Voilà une Bande dessinée sous forme multiple réalisée par un collectif autour du thème de la violence de l’homme sur la femme. L’opus est un mélange de genres avec quelques courtes histoires et des illustrations accompagnant du texte. Dans cet opus sont mélangés différents types de violence faite sur la femme : du viol à l’excision en passant par le fanatisme ou la simple bêtise, de nombreux récits illustrent le manifeste.
J’ai du mal à émettre un avis, car cet album est un ouvrage militant qui dénonce sans donner de solution (ne venez pas me dire que des N° de téléphone vont permettre d'annihiler ce fléau !). Ayant toujours du mal à apprécier les ouvrages politiques militants, cet opus ne fait pas exception. J’y vois trop de parti pris et d’aveuglement, trop de cas particuliers érigés en grande vérité, trop de conclusions hâtives maladroites.
En tant qu’homme je me suis senti agressé par ce manifeste, comme si nous étions la seule source de la violence du monde et tous porteurs d’une stupidité égoïste qui détruit la vie de femme par une folie intrinsèque à notre condition masculine. A la fin du récit je ressentais une honte d’être un homme : n’est-ce pas répété à de multiples reprises tous ces exemples d’hommes a priori sains qui sans raison particulière se mettent à battre des femmes, n’est-ce pas pilonné tout au long du récit que les femmes sont détruites pour le bonheur des Hommes. Pas de certains hommes, non de tous les Hommes…
Alors au-delà du discours convenu couramment vu dans toutes les formes de médias sur l’intolérance religieuse, la violence conjugale, le drame réel qui détruit la vie par une auto accusation de la victime… il n’y a rien. C’est déjà pas mal, me direz-vous, de parler de ce sujet dramatique. Certes, mais je doute que ça fasse changer d’avis ce jeune qui pense que si une fille s’habille sexy, ce n’est pas étonnant qu’elle se fasse violer, ce mi-vieux qui force sa femme, voire même cette mère qui fait exciser sa fille…
Sans parler des simples illustrations qui ne sont pas des BD les 3 ou 4 BD de l’album sont inégales au niveau du trait et de la couleur. J’ai trouvé la colorisation du récit de cette jeune excisée chaleureuse et utile tandis que celle des trois témoignages plate. Les dessins de tous les récits m’ont paru trop brouillons, trop gras à quelques exceptions près (les illustrations du récit du milieu du livre sont jolies).
Au final je n’ai vraiment pas aimé : les faits, tous aussi tragiques qu’ils soient deviennent moins percutants dans le manifeste que dans la critique subtile. Trop de cri tue le discours, trop de caricature tue le message. Dommage car ce message en soi mérite une place, le très touchant Inès était autrement plus saisissant...
Pouah que c'est indigeste ! Malgré un premier tome pas si nul, les albums suivants s'enlisent dans la médiocrité.
Je dois tout d'abord dire qu'il n'y a que le dessin que je n'ai pas détesté. On ne pourrait le qualifier de joli mais certains paysages sont agréables à regarder. Notez cependant qu'on est en présence d'illustrations de BD commerciale. Point positif, l'ambiance des lieux est respectée : des couleurs chaudes pour un Sud de la France et des tons grisâtres pour la capitale ;)
Passons maintenant à tout ce qui ne va pas : le reste. L'histoire, tout d'abord. Une jeune avocate déboule de Paris dans le patelin de son père où elle n'était quasiment plus revenue depuis une quinzaine d'année. Elle y découvre une ville rongée par la gangrène de la mafia, alliée aux politiques locaux (ah oui, le maire de la ville est son père mais ça n'a pas une grande incidence sur l'histoire), et décide que cela doit cesser. L'histoire, sans casser des briques, aurait pu être bien. Mais c'était sans compter sur le talent narratif inexistant de l'auteur.
Mortelle Riviera, non contente de nous ressortir des clichés sur la mafia et la politique (pas que ceux-là, on pourra s'amuser à faire un concours là dessus), comporte certains passages redondants qui n'apportent strictement rien à l'histoire sinon une pagination plus conséquente. Je pense en particulier aux scènes de racket. Mais pour le même espace de narration, le scénariste aurait pu (aurait dû) faire l'effort de poser un peu plus son récit, prendre le temps de nous exposer les personnages, développer leurs aspects psychologiques, etc.
