C’est bien le dessin qui sauve cet album à mes yeux.
Parce qu’on a connu Van Hamme plus inspiré. Un western avec tout ce qu’il faut dedans, le héros qui est le meilleur tireur de la région, la tête mise à prix, le shériff, les meurtres et les coups bas, les ranchs avec leur bétail. Bon la seule originalité est l’infirmité du héros et peut-être un petit jeu de qui est qui.
D’ailleurs la toute dernière révélation est de trop et l’histoire se tenait mieux en enlevant les dernières pages, c’est dommage.
Je note quand même, et pour beaucoup grâce au dessin et aux ambiances distillées par Rosinski, que l’histoire se laisse lire. Le découpage est bon et ça coule bien, force est de le reconnaître.
Mais voilà, je ne suis pas fan des ambiances western, entre éloge de la violence par les armes et conquête des terres, pas mon truc.
Ce n'est pas la première BD sur l'épopée de Gilgamesh que je lis mais c'est certainement la plus claire et la plus maîtrisée d'entre elles.
Elle pose bien son sujet, son contexte, l'identité de Gilgamesh et de sa situation initiale, ainsi que ses origines semi-divines. Le cadre géographique est également assez clair tout en étant proche des décors bibliques, d'une Terre des débuts de la civilisation humaine, dans des paysages plus ou moins désertiques. C'est à la fois historiquement crédible, et propice au mélange entre réalisme et magie divine et mythologique. Et j'apprécie la propreté du dessin, aussi frustes que puissent paraitre les personnages, en particulier Gilgamesh et Enkidu avec leur physique d'übermenschen à la machoire en parpaing.
L'histoire quant à elle n'a pas vraiment mes faveurs en terme de récit mythologique. Elle contient quelques bons thèmes, comme l'amitié, la quête de sagesse et surtout le deuil. Mais le contexte est trop cru, trop rustique. C'est bien normal puisqu'il s'agit d'un des mythes les plus anciens de l'homme, mais il est tellement loin de l'élégance et de l'équilibre des mythes grecs notamment que je le trouve un peu... grossier, lourdaud. Cette histoire en a inspiré bien d'autres, que ce soit les récits bibliques ou quelques mythes grecs, mais c'est sans doute Herakles qui se rapproche le plus de Gilgamesh et c'est justement l'un des héros grecs que j'aime le moins.
Bref, s'il faut chercher une bonne adaptation en BD du mythe de Gilgamesh, celle-ci remplit complètement les critères voulus. Mais c'est le mythe lui-même qui ne me passionne pas, même si j'ai aimé le soin, la clarté et le sens du rythme avec lesquels il est raconté ici.
Un peu comme Panaccione l’avait fait en faisant un album uniquement basé sur la retranscription exhaustive d’un match de tennis (Match), Debon ose le pari audacieux de nous présenter un album qui ne fait que dérouler une course de marathon (celui des Jeux olympiques de 1928).
Panaccione usait de la carte humoristique, mais Debon – par ailleurs avare de commentaires, le texte et peu présent) choisit de rester sur du réalisme, quelque chose de très factuel. Le résultat est quand même intéressant, quand bien même on ne s’intéresse pas à cette discipline ou au sport (et même si on n’a pas de connaissances en ces domaines).
En effet, parmi les rares textes accompagnant le récit, Debon place un certain nombre d’informations, présentant les différents athlètes, mais aussi le contexte. Et il laisse percer le racisme qui dominait à l’époque (car le vainqueur surprise est un Français algérien).
L’autre atout de cet album est sans conteste le dessin. Très simple, avare de détails, il est très lisible, mais surtout très beau dans son rendu, avec un trait charbonneux que j’ai bien aimé.
Enfin, le dossier biographique et historique en fin d’album est un très bon complément. Sur un sujet de niche, et avec un traitement relativement aride, Nicolas Debon réussit son pari de captiver au-delà des amateurs du sujet.
