Ce comics aurait pu être excellent.
Sans qu'ils comprennent pourquoi, Spider-Man et Wolverine se sont retrouvés projetés des millions d'années dans le passé. Leur dernier souvenir sur Terre était lors de leur intervention contre des braqueurs de banque, jusqu'à la chute d'étranges diamants qu'ils venaient de dérober. Et depuis ils se retrouvent à vivre parmi les races humanoïdes vivant alors, alors que la météorite qui va causer la disparition des dinosaures s'apprêtent à frapper la Terre. Et ce n'est là que le début de leurs pérégrinations à travers le temps.
En fait, j'ai vraiment aimé cette lecture jusqu'à la fin de son quatrième chapitre, soit sur plus des deux tiers de l'intrigue complète.
Elle commence très sérieusement avec une atmosphère de fatalité et d'incompréhension de la part de nos héros, un véritable sentiment de fin du monde. Puis alors que les voyages temporels s'enchainent, elle commence à prendre une tournure plus légère tournant même au loufoque tout en gardant en permanence ce voile de mystère et l'envie pour le lecteur de comprendre le fin mot de l'histoire et de voir comment les choses vont s'arranger. La relation conflictuelle entre Peter Parker et Logan est bien utilisée, avec forcément l'un réfléchi mais trop bavard, et l'autre brutal et instinctif. Et toutes ces aventures sont l'occasion de pas mal de situations amusantes et de dialogues très drôles de la part essentiellement de Spider-Man. C'est aussi l'occasion de convoquer pas mal de personnages célèbres de l'univers Marvel dans des circonstances parfois épiques. Le tout sans noyer le lecteur sous l'action et en gardant une part de réflexion et de dialogues. Et pour ne rien gâcher, le dessin est excellent, tant pour les personnages que les décors.
Bref, quatre premiers chapitres vraiment très bons.
Seulement voilà, une histoire aussi complexe, il faut savoir la clore et visiblement le scénariste ne savait pas bien comment. A partir du cinquième chapitre, le loufoque prend le dessus sur la cohérence de l'intrigue. La logique perd pied en même temps que le sentiment d'être immergé dans l'histoire. Jusqu'alors, les choses se tenaient bien mais à partir de ce stade on commence à se dire que rien n'a vraiment de sens et que tout peut arriver. Et du coup, mon plaisir a décroché sans que rien jusqu'à la fin ne vienne me permettre de retrouver ce qui m'avait vraiment plu dans les chapitres précédents. Il y a juste une légère dose d'émotion à la toute fin mais comme les passages précédents avaient un peu tout détruit en chemin, elle n'a pas réussi à me toucher convenablement.
Bref, une centaine de pages de vrai plaisir de lecture aux côtés de Spider-Man et Wolverine mêlant action, mystère et humour, malheureusement gâchés par la soixantaine de pages suivantes qui se révèle sans consistance. Je reste quand même sur une bonne opinion globale et j'ai passé un bon moment.
Ces 4 tomes de l'Adoption (un 5ème est annoncé pour 2024) alternent le très sympathique et le légèrement décevant. Comme souvent, les tomes 1 des différents cycles me sont apparus plus agréables. Parce qu'il est naturellement plus simple d'ouvrir sur une nouvelle thématique intéressante, que de relier puis conclure efficacement une intrigue. Mais même dans leurs temps faibles, ces récits en apparence légers diffusent de plaisants sentiments doux-amers, une belle mélancolie pointe et les émotions affleurent à la lecture de ces tranches de vie.
De par les couleurs chaleureuses, le trait rond sympathique, des récits certes simples mais à la thématique originale, ces BD ne peuvent qu'être recommandées : peu s'y ennuieront. Et peu s'agaceront de ce "feel good" copieux, mais non dégoulinant.
-------------------------------------
Le tome 5 est une évolution importante et modifie les équilibres décrits précédemment.
L'histoire se développe cette fois-ci en un unique tome ; elle est moins centrée sur la thématique de l'adoption (aussi parce qu'idyllique donc moins mouvementée, avec des enjeux narratifs moins intenses dramatiquement) et davantage sur les liens familiaux en découlant. Le dosage en ingrédient "feel good" est cette fois-ci particulièrement corsé : double deuil, chaleureuses évocations des êtres aimés en scénettes souvenirs. L'intrigue est ainsi mieux construite, mais flirte avec l'indigeste tant le surdosage "guimauve-mélo" est important. Une agréable lecture et une belle occasion de clore définitivement cette série globalement réussie : il serait sage de ne pas reprendre du dessert.
Sixième comics de l'univers Cyberpunk 2077 que je lis, celui-ci n'est pas mauvais mais il est un peu court et un peu vain.
Il raconte deux histoires en parallèle. Il y a d'un côté celle de Tasha et Mirek, un couple de punks qui vivent à 100 à l'heure dans Night City, enchainant les petits boulots criminels et les vols d'implants. Et à travers les danses sensorielles qui ont été tirées de leur vie, Mirek suit la vie aussi tranquille que possible d'un fermier et de sa petite famille au milieu de leurs champs de maïs. Alors que Tasha veut voir plus grand et plus dangereux, Mirek aimerait lui aussi vivre cette vie paisible qui devient son fantasme... fantasme forcément mis à mal par la cruelle réalité de la vie dans un monde cyberpunk.
