Les derniers avis (20743 avis)

Couverture de la série Hanté (Soleil)
Hanté (Soleil)

Bon, ben voilà une lecture très décevante ! C’est un recueil collectif, donc déjà changement de dessinateur à chaque histoire (et là les styles sont franchement disparates !). Je ne suis a priori pas fan de ce genre de changement, même si la plupart s’en sortent plutôt bien. Par contre, je suis moins indulgent concernant les histoires. Aucune intrigue ne m’a satisfait, ou même réellement accroché. Celle se déroulant durant le siège de Sarajevo durant les années 1990 est sans doute la plus intéressante, presque la plus développée, mais le texte est trop abondant et lourd. Les autres, qui se déroulent à toutes les époques, sont souvent faibles, manquant de place pour se développer, quand elles ne sont pas carrément inintéressantes à la base. La première donnait le ton. Je n’avais alors pas saisi qu’il s’agissait d’un recueil d’histoires courtes, et cette première histoire, très courte, se finit si brutalement que j’ai un temps cru, en feuilletant rapidement la suite, qu’il s’agissait d’une sorte d’album promotionnel, regroupant des extraits de plusieurs albums de l’éditeur. Bref, une lecture finie laborieusement, sur laquelle je ne reviendrai pas.

02/09/2023 (modifier)
Couverture de la série Les Indésirables
Les Indésirables

La littérature américaine commence à être bien fournie en récits sur les camps d'internement des Nippo-Américains après Pearl Harbor. J'ai trouvé que cette série n'apportait pas grand-chose de plus dans son angle d'attaque assez simpliste. C'est simpliste dans son scénario. L'auteure ne s'est pas embarrassée de trouvaille géniale pour faire voyager sa Kiku dans l'espace et le temps, un petit brouillard magique et le tour est joué. Ensuite le texte est rare, d'un niveau élémentaire et d'une grande banalité. Enfin l'auteure mélange et fait des amalgames sur des situations historiques très différentes pour servir son militantisme. Puisque l'auteure axe beaucoup son récit sur le côté politique, il aurait été plus intéressant d'avoir une critique bien mieux élaborée que ces quelques punchlines tirées de CNN. Le graphisme est lui aussi très simpliste sans caractère et issu du numérique le plus standard. Les extérieurs sont rudimentaires style cubes, les fonds unis rappellent la littérature pour enfants et le dessin ne m'a apporté aucune émotion. Une lecture décevante et sans attrait à mon goût.

02/09/2023 (modifier)
Par Gaston
Note: 2/5
Couverture de la série Ghost & Lady
Ghost & Lady

Jusqu'à présent je ne connaissais l'œuvre de Fujita qu'à travers les adaptations en anime et c'est la première fois que je lis un de ses mangas. J'ai retrouvé le goût de l'auteur pour le fantastique un peu étrange et l'exotisme. Ici, il mélange la vie réelle d'une infirmière (Florence Nightingale) et une légende (l'homme en gris qui hanterait un théâtre londonien) et cela donne un manga de baston avec une dénonciation des conditions de l'époque victorienne. Je n'ai pas réussi à rentrer dans cette série. Pourtant, le duo principal marche bien, mais à aucun moment je n'ai trouvé la vie de Nightingale captivante alors qu'elle en a vécu des choses incroyables. Il faut dire qu'à force de lire des histoires où on apprend les conditions horribles des anglais non-riches sous la reine Victoria, il y a pas grand chose qui me surprend. Je pensais que j'allais enfin trouver le récit passionnant lorsqu'on change de décors pour la guerre de Crimée, vu que c'est un cadre qu'on voit peu en fiction comparativement à l'Angleterre du 19ème siècle, mais ce ne fut pas le cas. Je pense que c'était trop tard pour accrocher au scénario. La narration est un peu trop lourde par moment. Les scènes de bastons ne m'ont pas passionné. Le dessin est pas mal, j'aime bien les visages expressifs des personnages. Le seul problème est que certaines cases de combats m'ont paru trop surchargées, on est loin de la lisibilité et la simplicité d'un Toriyama. Je pense que je commence à être trop vieux pour ce genre de shonen qui s'adresse aux ados fans de scènes de combats. Bon au moins ça ne dure pas 40-50 tomes et entre deux scènes de bastons entre des monstres, on apprend des faits historiques.

