Le Merle à l’Alambic, c’est une histoire qui essaye d’être beaucoup de choses.
C’est l’histoire d’Hilde, une héroïne de guerre ayant réussi à refermer le portail vers le monde des démons lors des dernières croisades, qui va accepter de monter une boutique avec Elke, une alchimiste ayant récemment abandonné ses études. Mais maintenir à flot une boutique lorsque sa collègue est une alcoolique notoire et que certaines personnes souhaiteraient voir votre entreprise couler, ce n’est pas chose facile.
Voilà, ça c’est l’histoire telle qu’elle nous est présentée de base. Dans les faits, c’est aussi beaucoup d’autres choses.
On nous parle pêle-mêle de xénophobie, de traumatisme, d’alcoolisme, d’héritage, de liberté de choisir sa voie, d’une romance saphique, …
Le tout, récit de fantasy oblige, accompagné de son lore épais comme un far breton.
Un récit tellement fourni, si bien développé et mis en scène, ça peut marcher.
Ici, ça ne marche pas.
Je pense que c’est surtout un problème de forme et d’exécution.
Sur le papier l’histoire a du potentiel, mais le résultat sonne creux. Les évènements s’enchaînent trop vite, l’exposition se fait sans grande subtilité, les personnages passent leur temps à raconter ce qu’iels pensent mais on ne passe pas assez de temps à le ressentir avec elleux, le Happy End sonne vraiment faux, la romance ne convainc pas car la mise en scène préfère nous montrer les protagonistes rougir et se lancer des regards que de vraiment développer leurs sentiments, …
Tout ça, encore une fois, à cause de l’exécution et la mise en scène.
Je veux dire, c’est quand même un comble que dans un récit centré sur les émois et désirs de ses personnages, une romance qui plus est, je n’ai absolument pas eu l’impression de connaître qui que ce soit en refermant le livre. Si je les connais ce n’est que de manière détachée (un peu comme lorsqu’on lit un article Wikipédia sur une figure historique).
Je n’ai pas vraiment aimé les dessins. Leur problème principal est que je les trouve peu lisibles, certaines cases sont vraiment trop fournies et les traits épais n’aident pas.
C’est dommage, je les trouvais quelques fois jolis (la couverture et les images entre les chapitres m’ont plu par exemple).
Bref, quelques bonnes idées sur le papier mais un mauvais résultat.
Peut-être suis-je trop dure. A voir ce que quelqu’un d’autre en dirait.
S'il n'y avait pas eu le nom de Bill Watterson sur la couverture, je ne l'aurai probablement pas parcouru. Pourtant je n'ai jamais lu un Calvin et Hobbes, c'était plus par curiosité et la couverture intrigante. On va dire qu'on est au Moyen Age et il y a des mystères... dans une forêt sombre et mystérieuse, des chevaliers, une quête. L'homme n'est pas grand chose sur cette planète.
Assez anecdotique, cela se parcourt en une poignée de minutes. Page de gauche avec un petit texte et page de droite avec une image fixe. Un dessin noir et blanc certes joli, des personnages en pâte à modeler façon Wallace et Gromit, qui de Kascht ou Watterson fait quoi dans ce dessin on ne sait guère.
Aussi mystérieux sur le contenu que son titre.
Mouais. Ben cet album ne m’a vraiment pas convaincu.
Le dessin tout d’abord. Il est certes lisible, mais pas vraiment à mon goût. Pas exempt de défauts et d’irrégularités, c’est surtout qu’il manque de détails, de profondeur. Et la colorisation informatique donne un rendu que je n’aime pas, ça lisse tout.
Ensuite l’intrigue elle-même est mollassonne, il ne se passe pas grand-chose dans cet album. Surtout, je n’ai pas trop accroché au fantastique insufflé dans l’histoire, alors que ça semble même prendre le pas sur le reste dans la dernière page. J’aurais préféré quelque chose de purement historique, il y avait matière à développer une histoire dynamique et originale, autour des luttes entre Romains et « calédoniens ».