Un 1er tome qui ne révolutionne rien mais qui m’a suffisamment titillé pour apprécier ma lecture.
Un univers anthropomorphique sympathique, pas mal de peuples ou de régions qui ajoutent à la richesse, avec en toile de fond l’éternel scission entre herbivores et carnivores. Des personnages plutôt attachants et qui en gardent sous le pied, de l’aventure bien faite et plaisante à suivre.
Le tout est servi par un dessin efficace de Bessadi (seul aux manettes) pour passer un agréable moment et sans temps mort.
Nous sommes assez loin de la complexité et profondeur de la série Les 5 Terres (en train de devenir petit à petit la référence dans le genre), j’ai trouvé ici que les péripéties étaient plus tournées grands ados mais bien réalisées et avec du savoir faire.
Je reviendrai sur ma note à l’issue de cette trilogie et de sa conclusion (qui jouera beaucoup sur mon ressenti final) mais je suis d’humeur généreuse pour arrondir au supérieur.
3,5
MàJ tome 2 et 3 :
Comme promis, je reviens sur mon ressenti après découverte de la conclusion de cette série … et je revois finalement ma note à la baisse.
Le résultat n’est pas mauvais, c’est honnête et divertissant mais finalement bien trop léger à mon goût. J’espérais un poil de noirceur entre autres surprises mais le final reste plutôt convenu (ici ça fait un peu bataille des 5 armées).
Un récit efficace, qui reste bien fait mais qui souffre de la comparaison dans le milieu anthropomorphe. Ici on s’adresse aux plus jeunes.
Un album avec d’indéniables qualités mais qui n’a pas su me toucher.
Je partais pourtant avec un bon apriori, plutôt envoûté par le dessin et les couleurs, cette partie est constante et permet d’arriver au bout de ce pavé sans trop d’encombres. C’est ce point que je retiendrais surtout de mon aventure.
Pour le récit en lui-même, bien que sympathique, je ne l’ai pas trouvé ébouriffant. Les thématiques ne m’ont pas trop parlé (la question du genre m’a même un peu saoulé) et le tout manque sacrément de nuances à mes yeux. En plus, Martino/Rebis ne m’est pas apparu spécialement attachant, je l’ai accompagné facilement dans sa quête mais plus on s’approchait de la fin, plus j’ai été déçu du développement.
J’avoue aussi que j’attendais un peu autre chose en terme d’histoire, de traitement ou de portée. Je ne reproche pas le fond mais ça m’a semblé un peu trop unilatéral ici. La beauté ou l’émotion (pourtant présentes) ont fini par m’échapper.
Une œuvre simplement pas pour moi.
Nota : au cours de ma lecture, j’ai quand même appris un truc (pas pu m’empêcher de vérifier sur le net après coup, ne croyant pas au fait), c’est que certaines larves d’insectes mettent parfois bien plusieurs années avant d’éclore.
Bon, je vais être honnête, je n'ai pas lu les 134 albums de la série, aussi courts soient-ils. J'en avais facilement lu une cinquantaine quand j'étais à l'école primaire et j'en ai relu une douzaine pour écrire cet avis (et ne pas juste me baser sur mes souvenirs).
Les albums, comme dit plus haut, sont courts. Leur but n'est pas vraiment de raconter une histoire, plutôt de présenter une situation, une problématique du quotidien auxquel-le-s les enfants peuvent faire face. Max et Lili jouent leur rôles d'enfants et donc agissent et réagissent comme des enfants moyens face à ce qui leur arrive (ou ce qui arrive à leurs proches). Ça ne cherche pas à révolutionner le genre de la bande dessinée jeunesse mais ça remplit son office d'album documentaire pseudo-fictif à destination des enfants. Les albums sont très pratiques pour ouvrir des discussions auprès des jeunes et force est de constater qu'ils sont toujours autant demandés aujourd'hui (nous avons dû poser des restrictions d'emprunt à ma bibliothèque pour éviter que les enfants se battent pour les avoir, c'est vous dire).
