Les histoires de ces recueils sont très différentes les unes des autres. A vrai dire, elles n'ont aucun point commun, que ce soit dans les personnages, le décor, l'époque ou le type de récit. L'éditeur annonce comme raison de les regrouper le fait qu'elles "touchent à l'expression des sentiments"... Voilà qui est assez ouvert comme définition.
Non, leur unique point commun est leur auteure, auteure qui a pour seule particularité d'apprécier visiblement les récits façon shojo et de produire un dessin de qualité mais sans personnalité. Pour le reste, ce sont parfois des petites romances, parfois des tranches de vie, parfois des petites incursions du fantastique dans le réel, ou encore des petites épopées médiévales. Et jamais rien qui ne sorte vraiment du lot.
Autant dire que je n'ai pas été convaincu.
Les histoires ne sont pas très originales, assez romantiques mais mornes dans leur développement. Les tentatives d'humour tombent à plat. La narration n'est pas toujours claire. Le dessin est plutôt bon mais les récits m'ont si peu captivé que j'en suis facilement venu à confondre certains visages. Cela manque vraiment de consistance et de personnalité.
Et la longue histoire aventure-médiévale qui occupe près de la moitié du second tome est d'une banalité et d'une prévisibilité assez effarante.
Je me suis franchement ennuyé à la lecture de ces histoires courtes qui n'ont pas su me toucher ni m'intéresser.
Je suis encore moins enthousiaste que Kael et Don Lope. Le graphisme est très bon, jolies couleurs directes, beaux décors, beaux vêtements d'époque, une vraie réussite. Mais alors pourquoi ne pas avoir fait une bd historique ? Au moins on aurait pu profiter pleinement du talent des dessinateurs.
Cela dit les femmes nues sont sans intérêt, elles ont toutes le même corps, un comble pour une bd pour adulte… Il n'y en a vraiment pas pour tous les goûts, juste pour ceux qui apprécieraient le style poupée barbie un peu froide.
Bref, pour une bd de cul, elle a ceci d'extraordinaire que les personnages n'arrêtent pas de causer, en un blabla incessant. Si je vous dis que même lors des fellations les femmes continuent de parler ! Oh les hommes aussi hein, de vraies pipelettes ! Les scènes de cul sont trop nombreuses et répétitives, la jouissance n'arrive pas à transparaître, il aurait fallu en faire moins mais en prenant plus de temps sur chacune. Il n'y a rien à voir, passez votre chemin.
Un monde où les rêves prennent vie, ou plutôt ceux d'une ville entière, New York. Ce sont les millions de rêves des immigrés, espérant trouver une vie meilleure qui ont fini par matérialiser ces rêves, mais aussi leurs pires cauchemars. Un groupe spécial appelé Ellis est mis en place pour lutter contre ces cauchemars et les enfermer dans une prison spéciale.
Le postulat de départ est bon, cela dit j'ai parfois été perdue parmi ce foisonnement de personnages, mais j'ai réussi à reprendre la trame de l'histoire en sautant quelques étapes, une relecture s'impose donc. Mais globalement le suspense est bon.
Le dessin est superbe, je trouve juste dommage qu'il n'y ait pas plus de monstres, car avec le graphisme de Griffo on aurait eu droit à de magnifiques créatures. L'homme chat d'ailleurs est excellent, sans parler de la scène où le petit chaperon rouge se retrouve devant un loup très original.
J'espère que la série aura une suite, car ce premier cycle laisse une fin plus qu'ouverte. Je ne conseille l'achat qu'aux fans de Griffo.
Mise à jour
La série est finalement terminée, je retire une étoile car en l'état elle ressemble plus à un abandon qu'à une histoire complète et c'est très frustrant.
Il y a deux éléments à séparer dans cet album : l'histoire et le dessin.
Sur le plan de l'histoire, j'ai été satisfait d'apprendre un nouveau pan de notre histoire, ce soulèvement partiel contre les gabeleurs en Chalosse. Je ne connaissais pas cet épisode, et je trouve que le traitement, centré sur Audijos, leader de cette insurrection, est plutôt bonne. Par contre on voit peu les Invisibles en action, c'est un peu dommage. Mais le sujet m'a vraiment intéressé.
Le dessin. Je le trouve carrément abominable. Les personnages sont très changeants, il y a pas mal de "fautes" dans les proportions... Je ne sais pas trop quoi dire d'autre, je l'ai détesté, c'est tout. Dommage parce qu'avec un autre dessinateur Jean Harambat aurait pu nous livrer un récit historique tout à fait passionnant et beau à l'oeil.