Je pense m’arrêter là pour cette série.
C’est terrible, on dirait une fan-fiction.
Et attention, hein : c’est une lectrice et grande défenseuse de l’exercice de la fan-fiction qui vous dit ça. Une fan-fiction c’est un travail d’écriture fascinant et personnel, et beaucoup d’auteur-ice talentueux-ses s’y essaient.
Mais ici, il s’agit d’une mauvaise fan-fiction. Celle que les détracteur-ice-s visualisent immédiatement quand le mot fan-fiction est prononcé. Les personnages sont flanderisés (c’est-à-dire que leurs traits de personnalité sont réduits à au strict minimum et qu’ils virent parfois à la parodie), le scénario part un peu à droite à gauche et on réutilise les mêmes idées et ressorts narratifs que dans l’histoire de base.
Un exemple ?
Bah comme dans à peu près toutes ses histoires, Tot nous ressort ici le coup de l’antagoniste très puissant et très méchant qui se révèle en fait avoir un passé tragique (la perte d’un être cher) expliquant comment iel est passé-e du côté obscur, et réalisant à la fin que sa quête ne valait pas le coup. C’est quand-même incroyable que Tot nous ressorte ça pour la troisième fois dans le même univers étendu (son représentant le plus populaire vient même de la série animée Wakfu).
Ah, oui, j’ai oublié de dire : c’est écrit par le scénariste de la série d’origine.
Cela ne rend l’aspect "mauvaise fan-fiction" que plus navrant.
Et le pire c’est que ce récit peu intéressant est canon ET important dans a suite de la série (ça se passe entre la saison 2 et les OAV pour les curieux-ses).
Il y a peu, j’ai regardé la saison 4 avec une amie et à un moment elle s’est demandé « tiens, mais il est où, en fait, Phaéris ? ».
Bonne question, Mathilde !
La réponse : il est mort comme un con dans une histoire annexe !
Nan, franchement, je ne conseille pas l’achat. Je conseille éventuellement la lecture à des fans de la série (après tout, c’est canon) mais il faut vraiment y aller en se disant qu’on ne va pas lire un chef d'œuvre.
------- Mise à jour du 13/11/2024 -------
Je reviens une semaine après pour adoucir un peu mon avis.
Non, je ne trouve pas soudainement que cette série est un chef d’œuvre, mais elle peut-être acceptable comme petite aventure pleine d’action. L’aspect mauvaise fan fiction et personnages souvent "hors caractère" comparé à la série initiale restent, mais ce n’est pas non plus une abomination.
Les dessins de Jefk et Sassine ne me plaisent pas vraiment mais ils restent bons sur quelques planches (quoi que souvent fouillis).
Le premier tome reste très douloureux à la lecture tout de même, personne ne vous en voudra de ne pas aller plus loin.
Bref, je ne conseille toujours pas l’achat à des néophytes (de toute façon, il faut avoir vu les deux premières saisons de la série pour tout comprendre) mais des fans pourraient s’y essayer.
Même si je fais abstraction de son statut d’abandonné, cette série ne m’a jamais trop convaincu.
Sa découverte à l’époque ne m’avait pas emballé, je l’avais jugé laborieuse et trop brouillonne, dessins comme scénario.
Ma nouvelle lecture sera un peu plus indulgente sur ces points mais je n’accroche toujours pas. En fait, je n’arrive pas vraiment à digérer le plat, à mes yeux trop lourd dans sa présentation.
Du coup, j’avoue que ça me fait ni chaud ni froid de ne pas connaître la suite. Affaire de goût, je n’ai pas su y desceller l’attrait de mes prédécesseurs.
A noter, un détail qui m’avait échappé en 1ere lecture (et que j’aime bien), c’est que Hostile était une tentative du scénariste d’élargir son univers créé avec Orbital. L’histoire prenant place sur une terre proche de l’explosion (la société j’entends) et avant sa rencontre avec les e.t.
