Les derniers avis (48904 avis)

Couverture de la série Le Temps des jonquilles
Le Temps des jonquilles

Un album engagé, un peu maladroit et parfois trop manichéen. Mais la lecture est intéressante et plaisante. Une jeune dessinatrice pigiste se rend en province pour un reportage sur les Gilets Jaunes. Comme ses proches parisiens, elle méconnait et méprise ces « ploucs », beaufs, racistes et incultes, qui se déguisent sur les ronds-points. En apprenant à les connaitre, elle va aussi faire sienne leurs débats, leur soif de reconnaissance, et se rendre compte que leur combat est des plus légitimes. Les préventions de classe des « parisiens » sont peut-être un chouia trop marquées. Mais qu’on se rappelle la tonalité des éditorialistes, les discours des « politiques », bref, les mots employés par les « médiatiques » à l’époque, on était bien dans ce mépris pour les « populistes » (mot fourre-tout désignant et dévalorisant tout ce qui sort des cases préremplies du libéralisme pseudo-démocratique). Le fait est que cet album a le mérite de remettre les revendications à hauteur d’hommes et de femmes simples et sincères, loin des images de violence véhiculées par les médias (la violence policière de l’époque, et la violence sociale des licenciements boursiers ont moins l’honneur des gros titres !). Et s’il y a des maladresses et un manque parfois de nuance (je ne parle pas ici d’impartialité), c’est un album dont le propos est intéressant. Et il s’appuie sur un dessin fluide et agréable. Une lecture plaisante.

28/02/2025 (modifier)
Couverture de la série Lebensborn
Lebensborn

En empruntant cet album, je m’attendais à lire un documentaire, sur un sujet dont j’avais vaguement entendu parler, mais que je ne connaissais en fait pas vraiment. En fait ça n’est pas du tout un documentaire. Mais le dossier final, et l’histoire de la famille de l’auteure, narrée ici, permettent quand même de mieux connaitre cet aspect de la politique nazie durant la seconde guerre mondiale. Car en fait c’est l’histoire personnelle et familiale de l’auteure qui nous est présentée, c’est un album en grande partie biographique et autobiographique, puisque la grand-mère norvégienne d’Isabelle Maroger a été victime de cette politique nataliste et quasi eugéniste : les soldats nazis étaient encouragés à « engrosser » des femmes répondant aux critères raciaux nazis, leurs enfants étant ensuite « recueillis » dans des « Lebensborn », pour ensuite être adoptés, comme ce fut le cas de la mère de l’auteure. C’est en Norvège que ce programme a été le plus développé (les « Nordiques » correspondant davantage aux critères raciaux recherchés), mais j’ai appris dans le dossier final qu’il y a eu un Lebensborn en France ! L’auteure et sa mère rencontrent, après avoir fortuitement pris connaissance de leur histoire, leur famille norvégienne : ces passages donnent lieu à quelques moments émouvants, lorsque la vie de la grand-mère est évoquée. Le dessin est plutôt surprenant pour ce type de récit un peu dramatique et historique. En effet, on a quelque chose de presque « girly ». Mais je dois dire que ça passe très bien. C’est vif, frais, la narration est aérée (l’absence de gaufrier joue aussi). Bref, une lecture agréable et intéressante.

28/02/2025 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Les Sans-Visages
Les Sans-Visages

En pleine guerre terrible qui a ravagé les contrées allemandes du début XVIIe siècle, une bande de mercenaires sans pitié se retrouve par hasard dans une vallée coupée du monde où tout est resté intact et parfaitement beau. Sous l'impulsion de leur capitaine, aussi noble qu'il pouvait être implacable sur le champ de bataille, ils décident de s'y installer en bon harmonie avec la population locale et peut-être de réussir à s'y intégrer tout en promettant de protéger l'accès à ces lieux pour que les horreurs du monde extérieur ne puissent pas l'atteindre. Même si le contexte historique est réel, nous sommes là dans le domaine du conte, avec une légère pointe de magie même si elle est là davantage pour donner du charme à la vallée perdue que comme élément de l'intrigue. C'est l'histoire de la rédemption d'une bande de terribles soldats et de la protection d'un lieu paradisiaque. Le dessin est intéressant et de belle qualité. Très coloré, au point que les couleurs embrouillent un peu le trait, il est aussi très soigné et maîtrisé. Hormis quelques soucis à différencier les visages des différents mercenaires en début d'album (une fois les masques retirés), je l'ai bien aimé et j'apprécie l'originalité dont il fait preuve dans la forme des visages des femmes, notamment celui de l'amoureuse du capitaine. L'histoire, pour sa part, surprend un peu au départ mais se révèle ensuite malheureusement assez prévisible. Il y a une certaine fatalité à laquelle on n'échappe pas, et une fin plutôt convenue. Et forcément, vu comment tout s'achève, on se dit que c'est un vrai gâchis de ne pas avoir pris une décision précise plus tôt. C'est l'amertume de cette fin et le fait que je m'y attendais tout du long qui a un peu gâché ma lecture, mais j'ai quand même passé un bon moment au milieu de personnages intéressants et d'une vallée de toute beauté.

