Les derniers avis (49556 avis)

Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série La BD qui fait du bien
La BD qui fait du bien

Comme si souvent avec les albums collectifs, le résultat est assez hétéroclite. Les quarante auteurs réunis ici mettent leur talent au service d'une belle cause (la lutte contre le cancer des enfants), mais chacun le fait à sa manière. Certains racontent des histoires mettant en scène de véritables enfants atteints de la maladie, d'autres évoquent plus largement des enfants malades ou fragilisés, tandis que quelques-uns s'éloignent complètement du sujet pour livrer un récit qui cherche simplement à réchauffer le cœur ou à transmettre un message positif. Certains ressortent des personnages déjà bien connus de leur univers, d'autres créent des histoires inédites spécialement pour l'occasion. Cette diversité fait à la fois la richesse et la limite de l'album. Les styles graphiques changent à chaque histoire, les sensibilités aussi. Certaines planches sont excellentes, aussi bien sur le fond que sur la forme, d'autres sont plus anecdotiques, parfois un peu convenues ou moins inspirées, même si elles sont toujours portées par de bonnes intentions. Chacun y trouvera sans doute ses préférées en fonction de ses goûts. Au bout du compte, c'est un recueil inégal, comme le sont souvent les ouvrages de ce genre, mais dont la sincérité et la générosité ne font jamais de doute. L'ensemble se lit agréablement, permet de découvrir ou de retrouver de nombreux auteurs, et surtout de soutenir une initiative qui mérite largement d'être encouragée.

30/06/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Dans les bois
Dans les bois

Après plusieurs lecture d'albums d'Emily Carroll, je pense qu'elle est mieux dans les one-shot que dans les histoires courtes. Avec une longue histoire, elle a plus le temps pour bien aborder les thèmes et traiter la psychologique de ses personnages. De plus, ses histoires courtes sont rarement marquantes, du moins celles que j'ai lues. Dans le lot, seulement la dernière de cet album m'a semblé vraiment bonne. La première est pas mal non plus. Tout ce qui est au milieu est franchement oubliable. On retrouve le défaut récurrent des histoires courtes qui ne semblent pas terminer, on arrête juste brutalement le récit. La principale qualité est le dessin élégant de Carroll qui est un vrai plaisir pour les yeux. Elle sait aussi créer une atmosphère glauque, mais les récits ne sont pas vraiment effrayants. Il faut dire aussi que je trouve que le format BD n'est pas le meilleur medium pour effrayer. J'ai trouvé bien des bandes dessinées glauques, malsaines et dégoutantes, mais j'ai rarement eu vraiment peur en lisant une bd. C'est un recueil qui se laisse lire.

30/06/2026 (modifier)
Couverture de la série Adam et Elle
Adam et Elle

La présentation de l’éditeur met en avant une proximité avec la Nouvelle vague cinématographique. Pourquoi pas ? On peut y retrouver certaines préoccupations de Rohmer, autour des relations amoureuses. Ou aussi une certaine vision cruelle du couple selon Chabrol. Toujours est-il que nous suivons – au milieu d’autres personnages, un couple nouvellement formé, sur des bases pas forcément fragiles, mais en tout cas parfois étonnantes. Adam, qui vient de rompre, est amoureux de Juliette (sentiment largement partagé). Alors que le couple semble se lancer dans une relation assez libre, mais classique, Adam se met en tête de « tester » la solidité des sentiments de Juliette et sous une fausse identité, lui tend des « pièges » en lui écrivant une lettre, puis des mails. Il pousse même le vice jusqu’à inciter un de ses potes à se faire passer pour son double, pour voir jusqu’où Juliette résisterait à une éventuelle tentation. Adam dévoile ainsi une personnalité paranoïaque et perverse, malsaine en tout cas. J’ai un temps cru à une mise en abimes. En effet, les principaux protagonistes masculins étant acteurs ou scénaristes, je me suis demandé si l’on n’avait pas ici une intrigue gigogne dans laquelle réalité et fiction n’auraient fait qu’une. Mais en fait non. Je n’ai pas trop aimé le procédé consistant parfois à avoir des commentaires de ce que font Juliette ou Adam. C’est artificiel et cela assèche et ralentit la narration. Cela fait bizarre. Et puis le dernier tiers du second album m’a laissé sur ma faim. Ou plutôt j’ai trouvé étrange cette fin, cette évolution d’un amour qui meure bizarrement. Reste que l’histoire se laisse globalement lire, et que Bonneval nous propose une comédie sentimentale à laquelle il manque peut-être quelque chose qui l’aurait fait sortir d’une certaine léthargie. Mais malgré mes remarques, la lecture n’est pas si désagréable. Le dessin de Sterckman n’est pas forcément mon truc, mais il est lisible, avec un trait à la fois moderne et classique, mais qui manque de détails. Qui est aussi parfois un chouia trop figé. Surtout, j’ai plusieurs fois eu du mal à distinguer plusieurs personnages masculin (le héros et un de ses potes), ce qui m’a forcé à quelques retours en arrière. Note réelle 2,5/5.

