Les derniers avis (20712 avis)

Par Gaston
Note: 2/5
Couverture de la série Testosterror
Testosterror

J'aime bien Luz, mais ici je n'ai même pas pu finir l'album tellement je me suis ennuyé. Pourtant l'idée de départ est pas mal et je n'ai rien contre une satire sur les masculinistes. Et vu le nombre de conneries que je le lis sur internet, je pense que Luz n'a pas besoin de forcer bien le trait pour montrer comment ils peuvent être beaufs. Il y a aussi son dessin qui est toujours aussi dynamique et expressif. Le problème c'est que l'histoire est trop longue. J'ai eu l'impression de voir un sketch de 10 minutes qu'on étire inutilement pour en faire un film de 1h30. Il y a quelques passages qui m'ont amusé, mais très vite je trouvais que l'action était molle et que cela tournait en rond. Il y a beaucoup de dialogues et la plupart ne m'ont même pas fait sourire. Une déception en ce qui me concerne.

10/11/2024 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série Jamais renoncer - Le Vendée Globe qui déjoua tous les pronostics
Jamais renoncer - Le Vendée Globe qui déjoua tous les pronostics

Je suis un voileux, le Vendée Globe me fait rêver, et j'ai suivi certains d'entre eux avec passion : je comprends donc à quel point on peut avoir envie de raconter le déroulement d'une telle course, en particulier l'édition 2020-2021 qui a vu l'une de ses fins les plus disputées avec autant de concurrents arrivant presque en même temps après un tel périple autour du monde. Renaud Garreta a un bon coup de crayon mais peut-être un peu trop académique et photo-réaliste toutefois : cela parait un peu trop souvent être de la copie de photos, avec des visages très figés pour ressembler autant que possible aux vrais navigateurs représentés. Mais grâce à un encrage assez vivant et aux belles couleurs, cela passe bien malgré tout. Mais voilà... Je n'appelle pas cet album une BD. Quelques planches ont bien une narration séquentielle mais la très grande majorité sont davantage du texte illustré que de la BD. Ce sont parfois des témoignages de navigateurs tels qu'ils ont pu être rapportés dans la presse ou des reportages qui suivaient l'évènement, et d'autres fois le récit en texte du déroulement de la course, à chaque fois accompagnés d'images dessinées représentant les bateaux et les marins mais ne racontant pas une histoire. En terme de dynamisme, même les courses automobiles dans Michel Vaillant me paraissaient plus prenantes et animées. Là, c'est comme si on lisait un long article de presse accompagné de quelques photos, sauf que ces photos sont dessinées. Le dessin n'apporte rien, et il n'y a surtout aucune narration graphique. Si je voulais quelque chose qui ne soit pas une BD, j'aurais préféré écouter ce récit en vidéo et avoir droit à des images d'archives animées, ça aurait été plus vivant. Bref, autant le sujet est passionnant, autant le raconter ainsi le rend ennuyeux.

09/11/2024 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série Ronin
Ronin

Pour dire à que point Ronin ne m'a pas passionné, il faut comprendre que j'ai la série sur ma table de chevet depuis plus de 6 ans et qu'après avoir feuilleté le début, j'ai été si peu enthousiasmé que je l'ai laissée trainer tant d'années avant d'enfin presque me forcer à lire la série complète. Je l'avais achetée sur le nom de Frank Miller dont j'avais adoré le Batman - The Dark Knight returns mais dont j'avais ensuite été nettement plus déçu par ses publications plus récentes. Ronin est une série plus ancienne et donc aurait pu être mieux, mais je trouve au contraire qu'elle a mal vieilli. Pour commencer, à part un léger changement de situation en fin de troisième tome, le scénario de l'intrigue complète pourrait presque se résumer en une phrase. C'est très basique : l'esprit d'un samouraï (devenu ronin) se réincarne dans un monde futuriste pour combattre, avec une alliée humaine, l'esprit du démon qui a tué son maître, celui-ci s'emparant d'une société cybernétique capable de produire des robots de combat. Et nous voilà parti pour une suite de bastons au sabre d'un côté, et de prise de pouvoir de la société de l'autre avec l'aide d'une IA qui gère tout le bâtiment de la compagnie, se range aux côtés du démon et élimine peu à peu les humains qui pourraient se rendre compte de la supercherie. Là où c'est vieillot, c'est dans le ton et la narration graphique très inspirée, qui en fait trop et se prend trop au sérieux. C'est aussi dans le dessin de Miller qui n'a jamais été terrible techniquement mais aligne ici en plus ses tics graphiques un peu pénibles, notamment toutes ces pustules qui criblent autant ses personnages mutants que ses décors psychédéliques. Le rendu est laid et parfois peu lisible. L'histoire m'a ennuyé durant sa grosse majorité, à l'infime exception des derniers moments où on apprend que les choses ne pourraient finalement pas être exactement celles que l'on croyait... sans que cela change grand chose au final.

