On retrouve dans Abara certains éléments qui faisaient la force de Blame ! du même Tsutomu Nihei : un récit dystopique, proche du cyberpunk, dans un univers brut et chaotique, avec ses paysages démesurés et une ambiance glaçante. Les dessins, bien sombres et pas toujours évidents à déchiffrer, parviennent à créer une atmosphère unique, immersive et assez malaisante.
Petit avantage sur Blame ! également, Abara se termine en deux tomes suivants et ne fait pas de trop grandes promesses non tenues. En contrepartie, l’action est très rapide et difficile à suivre, notamment à cause de l’extrême compression des scènes de combat mais aussi de l'hermétisme de certains dialogues.
De manière générale, l’histoire est dure et sans compromis, mais également difficile à saisir car obscure et confuse, avec peu d’explications et un manque de développement des personnages. L’absence de dialogues et d’informations claires fait que l’on se perd facilement dans la narration. Là encore, comme dans Blame !, l'histoire est largement laissée à l’interprétation du lecteur, mais il me faudrait davantage de poésie ou d'élégance pour que je puisse apprécier cela. Ça me laisse un goût d’inachevé, en manque de réponses plus concrètes.
J'aime cette atmosphère sombre et envoutante, d'un monde futuriste fait de violence et de mystère, que Tsutomu Nihei parvient à instaurer, mais je n'arrive pas à me satisfaire de sa narration trop confuse et de son scénario trop hermétique qui me laisse frustré au final.
Bon, j’avais emprunté 6666 en même temps que 666 et, malgré la difficulté à finir « 666 », j’ai quand même lu ces deux albums, qui pourtant dès les couvertures nous promettent qu’ils ne sont qu’une suite. Pourquoi poursuivre ? Pourquoi artificiellement sur une autre série ? Pour faire croire qu’il y a du nouveau, qu’enfin on a une idée de scénario ?
L’idée ? Balancer l’intrigue plusieurs milliers d’années après 666, avec un Carmody cloné. On ne s’embarrasse donc pas de subtilités non plus.
Le dessin de Tacito est ici plus léché (le rendu de la colorisation accentue aussi cet aspect), et les planches sont un peu moins chargées et bordéliques (mais dès la fin du premier tome, une bataille spatiale multiplie durant plusieurs pages ces cases surchargées). C’est quand même l’aspect le moins attaquable de la série.
Mais les tenues sexy et les gros nichons (inévitable Lilith en tête, qui elle aussi réapparait, parfois encore moins vêtue qu’avant ! - si si, c’est possible) confirment que le climat est resté chaud pendant 4 000 ans, rien de nouveau à ce niveau !
Ça démarre dans une ambiance plus SF, avec quelque chose qui pourrait faire penser à un délire mystique à la Jodorowsky (je pense en effet que Froideval a lorgné sur le scénariste chilien…).
L’intrigue part moins dans tous les sens, dans le n’importe quoi de « 666 », en tout cas au début. Mais elle n’en reste pas moins absconse, et très très moyennement captivante.
Et le deuxième tome, accumulant les références au IIIème Reich, à Napoléon, en plus de Lilith et d’un pape Carmody cloné et marié à une papesse, sombre encore dans le n’importe quoi. Avec toujours une esthétique érotique SM appuyée.
Mais cette fois-ci, les auteurs (ou l’éditeur, je ne sais pas qui a eu le premier un éclair de lucidité), ont semble-t-il décidé d’arrêter le délire plus tôt qu’avec « 666 », puisque la série a été abandonnée après le coup d’état/cliffhanger de Lilith de la fin du second tome.
Bon, normalement, il ne devrait donc pas y avoir de « 66666 ».
Cela fait un petit moment que je lorgne sur les occasions de cette série vintage. En effet j'aime bien le style 80's et une pointe d'érotisme peut apporter du piquant si c'est bien amené. La présentation et le contexte renvoient à des séries phares de ces années comme Alix ou Jugurtha (que je n'ai pas aimé !). Une fois encore j'ai eu du mal à adhérer. Le scénario est très simpliste, piochant dans un imaginaire antique qui mêle Romains, Égyptiens et Africains fantasmés sans aucune crédibilité historique. C'est même déroutant la facilité avec laquelle Aryanne et Guise peuvent être approchés dans leur palais. En fait les divers rebondissements ne servent qu'à introduire une multitude de scènes de sexe soft au langage assez cru. C'est étonnant pour une série assez mainstream . Si les scènes ne sont pas explicites elles sont assez poussées façon Manara pour restreindre la lecture aux grands ados.
Le graphisme est assez réussi et détaillé pour les décors ou paysages mais malheureusement moins abouti pour les personnages un peu brouillon à mes yeux. Mais ma principale réserve reste pour les personnages féminins (presque toujours nus) qui se ressemblent tous, ce qui rend la lecture compliquée.
Une curiosité paradoxalement assez fade.
Je suis amateur de loufoque, de grotesque, de trash, éventuellement d’érotisme, et plus généralement de tout ce qui peut sortir des sentiers battus.
Les couvertures de la série m’avaient depuis longtemps intrigué. Il faut dire qu’elles sont franchement tape-à-l’œil. Du coup c’est tout ou rien. Et je dois dire qu’hélas, c’est plutôt rien. C’est quand même une forme de vide qui prédomine.
