Contrairement aux deux avis précédents, je n'ai pas été convaincu par cette série. Pourtant la thématique culturelle qui accompagne l'expédition Lapérouse de 1788 aurait pu me séduire. Malheureusement elle est exposée d'une façon assez minimale et sans beaucoup, de recul à mes yeux. Expédition avec un côté scientifique certes mais les visées commerciales déséquilibrées ( fourrures de loutres) voire militaires ( cartographie) pour la conquête illégitime de nouveau territoires ne peuvent être écartées. Sur le volet contemporain les auteurs travaillent sur le parallélisme des commandements à "deux têtes" dans les deux expéditions. Soit. Pour moi le côté fiction l'emporte de beaucoup sur un côté documentaire historique avéré. J'ai de nombreuses réserves sur la construction du récit et de ses personnages. Deux ans après l'indépendance et les accords d'Evian la scène initiale nous plonge dans une opération meurtrière du SDECE avec l'élite de ses nageurs de combats. Cela permet de situer le profil du principal personnage. Mais celui ci a une illumination imprévisible et devient sous le regard de la belle Viviane une officier archéologue rebelle aux ordres de son commandant. Comme si les auteurs nous proposaient un virage à 180° sur les objectifs premiers du soldat. La menace n'est plus le chalutier soviétique ou le leader indépendantiste un peu trop rouge mais le compte à rebours pour trouver une cloche qui attend gentiment depuis 200 ans. Je n'ai d'ailleurs pas compris le choix calendaire de l'opération autre que pour introduire un brin de tension dans le récit.
De même je n'ai pas accroché au graphisme de Bizzarri. En effet sa description des fonds marins ou de la barrière coralienne est vraiment minimaliste et sans beaucoup de recherche. Ce qui est un comble pour une thématique sur la plongée sous-marine. Ainsi la plupart des scènes aquatiques se passent sur les zodiacs ou sur le ponton de plongée. L'une des rares scène sous l'eau nous présente un étonnant et inutile concourt d'apnée alors que chaque minute compte. Le dessinateur semble avoir voulu se rapprocher de l'esprit des récits d'aventures vintage.
Une lecture qui m'a interpelé sur plusieurs points avec une thématique pas vraiment pour moi.. un petit 3
Le style graphique est sans doute ce qui m’a le plus marqué. C’est brut, violent, et Frank Miller maîtrise les jeux d’ombres comme personne. On est clairement dans un polar noir à l’ancienne, où la violence est omniprésente et où les personnages n’ont rien de héros classiques. C’est sombre, cynique, avec des intrigues qui s’entremêlent autour de figures cabossées, de femmes fatales et de justiciers solitaires.
Même si je ne suis pas un gros lecteur de comics, j’ai trouvé ça plus intéressant que la plupart des œuvres du genre. C’est un récit qui sort des clichés de super-héros en collants. Ici, la ville elle-même devient un personnage, un terrain de jeu pour la corruption et la brutalité. Il y a un côté très cinématographique dans la manière de raconter l’histoire.
Cela dit, j’ai eu un peu de mal à vraiment entrer dans le récit. Peut-être que c’est à cause de la violence répétée ou du côté très stylisé qui me garde à distance. L’intrigue est bien construite, mais je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages. C’est surtout une œuvre visuelle, qui fait son effet, mais je n’ai pas ressenti le besoin de m’y plonger profondément. Pas mon univers, mais je reconnais qu’il a un vrai truc.
On explore ici avec tendresse et mélancolie la transition d’Yvonne, une octogénaire forcée d’entrer en EHPAD après avoir quitté sa maison. Le personnage qui tente de maintenir sa dignité dans ce nouvel environnement est assez attachant. Le dessin est simple et efficace, capturant bien les émotions sans trop en faire, et le style reste léger malgré un sujet sérieux comme la fin de vie. On sent une vraie volonté de ne pas tomber dans les clichés, et c’est ce qui rend le récit agréable à lire.