Bref, de bons albums très courts pour aborder des questions auprès des jeunes enfants.
Les albums de Maliki, ça se divise en deux périodes (bon, techniquement c'est plus compliqué, la transition d'une période à l'autre n'a pas été fluide et s'est faite sur plusieurs albums, petit à petit).
Au début, Maliki c'était de simples anecdotes, des petits sketchs du quotidien publiés sur le blog du même nom (que je visitais presque quotidiennement durant mes années collège et lycée). Bon, techniquement, toutes les histoires publiées dans ces albums ont d'abord été publiées sur le blog, mais au début il ne s'agissait que de petites histoires indépendantes (et s'il y avait des petits arcs narratifs, ils restaient similaires à ceux que l'on peut voir sur n'importe quel autre blog de BD racontant des anecdotes).
Puis, progressivement, une intrigue commence à poindre. Maliki s'entoure progressivement de personnages récurrents, jouant des rôles de plus en plus importants et on place quelques mystères (comme les magouilles de la sœur de Fang ou tout ce qui tourne autours des "stands"). A la fin, dans l'album Hanami, il ne s'agit plus que d'une série avec intrigue (si bien que Souillon a finit par sortir un autre album pour compiler le reste des anecdotes et histoires indépendantes publiées sur le blog). On attend d'ailleurs toujours la suite de cette histoire si je ne m'abuse, bien que l'univers a continué de s'étendre avec des romans jeunesse et un jeu-vidéo qui sortira bientôt.
Bon, mais qu'en est-il de la qualité ? Eh bien elle varie (comme c'est étonnant !). Certaines anecdotes sont drôles, d'autres non. En fait, la qualité fluctue surtout par rapport au sentiment de "daté" qu'ont certaines de ses histoires. A la fois le charme et le "défaut" inerrant aux albums compilations de blogs. Je ne parle même pas nécessairement du dessin (qui évolue au fil du temps et devient sincèrement très beau sur la fin) mais bien des sujets, des fonds d'intrigues. La petite chinoise maoïste qui parle en oubliant certains mots dans ses phrases, ça passe difficilement aujourd'hui (encore heureuse). Heureusement, encore une fois, ces personnages évoluent et Fang devient un personnage assez attachant aux fils des récits.
Je ne sais pas si la publication en albums ajoute une plus-value comparé au blog en lui-même, en tout cas j'ai toujours les miens.
(Note réelle 2,5)
Bon, si je mets 3 étoiles, c'est avant tout pour la troisième partie de l'album.
En effet, ce dernier et composé de trois histoires, la première est un one-shot, la seconde est composée de cinq épisodes et la troisième composée de trois épisodes. La première et la seconde histoire sont des récits super-héroïques tout ce qu'il y a de plus banal, sans grands enjeux ou plus-value. Bon, si, il y a le fait que les dessins reprennent les designs de la série animée de 92 (Bruce Timm a même dessiné la première histoire). J'aime bien la série de 92, mais la forme ne fait pas le fond et ici les deux premières histoires sonnent vraiment creux.
Fort heureusement, la troisième histoire rehausse le niveau !
Ici, c'est une pure comédie super-héroïque déjantée. Enfin, pas vraiment super-héroïque puisque nous y suivons Harley Quinn et Poison Ivy, les meilleures amies super-criminelles. Leur duo fonctionne toujours autant que dans la quasi-totalité des histoires les reprenant, Poison Ivy jouant le rôle du clown blanc et Harley Quinn celui de l'auguste. Leurs aventures antihéroïques sont drôles, j'aurais sincèrement préféré un album à part rien que pour celles-là.
Mais l'album est un tout, une compilation d'histoires, et je me dois donc de juger l'œuvre dans son ensemble.
Je mets donc 3 étoiles.
(Note réelle 2,5).
Un album sans prétention qui remplit haut la main son côté divertissant.
