Un comics 100% polonais. :-)
L'univers de Cyberpunk 2077 ne m'intéresse pas plus que ça, par contre cet album, comme Cyberpunk 2077 - Ta voix, a l'avantage d'avoir au générique un dessinateur que j'apprécie. Ici Jakub Rebelka, dont j'ai découvert récemment le style si particulier avec Judas.
Une histoire qui m'a laissé perplexe...
Pour apprécier un tant soit peu ce récit, je pense qu'il faut le prendre comme une fable. Celle d'un cyborg qui tombe amoureux d'une femme lors d'un braquage d'un gang ennemi, tout en se remémorant un dessin animé. Deux histoires qui n'en font qu'une pour cette romance à sens unique.
Un récit très violent accompagné d'une dose de sexe et d'une narration singulière où le texte se fait rare.
Une intrigue sans surprise.
Une lecture très rapide malgré les 112 pages.
Un comics qui vaut surtout pour son visuel. Rebelka propose deux styles différents, l'un qui s'inspire des cartoons de Tex Avery, principalement pour son loup fou d'excitation et d'amour devant la pin-up et l'autre, plus organique et d'une noirceur extrême.
Un trait gras, sale et très expressif, magnifiquement mis en valeur par de superbes couleurs tapantes.
Indéniablement un artiste à suivre.
Trois étoiles de justesse (merci à Rebelka).
A part la dernière, que j’ai trouvée un peu trop quelconque, les histoires regroupées dans ce recueil se laissent lire facilement. Semble-t-il inspirées de ballades, chansons plus ou moins populaires et anciennes, elles donnent toutes à voir une part de la noirceur de l’humanité – en tout cas de certains hommes ou femmes.
Elles sont par contre souvent très courtes. Le fait qu’elle mettent en image des chansons explique sans doute en partie ce manque de « développement ». Mais ça reste un peu frustrant, comme si on n’avait sous les yeux que la version abrégée. Bon, elles ne sont pas non plus bâclées, mais elles installent une ambiance qu’on aurait pu voir plus utilisée.
Le dessin est agréable, utilisant une bichromie différente à chaque fois.
Au final, un album plaisant mais un peu frustrant. A emprunter à l’occasion.
Je ne suis pas le cœur de cible, et j’arrondis aux trois étoiles (note réelle 2,5) en tenant compte du jeune lectorat visé. Et du message quand même important qui est véhiculé, autour du harcèlement (scolaire ici), et des moyens à employer pour sortir de son emprise.
Cela dit, l’histoire ne m’a pas captivé plus que ça. Et je n’ai pas non plus compris pourquoi avoir utilisé un jeune vampire, si ce n’est comme « produit d’appel » pour les jeunes lecteurs, tant finalement l’histoire aurait sans doute pu s’en passer.
Vite lu (une trentaine de pages), cet album peut éventuellement alimenter les discussions entre parents et enfants à propos de ce sujet sensible.
Une lecture sympathique, même si j’ai trouvé qu’il y avait des longueurs, certains passages auraient pu être élagués je pense.
Pour le reste, ce récit se déroule gentiment (je ne connais pas le roman d’origine), et Dumontheuil a sans doute été séduit par la situation un peu cocasse qui regroupe dans un coin complètement perdu de la forêt nordique finlandaise un braqueur en fuite avec ses lingots d’or, un officier en disponibilité (et en crise existentielle), un renard plus ou moins apprivoisé, une vieille elle aussi en fuite (mais elle c’est pour éviter la maison de retraite), et deux prostituées !
La façon dont notre braqueur constitue sa petite communauté est amusante, comme le sont certaines scènes et certains dialogues. On n’est pas loin du loufoque parfois (et l’album se finit d’ailleurs par une scène pleine d’humour noir et grotesque).
Le dessin de Dumontheuil est agréable, plus « classique » que dans la majorité de ses autres productions.
Une histoire qui se laisse lire agréablement donc, même si, comme je l’ai dit, certains passages sont trop étirés.
Avec cet album, Bertrand Galic nous propose de retracer le parcours fulgurant de Marcel Cerdan, sous les coups de crayon de Jandro.