Ce comics a la particularité d'être réalisé par deux dessinateurs.
Filipe Andrade, qui dessine les phases de danses sensorielles et donc les passages campagnards, a un style charmant, avec un trait organique et sensuel. Ses planches sont très agréables, régulièrement belles.
A l'inverse, Alessio Fioriniello qui dessine les scènes à Night City a un style bien moins attirant. Certes il dégage une énergie et une violence qui se marie bien à l'univers punk de ses deux héros mais il est aussi souvent très laid, notamment pour le visage, en particulier celui de l'héroïne, ou pour les décors tracés à la règle. Ce graphisme là m'a rebuté et empêché d'apprécier ma lecture.
L'intrigue quant à elle n'est pas mauvaise mais un peu convenue pour du Cyberpunk. Certes les passages campagnards sortent des habitudes du genre mais pas leur conclusion. Et la partie citadine, elle, est sans grande surprise, avec des protagonistes peu attachants.
Bref, ça se lit bien, c'est bien dans l'esprit Cyberpunk, mais le scénario ne sort pas tellement du lot et la moitié des planches est trop laide à mon goût, gâchant la qualité de l'autre moitié.
Note : 2,5/5
BD séduisante visuellement, notamment du fait de couleurs à l'aquarelle à la tonalité impressionniste et d'un trait fin à la linéarité délicatement mal assurée.
Les personnages sont bien plantés, intéressants a priori avec des aspérités excessives et caricaturales à souhait, donnant à l'ensemble une inattendue tonalité semi-parodique intrigante et fort agréable.
Mais les choses se gâtent peu à peu : l'intrigue policière est trop lâche, légère sinon bâclée, enchaînant les rebondissements menés par les seuls dialogues, les explications maladroites données a posteriori. Les auteurs actuels n'ont plus l'habitude de mener une intrigue complexe en un tome, ne savent plus mener une narration avec le rythme et les ellipses adéquats. Relisez "Le Schtroumpfissime" que diable !
Et puis il y a ces habituels souhaits, irréprochables au demeurant, d'ouvrir aux thématiques contemporaines (féministes ici), mais dont le traitement policier est incompatible avec la morale et les traits de caractère jusqu'alors présentés par l'album.
Voilà donc une BD qui séduit a priori, déçoit peu à peu et s'achève en laissant un goût amer. La note 2 serait sévère, un 3 délié de l'impression finale bien froide.
S’il se base sur une anecdote assez édifiante, Alcante s’offre des libertés avec la réalité historique pour nous relater cette extravagante histoire d’un pongiste américain à l’origine du rapprochement de la Chine et des USA au début des années ’70. Et franchement, franchement, franchement, je ne comprends pas pourquoi.
L’histoire de Glenn Cowan était à mes yeux suffisamment pittoresque pour qu’une simple mais fidèle évocation des faits historiques se suffise à elle-même. Or, ici, je n’ai pu m’empêcher d’être déçu de découvrir que certains passages sont purement fantaisistes. C’est vraiment le gros bémol que j’ai à émettre au sujet de cet album.
Un deuxième bémol, bien plus petit celui-là, vient de la personnalité de Glenn Cowan, personnage peu attachant dont l’évolution (de parfait connard à personne presque responsable) est d’ailleurs faussée par l’insertion de ces passages historiquement faux. A la réflexion, c’est d’ailleurs sans doute pour parvenir à rendre Cowan plus intéressant qu’Alcante a modifié certaines réalités… mais bon, je n’aime pas ce genre de procédé.
A côté de ça, il y a plusieurs aspects que j’ai vraiment beaucoup aimés et qui font que je ne regrette pas mon achat. Tout d’abord, l’anecdote est tellement lunaire qu’elle mérite un livre. Ensuite, la reconstitution de l’époque et de son contexte est pleinement réussie. Enfin la lecture est agréable dans son ensemble avec une narration instructive mais pas étouffante, un découpage bien pensé et un dessin agréable à l’œil.
Je reste sur un simple « pas mal » mais rien que pour l’anecdote, ce récit mérite d’être lu.
Voilà une bande dessinée qui promet un concept intéressant ! Emmanuele Arioli est connu pour avoir mis au jour un récit méconnu de la Table ronde : Ségurant ou le chevalier au dragon. Et s'il prend ici quelques libertés, visiblement (Ségurant devenant Sivar), il nous propose donc une relecture du propre travail qu'il a mené pendant 10 ans à la recherche d'un mythe méconnu de la Table ronde.
Evidemment, pour ma part, je suis incapable de discerner les ajouts pour la bande dessinée des péripéties réelles du récit originel. Quoiqu'il en soit, j'ai été plutôt séduit par ce récit de fantasy médiévale très classique. On peut toutefois lui reprocher dans une certaine mesure ce classicisme, qui aligne des péripéties pas toujours très intéressantes, et surtout de manière très mécanique. Ce n'est pas mauvais, mais on connaît un peu le processus, au bout d'un moment...