Nous serons en terrain connu, l’histoire ne manquant pas de clichés dans ses ingrédients mais l’assaisonnement reste suffisamment équilibré (malgré beaucoup d’ail de la part de mémé) pour passer un bon moment.
Le scénariste tient son récit, mention à Pilou et Mémé pour leur relation, les autres personnages sont plus dans la caricature. On sera dans le déjà vu mais le tout m’a paru maîtrisé.
Espé, que je connais peu, adopte un style plus « gros nez » qu’à son habitude. Son trait accompagne et illustre la farce de belle manière.
Un résultat conforme et honnête à ce qu’on pouvait attendre d’un tel titre. De la comédie familiale un peu gentillette mais réussie.
Fabien Grolleau est architecte de formation. Il l’explique en avant-propos, mais de toute façon, ça se sent tout au long de l’album, tant celui-ci tourne uniquement autour d’un projet architectural, en en détaillant les moindres aspects, de la conception des plans jusqu’à la livraison au propriétaire, en passant par la surveillance de tous les corps de métiers intervenant pour la construction.
Dit comme ça, ça peut paraître rébarbatif, mais en fait ça se laisse lire agréablement. Nous suivons une jeune architecte, qui vient tout juste d’être diplômée et qui, intégrant un grand cabinet, se voit immédiatement confier un chantier important, une belle maison.
Et la narration est fluide, très vivante (le dessin de Clément Fabre y est pour beaucoup, simple, vif, semi-caricatural et dynamique). On ressent très bien la pression subie par l’architecte – qu’elle transmet parfois aux corps de métiers qu’elle dirige comme un chef d’orchestre. Je suis aussi étonné de voir la patience et la diplomatie dont il faut faire preuve face à des demandes et à des changements de dernière minute de la part du « client ». Car ici la « cliente » est franchement insupportable (bourgeoise pimbêche qui se la raconte, et qui est capricieuse, on a envie de lui mettre des baffes parfois !).
Un album qui réussit le pari de rendre intéressante la description d’un métier.
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Western
C’est bien le dessin qui sauve cet album à mes yeux. Parce qu’on a connu Van Hamme plus inspiré. Un western avec tout ce qu’il faut dedans, le héros qui est le meilleur tireur de la région, la tête mise à prix, le shériff, les meurtres et les coups bas, les ranchs avec leur bétail. Bon la seule originalité est l’infirmité du héros et peut-être un petit jeu de qui est qui. D’ailleurs la toute dernière révélation est de trop et l’histoire se tenait mieux en enlevant les dernières pages, c’est dommage. Je note quand même, et pour beaucoup grâce au dessin et aux ambiances distillées par Rosinski, que l’histoire se laisse lire. Le découpage est bon et ça coule bien, force est de le reconnaître. Mais voilà, je ne suis pas fan des ambiances western, entre éloge de la violence par les armes et conquête des terres, pas mon truc.
Gilgamesh (Glénat)
Ce n'est pas la première BD sur l'épopée de Gilgamesh que je lis mais c'est certainement la plus claire et la plus maîtrisée d'entre elles. Elle pose bien son sujet, son contexte, l'identité de Gilgamesh et de sa situation initiale, ainsi que ses origines semi-divines. Le cadre géographique est également assez clair tout en étant proche des décors bibliques, d'une Terre des débuts de la civilisation humaine, dans des paysages plus ou moins désertiques. C'est à la fois historiquement crédible, et propice au mélange entre réalisme et magie divine et mythologique. Et j'apprécie la propreté du dessin, aussi frustes que puissent paraitre les personnages, en particulier Gilgamesh et Enkidu avec leur physique d'übermenschen à la machoire en parpaing. L'histoire quant à elle n'a pas vraiment mes faveurs en terme de récit mythologique. Elle contient quelques bons thèmes, comme l'amitié, la quête de sagesse et surtout le deuil. Mais le contexte est trop cru, trop rustique. C'est bien normal puisqu'il s'agit d'un des mythes les plus anciens de l'homme, mais il est tellement loin de l'élégance et de l'équilibre des mythes grecs notamment que je le trouve un peu... grossier, lourdaud. Cette histoire en a inspiré bien d'autres, que ce soit les récits bibliques ou quelques mythes grecs, mais c'est sans doute Herakles qui se rapproche le plus de Gilgamesh et c'est justement l'un des héros grecs que j'aime le moins. Bref, s'il faut chercher une bonne adaptation en BD du mythe de Gilgamesh, celle-ci remplit complètement les critères voulus. Mais c'est le mythe lui-même qui ne me passionne pas, même si j'ai aimé le soin, la clarté et le sens du rythme avec lesquels il est raconté ici.