Côté intrigue, ça n’est pas trop la peine de développer. Je pense que Froideval – comment souvent chez lui (je pense à Chroniques de la lune noire par exemple) – a pas mal improvisé, et a sans doute aussi ajouté plus de tomes que prévus au départ. En effet, tout aurait pu (aurait dû !) tenir en un tome, tant l’histoire elle-même navigue à vue.
Alors oui, c’est totalement loufoque, complètement barré. Que ce soit pour « l’histoire » ou pour les dialogues ou le dessin. On joue la provoc’ à tout va, avec des dialogues souvent vulgaires, comme les postures de pas mal de personnages. Froideval se déchaîne pour se moquer du pape, des dirigeants mondiaux, avec une Lilith sadique, un Carmody en chevalier blanc impassible et sans état d’âme (les deux étant entourés de seconds rôles tout aussi déjantés).
Ça dégomme à tout va, mitrailleuses, bombes atomiques, carnages en tout genre, avec une foultitude de figurants (on croirait du Peter Jackson lorsqu’on voit les hordes de démons attaquer Rome ou d’autres endroits sur Terre).
L’aspect gloubiboulga est accentué par le dessin de Tacito. Des planches un peu déstructurées, parfois de pleines pages, avec des couleurs flashy, tapantes (du Druillet – en bien moins bien quand même !). Avec une érotisation forcenée des femmes – Lilith en tête, avec ses vêtements systématiquement typés SM, voir les couvertures racoleuses – et des scènes de sexe franchement n’apportant rien au récit.
Bon, c’est tellement grotesque que ça atteint parfois le kitsch. Mais ce n’importe quoi s’étire sans que l’humour ou je ne sais quoi d’autre ne permettent d’y trouver de l’intérêt, au-delà de quelques pages, c'est bourrin pour être bourrin. Ça ressemble à un défouloir d'ado sans idée pour des ados sans exigence. Alors, 6 tomes sur le même rythme, avec toujours du creux… ça se lit vite (peu de texte, pas d’intrigue), on passe du temps à détailler certaines planches (parfois hyper remplies), mais j’avoue avoir fini la série en survolant les deux derniers tomes.
Une série hautement dispensable, c’est certain !
Note réelle 1,5/5.
Je ne sais pas quel public vise cette BD, elle est tantôt adulte et tantôt enfantine.
Paris pendant l'exposition universelle de 1889, la tour Eiffel est le lieu où sont commis plusieurs horribles meurtres.
Une jeune inspectrice affublée d'un petit nouveau vont mener l'enquête sur ce tueur en série.
Le scénario est assez improbable avec cette légende amérindienne, il est cousu de fil blanc et les personnages sont quelconques. Et que vient faire ce pauvre Buffalo Bill dans cette galère...
Un récit avec un peu d'anachronisme : la forme des revolvers fait très science-fiction ou encore cette fameuse mèche rose de notre héroïne. Je m'interroge sur l'intérêt de ces choix.
La conclusion est expédiée en deux temps trois mouvements.
Une lecture rapide qui sera vite oubliée.
C'est le tandem Brice Cossu et Alexis Sentenac qui se charge de la partie graphique. Deux artistes que j'avais découvert avec La Geste des Chevaliers Dragons. Je suis déçu par le résultat, pourtant j'aime le trait de Cossu, mais je n'ai pas apprécié la direction prise par les auteurs d'intégrer une touche manga ci et là qui fait très jeunesse. Les décors sont vraiment chouettes, il manque quand même la flèche à Notre-Dame...
Des couleurs sympathiques.
Dispensable.
Cette série développe un concept très original et j'ai vraiment accroché aux premiers opus. Las, sa lecture m'est devenu assez ennuyeuse dès la fin du T3 et j'ai du me forcer pour finir jusqu'à un T6 que j'ai trouvé bien passable. Il faut avouer que l'auteur multiplie les difficultés en mélangeant ce fantastique avec cette touche de roman social sur les terres de Germinal. J'ai toujours été coincé entre deux positions de lecture opposées. Les premiers tomes favorisent une ambiance réaliste dans laquelle s'inscrit une bulle fantastique comme on trouve assez souvent. Mais l'équilibre évolue au fil des tomes avec un fantastique de plus en plus gore qui domine comme si de rien n'était une réalité toujours présente mais de moins en moins crédible. Comme la charge contre la Finance reste superficielle avec des images déjà utilisées maintes fois, le scénario tourne vite en rond pour se rabattre sur du commercialement sûr : de la baston et du massacre. La narration se réduit alors à un succession de batailles de sorcières façon "Rolleball" en skate , où on ne sait plus qui est mort ou vivant et quel sens donner à telle ou telle scène puisque les monstres morts "ressuscitent" dix pages plus loin. Cela devient très brouillon pour laisser la place à un visuel de plus en plus agressif pour ados.
J'ajouterais plusieurs autres réserves sur la globalité de la série.
L'histoire s'étale sur une bonne dizaine d'année mais chaque tome exprime une action de quelques semaines voire quelques jours. Cela produit une narration très discontinue . Ainsi De Pins pioche dans le passé lointain de Gretchen pour épaissir un peu son scénario.