08/11/2024 (modifier)
Couverture de la série Les Aventures d'Hergé
Les Aventures d'Hergé

Je me suis un peu ennuyé à la lecture de cette "biographie" très partielle du plus célèbre auteur de BD européen du siècle dernier. J'ai toujours aimé Tintin et je ne renie pas mon affection malgré certains errements graves de son créateur. Las, malgré cela j'ai trouvé le scénario bien fade et quelquefois sans intérêt avec des épisodes ( vrais ou fictifs) qui n'apportent pas grand chose à la compréhension de l'homme ( comme le passage sur le lac Léman). On a souvent l'impression que les auteurs lancent des pistes (ses origines, le Congo, l'occupation, le positionnement vis à vis des personnes juives, …) sans conclure. Même au niveau management de ses équipes on ne comprend pas grand chose sur sa façon de faire sauf à boire de l'aquavit ( pour le rendre plus sympa ?). Les auteurs se replient sur sa vie sentimentale qui n'a rien de très originale. Le graphisme de Stanislas que j'avais apprécié dans les aventures en Indochine de Levallois colle très bien à cette ambiance vintage particulièrement pour les années 50/60. Sa ligne claire un peu pointue sait se démarquer de son modèle tout en le rappelant fortement. Une lecture sans vraiment d'intérêt quand on connaît le B-A BA de la vie de Georges Rémi.

08/11/2024 (modifier)
Couverture de la série Dofus Pets
Dofus Pets

Bon, bah ce n’était pas une lecture transcendante. Dofus Pets, c’est des courts gags autour d’animaux au sein d’une animalerie cherchant par tous les moyens à ne jamais être adoptés. C’est surtout beaucoup de gags convenus. La lecture n’est pas douloureuse, mais je la vois surtout comme une BD à lire pour passer le temps.

07/11/2024 (modifier)
Couverture de la série Les dessous de Dofus
Les dessous de Dofus

Petit album de gags publié après la sortie du film Dofus Livre I – Julith. C’est des petits gags autour des personnages du film. Quelques uns sont marrants mais pas vraiment de quoi rire aux éclats. La plupart d'entre eux sont vraiment trop convenus pour faire rire. Les courtes scènes peuvent garder un certain charme, un peu façon tranche de vie. Aucun grand scénario ou changement du statu quo, il faut dire que ça tourne surtout autour du quotidien des personnages, l'évènement perturbateur et l'action n'arrivant que dans le film. Ça reste divertissant (mais uniquement pour celleux ayant vu et apprécié le film je dirais).

07/11/2024 (modifier)
Couverture de la série Dofus - Julith & Jahash
Dofus - Julith & Jahash

Bon, bah raté. Ceci est le premier tome d’un dyptique qui était censé accompagner la sortie du film Dofus Livre I – Julith. Le film a fait un bide, le premier tome de cette BD un plus gros encore, le tome 2 n’est jamais sorti. Dommage ? Je dirais que non, l’histoire n’était pas très intéressante. Le but était de nous présenter les origines de Jahash (et sa rencontre avec Julith) et donc de servir de prequel pour le film. Mais rien ne nous est vraiment raconté. Jahash est un bouseux loser auquel personne ne croit mais il va devenir le plus grand magicien, attirant ainsi l’œil de Julith, la belle meurtrière. C’est convenu et rien n’est construit autour pour rendre ça intéressant. Le film, au moins, pour tous ses défauts, avait le mérite d’avoir une animation superbe (une prouesse quand on se rappelle que c’est animé en flash) et quelques idées intéressantes. Ici, c’est creux et oubliable. Et ça a été oublié. Les dessins sont beaux ceci-dit.