Marathon
Un peu comme Panaccione l’avait fait en faisant un album uniquement basé sur la retranscription exhaustive d’un match de tennis (Match), Debon ose le pari audacieux de nous présenter un album qui ne fait que dérouler une course de marathon (celui des Jeux olympiques de 1928). Panaccione usait de la carte humoristique, mais Debon – par ailleurs avare de commentaires, le texte et peu présent) choisit de rester sur du réalisme, quelque chose de très factuel. Le résultat est quand même intéressant, quand bien même on ne s’intéresse pas à cette discipline ou au sport (et même si on n’a pas de connaissances en ces domaines). En effet, parmi les rares textes accompagnant le récit, Debon place un certain nombre d’informations, présentant les différents athlètes, mais aussi le contexte. Et il laisse percer le racisme qui dominait à l’époque (car le vainqueur surprise est un Français algérien). L’autre atout de cet album est sans conteste le dessin. Très simple, avare de détails, il est très lisible, mais surtout très beau dans son rendu, avec un trait charbonneux que j’ai bien aimé. Enfin, le dossier biographique et historique en fin d’album est un très bon complément. Sur un sujet de niche, et avec un traitement relativement aride, Nicolas Debon réussit son pari de captiver au-delà des amateurs du sujet.
L'Ogre Lion
Un 1er tome qui ne révolutionne rien mais qui m’a suffisamment titillé pour apprécier ma lecture. Un univers anthropomorphique sympathique, pas mal de peuples ou de régions qui ajoutent à la richesse, avec en toile de fond l’éternel scission entre herbivores et carnivores. Des personnages plutôt attachants et qui en gardent sous le pied, de l’aventure bien faite et plaisante à suivre. Le tout est servi par un dessin efficace de Bessadi (seul aux manettes) pour passer un agréable moment et sans temps mort. Nous sommes assez loin de la complexité et profondeur de la série Les 5 Terres (en train de devenir petit à petit la référence dans le genre), j’ai trouvé ici que les péripéties étaient plus tournées grands ados mais bien réalisées et avec du savoir faire. Je reviendrai sur ma note à l’issue de cette trilogie et de sa conclusion (qui jouera beaucoup sur mon ressenti final) mais je suis d’humeur généreuse pour arrondir au supérieur. 3,5 MàJ tome 2 et 3 : Comme promis, je reviens sur mon ressenti après découverte de la conclusion de cette série … et je revois finalement ma note à la baisse. Le résultat n’est pas mauvais, c’est honnête et divertissant mais finalement bien trop léger à mon goût. J’espérais un poil de noirceur entre autres surprises mais le final reste plutôt convenu (ici ça fait un peu bataille des 5 armées). Un récit efficace, qui reste bien fait mais qui souffre de la comparaison dans le milieu anthropomorphe. Ici on s’adresse aux plus jeunes.