Gretchen est d'ailleurs le seul personnage qui donne un peu de relief à la série. Le souci c'est qu'elle termine à 34 ans avec le même look et les mêmes attitudes qu'à la première page.
Ensuite j'ai eu du mal avec certains passages qui stigmatisent les habitants de la région. Heureusement cette image évolue par la suite.
Enfin je ne suis pas fan du graphisme numérique de l'auteur même si il est très maitrisé et n'a pas gêné ma lecture outre mesure.
Une série ambitieuse au départ mais qui m'a proposé une lecture très décevante et très convenue in fine .
Une BD de cul au petit format qui regroupe plusieurs histoires :
1/ Petit récapitulatif des effets de la lune rose au cours de l'Histoire.
2/ Les Daft Punk - version robotisée - font partie intégrante de cette histoire, l'un des membres du groupe veut être sodomisé par une bite de chair...
3/ Une chorégraphie du sexe, pour ceux qui ne savent pas s'y prendre.
4/ Le clonage et ainsi pouvoir se faire une fellation.
5/ L'enterrement de vie d'une jeune fille à Tarascon, où un "doigt noir" peut avoir des conséquences insoupçonnées.
6/ L'histoire d'une pute sous le règne de Louis XVI. Un récit plus long et plus intéressant qui revisite l'Histoire.
7/ J'apprends que les chtis ont des chtites biloutes [je ne dois pas être un vrai chtis alors ;-)]. Emma est une suceuse de bites chtis à la chaine, ben oui c'est bien connu, les épouses chtis ne font pas ça. C'est à Arras, au cas où...
C'est trop absurde, même un peu débile, hormis l'histoire 6 qui a un scénario plus travaillé, le reste m'a souvent laissé sans voix. Je ne sais pas où on peut aller chercher de telles idées. C'est sans grand intérêt et ça n'émoustille pas.
Visuellement c'est un poil mieux, deux styles graphiques différents. L'un dans le crasseux et l'autre plus sensuel, les deux bénéficient d'une colorisation rose.
Ça reste très moyen.
Je ne conseille pas, surtout si tu es chti.
Le dessin d'Alex Varenne attire toujours l'oeil par son élégance, et il faut avouer qu'ici sa fameuse Yumi, jolie assistante scientifique asiatique, est charmante et donne envie de découvrir une série érotique ou plus la mettant en scène. Malheureusement, une fois la lecture entamée, on déchante pas mal.
Ce graphisme est en effet toujours aussi inégal. Elégant et sensuel par-ci, il se révèle aussi moche et rebutant par-là. Les femmes y sont belles, les hommes, surtout quand ils sont nus, sont laids. Les visages sont beaux quand ils sont figés, et déformés et moches dès qu'ils s'essaient à être plus expressifs. Quant à la mise en scène, elle est d'un classicisme ennuyeux.
Pour ce qui est de l'intrigue, elle est sans surprise. Une scientifique met au point une drogue qui rend à la fois les femmes qui les prennent follement excitées et en même temps attirant les mâles comme des chiens en chaleur. Dès que l'assistante en prend quelques gouttes, elle devient complètement lascive et demandeuse, et les hommes qui passent à proximité bandent comme des ânes et ne peuvent se retenir de la prendre comme une chose ouverte et docile. On a droit à ça sur 5 chapitres successifs où la scientifique et son assistante essaient leur drogue dans différentes circonstances, la scientifique frigide faisant toujours cela dans le but de punir d'une manière ou d'une autre un mâle, et cela se termine immanquablement par celle-ci se plaignant auprès des supérieurs des victimes du comportement intolérable de leurs employés. Jusqu'à la conclusion où comme on s'en doutait, elle teste à son tour la drogue et s'ouvre enfin aux joies du sexe. Mais tout du long, ces deux protagonistes féminines sont froides et distantes, l'une parce que trop engoncée dans son rôle d'acariâtre coincée, et l'autre parce que complètement inexpressive même dans ses plus forts moments d'excitation. Quant aux scènes de sexe, ils sont tellement mécaniques qu'ils n'ont rien d'émoustillant.
Bref, c'est une ennuyeuse BD porno malgré quelques soupçons d'élégance dans son dessin.
Bon, ici, malheureusement, je ne suis pas allée plus loin que le tome 2.
Avant de vous donner la raison de l'arrêt de ma lecture, je vais d'abord vous présenter les qualités de la série.
L'idée de montrer plusieurs couples ayant comme point commun de joindre deux personnes aux personnalités très différentes et opposées est bonne, il y a un potentiel immense de récits et de petites anecdotes à raconter autour de ça. Les successions d'anecdotes, d'épisodes de la vie de ces couples, sont entraînantes, on prend plaisir à les lire. Même si la plupart des gags ne sont pas drôles (seule une infime poignée m'a vraiment semblée amusante), on sourit volontiers à plusieurs moments.