Mais j’ai trouvé que l’histoire restait trop en surface. L’album aborde bien les thèmes de la vieillesse, de la solitude et de la perte d’autonomie, mais sans les approfondir vraiment. On effleure les grands thèmes sans jamais plonger profondément dans les émotions qu’ils pourraient susciter. C’est une BD touchante, mais qui manque un peu de cette intensité émotionnelle que l’on attendrait sur ce sujet. En tous cas que j'attendais.
Même si l’approche douce a ses qualités, elle m'a laissé un peu sur ma faim. Une lecture agréable, mais il manque quelque chose pour en faire une lecture plus marquante.
2.5
Un polar qui m'a semblé moyen, mais je pense que c'est à cause de la manière dont il été adapté qui a fait en sorte que je trouve que c'était moyen.
Il y a des bonnes choses dans l'histoire. On n'est pas dans un polar qui mise sur le suspense, mais sur la psychologique des personnages et de ce coté-ci c'est bien fait avec notamment la présentation du point de vu de quelques personnages qui aident vraiment à tout bien comprendre ce qui s'est passé.
En revanche, j'ai trouvé le dessin pas très beau et même un peu figé par moment. De plus, on a souvent droit en-dessous des cases à des phrases qui semblent tiré tout droit du roman original et comme la plupart de ses phrases étaient les pensés d'un personnage, je me demandais pourquoi ne pas tout simplement les mettent dans une bulle comme dans n'importe quelle autre BD.
Bref, la mise en scène n'est pas terrible et cela a fait en sorte que je me suis un peu ennuyé en lisant cet album même si le scénario en lui-même n'est pas mauvais.
Ouais c'est pas mal, mais au vu de la plupart des notes je m'attendais à quelque chose de mieux.
Je pense que cet album montre bien le problème que j'ai eu avec plusieurs séries de l'éditeur Ankama à savoir que le dessin est beau, mais que le scénario est moyen. Parce que oui au niveau du dessin ça vaudrait presque la note maximale avec des planches très belles à regarder. Sauf que je note une BD et pas un artbook et qui dit BD dit aussi scénario.
Or, j'ai trouvé que de ce coté la c'était trop léger pour être mémorable et au final la plupart du temps j'avais l'impression de relire Alice aux pays des merveilles dans un décor de science-fiction.
Un album à emprunter au moins, mais pas nécessairement à acheter selon moi.
Une série qui m’avait régalé lors de sa sortie, je crois bien que c’était, avec Fables, ma première découverte de comics au long cours.
La récente relecture a été en deçà de mon souvenir, alors attention c’est toujours sympa à lire mais je suis plus mitigé sur certains points.
Le dessin est certes lisible et fluide mais à aucun moment il n’attrape vraiment. Ça manque de grandiloquence, il accompagne bien le récit mais de façon lisse et sage. Par contre, l’unité graphique reste globalement homogène malgré plusieurs pinceaux.
Le scénario est rempli de bonnes idées mais n’échappe pas à quelques facilités ou maladresses qui amoindrissent le ressenti. Ça reste quand bien même plus appréciable que celui de World's End Harem avec lequel il partage quelques similitudes.
Nous découvrirons un monde où seules les femmes subsistent, les hommes ayant été décimés par un virus, à l’exception de notre jeune héros que nous suivrons dans sa quête au long cours.
Je dois dire que la lassitude s’est installée assez rapidement chez moi, 10 tomes c’est trop. Le début et la fin sont sympas mais il y a des creux dans l’aventure.
Une série honnête (et plus réussie que sa version TV) qui soulève de chouettes thématiques mais il ne faut pas être trop regardant sur certains aspects (longueur, l’agent 355…). C’était bien passé à l’époque mais avec l’âge, je suis plus regardant.
L’album se laisse lire agréablement, mais il ne m’a pas forcément emballé plus que ça.
Inspiré du récit autobiographique de Mylène Demongeot, l’album mêle l’histoire de Mylène et de sa mère, Claudia, deux générations et deux destinées très différentes : les deux n’ont pas été confrontées aux mêmes défis !
