Un road trip sympathique, plaisant à lire. Vite lu, mais sans doute aussi vite oublié.
La faute à une intrigue qui manque un peu de consistance. Si Alix Garin tente de la dynamiser avec quelques à-côtés – comme cette brève rencontre amoureuse dans un motel entre Clémence et une jeune femme – ça reste quand même léger et linéaire.
Bon, ceci dit, la lecture est agréable, les retrouvailles entre Clémence et sa grand-mère – et le dernier bol d’air inspiré par cette dernière – donnent un peu de feel-good à ce récit sur la fin de vie (et la chute de la dernière page est surprenante et pleine de tendresse).
Le dessin, moderne et sans fioriture, avare de détails mais dynamique, accompagne bien le récit. Mais, comme lui, il manque parfois d’aspérités.
Un album sympathique, à emprunter à l’occasion.
Rarement déçu par Emmanuel Moynot, surtout quand il œuvre dans le style polar noir et crasseux, je me suis jeté sur cet album sans hésiter une seconde. Je trouvais la couverture intrigante et le résumé prometteur.
A la lecture, et même si je ressors globalement très satisfait de celle-ci, je n’ai pas pu m’empêcher de trouver l’ensemble un peu facile. Attention, hein ! C’est très prenant, efficace en diable et le lien fait avec diverses études menées sur d’autres primates apporte un angle original au récit… mais raaahhh, j’espérais sans doute de trop.
Pour qui connait l’auteur, on retrouve dans ce récit plusieurs des éléments dont il aime nourrir ses polars les plus noirs, à commencer par le sexe, la noirceur de l’âme et le cynisme. Ainsi, même si elle se focalise sur les Etats-Unis, La Suprématie des Underbaboons se révèle être une critique acerbe et désabusée du genre humain dans son ensemble. Cet aspect du scénario m’a beaucoup plu, tant par la pertinence de la critique que par sa noirceur.
L’aspect polar nous propose un récit explosé dans lequel l’auteur nous balade d’un protagoniste à un autre et je me suis longtemps demandé comment tous ces fils allaient bien pouvoir se relier. Là encore, la maitrise scénaristique d’Emmanuel Moynot est une merveille du genre et les recoupements finaux sont tout à fait satisfaisants. Je m’attendais toutefois à ce que les différents documentaires voués aux comportements de diverses familles de primates (babouins, bonobo, chimpanzés, etc…) soient finalement intégrés à ce volet policier, mais ils demeurent juste en contrepoint. Ils permettent cependant de souligner l’animalité de l’homme et même son infériorité face aux autres primates (notamment sur des principes tels que la tolérance ou la gestion des conflits).
Le dessin de Moynot est toujours aussi efficace. Ce rendu crasseux n’embellit certainement pas les protagonistes mais nous en dévoile les cicatrices et la noirceur. Les planches sont souvent teintées dans une couleur unique qui ne fait que renforcer l’ambiance, donnant un ton propre à chaque chapitre.
Au final, je ne suis vraiment pas loin d’un 4/5 et je ne sais pas trop ce qu’il m’a manqué pour attribuer cette note car tout est très bon. Peut-être un peu plus d’originalité dans la conclusion finale… Mais c’est une lecture que je ne peux que conseiller aux amateurs du genre.
Pour les personnes de ma génération "Quo Vadis" est avant tout un péplum américain un peu vieillot. Pour les plus jeunes, ils se retrouveront certainement plus dans la lecture de Murena. La source principale , "La vie des douze Césars" de Suétone étant probablement la même pour Dufaux et Sienkiewicz le lecteur se retrouve dans le même contexte avec des personnages connus. Néron, Acté, Pierre , Tigellin, Pétrone, Poppée partagent le quotidien des héros de ces séries. Les axes forts se ressemblent avec des amours impossibles et une résistance à Néron dans les deux cas. Pour le reste on ne peut pas comparer puisque Dufaux centre son récit sur un Néron complexe alors que Sienkiewicz reprend la légende noire de l'empereur bien alimentée par les historiens de ses successeurs. Buendia respecte l'esprit de l'œuvre originale sur ses deux axes forts: l'émergence du christianisme à Rome et l'image de la résistance au tyran personnalisée par la vertueuse Lygie (la Polonaise) face à à l'ordre de Néron/Tsar. La lecture est souvent exigeante avec un texte de bon niveau. Pour respecter la concision des 46 pages, Buendia est obligé d'introduire de nombreux personnages sans leur passé ce qui rend le suivi un peu difficile. Cela devient plus aisé si le lecteur connait un peu l'histoire de Néron via Murena par exemple. Le happy end peut paraître incongru mais correspond au message d'espoir que l'auteur voulait faire passer à ses compatriotes de l'époque.
