Cela faisait un certain temps qu'un album ne m'était pas tombé des mains.
Et comme j'apprécie beaucoup Ted Naifeh et surtout sa formidable série Courtney Crumrin, je ne pensais pas que j'allais rendre les armes sur celui-ci.
Mais malgré toute ma bonne volonté, il m'a bien fallu me rendre à l'évidence : ce Gloomcookie m'a profondément ennuyé et j'ai finalement dû jeter l'éponge.
Certes, c'est Ted Naifeh (du moins au dessin, pas au scénario), on retrouve l'ambiance gothique pseudo-burtonien qu'il affectionne mais pour le reste... toutes ces histoires de coucheries, de manipulations, de spleen adolescent, de discussions entre copines autour d'une verre sur le dernier rencart en date et la longueur du pénis du mec dans une espèce de communauté de goths à l'attitude agaçante dans leur ton affecté (ce qui fait qu'aucun n'a attiré ma sympathie) n'ont jamais réussi à éveiller mon intérêt.
On est très loin du charme, de la poésie, de la causticité, de la critique sociale pertinente, de l'émotion et des excellents scénarios des Courtney Crumrin.
Même graphiquement, c'est en-dessous.
Et le mélange fantastique/vie quotidienne fonctionne moins bien qu'avec Courtney, d'autant que le fantastique m'a semblé assez artificiellement plaqué sur cet univers finalement très terre-à-terre et trivial.
Ce mix entre surnaturel et histoires de moeurs/tranches de vie n'était pas une mauvaise idée en soi et on pourrait même trouver cette approche plutôt originale mais ces deux tendances sont trop inégales, la première tenant surtout lieu de décorum et la seconde prenant une trop grande place sans pour autant arriver à intéresser par ses historiettes où des personnages aussi falots que poseurs se croisent, se séparent, se recroisent et vogue la galère relationnelle anecdotique et ennuyeuse.
Courtney ! Reviens !
J'ai rarement lu un album au récit aussi décousu.
Alors certes, l'auteur, d'origine libanaise, se targue de composer un patchwork d'émotions, d'images, d'écrits censés représenter le Caire, une sorte de kaléidoscope personnel, mais il se trouve que si on ne connaît pas la ville, on n'y comprend pas grand chose.
Tous ces éléments, encapsulés dans une sorte de reportage sur une visite auprès de Youssef Chahine, le célèbre cinéaste égyptien, se suivent sans queue ni tête, on perd très vite le fil malgré la petitesse de l'album (une quarantaine de pages, mais lues en à peine 10 minutes). Le dessin de Rima fait très amateur, on a du mal à discerner un véritable style tant il emprunte à différentes influences pour composer son récit.
Le résultat une un fourre-tout quasiment incompréhensible, que le lecteur lambda aura vite fait d'abandonner.
Une série intéressante sur la médecine. On y apprend beaucoup de choses sur les maladies incurables comme les cancers, ou les maladies orphelines comme les malformations etc... Mais il y a un gros hic : c'est bien entendu le héros Black Jack qui m'est antipathique et irritant.
Bien que j'adore Osamu Tezuka et que ses personnages soient très attachants comme Astro Boy, Songôku le singe, Princesse Saphir et même ses antagonistes tels Acétylène Lamp, Skunk Kusai (mon préféré de tous les personnages de Tezuka), Ham Egg ou Rock, je trouve que Black Jack est vraiment cruel et insensible,contrairement à ce que croient les autres. Certes il soigne des gens et fait des miracles mais je suis choquée que ce personnage demande des prix faramineux pour les soins. Il ne s'en prend pas seulement aux méchants de service mais aussi à des innocents en leur mettant des claques, en les harcelant avec les leçons de morale qu'il donne, saint-nitouche qu'il est ou en les narguant méchamment du genre "La fille qui n'a plus de voix, je lui fais croire, avec un tuyau en caoutchouc que c'est un synthétiseur de voix jusqu'à la faire pleurer en lui disant que c'est une plaisanterie !"(super le contexte!)
Et j'évite de trop spoiler ! Il a laissé un animal de mer (l'épaulard) mourir par lâcheté alors que c'était un de ses"amis"! Et je n'aime pas du tout son caractère vengeur ! Certes, il a perdu sa mère, c'est triste, mais il faut qu'il arrête de s'en prendre également aux innocents qui n'en sont pas responsables. (Ce perso de manga me rappelle un personnage célèbre de comics américains qui a subi le même sort : Batman).