La partie sur Claudia, la mère, est peut-être celle qui aurait pu le plus m’intéresser, tant elle brasse un arrière-plan historique très riche (la révolution russe et ses conséquences, la vie dans le Shanghai de l’entre-deux guerres, la colonisation en Indochine, et l’acclimatation des Russes blancs en exil). Las, ces parties m’ont rapidement ennuyé. Surtout, la vie indolente de la bourgeoisie dans le milieu colonial ne m’attire pas. Comme la personnalité de Claudia, inconséquente, ne pensant qu’à une ascension sociale et une « belle vie », passant d’un homme à l’autre sans qu’il y ait de l’amour le plus souvent, là aussi ça me laisse froid.
Quant à Mylène Demongeot, j’avoue avoir eu des a priori – en partie seulement démonté par ce récit. Je ne vois en elle que la belle nunuche faire-valoir des navets d’Hunebelle (les inénarrables « Fantomas »). Même si sa filmographie semble avoir été en partie plus exigeante, sa destinée de « star » ne m’a pas captivé. D’autant plus que certaines pages tournent à l’hagiographie.
Affaire de goûts peut-être, mais cet album – qui peut tout à fait trouver son public – m’a laissé sur ma faim.
Note réelle 2,5/5.
Quelques petits détails m’ont empêché de mieux noter cet album. Un dessin un chouia trop statique, et une volonté – pourtant louable – d’être exhaustif et clinique dans la description méthodique de ce crime. Cela donne parfois un ensemble froid, et on peine à s’attacher aux personnages (je parle des victimes bien sûr !).
Mais pour le reste, c’est un album intéressant et hélas nécessaire, pour ne pas laisser quelques fachos réécrire l’histoire (voir les remarques de Zemmour sur le bilan positif de l’occupation, dont on aurait exagéré les méfaits).
J’avais visité il y a quelques années le site du village (et le musée – très bien fait). Même si les traces de sang, d’incendie avaient disparu, si la rouille avait commencé son travail, et si certaines ruines s’étaient visiblement écroulées, le site du village martyr garde quelque chose de glaçant. L’effroi est resté, lui !
Et les auteurs ont choisi de montrer l’enchainement des faits qui ont amené au massacre de plus de 600 personnes. L’idée (confirmée par le dossier intéressant qui clôt l’album) de montrer qu’Oradour a connu ce qu’ont connu des centaines de villages dans l’ex-URSS envahie par Wehrmacht et Waffen-SS est pertinente (et laisse horrifié quant au bilan dans cette région qui a le plus subi les exactions nazies) : les officiers SS appliquent ici des méthodes « éprouvées ».
Le débarquement allié en Normandie a galvanisé les résistants (qui vont payer un lourd tribut à leur enthousiasme un peu prématuré parfois), et en retour la répression des Nazis et de leurs supplétifs : c’est un baroud d’honneur, une fuite en avant désormais, pour les collabos, les miliciens, et les unités SS.
Les auteurs multiplient les petits flash-backs, et passent d'un lieu à un autre sans trop de transition, pour dynamiser un récit somme toute linéaire (ça n'aide pas toujours à la fluidité, j'ai parfois confondu certains personnages).
Il est intéressant de montrer qu’au-delà des officiers et de quelques soldats « aguerris » et fanatiques, certains participants au massacre d’Oradour-sur-Glane étaient de jeunes et récents « engagés », parfois français/alsaciens. Ça laisse pantois quant à la facilité avec laquelle on peut participer à un massacre de cette ampleur, de façon aussi froide, méthodique, alors même que les auteurs savaient qu’aucun résistant ne se trouvait ici.
Un devoir de mémoire nécessaire donc.
Note réelle 3,5/5.