J'ai bien aimé le dessin un peu crayonné qui est précis et détaillés. Cela reste très sage dans le sexe et la violence ce qui rend la BD accessible au plus grand nombre ( c'est le but de la collection). J'ai une réserve sur l'image proposée de Néron déguisé en sorte de Napoléon III un peu ridicule.
Une lecture qui a sa place dans la collection. J'ai apprécié.
Un conte sympathique à lire, mais qui ne m'a pas trop marqué.
Le dessin est vraiment très beau et crée une belle atmosphère de conte. En revanche, le trait manque un peu de dynamisme lorsqu'il y a de l'action. Les personnages m'ont semblé un peu figés, même lorsqu’ils bougeaient ! J'ai eu l'impression que le dessinateur était peut-être plus adapté pour un livre d'illustrations que pour de l'art séquentiel.
Quant au scénario, Vehlmann crée un univers intéressant, même si ça manque d'originalité par moment. En fait, c'est vraiment le type de BD qui mélange les scènes excitantes avec des scènes un peu plus poussives. Mon intérêt pour le récit a donc varié au fil des pages, et j'étais bien content lorsque c'était enfin fini. Le genre d'album que j'emprunte une fois à la bibliothèque et que je ne pense pas relire un jour.
Je trouve cette collection bienvenue et intéressante même si les opus sont assez inégaux. L'idée de refaire découvrir à travers un medium moderne les grands titres de la littérature ouvre des possibilités pour un public jeune sollicité par d'autres propositions que des gros pavés. Cela peut servir aussi de sessions de rattrapages pour les moins jeunes, c'est mon cas.
Michel Strogoff fait partie de la série des voyages extraordinaires proposés par Jules Vernes. Conseillé par des amis Russes dont Yvan Tourguenieff, l'auteur a pu donné libre cours à son style descriptif de paysages, reliefs, villages ou populations, de quoi faire rêver des générations d'enfants avides de découvertes. Ici c'est le rôle du graphisme de traduire cette atmosphère et je trouve que Daniele Caluri propose le minimum, sans grandes planches et avec un décor extérieur assez banal qui ne traduit pas l'immensité traversée. Seules quelques églises orthodoxes et costumes de moujik rappelle que nous sommes en Russie. Autrement les personnages et expressions sont bonnes avec un dynamisme qui colle au côté aventure du récit.
Pour comprimer un tel roman en 46 pages les choix du scénariste sont importants pour mettre en valeur les thèmes centraux du roman d'origines. Or je trouve que l'on peut avoir plusieurs niveaux de lecture de cette œuvre de Jules Verne. Brrémaud est un auteur que j'apprécie beaucoup. Il est habitué à introduire des éléments historiques précis dans ses histoires avec souvent une vision décalée et caustique. On pourrait s'arrêter à la vision super-héros , aventureuse d'un personnage lisse et passé de mode que représente Strogoff. Une vraie carte postale en l'honneur de l'armée du Tsar via la résistance que Strogoff montre dans toutes les épreuves surmontées avec un happy end en guise de repos du guerrier.
Mouais je trouve que Brrémaud nous invite à une autre lecture plus distanciée. La présentation de Strogoff avec "ses yeux d'un bleu foncé" " Ce courage des héros" héros qui approuve l'expulsion des Asiatiques sous prétexte que " C'est éloigner en bloc tous ceux qui ont des affinités avec les Tartares…"p8. Pour faire bonne mesure l'espionne au regard insistant est "une bohémienne"p9. Ainsi le brave super héros Européen Blanc et blond à le courage de bouter ,presque à lui seul, les hordes de Tatares d'Asie Centrale? C'est qu'en ces décennies un vent mauvais soufflait dans de nombreux pays européens: Guerre de l'opium en Chine, expédition du Tonkin, Conférence de Berlin la liste est longue des appétits illégitimes des gouvernants européens au mépris des peuples autochtones.