Voilà, au début, avec ces quelques qualités, je me disait que j'allais simplement finir la série et très probablement lui donner un 2,5 ou un 3 (dépendamment de la qualité de la série globale), mais un petit problème est venu parasiter ma lecture : l'autrice a l'air de beaucoup aimer les différences d'âges entre ses protagonistes. Techniquement rien de mal à ça, des couples avec des différences d'âge ce n'est pas nouveau, dans une série parlant des différences qui rapprochent dans un couple ça peut même promettre un propos intéressant, mais ici on est plutôt face à un problème de différence de maturité. Notre premier couple est composé d'une femme de 28 ans et d'une autre... de 18 ans. Bon, théoriquement on pourrait dire que 18 ça peut nous paraître mature, mais j'aimerais rappeler qu'un esprit humain ne finit sa pleine maturation qu'aux alentour des 25 ans, qu'une personne plus jeune dans ces âges là risque bien souvent (même inconsciemment) de se retrouver dans une relation avec une inégalité de pouvoir, et que le coup de "la jeune personne qui se révèle parfois plus mature que la personne plus âgée", utilisé ici justement, c'est quand-même souvent utilisé en fiction pour justifier ce genre d'inégalité (un peu un "elle est mature pour son âge", si vous voulez). Je ne savais pas vraiment quoi en penser, mais comme cette différence d'âge n'est mentionnée et ne joue réellement un rôle narratif que dans un seul gag, j'étais prête à le laisser de côté et de ne me contenter que de le mentionner dans mon avis.
Puis sont apparus nos membres du second couple et, là, j'ai été un peu plus confuse. Les deux sont lycéennes mais leurs différences d'apparence semblent en montrer une comme bien plus âgée que l'autre. Bon, je me suis dit que c'était peut-être dû à l'apparence loubarde de l'une des deux, qui lorsque mise à côté de celle à l'apparence plus proche d'une collégienne semble effectivement plus âgée, mais il n'empêche que je suis restée perplexe. Sachant que les personnages à l'apparence si juvénile dans les mangas de romance "matures" (surtout dans un comme celui-ci ou plusieurs gags tournent autour du cul) ça peut me mettre mal à l'aise, je commençais à avoir des sueurs froides. Et puis enfin, le coup de grâce : cette jeune fille à l'apparence de collégienne se révèle être... amoureuse de sa sœur ! Bingo, un délire récurrent dans les mangas que je n'ai jamais compris (genre, c'est si banalisé que ça, l'inceste, au Japon ?).
Donc bon, moi, après tout ça, j'ai un peu eu envie d'arrêter ma lecture.
Petite mention pour le troisième couple qui, lui, échappe à ça. Bon, si je chipotais je pourrais mentionner que l'une est la supérieure professionnelle de l'autre, donc on retrouve encore l'idée d'inégalités, mais ça reste un fantasme romantique assez récurrent, je le laisse passer.
Il y a peut-être d'autres choses à dire sur la suite de la série, en tout cas moi je laisse ça là pour le moment.
Bon, ici, il y a du bon et du moins bon.
J'avais lu ce manga pour la première fois il y a quelques années via des scans et la traduction d'amateur-ice-s et j'avais gardé de relativement bons souvenirs de ma lecture. Je me rappelais surtout de la fin, qui m'avait mine de rien touchée, et je trouvais les personnages et leur romance assez attachants.
Bon, depuis j'ai lu davantage de récits romantiques saphiques, j'ai mûri, et bien que je constate toujours quelques qualités dans cette œuvre, je la trouve nettement moins prenante.
Déjà, le cliché de la lesbienne "harceleuse" (qui passe son temps à faire des avances et se force un peu sur ses proches), c'est un cliché assez nocif qui perdure malgré tout dans la fiction et que j'ai vu passez de trop nombreuses fois dans les yuris. Donc bon, la proprio qui fait des avances et des sous-entendus toutes les deux minutes sur une personne qui, elle le dit elle-même, semble tout à fait hétéro, j'aurais pu m'en passer. Je sais que la plupart des avances sont censées être des blagues, mais quand la personne est clairement mal à l'aise ce n'est pas très drôle. Les personnages sont un peu moins développés que dans mes souvenirs, leur développement souvent mis de côté pour la blagounette. Il y a aussi la mise en scène qui sent parfois bon le fan service pour attirer le chalant masculin, qui ne me parle vraiment pas et a plutôt tendance à me mettre mal à l'aise (mais il est ici moins présent que dans d'autres séries du même genre, je le reconnais).
Mais pourtant, j'ai aussi retrouvé des qualités là-dedans. Déjà, le propos sur l'homosexualité au Japon. Bon, on est loin (très loin) d'une représentation fidèle de ce que vivrais une femme homosexuelle "out" dans une société ultra-patriarcale hétéronormée comme le Japon, mais le sujet de l'incompréhension et du rejet quasiment instinctif d'autrui y est abordé à plusieurs reprises. De même que l'élément un peu problématique du récit - la fameuse nuit où la proprio aurait couché avec notre protagoniste visiblement hétérosexuelle et où l'on présuppose qu'elle y aurait été relativement forcée (ou en tout cas qu'elle n'était pas en pleine possession de ses moyens) - est en fait plus complexe qu'il n'y parait. Ce qu'il s'est passé et surtout ce qu'il s'est dit cette nuit là est un point central du récit et - sans vouloir trop en révéler - est assez intéressant.
Donc bon, l'œuvre est loin d'être parfaite à mes yeux, je ne suis malheureusement pas le public cible de la grande majorité des yuris (bah ouais, quelle idée qu'une femme saphique soit intéressée par la lecture d'une romance saphique, je suis bête aussi), mais je lui reconnais suffisamment de qualités pour lui accorder une deuxième étoile.