29/06/2026 (modifier)
Couverture de la série Sex Addict Story
Sex Addict Story

Bon, le dessin de Frétet est vraiment le principal attrait de cet album. Quel coup de crayon. Pourtant, pas exempt de menus défauts, mais plus que de qualités techniques proprement dites (parce que certains détails ne sont pas forcément réussis ou « beaux » en eux-mêmes), c’est le rendu que je trouve très beau, avec cette colorisation un peu cuivrée, proche parfois de photos insolées. C’est original et attractif en tout cas. L’intrigue de la principale histoire (qui donne son titre à l’album) est, comme le dessin, intéressante par certains à-côtés. En effet, la construction du récit est relativement originale, puisque chaque chapitre du principal récit donne successivement le point de vue d’un protagoniste, comme si c’était une course de relai. Cela dynamise ce récit, et renouvelle régulièrement centres d’intérêt et points de vue. Par contre la conclusion est franchement confuse et part dans tous les sens. « African Queen » est une histoire un peu bizarre. Nous suivons une Diane qui s’occupe de gorilles dans la jungle africaine. On part sur une sorte de récit d’une Diane Fossey (fantasmée par une jeune yougoslave !?) – mais qui aurait des allures de Druuna et des fantasmes bestiaux. C’est court, délirant, et plus illustré que construit. « Journal intime d’un dessinateur licencieux » présente une série de rencontres qu’aurait fait une sorte de double de l’auteur : des dames de la haute société le plus souvent. Un court texte, un ou deux dessins présentant les relations sexuelles entre eux. C’est probablement un carnet d’esquisses (d’histoires et de dessins) placé ici pour compléter l’album. Il n’y a pas en tout de réelle intrigue. Au final, c’est globalement plaisant à lire, même si ça reste très léger – en matière d’intrigue essentiellement. Note réelle 2,5/5.

29/06/2026 (modifier)
Par Lukiluk
Note: 3/5
Couverture de la série Kenya
Kenya

Bonne bd en général que je viens de relire, je préfère le dessin de cette série à celui des mondes d'Aldébaran, les personnages sont un peu moins figés. L’héroïne Kathy Austin est très pétillante ! D'autres personnages sont aussi très intéressants, tel " l'ignoble écrivain" John Remington. Bonne intrigue en général, mais on regrettera un peu une fin qui tourne un peu court, et surtout des incohérences, principalement : Si les "boites" ont été enfouies dans ce qui devient le lac Victoria, et n'ont pas encore été découvertes, d’où viennent les premiers animaux vus dans la série ? Et surtout d’où viennent ceux qui remontent à la surface dans la cave du château et dans la mine (qui sont très éloignées du lac) ?? 3,3/5 pour moi.

29/06/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Au temps pour elle
Au temps pour elle

Une pianiste virtuose perd soudain toute capacité à jouer quelques heures avant le concert le plus important de sa carrière, plongeant ses partenaires et les organisateurs dans un véritable casse-tête : faut-il la remplacer, annuler le spectacle ou tenter de comprendre ce qui lui arrive ? Cette histoire, résolument centrée sur la musique et la création artistique, prend une surprenante allure de vaudeville. Unité de lieu avec cette scène de théâtre encore vide de spectateurs, unité de personnages autour des quatre musiciens, de la responsable marketing et du propriétaire des lieux, ponctuées par les allées et venues de la femme de ménage. Les portes claquent, les personnages s'agitent tandis que la pianiste, presque mutique, semble observer tout cela de loin, enfermée dans son propre monde. Lorsqu'elle retrouve enfin ses mains, c'est pour jouer une musique totalement différente, comme si son blocage n'était pas une incapacité mais le refus inconscient de continuer à interpréter ce que les autres attendent d'elle. Le dessin accompagne bien le récit, avec un trait doux et agréable à lire, même si les décors restent assez sobres et que les expressions des visages manquent parfois de diversité et de finesse. Il y a un petit côté BD jeunesse dans ce dessin qui détonne avec le sujet un peu plus adulte. Le propos est finalement assez clair : l'art ne devrait pas se laisser enfermer dans un carcan, même lorsqu'il est couronné de succès. En revanche, la forme choisie pour le raconter a de quoi désarçonner. Cette ambiance de pièce de théâtre, avec ses personnages volontairement archétypaux, ses réactions parfois un peu forcées et son humour discret, instaure une certaine distance qui m'a laissé circonspect. Ce n'est ni vraiment humoristique, ni vraiment une analyse intimiste ou psychologique de ce blocage artistique. Je retiens donc surtout une BD originale dans son dispositif et pertinente dans son message sur la création artistique. J'ai trouvé l'idée intéressante, mais le ton adopté, à mi-chemin entre le théâtre de boulevard et la réflexion sur l'art, ne m'a pas complètement convaincu et m'a laissé un peu en dehors du récit.