A lire uniquement pour le sujet, donc.
La comparaison avec L'Art Invisible est inévitable et elle est hélas largement au détriment de l'Aventure d'une BD à mes yeux. En fait, j'ai bien l'impression que Sergio Garcia est tombé dans tous les travers que Scott McCloud annonce vouloir soigneusement éviter. Une narration trop fouillis, qui s'attarde sur nombre de détails inutiles, des limitations à des domaines trop précis sans aborder les choses de manière suffisamment globale et une accumulation de termes techniques aussi futiles que trop érudits.
L'album se compose de doubles pages qui abordent successivement différents points précis de la création d'une BD : sa mise en page, son style de dessin, sa couleur, l'outil utilisé pour la créer ou encore le structure même d'une maison d'édition de bonne taille. Ses thèmes sont abordés les uns après les autres, comme un inventaire à la Prévert, sans véritable lien logique. L'aspect pédagogique si soigneusement réfléchi par Scott McCloud dans son oeuvre est ici totalement raté. J'ai eu le sentiment que Sergio Garcia étalait au fur et à mesure tout ce qui lui passait par la tête sur son art, sur son métier, ce qu'il en connait, des mots techniques qu'il utilise, etc... Mais le transfert d'informations entre lui et le lecteur se fait très mal à mon goût.
La narration est en outre alourdie par une structure narrative labyrinthique où le lecteur est amené à lire les pages dans tous les sens, avec souvent plusieurs lignes de lecture possible et autant de possibilités de se perdre dans des explications fouillis et verbeuses.
Je vois en cet album une louable tentative de résumer L'Art Invisible et ses successeurs en un unique album plus dense. Mais l'aspect pédagogique m'y semble complètement raté et le tout parait superficiel et morne. Et les seules véritables informations que j'ai bien su capter m'étaient déjà largement inculquées par Scott McCloud de manière nettement plus claire et intelligente.
Ces différents strips sur la vie de Pascal Girard ne m'ont pas fait beaucoup rire. J'ai du rire qu'une dizaine de fois et sur une centaine de pages, c'est plutôt maigre.
J'ai l'étrange impression que Girard prenait un moment de sa vie en s'en fichant un peu si c'était drôle ou pas. Évidemment, je ne semble pas avoir le même humour que l'auteur, mais certains gags étaient tellement pas drôles que je me demande si c'était censé faire rire.
Heureusement que l'auteur a deux chats et que je m'amusais à les voir faire des niaiseries. Ça à sauvé l'œuvre de l'ennui total.
Seulement un 2/5 pour plusieurs raisons :
- le dessin est trop chargé, le trait trop gras
- l'ensemble est très décousu et le propos se répète par moments
J'ai quand même lu l'ensemble sans problème, il y a des passages intéressants.
Ce one shot est très noir, pessimiste, il reflète l'état d'esprit de l'auteur lors de sa création. Il sert de thérapie pour passer ce cap difficile.
Sur le fond, l'initiative est intéressante, mais sur la forme, c'est vraiment brouillon.
J'aime l'autobiographie mais plus positive sur le fond ou dans l'envie.
L'orchidée noire est une "plante humaine" d'une jolie couleur violette, plutôt belle plante d'ailleurs.
Cet univers ne m'est pas très familier. On croise quelques personnages connus des amateurs de comics comme Lex Luthor ou Poison Ivy, à part quelques uns je ne connais pas plus que ça.
Surtout la narration est confuse, je n'ai pas accroché, trop pénible à lire. D'ailleurs le tout m'est assez difficile à résumer.
Je suis assez mitigé sur le dessin. Parfois très beau, d'un réalisme troublant sur les visages par exemple. Parfois je trouve les choix de couleurs totalement laids, notamment les scènes dans la jungle d'un vert artificiel.
La mise en page avec 2 fois 4 cases par planche n'est pas toujours le meilleur choix.
L'édition ne facilite pas toujours la lecture, certaines cases sont à lire trop près de la reliure centrale. Sur une planche, la case de dialogue est située sur la droite et le texte coupé...
Bref, lecture pas transcendante.
J'ai honte auprès de vous d'avoir des lectures bien crades. Je ne le fais pas exprès ! Cela arrive de temps en temps. On ne sait pas sur quoi on peut tomber lorsqu'on emprunte à la bibliothèque municipale des oeuvres qu'on ne connaît pas.
