Les Amants de l'Oisans

Note: 3/5
(3/5 pour 2 avis)

Fabien Lacaf et Nelly Moriquand mettent en scène une romance aux débuts de l’alpinisme, et en profitent pour représenter les magnifiques sommets de l’Oisans…


1872 - 1899 : de la IIIe république à la fin du XIXe siècle Escalade et alpinisme La BD au féminin La Montagne Les Alpes

Août 1927. C’est la fête à Saint-Christophe-en-Oisans, dans l’Isère : il y a 50 ans que la Meije, sommet mythique, a été vaincue par le guide Gaspard et son équipée, damant le pion à une cordée anglaise. Ce que tout le monde avait ignoré, c’est qu’un des Anglais était resté au point de départ pour les beaux yeux de l’institutrice... Il avait ensuite tenté de rejoindre le groupe et avait disparu dans la tourmente. Cinquante ans plus tard, quelques jeunes gens ont décidé de renouveler l'aventure. Ce qu’ils vont découvrir dans le glacier va faire ressurgir des évènements que Louise l’institutrice, vieille dame à présent, croyait appartenir à son passé…

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 19 Juin 2013
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Les Amants de l'Oisans
Les notes (2)
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24/09/2018 | Mac Arthur
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Par Ro
Note: 3/5
L'avatar du posteur Ro

Cette BD raconte deux histoires combinées : la première ascension réussie du Grand Pic de la Meije en 1877, ayant contribué à la naissance de l'alpinisme, et l'histoire d'amour tragique entre un jeune alpiniste anglais et une institutrice. C'est avant tout un hommage aux Alpes, à ses villages de montagne et à la passion pour l'escalade des hauts sommets, en nous offrant une vue pleine d'affection sur ce cadre et ce sport dans la seconde moitié du 19e siècle. Le dessin est beau. Ce sont de belles cases soignées, en couleurs directes, et quelques planches mimant des carnets de voyage et de croquis à l'aquarelle. Il n'y a que l'écriture manuscrite dure à déchiffrer de ces dernières pages là qui m'a un peu refroidi mais pour le reste, c'est joli et agréable à lire. L'histoire est intéressante et plutôt bien menée. Comme dit plus haut, j'ai vraiment ressenti le réel intérêt et l'affection des auteurs pour leur récit et pour ces Alpes et ces hommes et femmes qu'ils mettent en scène. Je connais très mal les Alpes et pas du tout la région des Écrins où se déroule cette histoire, et je ne suis pas amateur d'alpinisme, mais j'ai tout de même apprécié d'en découvrir les débuts et la passion de ceux qui le pratiquaient à l'époque. Je trouve toutefois que l'émotion peine un peu à se dégager de ce récit à la narration très académique. Je n'ai guère ressenti la force de l'amour entre les deux fameux amants et les toutes dernières pages, sensées être fortes émotionnellement, m'ont laissé un peu de marbre.

10/10/2019 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Sur base d’une fiction, cet album évoque la première ascension réussie de la Meije, un sommet mythique situé dans l’Isère. Une ascension qui nous ramène en 1877, époque à laquelle, faut-il le préciser, l’alpinisme ne ressemblait en rien à celui d’aujourd’hui. Même le ski n’en était qu’à ses premiers balbutiements et ses pratiquants étaient pris pour de sympathiques hurluberlus victimes d’une mode éphémère. Ceci dit afin de vous situer le contexte. Le scénario est donc bâti sur une solide base historique mais, plutôt que de nous offrir une évocation historique rigoureuse, les auteurs choisissent de nous conter une histoire d’amour qui vient se greffer dans ce contexte. C’est assez bien vu et tellement crédible que je crains que certains lecteurs prennent l’histoire pour argent comptant. A titre personnel, j’ai bien aimé cette manière de procéder. On évite le piège de la reproduction rigoureuse, avec dates et faits mais sans émotions, au profit d’une œuvre dans laquelle, justement, l’émotion occupe la première place. Emotion dans cette triste et belle (quoique avec un pathos parfois trop appuyé à mon goût) histoire d’amour mais aussi dans la retranscription des sentiments d’un des personnages principaux face à la beauté de la montagne. Le dessin de Lacaf convient parfaitement à ce récit, lui apportant une touche de romantisme tout en gardant une certaine rigueur dans son aspect réaliste. Bon, j’avoue, je suis fan de ce dessinateur depuis quelques temps déjà mais, systématiquement, je trouve que ce 19ème siècle convient à merveille à son trait comme à sa colorisation. La colorisation contribue d'ailleurs grandement au charme de l’album tout comme les planches du cahier intime illustré dans ces pages. Ce carnet est une jolie trouvaille pour nous offrir de beaux dessins sans nous faire quitter l’intrigue. Ne vous attendez pas à l’œuvre du siècle mais c’est un album qui aborde de manière originale l’alpinisme des temps glorieux, qui est bien illustré et qui offre un récit équilibré entre réalisme et romantisme. Une lecture recommandée et un achat non déconseillé si vous aimez les récits « montagnards ».

24/09/2018 (modifier)