Black Jack est également infecte avec sa pauvre petite assistante Pinoko - que j'apprécie beaucoup - lorsque celle-ci cherche à lui faire plaisir, à l'aider ou quand elle est amoureuse de lui.
Black Jack m'énerve en la prenant pour un bébé ou en la faisant passer pour la 5ème roue de la charette. Il aurait pu la mettre dans le corps d'une femme d'environ 20 ans, depuis le début de sa "naissance"; parce que je trouve que l'amour que lui porte Pinoko avec son accent enfantin, un peu anglais (dans la nouvelle collection de Black Jack, éditée par Asuka, parue en 2008 ) et le fait qu'elle ait un corps d'une toute petite fille évoque quelque chose de malsain. (Une fillette amoureuse d'un adulte?!)
Pour conclure, je le recommande uniquement aux fans de la médecine et à ceux qui adorent le style de héros "balafré, rebelle et sans sentiment".D'ailleurs je ne comprends pas pourquoi ce personnage est si aimé du public.
Ce que j'aime dans Iznogoud c'est avant tout ce foisonnement d'idées. J'en ai lus beaucoup plus jeune, et j'en garde d'excellents souvenirs, un style de dessin très fouillé avec des gags au premier plan mais aussi en arrière-plan, ainsi que de nombreux jeux de mots (plus ou moins subtils). Cet ensemble permet une relecture agréable en se disant : "tiens je n’avais pas vu ça la première fois".
En ce qui concerne cet album : Honnêtement je n'aime pas Canteloup l'imitateur, je ne le trouve pas particulièrement doué, et ses textes à la radio sont quelconques pour ne pas dire mauvais (mais bon, c'est une affaire de goût). Alors pourquoi avoir pris le risque d'acheter cet album ?
A cause d'un précédent : Lucky Luke. J'aime Lucky Luke j'en ai lu aussi beaucoup plus jeune et je gardais un souvenir attendri de cette lecture. Et puis Morris est mort donc adieu Luke. Mais, fort heureusement des personnes ont décidé de ne pas laisser mourir l'œuvre. Et ont confié la reprise à Laurent Gerra et à Achdé. Il y a eu beaucoup de battage médiatique autour de cette reprise. Je n'étais pas très chaud au début j'avoue, mais je dois dire que j'ai beaucoup aimé la reprise, ils ont su s'adapter au style de l'auteur tout y ajoutant une patte personnelle. Pari gagné !
Donc c'est avec un certain enthousiasme que je me jette sur l'album... ... .... Bon il y a du bon, les dessins sont pas mal, une reprise correcte. Bon il y a du moins bon (et c'est un euphémisme) :
1- le scénario en lui-même: le pitch est super sympa mais à trop vouloir coller à la réalité, ça donne un album qui n'aura plus aucune valeur dans 5 à 10 ans, on ne comprendra pas la moitié des références !
2- le pire dans cet album a été les jeux de mots, pas que j'y sois allergique, dans les anciens Iznogoud ils ne sont pas toujours très fins mais là le souci est qu'on a l'impression que le scénario se détourne en fonction des jeux de mots à placer. Il en résulte un sentiment totalement artificiel !
En conclusion, plus qu'une déception, un mauvais album.
Séduit par le format particulier de ce petit livre et sa couverture muette représentant une tête féminine perturbée et perturbante et son 4ème de couverture avec le titre du livre et une silhouette fantomatique, j’étais fort enthousiaste à l’idée de lire un ovni flirtant entre les univers de Charles Burns et de Mezzo & Pirus sur un dessin proche de ceux de Brüno.
Hélas trois fois hélas et bien plus encore, je n’ai retrouvé aucun des univers cités et encore moins le trait bichromatique si particulier de l’auteur de Lorna…
Trame use pourtant d’artifices des plus singuliers rendant la lecture extrêmement aisée tout en y injectant un sentiment de malaise constant dès l’arrivée de ce nain couvert de boue sorti de nulle part et menaçant d’un trident un jeune couple de yuppies défoncés pour se rendre à leur soirée de jeunes bourgeois friqués…
Si d’ors et déjà ce pitch improbable vous déplait, ce qui suit ne vous plaira pas davantage… On comprend surtout qu’on est dans un mauvais trip complètement barré où le jeune couple va fuir son agresseur pour retomber dans les pattes de routiers méga chelous avant d’être recueillis par un ermite un peu cinglé et philosophe qui vit dans une demeure immense etc etc….