Quelquefois, on a de bonnes surprises car on tombe sur le chef d'oeuvre dont on serait passé à côté. D'autres fois et malheureusement le plus souvent, c'est le ratage complet. La bd connaît également ses navets. Pourtant, c'est signé Tronchet. Mais bon, la signature d'un grand auteur sur une oeuvre ne suffit pas pour entraîner une qualité quasi immédiate qu'il est de bon ton de louer. Après, il faut savoir jauger une bd sans préjugés.
Je n'arrive pas à apprécier l'humour qui se dégage de cette bd car elle fait manifestement de beaucoup de cynisme. Les personnages sont laids et les situations poussives. C'est censé être amusant pour le lecteur. C'est censé lui donner une réflexion. Suis-je hermétique à l'humour jaune ? Qui ne le saurais pas ?...
J'évite la note minimale car il y a de la recherche tout de même dans ces 16 drames poignants dont 20% serait gratuit d'après l'auteur.
Folies ordinaires est l'une des oeuvres les plus glauques que j'ai pu lire. S'il y a des amateurs, cette oeuvre est faite pour vous.
J'aime la noirceur baroque et violente dans une oeuvre lorsqu'elle s'inscrit avec grâce dans une utilité. Ici, nous ne savons pas où l'auteur nous emmène. Ce sont des tranches de vies de pauvres gens paumés que la société américaine a rejeté.
La pire nouvelle que j'ai pu lire est celle intitulée "la putain de 300 livres" où un homme tout menu et un peu pervers souhaite se taper la femme la plus grosse qu'il a rencontrée dans un bar sordide. Bien sûr, le lit finit par craquer... cela devient un problème pour lui auprès de sa propriétaire un peu mormone sur les bords. La préoccupation majeure, c'est le bon état du lit ! Il renvoie manu militari la pauvre dame.
Je ne souhaite pas dévoiler les autres nouvelles qui sont dans le même mauvais genre. Les auteurs ont voulu démontrer que l'american way of life peut également revêtir l'aspect le plus négatif. Fallait-il en venir à ces destins alcoolisés au milieu des taudis ? L'empire agonise et se meurt. Le mythe est mort. Ces thèmes ne font plus recettes chez moi surtout quand ils sont aussi vite galvaudés. Reste le bon coup de crayon de Schultheiss avec un agréable dessin en noir et blanc hachuré.
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Ecole bleue
Les histoires de ces recueils sont très différentes les unes des autres. A vrai dire, elles n'ont aucun point commun, que ce soit dans les personnages, le décor, l'époque ou le type de récit. L'éditeur annonce comme raison de les regrouper le fait qu'elles "touchent à l'expression des sentiments"... Voilà qui est assez ouvert comme définition. Non, leur unique point commun est leur auteure, auteure qui a pour seule particularité d'apprécier visiblement les récits façon shojo et de produire un dessin de qualité mais sans personnalité. Pour le reste, ce sont parfois des petites romances, parfois des tranches de vie, parfois des petites incursions du fantastique dans le réel, ou encore des petites épopées médiévales. Et jamais rien qui ne sorte vraiment du lot. Autant dire que je n'ai pas été convaincu. Les histoires ne sont pas très originales, assez romantiques mais mornes dans leur développement. Les tentatives d'humour tombent à plat. La narration n'est pas toujours claire. Le dessin est plutôt bon mais les récits m'ont si peu captivé que j'en suis facilement venu à confondre certains visages. Cela manque vraiment de consistance et de personnalité. Et la longue histoire aventure-médiévale qui occupe près de la moitié du second tome est d'une banalité et d'une prévisibilité assez effarante. Je me suis franchement ennuyé à la lecture de ces histoires courtes qui n'ont pas su me toucher ni m'intéresser.
Don Juan
Je suis encore moins enthousiaste que Kael et Don Lope. Le graphisme est très bon, jolies couleurs directes, beaux décors, beaux vêtements d'époque, une vraie réussite. Mais alors pourquoi ne pas avoir fait une bd historique ? Au moins on aurait pu profiter pleinement du talent des dessinateurs. Cela dit les femmes nues sont sans intérêt, elles ont toutes le même corps, un comble pour une bd pour adulte… Il n'y en a vraiment pas pour tous les goûts, juste pour ceux qui apprécieraient le style poupée barbie un peu froide. Bref, pour une bd de cul, elle a ceci d'extraordinaire que les personnages n'arrêtent pas de causer, en un blabla incessant. Si je vous dis que même lors des fellations les femmes continuent de parler ! Oh les hommes aussi hein, de vraies pipelettes ! Les scènes de cul sont trop nombreuses et répétitives, la jouissance n'arrive pas à transparaître, il aurait fallu en faire moins mais en prenant plus de temps sur chacune. Il n'y a rien à voir, passez votre chemin.