En effet, tous les personnages sans exception jouissent d'une psychologie plus que limitée. Par exemple, Alix (pas notre webmaster préféré :: mais l'héroïne) n'a qu'un trait de caractère (mais de jolis yeux) qui est de vouloir à tout prix sauver son bourg d'une éventuelle transformation en French Sin City. Son père lui, est un faible de la pire espèce, tout le contraire de sa fille. Les méchants sont très méchants et les gentils ne le sont pas.. beaucoup ; les con-citoyens le sont vraiment. Bref, pas de quoi emmerder Freud.
Il me reste, entre autres, à vous parler des dialogues, qui sont d'un niveau objectivement bas. Loin d'être percutants, ils se paient même le luxe de nous embrouiller. Peut-être que l'auteur, dans son désir de faire passer son histoire comme sérieuse, a décidé d'appeler les personnages par leur titre et non leur nom. Quelques exemples viennent immédiatement éclaircir votre lanterne : Alix doit certainement cultiver une passion secrète pour les temps anciens puisqu'elle appelle toujours son père, "père". Passe encore. Mais lorsque tout le monde se met à l'appeler "le sénateur-maire", que ce soit dans la bouche de simples passants ou de dirigeants connaissant intimement la-dite personne ça devient réellement pesant.
Et je finirai par le point d'orgue de cette BD, la narration. Elle compte pour sûr parmi les plus mauvais exemples qu'il puisse exister. On passe sans cesse du coq à l'âne. On retrouve des personnages à droite à gauche sans aucune transition ou explication préalable. On doit constamment deviner qui fait quoi et pourquoi, ce qui s'avère usant à la longue.
Je me suis même surpris à survoler l'histoire vers la fin, tant les ficelles sont grosses et les dialogues décousus. Bref, une lecture à éviter sous peine de finir comme l'héroïne.
J'aime le roman graphique lorsqu'il évoque le quotidien de ses personnages. Encore faut 'il que ce quotidien soit intéressant ou prenant. Ici, l'ennui guette très vite le lecteur car cela reste toujours terre à terre.
Le message que souhaite faire passer l'auteur n'est pas compris. Où veut-il en venir en décortiquant chaque scène de la sorte ? En tant que lecteur, je n'ai rien ressenti. C'est affreux quand même.
On a droit à un remplissage sous forme de recueil dessiné à chaque fois par des dessinateurs différents. L'ensemble n'est d'ailleurs pas très homogène. Qu'importe ce détail au fond. Ce qui compte, c'est l'intérêt qu'on pourrait avoir entre la fuite d'eau de la chasse des toilettes ou encore des lunettes perdues de la fille... Moi, je n'en vois aucun !
De la baston et rien que de la baston dans un univers futuriste traité à la manière d'un jeu vidéo. Il faut véritablement aimer le virtuel ainsi que le goût de l'inachevé.
Y a t'il seulement un scénario ? Oui mais celui-ci se révèle peu palpitant : Néru est un garçon timide qui ne se passionne pas pour les jeux vidéos comme les gens de son âge. Il va y avoir une confrontation avec Yagami, un spécialiste des jeux, qui le blesse dans son orgueil. L'affrontement peut commencer. Cela se révèle sans aucune originalité tant ces ingrédients ont déjà été utilisé maintes fois dans les mangas que j'ai pu lire. J'attends désormais autre chose que cela. Il faudrait d'ailleurs que je revoie ma note sur Naruto car je ne pensais pas qu'on pouvait descendre aussi bas. Oui, à côté, Naruto apparaît comme un must.
Il faut s'accrocher tant cela paraît insipide surtout au niveau des dialogues. Même le graphisme manque de dynamisme ce qui ne colle pas à ce genre d'histoire d'action. Oui, on pourra nettement passer son chemin.
Là encore, j'ai adoré la licence Shrek au cinéma : cet ogre verdâtre au coeur tendre. Son adaptation sur le terrain de la bande dessinée se révèle catastrophique. La magie vole en éclat.