Je n'ai pas été séduit par cette série jeunesse. Le choix graphique de l'auteur est assez original même si je trouve cela en décalage avec la narration écrite. En effet j'ai eu l'impression de lire une série qui visuellement renvoie vers de très jeunes lecteurs. Les teintes sont dans des pastels très doux, les détails sont minimalistes et les personnages manquent de volumes à mon goût. Cela irait probablement pour des lecteurs de 5/6 ans si le texte bien fourni ne s'adressait pas à un lectorat plus aguerri.
De plus j'ai mal compris le contexte de ces enfants perdus en pleine forêt dans une situation dite de "survie" et dont l'âge est vraiment indéterminé. J'ai eu l'impression que ce contexte n'était que prétexte à nous proposer un guide écolo de la découverte de la nature comme j'en ai lu dans le journal de Mickey ou chez les Barbapapa depuis des décennies.
Une thématique trop visitée qui ne sort pas des sentiers battus.
Les aventures rétrofuturistes d'un duo d'aventuriers bien américains qui vont combattre les nazis sur la Lune.
La BD se démarque avant tout par son graphisme proche du style Atome. Accompagné de son choix de couleurs un peu flashy, avec beaucoup de bleu et de rouge pêtant, cela donne des planches esthétiques qui attirent l'oeil. Toutefois, elles déçoivent un peu en terme de narration graphique, avec une mise en scène pas très claire et un léger abus de cadrages serrés sur des visages au détriment de l'action qu'elle se contente parfois de décrire dans les dialogues.
Ce n'est pas une histoire qui se prend au sérieux. Elle tient beaucoup de la parodie ou en tout cas de l'accumulation volontaire de clichés du genre. Il en découle un récit un peu ridicule mais... malheureusement peu marrant. On se fiche de ce qu'il arrive à des héros peu attachants et à des aventures où tout semble factice et stéréotypé. La faute à mes yeux à un problème de rythme. Alors que l'action grand spectacle est au menu, il y a un manque d'accroche du lecteur, pas d'enjeu, une mise en scène chaotique et surtout trop de passages tellement convenus qu'on se contente d'attendre qu'ils arrivent enfin longtemps après les avoir devinés. Quant à l'humour, il ne ressort ni des dialogues ni des situations : il laisse froid, amenant le lecteur que je suis à un réel ennui.
C'est bien dommage car j'aime le style Atome, le rétrofuturisme et la parodie. Mais là, c'est raté selon moi, à cause de la manière dont le récit est structuré et raconté.
Je suis amateur d’auteurs indés, européens ou américains, et je suis toujours à l’affut, lorsque je fouine dans les bacs, des petites pépites que ceux-ci peuvent révéler dans ce domaine. J’étais donc content de découvrir cet album, d’un auteur que je découvre. La présentation laissait augurer d’une parodie loufoque des super-héros.
Le ton est effectivement au pastiche. En tout cas l’auteur ne se prend pas au sérieux, et son super-héros, Big Head ne relève que des défis ridicules. Il combat des super-héros d’opérette, aux noms et aux pouvoirs improbables. La façon même qu’a Big Head de mater ses adversaires, à la fois naïve et facile, signe un certain second degré.
Le dessin de Jeffrey Brown est très simple, mais lisible. Très marqué par un certain underground, voire proche d’un certain fanzinat, cette simplicité peut convenir à ce style de récit.
Mais je suis resté un chouia sur ma faim. Ça se laisse lire, mais j’attendais un humour plus noir ou con, quelque chose qui serait davantage aller vers l’anticonformisme qui pointe ça ou là. Brown suit la trame des histoires de super-héros (en l’allégeant), mais n’écorne pas trop ce monde manichéen (en tout cas pas assez à mon goût). J’espérais plus me marrer en lisant ces aventures d’un super-héros du pauvre.
Note réelle 2,5/5.
Une lecture qui m’a laissé sur ma faim. Trop de longueurs, et une histoire que j’ai trouvé manquant de fond – et un peu d’intérêt.