Élevé par un père tyrannique assuré de faire de son fils un champion de boxe, Marcel ne rêvait enfant que de jouer au foot... Mais c'est finalement al boxe qui aura le dernier mot, sa mère ne supportant plus les disputes violentes entre le père et le fils.
Personne volontaire et engagé, Marcel montera donc les marches une à une pour finir sacré champion du monde en 1948. Entre temps, il se sera dévoué auprès de la Résistance pendant la guerre en finançant cette dernière, aura connu moult femmes, même après son mariage, dont la plus célèbre : Edith Piaf.
J'ai apprécié découvrir l'homme qui se cachait derrière la légende, car si je le connaissais de nom et quelques bribes de cette légende, le reste m'était inconnu. Bertrand Galic lui rend un fier hommage sans donner dans le sensationnalisme quand il s'agit de sa vie privée, appuyé par le dessin tout en énergie et plein de vie de Jandro. Je ne connaissais pas le travail de ce dessinateur, mais c'est une belle découverte également.
Un western qui met en vedette un groupe de braqueuses qui vivent dans une ville fantôme composé uniquement de femmes.
Je ne sais pas si c'est parce que la BD est faite par deux autrices, mais j'ai trouvé que le ton était juste pour ce récit. On ne tombe pas dans un récit du type des méchants femmes émancipés qui sont des vraies harpies qui ont rien d'autres à foutre que de soumettre des pauvres hommes sans défense ou encore un récit féministe facile où toutes les femmes sont des victimes qui sont légitimes dans toutes les actes de violences qu'elles causent et les homme sont toutes des salauds qui sont des gros sexistes 24/24. À la place, il y a un récit avec des femmes et des hommes qui ont leurs personnalités propres et motivations.
C'est plutôt bien fait même si cela ne renouvelle pas le western. Le scénario contient d'excellents éléments, mais je trouve que cela va quand même un peu vite et que le scénario aurait mérité d'approfondir quelques idées. Le dessin est très bon, c'est le style réaliste dynamique que j'aime voir pour ce type de récit.
Un généreux 3/5. Je salue l'audace, sur le plan graphique déjà. Je ne sais pas comment c'est fait, on dirait de la peinture, ce n'est pas toujours hyper lisible et plus symbolique que réaliste mais j'aime bien. L'histoire est courte en 24 pages et métaphorique. Le protagoniste est un pont qui sépare et à la fois relie les hommes. Il les sépare en cas de conflit notamment entre dominants et esclaves mais leur sert à voyager donc on le reconstruit sans cesse quand les éléments naturels le détruisent. Conceptuel et sans doute difficile à se procurer de nos jours.
Alors alors...
Souvent méfiant quand il s'agit de science-fiction, je me suis lancé dans cette bd après avoir lu et énormément apprécié Carbone & Silicium du même Mathieu Bablet.
Je suis assez vite entré dans le récit et j'ai beaucoup apprécié cet univers où les humains vivent dans une navette spatiale, contrôlée par une entreprise qui est en situation de monopole et en profite pour leur vendre tous les produits imaginables et "indispensables" à leur vie, genre le dernier smartphone. J'ai aussi bien aimé la présence d'animoïdes avec les problématiques qui en découlent, le racisme, les violences, l'intimidation permanente, etc. Bref j'ai beaucoup apprécié cet univers, les luttes de pouvoir qui en découlent, avec le pouvoir en place d'un côté, la révolution et les scientifiques, ça fait très 1984 version futuriste. Donc j'ai beaucoup aimé l'univers développe par Bablet.
Le problème, c'est que toute l'histoire autour ne m'a que très peu emballé. Je n'ai pas du tout été pris par l'histoire du héros, ni de son frère. Ce truc avec les expéditions pour trouver des sphères d'antimatière m'a aussi laissé de marbre, et je n'ai ni bien compris ni accroché à la fin et, globalement, à toutes les missions du héros (qui m'a tellement peu marqué que je n'ai pas retenu son nom). Seul le personnage de John m'a plus intéressé, et il est très secondaire. Vraiment, toute l'histoire du héros m'a profondément ennuyé, et cela est assez réceptif car comme je l'ai dit, je trouvais l'univers super intéressant.
J'ai aimé toutes les parties plus générales (les luttes de pouvoirs, les révoltes, etc.) mais pas du tout les expéditions et le début ni la fin. Bref, dommage car j'aurais clairement pu me passionne pour une histoire différente au sein de cet univers.