Que s'est 'il passé pour en arriver là ? Le public aime Shrek pour l'audace, pour l'autodérision, pour des répliques qui font mouche. Bref, Shrek a révolutionné le dessin d'animation en prenant le contre-pied des productions Disney et de leur mièvrerie en chanson.
En l'espèce, nous avons droit à un scénario débile dénué de toute grâce. On ne peut être que déçu. Les enfants aimeront certainement. L'adulte que je suis n'y trouvera pas son compte, ni son bonheur.
C'est là où je dis que certaines productions cinématographiques ne devraient pas lorgner sur la bd qui est vue comme un support intéressant ou un produit dérivé lucratif selon chaque vision des choses.
Avis sur la série Ring :
J'avais vu le film dans sa version originale japonaise puis l'adaptation occidentale qui était franchement loupée. Cela n'a d'ailleurs pas empêché une suite qui s'est révélé catastrophique ...
Je voulais découvrir le manga car je me disais que cela me rapprocherait de ce que j'avais apprécié dans la version originale. Cependant, l'adaptation se révèle véritablement décevante. La construction du scénario en est la cause principale.
Par ailleurs, le traitement graphique laisse vraiment à désirer. Que dire de plus ? Je mets une étoile pour l'encre et le papier.
Avis sur le hors-série Birthday :
Encore une fois, j'avais bien aimé le film "The ring" notamment dans sa version initiale japonaise qui nous glaçait littéralement d'effroi. L'exploitation commerciale qui en a été faite par la suite n'a pas été de mon goût. Lors de sa sortie en 1999, le magnétoscope allait être supplanté totalement par le lecteur DVD: cela faisait déjà comme un anachronisme d'une époque révolue.
Voilà désormais que l'auteur initial passe le flambeau à un inconnu qui fait un genre de livre anniversaire qui n'apportera au final pas grand chose. L'originalité se situe dans le fait qu'on ne regarde plus la cassette mais on l'entends et cela suffit pour que la malédiction s'abatte irrémédiablement. Trop léger pour surprendre !
Le scénario de retour de flammes est digne de rentrer dans mon classement du nanard de l'année. Imaginez un homme se nommant Nastro dont la famille était ouvrière et qui s'apprête à être le futur Premier Ministre Français.
Cependant, dans sa grande demeure de Neuilly, la veille de sa nomination, les fantômes du passé vont l'empêcher d'assouvir sa soif de pouvoir. On aura même droit à une scène de voiture digne du film Fast and furious ou encore de La fureur de vivre avec James Dean. Au volant, le futur premier Ministre : on croit rêver ! Franchement pathétique !
Le pire est que le graphisme ne sauve absolument pas l'ensemble. Les traits en noir et blanc sont d'une telle médiocrité qu'on ne reconnaît même pas les personnages. C'était déjà rocambolesque mais là, on s'enfonce vraiment. Cela se voulait être un polar noir. Cela m'a franchement bien fait rigoler !
Avant d'élire un président métis, les Etats-Unis ont connu une véritable ségrégation dont ont été victimes les Noirs. Cela allait des écoles aux transports publics, aux hôtels ou même au sport. Les lois du "Jim Crow" ont duré jusqu'en 1964 : près de 70 ans !
Or, dans les années 30, un athlète exceptionnel allait se distinguer au sein des ligues de couleur dans un sport typiquement américain : le base-ball. Il allait devenir la première star afro-américaine de l'histoire du sport comme celui qui avait le lancer de balle le plus rapide de tout l'Ouest. Cet ouvrage est censé retracer sa vie et démontrer qu'il a pu contribuer à la lutte contre le racisme et la ségrégation raciale.
Cependant, on est tout de suite plongé dans un match de base-ball. On peut aimer comme moi les Etats-Unis en n'étant pas du tout adepte de ce sport. Les scènes sont minutieusement commentées comme si on assistait à un véritable match ...
J'aurais aimé voir une véritable analyse sociale des Etats-Unis des années 30 et 40. Bref, ce n'est pas ce que j'en attendais et on est dès lors très vite gagné par l'ennui si on n'est pas un fan de ce sport. J'ajouterai même plus: un ennui réellement mortel !