Première réaction à la vue de la couverture : tiens un album de Charles Burns. Et en fait non Erik Kriek est un auteur néerlandais mais son dessin de belle qualité en est très proche. De même que l'ambiance un peu poisseuse à l'instar de Black Hole avec ici une mystérieuse mare sombre au milieu des bois entourant la maison de campagne où Hubb et Sarah s'installent après en avoir hérité. Ils souhaitent changer de vie après la mort de leur enfant. La mère arrête les médocs et se met à avoir de furieuses hallucinations. Des gens disparaissent étrangement.
Bizarrement la tournure des dialogues ne m'a pas choqué alors que je suis généralement sensible sur ce point. J'ai trouvé que l'effet "horrifique" marchait plutôt bien alors que ce n'est pas forcément facile à transmettre en bande dessinée. Bref, ce n'est pas l'ouvrage qui révolutionne le genre car le scénario suit certains codes déjà vus mais ça mérite le coup d'oeil.
Cela partait assez mal avec cette histoire de science-fiction au dessin peu joli. Couleurs informatiques qui piquent les yeux et personnages au physique stéréotypé, Danko, un des personnages principaux, a une tête d'américain façon Clark Kent. Reste le scénario qui au fil des pages tient malgré tout l'attention du lecteur. Il s'agit d'une rencontre au milieu de l'espace entre l'humanité et une civilisation extra-terrestre beaucoup plus évoluée technologiquement. De manière assez surprenante les Aliens (les Eo'tarx) ont une apparence presque humaine ce qui sera expliqué par la suite. Rapidement Danko et son homologue femelle de l'autre espèce vont se rapprocher et copuler en apesanteur. On découvre le passé de Danko et les souvenirs d'une ancienne relation qui a mal tourné avec une copine noire. Racismes anti latino et anti noir sont évoqués sans grande subtilité. Quelques effets graphiques pas mal quand on en vient aux explications de canaux quantiques et d'espace temps sans que cela tourne au charabia pseudo-scientifique. Une lecture passable, je ne recommande pas spécialement.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Lapérouse 64
Contrairement aux deux avis précédents, je n'ai pas été convaincu par cette série. Pourtant la thématique culturelle qui accompagne l'expédition Lapérouse de 1788 aurait pu me séduire. Malheureusement elle est exposée d'une façon assez minimale et sans beaucoup, de recul à mes yeux. Expédition avec un côté scientifique certes mais les visées commerciales déséquilibrées ( fourrures de loutres) voire militaires ( cartographie) pour la conquête illégitime de nouveau territoires ne peuvent être écartées. Sur le volet contemporain les auteurs travaillent sur le parallélisme des commandements à "deux têtes" dans les deux expéditions. Soit. Pour moi le côté fiction l'emporte de beaucoup sur un côté documentaire historique avéré. J'ai de nombreuses réserves sur la construction du récit et de ses personnages. Deux ans après l'indépendance et les accords d'Evian la scène initiale nous plonge dans une opération meurtrière du SDECE avec l'élite de ses nageurs de combats. Cela permet de situer le profil du principal personnage. Mais celui ci a une illumination imprévisible et devient sous le regard de la belle Viviane une officier archéologue rebelle aux ordres de son commandant. Comme si les auteurs nous proposaient un virage à 180° sur les objectifs premiers du soldat. La menace n'est plus le chalutier soviétique ou le leader indépendantiste un peu trop rouge mais le compte à rebours pour trouver une cloche qui attend gentiment depuis 200 ans. Je n'ai d'ailleurs pas compris le choix calendaire de l'opération autre que pour introduire un brin de tension dans le récit. De même je n'ai pas accroché au graphisme de Bizzarri. En effet sa description des fonds marins ou de la barrière coralienne est vraiment minimaliste et sans beaucoup de recherche. Ce qui est un comble pour une thématique sur la plongée sous-marine. Ainsi la plupart des scènes aquatiques se passent sur les zodiacs ou sur le ponton de plongée. L'une des rares scène sous l'eau nous présente un étonnant et inutile concourt d'apnée alors que chaque minute compte. Le dessinateur semble avoir voulu se rapprocher de l'esprit des récits d'aventures vintage. Une lecture qui m'a interpelé sur plusieurs points avec une thématique pas vraiment pour moi.. un petit 3