Quant au dessin, qui est si particulier et que j'avais beaucoup aimé dans "Carbone et Silicium", si le style est déjà reconnaissable, je l'ai trouvé moins abouti et j'ai souvent trouvé que les personnages avaient des expressions un peu vides. Après, j'aime bien le style élancé des personnages, et l'immensité de l'espace est très bien rendue. Mais comme pour le scénario, j'ai trouvé le dessin en dessous de celui de sa dernière création, que j'avais beaucoup aimée. Après, je trouve que c'est quand même une bonne bd qui, je pense, plaira beaucoup aux amateurs du genre, dont je ne fais pas partie.
Requiem est indéniablement une œuvre qui partagera. Culte pour certains et clairement à éviter pour d’autres, je suis même limite relativement étonné du peu d’avis négatif.
Je me situerai dans le ventre mou. Conquis par les dessins, intéressé par le background, un peu moins par le traitement.
Pour peu que l’on aime ce style (baroque et gothique), la partie graphique est assez magnifique. O. Ledroit possède une patte et est devenu une référence dans le domaine. Des pages archi travaillées, ça explose de partout en ambiance, détails, couleurs … tout en conservant une lisibilité et un trait fin.
Total respect.
L’univers mis en place me plait bien, cette balade dans les enfers est plutôt originale et intrigante. En gros, plus on a été un pourri sur terre, plus on a de chance d’être en haut de l’échelle dans ce nouveau monde. Au programme pour sa réincarnation : vampires, loup-garou, goules, zombies etc … selon son karma. Le scénariste développe quelques autres idées sympathiques comme l’écoulement du temps ou une technologie propre à Résurrection.
Tout ça est bien cool sauf que ça se perd trop en cours de route niveau intrigue. En fait, cette dernière s’efface progressivement au profit de l’exploration de ce monde et nouveaux personnages. Pourquoi pas ? Mais ça donne un sacré sentiment de creux/surplace à beaucoup d’albums.
Et pourtant, cette série je l’ai souvent relu et avec plaisir (le début de l’aventure démarrant en 2000), il aura fallu attendre 12 ans pour le tome 12 (l’avant-dernier à priori). Un tome qui, enfin, ferme tout doucement les portes entrouvertes.
J’avoue que je suis plutôt ravi de voir arriver la conclusion. Malheureusement trop dilué pour moi pour monter à 4*.
3,5
Pour parodier un posteur à l'enthousiasme bien connu, je commencerai cet avis (une fois n'est pas coutume) par deux sentences :
" L'éternité, c'est long, surtout vers la fin... " (Kafka)
" Un bel objet ne fait pas obligatoirement une bonne histoire ". (moi)
Donc pour cet album à la réalisation soignée et au format imposant, on part sur un " pas mal, sans plus " , mais guère mieux...
Malgré toute la bonne volonté du dessinateur de L'Assassin qu'elle mérite, cette histoire adaptée du roman de R. Malka qui met en scène un jeune homme éternellement assoiffé d'amour peine à rassasier son lecteur...
Les planches de Corboz sont souvent belles, mais l'histoire manque d'intérêt et les récitatifs ne sont pas d'une légèreté à toute épreuve... On comprend rapidement que cette histoire très romanesque et romantique est une nouvelle variation du thème du vampire, mais on est loin bien sûr du chef-d'oeuvre de Bram Stoker. Ce qui est gênant, c'est que le personnage principal (et le lecteur avec lui) tourne très vite en rond. 200 pages pour nous dire que le héros est seul, alors que c'est le postulat inhérent à sa condition, c'est usant à la longue. A plusieurs reprises, il nous dit qu'il est maudit, qu'il est seul, qu'il voit les autres mourir autour de lui et qu'en conclusion, il est seul... Si le protagoniste est atteint de mélancolie, le lecteur de son côté parcourt cet album sans grande passion. Indéniablement, Corboz rend une copie appliquée, mais trop scolaire et sage pour faire vibrer le lecteur qui s'ennuie poliment et dissimule un bâillement en refermant l'album.