Une lecture intéressante qui invite à la réflexion avec une adaptation qui me plaît.
Avec cet album, JD Morvan et Stéphane Marchetti entament un projet éditorial au sein de la collection Aire Libre des éditions Dupuis consistant à réaliser au moins 5 ouvrages dédiés à l'adaptation en bande dessinée de reportages de grands journalistes ayant gagné le célèbre Prix Albert Londres. Tous auront des auteurs, des sujets et des tons très variés puisque fidèles à leurs auteurs originels dont les styles diffèrent. Mais tous rendront hommage à l'esprit des grands reporters et à leur retranscription fidèle de la réalité de moments historiques marquants du XXe et du XXIe siècle.
Sur le Front de Corée est l'adaptation des mémoires et des reportages réalisés par Henri De Turenne quand, alors jeune journaliste, il a été envoyé dès 1950, au tout début de la guerre de Corée, suivre les soldats américains aux prises avec l'armée Nord-Coréenne. A travers lui on découvre comment les reporters de guerre agissaient à l'époque, les dangers auxquels ils étaient confrontés (le nombre de journalistes tués lors de ce conflit fut proportionnellement plus grand que lors de la seconde guerre mondiale) et aussi comment s'est déroulée cette étonnante guerre entre guerre civile et conflit direct entre grandes puissances.
Mes souvenirs de la guerre de Corée dataient du lycée et je me souvenais vaguement d'un flux et reflux. C'est bien cette drôle de situation dont Henri De Turenne sera le témoin : les premiers mois avec les Nord-Coréens armés par la Russie repoussant les Sudistes et leurs alliés Américains presque hors de la péninsule avant que les renforts des USA et d'une partie de l'ONU n'inversent la donne et fassent s'enfuir l'ennemi vers le Nord, avec une maigre résistance lors de la reprise de Séoul, et ce jusqu'à la frontière avec la Chine... moment où celle-ci s'est à son tour engagée dans le conflit repoussant à nouveau les alliés et entrainant une nouvelle perte puis encore une reprise de Séoul et plus de 2 ans supplémentaires de conflit jusqu'à l'armistice bancal qui est toujours en vigueur actuellement.
Même s'il lui arrivera d'être au cœur des combats et quelques fois en réel danger de mort, Henri de Turenne suivra le plus souvent les soldats avec un temps de décalage, s'occupant plutôt de rendre compte de l'état d'esprit des hommes et de constater la drôle de situation des Coréens pris entre deux feux, tiraillés entre les promesses des uns, la peur des autres et inversement.
Rafael Ortiz met ce récit en image dans un style réaliste et relativement académique. Le travail est généreux, présentant hommes et décors dans des vues claires et parfois proches du grand spectacle pour donner une bonne vue d'ensemble. Le trait parait toutefois un peu hésitant, notamment certains visages dont la représentation parait laborieuse et pas toujours gracieuse.
La narration est également parfois légèrement décousue, partant en digressions sur l'avenir du journaliste notamment, avant de revenir en arrière dans le temps vers le conflit que l'on suivait en détails. La fin est également un peu abrupte, racontant en une seule case les deux dernières années de la guerre tandis que le reporter quitte le pays. On en saura heureusement un peu plus avec le petit dossier en texte et photos en fin d'album.
Cela n'entache pas en tout cas une lecture qui se révèle instructive sur cette guerre mal connue, sur cet homme qu'était Henri de Turenne et sur le métier de reporter de guerre en général.
2.5
Un polar d'action qui ne m'a pas trop convaincu.
Le dessin est pas mal et dynamique. C'est vraiment le bon style pour ce genre de récit d'action. Mon problème vient plutôt du scénario. Il est efficace, mais manque d'originalité. J'ai eu l'impression d'avoir déjà vu l'histoire et les personnages plusieurs fois. Rien ne m'a intéressé et j'ai lu l'album avec une certaine indifférence. Ça se laisse tout de même lire grâce à la narration fluide qui a fait en sorte que j’ai pu lire l’album facilement malgré tout.
Si vous adorez les histoires de gros durs qui veulent suivre la voie de la rédemption, mais qui sont rattrapés par leur passé, c'est un one-shot pour vous.