Rebis
Un album avec d’indéniables qualités mais qui n’a pas su me toucher. Je partais pourtant avec un bon apriori, plutôt envoûté par le dessin et les couleurs, cette partie est constante et permet d’arriver au bout de ce pavé sans trop d’encombres. C’est ce point que je retiendrais surtout de mon aventure. Pour le récit en lui-même, bien que sympathique, je ne l’ai pas trouvé ébouriffant. Les thématiques ne m’ont pas trop parlé (la question du genre m’a même un peu saoulé) et le tout manque sacrément de nuances à mes yeux. En plus, Martino/Rebis ne m’est pas apparu spécialement attachant, je l’ai accompagné facilement dans sa quête mais plus on s’approchait de la fin, plus j’ai été déçu du développement. J’avoue aussi que j’attendais un peu autre chose en terme d’histoire, de traitement ou de portée. Je ne reproche pas le fond mais ça m’a semblé un peu trop unilatéral ici. La beauté ou l’émotion (pourtant présentes) ont fini par m’échapper. Une œuvre simplement pas pour moi. Nota : au cours de ma lecture, j’ai quand même appris un truc (pas pu m’empêcher de vérifier sur le net après coup, ne croyant pas au fait), c’est que certaines larves d’insectes mettent parfois bien plusieurs années avant d’éclore.
Max et Lili (Ainsi va la vie)
Bon, je vais être honnête, je n'ai pas lu les 134 albums de la série, aussi courts soient-ils. J'en avais facilement lu une cinquantaine quand j'étais à l'école primaire et j'en ai relu une douzaine pour écrire cet avis (et ne pas juste me baser sur mes souvenirs). Les albums, comme dit plus haut, sont courts. Leur but n'est pas vraiment de raconter une histoire, plutôt de présenter une situation, une problématique du quotidien auxquel-le-s les enfants peuvent faire face. Max et Lili jouent leur rôles d'enfants et donc agissent et réagissent comme des enfants moyens face à ce qui leur arrive (ou ce qui arrive à leurs proches). Ça ne cherche pas à révolutionner le genre de la bande dessinée jeunesse mais ça remplit son office d'album documentaire pseudo-fictif à destination des enfants. Les albums sont très pratiques pour ouvrir des discussions auprès des jeunes et force est de constater qu'ils sont toujours autant demandés aujourd'hui (nous avons dû poser des restrictions d'emprunt à ma bibliothèque pour éviter que les enfants se battent pour les avoir, c'est vous dire). Bref, de bons albums très courts pour aborder des questions auprès des jeunes enfants.
Maliki
Les albums de Maliki, ça se divise en deux périodes (bon, techniquement c'est plus compliqué, la transition d'une période à l'autre n'a pas été fluide et s'est faite sur plusieurs albums, petit à petit). Au début, Maliki c'était de simples anecdotes, des petits sketchs du quotidien publiés sur le blog du même nom (que je visitais presque quotidiennement durant mes années collège et lycée). Bon, techniquement, toutes les histoires publiées dans ces albums ont d'abord été publiées sur le blog, mais au début il ne s'agissait que de petites histoires indépendantes (et s'il y avait des petits arcs narratifs, ils restaient similaires à ceux que l'on peut voir sur n'importe quel autre blog de BD racontant des anecdotes). Puis, progressivement, une intrigue commence à poindre. Maliki s'entoure progressivement de personnages récurrents, jouant des rôles de plus en plus importants et on place quelques mystères (comme les magouilles de la sœur de Fang ou tout ce qui tourne autours des "stands"). A la fin, dans l'album Hanami, il ne s'agit plus que d'une série avec intrigue (si bien que Souillon a finit par sortir un autre album pour compiler le reste des anecdotes et histoires indépendantes publiées sur le blog). On attend d'ailleurs toujours la suite de cette histoire si je ne m'abuse, bien que l'univers a continué de s'étendre avec des romans jeunesse et un jeu-vidéo qui sortira bientôt. Bon, mais qu'en est-il de la qualité ? Eh bien elle varie (comme c'est étonnant !). Certaines anecdotes sont drôles, d'autres non. En fait, la qualité fluctue surtout par rapport au sentiment de "daté" qu'ont certaines de ses histoires. A la fois le charme et le "défaut" inerrant aux albums compilations de blogs. Je ne parle même pas nécessairement du dessin (qui évolue au fil du temps et devient sincèrement très beau sur la fin) mais bien des sujets, des fonds d'intrigues. La petite chinoise maoïste qui parle en oubliant certains mots dans ses phrases, ça passe difficilement aujourd'hui (encore heureuse). Heureusement, encore une fois, ces personnages évoluent et Fang devient un personnage assez attachant aux fils des récits. Je ne sais pas si la publication en albums ajoute une plus-value comparé au blog en lui-même, en tout cas j'ai toujours les miens. (Note réelle 2,5)
Gotham Girls
Bon, si je mets 3 étoiles, c'est avant tout pour la troisième partie de l'album. En effet, ce dernier et composé de trois histoires, la première est un one-shot, la seconde est composée de cinq épisodes et la troisième composée de trois épisodes. La première et la seconde histoire sont des récits super-héroïques tout ce qu'il y a de plus banal, sans grands enjeux ou plus-value. Bon, si, il y a le fait que les dessins reprennent les designs de la série animée de 92 (Bruce Timm a même dessiné la première histoire). J'aime bien la série de 92, mais la forme ne fait pas le fond et ici les deux premières histoires sonnent vraiment creux. Fort heureusement, la troisième histoire rehausse le niveau ! Ici, c'est une pure comédie super-héroïque déjantée. Enfin, pas vraiment super-héroïque puisque nous y suivons Harley Quinn et Poison Ivy, les meilleures amies super-criminelles. Leur duo fonctionne toujours autant que dans la quasi-totalité des histoires les reprenant, Poison Ivy jouant le rôle du clown blanc et Harley Quinn celui de l'auguste. Leurs aventures antihéroïques sont drôles, j'aurais sincèrement préféré un album à part rien que pour celles-là. Mais l'album est un tout, une compilation d'histoires, et je me dois donc de juger l'œuvre dans son ensemble. Je mets donc 3 étoiles. (Note réelle 2,5).
Le Gigot du dimanche
Un album sans prétention qui remplit haut la main son côté divertissant. Nous serons en terrain connu, l’histoire ne manquant pas de clichés dans ses ingrédients mais l’assaisonnement reste suffisamment équilibré (malgré beaucoup d’ail de la part de mémé) pour passer un bon moment. Le scénariste tient son récit, mention à Pilou et Mémé pour leur relation, les autres personnages sont plus dans la caricature. On sera dans le déjà vu mais le tout m’a paru maîtrisé. Espé, que je connais peu, adopte un style plus « gros nez » qu’à son habitude. Son trait accompagne et illustre la farce de belle manière. Un résultat conforme et honnête à ce qu’on pouvait attendre d’un tel titre. De la comédie familiale un peu gentillette mais réussie.
Le Chantier (Grolleau/Fabre)
Fabien Grolleau est architecte de formation. Il l’explique en avant-propos, mais de toute façon, ça se sent tout au long de l’album, tant celui-ci tourne uniquement autour d’un projet architectural, en en détaillant les moindres aspects, de la conception des plans jusqu’à la livraison au propriétaire, en passant par la surveillance de tous les corps de métiers intervenant pour la construction. Dit comme ça, ça peut paraître rébarbatif, mais en fait ça se laisse lire agréablement. Nous suivons une jeune architecte, qui vient tout juste d’être diplômée et qui, intégrant un grand cabinet, se voit immédiatement confier un chantier important, une belle maison. Et la narration est fluide, très vivante (le dessin de Clément Fabre y est pour beaucoup, simple, vif, semi-caricatural et dynamique). On ressent très bien la pression subie par l’architecte – qu’elle transmet parfois aux corps de métiers qu’elle dirige comme un chef d’orchestre. Je suis aussi étonné de voir la patience et la diplomatie dont il faut faire preuve face à des demandes et à des changements de dernière minute de la part du « client ». Car ici la « cliente » est franchement insupportable (bourgeoise pimbêche qui se la raconte, et qui est capricieuse, on a envie de lui mettre des baffes parfois !). Un album qui réussit le pari de rendre intéressante la description d’un métier.