Je ne connais pas le roman original (et plus globalement l’œuvre de Gogol), mais je sens que ça n’est pas ma came. Autant Dostoievski avait su me captiver, autant ici j’ai du mal.
Les premières pages, sorte de déclaration d’amour de Gogol à Saint-Petersbourg et son avenue phare, sont trop emphatiques (même si les dernières cases, reprenant les mêmes images, mais avec un texte au contraire désabusé et noir, éclairent différemment ce passage). Et la rupture de ton, lorsque apparaissent les deux hommes (l’artiste et le militaire), chacun courant derrière une femme rencontrée dans la rue, m’avait laissé croire à une accélération de l’intrigue.
Il n’en a hélas rien été, le rythme est resté lent, réalité et rêverie se mélangent, une sorte de nihilisme imbibé de mélancolie imprègne le récit, sans qu'une certaine poésie ou je ne sais quel drame ne lui donne suffisamment d’intérêt à mes yeux.
Le dessin de Redolfi est surprenant. Loin d’être « joli », il m’a quand même plu. Mais pas au point de me faire oublier que je m’ennuyais.
Grosse déception en ce qui me concerne. J’ai voulu lire la BD avant d’aller voir le film, la bande-annonce de ce dernier me faisant vraiment envie… mais je n’ai trouvé aucun intérêt à cet album.
Le concept me plaît, cette juxtaposition d’époques propose une réflexion puissante sur la futilité de la vie et le passage du temps… mais malheureusement l’histoire est tout simplement inexistante. L’auteur propose de courtes scènes indépendantes sans aucun lien, comme une série de polaroids montrés hors-contexte, il n’y a aucune continuité, aucune « intrigue », on ne s’attache pas du tout aux personnages.
Bref, je mets 2/5 de justesse pour saluer l’originalité de l’exercice… mais niveau plaisir de lecture, c’est clairement 1/5.
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Le Merle à l'Alambic
Le Merle à l’Alambic, c’est une histoire qui essaye d’être beaucoup de choses. C’est l’histoire d’Hilde, une héroïne de guerre ayant réussi à refermer le portail vers le monde des démons lors des dernières croisades, qui va accepter de monter une boutique avec Elke, une alchimiste ayant récemment abandonné ses études. Mais maintenir à flot une boutique lorsque sa collègue est une alcoolique notoire et que certaines personnes souhaiteraient voir votre entreprise couler, ce n’est pas chose facile. Voilà, ça c’est l’histoire telle qu’elle nous est présentée de base. Dans les faits, c’est aussi beaucoup d’autres choses. On nous parle pêle-mêle de xénophobie, de traumatisme, d’alcoolisme, d’héritage, de liberté de choisir sa voie, d’une romance saphique, … Le tout, récit de fantasy oblige, accompagné de son lore épais comme un far breton. Un récit tellement fourni, si bien développé et mis en scène, ça peut marcher. Ici, ça ne marche pas. Je pense que c’est surtout un problème de forme et d’exécution. Sur le papier l’histoire a du potentiel, mais le résultat sonne creux. Les évènements s’enchaînent trop vite, l’exposition se fait sans grande subtilité, les personnages passent leur temps à raconter ce qu’iels pensent mais on ne passe pas assez de temps à le ressentir avec elleux, le Happy End sonne vraiment faux, la romance ne convainc pas car la mise en scène préfère nous montrer les protagonistes rougir et se lancer des regards que de vraiment développer leurs sentiments, … Tout ça, encore une fois, à cause de l’exécution et la mise en scène. Je veux dire, c’est quand même un comble que dans un récit centré sur les émois et désirs de ses personnages, une romance qui plus est, je n’ai absolument pas eu l’impression de connaître qui que ce soit en refermant le livre. Si je les connais ce n’est que de manière détachée (un peu comme lorsqu’on lit un article Wikipédia sur une figure historique). Je n’ai pas vraiment aimé les dessins. Leur problème principal est que je les trouve peu lisibles, certaines cases sont vraiment trop fournies et les traits épais n’aident pas. C’est dommage, je les trouvais quelques fois jolis (la couverture et les images entre les chapitres m’ont plu par exemple). Bref, quelques bonnes idées sur le papier mais un mauvais résultat. Peut-être suis-je trop dure. A voir ce que quelqu’un d’autre en dirait.