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On retrouve dans Abara certains éléments qui faisaient la force de Blame ! du même Tsutomu Nihei : un récit dystopique, proche du cyberpunk, dans un univers brut et chaotique, avec ses paysages démesurés et une ambiance glaçante. Les dessins, bien sombres et pas toujours évidents à déchiffrer, parviennent à créer une atmosphère unique, immersive et assez malaisante. Petit avantage sur Blame ! également, Abara se termine en deux tomes suivants et ne fait pas de trop grandes promesses non tenues. En contrepartie, l’action est très rapide et difficile à suivre, notamment à cause de l’extrême compression des scènes de combat mais aussi de l'hermétisme de certains dialogues. De manière générale, l’histoire est dure et sans compromis, mais également difficile à saisir car obscure et confuse, avec peu d’explications et un manque de développement des personnages. L’absence de dialogues et d’informations claires fait que l’on se perd facilement dans la narration. Là encore, comme dans Blame !, l'histoire est largement laissée à l’interprétation du lecteur, mais il me faudrait davantage de poésie ou d'élégance pour que je puisse apprécier cela. Ça me laisse un goût d’inachevé, en manque de réponses plus concrètes. J'aime cette atmosphère sombre et envoutante, d'un monde futuriste fait de violence et de mystère, que Tsutomu Nihei parvient à instaurer, mais je n'arrive pas à me satisfaire de sa narration trop confuse et de son scénario trop hermétique qui me laisse frustré au final.
6666
Bon, j’avais emprunté 6666 en même temps que 666 et, malgré la difficulté à finir « 666 », j’ai quand même lu ces deux albums, qui pourtant dès les couvertures nous promettent qu’ils ne sont qu’une suite. Pourquoi poursuivre ? Pourquoi artificiellement sur une autre série ? Pour faire croire qu’il y a du nouveau, qu’enfin on a une idée de scénario ? L’idée ? Balancer l’intrigue plusieurs milliers d’années après 666, avec un Carmody cloné. On ne s’embarrasse donc pas de subtilités non plus. Le dessin de Tacito est ici plus léché (le rendu de la colorisation accentue aussi cet aspect), et les planches sont un peu moins chargées et bordéliques (mais dès la fin du premier tome, une bataille spatiale multiplie durant plusieurs pages ces cases surchargées). C’est quand même l’aspect le moins attaquable de la série. Mais les tenues sexy et les gros nichons (inévitable Lilith en tête, qui elle aussi réapparait, parfois encore moins vêtue qu’avant ! - si si, c’est possible) confirment que le climat est resté chaud pendant 4 000 ans, rien de nouveau à ce niveau ! Ça démarre dans une ambiance plus SF, avec quelque chose qui pourrait faire penser à un délire mystique à la Jodorowsky (je pense en effet que Froideval a lorgné sur le scénariste chilien…). L’intrigue part moins dans tous les sens, dans le n’importe quoi de « 666 », en tout cas au début. Mais elle n’en reste pas moins absconse, et très très moyennement captivante. Et le deuxième tome, accumulant les références au IIIème Reich, à Napoléon, en plus de Lilith et d’un pape Carmody cloné et marié à une papesse, sombre encore dans le n’importe quoi. Avec toujours une esthétique érotique SM appuyée. Mais cette fois-ci, les auteurs (ou l’éditeur, je ne sais pas qui a eu le premier un éclair de lucidité), ont semble-t-il décidé d’arrêter le délire plus tôt qu’avec « 666 », puisque la série a été abandonnée après le coup d’état/cliffhanger de Lilith de la fin du second tome. Bon, normalement, il ne devrait donc pas y avoir de « 66666 ».
Aryanne
Cela fait un petit moment que je lorgne sur les occasions de cette série vintage. En effet j'aime bien le style 80's et une pointe d'érotisme peut apporter du piquant si c'est bien amené. La présentation et le contexte renvoient à des séries phares de ces années comme Alix ou Jugurtha (que je n'ai pas aimé !). Une fois encore j'ai eu du mal à adhérer. Le scénario est très simpliste, piochant dans un imaginaire antique qui mêle Romains, Égyptiens et Africains fantasmés sans aucune crédibilité historique. C'est même déroutant la facilité avec laquelle Aryanne et Guise peuvent être approchés dans leur palais. En fait les divers rebondissements ne servent qu'à introduire une multitude de scènes de sexe soft au langage assez cru. C'est étonnant pour une série assez mainstream . Si les scènes ne sont pas explicites elles sont assez poussées façon Manara pour restreindre la lecture aux grands ados. Le graphisme est assez réussi et détaillé pour les décors ou paysages mais malheureusement moins abouti pour les personnages un peu brouillon à mes yeux. Mais ma principale réserve reste pour les personnages féminins (presque toujours nus) qui se ressemblent tous, ce qui rend la lecture compliquée. Une curiosité paradoxalement assez fade.