Ce qui m'a gêné, c'est surtout les incursions d'un humour déplacé dans un récit qui tenait parfaitement sans cela. On ne comprend pas pourquoi l'auteur s'amuse avec des gags, qui ne sont jamais très pertinents. Un peu comme si Alex Alice avait essayé de glisser de l'humour à la Kaamelott dans son merveilleux Siegfried... Je ne fais pas la comparaison au hasard, car je trouve qu'Alice a réussi là où Le Chevalier au dragon est à la peine. Contrairement à Siegfried, ici, peu voire pas de noblesse. Arioli reste trop souvent terre-à-terre et son humour l'empêche d'aller sur un autre terrain, où on l'aurait pourtant largement attendu. En peinant à glisser un véritable et profond souffle romanesque dans son récit, l'auteur fait tendre finalement son (excellent) travail de vulgarisation vers une simple bande dessinée, peut-être au ton assez comics, mais guère plus.
Mais malgré ces quelques défauts, la grande bonne surprise de cet album, c'est le dessin. En effet, Emiliano Tanzillo nous offre des images vraiment somptueuses, très stylisées. Il réussit à merveille à capter l'essence du récit pour la restituer à travers des images qui, elles, ne manquent pas toujours d'ampleur. C'est aussi ce qui m'a rendu indulgent avec cette bande dessinée, certes réussie, mais qui a parfois du mal à trouver sa voie.
Et finalement, en refermant le tome, on se rend compte qu'on a passé un bon moment. Et même si on ne s'en souviendra pas longtemps, on en est déjà largement satisfait.
Une série qui m'a un peu rappelé Twin Peaks, mais en moins bien.
Le dessin de Peeters est toujours aussi bien maitrisé avec un trait dynamique et des couleurs chaudes. C'est vraiment le style parfait pour ce genre de polar violent qui possède un peu de fantastique. La narration est fluide et les 5 albums se lisent bien un à la suite de l'autre. Il faut dire qu'il y a plusieurs scènes avec peu de dialogues.
Malheureusement, malgré des qualités le scénario ne m'a pas trop passionné. J'ai trouvé qu'il y a quelques longueurs et j'étais bien content que tout soit terminé lorsque j'ai refermé le dernier tome. Le plus gros problème est que je n'ai pas réussi à m'intéresser aux personnages. Difficile de trouver captivant une série avec autant de tomes si je ne ressens pas d'empathie pour les personnages et que je me foutais un peu des malheurs qui pouvaient leurs arriver.
Le titre est un peu réducteur, et dit mal les réflexions, l’immensité du désert et des pensées que renferme ce récit, que j’aurais plutôt titré « Vers l’infini » ? Mais bon, ça n’est pas mon œuvre, donc…
Le récit peut être résumé de façon lapidaire : nous suivons un homme, qui traverse le Sahara tunisien, souvent seul, parfois accompagné d’un guide – qui lui sert alors de partenaire dans ses réflexions. Notre homme s’intéresse aux criquets, à leur éventuelle menace, il cherche leur lieu de rassemblement.
Mais en fait il cherche autre chose, à se connaitre, à réfléchir sur le monde. C’est une histoire minimaliste et en même temps portée vers l’immensité élastique de la pensée, une sorte de conte philosophique. Chaque chapitre – correspondant à une journée – est introduit par une citation (à part Blake, ce sont des penseurs ou poètes arabisants – je ne connaissais qu’Omar Khayyam).
C’est donc contemplatif, l’action est quasi inexistante. Mais j’ai bien aimé ce récit, intéressant et reposant.
Je l’ai aimé aussi grâce au très beau dessin de Kamal Zakour – qui use de plusieurs styles parfois. Un trait fin domine, nerveux, précis, très agréable : son Noir et Blanc nous donne à voir de superbes paysages désertiques.
Note réelle 3,5/5.
Dans moins d’un mois (le 4 novembre), les regards du monde entier seront tournés vers la Maison blanche, qui verra siéger dès janvier et pour quatre ans le nouveau président (ou la nouvelle présidente) des États-Unis. L’occasion pour les auteurs de braquer les projecteurs sur cette « vitrine » prestigieuse de l’une des plus grandes démocraties du monde, pour en révéler les coulisses, bien souvent sous un jour pour le moins inattendu !
Saviez-vous que « P.O.T.U.S. » est le doux surnom donné au président par les journalistes officiant au sein de la « White House », lequel signifie « President of the United States » ? Que le fait que ces journalistes, justement, soient présents en permanence est une exception américaine, parce que « les Américains attachent une grande importance à la transparence du pouvoir » ? Que la Maison blanche ressemble plus à une auberge espagnole, très contrôlée certes, mais aux antipodes de notre palais de l’Elysée quasi totalement coupé du monde ? Ainsi, cet éminent centre du pouvoir chez l’Oncle Sam reste constamment animé du fait des allers et venues des différents visiteurs, officiels, journalistes ou simples touristes.