07/11/2024 (modifier)
Couverture de la série Dofus - Les Shushus de Rushu
Dofus - Les Shushus de Rushu

Hmm, je ne sais pas trop quoi dire. Le dessin est plus soigné que dans le manga Dofus, l’intrigue se disperse moins (c’est un one-shot, aussi) et ça ne commet pas l’erreur de tout tourner à la rigolade et d’ainsi tuer la crédibilité de l’histoire (en tout cas pas trop – en tout cas pas autant comparé à Dofus), mais ça n’en devient pas vraiment bon pour autant. C’est très convenu, ni entraînant, ni intriguant. Même dans l’univers étendu ça ne sert pas à grand-chose. Sortir la technique de la femme dans le frigo en tuant une amoureuse de Goultard ? Bah ça a déjà été fait trois fois auparavant (elles sont même mentionnées ici). Raconter la naissance du Dark Vlad ? Oui, à la limite. Mais comme sa naissance a été retconnée depuis, cet intérêt n’est plus. Nan, je vais quand-même mettre une deuxième étoile (note réelle 1,5) parce que ça n’est pas non plus une infamie. C’est juste parfaitement oubliable.

07/11/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 2/5
Couverture de la série Sexologie
Sexologie

C’est important les secondes chances, voire les troisièmes. - Ce tome contient une histoire complète indépendante de toute autre, encore que la dernière page se termine sur la mention : À suivre… La première édition date de 2023. Il a été réalisé par Maurice Barthélemy pour le scénario et la mise en scène. Il comprend soixante-quatorze pages de roman-photo. Il est interprété par douze acteurs en plus de l’auteur : Caroline Proust, Philippe Dusseau, Florence Maury, Pierre Hessler, Emmanuelle Bodin, Thierry Degrandi, Raphaelle Lenoble, Alexandre Tisseyre, Guillaume Prieur, Tess Barthélemy, Jennifer & Raphaël. L’équipe de réalisation est composée d’un responsable de la photo, d’une responsable de production (direction de collection, fournisseuse de pains au chocolat et de chaufferettes) d’un premier assistant, d’un responsable de la maquette et des truquages, d’un responsable du story-board et des illustrations. Quelque part à Paris, dans la cour intérieure d’un immeuble, devant porte d’un appartement une femme d’une soixantaine d’années accueille un monsieur en lui indiquant qu’elle l’attendait, en l’appelant monsieur Ledieu. Il la reprend : son nom, c’est Alex Primar. La psychologue, madame Shumacher, ne se souvient pas avoir rendez-vous avec lui, et elle le dirige la porte d’en face, estimant qu’il confond le cabinet de psychothérapie avec le vétérinaire. Primar lui fait observer qu’il n’est pas un chien. Il lui demande si elle est bien madame Schumacher, ce qu’elle confirme. Au vu de sa réponse positive, à son tour, il lui confirme que c’est bien ici qu’il a rendez-vous. Elle ne s’en souvient pas, mais elle le fait rentrer dans son cabinet. Ils s’assoient chacun dans un fauteuil côte à côte, face à une table basse. Elle lui demande ce qu’elle peut faire pour lui. Il répond qu’en fait il est venu la voir parce qu’il ne bande plus. Madame Schumacher relance la discussion par un C’est-à-dire ? Il répète : ben il ne bande plus. Elle reformule : il souffre d’un problème d’érection. Il rétorque que c’est grosso-modo la même chose. Elle lui demande si c’est un problème récent. Il développe : il n’a pas dit que c’était un problème, ni qu’il en souffrait. Il est venu la voir pour trouver une solution. Ça n’implique pas forcément que c’est un problème et qu’il en souffre. Ça fait un an et demi qu’il ne bande plus, et ça s’est arrêté d’un coup. Elle souhaite savoir si cela fait suite à un événement particulier : il pense que non. Avant il n’avait aucun problème pour bander. Il lui arrivait même de se branler une ou deux fois dans la journée. Et il bandait encore le soir quand il faisait l’amour avec sa nana. Un peu plus tard, il marche dans la rue avec un copain et il discute. Son ami souhaite savoir ce qu’elle lui a répondu. Alex se souvient : un truc du genre Pourquoi se masturber plusieurs fois dans une journée si on sait qu’on va retrouver sa copine le soir ? Alex a répondu que ça n’avait rien à voir. Son ami souhaite savoir s’il était amoureux de Noémie. Alex pense que oui. Il se rend compte que son ami ne l’écoute plus. Après Éric Judor avec Guacamole Vaudou (2023), c’est au tour d’un des membres de la troupe des Robins des Bois (Pierre-François Martin-Laval, Marina Foïs, Maurice Barthélemy, Pascal Vincent, Élise Larnicol, Jean-Paul Rouve), de se lancer dans le roman-photo. Enfin non, pas tout à fait : la couverture précise qu’il s’agit d’un photo-roman, avec un astérisque renvoyant à une explication, c’est-à-dire qu’un photo-roman est un roman-photo mais en mieux. Le lecteur se retrouve bien avancé avec ça. Il découvre une histoire racontée sous la forme de cases disposées en bande, parfois une image en pleine page, avec des personnages s’exprimant dans des phylactères, comme un dispositif classique de bande dessinée. Comme dans un roman-photo traditionnel, les personnages sont incarnés par des acteurs, une douzaine dont l’auteur, et la réalisation de l’œuvre nécessite la participation d’une équipe logistique en plus du photographe. Par comparaison avec un roman-photo traditionnel, le lecteur observe dès la première page que les décors et les environnements ont une apparence différente : il ne s’agit pas de photographies. Ils présentent une apparence de dessins : des formes détourées à l’encre ou avec un crayon très sec, et de vagues nuances de gris utilisées avec parcimonies. Dans l’équipe, il est fait mention de Guillaume Prieur, responsable de la maquette et des trucages. Le lecteur subodore qu’il a été appliqué un ou plusieurs filtres aux arrière-plans des photographies, jusqu’à leur donner cette apparence. Cette technique permettrait également d’ajouter plus facilement (ou à moindre coût) de menus détails. Le récit commence avec l’arrivée d’Alex Primar dans le cabinet de la psychologue madame Schumacher qui