Raconter l’effervescence de mai 1968 de façon romancée, pourquoi pas ? Il y a matière à pimenter un récit « ordinaire ». Mais je suis sorti quelque peu déçu de la lecture de cet album.
Le dessin du duo est globalement bon, comme à son habitude. Quoique que je l’ai ici trouvé un peu plus inégal (certaines planches m’ont paru moins travaillées).
Les différents protagonistes que nous suivons sont intéressants, permettent de nous guider dans le Paris agité, même si ne sont présentés ici que des échantillons divers de la plus ou moins petite bourgeoisie – avec quelques vacuités et inconséquences qui peuvent accompagner une révolte parfois de façade, comme on testerait une drogue « pour voir », avant de « redevenir sérieux ».
Mai 68 nous est donc présenté au travers de leurs dialogues et de leur inégale participation, mais ça reste un décor, mal expliqué. La poésie et l’éruption politique du moment (surréalistes et situationnistes avaient préparé le terrain, et ont grandement influencé la tonalité de nombre d’actions et de slogans/affiches) sont un peu escamotés, comme l’est quasiment tout le mouvement ouvrier spontané (et sa récupération, voire sa noyade par certains partis politiques ensuite).
Le personnage de l’Américain fait un peu artificiel (comme si les auteurs voulaient vraiment tout caser, y compris les débats autour de la guerre du Vietnam, de ce qui occupait les esprits politisés de l’époque). Le personnage fait d’autant plus artificiel que l’interrogatoire qu’il subit – fil rouge et truc narratif pour « raconter » les événements – reste du début à la fin obscur et sans réel intérêt ou crédibilité.
Au final, c’est une lecture pas désagréable, mais qui manque d’un je ne sais quoi pour la faire sortir d’un certain ronronnement gentillet. Les passions de l’époque y sont presque anesthésiées.
Note réelle 2,5/5/5.
Alors que l’album est largement dispensable, je le situerai dans les bons crus du duo père/fils.
En tout cas, j’y ai trouvé suffisamment mon compte. Il faut dire que je n’avais vraiment aucune attente particulière lors de mon entame de lecture.
Au dessin, bah c’est du Hermann mais encore en forme (si on compare à ses toutes dernières productions). L’auteur déroule son style intemporel, je n’accroche plus autant qu’à une époque mais ça reste solide.
La surprise (bonne ou mauvaise) dans ce duo vient toujours du scénariste, qui ne m’a malheureusement jamais trop convaincu.
Et bien dans le cas présent, c’est plutôt bien passé. Il ne faut pas s’attendre à des miracles mais j’ai plutôt bien aimé ce récit de genre qui lorgne vers la série B. J’ai bien des trucs à redire mais le plaisir était tout de même là.
Du fantastique qui vole pas bien haut mais honnête pour un emprunt.
L’album mélange deux thématiques. D’abord – elle est au cœur du récit – l’exploitation des nounous – ici africaines – par un couple plus fortuné, qui lui fait faire – pour le même prix – ménage, courses et autres heures supplémentaires, en plus de son boulot de base de garder leur mioche.
En parallèle, les parents de l’enfant gardé montrent un couple qui tangue (en filigrane une autre thématique, plus féministe, voit le jour, avec la situation professionnelle fragilisée pour les femmes ayant été absentes pour congé maternité).
Les différentes thématiques se marient globalement assez bien, mais sans toujours aller au fond des choses. Surtout, si la narration est assez fluide, et la lecture rapide, j’ai été gêné sur la fin par l’évolution d’Udama, la nounou qui, en une ou deux cases, se révèle bien moins sympa que depuis le début. Certes, on prend plaisir à la voir prendre sa revanche sur ceux qui l’exploitaient – en l’assumant plus ou moins d’ailleurs. Mais l’entourloupe qu’elle fait à l’une de ses collègues est surprenante pour le personnage, et un peu dégueulasse. Elle se révèle finalement la plus arriviste de tous. Quant au happy-end concernant le couple, il est lui aussi un peu gros et brutal, mais pourquoi pas ?
Une lecture agréable donc, mais qui pêche par quelques menus défauts au niveau de l’évolution des personnages, et quelques facilités scénaristiques (comment le couple peut-il financer l’appartement parisien prêté à sa nounou ???).