Les Mystères
S'il n'y avait pas eu le nom de Bill Watterson sur la couverture, je ne l'aurai probablement pas parcouru. Pourtant je n'ai jamais lu un Calvin et Hobbes, c'était plus par curiosité et la couverture intrigante. On va dire qu'on est au Moyen Age et il y a des mystères... dans une forêt sombre et mystérieuse, des chevaliers, une quête. L'homme n'est pas grand chose sur cette planète. Assez anecdotique, cela se parcourt en une poignée de minutes. Page de gauche avec un petit texte et page de droite avec une image fixe. Un dessin noir et blanc certes joli, des personnages en pâte à modeler façon Wallace et Gromit, qui de Kascht ou Watterson fait quoi dans ce dessin on ne sait guère. Aussi mystérieux sur le contenu que son titre.
Caledonia
Mouais. Ben cet album ne m’a vraiment pas convaincu. Le dessin tout d’abord. Il est certes lisible, mais pas vraiment à mon goût. Pas exempt de défauts et d’irrégularités, c’est surtout qu’il manque de détails, de profondeur. Et la colorisation informatique donne un rendu que je n’aime pas, ça lisse tout. Ensuite l’intrigue elle-même est mollassonne, il ne se passe pas grand-chose dans cet album. Surtout, je n’ai pas trop accroché au fantastique insufflé dans l’histoire, alors que ça semble même prendre le pas sur le reste dans la dernière page. J’aurais préféré quelque chose de purement historique, il y avait matière à développer une histoire dynamique et originale, autour des luttes entre Romains et « calédoniens ». Je pense m’arrêter là pour cette série.
Wakfu
C’est terrible, on dirait une fan-fiction. Et attention, hein : c’est une lectrice et grande défenseuse de l’exercice de la fan-fiction qui vous dit ça. Une fan-fiction c’est un travail d’écriture fascinant et personnel, et beaucoup d’auteur-ice talentueux-ses s’y essaient. Mais ici, il s’agit d’une mauvaise fan-fiction. Celle que les détracteur-ice-s visualisent immédiatement quand le mot fan-fiction est prononcé. Les personnages sont flanderisés (c’est-à-dire que leurs traits de personnalité sont réduits à au strict minimum et qu’ils virent parfois à la parodie), le scénario part un peu à droite à gauche et on réutilise les mêmes idées et ressorts narratifs que dans l’histoire de base. Un exemple ? Bah comme dans à peu près toutes ses histoires, Tot nous ressort ici le coup de l’antagoniste très puissant et très méchant qui se révèle en fait avoir un passé tragique (la perte d’un être cher) expliquant comment iel est passé-e du côté obscur, et réalisant à la fin que sa quête ne valait pas le coup. C’est quand-même incroyable que Tot nous ressorte ça pour la troisième fois dans le même univers étendu (son représentant le plus populaire vient même de la série animée Wakfu). Ah, oui, j’ai oublié de dire : c’est écrit par le scénariste de la série d’origine. Cela ne rend l’aspect "mauvaise fan-fiction" que plus navrant. Et le pire c’est que ce récit peu intéressant est canon ET important dans a suite de la série (ça se passe entre la saison 2 et les OAV pour les curieux-ses). Il y a peu, j’ai regardé la saison 4 avec une amie et à un moment elle s’est demandé « tiens, mais il est où, en fait, Phaéris ? ». Bonne question, Mathilde ! La réponse : il est mort comme un con dans une histoire annexe ! Nan, franchement, je ne conseille pas l’achat. Je conseille éventuellement la lecture à des fans de la série (après tout, c’est canon) mais il faut vraiment y aller en se disant qu’on ne va pas lire un chef d'œuvre. ------- Mise à jour du 13/11/2024 ------- Je reviens une semaine après pour adoucir un peu mon avis. Non, je ne trouve pas soudainement que cette série est un chef d’œuvre, mais elle peut-être acceptable comme petite aventure pleine d’action. L’aspect mauvaise fan fiction et personnages souvent "hors caractère" comparé à la série initiale restent, mais ce n’est pas non plus une abomination. Les dessins de Jefk et Sassine ne me plaisent pas vraiment mais ils restent bons sur quelques planches (quoi que souvent fouillis). Le premier tome reste très douloureux à la lecture tout de même, personne ne vous en voudra de ne pas aller plus loin. Bref, je ne conseille toujours pas l’achat à des néophytes (de toute façon, il faut avoir vu les deux premières saisons de la série pour tout comprendre) mais des fans pourraient s’y essayer.