l’avait oublié, et avec le début de sa première consultation au cours de laquelle il indique ce qui l’amène là. D’un côté, cette thérapeute n’est pas sexologue ; de l’autre côté, le problème du personnage est de nature sexuelle. En page dix, la scène a changé et Primar raconte cette séance à un ami. En page treize, la scène change une nouvelle fois, avec Primar assis sur un banc, en train d’imaginer la conversation d’un homme et d’une femme qu’il voit en train de discuter à la fenêtre d’un appartement du premier étage. Il les surnomme JB et Mathilde, et une femme vient s’assoir à côté de lui sur le banc. En page vingt, commence la deuxième séance de Primar avec madame Schumacher. En page vingt-quatre, le récit revient à la scène de dialogue entre Primar et la dame sur le banc. Puis en page vingt-six retour à la séance de thérapie, en page vingt-neuf nouvelle discussion entre Primar et son ami, en page trente-quatre retour à la séance de thérapie. Cette alternance induit un certain dynamisme, sans toutefois que le lecteur ne discerne la raison de cette chronologie recomposée. Le lecteur a pu être attiré par le titre, évoquant une forme ou une autre de l’étude de la sexualité et de ses troubles. Le problème que rencontre Alex Primar relève effectivement de cette discipline, tout n’apparaissant que durant ces deux séances de psychothérapie et une visite chez une péripatéticienne, pour ne revenir qu’en dernière page du récit, avant l’épilogue. Quant à l’intrigue proprement dite, elle s’apparente à une tranche de vie, le personnage principal se rendant à deux séances chez la psychologue, papotant avec un pote, et se liant d’amitié avec une propriétaire de chien, rencontrée par hasard dans la rue. Tout en supposant que le titre annonce un thème présent dans chaque séquence, soit de manière explicite, soit de manière implicite, le lecteur s’interroge sur la structure du scénario, le lien logique entre chaque séquence n’apparaissant pas de façon évidente. D’un autre côté, la forme du récit, à base de photographies, lui assure une empathie automatique avec les personnages. Il peut très bien ne pas se reconnaître dans ces parisiens semblant un peu désœuvrés (pas sûr qu’ils travaillent, sauf madame Schumacher), mais leur caractère ordinaire les rend accessible. Maurice Barthélemy avec son air un peu bas du front, et ses vêtements confortables. Madame Schumacher, la soixantaine, dont le lecteur peut voir qu’elle conserve une forme de distance prudente, voire une forme de désintérêt pour son client. L’ami peu soucieux de son apparence et facilement distrait. Seule la propriétaire de chien semble plus vive, avec un soupçon d’élégance, mais sans arriver à se faire comprendre par Alex Primar. Le lecteur s’habitue rapidement à la forme de photo-roman, avec les décors comme passés au travers d’un filtre donnant l’apparence de dessins au crayon. Cela a pour effet de rendre les personnages plus réels car sous forme de photographie, ressortant d’autant plus sur les décors moins réels car étant comme dessinés. Cela peut apparaître étrange dans les trois images en pleine page (pages trois, quarante-sept et cinquante-deux) qui sont dépourvues de personnage humain, comme si l’ouvrage basculait dans la bande dessinée. La direction des acteurs privilégie les poses naturelles, et joue parfois sur l’exagération de l’expression d’un visage pour mieux faire apparaître une émotion, ou pour susciter un effet comique. Les prises de vue s’avèrent variées, sans effet spectaculaire, participant à la fois à inscrire le récit dans un réel ordinaire, à la fois à une narration visuelle diversifiée et intéressante. L’intrigue est dépourvue de tout rapport sexuel ; seule une prostituée apparaît le temps de quatre pages dans un chaste déshabillé, là encore dans une mise en scène banale dépourvue de titillation. Arrivé à la fin, le lecteur éprouve la sensation d’avoir lu un prologue à une série, plus qu’un récit complet. Il peut être conforté dans cette impression s’il a, par ailleurs, lu une interview de l’auteur dans laquelle il déclare qu’il avait écrit cette histoire pour que ce soit une série télévisée, et que lors d’une discussion avec son éditeur, le projet a évolué vers un photo-roman avant de le décliner en série. En connaissant l’auteur, le lecteur sait également qu’il va bénéficier de son humour nonsensique, héritage des Robins des Bois. C’est bien le cas, entre des scènes non sequitur, des remarques sortant de nulle part, un humour naissant de contrastes extrêmes, de rapprochements imprévisibles et incongrues, ou encore d’énormités proférées comme s’il s’agissait de banalités. Ce genre d’humour s’avère des plus délicats à manier, en fonction de la sensibilité du lecteur, pour évoluer entre des fulgurances géniales et des remarques triviales, préférant le troisième degré au second degré, c’est-à-dire en se moquant de moqueries sur la situation ou un comportement. Ce qui peut parfois apparaître comme une ringardise idiote, pathétique, une facilité juste navrante. Finalement, le lecteur se trouve bien en peine de cerner l’intention de l’auteur, de synthétiser sa lecture pour savoir ce qu’elle dit. Le thème de la solitude semble l’emporter, chaque personnage reste dans son monde, ses tracas, son expérience de vie, sans pouvoir se connecter à autrui, celui-ci également trop préoccupé pour pouvoir investir l’attention nécessaire pour une connexion empathique. Un photo-roman ou un roman-photo ? Des personnages photographiés évoluant dans des décors apparaissant comme dessinés. Des individus d’une banalité confondante dont le comportement révèle la singularité de leur personnalité, l’investissement impossible à consacrer pour pouvoir prêter une attention à autrui qui pourrait déboucher sur un dialogue profond, une empathie qui ne serait pas que superficielle. Un humour absurde souvent quitte ou double, entre effet de décalage énorme, et trivialité navrante.