Si l’explication du mot « Trame » est évidente avec un découpage en début de récit annonçant les quelques pages en « négatif » qui esquissent le futur de nos « héros » par des phylactères incomplets (lisez et vous comprendrez mieux le sens), le sous titre « Le poids d’une tête coupée » m’échappe complètement et au plus haut point…
La conclusion de cette histoire perdue entre une séquence de Mulholland Drive n’apporte rien ni satisfaction ni explication au bout de la centaine de pages se lisant en moins de 10 minutes et le dessin est finalement bien peu inspiré et par trop carré pour être aussi séduisant que les auteurs cités plus haut…
Une immense déception pour ma part concernant ce livre pourtant bien défendu par ailleurs et qui possédait sur le papier nombre d’arguments pour me plaire mais c’est en fait tout à fait le genre d’œuvre qui donne envie de se replonger dans un bon vieux Boule et Bill ou Léonard histoire de constater que les produits mainstream ne sont finalement pas si mauvais.
Je ne peux pas dire que j’ai détesté mais je n’ai vraiment pas aimé du tout. Un livre à fuir sans queue ni tête ou alors je suis complètement passé à côté ! Dommage...
Je ne connaissais pas trop la série des 7 (les Sept prisonniers, lu et non apprécié). J'ai acheté cet album (1€) pour son prix et le dessin, assez qualitatif, même si non dénué de défauts.
De prime abord, l'histoire est engageante, un mix d'antiquité, de mythologie, de ces civilisations méditerranéennes disparues. Mais cet aspect laisse vite place à un scénario insipide, une sorte de survival sans intérêt et dont finalement le sort des multiples héroines devient sans saveur, qu'elles meurent donc, nous n'en avons cure.
Tout ça pour ça, je ne vais pas aller plus loin dans cette série.
Alors je rejoins tout à fait l'avis de Mac Arthur, 2 critiques plus bas !!!
Je ne répéterai donc pas toutes les incohérences qui ont bien gêné ma lecture, même si certaines valent leur pesant de cacahuètes (la page 14 avec les maillots de bain qui disparaissent en est une excellente illustration !!! Mais les séquences de fin avec les 3 nanas vs le GIGN sont bien aussi !). En tout cas, les cartels de tout horizon n'ont qu'à bien se tenir, à 3 nanas et en 2 coups de cuillères à pot, elles prennent la place d'un caïd, et hop ! La CIA peut prendre des cours !!!
Bon, ok, j'exagère un peu, et je suis parfois meilleur public avec des films tout aussi incohérents, mais il y a une limite qui pour ma part a été beaucoup trop franchie dans ce récit en terme de vraisemblance. Et je ne suis pas rentré dedans. Des aventures délirantes ou rocambolesques, ok, je suis complètement preneur et j'en redemande même, mais là, pour moi, on est rentré dans du n'importe quoi, et du coup, ça passe pas... C'est plus qu'invraisemblable, et du coup, ma lecture n'a pas été fluide mais émaillée de 'pfff" ou 'qu'est ce que c'est ce récit?', et autres critiques de ce type....
La faute finalement à la rapidité des successions de situations et des scènes d'action, voire à la rapidité du récit tout simplement. La faute au manque de profondeur des personnages ou de l'histoire. Et la faute au dessin que je ne trouve pas approprié à ce type d'aventures (j'ai sans doute mauvais goût mais j'assume !).
Je n'ai pas trouvé plus de piment dans l'aspect plus ou moins sensuel du récit...
Bref, le dessin ne m'a pas davantage permis de rentrer dans le récit. Les personnages m'ont paru aussi vides et transparents que le trait dépouillé, et ce dessin m'a gêné, c'est comme ça... Parfois ça passe mais c'est parce que le fond et la forme se rejoignent. J'ai beaucoup aimé "Polina" donc je ne suis pas réfractaire au style du dessinateur. Mais ici, je n'ai pas ressenti cette alchimie mais plus un décalage permanent aggravé par les incohérences...
Seule la petite scène de fin est bien trouvée et plaisante, malheureusement ça ne sauve pas le récit.
Je serai donc sans doute trop sévère sur la note finale pour certains mais pour un récit qui ne me donnera aucune envie de le relire, c'est pour moi la note adéquate... Voilà une œuvre qui partage en tout cas vu le grand écart des notes, et c'est déjà une bonne chose pour elle !