28/02/2025 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Contes fabuleux de la nuit
Contes fabuleux de la nuit

2.5 Un recueil de contes qui joue un peu avec le genre. En effet, on n'a pas droit aux contes habituels de princesses à sauver, on est plus dans du feel good fait pour donner des émotions et réconforter le lecteur. Ce sont des histoires courtes et c'est un format un peu dur pour faire des histoires mémorables. Globalement, cela se laisse lire, mais il n'y a aucun récit qui m'a marqué et deux-trois m'ont un peu ennuyé, notamment le dernier. Les intrigues sont souvent trop simplistes pour moi. Le dessin est correct quoique je ne sois pas fan de ce style, que j'ai vu dans certains mangas où les personnages semblent être tous des nains.

27/02/2025 (modifier)
Par Montane
Note: 3/5
Couverture de la série Johnny Congo
Johnny Congo

Johnny Congo n’est pas une mauvaise série. Mais c’est juste une série qui au début des années 90 ressemblait trop sur le fond et sur la forme aux séries des années 50/60. Elle est donc sûrement apparue trop de sieste et le 3e album annonce n’a jamais paru, sûrement faute de succès. Au départ Greg et Paape devaient faire revivre la série Tiger Joe créée par Hubinon et Charlier. La chose n’a pu se faire pour u e histoire de droits de auteurs et la série Johnny Congo a ainsi été créée. Sauf que ce baroudeur évolue Clairement dans l’Afrique moderne, post coloniale, celle des coups d’états, des régimes autoritaires, et des milices para militaires. Les histoires ne sont pas inintéressantes: il y est question de virus, et d’insectes destructeurs de récoltes. A l’époque du Covid je trouve que le tome 1 prend une résonance prémonitoire. Le dessin de Paape est intéressant, plus aéré en ce sens qu’il ne tente plus de multiplier les cases dans une seule planche. Son dessin est donc plus aéré. Par contre tous ces héros se ressemblent. Difficile en effet de distinguer un Valhardi d’un Luc d’orient ou d’un Johnny Congo. Ceci étant dit cette série très brève ravira les amateurs des BD d’aventures de l’après guerre.

27/02/2025 (modifier)
Couverture de la série Bonjour Vieillesse
Bonjour Vieillesse

Un gros foutoir, mais pas inintéressant. Les planches sont très chargées, avec un dessin très « lâché », entre Caritte et Salch (ce dernier apparait d’ailleurs en début d’album). Ça n’est pas toujours aisé à suivre (et probablement répulsif pour les inconditionnels de franco-belge classique), mais c’est vif et ça colle assez bien au propos. Juste avant qu’il ne parte s’installer au Canada (ce qu’il va ensuite narrer dans l’album Wesh Caribou chez le même éditeur), El Diablo nous présente ici sa « crise de la quarantaine », dans une version empilant – dans une mise en page foutraque, voire bordélique – les coups de gueule, les anecdotes. Le résultat est inégal, mais la fougue, la verve de l’auteur sont contagieuses, et la lecture est globalement agréable.

27/02/2025 (modifier)
Couverture de la série Footballeur du dimanche
Footballeur du dimanche

Je continue mon exploration de l’œuvre de Tronchet, c’est seulement le 2eme album que je lis où il assure le dessin (après Le Chanteur perdu). Bon je serai nettement moins dithyrambique, cet album est plus passe-partout. Il faut dire que la formule est différente, on passe du roman graphique à des gags en une planche. Néanmoins, et alors que je ne suis pas un grand fan du ballon rond, j’ai jugé ma lecture sympathique. N’étant pas un expert de l’auteur, je ne connais pas son côté plus cinglant niveau humour. Donc pas de déception sur ce point mais ici, il est vrai que le résultat apparaît assez vite consensuel et le graphisme ne retient pas vraiment l’attention. Cependant et malgré ce côté gentillet qui s’en dégage, des gags inégaux … la vision et l’amour que porte l’auteur envers ce sport transparaît bien durant la lecture.

27/02/2025 (modifier)
Couverture de la série Harpoon
Harpoon

J’ai lu l’album sans réel déplaisir, mais sans trop m’enthousiasmer non plus. Disons qu’il possède de réelles qualités, mais que je pense ne pas être son cœur de cible. Le dessin est très dynamique, avec une colorisation tranchée et chatoyante. C’est très lisible, mais pas mon truc au niveau du style (mais c’est affaire de goût). C’est aussi un peu inégal, et les scènes de combats ne me conviennent pas. Quant à l’histoire, se déroulant sur une île perdue dans un univers indéfini – un peu des îles du Pacifique – elle m’a par certains aspects (graphiques et narratifs) rappelé Le Visage de Pavil, lu il n’y a pas très longtemps. Elle se laisse lire, mais elle ne m’a pas emballé plus que ça. Je ne saurais d’ailleurs dire pourquoi. Sans doute le dessin – qui m’orientait plus vers une série jeunesse – ou une certaine naïveté dans quelques dialogues ou situations ? Mais bon, comme je l’ai écrit, c’est affaire de goûts, et l’album – à la pagination assez consistante – peut tout à fait plaire.