Toutes ces anecdotes sont révélées par la voix de Jérôme Cartillier, correspondant à l’AFP à la Maison Blanche, des anecdotes recueillies par Karim Lebhour, journaliste et auteur de plusieurs docu-BDs. On y apprend pas mal de choses sur les quatre mandats qui ont vu se succéder depuis 2008 Obama, Trump et Biden, des détails instructifs, dont certains assez croustillants, parfois aussi édifiants que révélateurs sur la politique américaine et son évolution, notamment, comme on peut s’en douter, avec l’élection du « président orange », l’homme qui passe le plus clair de son temps à tweeter devant l’écran géant qu’il a fait installer dans la « dining room » et considère la Maison blanche comme un « taudis » (car en effet, on peut y voir passer des souris dans l’aile ouest !).
Symbole entre tous les symboles, le Bureau ovale est le lieu emblématique et mythique de la présidence. Sa forme a été inspirée par George Washington lui-même qui y voyait le symbole de la démocratie. L’ouvrage dresse également un historique de la célèbre résidence présidentielle et de la ville qui l’abrite, car il faut le rappeler, Washington, dit Washington D.C., est administrée par le Congrès et n’appartient à aucun Etat.
Ce documentaire nous offre également une séquence sur l’Air Force One, l’avion présidentiel un brin vieillot que certains qualifient parfois de « bureau ovale volant », et explique pourquoi la structure gouvernementale triangulaire, composée non seulement de la « White House » mais aussi du Congrès et de la Cour suprême, vise à empêcher les abus de pouvoir, limitant souvent l’action du Président par un blocage politique. Sans doute le prix à payer pour préserver une certaine idée de la démocratie.
Le dessin tout en simplicité d’Aude Massot, qui en est à sa seconde collaboration avec Karim Lebhour, accompagne parfaitement l’ouvrage et son côté enfantin confère beaucoup de dynamisme à la narration. Ce qui convient tout à fait pour ce type de documentaire, qui cherche d’abord à témoigner le plus objectivement possible d’un sujet donné avant de fournir matière à polémique, même si la tentation peut être grande dans le contexte particulier de la campagne électorale en cours. Tout au plus peut-on y déceler une touche d’ironie, mais « Maison Blanche » se veut d’abord instructif tout en restant accessible. Et tant pis si les présidents ne sont pas forcément ressemblants, Trump notamment apparaissant bien plus svelte que dans la réalité, mais l’autrice ne prétend pas être caricaturiste, et cela ne gêne en rien la lecture.
Pour peu que l’on s’intéresse à l’élection américaine, dont l’échéance se rapproche à grands pas, cette lecture tombe à point nommé. On apprécie l’aspect ludique de l’exercice, qui dans l’esprit rappelle beaucoup cette autre BD parue il y a quelques mois, Dans les couloirs du Conseil constitutionnel, de Marie Bardiaux-Vaiente et Gally. C’est d’ailleurs bien pour cette capacité à traiter des sujets pas forcément engageants à la base que le neuvième art s’est imposé dans le registre documentaire depuis plusieurs années.
Quatrième comics de l'univers Cyberpunk 2077 que je lis, celui-ci a pour sujet les danses sensorielles (braindance en anglais) et l'organisation du braquage d'une banque.
Arturo travaille pour une corpo de média spécialisée dans les danses sensorielles, ces films virtuels qui plongent leur spectateur tout entier dans leurs scènes comme s'ils les vivaient pour de bon. Alors qu'il bosse comme réparateur, il est aussi capable de les pirater et de les améliorer pour leur faire raconter ce qu'il veut. Et il aimerait faire le bien en soignant les traumatismes et les psychopathies des uns et des autres avec ses propres créations puisqu'il sait qu'elles fonctionnent. Sauf que sa corpo ne lui en laisse absolument pas l'occasion : elle veut vendre du rêve et on ne vend pas de rêve à des clients heureux. Alors profitant de ce qu'il a appris au cours de ses missions, des bienfaits que peuvent amener ses danses sensorielles modifiées et des coupures de courant si courantes à Night City ces derniers temps, il va réunir une petite équipe pour organiser le braquage d'une banque où sa corpo cache ses secrets.
C'est une histoire dense et complète qui exploite bien l'univers de Cyberpunk et en mélange quelques bons ingrédients. Le dessin de Roberto Ricci y est généreux et plein d'énergie, impeccable pour ce type d'ambiance entre polar et science-fiction. Les personnages sont variés et plutôt intéressants. L'intrigue coule bien, attirant la curiosité du lecteur et l'envie de voir comment notre groupe de héros va s'en sortir.
Bref, ce serait un très bon album si la fin n'était pas un peu bancale, avec un peu trop de digressions vers des histoires psychologiques plutôt que de rester focalisée sur son action polar, quelques facilités et des décisions finales des protagonistes que j'ai eu un peu de mal à bien comprendre.