Cette lecture canidée m'a laissé pantois. Je n'ai pas accroché dès les premières pages car noyé dans un dialogue sans intérêt d'une petite bande de toutous pratiquant la magie dans le cadre d'un cercle.
Bref, l'ambiance onirique de ce mélange mignon ne m'a pas parlé. Pire que tout, j'ai du me forcer à lire jusqu'à la fin alors que je savais désespérément que le déclic n'aurait jamais lieu et même en me mettant à quatre pattes. C'est comme ça avec moi et il faut l'accepter.
Par contre, je reconnais objectivement que la colorisation ainsi que le trait sont plutôt réussis. Cela sera tout !
Cela n'a rien de personnel mais je n'ai pas aimé cette œuvre tirée d'Alfred de Musset. Il faut dire que je n'apprécie pas le style littéraire incarné par ce célèbre dramaturge. Objectivement, certains trouveront que l'adaptation est talentueuse sur le fond et la forme.
J'avoue fort bien ne pas être entré dans l'histoire romancée de ce jeune tyran à la cour de Florence sous le règne de l'empereur Charles Quint qui le protégeait. Pour autant, les costumes font penser à ceux d'avant la Première Guerre Mondiale. Bref, un anachronisme qui m'a fort titillé même si cela peut s'expliquer par le désir d'intemporalité de l'auteur afin de sublimer l’œuvre.
Pour le reste, c'est du verbiage façon théâtrale avec les masques de carnaval en prime. Graphiquement, rien à redire avec une ville de Florence architecturalement belle et décadente. Cependant, qu'est-ce que le style est indigeste ! Je n'ai pas supporté. Cela me rappelait les cours de français où l'on nous obligeait à lire des œuvres littéraires assommantes.
Une bande dessiné érotique ... Wait, whaaaat ?!?
Et oui il y a plusieurs genres à la bd et il n'y a pas de raison de ne pas apprécier les genres différents. Alors ici on va essayer d'en parler, tout en restant calme et en gardant les mains sur le clavier ... et comme dirait Rocco : "Action !"
Mélange de récit sentimental et d'érotisme, on nous raconte l'histoire de Lola d’Estressac. Belle aristocrate au bord de la piscine sous un soleil méditerranéen, elle va nous raconter ou plutôt confesser à travers son journal sa vie sentimentale où s'entremêleront le présent, le passé et le conditionnel sur son approche de l'amour où l'on se donne corps et âme. Petit à petit, chaque élément raconté sera en fait une conclusion dont le centre sera son homme, Régis, et un secret lourd de conséquences sentimentales et nostalgique comme une page d'un livre que l'on ferme non sans une pointe d'amertume.
Ambiance et esthétisme des année 60, soleil, piscine, une belle fille en maillot qui s'effeuille petit à petit le long de l'histoire ... on se calme tout de suite, c'est pas du porno et cela reste très soft, donc ami pornographe et obsédé vous pouvez ranger votre matériel.
Faut dire aussi que ça n'a rien à voir avec le titre de Richard Clayderman quoique ça peut mettre dans l'ambiance. Une BD donc, dessinée par Beja (le fils) et scénarisé par Nataël (Je suis ton père), tous deux Toulousains de leur espèce et connus notamment pour leur trilogie Les Griffes du Hasard que je n'ai pas lu mais on m'en a parlé beaucoup (j'en ai vu deux/trois planches et ça avait l'air d'être dans la lignée Jacobs/Ligne Claire).
Que dire d'autre ? Pour moi un scénario plus que non-passionnant, une narration qui bouscule les canons du genre et où la lettre et la manière de s'exprimer est importante ce qui fait que cela rebutera pas mal le lecteur, une image et un dessin trop infographique et même que parfois on a l'impression que l'auteur a juste juxtaposé une photo et retravaillé dessus, un cadrage soi-disant poétique et un dessin franchement bof ... ne tournons pas autour du pot, j'ai trouvé cela super décevant … En gros une histoire limite dépressive et un dessin qui n'a même pas le bon gout d'en donner justement.