29/06/2026 (modifier)
Couverture de la série Le Feul
Le Feul

Le Feul est une bonne série de fantasy qui m’a laissé un sentiment assez mitigé. Le scénario est globalement cohérent et propose de nombreuses bonnes idées, avec un univers travaillé et une mise en avant intéressante des différences culturelles entre les différents peuples. L’ensemble est suffisamment original pour donner envie de découvrir la suite, même si le rythme est parfois un peu lent. En revanche, j’ai trouvé que plusieurs concepts prometteurs étaient finalement trop peu exploités. La conclusion est intrigante, mais j’aurais aimé qu’elle soit davantage développée et expliquée. Le dessin n’est pas vraiment dans mes goûts et accuse un peu son âge, mais il reste cohérent avec l’univers et remplit bien son rôle. Une série agréable à lire, avec de vraies qualités, qui manque toutefois d’un peu plus de cohérence pour pleinement convaincre.

29/06/2026 (modifier)
Couverture de la série Ce monde n'existe pas
Ce monde n'existe pas

J’ai eu du mal avec cet album, que ce soit au niveau du dessin ou celui de l’histoire elle-même. Et pourtant, je ne peux pas trop lui taper dessus. Car il possède de réelles qualités, et il se révèle relativement original. Le dessin n’est pas vraiment mon truc, et il n’est pas toujours lisible. Mais le travail à l’aquarelle sort de l’ordinaire. L’histoire est un peu décousue, et un peu « légère », autour de ce jeune homme qui, traité injustement par la société, se retrouve incarcéré, puis contraint d’aller bourlinguer pour l’armée à l’autre bout du monde. Il y a quelque chose d’intéressant dans ce destin, cet amour contrarié, mais la narration un peu froide, et la construction un peu – beaucoup – éclatée m’ont détaché de cette histoire. Affaire de goûts sans doute (mon prédécesseur y a semble-t-il davantage trouvé son compte), mais c’est un album qui m’a laissé de côté. Note réelle 2,5/5.

29/06/2026 (modifier)
Couverture de la série Swamp
Swamp

Une lecture sympathique, tout public (probablement davantage destinée à un jeune lectorat quand même je pense), qui met en avant quelques belles valeurs : l’amitié, le refus des discriminations (ici du racisme), autour essentiellement de trois enfants, au cours de quelques semaines d’été dans le sud des États-Unis. Le dessin est tout mignon, et plaira au jeune lectorat aussi. On peut quand même pointer quelques facilités, une vision parfois un peu trop « gentille » d’une certaine réalité – même si tout n’est pas édulcoré. En effet, l’amitié entre le jeune Noir Otis et le jeune Blanc Red est improbable en Louisiane à cette époque (fin des années 1930), tant le racisme est implanté dans ce sud des États-Unis. Et l’apparition miraculeuse de cette artiste et de sa fille (Shelley, qui va devenir amie d’Otis et de Red), franchement très tolérante (elle vient du Nord-Ouest plus ouvert) est parfois un peu caricaturale. Mais bon, ceci étant dit, ça se laisse lire agréablement, et les valeurs mises en avant sont plutôt sympathiques. Je note quand même une fin un peu brutale (on aurait pu voir davantage éclairées les magouilles du shérif).

29/06/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Equation à une inconnue
Equation à une inconnue

À dix-huit ans, Olivier a reçu au bord d'une piscine une déclaration d'amour... mais sans ses lunettes, il est incapable de distinguer le visage de la jeune fille. Vingt-six ans plus tard, un concours de circonstances le ramène dans la petite ville où tout s'est passé, avec l'envie de retrouver la trace de cette mystérieuse inconnue. C'est une BD qui sent les vacances d'été. Pas celles passées en bord de mer, mais plutôt celles où l'on revient sur les lieux de sa jeunesse, où l'on retrouve d'anciens amis, où l'on redécouvre des endroits chargés de souvenirs et où l'on se demande ce qu'il est advenu de ceux qui ont croisé notre route. Il y a quelque chose de bien agréable dans cette atmosphère légère et chaleureuse, renforcée par l'enthousiasme communicatif avec lequel toute une petite ville se mobilise pour aider Olivier dans sa quête improbable. Ce côté "téléfilm estival" est pleinement assumé, avec tout ce que cela peut avoir de réconfortant. Le dessin de Frédéric Peynet participe beaucoup à cette impression. Son trait est souple, lisible et très expressif, tandis que les couleurs chaudes donnent aux planches une sensation de confort et de douceur. Les décors respirent, les personnages sont vivants et l'ensemble se lit avec une grande fluidité. L'intrigue, elle, repose davantage sur les rencontres, les retrouvailles et la nostalgie que sur le suspense. La recherche de cette jeune fille devient surtout un prétexte pour revisiter un passé que le héros avait laissé derrière lui et mesurer le chemin parcouru. J'ai aussi apprécié que le récit évite la conclusion la plus attendue. Olivier n'a plus dix-huit ans, il s'est construit une vie, avec ses réussites comme ses regrets, et transformer cette histoire en simple romance adolescente retrouvée aurait finalement sonné un peu faux. Ce choix donne au dénouement une tonalité plus juste et plus touchante. Une lecture chaleureuse et très plaisante, portée par une ambiance estivale pleine de bienveillance et un dessin particulièrement réussi. L'histoire ne cherche pas à révolutionner le genre, mais elle raconte avec beaucoup de sincérité ces petits souvenirs qui nous accompagnent parfois toute une vie.

29/06/2026 (modifier)