27/02/2025 (modifier)
Couverture de la série Le Voisin
Le Voisin

J’ai lu la série dans l’intégrale regroupant les trois tomes. Le point de départ est original et intéressant, en tout cas porteur de pas mal de potentiel. En effet, le voisin de José Ramon (étudiant réservé et tout mou), Javier, semble être en fait un super-héros. Mais Javier n’en est pas moins faible, porté sur la bouteille et la drague. Et il demande régulièrement à José de l’aider à se sortir de situations pénibles. Il y a là un potentiel comique et narratif certain, qui est en partie exploité par Garcia. Mais en partie seulement. D’abord parce que le côté super-héros s’estompe peu à peu : elle est de moins en moins présente d’un album à l’autre. On est de plus en plus dans du roman graphique très classique, avec relations amoureuses plus ou moins saines. Ensuite parce qu’il y a pas mal de longueurs. Mais bon, globalement, j’ai trouvé que ça se laissait lire agréablement, même si Garcia aurait pu davantage exploiter les différences de caractère de José et de Javier, et multiplier les malentendus et quiproquos. L’humour aurait ainsi pu être plus présent. Je ne sais pas combien de temps s’est écoulé entre la rédaction de chacun des tomes, mais il y a de l’un à l’autre pas mal d’évolutions (pas toujours expliquées clairement), que ce soit au niveau de la situation des personnages ou au niveau des liens qui les unissent. Le dessin de Pérez est moderne, avec un trait gras. Là aussi globalement je l’ai apprécié, mais là aussi avec quelques bémols. D’abord il est inégal, et sa colorisation – elle aussi assez grasse – est parfois trop sombre. La deuxième moitié du deuxième tome est plus claire à ce niveau. Mais hélas le dernier tome est entièrement en Noir et Blanc, qui plus est avec un dessin que j’ai trouvé moins soigné, plus inégal et moins réussi (avec plus de cases par planches : la lecture est moins agréable je trouve. Ça m’a donné l’impression de lire un dernier tome un peu bâclé, ou alors publié dans la précipitation, pas encore « terminé ». Bref, une histoire qui selon moi exploite mal le potentiel de départ, mais qui s’avère quand même une lecture plaisante.

27/02/2025 (modifier)
Par grogro
Note: 3/5
Couverture de la série Piero Manzoni
Piero Manzoni

Ca partait bien : sujet de choix, en l'occurrence la vie de Piero Manzoni, artiste créateur de la boite de merde d'artiste, chouette dessin monochrome gris/bleu tramé à gros pois, et narration un peu décalée, avec scènes dans le désordre chronologique et style narratif adapté... Je ne connaissais rien de l'artiste Piero Manzoni sinon ses fameuses boites de conserve. Aussi, j'étais vraiment curieux de découvrir un peu de sa vie à travers cette BD publiée par l'excellent éditeur Sarbacane... qui a plutôt bien fait les choses. Malheureusement, tout cela reste un peu "intello", dans le mauvais sens du terme. Je m'explique : l'art contemporain me fait globalement chier parce qu'il est devenu (en général) fortement auto-référenchié (gag), mais surtout indéchiffrable pour les béotiens dont je suis. Plastiquement, c'est souvent très pauvre, et il est quasiment systématique de devoir se fader une page d'explication. Et bien dans le cas de cette BD, plusieurs scènes restent absconses parce qu'au prétexte de présenter des personnages ayant entouré Manzoni, l'auteur expose des considérations sur l'art dont je me contrefiche. Pour moi, l'art doit être immédiatement appréhendable par le commun des mortels (ou ne pas être ?). Plus généralement, cette BD manque de substance concernant la vie de Manzoni. C'est dommage. Toutefois, l'auteur parvient quelques fois à mettre en scène certains épisodes éclairant de sa vie (celle de Manzoni) avec un décalage qui convient parfaitement à ce qu'il cherche à montrer de sa personne. Il se dégage tout de même quelques grandes lignes, le reste étant laissé à l'imagination du lecteur. Le dessin lui me plait. C'est à la fois sobre par le choix d'un très beau monochrome, et sophistiqué dans sa composition, surtout à l'occasion de quelques pleines pages disséminées tout au long du récit. Au final, il s'agit d'une BD originale sur un personnage qui l'est tout autant, mais qui passe un peu à côté du but.

27/02/2025 (modifier)