Un one-shot (private joke) qui ne restera pas dans les anal (autant rester dans le sujet ^^). Uniquement pour les fans.
ps : j'ai encore le mien si vous êtes intéressé ^^
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GloomCookie
Cela faisait un certain temps qu'un album ne m'était pas tombé des mains. Et comme j'apprécie beaucoup Ted Naifeh et surtout sa formidable série Courtney Crumrin, je ne pensais pas que j'allais rendre les armes sur celui-ci. Mais malgré toute ma bonne volonté, il m'a bien fallu me rendre à l'évidence : ce Gloomcookie m'a profondément ennuyé et j'ai finalement dû jeter l'éponge. Certes, c'est Ted Naifeh (du moins au dessin, pas au scénario), on retrouve l'ambiance gothique pseudo-burtonien qu'il affectionne mais pour le reste... toutes ces histoires de coucheries, de manipulations, de spleen adolescent, de discussions entre copines autour d'une verre sur le dernier rencart en date et la longueur du pénis du mec dans une espèce de communauté de goths à l'attitude agaçante dans leur ton affecté (ce qui fait qu'aucun n'a attiré ma sympathie) n'ont jamais réussi à éveiller mon intérêt. On est très loin du charme, de la poésie, de la causticité, de la critique sociale pertinente, de l'émotion et des excellents scénarios des Courtney Crumrin. Même graphiquement, c'est en-dessous. Et le mélange fantastique/vie quotidienne fonctionne moins bien qu'avec Courtney, d'autant que le fantastique m'a semblé assez artificiellement plaqué sur cet univers finalement très terre-à-terre et trivial. Ce mix entre surnaturel et histoires de moeurs/tranches de vie n'était pas une mauvaise idée en soi et on pourrait même trouver cette approche plutôt originale mais ces deux tendances sont trop inégales, la première tenant surtout lieu de décorum et la seconde prenant une trop grande place sans pour autant arriver à intéresser par ses historiettes où des personnages aussi falots que poseurs se croisent, se séparent, se recroisent et vogue la galère relationnelle anecdotique et ennuyeuse. Courtney ! Reviens !
Le Conteur du Caire
J'ai rarement lu un album au récit aussi décousu. Alors certes, l'auteur, d'origine libanaise, se targue de composer un patchwork d'émotions, d'images, d'écrits censés représenter le Caire, une sorte de kaléidoscope personnel, mais il se trouve que si on ne connaît pas la ville, on n'y comprend pas grand chose. Tous ces éléments, encapsulés dans une sorte de reportage sur une visite auprès de Youssef Chahine, le célèbre cinéaste égyptien, se suivent sans queue ni tête, on perd très vite le fil malgré la petitesse de l'album (une quarantaine de pages, mais lues en à peine 10 minutes). Le dessin de Rima fait très amateur, on a du mal à discerner un véritable style tant il emprunte à différentes influences pour composer son récit. Le résultat une un fourre-tout quasiment incompréhensible, que le lecteur lambda aura vite fait d'abandonner.
Black Jack
Une série intéressante sur la médecine. On y apprend beaucoup de choses sur les maladies incurables comme les cancers, ou les maladies orphelines comme les malformations etc... Mais il y a un gros hic : c'est bien entendu le héros Black Jack qui m'est antipathique et irritant. Bien que j'adore Osamu Tezuka et que ses personnages soient très attachants comme Astro Boy, Songôku le singe, Princesse Saphir et même ses antagonistes tels Acétylène Lamp, Skunk Kusai (mon préféré de tous les personnages de Tezuka), Ham Egg ou Rock, je trouve que Black Jack est vraiment cruel et insensible,contrairement à ce que croient les autres. Certes il soigne des gens et fait des miracles mais je suis choquée que ce personnage demande des prix faramineux pour les soins. Il ne s'en prend pas seulement aux méchants de service mais aussi à des innocents en leur mettant des claques, en les harcelant avec les leçons de morale qu'il donne, saint-nitouche qu'il est ou en les narguant méchamment du genre "La fille qui n'a plus de voix, je lui fais croire, avec un tuyau en caoutchouc que c'est un synthétiseur de voix jusqu'à la faire pleurer en lui disant que c'est une plaisanterie !"(super le contexte!) Et j'évite de trop spoiler ! Il a laissé un animal de mer (l'épaulard) mourir par lâcheté alors que c'était un de ses"amis"! Et je n'aime pas du tout son caractère vengeur ! Certes, il a perdu sa mère, c'est triste, mais il faut qu'il arrête de s'en prendre également aux innocents qui n'en sont pas responsables. (Ce perso de manga me rappelle un personnage célèbre de comics américains qui a subi le même sort : Batman). Black Jack est également infecte avec sa pauvre petite assistante Pinoko - que j'apprécie beaucoup - lorsque celle-ci cherche à lui faire plaisir, à l'aider ou quand elle est amoureuse de lui. Black Jack m'énerve en la prenant pour un bébé ou en la faisant passer pour la 5ème roue de la charette. Il aurait pu la mettre dans le corps d'une femme d'environ 20 ans, depuis le début de sa "naissance"; parce que je trouve que l'amour que lui porte Pinoko avec son accent enfantin, un peu anglais (dans la nouvelle collection de Black Jack, éditée par Asuka, parue en 2008 ) et le fait qu'elle ait un corps d'une toute petite fille évoque quelque chose de malsain. (Une fillette amoureuse d'un adulte?!) Pour conclure, je le recommande uniquement aux fans de la médecine et à ceux qui adorent le style de héros "balafré, rebelle et sans sentiment".D'ailleurs je ne comprends pas pourquoi ce personnage est si aimé du public.