666
Je suis amateur de loufoque, de grotesque, de trash, éventuellement d’érotisme, et plus généralement de tout ce qui peut sortir des sentiers battus. Les couvertures de la série m’avaient depuis longtemps intrigué. Il faut dire qu’elles sont franchement tape-à-l’œil. Du coup c’est tout ou rien. Et je dois dire qu’hélas, c’est plutôt rien. C’est quand même une forme de vide qui prédomine. Côté intrigue, ça n’est pas trop la peine de développer. Je pense que Froideval – comment souvent chez lui (je pense à Chroniques de la lune noire par exemple) – a pas mal improvisé, et a sans doute aussi ajouté plus de tomes que prévus au départ. En effet, tout aurait pu (aurait dû !) tenir en un tome, tant l’histoire elle-même navigue à vue. Alors oui, c’est totalement loufoque, complètement barré. Que ce soit pour « l’histoire » ou pour les dialogues ou le dessin. On joue la provoc’ à tout va, avec des dialogues souvent vulgaires, comme les postures de pas mal de personnages. Froideval se déchaîne pour se moquer du pape, des dirigeants mondiaux, avec une Lilith sadique, un Carmody en chevalier blanc impassible et sans état d’âme (les deux étant entourés de seconds rôles tout aussi déjantés). Ça dégomme à tout va, mitrailleuses, bombes atomiques, carnages en tout genre, avec une foultitude de figurants (on croirait du Peter Jackson lorsqu’on voit les hordes de démons attaquer Rome ou d’autres endroits sur Terre). L’aspect gloubiboulga est accentué par le dessin de Tacito. Des planches un peu déstructurées, parfois de pleines pages, avec des couleurs flashy, tapantes (du Druillet – en bien moins bien quand même !). Avec une érotisation forcenée des femmes – Lilith en tête, avec ses vêtements systématiquement typés SM, voir les couvertures racoleuses – et des scènes de sexe franchement n’apportant rien au récit. Bon, c’est tellement grotesque que ça atteint parfois le kitsch. Mais ce n’importe quoi s’étire sans que l’humour ou je ne sais quoi d’autre ne permettent d’y trouver de l’intérêt, au-delà de quelques pages, c'est bourrin pour être bourrin. Ça ressemble à un défouloir d'ado sans idée pour des ados sans exigence. Alors, 6 tomes sur le même rythme, avec toujours du creux… ça se lit vite (peu de texte, pas d’intrigue), on passe du temps à détailler certaines planches (parfois hyper remplies), mais j’avoue avoir fini la série en survolant les deux derniers tomes. Une série hautement dispensable, c’est certain ! Note réelle 1,5/5.
Wahkan
Je ne sais pas quel public vise cette BD, elle est tantôt adulte et tantôt enfantine. Paris pendant l'exposition universelle de 1889, la tour Eiffel est le lieu où sont commis plusieurs horribles meurtres. Une jeune inspectrice affublée d'un petit nouveau vont mener l'enquête sur ce tueur en série. Le scénario est assez improbable avec cette légende amérindienne, il est cousu de fil blanc et les personnages sont quelconques. Et que vient faire ce pauvre Buffalo Bill dans cette galère... Un récit avec un peu d'anachronisme : la forme des revolvers fait très science-fiction ou encore cette fameuse mèche rose de notre héroïne. Je m'interroge sur l'intérêt de ces choix. La conclusion est expédiée en deux temps trois mouvements. Une lecture rapide qui sera vite oubliée. C'est le tandem Brice Cossu et Alexis Sentenac qui se charge de la partie graphique. Deux artistes que j'avais découvert avec La Geste des Chevaliers Dragons. Je suis déçu par le résultat, pourtant j'aime le trait de Cossu, mais je n'ai pas apprécié la direction prise par les auteurs d'intégrer une touche manga ci et là qui fait très jeunesse. Les décors sont vraiment chouettes, il manque quand même la flèche à Notre-Dame... Des couleurs sympathiques. Dispensable.
Zombillénium
Cette série développe un concept très original et j'ai vraiment accroché aux premiers opus. Las, sa lecture m'est devenu assez ennuyeuse dès la fin du T3 et j'ai du me forcer pour finir jusqu'à un T6 que j'ai trouvé bien passable. Il faut avouer que l'auteur multiplie les difficultés en mélangeant ce fantastique avec cette touche de roman social sur les terres de Germinal. J'ai toujours été coincé entre deux positions de lecture opposées. Les premiers tomes favorisent une ambiance réaliste dans laquelle s'inscrit une bulle fantastique comme on trouve assez souvent. Mais l'équilibre évolue au fil des tomes avec un fantastique de plus en plus gore qui domine comme si de rien n'était une réalité toujours présente mais de moins en moins crédible. Comme la charge contre la Finance reste superficielle avec des images déjà utilisées maintes fois, le scénario tourne vite en rond pour se rabattre sur du commercialement sûr : de la baston et du massacre. La narration se réduit alors à un succession de batailles de sorcières façon "Rolleball" en skate , où on ne sait plus qui est mort ou vivant et quel sens donner à telle ou telle scène puisque les monstres morts "ressuscitent" dix pages plus loin. Cela devient très brouillon pour laisser la place à un visuel de plus en plus agressif pour ados. J'ajouterais plusieurs autres réserves sur la globalité de la série. L'histoire s'étale sur une bonne dizaine d'année mais chaque tome exprime une action de quelques semaines voire quelques jours. Cela produit une narration très discontinue . Ainsi De Pins pioche dans le passé lointain de Gretchen pour épaissir un peu son scénario. Gretchen est d'ailleurs le seul personnage qui donne un peu de relief à la série. Le souci c'est qu'elle termine à 34 ans avec le même look et les mêmes attitudes qu'à la première page. Ensuite j'ai eu du mal avec certains passages qui stigmatisent les habitants de la région. Heureusement cette image évolue par la suite. Enfin je ne suis pas fan du graphisme numérique de l'auteur même si il est très maitrisé et n'a pas gêné ma lecture outre mesure. Une série ambitieuse au départ mais qui m'a proposé une lecture très décevante et très convenue in fine .