Appréciant beaucoup le dessin de Mazan je me suis lancée dans cette lecture que j'attendais prometteuse, vu les nombreuses critiques élogieuses. Résultat des courses j'ai trouvé le tome un juste cucul et le tome deux juste con-con.
Premier tome : une histoire de végétariens maigrichons évoluant dans au milieu d'obèses bouffeurs de viande, comme si seuls les carnivores pouvaient être gros… On y trouve une fille pleine de tocs, tête à claques et anorexique de surcroît, attirée par un Philibert tout fado et disséqueur de cadavres, leur histoire d'amour est toute platounette et l'issue largement prévisible.
Deuxième tome : un pauvre polar tout mou dont je n'ai pratiquement plus de souvenirs tant il se passe des choses passionnantes.
La poésie dans tout ça ? J'en ai pas vu la moindre petite parcelle mais j'ai bien senti que c'était le but de l'auteur. C'est par l'extrême simplicité narrative qu'il a voulu faire passer une certaine émotion, à mon goût c'est juste simplet et sans saveur.
Un auteur inconnu du public, un label indépendant, une bd méconnue... Voilà pour le cadre.
Le dessin est véritablement horrible. Aucune finesse du trait ! C'est un style qui se voulait proche des années de Métal Hurlant. On se noie dans une brutale simplicité graphique. Que dire de l'histoire alors ? Franchement, c'est pathétique. Sans queue ni tête... Absurde et burlesque se mélangent allègrement pour pondre ça.
Visiblement, un tome 2 était annoncé. Depuis 2002, il n'a pas vu le jour. On n'a rien loupé. Cela fait partie d'une expérimentation d'auteur qui cherche à percer. Tout le monde n'a pas le talent. En l'espèce, c'est trop manifeste d'où un jugement sans appel de ma part. Quand il n'y a rien à sauver, je le dis tout simplement. A éviter !
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En chemin elle rencontre...
Voilà une Bande dessinée sous forme multiple réalisée par un collectif autour du thème de la violence de l’homme sur la femme. L’opus est un mélange de genres avec quelques courtes histoires et des illustrations accompagnant du texte. Dans cet opus sont mélangés différents types de violence faite sur la femme : du viol à l’excision en passant par le fanatisme ou la simple bêtise, de nombreux récits illustrent le manifeste. J’ai du mal à émettre un avis, car cet album est un ouvrage militant qui dénonce sans donner de solution (ne venez pas me dire que des N° de téléphone vont permettre d'annihiler ce fléau !). Ayant toujours du mal à apprécier les ouvrages politiques militants, cet opus ne fait pas exception. J’y vois trop de parti pris et d’aveuglement, trop de cas particuliers érigés en grande vérité, trop de conclusions hâtives maladroites. En tant qu’homme je me suis senti agressé par ce manifeste, comme si nous étions la seule source de la violence du monde et tous porteurs d’une stupidité égoïste qui détruit la vie de femme par une folie intrinsèque à notre condition masculine. A la fin du récit je ressentais une honte d’être un homme : n’est-ce pas répété à de multiples reprises tous ces exemples d’hommes a priori sains qui sans raison particulière se mettent à battre des femmes, n’est-ce pas pilonné tout au long du récit que les femmes sont détruites pour le bonheur des Hommes. Pas de certains hommes, non de tous les Hommes… Alors au-delà du discours convenu couramment vu dans toutes les formes de médias sur l’intolérance religieuse, la violence conjugale, le drame réel qui détruit la vie par une auto accusation de la victime… il n’y a rien. C’est déjà pas mal, me direz-vous, de parler de ce sujet dramatique. Certes, mais je doute que ça fasse changer d’avis ce jeune qui pense que si une fille s’habille sexy, ce n’est pas étonnant qu’elle se fasse violer, ce mi-vieux qui force sa femme, voire même cette mère qui fait exciser sa fille… Sans parler des simples illustrations qui ne sont pas des BD les 3 ou 4 BD de l’album sont inégales au niveau du trait et de la couleur. J’ai trouvé la colorisation du récit de cette jeune excisée chaleureuse et utile tandis que celle des trois témoignages plate. Les dessins de tous les récits m’ont paru trop brouillons, trop gras à quelques exceptions près (les illustrations du récit du milieu du livre sont jolies). Au final je n’ai vraiment pas aimé : les faits, tous aussi tragiques qu’ils soient deviennent moins percutants dans le manifeste que dans la critique subtile. Trop de cri tue le discours, trop de caricature tue le message. Dommage car ce message en soi mérite une place, le très touchant Inès était autrement plus saisissant...