Les Nouvelles Aventures d'Iznogoud
Ce que j'aime dans Iznogoud c'est avant tout ce foisonnement d'idées. J'en ai lus beaucoup plus jeune, et j'en garde d'excellents souvenirs, un style de dessin très fouillé avec des gags au premier plan mais aussi en arrière-plan, ainsi que de nombreux jeux de mots (plus ou moins subtils). Cet ensemble permet une relecture agréable en se disant : "tiens je n’avais pas vu ça la première fois". En ce qui concerne cet album : Honnêtement je n'aime pas Canteloup l'imitateur, je ne le trouve pas particulièrement doué, et ses textes à la radio sont quelconques pour ne pas dire mauvais (mais bon, c'est une affaire de goût). Alors pourquoi avoir pris le risque d'acheter cet album ? A cause d'un précédent : Lucky Luke. J'aime Lucky Luke j'en ai lu aussi beaucoup plus jeune et je gardais un souvenir attendri de cette lecture. Et puis Morris est mort donc adieu Luke. Mais, fort heureusement des personnes ont décidé de ne pas laisser mourir l'œuvre. Et ont confié la reprise à Laurent Gerra et à Achdé. Il y a eu beaucoup de battage médiatique autour de cette reprise. Je n'étais pas très chaud au début j'avoue, mais je dois dire que j'ai beaucoup aimé la reprise, ils ont su s'adapter au style de l'auteur tout y ajoutant une patte personnelle. Pari gagné ! Donc c'est avec un certain enthousiasme que je me jette sur l'album... ... .... Bon il y a du bon, les dessins sont pas mal, une reprise correcte. Bon il y a du moins bon (et c'est un euphémisme) : 1- le scénario en lui-même: le pitch est super sympa mais à trop vouloir coller à la réalité, ça donne un album qui n'aura plus aucune valeur dans 5 à 10 ans, on ne comprendra pas la moitié des références ! 2- le pire dans cet album a été les jeux de mots, pas que j'y sois allergique, dans les anciens Iznogoud ils ne sont pas toujours très fins mais là le souci est qu'on a l'impression que le scénario se détourne en fonction des jeux de mots à placer. Il en résulte un sentiment totalement artificiel ! En conclusion, plus qu'une déception, un mauvais album.