Sin City
Le style graphique est sans doute ce qui m’a le plus marqué. C’est brut, violent, et Frank Miller maîtrise les jeux d’ombres comme personne. On est clairement dans un polar noir à l’ancienne, où la violence est omniprésente et où les personnages n’ont rien de héros classiques. C’est sombre, cynique, avec des intrigues qui s’entremêlent autour de figures cabossées, de femmes fatales et de justiciers solitaires. Même si je ne suis pas un gros lecteur de comics, j’ai trouvé ça plus intéressant que la plupart des œuvres du genre. C’est un récit qui sort des clichés de super-héros en collants. Ici, la ville elle-même devient un personnage, un terrain de jeu pour la corruption et la brutalité. Il y a un côté très cinématographique dans la manière de raconter l’histoire. Cela dit, j’ai eu un peu de mal à vraiment entrer dans le récit. Peut-être que c’est à cause de la violence répétée ou du côté très stylisé qui me garde à distance. L’intrigue est bien construite, mais je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages. C’est surtout une œuvre visuelle, qui fait son effet, mais je n’ai pas ressenti le besoin de m’y plonger profondément. Pas mon univers, mais je reconnais qu’il a un vrai truc.
Le Plongeon
On explore ici avec tendresse et mélancolie la transition d’Yvonne, une octogénaire forcée d’entrer en EHPAD après avoir quitté sa maison. Le personnage qui tente de maintenir sa dignité dans ce nouvel environnement est assez attachant. Le dessin est simple et efficace, capturant bien les émotions sans trop en faire, et le style reste léger malgré un sujet sérieux comme la fin de vie. On sent une vraie volonté de ne pas tomber dans les clichés, et c’est ce qui rend le récit agréable à lire. Mais j’ai trouvé que l’histoire restait trop en surface. L’album aborde bien les thèmes de la vieillesse, de la solitude et de la perte d’autonomie, mais sans les approfondir vraiment. On effleure les grands thèmes sans jamais plonger profondément dans les émotions qu’ils pourraient susciter. C’est une BD touchante, mais qui manque un peu de cette intensité émotionnelle que l’on attendrait sur ce sujet. En tous cas que j'attendais. Même si l’approche douce a ses qualités, elle m'a laissé un peu sur ma faim. Une lecture agréable, mais il manque quelque chose pour en faire une lecture plus marquante.
Un pied au paradis
2.5 Un polar qui m'a semblé moyen, mais je pense que c'est à cause de la manière dont il été adapté qui a fait en sorte que je trouve que c'était moyen. Il y a des bonnes choses dans l'histoire. On n'est pas dans un polar qui mise sur le suspense, mais sur la psychologique des personnages et de ce coté-ci c'est bien fait avec notamment la présentation du point de vu de quelques personnages qui aident vraiment à tout bien comprendre ce qui s'est passé. En revanche, j'ai trouvé le dessin pas très beau et même un peu figé par moment. De plus, on a souvent droit en-dessous des cases à des phrases qui semblent tiré tout droit du roman original et comme la plupart de ses phrases étaient les pensés d'un personnage, je me demandais pourquoi ne pas tout simplement les mettent dans une bulle comme dans n'importe quelle autre BD. Bref, la mise en scène n'est pas terrible et cela a fait en sorte que je me suis un peu ennuyé en lisant cet album même si le scénario en lui-même n'est pas mauvais.