Mortelle Riviera
Pouah que c'est indigeste ! Malgré un premier tome pas si nul, les albums suivants s'enlisent dans la médiocrité. Je dois tout d'abord dire qu'il n'y a que le dessin que je n'ai pas détesté. On ne pourrait le qualifier de joli mais certains paysages sont agréables à regarder. Notez cependant qu'on est en présence d'illustrations de BD commerciale. Point positif, l'ambiance des lieux est respectée : des couleurs chaudes pour un Sud de la France et des tons grisâtres pour la capitale ;) Passons maintenant à tout ce qui ne va pas : le reste. L'histoire, tout d'abord. Une jeune avocate déboule de Paris dans le patelin de son père où elle n'était quasiment plus revenue depuis une quinzaine d'année. Elle y découvre une ville rongée par la gangrène de la mafia, alliée aux politiques locaux (ah oui, le maire de la ville est son père mais ça n'a pas une grande incidence sur l'histoire), et décide que cela doit cesser. L'histoire, sans casser des briques, aurait pu être bien. Mais c'était sans compter sur le talent narratif inexistant de l'auteur. Mortelle Riviera, non contente de nous ressortir des clichés sur la mafia et la politique (pas que ceux-là, on pourra s'amuser à faire un concours là dessus), comporte certains passages redondants qui n'apportent strictement rien à l'histoire sinon une pagination plus conséquente. Je pense en particulier aux scènes de racket. Mais pour le même espace de narration, le scénariste aurait pu (aurait dû) faire l'effort de poser un peu plus son récit, prendre le temps de nous exposer les personnages, développer leurs aspects psychologiques, etc. En effet, tous les personnages sans exception jouissent d'une psychologie plus que limitée. Par exemple, Alix (pas notre webmaster préféré :: mais l'héroïne) n'a qu'un trait de caractère (mais de jolis yeux) qui est de vouloir à tout prix sauver son bourg d'une éventuelle transformation en French Sin City. Son père lui, est un faible de la pire espèce, tout le contraire de sa fille. Les méchants sont très méchants et les gentils ne le sont pas.. beaucoup ; les con-citoyens le sont vraiment. Bref, pas de quoi emmerder Freud. Il me reste, entre autres, à vous parler des dialogues, qui sont d'un niveau objectivement bas. Loin d'être percutants, ils se paient même le luxe de nous embrouiller. Peut-être que l'auteur, dans son désir de faire passer son histoire comme sérieuse, a décidé d'appeler les personnages par leur titre et non leur nom. Quelques exemples viennent immédiatement éclaircir votre lanterne : Alix doit certainement cultiver une passion secrète pour les temps anciens puisqu'elle appelle toujours son père, "père". Passe encore. Mais lorsque tout le monde se met à l'appeler "le sénateur-maire", que ce soit dans la bouche de simples passants ou de dirigeants connaissant intimement la-dite personne ça devient réellement pesant. Et je finirai par le point d'orgue de cette BD, la narration. Elle compte pour sûr parmi les plus mauvais exemples qu'il puisse exister. On passe sans cesse du coq à l'âne. On retrouve des personnages à droite à gauche sans aucune transition ou explication préalable. On doit constamment deviner qui fait quoi et pourquoi, ce qui s'avère usant à la longue. Je me suis même surpris à survoler l'histoire vers la fin, tant les ficelles sont grosses et les dialogues décousus. Bref, une lecture à éviter sous peine de finir comme l'héroïne.
