s'ouvrir ce qui n'était pas évident pour l'auteur. On se situe de l'autre côté de la barrière dans une France très pauvre. Cet album m'aura sans doute attendri sur le sujet en décortiquant la complexité des situations.

23/12/2017 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
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Kérosène est un documentaire sur la situation des habitants d'un camp de manouches plus ou moins insalubre qui vont être relogés suite à la vente par la mairie du terrain qu'ils occupaient depuis un demi-siècle. Le narrateur et personnage principal est photographe. Il ne connait pas particulièrement le monde des gens du voyage et va le découvrir avec le lecteur. Et comme le dit l'un des protagonistes à un moment donné, il est impossible de généraliser et aucune de leurs communautés ne ressemblera forcément à une autre. Celle-ci ne ressemble à aucun cliché qu'on pourrait imaginer. On y découvre un groupe de familles pauvres hésitant entre des traditions gitanes qu'ils conservent plus comme un totem que comme une vraie façon de vivre et une culture écrasée par la télévision et la sous-culture commerciale occidentale. Ayant une relation ambiguë vis-à-vis de l'exclusion que subit leur communauté, ils la critiquent et la maintiennent à la fois, comme une routine de la méfiance. Ainsi, ils vivent dans de mauvaises conditions mais sont pour beaucoup peu convaincus à l'idée d'en changer. On sait ce qu'on perd, on ne sait pas ce qu'on gagne. Même si évidemment, là aussi, tout le monde ne pense pas pareillement dans cette communauté et certains voient d'un œil très positif ce relogement dans des maisons neuves et pensées pour eux. L'album est structuré en chapitres qui sont autant de visites, parfois séparées par plusieurs années, du photographe auprès de cette communauté et à la rencontre des experts de la commune qui s'occupent de leur relogement. Durant plus de 5 ans, on évoluera de la situation initiale jusqu'aux premières habitudes de vie prises dans les nouveaux logements de la communauté. A la bande dessinée elle-même, les auteurs ajoutent aussi des planches de photographies montrant à quoi ressemblent vraiment les lieux et les personnages. C'est une lecture intéressante, instructive, au dessin agréable et aux photographies belles et parlantes. Le ton de la narration est cependant un peu trop détaché ce qui fait qu'on lit l'ensemble comme un documentaire sans vraiment ressentir d'émotions. La conclusion du récit, notamment, m'a laissé légèrement froid.

13/11/2017 (modifier)