Les Contes de la lune rose
Une BD de cul au petit format qui regroupe plusieurs histoires : 1/ Petit récapitulatif des effets de la lune rose au cours de l'Histoire. 2/ Les Daft Punk - version robotisée - font partie intégrante de cette histoire, l'un des membres du groupe veut être sodomisé par une bite de chair... 3/ Une chorégraphie du sexe, pour ceux qui ne savent pas s'y prendre. 4/ Le clonage et ainsi pouvoir se faire une fellation. 5/ L'enterrement de vie d'une jeune fille à Tarascon, où un "doigt noir" peut avoir des conséquences insoupçonnées. 6/ L'histoire d'une pute sous le règne de Louis XVI. Un récit plus long et plus intéressant qui revisite l'Histoire. 7/ J'apprends que les chtis ont des chtites biloutes [je ne dois pas être un vrai chtis alors ;-)]. Emma est une suceuse de bites chtis à la chaine, ben oui c'est bien connu, les épouses chtis ne font pas ça. C'est à Arras, au cas où... C'est trop absurde, même un peu débile, hormis l'histoire 6 qui a un scénario plus travaillé, le reste m'a souvent laissé sans voix. Je ne sais pas où on peut aller chercher de telles idées. C'est sans grand intérêt et ça n'émoustille pas. Visuellement c'est un poil mieux, deux styles graphiques différents. L'un dans le crasseux et l'autre plus sensuel, les deux bénéficient d'une colorisation rose. Ça reste très moyen. Je ne conseille pas, surtout si tu es chti.
Yumi - La Molécule du Désir
Le dessin d'Alex Varenne attire toujours l'oeil par son élégance, et il faut avouer qu'ici sa fameuse Yumi, jolie assistante scientifique asiatique, est charmante et donne envie de découvrir une série érotique ou plus la mettant en scène. Malheureusement, une fois la lecture entamée, on déchante pas mal. Ce graphisme est en effet toujours aussi inégal. Elégant et sensuel par-ci, il se révèle aussi moche et rebutant par-là. Les femmes y sont belles, les hommes, surtout quand ils sont nus, sont laids. Les visages sont beaux quand ils sont figés, et déformés et moches dès qu'ils s'essaient à être plus expressifs. Quant à la mise en scène, elle est d'un classicisme ennuyeux. Pour ce qui est de l'intrigue, elle est sans surprise. Une scientifique met au point une drogue qui rend à la fois les femmes qui les prennent follement excitées et en même temps attirant les mâles comme des chiens en chaleur. Dès que l'assistante en prend quelques gouttes, elle devient complètement lascive et demandeuse, et les hommes qui passent à proximité bandent comme des ânes et ne peuvent se retenir de la prendre comme une chose ouverte et docile. On a droit à ça sur 5 chapitres successifs où la scientifique et son assistante essaient leur drogue dans différentes circonstances, la scientifique frigide faisant toujours cela dans le but de punir d'une manière ou d'une autre un mâle, et cela se termine immanquablement par celle-ci se plaignant auprès des supérieurs des victimes du comportement intolérable de leurs employés. Jusqu'à la conclusion où comme on s'en doutait, elle teste à son tour la drogue et s'ouvre enfin aux joies du sexe. Mais tout du long, ces deux protagonistes féminines sont froides et distantes, l'une parce que trop engoncée dans son rôle d'acariâtre coincée, et l'autre parce que complètement inexpressive même dans ses plus forts moments d'excitation. Quant aux scènes de sexe, ils sont tellement mécaniques qu'ils n'ont rien d'émoustillant. Bref, c'est une ennuyeuse BD porno malgré quelques soupçons d'élégance dans son dessin.