Hostile
Même si je fais abstraction de son statut d’abandonné, cette série ne m’a jamais trop convaincu. Sa découverte à l’époque ne m’avait pas emballé, je l’avais jugé laborieuse et trop brouillonne, dessins comme scénario. Ma nouvelle lecture sera un peu plus indulgente sur ces points mais je n’accroche toujours pas. En fait, je n’arrive pas vraiment à digérer le plat, à mes yeux trop lourd dans sa présentation. Du coup, j’avoue que ça me fait ni chaud ni froid de ne pas connaître la suite. Affaire de goût, je n’ai pas su y desceller l’attrait de mes prédécesseurs. A noter, un détail qui m’avait échappé en 1ere lecture (et que j’aime bien), c’est que Hostile était une tentative du scénariste d’élargir son univers créé avec Orbital. L’histoire prenant place sur une terre proche de l’explosion (la société j’entends) et avant sa rencontre avec les e.t.
Les Petits Robinsons
Je n'ai pas été séduit par cette série jeunesse. Le choix graphique de l'auteur est assez original même si je trouve cela en décalage avec la narration écrite. En effet j'ai eu l'impression de lire une série qui visuellement renvoie vers de très jeunes lecteurs. Les teintes sont dans des pastels très doux, les détails sont minimalistes et les personnages manquent de volumes à mon goût. Cela irait probablement pour des lecteurs de 5/6 ans si le texte bien fourni ne s'adressait pas à un lectorat plus aguerri. De plus j'ai mal compris le contexte de ces enfants perdus en pleine forêt dans une situation dite de "survie" et dont l'âge est vraiment indéterminé. J'ai eu l'impression que ce contexte n'était que prétexte à nous proposer un guide écolo de la découverte de la nature comme j'en ai lu dans le journal de Mickey ou chez les Barbapapa depuis des décennies. Une thématique trop visitée qui ne sort pas des sentiers battus.
Webster & Jones
Les aventures rétrofuturistes d'un duo d'aventuriers bien américains qui vont combattre les nazis sur la Lune. La BD se démarque avant tout par son graphisme proche du style Atome. Accompagné de son choix de couleurs un peu flashy, avec beaucoup de bleu et de rouge pêtant, cela donne des planches esthétiques qui attirent l'oeil. Toutefois, elles déçoivent un peu en terme de narration graphique, avec une mise en scène pas très claire et un léger abus de cadrages serrés sur des visages au détriment de l'action qu'elle se contente parfois de décrire dans les dialogues. Ce n'est pas une histoire qui se prend au sérieux. Elle tient beaucoup de la parodie ou en tout cas de l'accumulation volontaire de clichés du genre. Il en découle un récit un peu ridicule mais... malheureusement peu marrant. On se fiche de ce qu'il arrive à des héros peu attachants et à des aventures où tout semble factice et stéréotypé. La faute à mes yeux à un problème de rythme. Alors que l'action grand spectacle est au menu, il y a un manque d'accroche du lecteur, pas d'enjeu, une mise en scène chaotique et surtout trop de passages tellement convenus qu'on se contente d'attendre qu'ils arrivent enfin longtemps après les avoir devinés. Quant à l'humour, il ne ressort ni des dialogues ni des situations : il laisse froid, amenant le lecteur que je suis à un réel ennui. C'est bien dommage car j'aime le style Atome, le rétrofuturisme et la parodie. Mais là, c'est raté selon moi, à cause de la manière dont le récit est structuré et raconté.