Bunkerville
Ouais c'est pas mal, mais au vu de la plupart des notes je m'attendais à quelque chose de mieux. Je pense que cet album montre bien le problème que j'ai eu avec plusieurs séries de l'éditeur Ankama à savoir que le dessin est beau, mais que le scénario est moyen. Parce que oui au niveau du dessin ça vaudrait presque la note maximale avec des planches très belles à regarder. Sauf que je note une BD et pas un artbook et qui dit BD dit aussi scénario. Or, j'ai trouvé que de ce coté la c'était trop léger pour être mémorable et au final la plupart du temps j'avais l'impression de relire Alice aux pays des merveilles dans un décor de science-fiction. Un album à emprunter au moins, mais pas nécessairement à acheter selon moi.
Y Le Dernier Homme
Une série qui m’avait régalé lors de sa sortie, je crois bien que c’était, avec Fables, ma première découverte de comics au long cours. La récente relecture a été en deçà de mon souvenir, alors attention c’est toujours sympa à lire mais je suis plus mitigé sur certains points. Le dessin est certes lisible et fluide mais à aucun moment il n’attrape vraiment. Ça manque de grandiloquence, il accompagne bien le récit mais de façon lisse et sage. Par contre, l’unité graphique reste globalement homogène malgré plusieurs pinceaux. Le scénario est rempli de bonnes idées mais n’échappe pas à quelques facilités ou maladresses qui amoindrissent le ressenti. Ça reste quand bien même plus appréciable que celui de World's End Harem avec lequel il partage quelques similitudes. Nous découvrirons un monde où seules les femmes subsistent, les hommes ayant été décimés par un virus, à l’exception de notre jeune héros que nous suivrons dans sa quête au long cours. Je dois dire que la lassitude s’est installée assez rapidement chez moi, 10 tomes c’est trop. Le début et la fin sont sympas mais il y a des creux dans l’aventure. Une série honnête (et plus réussie que sa version TV) qui soulève de chouettes thématiques mais il ne faut pas être trop regardant sur certains aspects (longueur, l’agent 355…). C’était bien passé à l’époque mais avec l’âge, je suis plus regardant.
Adieu Kharkov
L’album se laisse lire agréablement, mais il ne m’a pas forcément emballé plus que ça. Inspiré du récit autobiographique de Mylène Demongeot, l’album mêle l’histoire de Mylène et de sa mère, Claudia, deux générations et deux destinées très différentes : les deux n’ont pas été confrontées aux mêmes défis ! La partie sur Claudia, la mère, est peut-être celle qui aurait pu le plus m’intéresser, tant elle brasse un arrière-plan historique très riche (la révolution russe et ses conséquences, la vie dans le Shanghai de l’entre-deux guerres, la colonisation en Indochine, et l’acclimatation des Russes blancs en exil). Las, ces parties m’ont rapidement ennuyé. Surtout, la vie indolente de la bourgeoisie dans le milieu colonial ne m’attire pas. Comme la personnalité de Claudia, inconséquente, ne pensant qu’à une ascension sociale et une « belle vie », passant d’un homme à l’autre sans qu’il y ait de l’amour le plus souvent, là aussi ça me laisse froid. Quant à Mylène Demongeot, j’avoue avoir eu des a priori – en partie seulement démonté par ce récit. Je ne vois en elle que la belle nunuche faire-valoir des navets d’Hunebelle (les inénarrables « Fantomas »). Même si sa filmographie semble avoir été en partie plus exigeante, sa destinée de « star » ne m’a pas captivé. D’autant plus que certaines pages tournent à l’hagiographie. Affaire de goûts peut-être, mais cet album – qui peut tout à fait trouver son public – m’a laissé sur ma faim. Note réelle 2,5/5.