Ellis Group
Un monde où les rêves prennent vie, ou plutôt ceux d'une ville entière, New York. Ce sont les millions de rêves des immigrés, espérant trouver une vie meilleure qui ont fini par matérialiser ces rêves, mais aussi leurs pires cauchemars. Un groupe spécial appelé Ellis est mis en place pour lutter contre ces cauchemars et les enfermer dans une prison spéciale. Le postulat de départ est bon, cela dit j'ai parfois été perdue parmi ce foisonnement de personnages, mais j'ai réussi à reprendre la trame de l'histoire en sautant quelques étapes, une relecture s'impose donc. Mais globalement le suspense est bon. Le dessin est superbe, je trouve juste dommage qu'il n'y ait pas plus de monstres, car avec le graphisme de Griffo on aurait eu droit à de magnifiques créatures. L'homme chat d'ailleurs est excellent, sans parler de la scène où le petit chaperon rouge se retrouve devant un loup très original. J'espère que la série aura une suite, car ce premier cycle laisse une fin plus qu'ouverte. Je ne conseille l'achat qu'aux fans de Griffo. Mise à jour La série est finalement terminée, je retire une étoile car en l'état elle ressemble plus à un abandon qu'à une histoire complète et c'est très frustrant.
Les Invisibles (Futuropolis)
Il y a deux éléments à séparer dans cet album : l'histoire et le dessin. Sur le plan de l'histoire, j'ai été satisfait d'apprendre un nouveau pan de notre histoire, ce soulèvement partiel contre les gabeleurs en Chalosse. Je ne connaissais pas cet épisode, et je trouve que le traitement, centré sur Audijos, leader de cette insurrection, est plutôt bonne. Par contre on voit peu les Invisibles en action, c'est un peu dommage. Mais le sujet m'a vraiment intéressé. Le dessin. Je le trouve carrément abominable. Les personnages sont très changeants, il y a pas mal de "fautes" dans les proportions... Je ne sais pas trop quoi dire d'autre, je l'ai détesté, c'est tout. Dommage parce qu'avec un autre dessinateur Jean Harambat aurait pu nous livrer un récit historique tout à fait passionnant et beau à l'oeil. A lire uniquement pour le sujet, donc.
L'Aventure d'une BD
La comparaison avec L'Art Invisible est inévitable et elle est hélas largement au détriment de l'Aventure d'une BD à mes yeux. En fait, j'ai bien l'impression que Sergio Garcia est tombé dans tous les travers que Scott McCloud annonce vouloir soigneusement éviter. Une narration trop fouillis, qui s'attarde sur nombre de détails inutiles, des limitations à des domaines trop précis sans aborder les choses de manière suffisamment globale et une accumulation de termes techniques aussi futiles que trop érudits. L'album se compose de doubles pages qui abordent successivement différents points précis de la création d'une BD : sa mise en page, son style de dessin, sa couleur, l'outil utilisé pour la créer ou encore le structure même d'une maison d'édition de bonne taille. Ses thèmes sont abordés les uns après les autres, comme un inventaire à la Prévert, sans véritable lien logique. L'aspect pédagogique si soigneusement réfléchi par Scott McCloud dans son oeuvre est ici totalement raté. J'ai eu le sentiment que Sergio Garcia étalait au fur et à mesure tout ce qui lui passait par la tête sur son art, sur son métier, ce qu'il en connait, des mots techniques qu'il utilise, etc... Mais le transfert d'informations entre lui et le lecteur se fait très mal à mon goût. La narration est en outre alourdie par une structure narrative labyrinthique où le lecteur est amené à lire les pages dans tous les sens, avec souvent plusieurs lignes de lecture possible et autant de possibilités de se perdre dans des explications fouillis et verbeuses. Je vois en cet album une louable tentative de résumer L'Art Invisible et ses successeurs en un unique album plus dense. Mais l'aspect pédagogique m'y semble complètement raté et le tout parait superficiel et morne. Et les seules véritables informations que j'ai bien su capter m'étaient déjà largement inculquées par Scott McCloud de manière nettement plus claire et intelligente.
Paresse
Ces différents strips sur la vie de Pascal Girard ne m'ont pas fait beaucoup rire. J'ai du rire qu'une dizaine de fois et sur une centaine de pages, c'est plutôt maigre. J'ai l'étrange impression que Girard prenait un moment de sa vie en s'en fichant un peu si c'était drôle ou pas. Évidemment, je ne semble pas avoir le même humour que l'auteur, mais certains gags étaient tellement pas drôles que je me demande si c'était censé faire rire. Heureusement que l'auteur a deux chats et que je m'amusais à les voir faire des niaiseries. Ça à sauvé l'œuvre de l'ennui total.