Big Head
Je suis amateur d’auteurs indés, européens ou américains, et je suis toujours à l’affut, lorsque je fouine dans les bacs, des petites pépites que ceux-ci peuvent révéler dans ce domaine. J’étais donc content de découvrir cet album, d’un auteur que je découvre. La présentation laissait augurer d’une parodie loufoque des super-héros. Le ton est effectivement au pastiche. En tout cas l’auteur ne se prend pas au sérieux, et son super-héros, Big Head ne relève que des défis ridicules. Il combat des super-héros d’opérette, aux noms et aux pouvoirs improbables. La façon même qu’a Big Head de mater ses adversaires, à la fois naïve et facile, signe un certain second degré. Le dessin de Jeffrey Brown est très simple, mais lisible. Très marqué par un certain underground, voire proche d’un certain fanzinat, cette simplicité peut convenir à ce style de récit. Mais je suis resté un chouia sur ma faim. Ça se laisse lire, mais j’attendais un humour plus noir ou con, quelque chose qui serait davantage aller vers l’anticonformisme qui pointe ça ou là. Brown suit la trame des histoires de super-héros (en l’allégeant), mais n’écorne pas trop ce monde manichéen (en tout cas pas assez à mon goût). J’espérais plus me marrer en lisant ces aventures d’un super-héros du pauvre. Note réelle 2,5/5.
La Perspective Nevski
Une lecture qui m’a laissé sur ma faim. Trop de longueurs, et une histoire que j’ai trouvé manquant de fond – et un peu d’intérêt. Je ne connais pas le roman original (et plus globalement l’œuvre de Gogol), mais je sens que ça n’est pas ma came. Autant Dostoievski avait su me captiver, autant ici j’ai du mal. Les premières pages, sorte de déclaration d’amour de Gogol à Saint-Petersbourg et son avenue phare, sont trop emphatiques (même si les dernières cases, reprenant les mêmes images, mais avec un texte au contraire désabusé et noir, éclairent différemment ce passage). Et la rupture de ton, lorsque apparaissent les deux hommes (l’artiste et le militaire), chacun courant derrière une femme rencontrée dans la rue, m’avait laissé croire à une accélération de l’intrigue. Il n’en a hélas rien été, le rythme est resté lent, réalité et rêverie se mélangent, une sorte de nihilisme imbibé de mélancolie imprègne le récit, sans qu'une certaine poésie ou je ne sais quel drame ne lui donne suffisamment d’intérêt à mes yeux. Le dessin de Redolfi est surprenant. Loin d’être « joli », il m’a quand même plu. Mais pas au point de me faire oublier que je m’ennuyais.
Ici
Grosse déception en ce qui me concerne. J’ai voulu lire la BD avant d’aller voir le film, la bande-annonce de ce dernier me faisant vraiment envie… mais je n’ai trouvé aucun intérêt à cet album. Le concept me plaît, cette juxtaposition d’époques propose une réflexion puissante sur la futilité de la vie et le passage du temps… mais malheureusement l’histoire est tout simplement inexistante. L’auteur propose de courtes scènes indépendantes sans aucun lien, comme une série de polaroids montrés hors-contexte, il n’y a aucune continuité, aucune « intrigue », on ne s’attache pas du tout aux personnages. Bref, je mets 2/5 de justesse pour saluer l’originalité de l’exercice… mais niveau plaisir de lecture, c’est clairement 1/5.