Oradour 1944 - L'innocence assassinée
Quelques petits détails m’ont empêché de mieux noter cet album. Un dessin un chouia trop statique, et une volonté – pourtant louable – d’être exhaustif et clinique dans la description méthodique de ce crime. Cela donne parfois un ensemble froid, et on peine à s’attacher aux personnages (je parle des victimes bien sûr !). Mais pour le reste, c’est un album intéressant et hélas nécessaire, pour ne pas laisser quelques fachos réécrire l’histoire (voir les remarques de Zemmour sur le bilan positif de l’occupation, dont on aurait exagéré les méfaits). J’avais visité il y a quelques années le site du village (et le musée – très bien fait). Même si les traces de sang, d’incendie avaient disparu, si la rouille avait commencé son travail, et si certaines ruines s’étaient visiblement écroulées, le site du village martyr garde quelque chose de glaçant. L’effroi est resté, lui ! Et les auteurs ont choisi de montrer l’enchainement des faits qui ont amené au massacre de plus de 600 personnes. L’idée (confirmée par le dossier intéressant qui clôt l’album) de montrer qu’Oradour a connu ce qu’ont connu des centaines de villages dans l’ex-URSS envahie par Wehrmacht et Waffen-SS est pertinente (et laisse horrifié quant au bilan dans cette région qui a le plus subi les exactions nazies) : les officiers SS appliquent ici des méthodes « éprouvées ». Le débarquement allié en Normandie a galvanisé les résistants (qui vont payer un lourd tribut à leur enthousiasme un peu prématuré parfois), et en retour la répression des Nazis et de leurs supplétifs : c’est un baroud d’honneur, une fuite en avant désormais, pour les collabos, les miliciens, et les unités SS. Les auteurs multiplient les petits flash-backs, et passent d'un lieu à un autre sans trop de transition, pour dynamiser un récit somme toute linéaire (ça n'aide pas toujours à la fluidité, j'ai parfois confondu certains personnages). Il est intéressant de montrer qu’au-delà des officiers et de quelques soldats « aguerris » et fanatiques, certains participants au massacre d’Oradour-sur-Glane étaient de jeunes et récents « engagés », parfois français/alsaciens. Ça laisse pantois quant à la facilité avec laquelle on peut participer à un massacre de cette ampleur, de façon aussi froide, méthodique, alors même que les auteurs savaient qu’aucun résistant ne se trouvait ici. Un devoir de mémoire nécessaire donc. Note réelle 3,5/5.
La Mare
Première réaction à la vue de la couverture : tiens un album de Charles Burns. Et en fait non Erik Kriek est un auteur néerlandais mais son dessin de belle qualité en est très proche. De même que l'ambiance un peu poisseuse à l'instar de Black Hole avec ici une mystérieuse mare sombre au milieu des bois entourant la maison de campagne où Hubb et Sarah s'installent après en avoir hérité. Ils souhaitent changer de vie après la mort de leur enfant. La mère arrête les médocs et se met à avoir de furieuses hallucinations. Des gens disparaissent étrangement. Bizarrement la tournure des dialogues ne m'a pas choqué alors que je suis généralement sensible sur ce point. J'ai trouvé que l'effet "horrifique" marchait plutôt bien alors que ce n'est pas forcément facile à transmettre en bande dessinée. Bref, ce n'est pas l'ouvrage qui révolutionne le genre car le scénario suit certains codes déjà vus mais ça mérite le coup d'oeil.
Attraction
Cela partait assez mal avec cette histoire de science-fiction au dessin peu joli. Couleurs informatiques qui piquent les yeux et personnages au physique stéréotypé, Danko, un des personnages principaux, a une tête d'américain façon Clark Kent. Reste le scénario qui au fil des pages tient malgré tout l'attention du lecteur. Il s'agit d'une rencontre au milieu de l'espace entre l'humanité et une civilisation extra-terrestre beaucoup plus évoluée technologiquement. De manière assez surprenante les Aliens (les Eo'tarx) ont une apparence presque humaine ce qui sera expliqué par la suite. Rapidement Danko et son homologue femelle de l'autre espèce vont se rapprocher et copuler en apesanteur. On découvre le passé de Danko et les souvenirs d'une ancienne relation qui a mal tourné avec une copine noire. Racismes anti latino et anti noir sont évoqués sans grande subtilité. Quelques effets graphiques pas mal quand on en vient aux explications de canaux quantiques et d'espace temps sans que cela tourne au charabia pseudo-scientifique. Une lecture passable, je ne recommande pas spécialement.