American Splendor - Un jour comme les autres
J'aime le roman graphique lorsqu'il évoque le quotidien de ses personnages. Encore faut 'il que ce quotidien soit intéressant ou prenant. Ici, l'ennui guette très vite le lecteur car cela reste toujours terre à terre. Le message que souhaite faire passer l'auteur n'est pas compris. Où veut-il en venir en décortiquant chaque scène de la sorte ? En tant que lecteur, je n'ai rien ressenti. C'est affreux quand même. On a droit à un remplissage sous forme de recueil dessiné à chaque fois par des dessinateurs différents. L'ensemble n'est d'ailleurs pas très homogène. Qu'importe ce détail au fond. Ce qui compte, c'est l'intérêt qu'on pourrait avoir entre la fuite d'eau de la chasse des toilettes ou encore des lunettes perdues de la fille... Moi, je n'en vois aucun !
Zero One
De la baston et rien que de la baston dans un univers futuriste traité à la manière d'un jeu vidéo. Il faut véritablement aimer le virtuel ainsi que le goût de l'inachevé. Y a t'il seulement un scénario ? Oui mais celui-ci se révèle peu palpitant : Néru est un garçon timide qui ne se passionne pas pour les jeux vidéos comme les gens de son âge. Il va y avoir une confrontation avec Yagami, un spécialiste des jeux, qui le blesse dans son orgueil. L'affrontement peut commencer. Cela se révèle sans aucune originalité tant ces ingrédients ont déjà été utilisé maintes fois dans les mangas que j'ai pu lire. J'attends désormais autre chose que cela. Il faudrait d'ailleurs que je revoie ma note sur Naruto car je ne pensais pas qu'on pouvait descendre aussi bas. Oui, à côté, Naruto apparaît comme un must. Il faut s'accrocher tant cela paraît insipide surtout au niveau des dialogues. Même le graphisme manque de dynamisme ce qui ne colle pas à ce genre d'histoire d'action. Oui, on pourra nettement passer son chemin.
Shrek
Là encore, j'ai adoré la licence Shrek au cinéma : cet ogre verdâtre au coeur tendre. Son adaptation sur le terrain de la bande dessinée se révèle catastrophique. La magie vole en éclat. Que s'est 'il passé pour en arriver là ? Le public aime Shrek pour l'audace, pour l'autodérision, pour des répliques qui font mouche. Bref, Shrek a révolutionné le dessin d'animation en prenant le contre-pied des productions Disney et de leur mièvrerie en chanson. En l'espèce, nous avons droit à un scénario débile dénué de toute grâce. On ne peut être que déçu. Les enfants aimeront certainement. L'adulte que je suis n'y trouvera pas son compte, ni son bonheur. C'est là où je dis que certaines productions cinématographiques ne devraient pas lorgner sur la bd qui est vue comme un support intéressant ou un produit dérivé lucratif selon chaque vision des choses.
Ring
Avis sur la série Ring : J'avais vu le film dans sa version originale japonaise puis l'adaptation occidentale qui était franchement loupée. Cela n'a d'ailleurs pas empêché une suite qui s'est révélé catastrophique ... Je voulais découvrir le manga car je me disais que cela me rapprocherait de ce que j'avais apprécié dans la version originale. Cependant, l'adaptation se révèle véritablement décevante. La construction du scénario en est la cause principale. Par ailleurs, le traitement graphique laisse vraiment à désirer. Que dire de plus ? Je mets une étoile pour l'encre et le papier. Avis sur le hors-série Birthday : Encore une fois, j'avais bien aimé le film "The ring" notamment dans sa version initiale japonaise qui nous glaçait littéralement d'effroi. L'exploitation commerciale qui en a été faite par la suite n'a pas été de mon goût. Lors de sa sortie en 1999, le magnétoscope allait être supplanté totalement par le lecteur DVD: cela faisait déjà comme un anachronisme d'une époque révolue. Voilà désormais que l'auteur initial passe le flambeau à un inconnu qui fait un genre de livre anniversaire qui n'apportera au final pas grand chose. L'originalité se situe dans le fait qu'on ne regarde plus la cassette mais on l'entends et cela suffit pour que la malédiction s'abatte irrémédiablement. Trop léger pour surprendre !