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Un road trip sympathique, plaisant à lire. Vite lu, mais sans doute aussi vite oublié. La faute à une intrigue qui manque un peu de consistance. Si Alix Garin tente de la dynamiser avec quelques à-côtés – comme cette brève rencontre amoureuse dans un motel entre Clémence et une jeune femme – ça reste quand même léger et linéaire. Bon, ceci dit, la lecture est agréable, les retrouvailles entre Clémence et sa grand-mère – et le dernier bol d’air inspiré par cette dernière – donnent un peu de feel-good à ce récit sur la fin de vie (et la chute de la dernière page est surprenante et pleine de tendresse). Le dessin, moderne et sans fioriture, avare de détails mais dynamique, accompagne bien le récit. Mais, comme lui, il manque parfois d’aspérités. Un album sympathique, à emprunter à l’occasion.
La Suprématie des Underbaboons
Rarement déçu par Emmanuel Moynot, surtout quand il œuvre dans le style polar noir et crasseux, je me suis jeté sur cet album sans hésiter une seconde. Je trouvais la couverture intrigante et le résumé prometteur. A la lecture, et même si je ressors globalement très satisfait de celle-ci, je n’ai pas pu m’empêcher de trouver l’ensemble un peu facile. Attention, hein ! C’est très prenant, efficace en diable et le lien fait avec diverses études menées sur d’autres primates apporte un angle original au récit… mais raaahhh, j’espérais sans doute de trop. Pour qui connait l’auteur, on retrouve dans ce récit plusieurs des éléments dont il aime nourrir ses polars les plus noirs, à commencer par le sexe, la noirceur de l’âme et le cynisme. Ainsi, même si elle se focalise sur les Etats-Unis, La Suprématie des Underbaboons se révèle être une critique acerbe et désabusée du genre humain dans son ensemble. Cet aspect du scénario m’a beaucoup plu, tant par la pertinence de la critique que par sa noirceur. L’aspect polar nous propose un récit explosé dans lequel l’auteur nous balade d’un protagoniste à un autre et je me suis longtemps demandé comment tous ces fils allaient bien pouvoir se relier. Là encore, la maitrise scénaristique d’Emmanuel Moynot est une merveille du genre et les recoupements finaux sont tout à fait satisfaisants. Je m’attendais toutefois à ce que les différents documentaires voués aux comportements de diverses familles de primates (babouins, bonobo, chimpanzés, etc…) soient finalement intégrés à ce volet policier, mais ils demeurent juste en contrepoint. Ils permettent cependant de souligner l’animalité de l’homme et même son infériorité face aux autres primates (notamment sur des principes tels que la tolérance ou la gestion des conflits). Le dessin de Moynot est toujours aussi efficace. Ce rendu crasseux n’embellit certainement pas les protagonistes mais nous en dévoile les cicatrices et la noirceur. Les planches sont souvent teintées dans une couleur unique qui ne fait que renforcer l’ambiance, donnant un ton propre à chaque chapitre. Au final, je ne suis vraiment pas loin d’un 4/5 et je ne sais pas trop ce qu’il m’a manqué pour attribuer cette note car tout est très bon. Peut-être un peu plus d’originalité dans la conclusion finale… Mais c’est une lecture que je ne peux que conseiller aux amateurs du genre.
Quo vadis ?
Pour les personnes de ma génération "Quo Vadis" est avant tout un péplum américain un peu vieillot. Pour les plus jeunes, ils se retrouveront certainement plus dans la lecture de Murena. La source principale , "La vie des douze Césars" de Suétone étant probablement la même pour Dufaux et Sienkiewicz le lecteur se retrouve dans le même contexte avec des personnages connus. Néron, Acté, Pierre , Tigellin, Pétrone, Poppée partagent le quotidien des héros de ces séries. Les axes forts se ressemblent avec des amours impossibles et une résistance à Néron dans les deux cas. Pour le reste on ne peut pas comparer puisque Dufaux centre son récit sur un Néron complexe alors que Sienkiewicz reprend la légende noire de l'empereur bien alimentée par les historiens de ses successeurs. Buendia respecte l'esprit de l'œuvre originale sur ses deux axes forts: l'émergence du christianisme à Rome et l'image de la résistance au tyran personnalisée par la vertueuse Lygie (la Polonaise) face à à l'ordre de Néron/Tsar. La lecture est souvent exigeante avec un texte de bon niveau. Pour respecter la concision des 46 pages, Buendia est obligé d'introduire de nombreux personnages sans leur passé ce qui rend le suivi un peu difficile. Cela devient plus aisé si le lecteur connait un peu l'histoire de Néron via Murena par exemple. Le happy end peut paraître incongru mais correspond au message d'espoir que l'auteur voulait faire passer à ses compatriotes de l'époque. J'ai bien aimé le dessin un peu crayonné qui est précis et détaillés. Cela reste très sage dans le sexe et la violence ce qui rend la BD accessible au plus grand nombre ( c'est le but de la collection). J'ai une réserve sur l'image proposée de Néron déguisé en sorte de Napoléon III un peu ridicule. Une lecture qui a sa place dans la collection. J'ai apprécié.