Trame - Le poids d'une tête coupée
Séduit par le format particulier de ce petit livre et sa couverture muette représentant une tête féminine perturbée et perturbante et son 4ème de couverture avec le titre du livre et une silhouette fantomatique, j’étais fort enthousiaste à l’idée de lire un ovni flirtant entre les univers de Charles Burns et de Mezzo & Pirus sur un dessin proche de ceux de Brüno. Hélas trois fois hélas et bien plus encore, je n’ai retrouvé aucun des univers cités et encore moins le trait bichromatique si particulier de l’auteur de Lorna… Trame use pourtant d’artifices des plus singuliers rendant la lecture extrêmement aisée tout en y injectant un sentiment de malaise constant dès l’arrivée de ce nain couvert de boue sorti de nulle part et menaçant d’un trident un jeune couple de yuppies défoncés pour se rendre à leur soirée de jeunes bourgeois friqués… Si d’ors et déjà ce pitch improbable vous déplait, ce qui suit ne vous plaira pas davantage… On comprend surtout qu’on est dans un mauvais trip complètement barré où le jeune couple va fuir son agresseur pour retomber dans les pattes de routiers méga chelous avant d’être recueillis par un ermite un peu cinglé et philosophe qui vit dans une demeure immense etc etc…. Si l’explication du mot « Trame » est évidente avec un découpage en début de récit annonçant les quelques pages en « négatif » qui esquissent le futur de nos « héros » par des phylactères incomplets (lisez et vous comprendrez mieux le sens), le sous titre « Le poids d’une tête coupée » m’échappe complètement et au plus haut point… La conclusion de cette histoire perdue entre une séquence de Mulholland Drive n’apporte rien ni satisfaction ni explication au bout de la centaine de pages se lisant en moins de 10 minutes et le dessin est finalement bien peu inspiré et par trop carré pour être aussi séduisant que les auteurs cités plus haut… Une immense déception pour ma part concernant ce livre pourtant bien défendu par ailleurs et qui possédait sur le papier nombre d’arguments pour me plaire mais c’est en fait tout à fait le genre d’œuvre qui donne envie de se replonger dans un bon vieux Boule et Bill ou Léonard histoire de constater que les produits mainstream ne sont finalement pas si mauvais. Je ne peux pas dire que j’ai détesté mais je n’ai vraiment pas aimé du tout. Un livre à fuir sans queue ni tête ou alors je suis complètement passé à côté ! Dommage...
Sept guerrières
Je ne connaissais pas trop la série des 7 (les Sept prisonniers, lu et non apprécié). J'ai acheté cet album (1€) pour son prix et le dessin, assez qualitatif, même si non dénué de défauts. De prime abord, l'histoire est engageante, un mix d'antiquité, de mythologie, de ces civilisations méditerranéennes disparues. Mais cet aspect laisse vite place à un scénario insipide, une sorte de survival sans intérêt et dont finalement le sort des multiples héroines devient sans saveur, qu'elles meurent donc, nous n'en avons cure. Tout ça pour ça, je ne vais pas aller plus loin dans cette série.
La Grande Odalisque
Alors je rejoins tout à fait l'avis de Mac Arthur, 2 critiques plus bas !!! Je ne répéterai donc pas toutes les incohérences qui ont bien gêné ma lecture, même si certaines valent leur pesant de cacahuètes (la page 14 avec les maillots de bain qui disparaissent en est une excellente illustration !!! Mais les séquences de fin avec les 3 nanas vs le GIGN sont bien aussi !). En tout cas, les cartels de tout horizon n'ont qu'à bien se tenir, à 3 nanas et en 2 coups de cuillères à pot, elles prennent la place d'un caïd, et hop ! La CIA peut prendre des cours !!! Bon, ok, j'exagère un peu, et je suis parfois meilleur public avec des films tout aussi incohérents, mais il y a une limite qui pour ma part a été beaucoup trop franchie dans ce récit en terme de vraisemblance. Et je ne suis pas rentré dedans. Des aventures délirantes ou rocambolesques, ok, je suis complètement preneur et j'en redemande même, mais là, pour moi, on est rentré dans du n'importe quoi, et du coup, ça passe pas... C'est plus qu'invraisemblable, et du coup, ma lecture n'a pas été fluide mais émaillée de 'pfff" ou 'qu'est ce que c'est ce récit?', et autres critiques de ce type.... La faute finalement à la rapidité des successions de situations et des scènes d'action, voire à la rapidité du récit tout simplement. La faute au manque de profondeur des personnages ou de l'histoire. Et la faute au dessin que je ne trouve pas approprié à ce type d'aventures (j'ai sans doute mauvais goût mais j'assume !). Je n'ai pas trouvé plus de piment dans l'aspect plus ou moins sensuel du récit... Bref, le dessin ne m'a pas davantage permis de rentrer dans le récit. Les personnages m'ont paru aussi vides et transparents que le trait dépouillé, et ce dessin m'a gêné, c'est comme ça... Parfois ça passe mais c'est parce que le fond et la forme se rejoignent. J'ai beaucoup aimé "Polina" donc je ne suis pas réfractaire au style du dessinateur. Mais ici, je n'ai pas ressenti cette alchimie mais plus un décalage permanent aggravé par les incohérences... Seule la petite scène de fin est bien trouvée et plaisante, malheureusement ça ne sauve pas le récit. Je serai donc sans doute trop sévère sur la note finale pour certains mais pour un récit qui ne me donnera aucune envie de le relire, c'est pour moi la note adéquate... Voilà une œuvre qui partage en tout cas vu le grand écart des notes, et c'est déjà une bonne chose pour elle !