Retour de flammes
Le scénario de retour de flammes est digne de rentrer dans mon classement du nanard de l'année. Imaginez un homme se nommant Nastro dont la famille était ouvrière et qui s'apprête à être le futur Premier Ministre Français. Cependant, dans sa grande demeure de Neuilly, la veille de sa nomination, les fantômes du passé vont l'empêcher d'assouvir sa soif de pouvoir. On aura même droit à une scène de voiture digne du film Fast and furious ou encore de La fureur de vivre avec James Dean. Au volant, le futur premier Ministre : on croit rêver ! Franchement pathétique ! Le pire est que le graphisme ne sauve absolument pas l'ensemble. Les traits en noir et blanc sont d'une telle médiocrité qu'on ne reconnaît même pas les personnages. C'était déjà rocambolesque mais là, on s'enfonce vraiment. Cela se voulait être un polar noir. Cela m'a franchement bien fait rigoler !
Black Star - La véritable histoire de Satchel Paige
Avant d'élire un président métis, les Etats-Unis ont connu une véritable ségrégation dont ont été victimes les Noirs. Cela allait des écoles aux transports publics, aux hôtels ou même au sport. Les lois du "Jim Crow" ont duré jusqu'en 1964 : près de 70 ans ! Or, dans les années 30, un athlète exceptionnel allait se distinguer au sein des ligues de couleur dans un sport typiquement américain : le base-ball. Il allait devenir la première star afro-américaine de l'histoire du sport comme celui qui avait le lancer de balle le plus rapide de tout l'Ouest. Cet ouvrage est censé retracer sa vie et démontrer qu'il a pu contribuer à la lutte contre le racisme et la ségrégation raciale. Cependant, on est tout de suite plongé dans un match de base-ball. On peut aimer comme moi les Etats-Unis en n'étant pas du tout adepte de ce sport. Les scènes sont minutieusement commentées comme si on assistait à un véritable match ... J'aurais aimé voir une véritable analyse sociale des Etats-Unis des années 30 et 40. Bref, ce n'est pas ce que j'en attendais et on est dès lors très vite gagné par l'ennui si on n'est pas un fan de ce sport. J'ajouterai même plus: un ennui réellement mortel !
Les Aventures de Philibert
Appréciant beaucoup le dessin de Mazan je me suis lancée dans cette lecture que j'attendais prometteuse, vu les nombreuses critiques élogieuses. Résultat des courses j'ai trouvé le tome un juste cucul et le tome deux juste con-con. Premier tome : une histoire de végétariens maigrichons évoluant dans au milieu d'obèses bouffeurs de viande, comme si seuls les carnivores pouvaient être gros… On y trouve une fille pleine de tocs, tête à claques et anorexique de surcroît, attirée par un Philibert tout fado et disséqueur de cadavres, leur histoire d'amour est toute platounette et l'issue largement prévisible. Deuxième tome : un pauvre polar tout mou dont je n'ai pratiquement plus de souvenirs tant il se passe des choses passionnantes. La poésie dans tout ça ? J'en ai pas vu la moindre petite parcelle mais j'ai bien senti que c'était le but de l'auteur. C'est par l'extrême simplicité narrative qu'il a voulu faire passer une certaine émotion, à mon goût c'est juste simplet et sans saveur.
Botanica
Un auteur inconnu du public, un label indépendant, une bd méconnue... Voilà pour le cadre. Le dessin est véritablement horrible. Aucune finesse du trait ! C'est un style qui se voulait proche des années de Métal Hurlant. On se noie dans une brutale simplicité graphique. Que dire de l'histoire alors ? Franchement, c'est pathétique. Sans queue ni tête... Absurde et burlesque se mélangent allègrement pour pondre ça. Visiblement, un tome 2 était annoncé. Depuis 2002, il n'a pas vu le jour. On n'a rien loupé. Cela fait partie d'une expérimentation d'auteur qui cherche à percer. Tout le monde n'a pas le talent. En l'espèce, c'est trop manifeste d'où un jugement sans appel de ma part. Quand il n'y a rien à sauver, je le dis tout simplement. A éviter !