02/09/2023 (modifier)
Couverture de la série Gertrude Stein et la Génération perdue
Gertrude Stein et la Génération perdue

Je connaissais un peu le rôle joué par Gertrude Stein en tant qu’« entremetteuse », créatrice de « rencontres », voire de mécène, dans le premier quart du XXème siècle à Paris, même si les écrivains et l’art moderne qu’elle a aimés et défendus ne sont pas forcément ceux qui m’accrochent le plus. En tout cas le sujet m’intéressait (comme avait pu le faire la vieille série documentaire des années 1960, « Les heures chaudes de Montparnasse »). Mais je suis sorti déçu de cette lecture. D’abord parce que je n’ai pas appris grand-chose de la personnalité même de Gertrude Stein. Et la narration, souvent au style indirecte – un proche de Stein, imaginaire, décrit des rencontres, des situations – est assez froide et rébarbative. Elle rend mal la vitalité de Stein, et c’est avec un peu d’ennui parfois que j’ai fini l’album (qui se lit très vite de toute façon). Bref, une biographie décevante, sur un sujet qui pourtant avait tout pour me captiver.

01/09/2023 (modifier)
Couverture de la série Abd el-Kader
Abd el-Kader

Abd el-Kader est un personnage important du Maghreb du XIXème siècle. Cet album se veut exhaustif, et présente une biographie complète de cet homme, dont je ne connaissais que ce que les livres d’histoire français avait bien pu me laisser voir (c’est-à-dire quelques bribes, des « passages obligés » rarement mis en perspective). Ma première surprise a été de trouver Corteggiani au scénario de ce qui ressemble à un album de commande. C’est en tout cas un album rarement mentionné dans sa bibliographie, et un travail qui s’éloigne de ses productions plus « classiques ». Car les éditions Koutoubia développent ici une collection (je les cite) « qui est dédiée aux figures emblématiques du monde arabo-musulman et offre aux générations actuelles, à travers le traitement original du roman graphique, la découverte de la vie de ces hommes et femmes qui ont construit le monde arabo-musulman. » L’intention est louable. Mais la réalisation hélas ne m’a pas convaincu. Non pas que ce ne soit pas instructif, bien au contraire, j’ai appris pas mal de choses sur cet homme, son enfance, sa « construction ». Mais la narration est un peu trop convenue, « ampoulée », uniquement hagiographique : j’ai eu parfois l’impression de lire la vie d’un Saint, dont le destin était tracé d’avance. Une forte religiosité imprègne le récit. Pourquoi pas ? Mais ça m’a gêné, et du coup, le personnage m’a moins accroché. Pourtant, face aux exactions (pour ne pas dire plus) de la conquête française en Algérie, son rôle a été important. Et l’album traite de façon lapidaire (une ellipse) la « prise de la smala d’Abd el-Kader », thème longtemps essentiel de la propagande française (voir les tableaux, images d’Épinal caricaturant ce « haut-fait » ridicule en France jusqu’au milieu du XXème siècle. Des choses intéressantes donc, une partie du personnage m’est mieux connue. Mais aussi une narration trop hagiographique, et une importance trop grande donnée à l’inspiration religieuse, je suis sorti quelque peu déçu de cette lecture. Note réelle 2,5/5.

01/09/2023 (modifier)
Couverture de la série Alexandrin ou l'art de faire des vers à pied
Alexandrin ou l'art de faire des vers à pied

Décidément j'ai du mal avec les textes de Pascal Rabaté. Ici encore je suis resté hermétique à sa "poésie" écrite. J'ai trouvé que contrairement à ce qu'il suggère, Alexandrin prend de grandes libertés avec le classicisme de l'alexandrin en le réduisant à une simple rime parfois imparfaite (Kevin/rime ou vie/raviolis). Mais surtout je n'ai pas retrouvé la musique et le rythme envoutant d'un Racine ou d'un Ayroles. Rabaté à l'instar des grands poètes du XXème siècle et fin XIXème, semble nous dire que le beau peut se nicher dans le vulgaire du quotidien (touille/bouillent). Certes, mais si Baudelaire y réussit je n'ai pas été convaincu par Alexandrin/Rabaté. Le reste du récit du gentil poète-clochard englouti par la société de consommation et de performance est assez convenu et Rabaté n'y apporte pas une grande originalité sur le thème de l'homme et l'enfant en vadrouille. Le graphisme de Kokor fait le travail mais là encore je le trouve beaucoup trop statique pour nous entrainer dans un tourbillon de musicalité. Les héros sont trop souvent assis pour créer ce mouvement. Une lecture passable à mon goût.