Nos différences enlacées
Bon, ici, malheureusement, je ne suis pas allée plus loin que le tome 2. Avant de vous donner la raison de l'arrêt de ma lecture, je vais d'abord vous présenter les qualités de la série. L'idée de montrer plusieurs couples ayant comme point commun de joindre deux personnes aux personnalités très différentes et opposées est bonne, il y a un potentiel immense de récits et de petites anecdotes à raconter autour de ça. Les successions d'anecdotes, d'épisodes de la vie de ces couples, sont entraînantes, on prend plaisir à les lire. Même si la plupart des gags ne sont pas drôles (seule une infime poignée m'a vraiment semblée amusante), on sourit volontiers à plusieurs moments. Voilà, au début, avec ces quelques qualités, je me disait que j'allais simplement finir la série et très probablement lui donner un 2,5 ou un 3 (dépendamment de la qualité de la série globale), mais un petit problème est venu parasiter ma lecture : l'autrice a l'air de beaucoup aimer les différences d'âges entre ses protagonistes. Techniquement rien de mal à ça, des couples avec des différences d'âge ce n'est pas nouveau, dans une série parlant des différences qui rapprochent dans un couple ça peut même promettre un propos intéressant, mais ici on est plutôt face à un problème de différence de maturité. Notre premier couple est composé d'une femme de 28 ans et d'une autre... de 18 ans. Bon, théoriquement on pourrait dire que 18 ça peut nous paraître mature, mais j'aimerais rappeler qu'un esprit humain ne finit sa pleine maturation qu'aux alentour des 25 ans, qu'une personne plus jeune dans ces âges là risque bien souvent (même inconsciemment) de se retrouver dans une relation avec une inégalité de pouvoir, et que le coup de "la jeune personne qui se révèle parfois plus mature que la personne plus âgée", utilisé ici justement, c'est quand-même souvent utilisé en fiction pour justifier ce genre d'inégalité (un peu un "elle est mature pour son âge", si vous voulez). Je ne savais pas vraiment quoi en penser, mais comme cette différence d'âge n'est mentionnée et ne joue réellement un rôle narratif que dans un seul gag, j'étais prête à le laisser de côté et de ne me contenter que de le mentionner dans mon avis. Puis sont apparus nos membres du second couple et, là, j'ai été un peu plus confuse. Les deux sont lycéennes mais leurs différences d'apparence semblent en montrer une comme bien plus âgée que l'autre. Bon, je me suis dit que c'était peut-être dû à l'apparence loubarde de l'une des deux, qui lorsque mise à côté de celle à l'apparence plus proche d'une collégienne semble effectivement plus âgée, mais il n'empêche que je suis restée perplexe. Sachant que les personnages à l'apparence si juvénile dans les mangas de romance "matures" (surtout dans un comme celui-ci ou plusieurs gags tournent autour du cul) ça peut me mettre mal à l'aise, je commençais à avoir des sueurs froides. Et puis enfin, le coup de grâce : cette jeune fille à l'apparence de collégienne se révèle être... amoureuse de sa sœur ! Bingo, un délire récurrent dans les mangas que je n'ai jamais compris (genre, c'est si banalisé que ça, l'inceste, au Japon ?). Donc bon, moi, après tout ça, j'ai un peu eu envie d'arrêter ma lecture. Petite mention pour le troisième couple qui, lui, échappe à ça. Bon, si je chipotais je pourrais mentionner que l'une est la supérieure professionnelle de l'autre, donc on retrouve encore l'idée d'inégalités, mais ça reste un fantasme romantique assez récurrent, je le laisse passer. Il y a peut-être d'autres choses à dire sur la suite de la série, en tout cas moi je laisse ça là pour le moment.
I can't believe I slept with you !
Bon, ici, il y a du bon et du moins bon. J'avais lu ce manga pour la première fois il y a quelques années via des scans et la traduction d'amateur-ice-s et j'avais gardé de relativement bons souvenirs de ma lecture. Je me rappelais surtout de la fin, qui m'avait mine de rien touchée, et je trouvais les personnages et leur romance assez attachants. Bon, depuis j'ai lu davantage de récits romantiques saphiques, j'ai mûri, et bien que je constate toujours quelques qualités dans cette œuvre, je la trouve nettement moins prenante. Déjà, le cliché de la lesbienne "harceleuse" (qui passe son temps à faire des avances et se force un peu sur ses proches), c'est un cliché assez nocif qui perdure malgré tout dans la fiction et que j'ai vu passez de trop nombreuses fois dans les yuris. Donc bon, la proprio qui fait des avances et des sous-entendus toutes les deux minutes sur une personne qui, elle le dit elle-même, semble tout à fait hétéro, j'aurais pu m'en passer. Je sais que la plupart des avances sont censées être des blagues, mais quand la personne est clairement mal à l'aise ce n'est pas très drôle. Les personnages sont un peu moins développés que dans mes souvenirs, leur développement souvent mis de côté pour la blagounette. Il y a aussi la mise en scène qui sent parfois bon le fan service pour attirer le chalant masculin, qui ne me parle vraiment pas et a plutôt tendance à me mettre mal à l'aise (mais il est ici moins présent que dans d'autres séries du même genre, je le reconnais). Mais pourtant, j'ai aussi retrouvé des qualités là-dedans. Déjà, le propos sur l'homosexualité au Japon. Bon, on est loin (très loin) d'une représentation fidèle de ce que vivrais une femme homosexuelle "out" dans une société ultra-patriarcale hétéronormée comme le Japon, mais le sujet de l'incompréhension et du rejet quasiment instinctif d'autrui y est abordé à plusieurs reprises. De même que l'élément un peu problématique du récit - la fameuse nuit où la proprio aurait couché avec notre protagoniste visiblement hétérosexuelle et où l'on présuppose qu'elle y aurait été relativement forcée (ou en tout cas qu'elle n'était pas en pleine possession de ses moyens) - est en fait plus complexe qu'il n'y parait. Ce qu'il s'est passé et surtout ce qu'il s'est dit cette nuit là est un point central du récit et - sans vouloir trop en révéler - est assez intéressant. Donc bon, l'œuvre est loin d'être parfaite à mes yeux, je ne suis malheureusement pas le public cible de la grande majorité des yuris (bah ouais, quelle idée qu'une femme saphique soit intéressée par la lecture d'une romance saphique, je suis bête aussi), mais je lui reconnais suffisamment de qualités pour lui accorder une deuxième étoile.