La Cuisine des ogres
Un conte sympathique à lire, mais qui ne m'a pas trop marqué. Le dessin est vraiment très beau et crée une belle atmosphère de conte. En revanche, le trait manque un peu de dynamisme lorsqu'il y a de l'action. Les personnages m'ont semblé un peu figés, même lorsqu’ils bougeaient ! J'ai eu l'impression que le dessinateur était peut-être plus adapté pour un livre d'illustrations que pour de l'art séquentiel. Quant au scénario, Vehlmann crée un univers intéressant, même si ça manque d'originalité par moment. En fait, c'est vraiment le type de BD qui mélange les scènes excitantes avec des scènes un peu plus poussives. Mon intérêt pour le récit a donc varié au fil des pages, et j'étais bien content lorsque c'était enfin fini. Le genre d'album que j'emprunte une fois à la bibliothèque et que je ne pense pas relire un jour.
Michel Strogoff
Je trouve cette collection bienvenue et intéressante même si les opus sont assez inégaux. L'idée de refaire découvrir à travers un medium moderne les grands titres de la littérature ouvre des possibilités pour un public jeune sollicité par d'autres propositions que des gros pavés. Cela peut servir aussi de sessions de rattrapages pour les moins jeunes, c'est mon cas. Michel Strogoff fait partie de la série des voyages extraordinaires proposés par Jules Vernes. Conseillé par des amis Russes dont Yvan Tourguenieff, l'auteur a pu donné libre cours à son style descriptif de paysages, reliefs, villages ou populations, de quoi faire rêver des générations d'enfants avides de découvertes. Ici c'est le rôle du graphisme de traduire cette atmosphère et je trouve que Daniele Caluri propose le minimum, sans grandes planches et avec un décor extérieur assez banal qui ne traduit pas l'immensité traversée. Seules quelques églises orthodoxes et costumes de moujik rappelle que nous sommes en Russie. Autrement les personnages et expressions sont bonnes avec un dynamisme qui colle au côté aventure du récit. Pour comprimer un tel roman en 46 pages les choix du scénariste sont importants pour mettre en valeur les thèmes centraux du roman d'origines. Or je trouve que l'on peut avoir plusieurs niveaux de lecture de cette œuvre de Jules Verne. Brrémaud est un auteur que j'apprécie beaucoup. Il est habitué à introduire des éléments historiques précis dans ses histoires avec souvent une vision décalée et caustique. On pourrait s'arrêter à la vision super-héros , aventureuse d'un personnage lisse et passé de mode que représente Strogoff. Une vraie carte postale en l'honneur de l'armée du Tsar via la résistance que Strogoff montre dans toutes les épreuves surmontées avec un happy end en guise de repos du guerrier. Mouais je trouve que Brrémaud nous invite à une autre lecture plus distanciée. La présentation de Strogoff avec "ses yeux d'un bleu foncé" " Ce courage des héros" héros qui approuve l'expulsion des Asiatiques sous prétexte que " C'est éloigner en bloc tous ceux qui ont des affinités avec les Tartares…"p8. Pour faire bonne mesure l'espionne au regard insistant est "une bohémienne"p9. Ainsi le brave super héros Européen Blanc et blond à le courage de bouter ,presque à lui seul, les hordes de Tatares d'Asie Centrale? C'est qu'en ces décennies un vent mauvais soufflait dans de nombreux pays européens: Guerre de l'opium en Chine, expédition du Tonkin, Conférence de Berlin la liste est longue des appétits illégitimes des gouvernants européens au mépris des peuples autochtones. Une lecture intéressante qui invite à la réflexion avec une adaptation qui me plaît.