Bêtes de somme
Cette lecture canidée m'a laissé pantois. Je n'ai pas accroché dès les premières pages car noyé dans un dialogue sans intérêt d'une petite bande de toutous pratiquant la magie dans le cadre d'un cercle. Bref, l'ambiance onirique de ce mélange mignon ne m'a pas parlé. Pire que tout, j'ai du me forcer à lire jusqu'à la fin alors que je savais désespérément que le déclic n'aurait jamais lieu et même en me mettant à quatre pattes. C'est comme ça avec moi et il faut l'accepter. Par contre, je reconnais objectivement que la colorisation ainsi que le trait sont plutôt réussis. Cela sera tout !
Lorenzaccio
Cela n'a rien de personnel mais je n'ai pas aimé cette œuvre tirée d'Alfred de Musset. Il faut dire que je n'apprécie pas le style littéraire incarné par ce célèbre dramaturge. Objectivement, certains trouveront que l'adaptation est talentueuse sur le fond et la forme. J'avoue fort bien ne pas être entré dans l'histoire romancée de ce jeune tyran à la cour de Florence sous le règne de l'empereur Charles Quint qui le protégeait. Pour autant, les costumes font penser à ceux d'avant la Première Guerre Mondiale. Bref, un anachronisme qui m'a fort titillé même si cela peut s'expliquer par le désir d'intemporalité de l'auteur afin de sublimer l’œuvre. Pour le reste, c'est du verbiage façon théâtrale avec les masques de carnaval en prime. Graphiquement, rien à redire avec une ville de Florence architecturalement belle et décadente. Cependant, qu'est-ce que le style est indigeste ! Je n'ai pas supporté. Cela me rappelait les cours de français où l'on nous obligeait à lire des œuvres littéraires assommantes.
Bye bye tristesse
Une bande dessiné érotique ... Wait, whaaaat ?!? Et oui il y a plusieurs genres à la bd et il n'y a pas de raison de ne pas apprécier les genres différents. Alors ici on va essayer d'en parler, tout en restant calme et en gardant les mains sur le clavier ... et comme dirait Rocco : "Action !" Mélange de récit sentimental et d'érotisme, on nous raconte l'histoire de Lola d’Estressac. Belle aristocrate au bord de la piscine sous un soleil méditerranéen, elle va nous raconter ou plutôt confesser à travers son journal sa vie sentimentale où s'entremêleront le présent, le passé et le conditionnel sur son approche de l'amour où l'on se donne corps et âme. Petit à petit, chaque élément raconté sera en fait une conclusion dont le centre sera son homme, Régis, et un secret lourd de conséquences sentimentales et nostalgique comme une page d'un livre que l'on ferme non sans une pointe d'amertume. Ambiance et esthétisme des année 60, soleil, piscine, une belle fille en maillot qui s'effeuille petit à petit le long de l'histoire ... on se calme tout de suite, c'est pas du porno et cela reste très soft, donc ami pornographe et obsédé vous pouvez ranger votre matériel. Faut dire aussi que ça n'a rien à voir avec le titre de Richard Clayderman quoique ça peut mettre dans l'ambiance. Une BD donc, dessinée par Beja (le fils) et scénarisé par Nataël (Je suis ton père), tous deux Toulousains de leur espèce et connus notamment pour leur trilogie Les Griffes du Hasard que je n'ai pas lu mais on m'en a parlé beaucoup (j'en ai vu deux/trois planches et ça avait l'air d'être dans la lignée Jacobs/Ligne Claire). Que dire d'autre ? Pour moi un scénario plus que non-passionnant, une narration qui bouscule les canons du genre et où la lettre et la manière de s'exprimer est importante ce qui fait que cela rebutera pas mal le lecteur, une image et un dessin trop infographique et même que parfois on a l'impression que l'auteur a juste juxtaposé une photo et retravaillé dessus, un cadrage soi-disant poétique et un dessin franchement bof ... ne tournons pas autour du pot, j'ai trouvé cela super décevant … En gros une histoire limite dépressive et un dessin qui n'a même pas le bon gout d'en donner justement. Un one-shot (private joke) qui ne restera pas dans les anal (autant rester dans le sujet ^^). Uniquement pour les fans. ps : j'ai encore le mien si vous êtes intéressé ^^