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Cyberpunk 2077 - XOXO
Un comics 100% polonais. :-) L'univers de Cyberpunk 2077 ne m'intéresse pas plus que ça, par contre cet album, comme Cyberpunk 2077 - Ta voix, a l'avantage d'avoir au générique un dessinateur que j'apprécie. Ici Jakub Rebelka, dont j'ai découvert récemment le style si particulier avec Judas. Une histoire qui m'a laissé perplexe... Pour apprécier un tant soit peu ce récit, je pense qu'il faut le prendre comme une fable. Celle d'un cyborg qui tombe amoureux d'une femme lors d'un braquage d'un gang ennemi, tout en se remémorant un dessin animé. Deux histoires qui n'en font qu'une pour cette romance à sens unique. Un récit très violent accompagné d'une dose de sexe et d'une narration singulière où le texte se fait rare. Une intrigue sans surprise. Une lecture très rapide malgré les 112 pages. Un comics qui vaut surtout pour son visuel. Rebelka propose deux styles différents, l'un qui s'inspire des cartoons de Tex Avery, principalement pour son loup fou d'excitation et d'amour devant la pin-up et l'autre, plus organique et d'une noirceur extrême. Un trait gras, sale et très expressif, magnifiquement mis en valeur par de superbes couleurs tapantes. Indéniablement un artiste à suivre. Trois étoiles de justesse (merci à Rebelka).
Dans les pins - 5 ballades meurtrières
A part la dernière, que j’ai trouvée un peu trop quelconque, les histoires regroupées dans ce recueil se laissent lire facilement. Semble-t-il inspirées de ballades, chansons plus ou moins populaires et anciennes, elles donnent toutes à voir une part de la noirceur de l’humanité – en tout cas de certains hommes ou femmes. Elles sont par contre souvent très courtes. Le fait qu’elle mettent en image des chansons explique sans doute en partie ce manque de « développement ». Mais ça reste un peu frustrant, comme si on n’avait sous les yeux que la version abrégée. Bon, elles ne sont pas non plus bâclées, mais elles installent une ambiance qu’on aurait pu voir plus utilisée. Le dessin est agréable, utilisant une bichromie différente à chaque fois. Au final, un album plaisant mais un peu frustrant. A emprunter à l’occasion.
Chaque jour Dracula
Je ne suis pas le cœur de cible, et j’arrondis aux trois étoiles (note réelle 2,5) en tenant compte du jeune lectorat visé. Et du message quand même important qui est véhiculé, autour du harcèlement (scolaire ici), et des moyens à employer pour sortir de son emprise. Cela dit, l’histoire ne m’a pas captivé plus que ça. Et je n’ai pas non plus compris pourquoi avoir utilisé un jeune vampire, si ce n’est comme « produit d’appel » pour les jeunes lecteurs, tant finalement l’histoire aurait sans doute pu s’en passer. Vite lu (une trentaine de pages), cet album peut éventuellement alimenter les discussions entre parents et enfants à propos de ce sujet sensible.
La Forêt des Renards Pendus
Une lecture sympathique, même si j’ai trouvé qu’il y avait des longueurs, certains passages auraient pu être élagués je pense. Pour le reste, ce récit se déroule gentiment (je ne connais pas le roman d’origine), et Dumontheuil a sans doute été séduit par la situation un peu cocasse qui regroupe dans un coin complètement perdu de la forêt nordique finlandaise un braqueur en fuite avec ses lingots d’or, un officier en disponibilité (et en crise existentielle), un renard plus ou moins apprivoisé, une vieille elle aussi en fuite (mais elle c’est pour éviter la maison de retraite), et deux prostituées ! La façon dont notre braqueur constitue sa petite communauté est amusante, comme le sont certaines scènes et certains dialogues. On n’est pas loin du loufoque parfois (et l’album se finit d’ailleurs par une scène pleine d’humour noir et grotesque). Le dessin de Dumontheuil est agréable, plus « classique » que dans la majorité de ses autres productions. Une histoire qui se laisse lire agréablement donc, même si, comme je l’ai dit, certains passages sont trop étirés.