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Astonishing Spider-Man & Wolverine - Une erreur de plus
Ce comics aurait pu être excellent. Sans qu'ils comprennent pourquoi, Spider-Man et Wolverine se sont retrouvés projetés des millions d'années dans le passé. Leur dernier souvenir sur Terre était lors de leur intervention contre des braqueurs de banque, jusqu'à la chute d'étranges diamants qu'ils venaient de dérober. Et depuis ils se retrouvent à vivre parmi les races humanoïdes vivant alors, alors que la météorite qui va causer la disparition des dinosaures s'apprêtent à frapper la Terre. Et ce n'est là que le début de leurs pérégrinations à travers le temps. En fait, j'ai vraiment aimé cette lecture jusqu'à la fin de son quatrième chapitre, soit sur plus des deux tiers de l'intrigue complète. Elle commence très sérieusement avec une atmosphère de fatalité et d'incompréhension de la part de nos héros, un véritable sentiment de fin du monde. Puis alors que les voyages temporels s'enchainent, elle commence à prendre une tournure plus légère tournant même au loufoque tout en gardant en permanence ce voile de mystère et l'envie pour le lecteur de comprendre le fin mot de l'histoire et de voir comment les choses vont s'arranger. La relation conflictuelle entre Peter Parker et Logan est bien utilisée, avec forcément l'un réfléchi mais trop bavard, et l'autre brutal et instinctif. Et toutes ces aventures sont l'occasion de pas mal de situations amusantes et de dialogues très drôles de la part essentiellement de Spider-Man. C'est aussi l'occasion de convoquer pas mal de personnages célèbres de l'univers Marvel dans des circonstances parfois épiques. Le tout sans noyer le lecteur sous l'action et en gardant une part de réflexion et de dialogues. Et pour ne rien gâcher, le dessin est excellent, tant pour les personnages que les décors. Bref, quatre premiers chapitres vraiment très bons. Seulement voilà, une histoire aussi complexe, il faut savoir la clore et visiblement le scénariste ne savait pas bien comment. A partir du cinquième chapitre, le loufoque prend le dessus sur la cohérence de l'intrigue. La logique perd pied en même temps que le sentiment d'être immergé dans l'histoire. Jusqu'alors, les choses se tenaient bien mais à partir de ce stade on commence à se dire que rien n'a vraiment de sens et que tout peut arriver. Et du coup, mon plaisir a décroché sans que rien jusqu'à la fin ne vienne me permettre de retrouver ce qui m'avait vraiment plu dans les chapitres précédents. Il y a juste une légère dose d'émotion à la toute fin mais comme les passages précédents avaient un peu tout détruit en chemin, elle n'a pas réussi à me toucher convenablement. Bref, une centaine de pages de vrai plaisir de lecture aux côtés de Spider-Man et Wolverine mêlant action, mystère et humour, malheureusement gâchés par la soixantaine de pages suivantes qui se révèle sans consistance. Je reste quand même sur une bonne opinion globale et j'ai passé un bon moment.
L'Adoption
Ces 4 tomes de l'Adoption (un 5ème est annoncé pour 2024) alternent le très sympathique et le légèrement décevant. Comme souvent, les tomes 1 des différents cycles me sont apparus plus agréables. Parce qu'il est naturellement plus simple d'ouvrir sur une nouvelle thématique intéressante, que de relier puis conclure efficacement une intrigue. Mais même dans leurs temps faibles, ces récits en apparence légers diffusent de plaisants sentiments doux-amers, une belle mélancolie pointe et les émotions affleurent à la lecture de ces tranches de vie. De par les couleurs chaleureuses, le trait rond sympathique, des récits certes simples mais à la thématique originale, ces BD ne peuvent qu'être recommandées : peu s'y ennuieront. Et peu s'agaceront de ce "feel good" copieux, mais non dégoulinant. ------------------------------------- Le tome 5 est une évolution importante et modifie les équilibres décrits précédemment. L'histoire se développe cette fois-ci en un unique tome ; elle est moins centrée sur la thématique de l'adoption (aussi parce qu'idyllique donc moins mouvementée, avec des enjeux narratifs moins intenses dramatiquement) et davantage sur les liens familiaux en découlant. Le dosage en ingrédient "feel good" est cette fois-ci particulièrement corsé : double deuil, chaleureuses évocations des êtres aimés en scénettes souvenirs. L'intrigue est ainsi mieux construite, mais flirte avec l'indigeste tant le surdosage "guimauve-mélo" est important. Une agréable lecture et une belle occasion de clore définitivement cette série globalement réussie : il serait sage de ne pas reprendre du dessert.