Sur le front de Corée
Avec cet album, JD Morvan et Stéphane Marchetti entament un projet éditorial au sein de la collection Aire Libre des éditions Dupuis consistant à réaliser au moins 5 ouvrages dédiés à l'adaptation en bande dessinée de reportages de grands journalistes ayant gagné le célèbre Prix Albert Londres. Tous auront des auteurs, des sujets et des tons très variés puisque fidèles à leurs auteurs originels dont les styles diffèrent. Mais tous rendront hommage à l'esprit des grands reporters et à leur retranscription fidèle de la réalité de moments historiques marquants du XXe et du XXIe siècle. Sur le Front de Corée est l'adaptation des mémoires et des reportages réalisés par Henri De Turenne quand, alors jeune journaliste, il a été envoyé dès 1950, au tout début de la guerre de Corée, suivre les soldats américains aux prises avec l'armée Nord-Coréenne. A travers lui on découvre comment les reporters de guerre agissaient à l'époque, les dangers auxquels ils étaient confrontés (le nombre de journalistes tués lors de ce conflit fut proportionnellement plus grand que lors de la seconde guerre mondiale) et aussi comment s'est déroulée cette étonnante guerre entre guerre civile et conflit direct entre grandes puissances. Mes souvenirs de la guerre de Corée dataient du lycée et je me souvenais vaguement d'un flux et reflux. C'est bien cette drôle de situation dont Henri De Turenne sera le témoin : les premiers mois avec les Nord-Coréens armés par la Russie repoussant les Sudistes et leurs alliés Américains presque hors de la péninsule avant que les renforts des USA et d'une partie de l'ONU n'inversent la donne et fassent s'enfuir l'ennemi vers le Nord, avec une maigre résistance lors de la reprise de Séoul, et ce jusqu'à la frontière avec la Chine... moment où celle-ci s'est à son tour engagée dans le conflit repoussant à nouveau les alliés et entrainant une nouvelle perte puis encore une reprise de Séoul et plus de 2 ans supplémentaires de conflit jusqu'à l'armistice bancal qui est toujours en vigueur actuellement. Même s'il lui arrivera d'être au cœur des combats et quelques fois en réel danger de mort, Henri de Turenne suivra le plus souvent les soldats avec un temps de décalage, s'occupant plutôt de rendre compte de l'état d'esprit des hommes et de constater la drôle de situation des Coréens pris entre deux feux, tiraillés entre les promesses des uns, la peur des autres et inversement. Rafael Ortiz met ce récit en image dans un style réaliste et relativement académique. Le travail est généreux, présentant hommes et décors dans des vues claires et parfois proches du grand spectacle pour donner une bonne vue d'ensemble. Le trait parait toutefois un peu hésitant, notamment certains visages dont la représentation parait laborieuse et pas toujours gracieuse. La narration est également parfois légèrement décousue, partant en digressions sur l'avenir du journaliste notamment, avant de revenir en arrière dans le temps vers le conflit que l'on suivait en détails. La fin est également un peu abrupte, racontant en une seule case les deux dernières années de la guerre tandis que le reporter quitte le pays. On en saura heureusement un peu plus avec le petit dossier en texte et photos en fin d'album. Cela n'entache pas en tout cas une lecture qui se révèle instructive sur cette guerre mal connue, sur cet homme qu'était Henri de Turenne et sur le métier de reporter de guerre en général.
Padre Sicario
2.5 Un polar d'action qui ne m'a pas trop convaincu. Le dessin est pas mal et dynamique. C'est vraiment le bon style pour ce genre de récit d'action. Mon problème vient plutôt du scénario. Il est efficace, mais manque d'originalité. J'ai eu l'impression d'avoir déjà vu l'histoire et les personnages plusieurs fois. Rien ne m'a intéressé et j'ai lu l'album avec une certaine indifférence. Ça se laisse tout de même lire grâce à la narration fluide qui a fait en sorte que j’ai pu lire l’album facilement malgré tout. Si vous adorez les histoires de gros durs qui veulent suivre la voie de la rédemption, mais qui sont rattrapés par leur passé, c'est un one-shot pour vous.