Marcel - Cerdan, le coeur et les gants
Avec cet album, Bertrand Galic nous propose de retracer le parcours fulgurant de Marcel Cerdan, sous les coups de crayon de Jandro. Élevé par un père tyrannique assuré de faire de son fils un champion de boxe, Marcel ne rêvait enfant que de jouer au foot... Mais c'est finalement al boxe qui aura le dernier mot, sa mère ne supportant plus les disputes violentes entre le père et le fils. Personne volontaire et engagé, Marcel montera donc les marches une à une pour finir sacré champion du monde en 1948. Entre temps, il se sera dévoué auprès de la Résistance pendant la guerre en finançant cette dernière, aura connu moult femmes, même après son mariage, dont la plus célèbre : Edith Piaf. J'ai apprécié découvrir l'homme qui se cachait derrière la légende, car si je le connaissais de nom et quelques bribes de cette légende, le reste m'était inconnu. Bertrand Galic lui rend un fier hommage sans donner dans le sensationnalisme quand il s'agit de sa vie privée, appuyé par le dessin tout en énergie et plein de vie de Jandro. Je ne connaissais pas le travail de ce dessinateur, mais c'est une belle découverte également.
Hippolyte
Un western qui met en vedette un groupe de braqueuses qui vivent dans une ville fantôme composé uniquement de femmes. Je ne sais pas si c'est parce que la BD est faite par deux autrices, mais j'ai trouvé que le ton était juste pour ce récit. On ne tombe pas dans un récit du type des méchants femmes émancipés qui sont des vraies harpies qui ont rien d'autres à foutre que de soumettre des pauvres hommes sans défense ou encore un récit féministe facile où toutes les femmes sont des victimes qui sont légitimes dans toutes les actes de violences qu'elles causent et les homme sont toutes des salauds qui sont des gros sexistes 24/24. À la place, il y a un récit avec des femmes et des hommes qui ont leurs personnalités propres et motivations. C'est plutôt bien fait même si cela ne renouvelle pas le western. Le scénario contient d'excellents éléments, mais je trouve que cela va quand même un peu vite et que le scénario aurait mérité d'approfondir quelques idées. Le dessin est très bon, c'est le style réaliste dynamique que j'aime voir pour ce type de récit.
Le Pont de l'ange
Un généreux 3/5. Je salue l'audace, sur le plan graphique déjà. Je ne sais pas comment c'est fait, on dirait de la peinture, ce n'est pas toujours hyper lisible et plus symbolique que réaliste mais j'aime bien. L'histoire est courte en 24 pages et métaphorique. Le protagoniste est un pont qui sépare et à la fois relie les hommes. Il les sépare en cas de conflit notamment entre dominants et esclaves mais leur sert à voyager donc on le reconstruit sans cesse quand les éléments naturels le détruisent. Conceptuel et sans doute difficile à se procurer de nos jours.
Shangri-La
Alors alors... Souvent méfiant quand il s'agit de science-fiction, je me suis lancé dans cette bd après avoir lu et énormément apprécié Carbone & Silicium du même Mathieu Bablet. Je suis assez vite entré dans le récit et j'ai beaucoup apprécié cet univers où les humains vivent dans une navette spatiale, contrôlée par une entreprise qui est en situation de monopole et en profite pour leur vendre tous les produits imaginables et "indispensables" à leur vie, genre le dernier smartphone. J'ai aussi bien aimé la présence d'animoïdes avec les problématiques qui en découlent, le racisme, les violences, l'intimidation permanente, etc. Bref j'ai beaucoup apprécié cet univers, les luttes de pouvoir qui en découlent, avec le pouvoir en place d'un côté, la révolution et les scientifiques, ça fait très 1984 version futuriste. Donc j'ai beaucoup aimé l'univers développe par Bablet. Le problème, c'est que toute l'histoire autour ne m'a que très peu emballé. Je n'ai pas du tout été pris par l'histoire du héros, ni de son frère. Ce truc avec les expéditions pour trouver des sphères d'antimatière m'a aussi laissé de marbre, et je n'ai ni bien compris ni accroché à la fin et, globalement, à toutes les missions du héros (qui m'a tellement peu marqué que je n'ai pas retenu son nom). Seul le personnage de John m'a plus intéressé, et il est très secondaire. Vraiment, toute l'histoire du héros m'a profondément ennuyé, et cela est assez réceptif car comme je l'ai dit, je trouvais l'univers super intéressant. J'ai aimé toutes les parties plus générales (les luttes de pouvoirs, les révoltes, etc.) mais pas du tout les expéditions et le début ni la fin. Bref, dommage car j'aurais clairement pu me passionne pour une histoire différente au sein de cet univers. Quant au dessin, qui est si particulier et que j'avais beaucoup aimé dans "Carbone et Silicium", si le style est déjà reconnaissable, je l'ai trouvé moins abouti et j'ai souvent trouvé que les personnages avaient des expressions un peu vides. Après, j'aime bien le style élancé des personnages, et l'immensité de l'espace est très bien rendue. Mais comme pour le scénario, j'ai trouvé le dessin en dessous de celui de sa dernière création, que j'avais beaucoup aimée. Après, je trouve que c'est quand même une bonne bd qui, je pense, plaira beaucoup aux amateurs du genre, dont je ne fais pas partie.