Cyberpunk 2077 - Les Rêves de Night City
Sixième comics de l'univers Cyberpunk 2077 que je lis, celui-ci n'est pas mauvais mais il est un peu court et un peu vain. Il raconte deux histoires en parallèle. Il y a d'un côté celle de Tasha et Mirek, un couple de punks qui vivent à 100 à l'heure dans Night City, enchainant les petits boulots criminels et les vols d'implants. Et à travers les danses sensorielles qui ont été tirées de leur vie, Mirek suit la vie aussi tranquille que possible d'un fermier et de sa petite famille au milieu de leurs champs de maïs. Alors que Tasha veut voir plus grand et plus dangereux, Mirek aimerait lui aussi vivre cette vie paisible qui devient son fantasme... fantasme forcément mis à mal par la cruelle réalité de la vie dans un monde cyberpunk. Ce comics a la particularité d'être réalisé par deux dessinateurs. Filipe Andrade, qui dessine les phases de danses sensorielles et donc les passages campagnards, a un style charmant, avec un trait organique et sensuel. Ses planches sont très agréables, régulièrement belles. A l'inverse, Alessio Fioriniello qui dessine les scènes à Night City a un style bien moins attirant. Certes il dégage une énergie et une violence qui se marie bien à l'univers punk de ses deux héros mais il est aussi souvent très laid, notamment pour le visage, en particulier celui de l'héroïne, ou pour les décors tracés à la règle. Ce graphisme là m'a rebuté et empêché d'apprécier ma lecture. L'intrigue quant à elle n'est pas mauvaise mais un peu convenue pour du Cyberpunk. Certes les passages campagnards sortent des habitudes du genre mais pas leur conclusion. Et la partie citadine, elle, est sans grande surprise, avec des protagonistes peu attachants. Bref, ça se lit bien, c'est bien dans l'esprit Cyberpunk, mais le scénario ne sort pas tellement du lot et la moitié des planches est trop laide à mon goût, gâchant la qualité de l'autre moitié. Note : 2,5/5
Automne en baie de Somme
BD séduisante visuellement, notamment du fait de couleurs à l'aquarelle à la tonalité impressionniste et d'un trait fin à la linéarité délicatement mal assurée. Les personnages sont bien plantés, intéressants a priori avec des aspérités excessives et caricaturales à souhait, donnant à l'ensemble une inattendue tonalité semi-parodique intrigante et fort agréable. Mais les choses se gâtent peu à peu : l'intrigue policière est trop lâche, légère sinon bâclée, enchaînant les rebondissements menés par les seuls dialogues, les explications maladroites données a posteriori. Les auteurs actuels n'ont plus l'habitude de mener une intrigue complexe en un tome, ne savent plus mener une narration avec le rythme et les ellipses adéquats. Relisez "Le Schtroumpfissime" que diable ! Et puis il y a ces habituels souhaits, irréprochables au demeurant, d'ouvrir aux thématiques contemporaines (féministes ici), mais dont le traitement policier est incompatible avec la morale et les traits de caractère jusqu'alors présentés par l'album. Voilà donc une BD qui séduit a priori, déçoit peu à peu et s'achève en laissant un goût amer. La note 2 serait sévère, un 3 délié de l'impression finale bien froide.
La Diplomatie du ping-pong
S’il se base sur une anecdote assez édifiante, Alcante s’offre des libertés avec la réalité historique pour nous relater cette extravagante histoire d’un pongiste américain à l’origine du rapprochement de la Chine et des USA au début des années ’70. Et franchement, franchement, franchement, je ne comprends pas pourquoi. L’histoire de Glenn Cowan était à mes yeux suffisamment pittoresque pour qu’une simple mais fidèle évocation des faits historiques se suffise à elle-même. Or, ici, je n’ai pu m’empêcher d’être déçu de découvrir que certains passages sont purement fantaisistes. C’est vraiment le gros bémol que j’ai à émettre au sujet de cet album. Un deuxième bémol, bien plus petit celui-là, vient de la personnalité de Glenn Cowan, personnage peu attachant dont l’évolution (de parfait connard à personne presque responsable) est d’ailleurs faussée par l’insertion de ces passages historiquement faux. A la réflexion, c’est d’ailleurs sans doute pour parvenir à rendre Cowan plus intéressant qu’Alcante a modifié certaines réalités… mais bon, je n’aime pas ce genre de procédé. A côté de ça, il y a plusieurs aspects que j’ai vraiment beaucoup aimés et qui font que je ne regrette pas mon achat. Tout d’abord, l’anecdote est tellement lunaire qu’elle mérite un livre. Ensuite, la reconstitution de l’époque et de son contexte est pleinement réussie. Enfin la lecture est agréable dans son ensemble avec une narration instructive mais pas étouffante, un découpage bien pensé et un dessin agréable à l’œil. Je reste sur un simple « pas mal » mais rien que pour l’anecdote, ce récit mérite d’être lu.