01/09/2023 (modifier)
Couverture de la série Bleu à la lumière du jour
Bleu à la lumière du jour

Troisième œuvre que je lis de Borja González et troisième fois que je n'y comprends pas grand chose... L'auteur nous invite à un voyage onirique dans un château hors du temps et de l'espace. Alors que l'on a l'impression d'être au Moyen-Age, des décors actuels (avec tags et carcasses de voitures) apparaissent à l'occasion. Au sein de ce château ne résident que des femmes et un enfant. Une de ces femmes doit être sacrifiée (on ne saura jamais pourquoi), provoquant la jalousie d'une autre (on ne sait pas trop pourquoi) tandis qu'une troisième, personnage récurrent dans les albums de l'auteur, cherche très mollement à la sauver (et aussi à la peindre)... et on ne sait trop pourquoi. L'auteur déclare dans sa postface rechercher prioritairement à créer une ambiance d'horreur et de mélancolie grâce à ses œuvres. De mélancolie, il est bien question. D'horreur pas spécialement, je parlerais plutôt d'une étrangeté déstabilisante. Le rythme excessivement lent, les dialogues abscons, l'absence d'émotion dans le chef des personnages ont rendu ma lecture très détachée. Seul le dessin parvenait à capter mon attention. Car, au niveau visuel, Borja González a un style, une patte, une esthétisme indéniables. Ses œuvres sont incompréhensibles à mes yeux mais c'est beau à voir. La mise en page est aérée, le trait est élégant, les compositions sont soignées. Si je parvenais à saisir ne fusse que 40% de ce qu'il cherche à nous dire derrière ces illustrations, je serais sans doute emballé. Mais là, désolé, je capte rien... NB : le titre de l'album fait directement référence à la couleur des yeux d'une des protagonistes... Borja González dessine tous ses personnages sans visage (juste un ovale dépourvu de nez, de bouche, ... et d'yeux). Voilà, voilà... Trop intello pour moi, sans doute, ou trop 'artistique', mon ressenti au final est juste que c'est beau mais frustrant (et quand même parfois bien chiant sur les bords).

01/09/2023 (modifier)
Par Gaston
Note: 2/5
Couverture de la série Humaine, trop humaine
Humaine, trop humaine

Un album vraiment pas terrible qui me fait poser des questions sur la notoriété de Catherine Meurisse. J'aime bien son dessin, mais jusqu'à présent ses albums m'ont parus au mieux sympathique et au pire vraiment bof comme cet album. Il faut dire que je m'attendais à autre chose. La quatrième de couverture et le titre m'avaient donné l'impression que j'allais lire un cours sur le sexisme des philosophes au cours des âges et au final j'ai droit à des gags en deux pages sur des philosophes. Certains parlent de la vision des femmes de ses messieurs, mais il y aussi plusieurs qui n'ont rien à avoir avec le sujet alors je comprends pas du tout la présentation de l'album par l'éditeur. Cela m'aurait pas dérangé si au moins les gags étaient marrants, mais là j'ai même pas souris. Les chutes tombent à plat ou sont convenues. On est du niveau des pires moments du magazine Spirou et je suis surpris d'apprendre que ça été diffusé dans un magazine pour adulte. En même temps les jeunes risquent de na pas aimer lire les longues citations chiantes qui parsèment l'album. À lire si on aime les albums gags de Jul sur les philosophes. Tiens un autre auteur dont je ne comprends pas qu'il fait parti des quelques auteurs de BD qui semblent être le chouchou de certains médias parisiens.

01/09/2023 (modifier)
Par Blue boy
Note: 2/5
Couverture de la série Un jour, le soir
Un jour, le soir