Requiem - Chevalier Vampire
Requiem est indéniablement une œuvre qui partagera. Culte pour certains et clairement à éviter pour d’autres, je suis même limite relativement étonné du peu d’avis négatif. Je me situerai dans le ventre mou. Conquis par les dessins, intéressé par le background, un peu moins par le traitement. Pour peu que l’on aime ce style (baroque et gothique), la partie graphique est assez magnifique. O. Ledroit possède une patte et est devenu une référence dans le domaine. Des pages archi travaillées, ça explose de partout en ambiance, détails, couleurs … tout en conservant une lisibilité et un trait fin. Total respect. L’univers mis en place me plait bien, cette balade dans les enfers est plutôt originale et intrigante. En gros, plus on a été un pourri sur terre, plus on a de chance d’être en haut de l’échelle dans ce nouveau monde. Au programme pour sa réincarnation : vampires, loup-garou, goules, zombies etc … selon son karma. Le scénariste développe quelques autres idées sympathiques comme l’écoulement du temps ou une technologie propre à Résurrection. Tout ça est bien cool sauf que ça se perd trop en cours de route niveau intrigue. En fait, cette dernière s’efface progressivement au profit de l’exploration de ce monde et nouveaux personnages. Pourquoi pas ? Mais ça donne un sacré sentiment de creux/surplace à beaucoup d’albums. Et pourtant, cette série je l’ai souvent relu et avec plaisir (le début de l’aventure démarrant en 2000), il aura fallu attendre 12 ans pour le tome 12 (l’avant-dernier à priori). Un tome qui, enfin, ferme tout doucement les portes entrouvertes. J’avoue que je suis plutôt ravi de voir arriver la conclusion. Malheureusement trop dilué pour moi pour monter à 4*. 3,5
Le Voleur d'amour
Pour parodier un posteur à l'enthousiasme bien connu, je commencerai cet avis (une fois n'est pas coutume) par deux sentences : " L'éternité, c'est long, surtout vers la fin... " (Kafka) " Un bel objet ne fait pas obligatoirement une bonne histoire ". (moi) Donc pour cet album à la réalisation soignée et au format imposant, on part sur un " pas mal, sans plus " , mais guère mieux... Malgré toute la bonne volonté du dessinateur de L'Assassin qu'elle mérite, cette histoire adaptée du roman de R. Malka qui met en scène un jeune homme éternellement assoiffé d'amour peine à rassasier son lecteur... Les planches de Corboz sont souvent belles, mais l'histoire manque d'intérêt et les récitatifs ne sont pas d'une légèreté à toute épreuve... On comprend rapidement que cette histoire très romanesque et romantique est une nouvelle variation du thème du vampire, mais on est loin bien sûr du chef-d'oeuvre de Bram Stoker. Ce qui est gênant, c'est que le personnage principal (et le lecteur avec lui) tourne très vite en rond. 200 pages pour nous dire que le héros est seul, alors que c'est le postulat inhérent à sa condition, c'est usant à la longue. A plusieurs reprises, il nous dit qu'il est maudit, qu'il est seul, qu'il voit les autres mourir autour de lui et qu'en conclusion, il est seul... Si le protagoniste est atteint de mélancolie, le lecteur de son côté parcourt cet album sans grande passion. Indéniablement, Corboz rend une copie appliquée, mais trop scolaire et sage pour faire vibrer le lecteur qui s'ennuie poliment et dissimule un bâillement en refermant l'album.