Le Chevalier au Dragon
Voilà une bande dessinée qui promet un concept intéressant ! Emmanuele Arioli est connu pour avoir mis au jour un récit méconnu de la Table ronde : Ségurant ou le chevalier au dragon. Et s'il prend ici quelques libertés, visiblement (Ségurant devenant Sivar), il nous propose donc une relecture du propre travail qu'il a mené pendant 10 ans à la recherche d'un mythe méconnu de la Table ronde. Evidemment, pour ma part, je suis incapable de discerner les ajouts pour la bande dessinée des péripéties réelles du récit originel. Quoiqu'il en soit, j'ai été plutôt séduit par ce récit de fantasy médiévale très classique. On peut toutefois lui reprocher dans une certaine mesure ce classicisme, qui aligne des péripéties pas toujours très intéressantes, et surtout de manière très mécanique. Ce n'est pas mauvais, mais on connaît un peu le processus, au bout d'un moment... Ce qui m'a gêné, c'est surtout les incursions d'un humour déplacé dans un récit qui tenait parfaitement sans cela. On ne comprend pas pourquoi l'auteur s'amuse avec des gags, qui ne sont jamais très pertinents. Un peu comme si Alex Alice avait essayé de glisser de l'humour à la Kaamelott dans son merveilleux Siegfried... Je ne fais pas la comparaison au hasard, car je trouve qu'Alice a réussi là où Le Chevalier au dragon est à la peine. Contrairement à Siegfried, ici, peu voire pas de noblesse. Arioli reste trop souvent terre-à-terre et son humour l'empêche d'aller sur un autre terrain, où on l'aurait pourtant largement attendu. En peinant à glisser un véritable et profond souffle romanesque dans son récit, l'auteur fait tendre finalement son (excellent) travail de vulgarisation vers une simple bande dessinée, peut-être au ton assez comics, mais guère plus. Mais malgré ces quelques défauts, la grande bonne surprise de cet album, c'est le dessin. En effet, Emiliano Tanzillo nous offre des images vraiment somptueuses, très stylisées. Il réussit à merveille à capter l'essence du récit pour la restituer à travers des images qui, elles, ne manquent pas toujours d'ampleur. C'est aussi ce qui m'a rendu indulgent avec cette bande dessinée, certes réussie, mais qui a parfois du mal à trouver sa voie. Et finalement, en refermant le tome, on se rend compte qu'on a passé un bon moment. Et même si on ne s'en souviendra pas longtemps, on en est déjà largement satisfait.
Saint-Elme
Une série qui m'a un peu rappelé Twin Peaks, mais en moins bien. Le dessin de Peeters est toujours aussi bien maitrisé avec un trait dynamique et des couleurs chaudes. C'est vraiment le style parfait pour ce genre de polar violent qui possède un peu de fantastique. La narration est fluide et les 5 albums se lisent bien un à la suite de l'autre. Il faut dire qu'il y a plusieurs scènes avec peu de dialogues. Malheureusement, malgré des qualités le scénario ne m'a pas trop passionné. J'ai trouvé qu'il y a quelques longueurs et j'étais bien content que tout soit terminé lorsque j'ai refermé le dernier tome. Le plus gros problème est que je n'ai pas réussi à m'intéresser aux personnages. Difficile de trouver captivant une série avec autant de tomes si je ne ressens pas d'empathie pour les personnages et que je me foutais un peu des malheurs qui pouvaient leurs arriver.
Point zéro
Le titre est un peu réducteur, et dit mal les réflexions, l’immensité du désert et des pensées que renferme ce récit, que j’aurais plutôt titré « Vers l’infini » ? Mais bon, ça n’est pas mon œuvre, donc… Le récit peut être résumé de façon lapidaire : nous suivons un homme, qui traverse le Sahara tunisien, souvent seul, parfois accompagné d’un guide – qui lui sert alors de partenaire dans ses réflexions. Notre homme s’intéresse aux criquets, à leur éventuelle menace, il cherche leur lieu de rassemblement. Mais en fait il cherche autre chose, à se connaitre, à réfléchir sur le monde. C’est une histoire minimaliste et en même temps portée vers l’immensité élastique de la pensée, une sorte de conte philosophique. Chaque chapitre – correspondant à une journée – est introduit par une citation (à part Blake, ce sont des penseurs ou poètes arabisants – je ne connaissais qu’Omar Khayyam). C’est donc contemplatif, l’action est quasi inexistante. Mais j’ai bien aimé ce récit, intéressant et reposant. Je l’ai aimé aussi grâce au très beau dessin de Kamal Zakour – qui use de plusieurs styles parfois. Un trait fin domine, nerveux, précis, très agréable : son Noir et Blanc nous donne à voir de superbes paysages désertiques. Note réelle 3,5/5.