Pour une fois, je ne rejoindrai pas l'ami Paco... et suis même resté sur ma faim. Dommage, peut-être en attendais-je trop par rapport aux opus précédents ! Auteur hors des sentiers battus, Giacomo Nanni nous avait interpelés il y a quatre ans avec son Acte de Dieu, dialogue métaphysique entre l’Homme et la nature à la beauté étrange. Puis arriva Tout est vrai, dans le même registre que son prédécesseur, où était évoquée, dans un contexte post-attentats, l’irruption croissante et un peu inquiétante des corneilles dans la cité, des oiseaux considérés parmi les plus intelligents. Des ouvrages contemplatifs aux apparences de documentaire où était requise la participation active du lecteur, à travers des questionnements divers. Avec « Un jour, le soir », Giacomo Nanni opère un virage en optant pour une narration à la 1ère personne, celle du principal protagoniste. L’auteur nous met dans les pas d’un jeune homme désargenté et en quête de l’âme sœur, lequel nous confie ses états d’âme tout en déambulant dans Paris. Devant une boulangerie, il compulse ses quelques pièces de monnaie, pense à son dîner, souvent composé de simples croissants, aura-t-il assez pour s’en acheter un deuxième ? Dans le métro, il croise le regard d’inconnues, ou peut-être d’une amie dont il a oublié le visage, voudrait leur parler, peut-être les séduire et leur emprunter de l’argent, envisage même une vie à deux si la jeune femme est d’accord. Bref, tout cela donne lieu à des considérations aléatoires auxquelles répondent les images « photographiques » passées au filtre poétique de la trame pointilliste si reconnaissable de l’auteur. Structuré en trois chapitres sur un mode antéchronologique (« Aujourd’hui », « Hier » et « Avant-hier »), l’objet apparaît davantage comme un récit illustré où le texte est juxtaposé aux images. Au fur et à mesure que l’on parcourt les pages, en suivant cette étrange silhouette de profil en guise de « leitmotiv », épaules en arrière et tête en avant, on comprend la désespérance de ce type qui se débat avec ses problèmes d’argent impactant sa confiance en lui-même et son besoin de rencontres amoureuses. Arrivé au terme de cette lecture, on peut se demander quelle est la finalité de l’ouvrage, qui laisse une vague impression d’inachevé. Certes, son format exclusivement poétique, éloigné des deux œuvres précédentes, permet de jouer davantage sur le mystère et dispense de toute justification. Mais là où Acte de Dieu et Tout est vrai interrogeaient le lecteur en intégrant un certain esprit du temps, parfois de façon ardue, « Un jour, le soir » s’avère à la fois plus sibyllin et plus superficiel. Si difficile sa situation soit-elle, on finit par rester indifférent aux états d’âme du protagoniste quant à la fabrication des croissants ou la recette des cœurs de poulet. La narration en flash-back ne viendra pas davantage nous éclairer sur les tenants et les aboutissants de cette histoire un peu morne. Giacomo Nanni semble ici avoir pris un chemin de traverse, en se contentant de reproduire ce graphisme qui l’avait révélé et en oubliant de se réinventer. On reste ici dans le « parisianisme intello », avec tout ce que ce terme peut induire de péjoratif. C’est dommage, on attendait mieux de cet auteur qui avait su nous surprendre. Celui-ci a sans nul doute des choses à dire et on espère qu’il le fera encore, mais la déception est le sentiment qui domine après cette lecture, trop axée sur la forme au détriment du fond.

29/08/2023 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série Death valley
Death valley

Après une introduction assez caustique où la narration raconte avec ironie l'inverse de ce qu'il se passe en réalité, on plonge assez vite dans un western ultra-classique, accumulant les clichés et les facilités, avant de sombrer sur la fin dans du bancal et encore plus artificiel. J'ai trouvé cette introduction amusante et plutôt originale. C'est rare de voir un western débuter par la destruction en règle de la bande du héros, surtout racontée avec cynisme. Puis ensuite, la mission qui lui est donnée pour permettre de sauver son ami indien promettait quelque chose de pas mal. Et pourtant déjà là, je trouvais que les clichés graphiques étaient surabondants, qu'il s'agisse de ces décors désertiques forcément similaires à ceux de Monument Valley, l'attaque du train, la ville paumée, son saloon et sa prison, de même que l'utilisation de la dynamite à toutes les sauces. Mais ensuite, les clichés deviennent la norme et on se retrouve avec un récit qu'on a l'impression d'avoir déjà vu des centaines de fois. Le gentil-pas-si-gentil et son fidèle ami indien qui vont s'attaquer à deux à une bande de rascals sans foi ni loi, mélange de déserteurs de l'armée, de bandits de grand chemin et de rebelles indiens, qui dézinguent tous les pauvres figurants qu'ils croisent. Toi tu as parlé je te flingue, toi tu m'as regardé je te flingue, toi tu es un gars de ma bande mais je dois ponctuer la fin de ma phrase alors je te flingue, toi tu es une femme alors je te viole, te réduis en esclavage et je te flingue quand même. Je note au passage avec amusement que le lettreur introduit un peu d'italien dans les paroles en espagnol du méchant mexicain de service : "Il gringo está loco!". Et forcément le héros est un dieu de la gâchette, tirant plus vite que son ombre, et disposant bien sûr d'une réserve infinie de dynamite qu'il utilise à toutes les sauces. Et puis vient la fin, avec son retournement de situation débile quand le vrai méchant, le sournois et sadique général déserteur qui a tout organisé et maintenu d'une main de fer depuis des années décide soudain de tout abandonner et de se rendre docilement pour l'honneur alors que son armée encercle le héros qui n'a aucune chance de s'en sortir. Et évidemment, ses fidèles rascals ne vont pas décider d'eux-mêmes de simplement l'éliminer lui et le gentil plutôt que de les laisser partir tranquillement. Et je ne parle pas du rebondissement tragique de la dernière page, tellement artificiel et mal amené... J'ai cru lire un bon divertissement, certes ultra cliché mais plaisant, mais l'excès de clichés, d'artificialité et une fin complètement bancale ont gâché le maigre plaisir de lecture que j'avais. Note : 2,5/5

29/08/2023 (modifier)