Sous les pavés
Raconter l’effervescence de mai 1968 de façon romancée, pourquoi pas ? Il y a matière à pimenter un récit « ordinaire ». Mais je suis sorti quelque peu déçu de la lecture de cet album. Le dessin du duo est globalement bon, comme à son habitude. Quoique que je l’ai ici trouvé un peu plus inégal (certaines planches m’ont paru moins travaillées). Les différents protagonistes que nous suivons sont intéressants, permettent de nous guider dans le Paris agité, même si ne sont présentés ici que des échantillons divers de la plus ou moins petite bourgeoisie – avec quelques vacuités et inconséquences qui peuvent accompagner une révolte parfois de façade, comme on testerait une drogue « pour voir », avant de « redevenir sérieux ». Mai 68 nous est donc présenté au travers de leurs dialogues et de leur inégale participation, mais ça reste un décor, mal expliqué. La poésie et l’éruption politique du moment (surréalistes et situationnistes avaient préparé le terrain, et ont grandement influencé la tonalité de nombre d’actions et de slogans/affiches) sont un peu escamotés, comme l’est quasiment tout le mouvement ouvrier spontané (et sa récupération, voire sa noyade par certains partis politiques ensuite). Le personnage de l’Américain fait un peu artificiel (comme si les auteurs voulaient vraiment tout caser, y compris les débats autour de la guerre du Vietnam, de ce qui occupait les esprits politisés de l’époque). Le personnage fait d’autant plus artificiel que l’interrogatoire qu’il subit – fil rouge et truc narratif pour « raconter » les événements – reste du début à la fin obscur et sans réel intérêt ou crédibilité. Au final, c’est une lecture pas désagréable, mais qui manque d’un je ne sais quoi pour la faire sortir d’un certain ronronnement gentillet. Les passions de l’époque y sont presque anesthésiées. Note réelle 2,5/5/5.
Station 16
Alors que l’album est largement dispensable, je le situerai dans les bons crus du duo père/fils. En tout cas, j’y ai trouvé suffisamment mon compte. Il faut dire que je n’avais vraiment aucune attente particulière lors de mon entame de lecture. Au dessin, bah c’est du Hermann mais encore en forme (si on compare à ses toutes dernières productions). L’auteur déroule son style intemporel, je n’accroche plus autant qu’à une époque mais ça reste solide. La surprise (bonne ou mauvaise) dans ce duo vient toujours du scénariste, qui ne m’a malheureusement jamais trop convaincu. Et bien dans le cas présent, c’est plutôt bien passé. Il ne faut pas s’attendre à des miracles mais j’ai plutôt bien aimé ce récit de genre qui lorgne vers la série B. J’ai bien des trucs à redire mais le plaisir était tout de même là. Du fantastique qui vole pas bien haut mais honnête pour un emprunt.
Udama chez ces gens-là
L’album mélange deux thématiques. D’abord – elle est au cœur du récit – l’exploitation des nounous – ici africaines – par un couple plus fortuné, qui lui fait faire – pour le même prix – ménage, courses et autres heures supplémentaires, en plus de son boulot de base de garder leur mioche. En parallèle, les parents de l’enfant gardé montrent un couple qui tangue (en filigrane une autre thématique, plus féministe, voit le jour, avec la situation professionnelle fragilisée pour les femmes ayant été absentes pour congé maternité). Les différentes thématiques se marient globalement assez bien, mais sans toujours aller au fond des choses. Surtout, si la narration est assez fluide, et la lecture rapide, j’ai été gêné sur la fin par l’évolution d’Udama, la nounou qui, en une ou deux cases, se révèle bien moins sympa que depuis le début. Certes, on prend plaisir à la voir prendre sa revanche sur ceux qui l’exploitaient – en l’assumant plus ou moins d’ailleurs. Mais l’entourloupe qu’elle fait à l’une de ses collègues est surprenante pour le personnage, et un peu dégueulasse. Elle se révèle finalement la plus arriviste de tous. Quant au happy-end concernant le couple, il est lui aussi un peu gros et brutal, mais pourquoi pas ? Une lecture agréable donc, mais qui pêche par quelques menus défauts au niveau de l’évolution des personnages, et quelques facilités scénaristiques (comment le couple peut-il financer l’appartement parisien prêté à sa nounou ???).