Maison Blanche - En coulisses avec Obama, Trump et Biden
Dans moins d’un mois (le 4 novembre), les regards du monde entier seront tournés vers la Maison blanche, qui verra siéger dès janvier et pour quatre ans le nouveau président (ou la nouvelle présidente) des États-Unis. L’occasion pour les auteurs de braquer les projecteurs sur cette « vitrine » prestigieuse de l’une des plus grandes démocraties du monde, pour en révéler les coulisses, bien souvent sous un jour pour le moins inattendu ! Saviez-vous que « P.O.T.U.S. » est le doux surnom donné au président par les journalistes officiant au sein de la « White House », lequel signifie « President of the United States » ? Que le fait que ces journalistes, justement, soient présents en permanence est une exception américaine, parce que « les Américains attachent une grande importance à la transparence du pouvoir » ? Que la Maison blanche ressemble plus à une auberge espagnole, très contrôlée certes, mais aux antipodes de notre palais de l’Elysée quasi totalement coupé du monde ? Ainsi, cet éminent centre du pouvoir chez l’Oncle Sam reste constamment animé du fait des allers et venues des différents visiteurs, officiels, journalistes ou simples touristes. Toutes ces anecdotes sont révélées par la voix de Jérôme Cartillier, correspondant à l’AFP à la Maison Blanche, des anecdotes recueillies par Karim Lebhour, journaliste et auteur de plusieurs docu-BDs. On y apprend pas mal de choses sur les quatre mandats qui ont vu se succéder depuis 2008 Obama, Trump et Biden, des détails instructifs, dont certains assez croustillants, parfois aussi édifiants que révélateurs sur la politique américaine et son évolution, notamment, comme on peut s’en douter, avec l’élection du « président orange », l’homme qui passe le plus clair de son temps à tweeter devant l’écran géant qu’il a fait installer dans la « dining room » et considère la Maison blanche comme un « taudis » (car en effet, on peut y voir passer des souris dans l’aile ouest !). Symbole entre tous les symboles, le Bureau ovale est le lieu emblématique et mythique de la présidence. Sa forme a été inspirée par George Washington lui-même qui y voyait le symbole de la démocratie. L’ouvrage dresse également un historique de la célèbre résidence présidentielle et de la ville qui l’abrite, car il faut le rappeler, Washington, dit Washington D.C., est administrée par le Congrès et n’appartient à aucun Etat. Ce documentaire nous offre également une séquence sur l’Air Force One, l’avion présidentiel un brin vieillot que certains qualifient parfois de « bureau ovale volant », et explique pourquoi la structure gouvernementale triangulaire, composée non seulement de la « White House » mais aussi du Congrès et de la Cour suprême, vise à empêcher les abus de pouvoir, limitant souvent l’action du Président par un blocage politique. Sans doute le prix à payer pour préserver une certaine idée de la démocratie. Le dessin tout en simplicité d’Aude Massot, qui en est à sa seconde collaboration avec Karim Lebhour, accompagne parfaitement l’ouvrage et son côté enfantin confère beaucoup de dynamisme à la narration. Ce qui convient tout à fait pour ce type de documentaire, qui cherche d’abord à témoigner le plus objectivement possible d’un sujet donné avant de fournir matière à polémique, même si la tentation peut être grande dans le contexte particulier de la campagne électorale en cours. Tout au plus peut-on y déceler une touche d’ironie, mais « Maison Blanche » se veut d’abord instructif tout en restant accessible. Et tant pis si les présidents ne sont pas forcément ressemblants, Trump notamment apparaissant bien plus svelte que dans la réalité, mais l’autrice ne prétend pas être caricaturiste, et cela ne gêne en rien la lecture. Pour peu que l’on s’intéresse à l’élection américaine, dont l’échéance se rapproche à grands pas, cette lecture tombe à point nommé. On apprécie l’aspect ludique de l’exercice, qui dans l’esprit rappelle beaucoup cette autre BD parue il y a quelques mois, Dans les couloirs du Conseil constitutionnel, de Marie Bardiaux-Vaiente et Gally. C’est d’ailleurs bien pour cette capacité à traiter des sujets pas forcément engageants à la base que le neuvième art s’est imposé dans le registre documentaire depuis plusieurs années.
Cyberpunk 2077 - Blackout
Quatrième comics de l'univers Cyberpunk 2077 que je lis, celui-ci a pour sujet les danses sensorielles (braindance en anglais) et l'organisation du braquage d'une banque. Arturo travaille pour une corpo de média spécialisée dans les danses sensorielles, ces films virtuels qui plongent leur spectateur tout entier dans leurs scènes comme s'ils les vivaient pour de bon. Alors qu'il bosse comme réparateur, il est aussi capable de les pirater et de les améliorer pour leur faire raconter ce qu'il veut. Et il aimerait faire le bien en soignant les traumatismes et les psychopathies des uns et des autres avec ses propres créations puisqu'il sait qu'elles fonctionnent. Sauf que sa corpo ne lui en laisse absolument pas l'occasion : elle veut vendre du rêve et on ne vend pas de rêve à des clients heureux. Alors profitant de ce qu'il a appris au cours de ses missions, des bienfaits que peuvent amener ses danses sensorielles modifiées et des coupures de courant si courantes à Night City ces derniers temps, il va réunir une petite équipe pour organiser le braquage d'une banque où sa corpo cache ses secrets. C'est une histoire dense et complète qui exploite bien l'univers de Cyberpunk et en mélange quelques bons ingrédients. Le dessin de Roberto Ricci y est généreux et plein d'énergie, impeccable pour ce type d'ambiance entre polar et science-fiction. Les personnages sont variés et plutôt intéressants. L'intrigue coule bien, attirant la curiosité du lecteur et l'envie de voir comment notre groupe de héros va s'en sortir. Bref, ce serait un très bon album si la fin n'était pas un peu bancale, avec un peu trop de digressions vers des histoires psychologiques plutôt que de rester focalisée sur son action polar, quelques facilités et des décisions finales des protagonistes que j'ai eu un peu de mal à bien comprendre.