Tombe (La Veste ?)
Seulement un 2/5 pour plusieurs raisons : - le dessin est trop chargé, le trait trop gras - l'ensemble est très décousu et le propos se répète par moments J'ai quand même lu l'ensemble sans problème, il y a des passages intéressants. Ce one shot est très noir, pessimiste, il reflète l'état d'esprit de l'auteur lors de sa création. Il sert de thérapie pour passer ce cap difficile. Sur le fond, l'initiative est intéressante, mais sur la forme, c'est vraiment brouillon. J'aime l'autobiographie mais plus positive sur le fond ou dans l'envie.
L'Orchidée Noire (Black Orchid)
L'orchidée noire est une "plante humaine" d'une jolie couleur violette, plutôt belle plante d'ailleurs. Cet univers ne m'est pas très familier. On croise quelques personnages connus des amateurs de comics comme Lex Luthor ou Poison Ivy, à part quelques uns je ne connais pas plus que ça. Surtout la narration est confuse, je n'ai pas accroché, trop pénible à lire. D'ailleurs le tout m'est assez difficile à résumer. Je suis assez mitigé sur le dessin. Parfois très beau, d'un réalisme troublant sur les visages par exemple. Parfois je trouve les choix de couleurs totalement laids, notamment les scènes dans la jungle d'un vert artificiel. La mise en page avec 2 fois 4 cases par planche n'est pas toujours le meilleur choix. L'édition ne facilite pas toujours la lecture, certaines cases sont à lire trop près de la reliure centrale. Sur une planche, la case de dialogue est située sur la droite et le texte coupé... Bref, lecture pas transcendante.
Les Poissart (Les Damnés de la terre associés)
J'ai honte auprès de vous d'avoir des lectures bien crades. Je ne le fais pas exprès ! Cela arrive de temps en temps. On ne sait pas sur quoi on peut tomber lorsqu'on emprunte à la bibliothèque municipale des oeuvres qu'on ne connaît pas. Quelquefois, on a de bonnes surprises car on tombe sur le chef d'oeuvre dont on serait passé à côté. D'autres fois et malheureusement le plus souvent, c'est le ratage complet. La bd connaît également ses navets. Pourtant, c'est signé Tronchet. Mais bon, la signature d'un grand auteur sur une oeuvre ne suffit pas pour entraîner une qualité quasi immédiate qu'il est de bon ton de louer. Après, il faut savoir jauger une bd sans préjugés. Je n'arrive pas à apprécier l'humour qui se dégage de cette bd car elle fait manifestement de beaucoup de cynisme. Les personnages sont laids et les situations poussives. C'est censé être amusant pour le lecteur. C'est censé lui donner une réflexion. Suis-je hermétique à l'humour jaune ? Qui ne le saurais pas ?... J'évite la note minimale car il y a de la recherche tout de même dans ces 16 drames poignants dont 20% serait gratuit d'après l'auteur.
Folies ordinaires
Folies ordinaires est l'une des oeuvres les plus glauques que j'ai pu lire. S'il y a des amateurs, cette oeuvre est faite pour vous. J'aime la noirceur baroque et violente dans une oeuvre lorsqu'elle s'inscrit avec grâce dans une utilité. Ici, nous ne savons pas où l'auteur nous emmène. Ce sont des tranches de vies de pauvres gens paumés que la société américaine a rejeté. La pire nouvelle que j'ai pu lire est celle intitulée "la putain de 300 livres" où un homme tout menu et un peu pervers souhaite se taper la femme la plus grosse qu'il a rencontrée dans un bar sordide. Bien sûr, le lit finit par craquer... cela devient un problème pour lui auprès de sa propriétaire un peu mormone sur les bords. La préoccupation majeure, c'est le bon état du lit ! Il renvoie manu militari la pauvre dame. Je ne souhaite pas dévoiler les autres nouvelles qui sont dans le même mauvais genre. Les auteurs ont voulu démontrer que l'american way of life peut également revêtir l'aspect le plus négatif. Fallait-il en venir à ces destins alcoolisés au milieu des taudis ? L'empire agonise et se meurt. Le mythe est mort. Ces thèmes ne font plus recettes chez moi surtout quand ils sont aussi vite galvaudés. Reste le bon coup de crayon de Schultheiss avec un agréable dessin en noir et blanc hachuré.