07/11/2024 (modifier)
Couverture de la série Les Amants de l'Oisans
Les Amants de l'Oisans

Mouais. Je n’ai pas été emballé par cette lecture. L’album n’est ni mauvais ni inintéressant, mais il m’a en grande partie laissé froid. En fait, dessin et narration sont classiques, bien trop classiques et un peu « vieillots » je trouve. Ro parle d’académisme, c’est un peu ça, plus pour le récit que pour le dessin de Lacaf en fait (dès les premières pages, lorsque les membres de la cordée énumèrent dans leurs dialogues tous les points importants qui mènent au sommet de la Meije, ça fait récit pédagogique un peu lourd). Mais bon, en soi ça aurait pu passer. Mais l’histoire – ou les histoires sont moyennement captivantes. En fait, on peut dire que ça raconte deux histoires d’amour en parallèle. L’une déclare sa flamme à la Meije, mais plus généralement à la montagne (sa beauté, ses dangers), c’est la seule partie qui, malgré ses défauts, est réussie selon moi. L’autre histoire d’amour, entre une institutrice et un alpiniste anglais de la fin du dernier quart du XIXème siècle, est bien moins convaincante. Déjà la redécouverte du corps « congelé » de l’Anglais m’est apparu improbable. Mais ensuite le côté romanesque de cette histoire m’a moins convaincu que tout ce qui concernait les débuts de l’alpinisme ou la passion de la montagne. C’est en tout cas un album à recommander surtout à ceux que ces deux sujets intéressent. Les autres y trouveront peut-être moins leur compte. Note réelle 2,5/5.

06/11/2024 (modifier)